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Full text of "Dictionnaire languedocien-français, par M. d'Hombres et G. Charvet"

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DICTIONNAIRE 

LAîsTGUEDOCIEN-FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions I  radicanx  et  étyniologies  des  mots;  les  idiotismes,' 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lenrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lienz; 
origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d'agriculture,  de  métiers,  d*arts,  de  professions, 

d'industries;  la  flore  et  la  faune  méridionales;  etc.,  etc. 

PAR 

Maximin    D'HOMBRES 

* 

ANCIBN   PRÉSIDENT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  d'aLâTS,   MBHBRR  DB  i/aCADÊMIE  DB  NTMBS, 
ANCTRN  PRÈSIDBNT  DR  LA  SOCIÉTÉ  ST.IBNTIFIQUB  ET  LITTÉRAIRE  D'aLAIS, 


ET 


Gratien  CHARVET 

MltafBRR  DR   L* ACADÉMIE   DE   NIMES,   DR   LA   SOCIÉTÉ  ARCHÉOLOTtlQUR  DE  MONTPELLIER 
ET  DE  LA    SOCIÉTÉ  SCIENTIFIQUE  ET  LITTÉRAIRE  D*ALAIS, 
OORBKSTONDANT  DU  MINISTÈRE   DB  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE   POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES, 

OFFICIBR  d'académie. 


ALAIS 


f^^.   ^  /•  ^*^  **'  Imprimerie  et  Lithogrcaphie  A.  BRUGUEIROLLK,  Grand'rue,  93. 

1884 


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DICTIONNAIRE 


L  ANGUED  O  CIEN-FR  ANC  AIS 


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DICTIONNAIRE 


L  ANGUED  O  CIEN-FR  ANC  Aïs 


DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN'FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions,  radicanx  et  étymologies  des  mots;  les  idiotismes, 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lenrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lienz^  ^ 

origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d*agricnltare,  de  métiers,  d'arts,  de  professions, 

d'industries;  la  flore  et  la  faune  méridionales;  etc.,  etc. 

PAR 

Maximin    D'HOMBRES 

ANCIEN  PRitSIDBNT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  D*ALAI8,  MBBfBRB  DB  l'aCAdIeIIIB  DB  NIMB8, 
ANCIBN  PRiSIDBNT  DB  LA  SCa^TÈ  SCIBNTIFIQUB  BT  LITTÂBAIRB  D*ALAI8, 


ET 


Gratien   CHARVET 

MBICBRB  DB  L'aCADÂMIB  DB  NIMBS,   DB  LA   80CTBTÂ  ARCHBOLOOIQUB  DB  MONTPBLUBR 

BT  DB  LA   SOCIBTÂ  SCIENTIFIQUE  BT  LITTÂRAIRB  D*ALAIS, 

CORRESPONDANT  DU  MINISTiRB  DE  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE  POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES* 

OFFICIER  D*ACADBM1E. 


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ALAIS 

Imprimerie  et  Lithographie  A.  BRUGUEIROLLE,  Grand'rue,  93. 

1884 


MAXIMIN    DHOMBRES 


JDeu  agradal  e  tUpobôlutlL 
Agréable  à  Dieu  et  utile  au  peuple. 
YiEUXE  Charte  d'Alau. 


On  Ta  dit  bien  souvent  et  avec  juste  raison  :  certaines  familles  semblent  être  prédestinées  au  goût  des 
recherches  studieuses;  elles  possèdent  ce  don  naturellement  et  se  le  transmettent  de  génération  en  gêné* 
ration  comme  un  précieux  héritage.  Cette  observation  ne  s'est  jamais  manifestée  avec  plus  d'évidence  qu'à 
l'égard  de  Maximin  d'Hombres. 

François-Louis-Max imin  dHombres  naquit,  le  14  août  1840,  à  Alais,  d'une  ancienne  et  honorable 
famille  des  Cévennes.  Il  était  le  fils  de  François-Régis  d'Hombres  dont  les  vertus  charitables  sont  restées 
légendaires,  et  de  Marie-Ântoinette-Eulalie  Desroche,  de  Génolhac. 

Petit  neveu  des  deux  célèbres  Boissier  de  Sauvages,  par  sa  grand'mère  M arie-Âugustine  Boissier  de 
La  Croix  de  Sauvages,  et  neveu  du  baron  d'Hombres-Firmas,  il  voulut  se  rendre  digne  de  ses  devanciers 
et  suivre  conmie  eux,  avec  honneur,  la  voie  que  leurs  travaux  lui  avaient  ouverte. 

Doué  d'une  intelligence  peu  commune  et  d'une  pénétration  non  moins  remarquable,  Maximin  fit  avec 
succès  ses  études  classiques  à  Forcalquier  d'abord,  à  Aix  ensuite,  chez  les  Jésuites.  Il  les  poursuivit  plus 
tard  au  collège  de  sa  ville  natale,  et  alla  les  compléter  à  Paris  par  celles  du  Droit. 

Ses  débuts  à  Alais,  comme  avocat,  lui  valurent  les  éloges  les  plus  mérités,  et  firent  présager  pour  lui  un 
brillant  avenir.  Il  prit,  pendant  trente-cinq  ans,  une  part  active  à  tous  les  grands  débats  judiciaires  qui  se 
produisirent  devant  le  tribunal  de  cette  ville.  A  partir  de  1840,  il  fit  toujours  partie  des  Conseils  de  l'ordre; 
et,  à  neuf  reprises  différentes,  il  en  fut  élu  bâtonnier.  «  Cœur  noble,  âme  généreuse,  esprit  cultivé,  »  a  dit 
sur  sa  tombe  un  de  ses  anciens  confrères,  «  Maximin  d'Hombres  était  un  de  ces  hommes  dont  le  talent  et  la 
probité  s'imposent  et  honorent  les  corps  auxquels  ils  appartiennent  (1).  » 

Caractère  aimable  et  enjoué,  esprit  incisif  et  éminemment  gaulois,  Maximin  avait  l'aimable  défaut  des 
hommes  très  spirituels,  qui  n'ont  jamais  l'air  de  se  prendre  tout-à-fait  au  sérieux,  lors  même  qu'ils  se 
livrent  à  des  occupations  fort  sérieuses  ;  contrairement  aux  esprits  bornés  ou  superficiels,  qui  se  gardent 
bien  de  douter  d'eux-mêmes,  et  font  consister  leur  principal  mérite  à  s'occuper,  avec  une  gravité  affectée, 
de  choses  parfaitement  insignifiantes. 

Un  membre  de  la  société  d'Alais  a  décrit  avec  finesse  «  cette  figure  origincde  et  sympathique,  pré- 
sentant un  singulier  mélange  de  douceur  et  de  malice,  de  bonhomie  et  de  causticité Ce  charmant 

causeur,  prompt  à  la  réplique,  habile  à  lancer  le  trait,  à  la  verve  familière,  aiguisée,  piquante,  ironique, 
mais  jamais  blessante  (2).  » 

Une  bienveillance  constante,  une  bonté  inaltérable,  formait,  en  effet,  le  fond  du  caractère  de  Maximin 


(1)  Discoure  de  M.  Emile  Pin,  bâtonnier  de  TOrdre  des  ayocats. 

(2)  V.  ArpHAR.  —  Compte-rendu  des  travaux  de  la  Société  scientifique  et  littéraire  d'Alais,  pendant  Tannée  1873. 


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d'Hombres.  Ses  qualités  charmantes,  son  abord  facile  et  plein  d'aménité,  lui  attiraient  Testime  et  l'affec- 
tion universelles.  Quant  à  ses  amis,  ils  ont  pu  apprécier  combien  l'un  d'entre  eux  (i)  l'a  justement  défini 
en  signalant  chez  lui  cette  ténaeUé  du  cœur  qui  rendait  ses  affections  indissolubles. 

Pourrions-nous  oublier,  en  parlant  des  précieuses  qualités  de  notre  ami,  celles  qui  étaient  peut-être 
les  moins  apparentes,  mais  en  même  temps  les  plus  réelles  :  ces  vertus  bienfaisantes,  ces  habitudes  de 
charité,  héréditaires  dans  sa  famille,  dont  pourraient  rendre  témoignage  tant  de  misères  secourues,  tant 
d'infortunes  soulagées  en  silence,  sans  faste  et  sans  ostentation  ? 

Aussi,  lorsqu'à  la  fin  de  sa  carrière  d'avocat,  parcourue  avec  autant  d'honneur  que  de  distinction, 
Maximin  d'Hombres  fut  appelé  à  la  Présidence  du  Tribunal  Id'Alais,  tous  ses  concitoyens,  sans  acception 
d'opinions,  applaudirent  ayec  enthousiame  à  une  nomination  si  bien  justifiée. 


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Maximin  d'Hombres  avait  épousé,  le  26  novembre  1844,  M^'*  Victorine  Farjon,  de  Montpellier,  dont 
l'inaltérable  affection  l'a,  jusqu'à  ses  derniers  momepts,  entouré  des  soins  les  plus  délicats  et  les  plus 

d^oués. 

Durant  de  longues  années,  Maximin  d'Hombres  a  fait  partie  du  Conseil  municipal  d'Alais,  où  TaTaient 
appelé  la  confiance  et  l'affection  de  ses  concitoyens;  et  il  a  rempli,  pendant  un  certain  temps,  les  fonctions 

d'a^îoint  à  la  mairie. 

II  était  membre  de  Y  Académie  du  Gard,  dQ  la  Sœiéùé  de$  études  pour  lee  langues  romanes  et  de 
la  Société  scientifique  et  littéraire  d'Alais,  dont  il  a  occupé  la  présidence  pendant  l'année  187â. 

Maximin  d'Hoqilires  atait  eu  quatre  frères,  morts  avant  lui,  et  une  sosur  qui  lui  survit  :  1*  Hippolyte, 
ancien  élève  de  TÉcole  polytechnique,  mort  en  Afrique»  ci4>itaine  du  génie;  —  9»  Léonce,  mort  religieux 
trappiste;  —  3*  Ernest,  mort  garde-général  des  Baux-^t-Foréts;  —  4*  Paulin,  mort  enseigne  de  vaisseau 
4f?ant  Saint-Jean-d'Ulloa;  —  5*  Pauline,  religieuse  de  la  Visitation  à  Tarascon,  seule  survivante. 

Avec  Mâ^™'"  s'est  éteinte  la  descendance  mâle  de  la  brandie  cadette  de  la  famille  d'Hombres. 


*  • 


Doué  d*une  aptitude  exceptionnelle  pour  toutes  sortes  de  travaux ,  mais  principalement  porté  vers 
les  études  littéraires,  historiques  et  archéologiques,  Maximin  savait  faire  marcher  de  front  ces  diverses 
études  avec  celles  de  sa  profession.  Les  premières  avaient  même  d'autant  plus  de  charme  et  d'attrait  pour 
hii,  qu'elles  fournissaient  à  son  esprit  une  agréable  diversion  aux  fatigues  du  barreau,  et  lui  servaient 
en  quelque  sorte  de  délassement. 

Le  but  constant  qu'il  poursuivit  toute  sa  vie  fut  de  mettre  en  lumière  les  principaux  faits  historiques 
qui  se  rattachent  au  passé  de  sa  ville  natale  pour  laquelle  il  professait,  comme  tous  ses  devanciers,  une 
prédilection  intime  et  profonde,  un  culte  ardent  et  passionné  :  Soli  totus  amor  (2). 

A  part  ses  incontestables  qualités  littéraires,  ce  qui  mérite  surtout  d'être  signalé  dans  Maximin 
d'Hombres,  c'est  Tesprit  de  suite  et  l'opiniâtreté  dans  le  travail  qui,  chez  l'historien  et  l'érudit,  sont  toujours 
des  qualités  fécondes. 

«  On  est  en  général  tenté  de  plaindre  les  savants  qui  consaicrent  leur  vie  à  composer  de  gros  livres  et 
les  curieux  qui  passent  leur  temps  à  les  lire,  dit  M.  Gaston  Boissier.  Peut-être  les  uns  et  les  autres  sont-ils 
beaucoup  moins  malheureux  qu'on  ne  le  suppose.  S'il  faut  un  certain  courage  pour  se  jeter  résolument  dans 
ces  études  pénibles  et  infinies,  il  est  rare,  quand  les  premières  difficultés  sont  vaincues,  qu'on  n'éprouve  pas 


(1)  ÉloQS  as  Maximin  d'Hombres,  psr  M.  d*EtplBasioiis. 

(1)  Épigraphe  lofcrite  psr  Maximin  d'Hombres  en  tète  de  ion  Étude  rar  Altls. 


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pour  elles  un  grand  attrait  :  elles  ont  ce  privilège  qu'elles  donnent  beaucoup  plus  qu'elles  ne  promettent. 
Les  érudits,  qui  se  sont  fait  un  domaine  restreint  et  fermé,  le  fouillent  avec  passion  dans  tous  les  sens,  et 
finissent  toujours  par  y  découvrir  quelque  coin  de  terre  inconnu  où  ils  sont  les  premiers  à  poser  le  pied. 
Ce  plaisir  est  un  des  plus  vifs  qu'on  puisse  éprouver,  et  il  n'est  pas  commun  (i).  » 


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Maximin  d'Hombres  a  laissé  trois  excellentes  Études  ou  notices  réunies  dans  le  volume  des  Recherches 
hietoriques  sur  Alais,  publié  en  1860,  en  collaboration  avec  MM.  Marette,  Duclaux-Monteil  et  César  Fabre. 

La  première  de  ces  notices  est  un  précis  historique  sur  la  Seigneurie  d'Alais,  C'est,  sans  contredit, 
le  travail  le  plus  complet  qui  ait  jamais  été  publié  sur  cette  matière- 
La  seconde  contient  une  étude  archéologique  et  historique  sur  l'ancienne  église  de  Saint-Jean-Baptiste 
d'AIaiSy  convertie  plus  tard  en  cathédrale. 

La  troisième  traite  des  anciens  noms  des  rues  et  places  de  la  ville  avec  l'indication  de  leur  étymologie. 

On  doit,  en  outre,  à  Maximin  d'Hombres,  de  nombreux  articles  publiés  dans  VÉcJu)  d'Alais,  journal 
dont  l'existence  a  duré  onze  années,  de  1841  à  1852,  et  dont  il  fut  l'un  des  principaux  fondateurs. 

On  a  aussi  de  lui  une  notice  biographique  placée  en  tôte  de  la  deuxième  édition  de  Las  CastagnadoSg 
recueil  de  poésies  languedociennes  du  marquis  de  Lafare-Alais,  à  qui  l'unissait  une  vieille  et  étroite  amitié; 
et  trois  ou  quatre  plaquettes,  sans  nom  d'auteur,  qui  n'ont  jamais  été  mises  en  vente  :  il  n'en  a  été  tiré 
qu*un  nombre  très  restreint  d'exemplaires  (3). 

Mais  les  travaux  les  plus  remarquables  dus  à  ses  longues  et  patientes  recherches  et  à  sa  profonde 
érudition,  sont  :  1*  Une  étude  de  longue  haleine,  sous  forme  de  discours,  intitulée  :  ALAIS,  ses  origines, 
sa  langue^  ses  chartes,  sa  commune  et  son  consulat;  2*  Le  nouveau  Dictionnauie  languedocibn-français, 
resté  inachevé. 


* 

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Dans  son  étude  sur  Alais,  l'auteur  expose  d'abord  l'ensemble  de  son  œuvre. 

n  a  pris  à  tÂche  de  faire  ressortir  le  synchronisme  qui  existe  entre  les  origines  de  l'organisation 
municipale  de  la  ville  d'Alais  et  celles  de  la  formation  de  son  langage.  Il  établit  l'étymologie  du  nom 
d'Aliûs  qui  tient  par  ses  racines  à  la  langue  celtique;  il  montre  la  contrée  successivement  occupée  par  les 
Ibères,  les  Ligures,  les  Celtes,  les  Romains,  les  Franks,  les  Visigoths,  les  Sarrasins,  et  assimilant  à  son 
idiome  des  éléments  divers  empruntés  au  langage  de  ses  envahisseurs.  Il  signale  l'introduction  de  la  forme 
latine,  dans  la  langue  indigène,  comme  la  conséquence  évidente  de  l'occupation  romaine  et  de  rétablisse- 
ment du  christianisme  dans  la  Gaule  méridionale;  et,  après  l'apaisement  des  grandes  secousses  produites 
par  les  invasions,  il  montre  ce  même  langage  national,  ainsi  modifié,  s'assujétissant  à  des  règles,  se  fixant 
progressivement,  et,  sous  le  nom  de  langue  romane,  s'imposant  à  l'Europe  occidentale. 

Abordant  ensuite  la  période  féodale,  l'auteur  fait  apparaître,  en  1093,  le  premier  seigneur  connu 
d'Alais,  Raymond  Pelet,  qui  prend  part  à  la  première  croisade,  de  concert  avec  Raymond-Décan  d'Uzès  et 
Guillaume  de  Sabran,  sous  les  ordres  de  Raymond  IV  de  Saint-Gilles.  Il  fait  voir  aussi  les  papes  Gélase  II» 
en  1118y  et  Alexandre  III,  en  1162,  recevant  à  Alais  l'hospitalité  des  Pelet  ;  il  décrit  la  vie  seigneuriale, 
les  aventures  des  troubadours  de  la  contrée;  il  dépeint  enfin,  au  seuil  du  XIIP  siècle,  la  ville  d'Alais  entrant 


(1)  6.  Boiasm.  —  Xes  provinces  artentalei  de  Vempire  romain, 

(1)  tM  CharUt  d'ÀlaU  du  XIII*  Hèele,  tradaitos  dn  roman  et  da  latin  en  rimes  françalaaa,  40  pages  In-a*;  —  Rapport  au 
ComeU  nmnk^al  d^AMi  tar  la  dénaminailon  du  met  et  ptacsi  de  ta  vitte;  —  Cm^'tM  swr  t^allgnement  $i  let  ifndieatê  du 
Gardomt  80  pages  ia-8*. 


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^ 


DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions,  radicaux  et  étymologies  des  mots;  les  idiotismes,' 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lenrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lieux; 
origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d'agriculture,  de  métiers,  d*arts,  de  professions, 

d'industries  ;  la  flore  et  la  faune  méridionales;  etc.,  etc. 


I»AR 


Maximin    D'HOMBRES 


ANCIBN   PRisSTDKNT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  d'aLATS,   MBMBRB  DB  L* ACADÉMIE  DB  NTMRS, 
ANCIEN  PRÉSIDENT  DB  LA  SOCIÉTÉ  SCIBNTIFIQUB  ET  LITTÉRAIRE  D'aLAIS, 


ET 


Gratien  CHARVET 

• 

MEMBRE  DE   L* ACADÉMIE  DB  NIMES,    DB   LA   SOCIÉTÉ  ARCHÉOLOGIQUE  DE  MONTPELLIER 

BT  DE  LA   SOCIÉTÉ  SCIENTIFIQUE  ET  LITTÉRAIRE  d'aLAIS, 

CORRESPONDANT  DU  MINISTÈRE  DB  l/lNSTRUCTION   PUBLIQUE   POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES, 

OFFICIER  D^ACADÉMIB. 


ALAIS 

.   r  ^ ''^**  '        Imprimerie  et  Lithographie  A.  BRUGUEIROLLK,  GrandVue,  93. 

1884 


DICTIONNAIRE 


lANGUEDOCIEN-PKANCAIS 


BOISSIER  DS  SAUVAGES  !  De  LA  FARE-ALAIS  !  Deox 

noms  radieux  et  sympathiques,  que  nous  sommes  heureux 
d'inscrire  en  tête  des  colonnes  de  ce  livre,  et  qui  feront  sa 
meilleure  fortune. 

Au  premier  nous  rattadient  des  liens  de  Emilie;  au 
second  est  due  Hdée  première  de  notre  nouveau  DicUon- 
noire  languedocien. 

L'abbé  de  Sauvages,  parmi  les  célébrités  que  notre  pays 
a  vues  naitre,  on  Ta  dit  avec  raison,  est  la  plus  oompléte- 
moit  alaisienne  :  aucune  n'a  le  cachet  du  crû  comme  la 
sienne.  Géologue,  physicien,  naturaliste,  agronome,  litté- 
rateur ou  lexicographe,  soit  qu'il  consacre  ses  études  à 
Vagriculture,  soit  qu'il  dirige  ses  recherches  vers  la  linguis- 
tique, tous  les  travaux  d'une  vie  bien  remplie  et  toujours 
appliquée,  les  connaissances  variées  qu'il  possède  à  un 
degré  distingué,  supérieur  même  en  quelques  branches,  son 
expérience  et  son  rare  savoir  semblent  n'avoir  quelque  prix 
à  ses  yeux  qu*autant  qu'il  peut  les  faire  tourner  à  la  pros- 
p^té  et  à  l'illustration  de  son  pays  natal. 

Entre  tous  ses  ouvrage,  le  seul  dont  nous  ayons  à 
parfef  ici,  le  mieux  connu  peut-être,  ne  pouvait  manquer 
de  porter  l'empreinte  de  cette  pensée  de  bien  public.  Dés  le 
titre  même  de  son  dictionnaire,  et  dans  sa  préface,  le  but 
du  modeste  savant  prend  plaisir  à  s'avouer  hautement.  0 
se  donne  pour  mission  principale  d'enseigner  à  parler  cor- 
rectement le  français  à  ceux  de  ses  compatriotes  qui,  accou- 
tumés dès  l'enfance  à  formuler  leur  pensée  en  languedocien, 
D^BIl  donnent,  en  se  servant  du  français,  qu'une  traduction 
videuse  et  toute  hérissée  de  gasconismes.  Il  se  propose  en- 
mité  d'expliquer  les  mots  du  vieux  langage  dont  fourmil- 
lent les  titres  et  actes  établissant  d'anciens  droits  ou  leur 
eiemptioA.  XJne  pareille  conception  a  pu  paraître  étrange, 
originale  :  il  n'y  faut  voir  qifô  le  sentiment  exagéré  peut* 
ëHÈe  maiff  toudiant,  d*un  noble  patriotisme,  qui  sacrifie  au 
d'être  utile  même  te  soin  de  sa  renommée  littérane^  et 


scientifique.  Cette  préoccupation  toutefois  a  empêché  une 
œuvre  excellente  d'atteindre  la  portée  que  l'auteur  pouvait 
se  promettre.  Elle  lui  fait  mettre  de  côté  les  mots  les  jdus 
usuels,  pour  ne  s'attacher  qu'à  des  techniques;  tous  les 
termes,  et  souvent  les  mieux  employés,  ne  se  trouvait  pas 
chez  lui,  et  il  les  néglige  pour  en  poursuivre  d'autFSS, 
hors  de  son  domaine,  s'il  y  peut  saisir  l'occasion  d'un 
redressement  et  matière  à  sa  leçon  de  français.  Restreint 
ainsi  dans  !ue  spécialité,  et  en  même  temps  entraîné  vers 
des  ^alectes  étrangers,  son  plan  est  incomplet  et  manque 
d'unité,  au  grand  détriment  de  notre  dialecte.  Quelle  valeur, 
en  eiet,  était  destiné  à  avoir,  pour  l'avenir  littéraire  de 
notre  pays,  un  travail  de  cette  importance,  exécuté  par  un 
homme  comme  l'abbé  de  Sauvages,  si,  au  lieu  de  se  renfer- 
mer dans  un  traité  de  purisme  français,  il  nous  eût  donné 
un  vrai  lexique  languedocien,  embnissant  la  langue  dans  sa 
plénitude,  ne  sanctionnant  que  ce  qu'il  savait  être  de  pur 
sang  cévenol,  mais  légalisant  tout  notre  avoir  légitime!  Sa 
réserve  trop  timide  est  d'autant  plus  regrettable,  que  per- 
scmne  encore  n'avait,  avec  tant  de  profondeur,  de  sagacité 
et  d'érudition,  pénétré  dans  le  génie  de  notre  idiome,  ne 
s^'était  plus  impressionné  de  ses  beautés,  de  sa  Umpidité,  de 
la  sève  de  ses  tours,  de  ses  images,  de  ses  figures,  de  ses 
idiotismes.  Malgré  ces  lacunes.  Sauvages  restera  comme  la 
^ire  la  plus  populaire  de  nos  contrées,  et  il  méritera  touK 
jours  d'être  considéré  comme  le  plus  savant  et  lo  plus  spi- 
rituel des  initiatéitts  du  languedocien^ 

Son  recueil  sera  le  meilleur  à  consulter  et  le  plus  eu» 
rîeux  quand  on  voudra  remonter  aux  sources;  mais  sa 
donnée  Mp  ex<diksive  devait  nous  interdire  de  le  prendre 
en  tout  pour  inod&ie.  Le  danger  qu'il  a  voulu  combattre^ 
n'existe  plus  d'aôlleiffs  au  même  degré.  Ce  n'est  pas  l'alté^ 
ration  de  la  langue  fraàçuse  par  le  languedocien  qui  est  ^ 
redouter:  Finfiuence-inVerse  est  bien  autrement  à  craindre, 
etlejiéri  sérieiâ  est  au^  ecmtraîrè  de  voir  notre  belle  et 


•  • 


«.  ^ 


DICTIONNAIRE 


L  ANGUED  O  CIEN-FR  ANC  AIS 


DICTIONNAIRE 


LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 


BOISSIER  DE  SAUVAGES  I  De  LA  PARE- ALAIS  !  Deox 

noms  radieux  et  sympathiques,  que  nous  sommes  héorettx 
d'inscrire  en  tète  des  colonnes  de  ce  livre,  et  qui  feront  sa 
meilleure  fortune. 

Au  premier  nous  rattadient  des  liens  de  Emilie;  au 
second  est  due  Tidée  première  de  notre  nouireau  Diction- 
naire languedoeien. 

L'abbé  de  SAtrYAGEs,  parmi  les  célébrités  que  notre  pays 
a  vues  naître,  on  Ta  dit  avec  raison,  est  la  plus  complète- 
ment alaisienne  :  aucune  n'a  le  cachet  du  crû  comme  la 
sienne.  Géologue,  physicien,  naturaliste,  agronome,  litté- 
rateur ou  lexicographe,  soit  qu'il  consacre  ses  études  à 
Tagriculture,  soitqu'O  dirige  ses  recherches  vers  la  linguis- 
tique, tous  les  travaux  d'une  vie  bien  remplie  et  toujours 
appliquée,  les  connaissances  variées  qu'il  possède  à  un 
degré  distingué,  supérieur  même  en  quelques  branches,  son 
expérience  et  son  rare  savoir  semblent  n'avoir  quelque  prix 
à  ses  yeux  qu'autant  qu'il  peut  les  faire  tourner  à  la  pros- 
p&ité  et  à  l'illustration  de  son  pays  natal. 

Entre  tous  ses  ouvrages,  le  seul  dont  nous  ayons  à 
parlef  id,  le  mieux  connu  peut-être,  ne  pouvait  manquer 
de  porter  l'empreinte  de  cette  pensée  de  ïàen  public.  Dès  le 
titre  même  de  son  dictionnaire,  et  dans  sa  préface,  le  but 
du  modeste  savant  prend  plaisir  à  s'avouer  hautement,  n 
se  donne  pour  missicm  principale  d'enseigner  à  parler  cor- 
rectement le  français  à  ceux  de  ses  compatriotes  qui,  aoeou- 
tumés  dSs  l'enfance  à  formuler  leur  peiûée  en  languedocien, 
iï*m  donnent,  en  se  servant  du  fr^i^ais,  qu'une  traduction 
vicieuse  et  toute  hérissée  de  gasoonismes.  Il  se  propose  en- 
suite d'expliquer  les  mots  du  vieux  langage  dont  fourmil- 
lent les  titres  et  actes  établissant  d'anciens  droits  ou  leur 
exemption.  XJne  paMille  conception  a  pu  paraître  étrange, 
originale  :  il  n'y  faut  voir  qifô  le  sentiment  exagéré  peut* 
ètte  maj9  touchant,  d*un  noble  patriotisme,  qui  sacrifie  au 
dénr  d'être  utile  mêmele  soin  de  sa  renommée  littêrake  et 


scientifique.  Cette  préoccupation  toutefois  a  empêché  une 
œuvre  excellente  d'atteindre  la  portée  que  l'auteur  pouvait 
se  promettre.  Elle  lui  fait  mettre  de  côté  les  mots  les  plus 
usuels,  pour  ne  s'attacher  qu'à  des  techniques;  tous  les 
termes,  et  souvent  les  mieux  employés,  ne  se  trouvent  pas 
chez  lui,  et  il  les  néglige  pour  en  poursuivre  d'autres, 
hors  de  son  domaine,  s'il  y  peut  saisir  l'occasion  d'un 
redressement  et  matière  à  sa  leçon  de  français.  Restreint 
ainsi  dans  !ue  spécialité,  et  en  même  temps  entraîné  vers 
des  (fialectes  étrangers,  son  plan  est  incomplet  et  manque 
d'unité,  au  grand  détriment  de  notre  dialecte.  Quelle  valeur, 
en  eiet,  était  destiné  à  avoir,  pour  l'avenir  littéraire  de 
notre  pays,  un  travail  de  cette  importance,  exécuté  par  un 
homme  comme  l'abbé  de  Sauvages,  si,  au  lieu  de  se  renfer- 
mer dans  un  traité  de  purisme  français,  il  nous  eût  donné 
un  vrai  lexique  languedocien,  embrassant  la  langue  dans  sa 
plénitude,  ne  sanctionnant  que  ce  qu'il  savait  être  de  pur 
sang  cévenol,  mais  légalisant  tout  notre  avoir  légitime!  Sa 
réserve  trop  timide  est  d'autant  plus  regrettable,  que  per- 
scmne  encore  n'avait,  avec  tant  de  profondeur,  de  sagacité 
et  d'érudition,  pénétré  dans  le  génie  de  notre  idiome,  ne 
»'étftit  i^us^  impressionné  de  ses  beautés,  de  sa  limpidité,  de 
la  sève  de  ses  tours,  de  ses  images,  de  ses  figures,  de  ses 
idiotisme».  M^gré  ces  lacunes.  Sauvages  restera  comme  la 
gloire  la  phis  populaire  de  nos  contrées,  et  il  méritera  touK 
joure  d'être  coôsidéré  comme  le  plus  savant  et  le  plus  spi- 
rituel des  initiatéitts  du  languedocien. 

Son  recueil  sera  le  meilleur  à  consulter  et  le  plus  eu* 
rieux  quand  on  voudra  remonter  aux  sources;  mais  sa 
donnée  trop  exelùsive  devait  nous  interdire  de  le  prendre 
en  tout  pour  modèle.  Le  danger  qu'il  a  voulu  coÉnbattre" 
n'existe  plus  d'sûHeoïs  au  même  degré.  Ce  n'est  pas  l'alté^ 
lotion  de  la  langue  fraàçuse  par  le  languedocien  qui  est  ^ 
Tedouter  :  Tinfluaice^inverse  est  bien  autrement  à  onondrè, 
et  lejiéri  sérieux  est  au  contraire  de  voir  notre  belle  et 


DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 

CONTENANT 

les  définitions,  radicaux  et  étymologies  dos  mots;  los  idiotismos, 
dictons,  maximes  et  proverbes,  lonrs  origines  et  celles  des  contnmes,  usages  et  institutions; 

les  noms  propres  de  personnes  et  de  lienx,  ^ 

origines,  étymologies  et  significations;  les  termes  d'agricnltnro,  de  métiers,  d'arts,  de  professions, 

d'industries  ;  la  flore  et  la  faute  méridionales;  etc.,  etc. 

PAR 

Maximin    D'HOMBRES 

ANCIBN  PBÈSIDBNT  DU  TRIBUNAL  CIVIL  d'àLAIS,  MBMBBB  DB  L'AGADiMIB  DB  NIMBS, 
ANCIBN  PRi»IDBNT  DB  LA  SCaÉTi  8CIBNTIFIQUB  BT  LITTÈRAIRB  D'ALAIS, 


ET 


Gratien   CHARVET 

MBMBBB  DB  L'ACADtMIB  DB  NIMBS,   DB  LA   HOCTBTÂ  ABCHJK)LOOIQUB  DB  MONTPBLUBR 

BT  DB  LA   80C1ÉT6  SCIBNTIPIQUB  ET  LITTÂRAIRB  D'ALAIS, 

OORRBSPONDANT  DU  MINISTÈRB  DB  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE  POUR   LES  TRAVAUX  HISTORIQUES, 

OFFiaBR  D*ACADÈM1B. 


ALAIS 

Imprimerie  et  Lithographie  A.  BRUGUEIROLLË,  Grand'rue,  93. 

1884 


iO 


(lL'>iii«'ni'Ob  «n  (le  SCS  l'oniics,  ses  tniirs  i'lli|)ii(|ui\s  ot  >a  cnii- 
struclion  ne  s**  plii'nmt  jamais  au  dialt'rlc  N)uril  ilii  .N->nl,  à 
sa  j)i'«''i"isiim  p\ai;lc  cl  t'<nji[),issr''.  11  iit*  s  iiliiait  de  la  lii>lnii 
quuih*  IiiLMin.ulii)'  sans  inuii,  (jul  in'  .s'iail  ni  <lu  lauLiit'- 
dnci'Mi  ni  du  l'i'ancii.s.  njai>  du  \rai  iKiliii>  ccno  luis,  iiiin- 
l('Ili':iltl*'  au\  lial)il  niN  du  j)a\s  (Mi\-ni<Miii'N,  o[  lail''  ji  'ur 
(10C')nc»'i-lei'  les  ('lianj-'eis  ei  \i'^  plus  sa\anls  (>liil(tl'ii;ui>. 

Mallit'un'USi'ihcnl  rfs  ini-oiii[tatii»ilil'''S  iMiliv  les  dfu\  lan- 
irucs  n'nnt  [»as  cl'  Inujituis  hi-'ii  iMMijuisi-s.  P.mr  (jufli|u«> 
airniit''s  (|Ut'  le  lalin  a\ail  a  Tdriiiin"  a[»[t<ii  l''ts  dan>  lune 
ol  dans  lauliv,  (ui  n"a  [>as  assez  lemi  e(nu|ile  de  leur^  dill'é- 
rence»  iili\siul(»i;i(jue^,  de  t,uU  re  (jue  pcul-èhe  le  cliiiial, 
Wnv  i>iisilinn  ;^e,i^'iMjilii(|n,\  li-uis  (endantes  axaient  iiil> 
crincMiicilialtle,  d  anlipatlniiue  dans  leui"  naiuie,  d  hi>  liiir 
caraet'Te,  dans  leur  mécanisme,  dans  leui'  e\[(ressi  »n. 
C'«Haicnt  deux  ll<Mi\es,  avant  uin'  source  coiiiiuuue ,  »jui 
lonL!leiii|)s  avaieiil  sui\i  une  inandie  parallèle,  !.'<•(. udant 
le  pa\s  dans  leur  cours;  nuis  (jue  de|»ui>  des  p-nis  njipd- 
S(Vs  «uil  enirainés  eu  sen;>  Çdjilraire,  e|   ditiil    les  «mux  ne 

lH}USenl    plus    se    mêler   sans    se    IntUltJer   et    se    LUiruliij)ie. 

C'est  ce  (juil  lallail  surtout  rcm.injuer  :  c'était  a  main- 
leiiir  la  séparation  (ju  il  impiirlait  d"  5'aUaclier. 

Aujourd'hui  lu  lant:ue  jraneaise,  (|ui  ne  ce>se  di'  s-  pro- 
diguer, de  se  répandre,  de  s'  perleclionner,  attire  tout  a 
elle  ;  seule,  elle  a  la  jurole;  vule,  elle  es!  de  Ix-n  ton  et 
de  bonne  compajinie;  tout  se  lait,  s'enseinne,  s-'  rejrnte, 
se  diM'ule,  se  traite  en  Iraneais  ;  sa  [»rei'minene.'  e.Nt  ineou- 
lestalile.  La  laniiue  d'Oc,  a  ses  col''S,  de[)uis  (pi'elle  a  perdu 
sa  nationalité,  n'est  |)lus  (ju'ini  parler  de  \aincus.  Comme 
elle  n'a  pu  se  mou\oir  que  dans  un  cei'cle  ri'^iifini .  sa 
puissanc»'  de  dt'velitppemi'nt  s'est  mesuiV'c  à  des  intérêts  et 
î\  des  besoins  Uirnés.  lanule  souvent  lieuivuse  du  Iraneais, 
dans  la  poésie,  plus  abondante  et  plus  musicale  (jue  hu,on 
l'a  bien  vue  toucher  sans elVorls  aux  conce[)tions  élevées  de 
la  pensé(;  et  de  l'esprit;  uiais  rejetée  de  hi  vie  pid)li<(ue 
active,  du  fiionde  de>  allaires,  de  la  poliii(jue et  di's sciences 
humaiiK^s,  mise  en  (|uel(pie  sorte  au  ban  de  la  civ  ilisatioji 
nuHlerne  :  toute  ex])ansiou  lui  devenait  impossiblt».  Elle  est 
restée,  avec  ses  allures  laniilières,  vulgaires,  un  peu  rusti- 
ques, la  lajigue  du  peuple,  de  la  lamille,  des  cami)agnes. 
Elle  a  vécu  néanmoins  et  elle  vil  encore  de  S')n  propre 
fonds,  par  la  seule  énergie  de  sa  conslilulioii. 

Mais  tous  ra|)ports  philologi([ues  ont  cessé  entre  les 
deux  idiomes.  Leur  co-♦.^xist  -nce  sur  le  même  terriloire  ne 
saurait  fonder  ni  alliance,  ni  association.  La  transfusion  de 
l'un  dans  l'autre  ne  serait  en  ellet  que  raiiéantissement  du 
plus  faible,  sans  prolit  pour  le  plus  fort. 

Sans  doute  il  j)eut  arriver  un  jour,  si  éloigné  (juon  le 
prévoie,  où  le  vaiiKjueur  parviendra  à  étouiVer  le  paria,  à 
force  de  l'élreindre.  Il  le  supplantera  dans  son  modeste 
empire,  mais  son  pouvoir  ne  va  pas  jus^ju'.'i  le  rayer  dȔ  la 
famille  des  langues.  Que  le  languedoci(.'n  soit  su])prirné  et 
démonétisé,  c'est  le  lot  des  proscrits;  mais  rien  ne  fera 
qu'il  n'ait  eu  cours  légal,  qu'il  ne  soit  encore  une  des 


L.'loiresde  la  mere-palrie,  (ju'il  ne  revendique justcuKMit  son 
imlividualilé  di>lincte,  et  qu'il  ne  se  reru>"  a  être  converti  en 
un  des  p.ititis  du  iV.meiis.  (!c>t  mu  moins  contre  cettt» 
d<'Comi»"silion  v  iolcnte  «juil  pioteste,  s'il  est  eondamn»'  à 
niianâr.  Auiis  et  ennemis  s'acharnent  .1  |c  iranslormer  en 
un  ar;_'oi  (jui  le  rendi'a  !iient«»t  tout  a  l'ait  mêc mnai^-sable. 
(;cil.iin>  pmislcs,  et  <|ue|(|iies- uns  tri's-eruilits  vraiment, 
ne  s>nl-ils  p;i>,  n\\<->  jnxpr.i  [»ri>l»>M'r  (pie  l^-  vocabulaire 
lan;.'Ued'i(icn  n'avait  i[<'iï  d  •  mi<.'uv  a  l'aire  «pic  il»  mtltre 
au  pillajc  lc>  diclidiin. lires  Iraiiciis?  Ces  slerilc>  cl  buuii- 
liants  lai'ein>,  .sjjs  cl  u*'iii  •'•ri.ues  en  svsti'ine  cl  inmicentês, 
es  Mi' iji>|i  lieux  am.ilu  unes,  s'ils  s'ai'complissaii'iit,  c  en 
s-raif  lait  de  1.1  lannuc  d  Oc,  et  de  s  1  diunit*',  et  de  Niin  i:ênie. 
L'S  einpiii.[ue>,  en  inliltijnl  dan>  les  vimjic.s  de  |.i  pauviv 
Uialadc  un  san,:^  elr.ni,:je|-,  n'oblienilraient  (|ue  ce  d'-plirable 
ri'.Null.it  de  e"iii[ironicll!'i'  «lavant. !,::c  si>n  e\i>|ejiçe.  A  l'arrêt 
de  iimii  «pi'uii  n  aj'Ule  donc  |>as  un  ariêl  de  lletris>uiv. 

La  r.'action  inti'lli,L:ente  «le  l'esprit  des  provinci\s,  dans  le 
Midi,  n'a  p.is  eje  saluée  partout  av«'c  tant  «le  >ynqKitbie 
encouiMi^eaiilc  ]»<  ur  ;rvtiilcr  t\i  plein  ^u<'cès.  La  langue  d'Oe, 
«pii  a  repris  sa  [A:\y-v  dans  la  littérature  de  la  l'rance,  fait 
di's  >rmai>  partie  de  >cs  richi'sses,  et  sa  conservation  inté- 
resNC  la  gloire  natitaialc  ,Mai>  (pit^  lui  laiit-il  l'iu-ore  pour 
vaincre  les  piV-jugés,  jioui'  avoir  raison  de  tous  les  [)arlis- 
pris?  Llle  nv  parv  icmlrail  pas  mieux  si  ell»»  consentait  à 
reprenilre  les  lnianules  archaupies  du  roman  des  trouba- 
ilours,  avec  Icxpi'llcs  nn  ne  sentemlrait  plus,  «pie  si  elle 
était  contrainte  a  rci-nurir  à  ces  faux  ajustements  d'em- 
prunt, «|ui  renlaidissciit  et  la  «lejigurenl.  .Mais  tous  les  suf- 
frages lui  l'eroiit  ac«*ueil  «piand  elle  se  montrera  dans  sa 
pureté  premier«\  «laiis  sa  sinq>licile  vraie  et  natun'lle.  Llle 
ne  (luit  être  jugée  «pie  sur  son  tv[)e  natal,  sur  un  tableau 
coiiïH-l,  complet,  eidier  d'elle-mêmi',  telle  (ju«'  le  progrès 
la  faite,  modiliet\  ai)i»roprié«%  aviH*  l«\s  accroissements  que 
son  génie  lui  a  apportés  et  «pie  l'usage  consacre.  Au  prix 
d'une  ('puration  sévér»',  elle  méritera  de  s»»  r«*lever  d«' son 
abaissement,  et  d'attirer  les  études  sérieuses  et  la  fav«Hir 
])ubli«]ue. 

Sans  rien  répudier  de  son  jias.sé  «jui  a  jeté  un  vif  éclat 
dans  la  littérature,  ne  peut-<'lh*  avoir  «[uelque  orgueil  de  sa 
renaissance,  qui  n'est  jias  moins  brillante?  C^e  qui  était 
autreftiis  de  son  esstMice,  ne  1»^  porte-t-elle  pas  encore 
aujourd'hui  en  elle?  Touti^s  les  langues  arrivent  nécessai- 
r«Mnent  à  se  transfigunT  avec  l(\s  iimnirs,  l'esprit  public  et 
les  tendances  d«'s  populations  (ju'elles  r«^présejit«Mil.  Et  de 
c«'la  ([ue  l'idiome  méridional  n«^  s'est  pas  iigé  dans  rimmo- 
bilité,  (ju  il  a  éprouvé  des  transforinati<nis,  serait -il  juste 
de  c«)nclure  ([u'il  doit  être  déclaré  alt<'int  et  convaincu  de 
mort  civile?  Ce  ne  sont  |)oint  h*s  acquisitions  nouvelles, 
quand  il  les  a  mar(jué«'s  au  titn*  légal,  qui  i)euvent  dimi- 
nuer son  crédit;  mais  bien  cette  fausse  monnaie,  frappée 
au  coin  d'une  fantaisie  ignorante,  qui  le  déconsidère  :  et 
c'est  là  que  le  remède  doit  être  apj)li(pié. 

D'autre  part,  la  langue  d'Oc  est  morcelée  en  une  infinité 


11 


de  dialectes;  mais  s*en  est-elle  pour  cela  affaiblie  dans  son 
principe?  Tons  ces  rameaux  se  relient  par  mille  radicules 
à  la  souche-mère;  les  nuances  d'intonation  et  de  vocalisa- 
tion viennent  confondre  leurs  accords  dans  Tharmonie 
originelle,  dans  une  gamme  commune.  S*il  n'est  pas  permis 
d'espérer,  à  cause  de  l'étendue  du  territoire  et  de  la  diver- 
sité des  dialectes,  de  les  rassembler  tous  dans  une  compo- 
sition unique,  qui  dénonce  les  altérations  dont  ils  ont 
chacun  plus  ou  moins  subi  l'atteinte,  et  qui  les  ramène  au 
thème  vrai,  ce  résultat  ne  peut-il  être  obtenu  dans  une 
monographie,  qui  se  rattache  à  tous  par  des  aperçus  géné- 
raux, par  la  fraternité  d'origine  et  de  famille?  Notre  dia- 
lecte cévenol ,  par  sa  position  concentrique  entre  la  plaine 
et  la  montagne,  plus  abrité  que  les  autres  contre  les  impor- 
tations exotiques,  ne  s'est-il  pas  montré  aussi  plus  fidèle  au 
vieux  culte,  n'a-t-il  pas  mieux  conservé  les  saines  traditions? 
Ne  devrait-il  pas  être  préféré  pour  ce  travail  d'épuration? 

Ce  sont  ces  études  qui  préoccupaient  l'auteur  des  Caita- 
gnadoi,  auxquelles  il  conviait  un  groupe  d'intimes,  animés 
comme  lui  du  feu  sacré.  11  rêvait  de  rendre  à  son  dialecte 
bas-languedocien,  cet  ami  d'enfance  tant  aimé,  sa  physio- 
nomie vraie.  Dans  cette  pensée  fut  commencée  la  nomencla- 
ture du  nouveau  Dictionnaire  languedocien  :  elle  nous  est 
parvenue  écrite  en  entier  de  la  main  de  M.  le  marquis  db 
La  Fare-Alais. 

A  cet  éminent  esprit ,  si  versé  dans  la  connaissance  de 
l'idiome  maternel ,  si  familier  avec  le  génie  du  gai-savoir, 
il  appartenait,  et  lui  seul  avait  autorité  et  compétence  pour 
cela,  de  dresser  le  nobiliaire  complet  de  notre  langue,  où 
ne  devaient  être  inscrits,  comme  sur  le  livre  d'or  de  Venise, 
que  les  patriciens  de  bon  aloi ,  de  pure  origine  ou  d'allian- 
ces légitimes.  Poète,  il  avait  rendu  à  cette  langue  populaire 
sa  grâce  et  son  élégance,  sa  clarté  et  son  énergie,  son  carac- 
tère joyeux  et  goguenard,  ses  allures  franches  et  agrestes; 
il  l'avait  élevée  même  jusqu'à  l'idéal  qu'on  lui  croyait 
inaccessible ,  jusqu'au  sentiment  et  au  pathétique  pour  les- 
quels on  l'accusait  de  manquer  d'expression  ou  de  souffle. 
Grammairien ,  il  voulait  lui  garder  son  purisme  natif  et  son 
originalilé  technique;  la  sauver  du  servilismede  l'imitation  et 
des  pollutions  de  l'invasion  étrangère  ;  délivrer  son  domaine 
des  excroissances  sauvages  que  le  terroir  natal  n'avait  pas 
produites  et  se  refusait  à  féconder;  conserver  aux  fleurs  de 
ses  champs  leur  fraîcheur  et  leur  parfam ,  sans  proscrire 
toutefois  celles  que  sa  culture  ou  son  génie  avaient  natura- 
lisées  et  dont  il  avait  fait  des  conquêtes.  Le  maître  seul  eût 
pu  mener  à  bien  ce  labeur  délicat  :  malheureusement  il  ne 
lui  a  pas  été  donné  de  l'accomplir;  mais  il  en  a  déposé  la 
pensée  dans  la  nomenclature. 

Cette  classification,  telle  qu'il  nous  l'a  laissée ,  accompa- 
gnée de  quelques  notes  trop  rares  et  pieusement  recueillies, 
qu'il  sera  facile  de  reconnaître ,  forme  un  tout  complet. 
Notre  système  d'orthographe  et  les  régies  de  notre  syntaxe 
s*y  trouvent  en  germe  :  toutes  les  acquisitions  nouvelles  du 
Cévenol  sont  légalisées,  les  néologismes  irréguliers  condam- 


nés; le  maitre  a  prononcé.  Pour  nous,  ces  listes  de  mots 
sont  les  tables  de  la  loi  :  elles  fixent  notre  dialecte,  elles 
sont  notre  langue  vraie,  actuelle,  vivante.  C'est  l'arrêt  au- 
quel il  n'y  a  rien  à  ajouter  ni  à  retrancher  :  le  jugement 
dernier  qui  sépare  le  bon  grain  de  l'ivraie. 

Il  y  a  plus  de  vingt-cinq  ans  du  jour  où  fut  écrite  la  pre- 
mière ligne  du  Vocabulaire  et  où  nous  recevions,  avec  un 
ami,  hélas!  perdu  aussi  pour  nous,  la  confidence  du  plan 
d'une  entreprise  trop  tôt  interrompue.  Alors,  dans  une  col- 
laboration fraternelle,  à  laquelle  manquait  son  chef  naturel, 
le  travail  aurait  pu  êlre  suivi;  d'autres  préoccupations 
arrêtèrent  nos  études,  sans  jamais  cependant  nous  les 
faire  perdre  entièrement  de  vue.  Enfin,  quand  au  dernier 
survivant  est  revenu  ce  legs  de  l'amitié,  pour  en  accepter 
l'honneur  et  les  périls  il  a  moins  consulté  ses  forces  que 
son  patriotisme.  L'œuvre  avait  été  inspirée  par  un  senti- 
ment qui  devait  la  faire  continuer  :  elle  pouvait  être  utile, 
ses  difficultés  ne  devaient  pas  empêcher  d'en  tenter  les 
risques  et  les  écueils.  Mais  aujourd'hui  que  la  tAche  est  à 
peu  près  remplie,  que  nous  avons  parcouru  jusqu'au  bout  la 
voie  tracée  par  les  jalons  indicateurs,  nous  jetons  un  regard 
en  arrière,  et  nous  doutons.  La  bonne  volonté  ne  nous 
a-t-elle  pas  égaré?  L'esprit  du  maître  ne  souffle  plus;  ne 
nous  a-t-il  pas  abandonné  dans  ce  long  trajet?  Et  nous  en 
sommes  à  nous  demander,  en  le  regrettant  peut-être,  s'il 
n'eût  pas  été  préférable  que  l'esquisse  fût  restée  simplement 
au  trait  qui  seul  lui  donnait  tant  de  vie  et  d'animation; 
s'il  n'eût  pas  mieux  valu  que  la  toile  eût  été  laissée  vide 
dans  son  cadre  d'or.  Puisse  au  moins  la  gangue  abrupte 
ne  pas  trop  déparer  le  diamant  que  nous  avons  voulu 
mettre  en  lumière  ! 

Tout  d'abord  nous  devions  dire  comment  était  né  le 
nouveau  Dictionnaire  languedocien;  maintenant,  que  son 
ordonnance,  sa  marche  et  son  développement  eussent  dû 
être  moins  imparfaits,  plus  conformes  aux  us  et  coutumes 
et  aux  règles  académiques,  nous  l'avouons.  Il  y  aurait  trop 
mauvaise  grAce  h  ne  pas  le  reconnaître  et  trop  de  présomp- 
tion à  ne  pas  s'en  excuser,  n  va  de  soi  que  notre  pré- 
tention n'a  pas  été  de  faire  un  livre  savant,  pas  plus  que 
destiné  à  apprendre  la  langue  à  ceux  qui  la  savent;  mais  il 
importait  de  conserver  l'acte  de  son  état  civil,  nous  l'avons 
fidèlement  enregistré.  Nous  avons  mis  toute  sorte  d'appli- 
cation et  de  désir  à  bien  faire,  pour  rendre  utiles  et  inté- 
ressantes nos  recherches,  pour  maintenir  lessaines  traditions; 
s'il  ne  nous  a  pas  été  donné  de  faire  mieux,  à  nous  seul 
la  faute.  Mais  que  ne  nous  pardonnera-t-on  pas  et  ne  nous 
laissera-t-on  point  passer  à  la  faveur  des  deux  noms  si 
populaires  et  si  sympathiques  qui  nous  couvrent?  Ce  double 
patronage  de  Sauvages  et  de  La  Fark-Alais,  nous  l'invo- 
quons à  chaque  page.  A  plus  d'un  titre  nous  avions  le  drmt 
de  nous  en  réclamer  :  ici  le  devoir  qui  nous  tenait  le  plus 
au  cœur  était  de  porter  l'hommage  du  souvenir  et  de  la 
reconnaissance  à  ces  deux  mémoires  vénérées  et  chôres. 


A 


A,  5.  m.  Proiiiiôre  lollre  do  Talpliabct.  O'Uo  loltro  ii'«''tniit 
jamais  iiiuolte  vl  n'ayniit  ruruiir  seule  cl  uum\o  pronoucia- 
lioii,  il  Ji'y  a  pas  lion  di^  lui  iIdiiiiit  un  aoocui  (|U(lc«)ti<[u<\ 
iii  au  coiniiMMKMMiit'ul,  ni  à  la  liii,  ni  dans  rinttM'ii'Ur  d"\ni 
mot.  (>[>ondant  A  pnMid  l'acconl  circonllcx"'  dans  la  dipli- 
llionj^ui'  :  inàou,  pùoii,  donbc,  clc. 

A,  prcpos.  cl  siijna  fiti  tlalifh.  —  Aitan  à  ht  vilo ;  dotind  ilv 
pan  à  un  piïoure.  Ici  Ta  n'i'Sl  ])as  onnsiilt'iv  coiiimk'  Ir-lli'c, 
connno  sul»sl;nilii';  il  osl  [Hvposilion.  Pdur  l(Mli>lini;iii'i'  ainsi, 
t;t  nt^  [)as  1»'  cnnlnndrc  M\t\-  (<'  nml  suivaJil,  nniis  lui  dttnniiii"^ 
TacotMil  graN»',  (jui  du  ivs!»*  in*  ni<tdi(i<M'n  ri-'ii  sa  pronon- 
ciation. 

A,  3'"''  pei's.  nul.  près,  du  v«'I'Ik' .Irt'/zr,  il  un  i-H.^  a. 

A,  (It'sinenrr,  <pii  est  rcpn'Si'nlt't*  dans  (piclt|U«'S  nuiiis 
ju'opi'cs  d'Iinniiiii'  el  dans  licaUiMUp  (le  nnius  de  lii^i,  en 
fr.  par  nr.  v\  on  lai.  [tai"  nni.s.  (icKut, 

Dans  aui'ini  mot  nnli-.-  dialccli*  n'admet  ni  ne  piMuoiic.' 
le  C  (inal;  le  IVanciis,  an  eonlrain',  je  ('..il  rorlcincnl  ^.'iilir; 
en  ce|;j,(^t  sur  la  lenniiiaiMtn  dont  lions  liMiliii^,  (■•lui  ci  ><• 
ra])|M'oche  da\anta]j«'  de  rancieniit'  loiine.  >i>.s  aiciiv,  I-n 
(li'H'vs,  axaient  en  elVi'l  c<'  miIIîm'  </c.  <//.,  ipii  >•'  ciiili^H'lail 
a\ec  Son  é([ui\al''iil  ce,  c/V,  cons'i'\i'>  ejn* n',- d ms  l'ar.ii^  li- 
cain,  le  caiul)i*i([ne  iM  ;iulifs;  •'(  il>  ap[iii  «.siciU  Mii>  d  ail' 
sur  la  linali'. 

On  conn.iit  je  rttle  dis  pi''!i\(S  et  d"N  su.'liX''^,  tl'ux 
soiire.'S  (pii  f'M'onl.Mit  el  ('ni'i>-lii>>"nl  les  laii^Lue^.  (l-nx-l.t 
])rt''Ci'deiit  le  mot.  l'ont  les  omp  is(''>  et  macquo  il  un  i.p- 
poil  de  C'»u\enance.  de  lii'U  .  de  dislnic",  d-'  t'..i|!>,  d" 
dinV'rei!!-".  fie.;  c 'U\  ci  >ui\eiii  If  m-it,  iMian'iit  |i  >  d'  ,i\  s 
et  im[tiimejii  à  la  i\..'in  '  un  s-iis  p  ;i  lli-uli  i"  t!  ■  (pi  lit.-,  de 
mode,  d'aelioii,  d'  «^ull:^l  luee .  d  appi'. -j'i'i  diou  ,  di'  j''>-'.ii- 
Manee,  di'  reunion,  de  cti||.'ch\  it''  et  aulre.s.  ïj'  Miilixc  //.-, 
d'ori^^'iu''  ,t:aul"i-e,  S(r\. lil  à  ad';i'r|i\<'i'  1-'  r'i'.icl  ;iii(|iii|  il 
s'atlaeliail ,  en  lui  a(iporrnd  un^*  id'v  d''  d- >••  !i  !  iiiee,  de 
propriiUi'  ou  de  colh'cli\ile,  (piand  il  s"ajoa[  lit  a  un  nom 
prol)re. 

Kn  ai"ri\ant  (lan>  l  s  (iaule^,  linme  |enr  imjio>a  m  lanuue 
et  son  ^éine;  mais  le  \ii'U\  Ironc  cellitjuf  ne  lu!  pa^  d  ra- 
cine et  ses  rameauv  \erdi>sai''nl  daii>  le  lani.ML'e  u>U'd  an 
Uiilieu  i\v<.  pousses  latines.  Ij's  d'iiomiiialioiis  locales  traib's 
faites  ne  pi)u\ai»'nt  s VlV.u: t  :  ell.-s  fuient  latinisivs  le  pins 
souxent  par  la  siin[il<}  addition  de  la  s\  Malte  romain'' caiac- 
lérisliipie  lis,  (t,  unt,  selon  ([u'il  s'agiss.iit  d'un  nuinsus  on 
payns,  d'une  ciUa  nii  niansio,  d'un  cnstruin  mi  pniu/ùun. 
Pour  les  élaljlisseiuents  nouveaux  à  créer  et  à  nommer,  le 
contact  perséNéranl  des  deux  idiomes  amena  des  inodilica- 
tions  do  procédés  et  de  formes.  L(^  latin  introduisit  son 
génitif  eu  i,  signe  do  relation  idenli(iuo  au  suflixe  ac;  et 


ABA 


de  là  trè^-prol»al^lement  les  désinences  en  acius  ou  ocium, 
et  par  transi)osition  iacus,  icHunn,  et  jieui-élre  les  tle\ions 
en  assitts,  assiinn,  nlins,  aiinui,  (Tel  ni  déjà  i  altération, 
mais  aus>i  le  renon\ellemenl  ;  <'t  pendant  !<•>  sept  dU  huit 
sii'clt's  (pi«'  dura  la  décadence  ilu  r<\L'iuie  rouiain,  ipii  allait 
s'alt^'iMiit  dans  la  hasse  laliinir-,  s''  faisait  en  même  temps 
le  travail  de  iorniation  de  la  lan^Mie  d'Oc,  prèle  à  jeter 
taiil  d'éclat  avec  ses  Inadiadours.  H  est  facili'  de  com[>ren- 
di'e,  dans  ciMle  p/'riode,  les  transformations  par  Ic^pielles 
diu'ent  passer  les  di''sii:nations  aiipe||.iti\i'S,  sans  parler  des 
iidlu''ners  i'llmi(pi''>,  <[ui  ai;i»eni  ;i\ec  tant  de  pui>sance  sur 
les  (U'iiaiies  \ocaux  el  >ur  laceenl. 

Les  reMjll.d^  SI'  traiiuis''nl  en  \ari;mtt'S  multipliées. 
Tandis  tpie,  \\,\\\<,  If  Noid,  le  >ulïi\e  nv  se  con\ertil  (^ii  e, 
('[/,  (iij,  /,  //,  il  ll't  InUdnis  l<'  Mnli,  en  (t  simple,  en  er,  e.r; 
\ers  I''  (ientre,  f'U  ('<(,  eu.i;\\[\  pi'ii  pailoul ,  en  ns  v\  al:  et 
toiiji.ui's  le  loin  immolai."  il  uhiroin.e  a  persi>t''' dans  ses 
Jinali'^  iicis  el  arnui,  îdrus  cl  incuiu.  D.ois  cette  Variété  de 
[)i"nilails  i>■>u^  d''  l'union  ih'.s  Inrine,-,  l,ihne>  avec  les  dési- 
nene.si:aidoi^.'>,  lanlol  laliiii,>''-i'>,  laidol  senlrnient  traduites 
d«'  l.i  Iniju"  \id;jiiie  r|  priii.iliv'',  \,\  i-uinhinaison  de  la 
nn'uiîliii'  sur  1/  ;.]»|MiaiI  ilaiis  luaucinj)  de  noms;  elle. 
ani'i!"  me 'i"i'  eunnia   «-(iniv.d  nt  !«'  suilixe  <///,  c;*  et  autres, 

et,  il  faut  le  1VÇm|iii,ii|  |V  ;;ii<M,  |.'  7  c  Ilique  mouillaut  \n, 
(pli  d'iiM  ',  ]to!u'  '/'■  <l  <t(  uti:  (Il  niciini.  daus  1'-  .NiU'd,  tijnt', 
iijiii.  i';"!i.  i[iiiic<,  (jiii  Ui'  s:tn!  p.i-^  moins  pill(ir('S(pii'S  (]ue 
lii>  <i>ji>  r,  'i;jn;>.  (.  >/ '.I ':rs,  'ni-'j':  s,  •iiju'i  l'ifufs,  ar/jneol 
01 'jr..  in  i  i  !i  Ml  oiv .  (liii  <nl  I.---  i;."ii.'s  elriinMils  ]>riiiiitifs 
il  rf.imi.i  ni  a  I,;  h.'iip'  s  ■aiNf.  lai  c  iinmeiicnit,  il  fallait 
t' nir  iiol"  (!••  e.  >  Iran^formaliiUis.  -—  Voii.  les  articles  .1/^, 
Aiijw,  el   jis  cxi'iiipl.s  >oiî>  It's    n.tiiis  de  lit>(i   Ainiat'ffite, 

Abadiè,  .v.  /'.  .V!'lta\e:  moiu>|  ae  d  liommes  ou  di*  fem- 
iiir<,  ^'.ii\('[|i.''  |),(f  un  alil)''  on  mit'  ahltesse. 

\)  v.  du  l.din  M>.l>ntiii . 

Abandoù,  s.  m.  AImjiiIou.  —  il  ne  se  prend  guère 
([u'advi-riiialemenl.  I.aissoloni  à  I  <i(ju/i  /où,  il  ]n''irlig(^  toutes 
ses  a  lia  (l'es. 

Abandouna,  r.  Al»aiidoiHi''i'.  —  (>  mut  d'origine  toute 
franc  ti>  '  (>t  peu  emj»lo\é  dan>  son  m-us  propn»,  mais  il 
devieni  tunl-à-fait  leclnii([Ui'  an  participe  [»asst'  fém.  uno 
ahiiuîoiiuailo,  uii'*  femme  décriée  et  (pie  tout  le  monde  fuit. 

>ious  reinanjuerdns,  en  comniiMicant  et  une  fois  pour 
toutes,  (pie  le  pins  grand  nombre  de  verlies  actifs,  daus 
notre  jdioine  ainsi  (pie  dans  le  hasd>reton,  se  terminent  ou 
A  à  rinlinitif  et  au  part.  pass.  masc.  Tous  c(\s  partici]x^s 
font  ado  au  féminin. 

Abàoucha  [s],  c.  Tomber  sur  la  face,  sur  le  uoz. 


ABÉ 


ABE 


IS 


Le  radical  semble  pris  de  bueca,  bass.  lalin.,  boache. 

Abtoosa,  17.  Retoaroer  nn  vase  sens  dessus  dessous. 

Abàoiua  (s*),  v.  Se  coucher  à  plat  ventre. 

AbâouBOÙ  (d*),  ou  d'Abâousoùs,  adv.  A  plat  ventre, 
£ue  à  terre. 

Abarbassl,  ido,  adj.  Barbu,  qui  laisse  croître  sa  barbe 
outre  mesure. 

Dér.  de  Barbo, 

Abartassi  (s*),  v.  Se  couvrir  de  buissons;  dégénérer  en 
buisson.  Se  dit  d'un  arbre  qui  a  été  brouté  ou  trop  fré- 
quemment ravalé  dans  sa  jeunesse. 

Dér.  de  Barta»,  buisson. 

Les  verbes  dont  Tinfinitif  est  en  I ,  ont  la  même  termi- 
naison au  part.  pass.  maso.  ;  ils  font  au  fém.  ido  :  règle 
générale. 

Abasanl  (s*),  v.  Se  flétrir,  se  rider;  devenir  vieux,  usé, 
mi-pourri.  Se  dit  quelquefois  des  personnes,  mais  plus  sou- 
vent du  bois  de  service  qui  a  été  pénétré  par  l'humidité  et 
la  gelée,  et  qui  perd  par  là  son  poids  et  sa  dureté. 

Abastardl  (s'],  v.  S'abâtardir,  se  rabougrir,  dégénérer. 
Se  dit  surtout  des  plantes  et  des  céréales  qui  dégénèrent 
faute  d'assolement  et  de  renouvellement  des  semences. 

Abatsda,  v.  Attaquer,  poursuivre  quelqu'un  avec  des 
projectiles  quelconques;  jouer  de  la  fronde,  jouer  à  la 
bataille,  lancer  des  pierres  avec  la  fronde  ;  abattre  des  fruits 
à  coups  de  pierre  ou  de  gaule. 

Abè,  9.  m.,  dim.  Abéqué.  Abbé.  Ce  mot  n'est  plusqu'mic 
désignation  générique  de  tout  ecclésiastique,  n'importe  son 
rang  et  ses  fonctions,  jusqu'à  celles  d'évôque  inclusivement. 

Dér.  du  lat.  Abbas, 

Abé,  s.  m.  Sapin,  Abies  vulgaris,  Linn.  Grand  arbre  de 
la  famille  des  Conifères.  —  Voy.  Sapin. 

Dér.  du  lat.  Abies, 

A-bé-cé-dé,  s.  m.  A-b-c,  abécédaire,  alphaljet. 

Abéîano,  s,  f.  Mélisse,  citronnelle.  Métissa  officinalis, 
Linn.  Plante  à  odeur  de  citron.  Ses  feuilles  prises  en  infu- 
sion sont  un  léger  stomachique.  C'est  le  thé  des  paysans. 
—  Voy.  Idmounéto, 

Etym.  de  abéîo,  parce  que  les  fleurs  de  cette  plante,  la 
mélisse,  attirent  les  abeilles,  dont  le  nom  grec  est  [xsXiaaa, 
formé  lui-môme  de  (jiXi,  lat.  mel. 

Abéîè,  s.  m.  Grand  troupeau  de  moutons  composé  de 
plusieurs  troupeaux  de  différents  propriétaires,  et  que  l'on 
réunit  sous  la  garde  d'un  maitre-berger  nommé  baïle,  pour 
les  conduire  en  été  sur  les  hautes  montagnes.  —  Voy.  Avé. 

Ce  mot  est  évidemment  une  dégénérescence  à^âouèliè,  qui 
a  la  même  signification  dans  le  dialecte  gascon  ou  plutôt 
bcnlelais.  Ce  dernier  est  dérivé  (ïàouélio,  brebis,  formé  du 
Utin  ooù,  comme  ovUe,  bergerie,  étable  à  brebis.  C'est  la 
origine  que  le  français  ouaiUe  ou  ovaille. 
ï^  c.  f.  Abeille,  mouche  à  miel.  Apis  mellifim,  Linn. 

—  Mèrdo  d*ûbéio,  miel.  Carga  coumo  uno  abêio,  chargé 
oonune  une  abeille;  ne  se  dit  que  de  quelqu'un  chargé  de 
butin  on  d'objets  utiles  à  soi-même. 


Abél  ou  i^iè,  s.  m.  Rucher  d'abeilles;  lieu  où  sont  pla- 
cées les  ruches  à  miel;  l'ensemble  de  toutes  les  ruches. 
*—  Voy.  Apiè. 

Abëna  ou  Ayéna,  v.  Finir,  user,  élimer.  Se  dit  d'un 
habit,  du  linge,  d'un  meuble;  au  flg.  d'une  personne  usée 
de  vieillesse  ou  de  travail.  —  C'est  encore  un  technique 
particulier  pour  les  filatures  de  soie.  Chaque  jour,  à  la  fln 
de  la  journée,  on  ramasse  les  derniers  cocons  à  moitié  fllés 
qui  restent  dans  la  bassine ,  pour  les  réunir  le  lendemain  à 
des  cocons  neufs  ;  mais  le  samedi  il  y  aurait  inconvénient 
à  les  laisser  croupir  ainsi  tout  le  dimanche  dans  leur  humi- 
dité. Pour  y  obvier,  on  travaille  un  peu  plus  longtemps  le 
samedi,  pour  achever  de  filer  ce  qui  reste  de  soie  aux  der- 
niers cocons  :  c'est  ce  travail  sur  les  cocons  ainsi  usés,  et 
sans  en  adjoindre  de  neufs,  qu'on  appelle  Abéna.  — 
Voy.  Avéna. 

Abénaduros,  s.  f.  pi.  Reste  de  cocons  mi-dévidés  dont 
il  est^parlé  à  l'article  précédent.  La  soie  qui  en  provient  a 
moins  de  force  et  de  nerf,  car  ce  sont  les  filaments  inté- 
rieurs et  le  dernier  travail  du  ver  arrivé  à  sa  fin.  Aussi 
n'est-il  pas  prudent  de  dévider  cette  soie  sur  la  flotte  déjà 
commencée;  elle  paraîtrait  à  l'extérieur  et  donnerait  à 
l'œil  mauvaise  opinion  de  sa  consistance.  Pour  y  remédier 
on  prend  une  roue  nouvelle  et  l'on  entreprend  une  autre 
flotte  ;  alore  la  soie  provenue  des  abénaduros  se  trouve  en 
dedans  et  passe  ainsi  inaperçue. 

Abèou  (àl'),  adv.  En  danger,  sur  le  bord  d'un  précipice, 
sous  le  coup  d'un  accident.  —  Aquà's  bien  à  V abèou,  cela 
est  fort  exposé,  bien  en  danger. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Labes,  chute,  ruijie;  mais  alors  il 
aurait  dû  être  écrit  iMbèou;  peut-être  du  lat.  Abyssus, 
abîme,  précipice. 

Abéoura,  v.  Abreuver;  mener  à  l'abreuvoir,  faire  boire 
les  bestiaux  ;  combugcr  un  vaisseau  en  ]x)is,  des  futailles. 
—  La  tèro  es  prou  abéourado,  la  terre  est  assez  humectée, 
abreuvée. 

Dér.  de  Béoure,  boire. 

Abéouradoù,  s.  m.  Abreuvoir;  auge  à  cochon;  auget  de 
cage.  On  dit  proverbialement  :  I  aï  tout  soûl  à  Vabéouradoii, 
il  n'est  pas  nécessaire  de  le  mener  boire,  il  sait  boire  tout 
seul,  en  parlant  d'un  ivrogne.  —  Cassa  à  Vabéouradoà, 
tendre  des  filets  le  long  d'un  ruisseau  où  vont  boire  les 
oiseaux. 

Abéouraje,  s.  m.  Breuvage.  —  Il  se  dit  de  la  p&tée 
qu'on  sert  aux  cochons;  du  breuvage  mêlé  de  son  et  de 
farine  qu'on  donne  aux  chevaux  et  aux  vaches  ;  particuliè- 
rement des  breuvages  médicaux  qu'on  fait  avaler  aux 
animaux  domestiques  de  toute  sorte. 

Abéonre,  s.  m.  Toute  sorte  de  boisson  étendue  d'eau» 
mais  dont  le  vin  est  la  base,  soit  piquette,  soit  vin  trempé; 
abondance. 

Abérlénquiè  ou  Amélan,  s.  m.  Amelancbier,  Cratœgm 
emelanehier,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Rosacées.  Son 
fruit  se  nomme  Abérlénquç.  —  Voy.  Am&an. 


Notre  ami  succomba,  le  27  décembre  1873,  à  la  cruelle  maladie  dont  il  était  atteint  depuis  plusieurs 
mois.  Il  mourut  en  chrétien  convaincu  et  résigné,  digne  couronnement  d'une  aussi  belle  existence. 

M.  B.  de  Roux-Larcy  a  résumé  en  trois  mots,  sur  sa  tombe,  la  noble  devise  de  Maximin  :  «  Dévoue^ 
meni,  abnégation,  fidélité,  • 

«  Sa  foi  religieuse,  a-t-il  ajouté,  sa  mort  la  proclame —  Sa  foi  politique  fut  de  celles  qui  com- 
mandent le  respect  à  leurs  adversaires,  et  qu'aucune  épreuve  ne  fait  jamais  défaillir  (1).  » 

a  Né  dans  le  sein  de  l'Église  romaine,  élevé  dans  la  foi  et  Tamour  de  ses  dogmes,  dans  le  respect  de  ses 
décisions,  dans  la  soumission  à  sa  discipline,  a  dit  excellemment  de  lui  M.  d'Ëspinassous,  rien  de  ce  qui, 
dans  nos  temps  troublés,  a  fait  boiter  tant  d'âmes,  n'a  eu  la  force  de  le  faire  dévier  un  seul  moment  de  son 

devoir  filial Dieu,  roi,  patrie,  cité,  famille,  amis,  tant  que  ce  noble  cœur  a  battu,  il  a  tout  aimé  avec 

obstination —  Catholique  et  légitimiste  par  sentiment,  il  devait  nécessairement  en  être  le  type  le  plus 

pur,  et  il  ne  pouvait  que  vivre  et  mourir  dans  les  bras  de  l'Église  et  en  rêvant  du  trône  (2).  » 

A  ce  splendide  hommage  aussi  mérité  que  noblement  exprimé,  il  nous  suffira  d'ajouter  que  la  mort  de 
Maximin  d'Hombres  fut  une  perte  irréparable  pour  sa  famille  et  ses  nombreux  amis,  et  un  deuil  public  pour 
cette  excellente  population  alaisienne,  qui  voyait  s'éteindre  en  lui  une  de  ses  figures  les  plus  originales  et 
les  plus  aimées,  un  des  derniers  chroniqueurs  de  ses  mœurs  populaires,  un  des  derniers  représentants  de 
ses  antiques  traditions. 


* 


Après  la  mort  de  notre  ami,  Madame  d'Hombres  voulut  bien  nous  confier  le  soin  de  terminer  l'œuvre 
inachevée  de  son  mari  :  honneur  insigne  et  périlleux,  qui  nous  revenait  moins  qu'à  tout  autre  et  que  nous 
nous  sommes  efforcé  de  justifier,  sans  espérer  d'y  avoir  réussi  aussi  complètement  que  nous  l'aurions  désiré. 

Maximin  d'Hombres  avait,  en  mourant,  laissé  le  Dictionnaire  languedocien  rédigé  et  imprimé  jusqu'à 
la  lettre  M,  inclusivement.  Il  restait  donc  à  définir,  sans  autres  jalons  que  la  liste  incomplète  laissée  par 
M.  le  marquis  de  La  Fare-Alais,  tous  les  mots  correspondant  aux  douze  dernières  lettres  de  l'alphabet. 

L'orthographe  introduite  par  M.  de  La  Pare,  dans  ses  poésies,  est  des  plus  défectueuses  et  se  trouve  en 
complète  opposition  avec  les  origines  et  les  traditions  de  la  langue  d'Oc.  Maximin  d'Hombres  l'avait  néan- 
moins adoptée,  par  déférence  pour  le  souvenir  de  son  ami,  et,  bien  que  nos  préférences  soient  en  faveur 
de  l'orthographe  rationnelle,  reconstituée  par  la  renaissance  provençale,  nous  avons  dû,  à  notre  tour,  nous 
plier  aux  mêmes  exigences,  pour  conserver,  à  l'œuvre  à  moitié  accomplie  de  nos  prédécesseurs,  sa  physio- 
nomie propre  et  sa  complète  unité. 

Dix  ans  ont  été  consacrés  à  cette  tâche  laborieuse,  dont  l'accomplissement  nous  a  été  facilitée  surtout 
par  MM.  Emile  de  Firmas-Périès  et  César  Fabre,  deux  alaisiens  de  vieille-roche,  pour  qui  le  dialecte  Cévenol 
n'a  point  de  secrets.  Nous  devons  aussi  de  nombreux  renseignements  aux  trois  poètes  d'Alais,  successeurs 
de  La  Fare,  MM.  Paul  Félix,  André  Leyris  et  Albert  Arnavieille  ;  et,  d'autre  part,  M.  Emile  Reboul,  a  bien 
voulu  prêter  à  MM.  Alfred  Veirun,  Auguste  Brugueirolle  et  Clodomir  Castagnier,  imprimeurs  du  Diction- 
naire, le  concours  de  son  remarquable  talent  de  correcteur. 

Nous  nous  estimons  heureux  de  pouvoir  consacrer  ici,  à  ces  bienveillants  collaborateurs,  les  meilleurs 
témoignages  de  notre  sincère  reconnaissance. 

Alais,  27  décembre  1883. 

G.  CHARVET. 


(1)  Discours  prononcé  par  M.  E.  de  Roux-Larcy  sur  la  tombe  de  M.  Maximin  d^Hombres. 

(2)  Ëloge  de  M.  Maximin  d'Hombres,  par  M.  d'Ëspinassous. 


EXPLICATION  DES  ABRÉVIATIONS 


A  OU  a 

Ace 

Adj 

Anv 

Allem 

Angl 

Art 

Au  FiG 

AUGM 

Au  PROP 

Bass.  lat 

Cant 

Cat..    

Celt 

CÉV 

COMM 

COxNJ 

CONTR   

CORR 

Dat 

DÉMONS 

DÉR 

DiAL 

DiCT 

DlM 

DlPH 

Emp 

Esp 

Etym 

ExrxAM 

Ex 

F.  ou  f 

Fam 

FiG 

Fr 

Frèq 

Gasc 

GÉMT 

Gr 

Imp 

—  Indique  le  cliangomeiU 
=  Signifie  égale.  Ex.  Ac  = 


Actif» 

Accusatif 

A'Ijeclif. 

Adverbe  ou  Adverbialement. 

Allemand. 

Anglais. 

Article. 

Au  figuré. 

Augmentatif. 

Au  propre. 

Basse  latinité. 

Canton. 

Catalan. 

Celte  ou  Celtique. 

Cévenol. 

Commune. 

Conjonction. 

Contraction. 

Corruption  ou  Corrompu. 

Datif. 

Démonstratif. 

Dérivation  OU  Dérivé. 

Dialecte. 

Dictionnaire 

Diminutif. 

Diphihongue. 

Emprunt  ou  Emprunté. 

Espagnol. 

Etymologie. 

Exclamation. 

Exemple. 

Féminin. 

Famille  ou  Familier. 

Figuré. 

Français. 

Fréquentatif. 

Gascon. 

C,  en  itif. 

Grec. 

Impératif. 


Ind Indicatif. 

Interj Interjection. 

IrrÉg Irrégulier. 

Ital Italien. 

Lang Languedocien. 

Lat Latin . 

LiM Limousin. 

LiNN Linnee,  naturaliste. 

Loc.  PRVB Locution  proverbiale 

M.  m .  ou  M  ASC Masculin. 

M .  SIGN Même  signification. 

N .  PR Nom  propre. 

Par  EXT Par  extension. 

Par  ex Par  exemple. 

Part,  pass Participe  passé. 

Péj  .  ou  PÉJOR Péjoratif. 

Pers Personne. 

Pur.  F  ou  faitk Phrase  faite 

Plur Pluriel. 

Port Portugais. 

Pop Populaire. 

Poss Possessif. 

Prép Préposition. 

Prés Présent. 

Prêt Prétérit. 

Pron Pronom. 

Prov Provençal. 

Prvb Proverbe. 

UÉDUP Réduplicatif. 

WÈY PéfUchi. 

Rel Relatif. 

SiNG Singulier. 

SuBS.  ou  s Substantif. 

Syn Synonyme. 

ÏRAD Traduit. 

Trifh Triphthongue. 

\ .  C.  M Voyez  ce  mot. 

\  .  OU  V Verbe. 

V .  1 Vieux  langage. 


VoY Voyez. 

traccq»lious  ou  de  sens  d'un  mot;  mais  plus  souvent  les  citations  et  remarques. 

=  ec,  ac  égale  ec  ;  angue  =  anégue,  =  anenche  :  angue  égale  anègue,  égale  anenche  ;  etc 


DICTIONNAIRE 


LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS 


BOISSIER  DE  SAUVAGES!  Db  LA  FARE-ALAIS !  Deox 

noms  radieux  et  sympathiques,  que  nous  sommes  heureux 
d'inscrire  en  tète  des  colonnes  de  ce  livre,  et  qui  feront  sa 
mdlleuie  fortune. 

Au  premier  nous  rattachent  des  liens  de  fomille;  an 
second  est  due  Hdée  première  de  notre  nouveau  DicUon- 
nain  languedocien. 

L'abbé  de  Sauyagbs,  parmi  les  célébrités  que  notre  pays 
a  vues  naitre,  on  Ta  dit  avec  raison,  est  la  plus  oomplète- 
ment  alaisienne  :  aucune  n'a  le  cachet  du  crû  comme  la 
sieane.  Géologue,  physicien,  naturaliste,  agronome,  litté- 
rateur ou  lexicographe,  soit  qu'il  omsacre  ses  études  à 
ragricnlture,  soit  qu'il  dirige  ses  recherches  vers  la  linguis- 
tique, tous  les  travaux  d'une  vie  bien  remplie  et  toujours 
ai^quée,  les  connaissances  variées  qu'il  possède  à  un 
degré  distingué,  supérieur  même  en  quelques  branches,  son 
expérience  et  son  rare  savoir  semblent  n'avoir  quelque  prix 
à  ses  yeux  qu*autant  qu'il  peut  les  faire  tourner  à  la  pros- 
périté et  à  l'illustration  de  son  pays  natal. 

Entre  tous  ses  ouvrages,  le  seul  dont  nous  ayons  à 
parler  ici,  le  mieux  connu  peut-être,  ne  pouvait  manquer 
de  porter  l'empreinte  de  cette  pensée  de  bien  public.  Dès  le 
titre  même  de  son  dictionnaire,  et  dans  sa  préface,  le  but 
du  modeste  savant  prend  plaisir  à  s'avouer  hautement,  n 
se  donne  pour  mission  principale  d'enseigner  à  parler  cor- 
rectement le  français  à  ceux  de  ses  compatriotes  qui,  accou- 
tumés dés  l'enfance  à  formuler  leur  peiûée  en  languedocien, 
iï*m  donnent,  en  se  servant  du  français,  qu'une  traduction 
vidense  et  toute  hérissée  de  gasconismes.  Il  se  propose  en- 
suite d'expliquer  les  mots  du  vieux  langage  dont  fourmil- 
lent les  titres  et  actes  étabfissant  d'anciens  droits  ou  leur 
exemption.  Vne  pareille  conception  a  pu  paraître  étrange^ 
originale  :  il  n*y  faut  voir  qifô  le  sentiment  exagéré  peut* 
être  mais  toudiant,  d*un  noble  patriotisme,  qui  sacrifie  au 
déiir  d*ètre  utile  mémele  soin  de  sa  renommée  littêrane  et 


scientifique.  Cette  préoccupation  toutefois  a  empêché  une 
œuvre  excellente  d'atteindre  la  portée  que  l'auteur  pouvait 
se  promettre.  Elle  lui  fait  mettre  de  côté  les  mots  les  plus 
usuels,  pour  ne  s'attacher  qu'à  des  techniques;  tous  les 
termes,  et  souvent  les  mieux  employés,  ne  se  trouvait  pas 
chez  M,  et  il  les  néglige  pour  en  poursuivre  d'autres, 
hors  de  sen  domaine,  sll  y  peut  saisir  l'occasicm  d'un 
redressement  et  matière  à  sa  leçon  de  français.  Restreint 
ainsi  dans  lue  spécialité,  et  en  même  temps  entraîné  vers 
des  (Malectes  étrangers,  son  plan  est  incomplet  et  manque 
d'unité,  au  grand  détriment  de  notre  dialecte.  Quelle  valeur, 
en  effet,  était  destiné  à  avoir,  pour  l'avenir  littéraire  de 
notre  pays,  un  travail  de  cette  importance,  exécuté  par  un 
homme  comme  l'abbé  de  Sauvagbs,  si,  au  lieu  de  se  renfer- 
mer dans  un  traité  de  purisme  français,  il  nous  eût  donné 
un  vrai  lexique  languedocien,  embrassant  la  langue  dans  sa 
plénitude,  ne  sanctionnant  que  ce  qu'il  savait  être  de  pur 
sang  cévenol,  mais  légalisant  tout  notre  avoir  légitime!  Sa 
réserve  trop  timide  est  d'autant  plus  regrettable,  que  per- 
scmne  encore  n'avait,  avec  tant  de  profondeur,  de  sagacité 
et  d'éruditi^,  pénétré  dans  le  génie  de  notre  idiome,  ne 
s^'étaiit  plus  impressionné  de  ses  beautés,  de  sa  limpidité,  de 
la  sève  de  ses  tours,  de  ses  images,  de  ses  figures,  de  ses 
idiolismes.  Malgré  ces  lacunes.  Sauvages  restera  comme  la 
gknre  la  pN»  populaire  de  nos  contrées,  et  il  méritera  touK 
jours  d'être  considéré  comme  le  plus  savant  et  le  plus  spi- 
rituel dee  initiatéitts  du  languedocien^ 

Son  recueil  sera  le  meilleur  à  consulter  et  le  plus  cu^ 
rieux  quand  on  voudra  remonter  aux  sources;  mais  sa 
donnée  trop  ^diksive  devait  nous  interdite  de  le  prendre 
en  tout  pour  modèle.  Le  danger  qu'il  a  voulu  combattre* 
n'existe  plus  d'ulleurs  au  même  degré.  Ce  n'est  pas  Talté^ 
ration  de  la  langue  française  par  le  languedoden  qui  est  ^ 
Tedouter  :  Finfluence  inverse- est  bien  aunement  à  cnundrèy 
et  le  jiéri  sérieux  est  au^  c(mtrairè  de  voir  notre  belle  et 


ACE 


ACE 


il 


mot  Qa'oQ  nous  permette  d'empranter  à  la  pié&oe  dei 
CoatagÊtado»  on  oonuneiitaire  qui  la  complète. 

La  Fare-Alais  dit  de  la  langue  d'Oc  c  qu'elle  est  une 
musîqiie  comme  l'italien,  plus  que  loi  pent-ètre;  c'est  du 
moins  um  mélopée.  Ses  syllabes  sont  des  notes,  ses 
phrases  des  motifo  harmoniques;  son  acœntoation,  si 
Tsriée,  est  une  véritable  gamme,  et  ses  diphthongnes,  ses 
tiiphthongnes.  si  fiéqnentes,  si  multiples,  forment  des 
syncopes  chromatisées  d'une  mélodieuse  expression.  Si 
cette  langue  a  le  larynx  limpide  et  métallique,  elle  a 
aussi,  et  par-dessus  tout,  l'oreille  chatouilleuse;  et  sa 
susceptibilité  à  cet  égard  raïqpelle  ce  sybarite  que  le  pli 
d'une  rose  empêchait  de  dormir.  » 

On  ne  saurait  mieux  dire.  C'est  bien  là,  en  effet,  l'origi- 
nalité et  le  caractère  dominant  de  notre  langue  d'Oc,  que 
cette  prosodie  musicale  des  mots  et  des  syllabes,  qui  ne 
l'abandonne  jamais,  qu'elle  garde  en  parlant  les  autres 
langues,  et  qui  est  dans  sa  nature.  Et  cela  n'est  autre 
chose  que  scm  accent  i^opre  et  l'accent  tonique,  que  ce 
culte  de  la  modulation ,  qui  lui  est  inspiré  par  l'éclat  de 
ses  voyelles,  qui  lui  fait  éviter  lé  redoublement  des  con- 
sonnes et  condamner,  même  dans  la  plus  humble  prose,  le 
choc  de  deux^sons  pareils;  que  ce  sentiment  natif  de 
l'euphonie,  d'où  lui  viennent  ses  délicatesses  exquises 
de  construction  et  de  vocalisation.  L'accent  tonique,  ainsi 
compris,  est  de  toutes  les  langues  ;  mais  il  est,  au  plus  haut 
degcé,  l'essence,  l'âme  et  le  génie  particulier  des  idiomes 
méridi(Miaux.  Pour  eux,  qui  chantent  d'instinct,  qui 
relèvent  plutôt  du  solfège  que  de  la  grammaire,  l'har- 
monie est  la  loi  souveraine.  La  langue  d'Oc,  comme  l'ita- 
lien et  l'espagnol,  ses  sœurs  du  même  lit,  en  reconnaissent 
si  bien  la  puissance,  que  la  prononciation  est  devenue  la 
raison. logique  de  leur  orthographe.  11  le  fallait  bien.  Le 
sens  d'un  mot  dépend  souvent,  —  on  va  le  voir  par  des 
exemi^es,  —  de  la  manière  dont  U  est  accentué  :  dès  lors, 
écrire  comme  on  prononce  et  comme  on  entend,  et  par 
voie  de  conséquence,  ne  prononcer  que  comme  on  écrit  et 
que  ce  qui  est  écrit,  (!'estrà-dire  conformer  l'écriture  à  la 
parole,  est  une  nécessité  de  nos  dialectes;  car  l'unique 
moyen  de  leur  conserver  la  clarté,  la  grâce,  l'intelligence, 
consiste  à  rai^rocher  l'orthographe  de  la  pensée,  à  lier  la 
forme  des  mots  avec  leur  signification.  Dès  lors,  toutes  les 
lettres  devant  être  articulées  avec  le  son  qu'elles  expri- 
ment, il  n'est  besoin  de  représenter  à  l'œil  que  ce  qui  doit 
être  entendu  par  l'oreille. 

Les  Grecs  et  les  Latins  avaient  la  quantité,  qui  mesurait 
la  durée  des  sons  :  les  langues  modernes  ont  l'accent 
tonique,  c'est-à-dire  l'élévation  ou  la  flexion  de  la  voix 
sur  chaque  mot,  presque  sur  chaque  syllabe.  A  Rome, 
rapporte  Cicéron,  le  peaple  se  montrait  très-sensible  à 

l'observation  de  la  mesure.  «  Tout  le  théâtre,  dit-il,  se 

• 

soulève  et  pousse  des  cris,  si  une  syllabe  est  trop  brève 
ou  trop  longue,  bien  que  la  foule  ne  connaisse  ni  pieds 
ni  rhythme ,  et  qu'elle  ne  sache  point  ce  qui  blesse  son 


oreille,  ni  pourquoi  ni  en  quoi  elle  est  oflensée  :  Thêoira 
Ma  êxeiawutÊU,  «i  fmi  una  gyUaba  krmtwr  atU  Umghr,  tm 
verà  muUiiMdo  p9des  nofrit  me  tMor  niifnerof  imêt,  nm 
mud  quod  offèndii  anf  eur  ont  m  9110  offlmdal  inMifgU,  » 
La  Ungue  d'Oc  a  hérité  de  sa  mère  latine  d'une  sensibilité 
pour  le  moins  aussi  vive.  Dans  sa  vocalisation,  qu'une 
rcmde  soit  substituée  à  une  noire,  elle  se  sent  froissée; 
qu'une  note  qui  doit  être  éclatante  soit  convertie  en  un 
son  tourd,  qu'une  voyelle  forte  s'échappe  comme  une 
muette,  elle  s'irrite  de  la  transposition;  elle  est  blessée  de 
la  cadence  fausse;  pour  elle  le  sens  se  déplace,  se  dérobe, 
se  dénature  aussitôt.  Il  n'y  a  pas  ici  cependant  non  plus 
d'autre  juge  que  l'oreille.  Judiciumipui  natura  in  aurihui 
noiiriê  coUoeawt,  dit  toujours  Gicércm;  mais  l'accent  va 
de  soi,  sans  théorie  et  sans  grammaire;  il  est  dans  l'air  et 
dans  la  voix;  notre  parler  est  aîinsi  fait.  Il  faut  l'accepter 
tel  quel,  se  soumettre  à  ses  exigences,  ou  renoncer  à  se 
faire  comprendre.  C'est  de  cette  accentuation  que  nous 
essayons  de  donner  une  idée  et  de  poser  les  principes. 

Il  n'existe  pas  de  langue  qui  n'ait  son  système  propre, 
individuel  d'intonations,  de  consonnances,  dépendant  de  la 
combinaison,  du  rapprochement  et  de  la  sonorité  de  ses 
voyelles.  Pour  notre  langue  d'Oc,  rien  n'est  plus  essentiel 
que  de  connaître  la  clef  de  sa  notation. 

Le  premier  point,  et  le  plus  délicat,  est  de  préciser  l'in- 
flexion, de  déterminer  le  degré  d'élévation  ou  d'abaisse- 
ment de  la  voix,  qui  constitue  l'accent  tonique.  Dans  une 
phrase  écrite,  tous  les  mots  sont  séparés  par  un  intervalle; 
il  en  doit  être  de  même  dans  la  phrase  parlée.  Chaque  mot 
a  sa  syllabe  tonique,  et  n'en  a  qu'une,  la  syllabe  finale, 
sur  laquelle,  par  une  sorte  d'insistance,  il  se  fait  un  temps 
d'arrêt  imperceptible,  cependant  appréciable,  une  modu- 
lation distincte,  qui  peut  être  classée  dans  l'échelle  des 
sons,  insensible  presque,  mais  qui,  en  appuyant,  est  mise 
en  saillie.  Une  seule  condition  est  imposée  à  cette  dernière 
syllabe,  c'est  qu'elle  soit  de  force  à  supporter  l'accent,  ce 
qui  n'arrive  jamais  avec  une  muette,  une  féminine,  une 
faible,  sur  laquelle  la  voix  ne  s'arrête  point.  C'est  pour- 
quoi la  tenue  ne  se  fait  que  sur  la  finale  des  mots,  quand 
cette  syllabe  est  masculine,  à  consonnance  pleine  et  grave; 
ou  sur  la  pénultième,  quand  le  mot  se  termine  par  une 
féminine,  faible  ou  muette. 

Cette  règle  est  le  fondement  de  la  prononciation  du  lan- 
guedocien :  son  corollaire  se  trouve  dans  la  justesse  exacte 
du  son  attaché  à  chaque  syllabe,  représenté  par  une 
voyelle.  Notre  idiome,  pour  s'écrire  avec  le  même  alphabet 
que  le  français,  qui  fut  l'alphabet  latin,  ne  donne  pas 
cependant  à  toutes  les  lettres  le  son  qu'elles  avaient  en 
latin,  non  plus  que  celui  qu'elles  ont  en  français.  A  chacun 
son  lot.  La  langue  d'Oc  a  des  sons  qui  lui  appartiennent 
en  propre,  des  alliances  de  lettres  qu'elle  affectionne,  des 
cadences  qu'elle  recherche  ;  elle  ne  veut  pas  en  être  dépos- 
sédée, et  elle  ne  se  livre  qu'à  ceux  qui  lui  sont  fidèles  ;  à 
eux  seuls  elle  consent  à  révéler  sa  grâce ,  sa  douceur,  sa 

s 


9 


La  poésie  refleurissait  au  berceau  des  premiers  trouba- 
dours; et  par  un  merveilleux  entraînement  de  patriotisme, 
tous  les  dialectes,  aussi  nombreux  et  aussi  mélodieux  que 
dans  Tanclenne  Grèce,  se  réveillaient  pour  publier  leur 
charte  particulière,  le  code  local  de  leurs  variétés.  Les  tra- 
vaux des  grammairiens  et  des  linguistes,  les  glossaires,  les 
lexiques,  les  vocabulaires  se  sont  multipliés  pour  attester 
la  vitalité  rajeunie  de  l'idiome  languedocien.  Des  académies, 
des  sociétés ,  des  congrès ,  des  jeux  floraux  ont  encouragé 
cet  élan  de  l'esprit  provincial,  et  tout  le  Midi  a  répondu  à 
des  voix  aimées  et  connues,  qui  l'appelaient  dans  sa  langue 
populaire  à  une  vie  nouvelle. 

Certes,  tout  cela  ne  va  pas  faire  renaître  les  temps  des 
Raymond  de  Toulouse  et  des  Déranger  de  Provence,  avec 
les  cours  d'amour,  avec  les  fleurs  et  les  joies  de  la  gaie 
science.  Nous  n'allons  pas  revenir  à  l'époque  pour  laquelle 
écrivait  Sauvages  ,  où ,  par  tout  notre  pays ,  dans  les  plus 
grandes  maisons  comme  sous  les  toits  les  plus  humbles,  le 
patois,  c'est-à-dire  le  langage  de  la  patrie,  conservait  seul 
l'antique  droit  d'asile,  où  seul  il  était  admis  dans  les  rela- 
tions privées  et  domestiques ,  dans  les  causeries  intimes  du 
salon  du  riche  et  de  l'âtre  du  pauvre,  où  la  famille  patriar- 
cale ne  s'entendait,  ne  s'entretenait,  ne  s'aimait  qu'en  pur 
languedocien.  Non;  mais  tout  cela,  ce  réveil  intellectuel  de 
nos  provinces ,  ce  retour  de  faveur,  cet  empressement  du 
monde  savant  à  remettre  en  honneur  l'idiome  méridional 
donnent  la  preuve  que  le  flambeau ,  rallumé  par  des  mains 
habiles,  n'a  rien  perdu  de  son  éclat,  et  qu'il  y  a  mieux  que 
des  cendres  mortes  à  remuer  au  foyer  de  la  langue  d'Oc. 
N'est-ce  pas  déjà  quelque  chose  de  bien  remarquable  qu'une 
langue,  proscrite  et  dédaignée,  qui  revendique  d'autorité  sa 
place  au  soleil,  qui  s'impose  par  des  chefs-d'œuvre  et  se 
classe  de  prime-saut  au  rang  qui  lui  a  autrefois  appartenu 
et  qui  lui  revient  encore?  N'est-ce  pas  faire  acte  de  force, 
sous  le  régime  le  plus  centralisateur  qu'on  ait  jamais  inventé, 
d'avoir  su  persévérer  dans  son  indépendance,  et  si  bien 
garder  intactes  l'originalité  et  la  pureté  de  son  type  natif? 
Et  quand  elle  s'est  présentée  ainsi,  de  quels  artifices  a-t-elle 
usé  pour  se  faire  reconnaître?  Quelles  habiletés  a-t-elle 
employées  pour  être  adoptée  et  recherchée?  Son  histoire 
était  là  qui  disait  son  passé,  ses  traditions,  ses  instincts. 
Le  oharme  de  sa  parole ,  de  sa  mélodie ,  de  ses  rythmes  a 
suffi  :  elle  n'a  pas  exercé  d'autre  séduction. 

CepNidant,  depuis  le  commencement  de  ce  siècle,  le  sys- 
tème des  prohibitions  ne  lui  a  pas  épargné  ses  rigueurs. 
Que  de  défenses  par  édits  et  par  arrêts,  par  lois  et  décrets, 
de  se  produire  !  Et  en  même  temps,  comme  sur  son  domaine 
ks  introductions  de  la  concurrence  officielle  étaient  léga- 
lisées! Au  nom  du  progrès  et  de  l'unité,  sous  prétexte  de 
belle  diction,  aucune  trahison,  aucune  rupture,  aucun 
ibandcm  ne  lui  ont  été  ménagés.  Elle  a  été  écartée  de  Tin- 
9lraction  primaire  de  l'enfance;  les  hautes  classes  de  la 
sodété  n'ont  plus  consenti  à  la  traiter  que  comme  une  langue 
de  luxe,  pouvant  s'adonner  avec  quelque  succès  à  la  litté- 


rature et  y  réussissant  assez  bien ,  et  elles  l'ont  bannie  de 
leur  conversation  la  plus  familière.  Mais,  sous  le  coup  de  ces 
injustes  réprobations,  auprès  des  masses  populaires,  loin  des 
villes  et  des  écoles,  elle  a  trouvé  un  refuge.  L'attachement 
opiniâtre  du  peuple  pour  le  langage  dans  lequel  il  a  appris 
à  penser,  qu'il  s'est  donné  comme  l'instrument  le  plus 
facile,  le  plus  commode ,  le  plus  actif  de  ses  relations,  de  ses 
nécessités  d'habitudes  et  de  mœurs,  lui  a  fait  un  rempart 
inexpugnable.  Là  est  pour  elle  la  vraie  patrie;  elle  est  là 
en  pleine  possession  d'elle-même.  Vivant  par  les  populations 
attachées  au  sol,  elle  a  suivi  leur  développement;  mobile 
comme  tout  ce  qui  vit  et  marche,  quand  elles  avançaient; 
s'impressionnant  avec  elles  des  influences  climatériques, 
quand  leur  organisme  les  portait  naturellement  à  modi- 
fier certains  sons,  à  préférer  certaines  articulations  mieux 
appropriées  à  leurs  facultés;  se  prêtant  à  formuler  les 
idées  et  les  connaissances  d'une  civilisation  plus  riche, 
dans  la  mesure  des  besoins  et  des  intérêts  qu'elle  était 
appelée  à  servir,  dans  le  cercle  qu'elle  embrassait,  selon  les 
lois  et  la  nature  de  son  organisation,  dont  1c  peuple  a  si 
bien  le  secret  et  l'instinct.  C'est  assurément  pour  s'être 
tenue  dans  ce  milieu ,  dont  on  ne  l'arrachera  pas  de  long- 
temps, où  les  innovations  ont  moins  de  prise  et  le  respect 
de  la  langue  maternelle  plus  de  puissance ,  qu'elle  doit  de 
n'avoir  presque  rien  perdu  de  son  caractère  primitif, 
du  naturel  qui  distingue  son  individualité ,  qui  la  classe 
comme  une  langue  à  part,  vivant  de  sa  vie  propre. 

Aussi,  plus  qu'un  autre,  l'idiome  languedocien  est-il  en 
droit  de  se  montrer  jaloux  et  fier  de  rester  et  de  paraître 
lui-même.  Il  ne  redoute  rien  tant  que  l'alliage  et  la  contre- 
façon :  il  réprouve  avec  horreur  tout  ce  qui  ressemble  à  un 
pastiche  ou  à  un  calque  ;  il  est  dans  sa  nature  d'avoir  des 
susceptibilités  d'hermuie,  des  délicatesses  de  sensitive,  et 
des  raffinements  de  pruderie ,  qui  auraient  dû  déconcerter  . 
les  audaces  d'attouchements  profanes.  A  ce  point  que,  pour  . 
vivre  dans  le  mouvement  intellectuel  et  social,  quand  il  est 
forcé  d'emprunter  un  mot  au  français,  son  voisin  et  son 
rival ,  il  a  hâte  de  protester  contre  ce  servage,  et  se  croit 
obligé  de  défigurer  l'intrus  par  quelque  métathèse  hardie 
qui  sauve  jusqu'à  l'apparence  de  l'imitation.  Ainsi  encore, 
il  sent  bien  que  le  langage  moderne  de  la  politique,  des 
sciences  et  des  arts,  de  la  philosophie,  lui  échappe;  mais, 
dans  la  sphère  où  Ta  retenu  sa  défaite,  il  n'en  avait  nul 
besoin;  il  repousse  l'importation  étrangère  ou  il  la  dénature 
par  des  procédés  à  lui  propres,  et  peut-être  aussi  par  la 
crainte  d'introduire  dans  son  domaine  la  plus  étrange  des 
battologies,  s'il  lui  fallait,  à  l'exemple  du  français,  deman- 
der des  techniques  à  l'Angleterre  pour  la  politique,  le  com- 
merce ou  l'industrie,  à  l'Italie  pour  la  musique  et  la  pein* 
ture,  à  la  Grèce  et  à  l'Allemagne  pour  la  philosophie. 

Le  contact  continuel  et  forcé  du  français  n'autorise  avec  lui 
ni  assimilation,  ni  promiscuité.  Le  génie  de  la  langue  d'Ocest 
en  oj^iosition  avec  le  génie  de  la  langue  d^Olfl .  La  sonorité  de 
l'accentuation  méridionale,  l'euphonie  et  la  cadence  de  ses 


ACE 


ACB 


W 


iBBfiHDQ&,  à.  k  fiÉ  des  mote  par  exemple»  comine  tmtpl, 
kmipi^émdMni,  âiuUni  :  li  il  »  dAtacbe  dak  et  net. 
làÊoaaî  grave  iniiq»  alors  ipia  le  soa  se nealoro;  tandûi 
fÊ»ïiûmàï.nùn.aooemlSÊé  glisie  el  mnrinaie  fiiiblèioeiil,  k 
yokt.  appnirant  sur  k  piéoAdafite  ajrlkbe.  Bx.  :  ehàti^  èH, 
èlK  Jtéménêmit  fmrffatori. 

Neas  esBfiiojroitt  Tacooit  cûnooDflexe  pour  la  dipbiâioiigiie 
Um,  et  il  marque  rinaiatuioe  de  k  toîx  se  praiongeanl  : 
oaltau,  arptou,  réligiou. 

Le  tréma  sur  Vï  eet  un  signe  particulier  de  notre  acœn- 
toation  orthographique.  Sa  fonction  esl  des  plus  impor- 
tantes. Quand  il  suit  une  consonne  et  précède  une  voyelle, 
le  tréma  sur  Tt  a  pour  but  de  le  faire  sentir  plus  longue- 
ment, et  d*en  faire  une  syllabe  séparée  de  la  voyelle  subsé- 
quente, comme  dans  fïo,  bto,  mio,  en  deux  syllabes.  Alors 
qu'il  est  placé  après  une  voyelle,  et  suivi  d'une  consonne, 
ou  à  k  fin  d*un  mot,  Vï  trématé  est  doux  et  faible;  le  plus 
souvent  il  forme  la  diphthongue.  Ex.  :  vêire,  fotre,  souï, 
rit,  gaUn,  pantai.  Entre  deux  voyelles,  il  remplace  à  peu 
près  en  certains  cas  //  mouillés  français,  sans  communiquer 
à  celle  qui  le  suit  la  flexion  labiale,  mais  seulement  en  la 
monillant;  et  toujours  il  empêche  la  coiiésion  avec  la 
voyelle  précédente,  ainsi  dans  pdio,  dàio,  jmo,  bluïo,  puïo; 
de  telle  sorte  qu*il  devient  le  siège  d'une  séparation  de 
syllabes,  ou  ce  qui  revient  au  même,  qu'il  s'oppose  à  la 
formation  d'une  diphthongue  ou  d'une  triphthongue,  que, 
sans  lui,  le  rapprochement  des  voyelles  amènerait,  comme 
dans  les  mots  presque  exclusivement  composés  de  voyelles, 
vidouU,  aie,  euUiré,  routàoume.  Pour  scander  ces  mots  et 
parvenir  à  la  prononciation  juste,  le  concours  de  Vï  tréma, 
qui  est  séparatif  entre  voyelles  ou  diphthongues  dans  le 
mot,  est  un  des  signes  les  plus  essentiels  à  bien  observer. 
Nous  reviendrons  sur  son  rôle  très-important. 

L'o  et  l'ott^  voyelles,  sont  soumises  aux  mêmes  règles. 
Le  défaut  d'accent,  quand  elles  sont  finales,  indique 
qu'elles  doivent  s'échapper  sans  articulation,  qu'elles 
jouent  dans  le  mot  à  peu  près  le  même  rôle  que  1*0  muet 
français,  caractérisant  le  féminin  des  substantifs,  et  que  le 
point  d'appui  de  la  voix  se  fait  sur  la  pénultième.  Ex.  : 
fango,  tnanado,  hèlo,  cénténo,  babino,  carotio,  cagnoto, 
fyuro,  davalau,  révètwu,  basségou,  manipou,  donou,  tuiou. 
Surmontés  de  l'accent  grave,  d  et  où  sonnent  clairement  : 
êidd,  eaehd,  grélà,  virtigd;  lavadoù,  agassoù,  loubaloù; 
méchoùtt  vérinoîa. 

Répétons  encore  que  ou  entre  deux  consonnes  ou  près 
d'une  voyelle,  avec  ou  sans  accent,  ne  compte  jamais  que 
pour  une  voyelle,  comme  s'il  n'y  avait  qu'une  seule 
lettre. 

A  l'ageneement  et  à  la  liaison  de  ses  voyelles,  k  langue 
d'Oe  semble  avoir  mis  avec  complaisance  tous  les  rafifine* 
ments  de  soa  g^nie  mélodique.  Parmi  les  langues  de  VEsa*- 
lope,  elk  est  seule  à  posséder  dans  sa  voc^isatiou  ces 
tiâlles  brillants  qui  ne  produisit  qu'un  accord  unique» 
comme  trois  cordes  de  harpe  touchées  à  k  fois,  vibrant 


dans  k  même  oadenoe«  Le  français  se  çontcal»  de  léuÉr 
deux  sema;  le  kngoedocien  rassembk  disns  uns  sylli|)6 
defox»  trois  et  jus^'à  quatre  sons  distincts*  Ses  diphlboQ^ 
gaes  se  multiplient  à  profosion  et  se  pvésentnt  unies  tm 
sépaiées,  au  commeDCfflnent,  dans  l'intérieiir  on  à  k  flv 
des  mots.  Ses  tnphthongnes  si  originales  suivent  la  mèoii' 
marche  el  sont  presque  aussi  fréquentes  :  les  tétraphthosr 
goes  apparaissent  dans  les  vocabiies  les  plus  usuels.  G&g^Kh 
dant  l'orthographe»  l'accentuation  et  k  prononciaiioa  dm 
voyeUes  ne  changent  point  parce  qu'dles  se  rencontreiiti 
donbles»  triples  on  quadruples  à  former,  dans  un  mot,  un» 
seule  syUabe  composée  d'autant  de  sons  en  une  seole  émis* 
sien  de  voix.  Si  oompMqnée  que  pousse  être  k  comfai- 
naison,  le  premier  et  le  plus  essentiel  de  leurs  caractènS' 
est  de  ne  faire  jamais  qu'un  temps,  un  pied,  diraiVon  en 
versification  :  la  pluralité  dans  l'unité. 

Là  est  k  pierre  de  touche  de  cette  sorte  de  syllabes. 
C'est  pourquoi  nous  nous  refusons  à  ranger  parmi  les 
diphthongnes  les  formes  ua,  ué,  ui,  uo  sollicitées  par  les 
consonnes  g  et  q,  comme  abrasqua^  cargué,  bUmqué,  gunV' 
cha,  quieha,  aquè  :  ici  Vu  ne  parait  que  comme  explétif  ; 
c'.est  un  parasite  dont  l'emploi  rend  le  g  dur  :  il  n'y  a 
pas  dualité  de  consonnance;  après  ces  deux  lettres,  1*11 
ne  se  fait  pas  entendre  :  précédé  de  toute  antre  il  doit 
scmner  :  apuïa,  euïè,  etc.,  ou  bioi»  en  diphthongue» 
éêtuè,juàl,  etc. 

Par  ces  exemples  on  a  pu  voir  qu'une  voyelle  suivie 
d'une  antre  voyelle  ne  fait  pas  nécessairement  alliance 
avec  die.  En  dehors  des  élémrats  dont  nous  allons  donner 
le  tableau»  nous  ne  connaissons  pas  d'assemblages  de  lettres 
qui  puissent  en  réalité  former  des  diphthongues  ou  des 
triphthongues.  Mais  la  langue  d'Oc  aime  trop  à  rapprocher 
ses  voyelles,  à  les  multiplier,  à  nuancer  de  tons  divers  des 
combinaisons  identiques  ;  sa  vocalisation  seule  donne  son- 
vent  à  ses  mots  un  caractère  et  un  sens  trop  différents» 
pour  n'avoir  pas  une  notation  qui  réponde  à  ce  besoin,  qui 
représente  exactement  son  euphonie,  ses  accords,  le  rhythrae 
de  ses  gammes  syllabiques.  . 

Le  français  se  préoccupe  moins  d'éviter  une  confusion 
qui  le  rend  si  diflScile  à  bien  prononcer  :  sa  prose  et  sa 
poésie  ont  des  différences  de  quantité  inexplicables  dans 
les  terminaisons  en  ûm,  ieur,  ieux,  par  ex,  qui  reviennent 
sans  cesse  et  qui  font  tantôt  des  monosyllabes  diphthongues, 
tantôt  doivent  se  scander  en  deux  tempe  :  de  ce  nombre, 
avec  une  infinité  d'autres  mots,  fier,  adj.  d'un  seul  jet, 
et  fier,  verbe,  dissyllabe.  Cependant  rien  n'avertit  de  œs 
changements.  Notre  orthographe  au  contraire  a  voulu  iM 
indiquer  an  moyen  de  l't  tréma,  qui  disjoint  les  sylkbes» 
comme  fU,  fiUe»  et  fié,  feu»  nno,  amie»  mià,  muid,  pio, 
pillage,  pid,  dindon,  etc. 

Un  signe  spécial  ékit  indispensable;  car  le  languedocien 
n'a  pas  le  droit  de  prendre  les  licences  du  français.  Il  n'a 
ni  grammaire,  ni  académie  pour  commenter  et  justifier  ses 
anomalies.  Il  n'admet  pas  de  kttres  inutiles,  non  arti- 


90 


ACE 


ddéet,  se  prononçant  Mliement  qa*eUet  ne  tont  notées; 
il  prafease  en  principe  que  sa  prononciation  est  tonjonis 
▼nie,  rtglée  sur  la  valear  pn^ire  des  voyelles  ;  ce  qni 
ne  Tempèche  pas  d'accumuler  volontien  les  accords 
sonores,  de  mêler  ses  diphthongoes  et  ses  triphthongnes 
dans  le  même  mot.  Dès  lors  il  loi  est  imposé  plus 
strictement  qn'an  Iranfais  d'avoir  nn  système  d'ortho- 
graphe qni  mette  en  pleine  lumière  la  différence  d'accen- 
tuation de  tontes  les  lettres  et  de  lettres  identiques,  et 
U  séparation  des  membres  d'un  mèoie  mot  où  se  trouvent 
surtout  des  voyelles  avec  des  d^ihthongues.  Par  la  plus 
ingénieuse  diqnsition,  qui  dénote  la  perfection  du  senti- 
ment mélodique  de  la  langue  d'Oc,  les  complications  les 
plus  ardues  deviennent  simples  et  faciles  avec  les  accents 
grammaticaux  et  les  ï  tréma. 

L'accent  modifie  le  son  :  il  l'affaiblit  ou  le  renforce  ; 
mais  il  ne  transforme  pas  la  voyelle.  Le  tréma  réservé  à 
Yï  ne  lui  fait  rien  perdre  de  sa  qualité  naturelle  ;  mais  il 
l'isole  en  quelque  sorte  quand  il  est  jdacé  entre  deux 
voyelles,  comme  pa4o,  ma-îio,  pyrUo,  et  0  mouille  celle  qui 
la  suit,  comme  fait  à  peu  près  ill  en  français. 

Par  800  interposition  il  signale,  dans  l'intérieur  d'un  mot, 
la  séparation  de  deux  dipbtbongnes,  et  adoucit  un  cbôc 
trc^  rude  ;  et  il  est  remarquable  que  Vï  se  trouve  au  com- 
moicement  de  toutes  les  triphthongues  :  ce  qui  nous 
semble  l'indice  de  la  délicatesse  d'acoustique  de  notre 
langue,  et  la  preuve  d'un  sentiment  harmonique  très- 
étudié.  Ainsi,  quand  l't  ne  fait  que  se  lier  aux  autres 
voyelles  dans  la  iripbthongue  il  garde  sa  forme  naturelle, 
miâou,  monosyllabe,  Biâaum$,  deux  syllabes;  mais 
alors  qu'il  suit  une  voyelle  ou  une  diphthongue,  ou 
qu'il  termine  une  diphthongue  ou  triphthongne,  il  prend 
le  tréma  :  rtnHiàumi,  cadiéiro,  rûou-tètro,  viâou-ïê, 
vU-ïi,  offrent  des  exemples  des  positions  les  plus  diffi- 
ciles et  démontrent  le  fonctionnement  de  l'i  simple  et 
de  Vï  tréma  dans  l'agglutination  et  dans  la  division  des 
syllabes. 

Notre  dialecte  possède  trois  diphthongues  qu'on  peut 
appeler  féminines,  et  qui  pour  cela  sont  dénuées  de  tout 
accent.  Cette  variété  a  son  importance  dans  la  versification. 
Leur  prononciation  d'ailleurs  se  conforme  aux  règles  qui 
précèdent  :  le  tréma,  quand  il  est  nécessaire,  ne  change 
rien  à  leur  nature. 

Exemples  :  en  ie,  véndie,  réndiê,  moie,  ouïe;  en  io, 
gforio,  bêsiio,  jaio,  fuïo  ;  en  iou,  inténdiou,  tnaïou,  tutou, 
mofiou,  ouïou. 

La  finale  dipbtbonguée  de  ces  mots  s'écoule  comme  une 
muette,  et  comme  elle  n'est  comptée  que  pour  une  syllabe 
qui  est  féminine,  Tinsistance  de  la  voix  s'établit  par  l'accent 
tonique  sur  la  pénultième.  Ces  différences  de  sons  se 
trouveront  indiquées  à  leur  place.  Toy,  lettre  I  et  Iou, 
diph. 

Pour  bien  comprendre  l'effet  que  produisent  les  accents, 
il  n'y  a  qu'à  comparer  à  l'oreille  les  sons  muets,  purement 


ACE 


alphabétiques,  avec  ceux  drames  par  les  mêmes  dqihtixMigues 
accentuées.  Dans  la  diphthongue  masculine,  et  dans  toutes 
les  triphthcmgues,  se  trouve  toujours  une  voyelle  domi- 
nante, celle  qui  est  le  pivot  de  l'intonation  sur  UqueUe  se 
fait  la  tenue;  les  coagulées  se  font  entendre,  mais  coulent 
rapidement  :  dans  les  diphthongues  féminines,  la  voix,  en 
réunissant  le  double  son,  égalise  les  voyelles  sans  iqipttyer 
plus  sur  la  [uemière  que  sur  la  seconde. 


DIPBTHOMOUXS. 

aï.- 

-Maï,  plut 

Esclaïre,  éclair. 

ftou.- 

—  Nàou,  auge 

Lâouso,  dalle. 

éï. - 

-Rèï,  roi 

Pèïro,  pierre. 

éï.— 

•  Créï,  eroUeanee 

Vélire,  verre. 

èou.- 

—  Léon,  poumon 

Cisèou,  ciseaux. 

éou.- 

-Bôou,  tffcoif 

Téoule,  tuHe. 

ia.  - 

-Diable,  dkMe 

Aparia,  accoupler. 

ie.  — 

-  Véndie,  que  je  vende. 

Molie,  que  je  mouille. 

iô.  - 

-Uiè.  moitié.,. 

Ariè.  arrière. 

ié.- 

-Aïé.  aU 

Bèstiéto,  petite  héu. 

io.  - 

-Glorio,  gloire 

Bèstio,  hête. 

iô. - 

-Fiô,  feu 

Cafiô,  chenit. 

iou. 

—  Maïou,  mail 

Entendiou,  qu'ils  entendent. 

Iou. 

—  Dion,  Dieu 

Miougrano,  grenade. 

iu.  - 

-  Béstiu,  6MCia/ 

Messins,  mesiieurs. 

oï  - 

-Coï,  a  cuU 

Galoï,  gai. 

oua. 

—  Goua,  couvé 

Conacho,  calandre. 

ouè. 

—  Voué,  holà 

Espouèr,  espoir. 

oué. 

—  Foué,  /btt«r 

Couéto,  queue. 

ouï. 

—  Bouï,  buis 

Dooïre,  jarre. 

ôou. 

—  Dôou,  deuil 

Cévénôou,  cévenol. 

uè.  - 

-  Gnuè,  nuit 

Jnèl,  ivraie. 

ni. - 

-Frui,  fruit 

Estui,  étui. 

TRIPHTHONGUES. 

iaï.  - 

—  Biaï,  adreue 

Répapiaïre,  radoteur. 

iÂou. 

—  Siàou,  COI 

Viâouloun,  violon. 

ièï.  - 

-Sièï,  six 

Cadiéiro,  chaise. 

iéou. 

—  ïéou,  ye,  moi 

Liéourôïo,  livrée. 

iôou. 

—  Miôou,  mulet 

Faviôou,  haricot. 

iuè. 

—  Hiuè,  Auil 

Endiuèl,  andouiUe. 

TÉTRAPBTHONGUES . 

iuèï.  —  Hiuèï,  aujourd'hui.  Cadiuèïsso,  cosse. 
uièï.  —  Cuiéisso,  cuisse. . . .  Cuièïssàou,  molaire. 

Ce  tableau  doit  faire  comprendre  la  raison  de  notre  ortho- 
graphe; et  répétons  ce  que  nous  avons  dit  ailleurs  :  «  On 
ne  saurait  assez  recommander  l'observation  minutieuse  de 
Taccent;  elle  est  d'une  importance  radicale.  Toute  l'intel- 
ligence de  ridiome  est  là  ;  et  sans  elle,  on  nage  à  pleine 
eau  dans  l'amphibologie.  » 


ÂGE 

One  liste  à  pea  près  eompléte  de  mots  parlûteme&t 
iKHDOgraphes,  {Htanten  on  cnrieiix  intârèt  à  ce  point 
de  Tue,  «t  oomplèleFa  ces  explications. 

Nons  av(ms  nâglig6  les  homonymies  dans  les  différents 
tenq»  des  veiiies,  qui  seraient  trop  nombreuses,  comme 
rétuHê,  il  rendait,  et  que  rénéiê,  qne  je  r^ide,  etc.,  etc., 
et  quelques  antres  mots  dans  lesquels  Taccent  est  iden- 
tique SOT  la  finale,  mais  qu'influence  It  tréma  ou  Yi 
naturel,  soit  pour  les  diviser  en  deux  temps,  soit  pour  en 
fûre  des  monosyllabes,  comme/it^^  pilier,  eXpiê,  |ned,  Puech, 
euH,  cuiller,  et  euU,  cuit,  hie,  je  serre,  et  M,  billet. 

0  sera  ainsi  facile  de  se  rendre  compte  de  ce  que  peut 
Taocent  graphique,  et  comment  une  simple  inflexion  sur 
une  voyelle  fait  varier  le  sens  et  la  signification  d'un  mot. 

É  TSBXÈ  ST  B  NATUREL. 

Boofift,  êoufjlêt fioufe,  j0  êoufflê. 

fioumbé,  botU-d'hommê Boumbe,  jê  eognê, 

Booré ,  brun Boure,  bourgeon . 

Bourges,  bourgeois Bourges,  tu  creuset. 

Bouté,  brin Boute,  Je  mets. 

Bravé,  geniU Brave,  robuste. 

Cargué,  étui Cargue,  Je  charge. 

GÔBé,  n.  pr.  dim.  François.  Cése, pois-chiehe . 

Ghafiaé,  chat  sauvage Chaîne,  chêne. 

Coublé,  solive Ck)uble,  couple. 

Coulé,  petite  colline Coule,  Je  décuve. 

Couidouné ,  ganse Courdoune,  je  cordonne. 

Dévé,  devoir Déve,  j>  dois. 

Déstré,  pressoir  à  vin Dèstre,  perche  (mesure) . 

Estré,  étroit Estre,  être, 

Furé,  souris Fure,  Je  fouille, 

Gourgué,  petite  mare Gourgue,  Je  trempe. 

Graué,  petit  grain Grane,  Je  grène. 

Lipé,  gourmand Lipe,  Je  lèche. 

Manqué,  manchot Manque,  Je  manque. 

Mërié,  créneau Merle,  merle. 

Mine,  minon Mme,  Je  mine. 

Mouiissé,  épervier Mouïsse,  écourté. 

Par^,  paroi Pare,  Je  pare. 

Pénô,  petit  pied Pêne,  Je  peine. 

Piqué,  pieu Pique,  Je  frappe. 

Poudé,  serpette Poude,  Je  taUU. 

Pougné ,  poing Pougne,  Je  pique. 

Quiche,  targette Quiche,  Je  presse. 

Quinqué,  quinquet Quinque,  je  souffle. 

Réssé,  scie  à  main Rèsse,  Je  scie. 

Sabé,  science Sabe,  Je  tanne. 

Sàousé,  n.  pr.,  Sauxet Sâouse,  saule. 

Séié,  pUite  colline Sére,  montagne. 

Siblé,  sifflet Sible,  Je  siffle. 

Tapé*  petit  bouchon Tape,  Je  bouche. 

Tété,  sein Tête,  Je  tète. 


ACE 

Tourné,  rouet Tourne,  je  reotent. 

Trftouqué,  petit  trou Trâouque,  je  perce. 

Triste,  soupente Triste,  (ritftf. 

Vïé,  eriUet Ulè,  j>  sers  ce  tonneau. 

È  TKRXk   BT  È  OUVERT,  6RÀVB. 

Âpres,  appris Après,  après. 

Arésto,  arrête Arèsto,  halte  là  / 

Espésso,  épaisse Espèço,  espèce. 

Espéro,  attente,  affût Espèro,  attends. 

Lachén,  pourceau Lachèn,  nota  lâchâmes, 

Jasén,  nouv^le  accouchée. . ,  Jasèn,  nous  gisons, 

Valén,  aeHf Vaïèn,  Ot  oaiaMnC 

Péro ,  poire Pèro,  père. 

Fé,  foin;  foi Fè,  fait. 

Se,  soif Se,  sept. 

Sén,  saint Son,  nous  sommes. 

Vén,  vent Vèn,  il  vient. 

È  6RAVB  BT  B  NATURBL. 

Cadé,  cadet Cade,  genévrier. 

Counséiié,  conseiller Counséïe,  Je  conseille. 

Entré,  il  entra Entre,  entre. 

Gâouchè,  gaucher Gàouche,  gauche. 

Lâché,  il  lâcha,  laitier Lâche,  mal  serré. 

Mouïè,  épouse Mouïe,  Je  mouille, 

Récatè,  il  serra Récate,  provision. 

Révéïè ,  aubade Révéïe,  je  réveille. 

Roudiè,  charron Roudïe,  Je  regarde, 

Vigè,  n.  pr.,  Viger Vije,  osier.  " 

1  GRAVE  ET  I  NATUREL  OU  TRÉMA. 

Couri,  courir Couri,  n.  pr.,  Courry. 

Fasti  (faire),  faire  horreur  . .  Fasti,  aversion. 

Gari,  guérir Gari,  rat. 

Péls,  pays Péis,  poissons. 

Sal,  panne  de  porc Saï,  ici  dedans. 

Trai,  trahir Traï,  il  Jette. 

Véri,  poison,  venin Véri,  porc. 

0  NATUREL  ET  Ô  GRAVE 

Aouséro,  Lozère Aousôrô,  Lozérien. 

Babo ,  bave Babô,  chrysalide. 

fialo,  balle Balô,  6a«of. 

Barde ,  bât Bardô,  bardot. 

Bigo,  bigue Bigô,  hoyau . 

Bïo.  bille Bïô,  tricot. 

Bousso,  bourse Boussô,  gousset. 

Cache ,  cachette Caché,  cachot. 

Cagno,  dégoût,  paresse Cagnô,  niais. 


Si 


"H  ACE 

Capo ,  manteau Capô,  attrapé. 

Casso,  chasse Cass6,  ladre. 

Cato,   chatte Cat^i,  catin . 

Enquo,  canelle Encô,  che:. 

Faro,  tnine,  visage Farô,  élégant. 

Fino,  rusée Finù,  finaud. 

Fïo,  fille Fiù,  feu . 

Galo»  gale Galù,  galop, 

Gigo,   cuisse  de  bœuf ^'io*^»  gigot. 

Grèlo,  grêle Gri^lù,  grelot. 

Léngaiio,  coup  de  langue.. . .  Léngndô,  Languedoc. 

Manclio,  manche Mnncliù,  manchot. 

Mïo,  amie Miô,  muil. 

Palo,  pelle Palô,  lourdaud. 

Pato,  patte Palô,  brique. 

Pt\^o,  poix P("ià,  savetier. 

Péro,  poire. ...» Pôrô,  mouton. 

Pilo,  pile,  tas Pilù,  pilote. 

Pïo,  pillage Pio,  dindon. 

Ual)o,  rave Habô»  rabot. 

Ri])0,  rive,  bord Uil)ù,  il.  [W.jltibot. 

Salo»  salon Salù,  malpropre. 

Ciro,  cire Sirô,  sirop. 

Tailles,  s.  pliir.,  tantes Tanlôs,  tantôt. 

Trapo ,  trappe Trnpô,  trapu. 

Tri([UO,  trique Tricô,  gilet  de  laine. 

ou   MUET   ET   où   ORWE. 

Ajiislou,  ils  ajoutent .\jiistoii,  ajoutage. 

Apialou,  ils  étaient Apinloù,  élai. 

Bïou,   ils  bi lient Bmù,  trique. 

Boiilnii,  ils  placent Boutnù,  bouton. 

Calndoii,  ils  pavent Caladoù,  pavé. 

Caloii,  ils  lâchent Colon,  chaleur. 

Canton,  ils  chantent Canton,  coin. 

Ci^onsson,  ils  chaussent C;^onssoii,  chausson. 

Conlon,  ils  roulent Conlon,  couleur. 

Escalon,  ils  grimpent Escalon,  échelon. 

Esporou,  ils  attendent Esp^u'oiï,  éperon. 

Espimn,   ils  suintent Espiron,  soupirail. 

Fiirou,  ils  furètent Fnron,  fureur. 

Gaixlon,  ils  gardent Ganloiï,  Gardon. 

Jôlou,  ils  vomissent Jèloù,  Jeton. 

Lardon,  /7.s  lardent Lardon,  lardon. 

Liqnon,  *V*  lèchent Liqnoii,  liqueur. 

Mascaron,  ils  noircissent. . . .  Mascaron,  barbouillé. 

Paslou,  ?75  pétrissent Pasloù,  tas  de  mortier. 

Pass(''roii,  ils  passèrent Pass^ron,  moineau. 

P6lasson,  ils  raccommodent .  P(''lassoù,  petite  pièce. 

Pi(pion,  1/5  frappent Piqnoii,  pic. 

Plunnjon,  ils  plongent Plonnjoù,  plongeon. 

Prison,  ils  prisent Prison,  prison. 

RéxVùou,  ils  réveillent U6v(}ïoù,  réveillon. 


AGI 

Sablou,  t75  mettent  du  sable,  Sabloù,  sablon, 

Sabou,  ils  tannent Saboù,  savon, 

S^^nglou,  ils  sanglent Séngloù,  petite  corde. 

Séiitou,  ils  sentent Séntoù,  odeur. 

Sèrmou,  ils  trempent  d'eau,  Sérmoù,  sermon. 

Susou,  tV*  suent Sus<3Ù,  sueur, 

Téchon,  ils  dégoûtent Técboù,  petite  goutte. 

Tourlïou,  1/5  tordent Tourtïoù,  craquelin. 

Trissou,  fV*  broient Trissoù,  pilon. 

Valou,  ils  valent Valoù,  valeur. 

W'ïrou,  ils  tournent Vùïroù,  menu  poisson. 

Viron,   ils  tournent Viroù,  vrille. 

La  diiïOronce  ;\  l'oreille,  qiii,  en  définitive,  détermine  le 
sons  do  tous  cos  mots  correspondants  :\  un  mot  semblable, 
est  produite  par  les  accents.  Dans  ceux  où  la  fmale  est 
acconlnoo,  elle  est  tonique;  c'est  sur  elle  que  la  voix  s'arrête 
et  pèse  :  au  contraire,  pour  ceux  qui  n'ont  pas  d'accent  k 
la  fin,  la  tonique  est  la  pénullième  et  la  tenue  se  fait  sur 
elle.  Par  exenqile,  le  dernier  mot  de  cette  longue  liste, 
virou,  ils  tournent,  est  composé  d'une  longue  et  d'une 
brève;  l'inverse  a  lieu  pour  viroit,  vrille,  qui  est  formé 
d'une  brève  et  d'une  longue,  et  ainsi  des  autres.  La  mesure, 
la  (piantité,  réglées  par  les  accents  :  toute  notre  langue 
musicale  est  là. 

Acérti,  V.  Certifier,  assurer,  rendre  certain,  affirmer. 

Dér.  du  lat.  Certus. 

Acéta,  prèp.  Evcepté.  Il  est  visiblement  corrompu  du 
français,  mais  fort  de;  mise. 

Achas  !  inierj.  V<^yoz  dmic!  Voyez  un  peu! 

Dér.  (VAgacha,  voir  devant  soi.  C'est  la  contraction  de 
ce  vorbe  <à  la  2"»^  pers.  plur.  de  rinq>ér.  Agachas.  — 
Voy.  A  gâcha. 

Achata  on  Acheta,  v.  Acbeter. 

Trad.  du  français. 

Achétur,  urdo,  adj.  Acheteur,  eusc. 

Tra«l.  du  français. 

Aciè,  s.  m.  Acier. 

Trad.  du  français. 

Acièïra,  v.  Aciérer,  cbausser  «l'acier  la  pointe  d'un  outil. 

Acimérla,  ado,  adJ.  Perclié,  jucbé  haut. 

Dér.  de  Citno,  hauteur,  extrémité. 

Aciou,  s.  f.  Action.  Il  ne  se  prend  qu'en  mauvaise  part. 

—  Quinto  aciou  jn'as  fa!  quel  tour  tu  m'as  jOUé  î 
Trad.  du  français. 

Acipa,    v.   Prendre    i)ar   surprise,  saisir,   surprendre. 

—  Nous  acipè,  et  za!  dédin,  il  nous  surprit,  et  crac!  SOUS 
clé. 

Dér.  du  lat.  Accipere,  recev^crir. 

Acipa  (s'),  V.  Se  heurter,  broncher,  se  rencontrer  tôte  à 
tête,  chnj)per.  —  IS'ous  acipèn,  nous  nous  rencontrâmes  nez 
à  nez. 

Élym.  du  celt.  Assoupa,  dit  Ilonnorat. 


AOD 


AOO 


n 


àelTada,  «.  Donner  de  l'avoine.  Aa  ^.  et  par  iime, 
régaler  d'une  volée  de  coups,  roflser. 

Mr.  de  Ç^^Mdo,  avoim. 

v^tflafa  OÊ,  AiMègffO,  o.  Qcmviir  4e  neirae  piemilie; 
iwmvnr'to  Mpta  ^vn»  tem  emblavée,  tdt  à  la  i^océm, 
§âl  4Ja  heMK«t  Mser  iee  inoltea  peur  mieux '«ntemr  la 
NDHDoe  ira  le  fami«r> 

D6f .  da  CIb  «a  Cfap,  pierraâUe. 

,  19.  fitttaaaer  dee  pierres  «a  m<mQe»a;  ^amoR- 


^6t.  de  dopot,  tas  de  pierres. 

âcUto,  «.  baisser,  conrlier;  accabler  sooa  le  poids; 
leader;  leon/mr,  eeâomr  sons... 

Mr.  de  Gla,  tas,  amas,  moncean. 

iAeOl ,  t.  nu  Mat  de -soutènement  en  pierre  sèche. 

Ajsor,  «.  des  deux  genres,  ou  Acordi,  f.  toujours 
m.  Accord,  rteondliation,  kxine  intelligence.  —  Bstrë 
é^ae^nH,  être  cœur  k  corar.  —  Aeor  est  masculin  ou 
féminin  à  peu  près  ad  ItbUum.  On  dit  :  Vacor  é$  faeho, 
et  M  nwt'Ooor. 

DCr.  du  lait.  Cet,  «qbut. 

^coto ,  -f .  /.  Une  cale  qu'on  met  sous  le  pied  d'une  table 
rhsiwwhnte,  «ous  la  roue  d'une  x^harrette  pour  l'empêcher 
de  marciier. 

Bftr.  dulat.  Cm,  wUâ. 

AcoB— a  (s'} ,  V.  8e  coucker  comme  les  pouies  qui 
veulent  couver.  Au  fig.  se  pelotonner,  se  tapir,  s'accroupir, 
se  mettre  dans  toute  sorte  de  posture  qui  rappelle  une 
poide  couveuse. 

Mr.  de  €aua  ou  Couya,  couver. 

AMidda ,  o.  Accoupler,  joindre  par  couple;  joindre  des 
teniii  ou  des  chevaux  pour  le  labour.  —  Aquéh  miolo 
mùimbimHé  bien  la^mtou,  cette  mule -s'appareillerait  bien 
saec  la  nôeane. 

Acoacara  (s'},  v.  S'encanailler,  fréquenter  la  mauvaise 
oampagnîe,  s'engueuser. 

Mr.  ée  Coueanm. 

Aoonclia  (s'],  v.  Accoucher. 

Trad.  du  français. 

Acouchado ,  «.  f.  Accouchée.  On  dit  Ja9én  en  langue- 
doeim. 

Acouchurdo  ou  Acou<Auao,  f.  f.  Accoucheuse,  sage- 
femme.  En  lang.  LéoawHiPhro,  —  V.  c.  m. 

Trad.  du  français. 

Acougasaa,  to,  a.  Faire  tomber  quelqu'un  sur  le  der- 
rière. 

Aeougaaaa  (s'),  v.  r.  Le  même  qne  s*Âeouas$a,  s'accrou- 
pir. —  V.  c.  m. 

Mr.  de  €01190,  ceuver.  M.  aign.  que  Coua. 

^AoovgMiBOlu  fs'),  «.  B'accroupir.  C'est  im  explétif  du 
verbe  précédent-et  'il  a  ia  même  racine,  lia  posture  qu'il 
désigne  est  encore  plus  grotesque  :  c'est  celle  des  magdts 
de  4a  Chine  ijue  le  XMH*  siècle  *nous  a 'légués  avec  ses 
^^HSieS''<QK]^«i^a6eB  • 


Acoulado,  f.  f.  Aoeolade,  embrsssement  les  bras  autour 
du  cou. 

Étjfm.  du^lat.  ni  eoUnm, 

Aeouloubrl,  ido,  adj,  Efiarouché,  irrité,  envenimé 
comme  une  couleuvre.  Au  fig.  éveillé,  déluré;  se  ditd'une 
fiUe  garfonnièré  et  hardie. 

Mr.  de  C&uhbre, 

Aeoumada,  v.  Raccommoder,  radotâier;  assaisonner. 
Au  fig.  concilier,  convenir. 

Mr.  de  Coumode», 

Acmmadamén,  «.  m.  Aocommedement,  accord,  trans- 
action, le  mexxo  termine  d'un  différend. 

AoouménçB,  v.  Commencer.  Au  fig.  chercher  noise, 
être  le  premier  à  attaquer.  —  Ce  mot,  auquel  on  n'a  fait 
qu'ajeoter  l'a  explétif,  a  une  origine*  commune  avec  le 
français  oomfMneer,  et  Titalien  eominciare.  Cette  origine 
se  prend  dans  le  latin  Cum,  initiare. 

Aconménçamén  ou  Couménçamén,  t.  m.  Commençe- 
aanX.  Le  premier  se  dit  plus  particulièrement  du  com- 
mencement d'un  livre,  d*une  histoire. 

Aaosménçasço,  $.  f.  Commencement  d'une  histoire, 
d'un  conte,  d'une  leçon,  d'un  livre. 

Acomaoudfl,  v.  Accommoder,  arranger,  apprêter. 

Jkooimioiida  (s').  S'accommoder,  se  contenter  de.  — 
Que  f'oeottfmM^e,  qu'il  s'arrange. 

Acoumoula,  v.  Remplir  par  dessus  les  bords,  faire 
grasse  mesure;  accumuler,  combler. 

Mr.  de  Coumoul, 

AoouDpagna,  v.  Accompagner,  aller  de  compagnie. 

Lou  èon  Déou  votH  aeotunpagne,  ettépldou  que  vous  bagne. 
Dieu  vous  accompagne,  et  s'il  pleut  soyez  trempé. 

Étym.  du  lat.  Cornes,  compagnon. 

Aoovqnina  (s'),  v.  S'acoquiner,  prendre  des  habitudes 
de  fainéantise  et  de  débauche  ;  s'accoutumer  en  un  lieu,  en 
certaine  compagnie.  Il  est  toujours  pris  en  mauvaise  part. 

Mr.  de  Couqui, 

Acourcha,  v.  Raccourcir,  rapetisser. 

AcouTCha  (s'),  V.  Prendre  le  chemin  le  plus  court. 

Mr.  de  Coureho. 

Acourcoussounl  (s'),  v.  Se  ratatiner,  se  recroqueviller 
de  vieillesse  ou  de  rachitisme. 

-Mr.  de  CoureoussoU,  charançon.  Cet  animal  est  plié  en 
courbe  àaxa  l'alvéole  où  il  se  blottit;  de  la  la  comparaison 
du  viôllard  qui  a  à  peu  près  la  même  posture. 

Acourda,  v.  Réconcilier,  accorder  ensemble. 

Dér.  é*Acordi. 

AconsBa  (s'],  v.  Se  diriger  vers,  au  pas  de  course  ;  s'em- 
presser de  courir;  poursuivre. 

Mr.  de  Cousso, 

Acouaséîa,  v.  Conseiller,  donner  un  conseil.  —  Fcty. 
Coussêla. 

Dér.  de  Coussél, 

Acousta,  V.  Accoster,  aborder. 

Trad.  du  français. 


94 


ADB 


AMI 


Aconitama,  p.  Accoatamer,  habîtiier. 

Trad.  da  français. 

âcoutniiiido  (à  1*)»  odv.  Selon  la  ooatnme,  l*habîtiide; 
4  racoontamôe. 

Aeonta ,  v.  Caler,  mettre  nne  cale  sons  le  pied  d'un  banc, 
d'une  table  pour  rempôcher  de  bfandiller,  sons  une  rooe 
de  voitore  pour  Tempèctier  de  rouler  seule  ;  étayer,  mettre 
im  étal.  Au  fig.  arrêter. 

Dér.  d'ileoco. 

Aconti,  iào,  adj.  Tassé,  épaÎMf  compacte. — Se  dit  très- 
bien  du  pain  trop  peu  manipulé  ou  trop  levé,  qui  est 
massif  et  compacte. 

Acoiitra,  v.  Accoutrer,  parer,  habiller  d'une  manière 
ridicule  et  surchargée  d'ornements.  — Ce  mot,  contempo- 
rain du  français  Accotant,  a  une  môme  origine  latine  : 
ad,  augment.,  et  euituram,  culture,  soin  du  coips,  parure. 
Ce  serait  donc  un  superlatif  de  toilette;  ce  qui  la  rend 
ridicule  et  grotesque. 

Acoatra  (s*),  v.  S'enivrer,  se  griser.  Cette  dernière 
acception  n'est  que  l'extension  de  la  première  signification 
active;  ne  dit-on  pas,  en  fr.  familier  :  se  pomponner,  pour 
se  griser? 

Acontramèn,  s.  m.  Accoutrement,  costume  bizarre. 

Acrô ,  s,  m.  Accroc,  déchirure  occasionnée  par  un  ooips 
crochu. 

Oér.  de  Cro. 

Acrochi,  «.  m.  Embarras,  difficulté,  pierre  d'achoppement. 

Dér.  de  Cro, 

Acroachonni,  ido,  a4i.  Courbé,  ratatiné  de  vieillesse. 

Acrouchoonl  (s'],  v.  S'accroupir,  se  blottir  dans  un 
coin;  se  mettre  en  peloton;  se  ratatiner,  se  ramasser  tout 
le  corps.  —  Voy.  «'ilmoudUmno. 

Dér.  de  Crouehoà,  quignon  de  pain,  auquel  un  vieillard, 
ainsi  fait,  ressemble  par  sa  masse  informe,  par  sa  couleur 
bise  et  la  rugosité  de  sa  peau. 

Acrouqna,  v.  Accrocher,  suspendre  à  un  croc. 

Dér.  de  Cro. 

AerouBti,  ido,  adj.  Se  dit  du  pain  qui  a  beaucoup  de 
croûte,  et  des  plaies  et  pustules,  où  il  se  forme  des 
croules,  des  gales,  des  escares. 

Dér.  de  Cratuto. 

Acul,  «.  m.  Accueil.  —  Mot  tout  français,  que  notre 
languedocien  s'est  approprié  et  qu'il  emploie  très-bien. 

Acusa,  V.  Accuser.  —  Contemporain  du  français,  et 
dér.  comme  lui  du  lat.  Aceu$ar$. 

Ade*  fi.  p,  Agde,  ville  (Hérault)  :  AyaO^,  AgaiKa. 

Adéll,  ido,  adj.  Déjoint,  baillant  comme  un  tonneau 
dont  les  douves  sont  déjointes  par  la  sécheresse.  Au  fig. 
sec,  amaigri,  exténué. 

Étym.  du  lat.  Deiigar$. 

Adéré,  adv.  De  suite,  pied  à  pied;  un  à  un;  sans  rien 
laisser  en  arrière.  —  On  disait  en  vieux  français  dans  le 
même  sens  :  à  la  rangetu. 

Dér.  de  l'esp.  Arr^o,  même  signification. 


AdIJà,  adv.  Déjà. 

Dér.  de  la  bas.  latin.  Dtjfam. 

Adiou  1  Adioussias  1  ûutrj.  Adieu.  —  Le  premier  nt 
s'adresse  qu'entre  égaux,  ou  de  supérieur  à  inférieur.  Le 
second,  plus  respectueux,  s'adresse  aux  supérieure,  on  aux 
égaux,  à  qui  l'on  veut  montrer  des  égards.  C'est  une  pbruo 
faite  :  A  IMou-tiai/  soyez  à  Dieu!  Le  mot  Adiou  est  la 
syncope  de  la  même  phrase,  et  par  cela  même  il  est  plus 
cavalier.  Il  n'en  est  pas  de  ces  deux  mots  comme  du  fran- 
çais Adieu,  que  l'on  n'emploie  qu'en  prenant  congé  d'un» 
personne,  jamais  en  l'abordant.  En  languedocien,  on  s'en 
sert  avant,  pendant  et  après  la  rencontre,  indislinclemeat. 

Adouar ,  n.  p.  Edouard.  —  Depuis  qu'on  a  raflfiné  sur 
le  choix  des  noms  propres,  et  que  le  peuple  a  abandonné 
les  prénoms  de  Jean,  Jacques,  Pierre,  etc.,  il  a  bien  fallu 
que  son  idiome  adoptât  les  noms  nouveaux-venus  et  qu'il 
les  appropriât  à  son  génie.  Depuis  Ion,  Adouar  et  son 
diminutif  Douaré  sont  devenus  familière  et  très -usuels 
dans  la  langue. 

Adouba,  v.  Accommoder,  apprêter,  assaisonner;  tanner; 
raccommoder,  radouber;  émonder;  bistoumer;  renouer  un 
membre;  relier  des  Unmeaux;  rosser,  échiner.  — Ad4niba 
la  taupo,  assaisonner  le  pot  au  feu.  Adouba  dé  êoM$, 
raccommoder  des  souliers.  Adouba  dé  boutoi,  relier  des 
tonneaux.  Adouba  dé  péU^  apprêter,  tanner  des  cuin.  L'an 
pa$  mâou  adouba,  on  l'a  bien  ajusté.  Té  vôou  adouba,  je 
vais  te  battre,  te  rosser. 

Toutes  ces  acceptions  procèdent  du  même  primitif,  et 
représentent  directement  ou  par  extension  la  même  pensée. 
Le  verbe  est  dérivé  de  Adoù,  terme  ancien,  bore  d'usage, 
qui  signifiait  :  lessive  de  tanneur,  qui  a  formé  Adobaro,  de 
la  bas.  latin.,  pour  ajuster,  armer,  préparer,  dont  la  racine 
Adob  serait  celtique.  Adouber  est  du  vieux  français,  qui 
s'est  conservé  comme  technique  au  jeu  des  échecs  et  du 
tric-trac,  quand  il  s'agit  d'une  pièce  ou  d'une  dame  dérangée 
à  remettre  en  place;  mais  radouber,  radoubeur,  sont  restés. 
L'ancien  Dauber  ou  Dober  appartient  aussi  à  la  même  ori- 
gine et  rentre  dans  le  même  sens. 

Idoubaîre,  «.  m.  Tanneur;  mégissier;  tonnelier;  save- 
tier; renoueur;  chàtreur. 

Adoubaje,  «.  m.  Raccommodage;  apprêt;  manière  d'i^y- 
prèter;  réduction  d'un  membre  luxé. 

Adoubun,  <.  m.  Assaisonnement,  qu'il  soit  huile,  beurre, 
lard  ou  saindoux. 

Adoun,  adv,  Alore,  pour  Ion;  en  ce  temps-U. 

Dér.  du  lat.  ad  tune, 

Adoura,  v.  Adorer. 

Trad.  du  français. 

Adraia,  v.  Fouler,  battre  un  chemin,  le  rendre  viable. 

Adraîa  (s'),  v.  Se  mettre  en  route,  s'acheminer.  Au  fig. 
se  mettre  en  train,  se  dégourdir  les  jambes. 

Dér.  de  Draiio. 

Adraqna  (s*),  v.  Sécher  à  demi  ;  se  ressuyer.  —  Onpo  pa$ 
séména  çue  noun  la  tèro  eiégue  adraquado,  on  ne  peut  pas 


AFA 


APA 


35 


aemer  avant  que  la  terre  soit  ressuyée  de  la  pluie.  Linge  adra- 
pM,  linge  essoré;  froumaje  adraqua,  fromage  à  moitié  sec. 

Adré,  écho,  adj.  Adroit,  habile. 

Dér.  du  lat.  Dêxter  ou  ad  rectum. 

Adré,  f.  m.  Exposition  sud  d'une  montagne,  opposée 
i  ïavêê,  exposition  nord. 

Même  dérivé  que  le  précédent,  ad  rectum,  c'est-à-dire 
vers  le  bon  côté.  Avè$  est  dér.  de  Advenus,  contre,  con- 
traire, opposé. 

Adréchamén,  adv.  Adroitement,  avec  dextérité,  avec 
adresse. 

Même  dér. 

Adressa,  v.  Adresser,  envoyer  à  quelqu'un.  —  S'adressa 
à  quâouquus,  s'adresser  à  quelqu'un,  lui  demander  des 
renseignements. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Àddirectiare,  envoyer  directement 
à  quelqu'un,  dont  l'esp.  a  fait  Enderezar,  et  Fital.  Addi- 
riszare. 

Adrèsso,  s.  f.  Adresse,  habileté. 

Dér.  de  Adré. 

Adrèsso,  s.  f.  Adresse,  suscription  d'une  lettre-missive. 

Dér.  de  Adressa. 

Adrissa,  v.  Dresser,  placer  debout;  rendre  droit;  faire 
tenir  droit;  relever. 

Adrissa  (s'),  v.  Se  cabrer;  se  redresser.  —  Adrissa-vous, 
levez-vous.  Se  tiras  tro  la  brido,  vaï  s*adrissa,  si  vous 
tirez  trop  la  bride,  il  va  se  cabrer. 

Dér.  de  a  explétif,  et  Dré,  droit. 

Adn,  ucho,  part.  pass.  de  Adure. 

Adiire,  v.  Amener,  conduire,  apporter. 

Dér.  du  lat.  Adducere. 

Adnsa  ou  Adésa,  v.  Atteindre  à  une  chose  élevée, 
hors  de  la  portée  ordinaire.  —  Ly  pode  pas  adusa,  je  ne 
puis  y  atteindre.  T  adusara  pas,  il  n'y  parviendra  pas. 
C'est  la  position  du  renard  de  la  fable,  sous  les  raisins. 

Dér  du  lat.  Adiré,  Adeo. 

Afacha,  v.  Dépouiller  les  châtaignes  rôties  de  leur  coque 
à  demi  brûlée,  les  éplucher.  —  Cette  opération  se  fait  d'ordi- 
naire en  les  agitant  dans  un  paillon  ou  panneton,  appelé  en 
languedocien  Paiassoik,  où  on  les  recouvre  d'un  torchon. 

Afachado,  s.  f.  Châtaigne  rôtie  au  moyen  d'une  poêle 
percillée. 

Sauvages,  qui  est  parfois  admirable  dans  ses  étymologies, 
s'amuse  sans  doute  dans  celle  qu'il  donne  à  ce  mot.  Il  le 
fait  dériver  de  l'ital.  Affaeiato,  effronté,  sans  pudeur. 
«D'autant,  dit-il,  que  les  châtaignes  qu'on  fait  rôtir  ou 
griller,  pètent  dans  les  meilleures  compagnies.  » 

Cette  plaisanterie  accuse  du  reste  la  difficulté  d'extraire 
cette  racine.  Dans  ses  notes,  La  Fare-Alais  pensait  que  ce 
mot  tenait  probablement  à  quelque  circonstance,  i  quelque 
anecdote  locale,  qui  n'étaient  pas  venues  jusqu'à  nous,  et 
q[Qi  sont  spéciales  aux  Cévennes  d'Alais;  car,  dans  le  reste 
desCôvennes,  on  dit  Brasueado,  dér.  de  Braso,  et  c'est 
plus  naturel. 


Sauf  le  respect  dû  à  nos  maîtres,  la  racine  ne  se  trouve- 
rait-elle pas  simplement  dans  Affait,  Affàch,  pris  du  roman 
Afaiter,  préparer,  séparer,  raccommoder,  dér.  du  lat.  Affec- 
tare;  d'où  l'esp.  Afeytar,  orner,  parer,  ce  qui  a  donné 
Affaitamen ,  Affackador,  Affachamén,  et  dans  notre  vieux 
langage  Afachomén,  une  tuerie;  et  dans  le  dialecte  gascon 
Affaych,  préparation;  dans  le  bas -limousin  Affachadoù, 
atelier  où  l'on  foule  les  chapeaux,  et  Affàchadis,  criblures 
que  l'on  enlève  en  vannant  le  blé?  Certaines  ressemblances 
sont  souvent  de  grandes  présomptions  de  parenté. 

Alaîra,  ado,  adj.  Qui  a  beaucoup  d'affaires;  quiesl  en  afihi- 
re  ;  surtout  celui  qui  a  de  mauvaises  affaires,  qui  a  des  dettes. 

Aiaire,  s.  m.  Péj.  Afaïras,  dim.  Afaïroik.  ASàiies; 
particulièrement  procès.  —  Aquéles  afdirasses  m*émpachou 
dé  dourmï,  ces  diables  de  procès  m'ôtent  le  sommeil. 
Aquà's  un  âoutre  a  faire,  je  ne  l'entends  pas  ainsi.  Un 
home  d*afdires,  intendant,  homme  d'affaires;  un  avocat, 
un  avoué.  Aquà's  pa'n  afaïre,  ce  n'est  qu'une  bagatelle. 
Din  l'afàire  d'un  an ,  dans  un  an ,  dans  l'espace  d'un  an. 
Ait\  d*afaïres,  voici  bien  des  difficultés. 

Afairoù,  s.  m.  dim.  Un  petit  outil,  un  petil  ingrédient; 
un  objet  dont  on  ne  trouve  pas  de  suite  le  nom  propre. 

Même  origine  que  le  mot  français. 

Afama,  v.  Affamer,  causer  la  faim.  —  En  termes 
d'agriculture  on  dit  s'afama,  en  parlant  des  racines  des 
arbres  arrachés  depuis  longtemps,  exposées  à  l'air,  et  qui 
ont  de  la  peine  à  reprendre,  quand  elles  sont  mises  en 
terre.  C'est  ce  qui  arrive  souvent  aux  mûriers  de  pépinière 
qu'on  transporte  d'un  marché  à  l'autre  et  qui  restent  sans 
vendre  pendant  longtemps.  Le  meilleur  moyen  de  connaître 
si  ces  arbres  sont  trop  anciennement  arrachés,  c'est  de 
trancher  un  bout  de  racine.  S'il  sort  par  l'incision  une 
sève  glutineuse  de  couleur  de  lait,  on  est  assuré  que  les 
arbres  pousseront.  Du  reste  le  mûrier  est  une  plante  trôs- 
vivace,  et  il  est  rare  qu'il  ne  pousse  pas  même  après  un 
long  éventement  de  ses  racines.  Le  châtaignier  et  les  frui- 
tiers sont  bien  plus  délicats. 

Dér.  du  lat.  Famés. 

Alara,  ado,  adj.  Effaré,  qui  a  la  figure  farouche  et 
décomposée  par  la  surprise,  la  peur  ou  la  colère. 

Dér.  du  lat.  Fera. 

Alasqna,  v.  Dégoûter,  rassasier  jusqu'au  dégoût,  oe 
qui  est  le  propre  des  mets  trop  gras. 

Dér.  sans  doute  du  lat.  Fastidium. 

Alasqaoùs ,  ouso ,  adj.  Rassasiant  jusqu'au  dégoût. 

Du  lat.  Fastidire,  Fastidiosus. 

Alatiga,  v.  Lasser,  fatiguer;  empressé;  embarrassé.  —  Et 
afatiga  caumo  un  pâoure  home  que  eaulo  sa  trémpo,  empêtré 
comme  un  homme  pauvre  qui  coule  sa  piquette  :  il  y  va 
de  cul  et  de  tête ,  comme  une  corneille  qui  abat  des  noix. 

Dér.  de  Faiigo. 

Afatounl,  ido,  adj.  Mou,  lâche,  usé,  avachi,  comme  la 
linge  qui  a  perdu  son  apprêt  par  l'usage. 

Dér.  de  Faio. 


ÎW 


AFO 


AGA 


AiatraMi,  ido ,  adj.  Péjoratif  da  mot  précédent  :  c'est 
lin  degré  de  pins.  H  est  dérivé  de  Fatras,  péjor.  iui-mème 
de  Fato.  Hais  Afatrassi  se  dit,  en  outre,  d^  personnes  qui 
ont  perdu  leurs  forces,  et  particulièrement  des  jambes  qui 
flageolent  de  faiblesse  maladive. 

AfécioQ,  1*  f.  Zèle,  ardeur,  application  ;  vif  intérêt  qu*on 
a{^rte  à  un  ouvrage.  -^  T  ana  d*aféetou,  travailler  de 
tout  cœur.  —  Il  n*a  rien  de  commun  avec  Yaffèction  en 
français. 

Dér.  du  lat.  Âffleere,  exciter,  émouvoir. 

Afênadott,  i.  m.  n.  pr.  Petite  hôtellerie  de  route 
où  Ton  ne  fournit  que  du  foin.  —  Ce  mot  a  vieilli  et 
n*e9t  connu  que  par  le  nom  d*une  maison,  ou  d*un  quartier 
par  extension,  sur  la  route  de  Nîmes  à  Moulins,  près  de 
Portes. 

Dér.  de  Fé,  foin. 

Afénadoù,  «.  m.  Trappe  par  laquelle  on  jette  le  foin  du 
grenier  dans  Técurie. 

Aiénaira,  v.  Faner  le  foin,  le  tourner,  Tapprèter  au 
soleil ,  le  mettre  en  meule  ;  faire  tout  le  travail  qu'exige 
cette  réculte  quand  elle  est  fauchée. 

Dér.  de  Fé,  foin,  et  Énaïra,  donner  de  Tair. 

Alénairaire ,  aûro ,  adj\  Faneur,  faneuse. 

Alana]6,  «.  m.  Nourriture  en  fourrage  donnée  au  bélail, 
soit  dans  une  écurie ,  soit  dans  un  herbage ,  sans  peser  le 
foin  ;  sorte  de  pension.  —  Métré  âoun  chiwil  à  Vafénaje, 
mettre  son  cheval  en  pension,  fourrage  à  discrétion. 

Alénassa,  v.  Ensemencer  un  champ  en  pré,  y  semer  de 
la  féuasse,  de  la  graine  de  foin;  vendre  du  foin  en  botte. 

Dér.  de  Fé,  foin. 

Aféta(s*),  V,  S*aflecter,  prendre  un  air  affecté. 

Trad.  du  français. 

Afiança,  v.  Se  promettre  en  mariage,  passer  des  pactes 
de  mariage.  —  Ce  verbe  est  actif  en  languedocien.  — 
Afianeè  uno  tèlo,  il  s*engagea  avec  une  telle. 

Dér.  du  lat.  Fidentia,  confiance,  foi. 

Aficha,  V.  Afficher. 

Trad.  du  français.  Dér.  de  Affigere,  attacher  à. 

Aficho,  â.  f.  Affiche,  placard. 

Trad.  du  français. 

Afinclia  (s*),  v.  S'appliquer  à...  avec  zèle  ;  mettre  toute 
son  attention,  toute  son  intelligence  à  quelque  chose;  y 
appliquer  sa  finesse  et  sa  vue. 

Dér.  de  Fï,  adj.,  fin,  rusé,  attentif. 

Afina,  v.  Ruser,  cajoler  dans  l'intention  de  duper;  affi- 
ner, polir,  rendre  plus  fin  un  objet,  faire  la  pointe. 

Dér.  de  Fï,  adj. 

Aflaqul  (s*),  v.  S'afEûblir,  se  relâcher,  s'amollir;  devenir 
faible,  mou,  flasque. 

Dér.  de  Fia. 

Afonla  (s*),  v.  S'affoler,  s'engouer,  se  passionner. 

Dér.  de  Fol, 

Afonrti,  V.  Assurer,  affirmer  opiniâtrement. 

Dér.  de  Far. 


Afoortuiia,  ado,  adj.  Qui  a  de  la  fortune  ;  bien  partagé 
des  biens  de  la  fortune  ;  favorisé  du  sort. 

Dér.  du  lat.  Fortuna. 

Aloartuna,  v.  Ce  verbe  n'est  employé  que  dans  cette 
phrase  interj.  Diou  m'afourtunef  Diou  vous  afourtunsf 
Que  Dieu  m'assiste!  Que  Dieu  vous  soit  en  aide!  Cette 
expression  n'est  communément  qu'explétive ,  sans  que  la 
circonstance  soit  assez  importante  pour  nécessiter  une  pieuse 
éjaculation.  On  le  dit  lorsqu'un  enfant  pleure  ou  qu'il  fait 
du  tapage ,  qu'une  chose  dérange  ou  importune  ;  lorsqu'on 
veut  souhaiter  bon  voyage  à  un  ami  ou  même  à  un  indifr 
férent. 

Dér.  du  lat.  Fortuna, 

Airaîra  (s'),  v.  S'associer;  proprement  se  faire  des  dona- 
tions réciproques  entre  mari  et  femme,  entre  parents  ou 
amis. 

Dér.  de  Fraïre. 

Afréionli  (s'),  v.  Se  refroidir,  tourner  au  froid.  —  Lou, 
tén  s" es  bien  afréjoull,  le  temps  est  devenu  bien  froid.  Soui 
tout  afréjoulï,  je  suis  tout  transi  de  froid,  tous  vièls  soun 
afréjoulis,  les  vieillards  sont  frileux. 

Dér.  de  Fré. 

Afrésqna,  ado,  adj.  Empressé,  alléché,  la  gueule  enfa- 
rinée. —  Il  a  son  origine  dans  le  mot  frés,  frais.  V.  c.  m. 

Airésqna  (s'],  v.  S'apprêter  vivement;  se  hâter. 

AM,  ido  ouiqoo,  adj.  Avide,  empressé,  affriandé  ;  ardent, 
âpre  à  la  curée.  —  Es  afrï  àou  traval,  il  est  affectionné  à 
l'ouvrage. 

Dér.  du  lat.  Apricus,  ardent. 

Aliiqnèn,  èno,  adj.  Africain,  d'Afrique. 

Airiqno,  s.  f.  Afrique,  partie  du  monde.  —  Depuis  la 
conquête  d'Alger,  l'Afrique  est  devenue  populaire  et  réveille 
d'autres  intérêts  que  ceux  de  sa  géographie. 

Dér.  du  lat.  Apricus,  chaud,  ardent  ;  ou  selon  Roquefort, 
de  l'arabe  Aphrah,  séparer. 

Afroun,  s.  m.  Injure,  outrage,  affront. 

Dér.  de  l'ital.  Affronto,  ou  du  lat.  ad  frontem.  L'affront 
est  une  injure  en  présence  de  celui  qui  la  subit  :  ad  fron- 
tem ejus. 

Airoanta,  v.  Affronter,  rencontrer  de  front  ;  mais  sur^ 
tout  injurier,  donner  un  démenti. 

Afrountiir,  s.  m.  Affronteur,  insolent,  trompeur. 

Afroûs,  01180,  adj»  Affreux,  horrible,  épouvantable. 

Dér.  du  grec  9pic,  frayeur. 

Agaboun,  s.  m.  —  Voy.  Agôou, 

Agacha,  v.  Regarder  devant  soi  ;  regarder  avec  attention, 
considérer,  admirer.  —  Agachasf  Voyez  donc!  F.  Aehas. 

Dér.  du  grec  i^i^to,  admirer,  regarder  avec  surprise, 
être  frappé  d'étonnement. 

Agad,  s.  m.  Cor,  durillon,  calus;  excroissance  dure  et 
douloureuse  qui  vient  aux  pieds. 

Agaia,  v.  Prendre  à  la  volée;  saisir  avec  la  main  ou 
avec  un  chapeau,  un  tablier,  ce  que  l'on  jette  de  loin; 
attrapper. 


AGI 


AGN 


« 


Étym.  dn  vienx  mot  lang.  Gaff,  qui  signifie  Croc,  dont 
le  fr.  a  tîié  et  conservé  ^affe,  gaffer. 

Agalanciè,  «.  m.  Eglantier,  rosier  sauvage;  Rota  rM- 
ginoia,  Linn.  —  Sa  fleur  se  nomme  Eglantine.  Son  fruit, 
qu'on  appelle  gratte-cul,  sert  à  faire  les  conserves  de  cynor- 
rhodon,  dont  il  se  fait  un  commerce  d'exportation  consi- 
dérable dans  la  petite  ville  de  Meyrueis  (Lozère). 

Nodier  dit  que  le  savant  Pêrion  fait  venir  ce  mot  dn 
grec  â^r^^oc»  arbre  ou  fleur  épineuse. 

Agidayardi,  v.  Afiriander,  accoutumer  à  la  friandise.  — 
Au  participe  passé,  Agalavardi,  se  dit  surtout  du  bétail 
mal  gardé  et  qui  a  trop  accoutumé  d'aller  brouter  dans 
tes  blés  ou  les  vignes. 

Dér.  de  Gaiavar, 

Aga]l8(^n),  adv.  En  biais,  en  biseau,  en  talus,  en  diagonale. 

Dér.  de  aval,  par  le  changement  du  v  en  ^,  qui  est  fréquent. 

Agalousses,  i.  m.  plur.  —  Voy,  Âgàouue$. 

Aganl,  ido,  adj.  Retrait,  mal-venu,  mal  nourri,  par 
vice  d'origine.  Au  fig.,  chétif,  exténué,  rachitique. 

Dér.  de  Tital.  ingannare,  tromper,  frustrer.  Son  étym. 
remonterait-elle  au  sanscrit  aghan,  exténué? 

Aganlo,  «.  f.  Noix  de  galle.  Elle  est  fournie  par  le  chêne 
des  teinturiers. 

Étym.  du  lat.  Galla. 

Aganta,  v.  Prendre,  saisir,  empoigner. — On  dit  égale- 
ment: té  vdou  aganta,  je  vais  t'agripper;  $é  V agonie,  si  je 
le  prends,  et  aganto  aqud,  attrape  ceci  ;  agantè  un  tapai, 
il  reçut  un  soufflet  ;  ce  qui  est  prendre. 

Dér.  de  Gan,  de  l'allem.  wand,  ou  du  lat.  vagina,  gaine. 

Agftomses,  f.  m.  ptur.  ou  Agaloossea.  Ononix  ou 
arrète-bœuf  épineux  ;  Ononi$  spinosa,  Linn.,  plante  ligneuse 
de  la  famille  des  Légumineuses,  commune  dans  les  blés. 

L'étym.  du  mot,  selon  les  uns,  se  trouve  dans  le  celt. 
aga,  bois  ;  selon  d'autres,  dans  l'arabe,  et  aussi,  par  cor- 
ivplioB,  dans  le  lat.  aeuUata,  atuieo$a. 

Agaraeba,  v.  Donner  une  oeuvre  aux  champs  laissés  en 
jachère;  laisser  reposer  une  terre. 

Dér.  de  Gara,  guéret. 

Agaa,  f .  m.  Erable,  arbre  ;  Aeer,  Liim. 

Ce  mot  parait  d'origine  ligurienne. 

AgaatO,  f.  f.  Pie;  en  v.  fr.  agasie;  Connu  piea,  Linn., 
oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux,  commun  dans  nos 
elimals  et  connu  par  son  caquet.  —  Au  fig.,  se  dit  d'une 
perMnme  au  babil  étourdissant. 

Du  baa-br.  Agae,  dit  Sauvages. 

Agaaaoà,  i.  m.  dim.  Le  petit  de  la  pie.  —  TranMo 
eowmo  Um  qu^ou  d'un  aga$$où,  il  tremble  comme  la  feuille. 

Agérbaasi  (s*),  ou  Agérbl  (s'),  v.  Se  gazonner,  devenir 
herbeux,  se  couvrir  de  graminées;  se  taller. 

Dér.  de  Girbo, 

AgiDonîa  (s*),  v.  S'agenouiller ,  se  mettre  à  genoux. 

Aginovia,  v.  Terme  de  vigneron:  couder,  coucher  un 
jarment  dans  la  fosse  pour  le  provigner. 

Dér.  de  Ginoul. 


Aglan,  s,  m.  Gland,  fruit  du  chêne.  —  Voudriez  êêtre 
ufi  aglan,  qu'un  pormé  mangèise,  je  voudrais  être  un  gjand 
et  être  mangé  par  un  porc  :  c'est  une  expressicm  d'ao* 
goisse  quand  on  se  trouve  dans  une  situation  malheureuse 
et  sans  issue;  mais  le  plus  souvent  le  peuple,  qui  est  tou^ 
jours  hyperbolique,  l'emploie  pour  une  simple  c(»itrariété. 

Dér.  du  lat.  Glam,  glandU, 

Aglana,  v.  Ramasser  des  glands,  faire  la  glandée;  don- 
ner,  distribuer  du  gland  aux  pourceaux. 

Agnano,  «.  f.  n«  pr.  de  lieu.  Aniane,  petite  ville,  chef- 
lieu  de  canton  de  l'Hérault.  —  Une  célèbre  abbaye  d'hom^ 
mes  de  l'ordre  de  Saint-Benoit  y  fut  fondée  du  temps  de 
Gharlemagne.  Les  bâtiments  qui  restent  encore  ont  été 
transformés  en  maison  de  correction. 

Un  vieux  dicton  languedocien  dit  :  Intmeén  d' Agnano, 
Quelle  est  son  origine?  Le  français  dit  bien  dans  le  mémo 
sens  :  Niais  de  Sologne,  qui  ne  se  trompe  qu'à  son  profil. 
Les  habitants  de  la  Sologne  passent  pour  avoir  d'autant 
plus  d'intelligence  qu'ils  en  font  paraître  moins,  et  ils 
mettent  dans  les  affaires  qu'ils  traitent  une  habileté  secrète 
qui  les  fait  toujours  tourner  à  leur  avantage.  On  a  dû 
trouver  dans  nos  contrées  que,  tout  en  contrefeisant  la 
simple,  l'habitant  d'Aniane  était  aussi  extrêmement  adroit 
et  alerte  sur  ce  qui  regarde  ses  intérêts  ;  de  là  le  dicton* 
naturalisé  bien  avant  qu'il  y  eût  des  détenus  à  Aniaae, 
qu'on  ne  peut  pas  traiter  à*inoueén,  même  en  commettant 
un  jeu  de  mots  à  la  française  ;  car  il  s'applique  à  tout  individu 
de  l'acabit  du  niais  dont  il  est  question,  en  sous-entendant 
la  dernière  partie  de  la  phrase  qui  complète  le  sens. 

Agnèl,  <.  m.  Augm.  Agnèlat,  dim.  il^fi^  on  Agnèhû* 
Agneau,  petit  agneau.  —  Les  moutons  changent  de  nom 
en  changeant  d'âge;  ils  sont  d'abord  agnèl  dq)uis  leur 
naissance  jusqu'au  retour  de  Vamountagnu^'é,  à  la  fin  d'août; 
alors  ils  deviennent  hédigas.  L'an  d'après,  à  la  même  époque, 
ils  sont  douUén,  ensuite  timén,  et  ainsi  de  suite.  —  AgnU  dé 
la,  agneau  de  lait,  qui  n'a  été  nourri  que  de  lait.  AgnU  dé 
can,  agneau  qui  a  mangé  aux  champs.  £«  un  agnU,  il  est 
doux  comme  un  agneau.  QuinU  agnèUuf  Quel  gnuid 
agneau,  quel  bon  diable  !  Aquà^$  la  soumito  dé  l'agnèl  blan, 
c'est  toujours  la  même  répétition.  Ce  proverbe  tient  à  un 
usage  des  conteurs  de  sornettes.  Lorsqu'ils  sont  ennuyés  des 
demandes  qu'on  leur  adresse  pour  en  conter  une  nouvelle, 
ils  disent  :  Vdou  voui  dire  la  souméto  dé  VagnU  blan.  —  Ah/ 
voui,  diga-la,  s'écrie  rassemblée;  et  le  conteur  :  Se  wmlè» 
que  vouê  la  digue,  voue  la  dircâi.  —  Voui  /  voui  /  diga4a, 
insiste-t-on  de  plus  belle.  Mais  le  conteur  se  renferme 
dans  son  étemel  :  Se  vouUe  que  voue  la  digue,  vous  la  dirai, 
jusqu'à  ce  que,  fatigué  de  cette  vaine  répétition,  le  cercle 
d'auditeurs  passe  enfin  condamnation.  On  dit  en  français, 
pour  la  même  chose  :  c'est  la  chanscm  du  ricochet. 

AgnU,  agnUé,  agnUoii  sont  des  termes  de  cajoleri9 
enfantine,  de  tendresse  mignarde. 

Dér.  du  lat.  Agnue,  dim.  Agnellut,  qui  vient  lui-même 
du  grec  irft6ç,  pur,  chaste. 


38 


AGN 


AGN 


Agnèla,  v.  Agneler,  nietlre  l>as,  en  parlant  des  brebis. 

Agnèlado,  s.  f.  Le  croit  d'un  troupeau,  sa  portée 
d'agneaux  dans  l'année. 

Agnèlo,  s.  f.  Agnc.iu  fenieilo.  —  Se  dit  particulièrement 
d'une  brebis  qui  coninience  à  porter  a\ant  d'èlre  X  l'état 
de  bedifjasso.  Cet  animal  soulîre  de  cette  i»récocité;  il 
ne  peut  se  développer,  vit  dans  un  état  racliitiiiue,  si  tou- 
tefois il  ne  meurt  pas  en  meltant  bas.  Los  éducaleui^s  ont 
plusieurs  proci'dés  pour  prés  enir  cette  nubibté  trop  liAtive. 

Agnèlo,  s.f.  .Nielle  des  blés;  Ayroslcma  gilhinjo,  Linn., 
plante  de  \x  famille  des  Caryopbyllées.  Son  ^^'rain  mêlé  au 
blé  rend  le  pain  noir  et  amer. 

Dér.  du  la  t.  IS'i(jeUu$,  noinUre. 

Agno,  désinence  y  en  fr.  Agne. 

Par  ordre  alpbabétique,  Ayno  est  le  premier  d'une  série 
de  suiïixes,  qui  se  sont  formés  sur  toutes  les  voyelles  en 
ègno,  é(jno,  iyno,  oyno,  ouyno,  tiyno,  qui  tous  prébcnlent 
des  particularités  curieus(*s  dans  l'bistoire  de  la  formatiiai 
de  la  langue.  Ces  linales  entrent  en  composition  dt*  noms 
communs,  substantifs  ou  adjectifs,  et  d'un  certain  nombre 
de  noms  proprtîs  d'bommes  et  de  lieux,  av(?c  un  caractère 
spt'cial.  Elles  ont  été  d'ailleurs  soumises  ;\  tant  d'altéra- 
tions diverses,  qu'il  n'est  pas  sans  intérêt  de  faire  ici 
connaissance  avec  elles,  en  leur  consacrant  un  méJiie 
article. 

Dans  toutes  les  langues,  les  noms  se  forment  en  ijuelque 
sorte  par  des  procédé»  sy.^lémaliqnes.  L'éK.'menl  rudimen- 
taire  reste  à  i>ou  prés  invariable,  et  c'est  au  moy»'n  d<'s 
suflixes  qu'il  se  modilie  suivant  les  acceptions  auxtiuelles 
il  est  destiné  ^  s'appliquer.  Cbacjue  pajs,  par  une  disposi- 
tion particulière,  obéissant  aux  indueneos  d«'  son  orija- 
nisme  vocal,  adopte  de  iiréféretjc^^  la  formule  qui  convient 
le  njieux  à  ses  facultés  d'articulation  et  de  voealisalion  ; 
et  dans  ses  vocables  ap|H'llalirs  surtout,  jiarce  ({u'ils  sont 
sujets  à  se  répéter  plus  souvent  et  d«»i\enl  être  plus  lixes, 
il  rai)i>rocbe  les  lettres  et  les  combinaisons  les  plus  faciles 
pour  lui  à  projioncer. 

Ainsi,  étant  doimé  un  radical,  il  e>t  nécessaire  de  lui 
imprimer  une  certaine  iorme  staMe  «q  commode  pour  en 
éU^ndre  le  sens  ;  il  faut  ajouter  une  désinence  caractéris- 
tique \xmv  lui  faire  si^'iiilierjjue  l'objet  di'.>i;j:né  par  lui  doit 
s'unir  à  un  autre  objet  ou  (juil  n'en  est  (lu'mie  partie, 
qu'il  en  déri\e,  ((u'il  en  |)ro\ient  ou  qu'il  doit  h'incorjjorer 
à  lui,  pour  jiréciser  sadesceMilance,  lequalilier  plus  expres- 
sément, et  pour  ilétiM'miner  ses  dimen>ioiis,  son  étendue, 
ses  propriétés.  C'est  l'adjectif  tiré  ilu  substantif;  le  cjuab- 
ficatif  joint  au  si;-'nilicatif;  le  diminutif  ou  l'au^iimentatif 
venant  modifier  b*  sinq)le,  ce  <(u'on  nomme  la  dérivation: 
c'est  le  fonctionnement  des  sullixes. 

Celte  loi  est  universelle:  partout  mêmes  procédés  pres- 
que mécani(iues,  en  ce  sens  ([ue,  les  mots  rejirésentant  les 
idées,  l'accessoire  suit  le  principal,  la  désinence  supplétive 
étend  la  signification  du  radical.  Ce  qui  fait  la  variété  des 
idiomes  à  base  connuunc  comme  le  celtique  et  le  latin, 


d'où  sont  issues  nos  langues  modernes,  n'est  en  définitive 
que  la  différence  de  prononciation.  Les  raj)porls  sont  sou- 
vent cacliés,  inappréciables  ii  l'analyse,  mais  ils  existent. 
Ils  .se  sont  dénaturés  par  des  raisons  inconnues,  mais  des 
IKjints  de  contact  vérifiés  laissent  voir  leur  rapi)rocbement. 
Cbaque  groui)e  de  population  a,  en  ciVet,  des  tendances  de 
langage  qui  lui  sont  propres,  des  babitudes  qui  le  portent 
à  recbercber  certains  sons  et  à  en  éviter  d'autres  ;  les  dia- 
lectes naissent  de  ces  convenances  toutes  locales,  et  de 
cette  manière  se  lie  et  s<'  déconq)ose  l'ensendile  général, 
sans  perdre  ses  affinités,  mais  en  les  laissant  s'oblitérer  et 
en  les  écartant  plus  ou  Uioins  de  la  source  commune.  C'est 
IKiurquoi,  dans  ces  recbercbes  qui  remontent  quelquefois  à 
des  origines  lointaines,  il  y  a  à  tenir  conqjte  de  l'état  des 
idiomes  voisins  et  de  la  pbilologie  comparée.  C'est  faire 
une  tentative  dans  cette  voie  que  d'essayer,  sur  les  mots 
de  notre  langue,  de  surprendre  le  secret  île  leur  formation 
originelle;  de  savoir  par  (juel  instinct  naturel  ou  (luel  tra- 
vail prémédité,  la  pensée  et  son  exjiression  s'est  plue  à 
revêtir  certaines  formes  plulùt  que  d'autres,  et  de  démêler 
sous  renq)ire  de  quelles  propensions  et  de  quelles  antipa- 
tbi»*s  particulières  quelques-unes  de  ces  expressions  sont 
arrivées  jusqu'à  nous,  et  ont  été  adoptées.  I^jur  cela,  l'étude 
des  désin<Mices  est  d'une  importance  considérable;  car  ce 
sont  ces  >yllabes,  insignifiantes  en  aj)parence,  ijui  donnent 
à  une  langue  son  ty|)e  individuel,  son  cacbet  et  son  carac- 
tère. Du  [H'tit  au  grand,  1»^  dialecti'  a  sa  valeur;  si  modeste 
(jue  S'tit  sa  part,  il  a  droit  dt»  se  pré>enter  au  concours. 

De  la  langue  la  plus  anciennem'Mit  parlée  dans  les 
(iaules,  le  c«'lti(jue,  nous  n'avons  que  des  notions  impar- 
faites, r.'duites  a  qui'lques  centaines  d'expressions  éparses 
dans  les  écrivains  latins  ou  grecs,  et  à  quelcpies  lambeaux 
d'inscrii»tions  lapidaires;  il  n'a  ele  recueilli  aucun  monu- 
ment éerit  d'une  sérieuse  p«»rlée.  Kien  n'est  resté  dans  l'air 
de  Son  accentuation.  Cependant,  avec  les  mots  qui  nous 
ont  été  c>tns»MVès,  avec  K's  ap])ellations  géograpbi(]ues  et 
les  noms  dliomnjes,  que  la  stabilité  naturelle  de  leur  signi- 
fication et  de  leur  structure  a  protégés  davantage,  si  l'on 
n'est  j»oinl  parvenu  à  composer  uji  \ocahulaire  conq)let,  il 
a  été  pt>s>ilile  de  discerner  sun'menl  ce  cjui  appartient  dans 
lins  lani'ues  modeiiics  a  l'idiome  primitif,  et  de  lui  attribuer 
telles  formes,  telles  liicutituis,  lejlrs  racines  (jui,  ne  se 
retrouvant  pas  ailleurs,  n'ont  pu  lui  servir  de  modèle  et 
remnntent  nécssairiMnent  à  celte  source.  (]el  élément  pri- 
mordial mérite  ilètre  relevé  avec  prudence,  sans  doute, 
mais  a\ec  un  soin  minutieux. 

Les  cojnnies  gr«'C(|ues,  établies  sur  le  lilt^ral  méditerra- 
néeji,  eup'nt  des  rapports  de  CMinmmee  et  d'échange  avec 
les  pr»t)ulations  voisiniîs  ;  mais  bien  que  llorissantes  et  d'une 
civilisation  jjIus  avancée,  elli'S  ne  se  mêlèrent  jamais  avec 
le  corps  gaulois  au  point  d'exercer  une  influence,  qui  n'eut 
pas  le  tenq)s  d'ailleurs  d'être  bien  profonde.  Les  mots  grecs 
que  nous  avons  retenus  nous  ont  été  apportés  presque  tous 
par  l'intermédiaire  des  Romains. 


AGN 


AGN 


39 


Le  latin  doit  être  considéré  comme  le  vrai  générateur  de 
nos  idiomes.  Il  avait  pénétré  dans  la  Gaule  et  dans  la  Nar- 
bonaise,  avant  l'arrivée  de  César.  Après  la  conquête,  il  s'y 
naturalisa  avec  une  absorbante  énei^e,  et  tout  concourut 
à  favoriser  sa  prédominance  et  à  en  prolonger  la  durée  : 
les  lois,  l'administration,  la  civilisation,  la  religion,  même 
Tesprit  national.  Le  christianisme  vint  encore  seconder  son 
influence.  Les  invasions  germaniques  des  Francs  et  des 
Visigoths,  loin  de  comprimer  cet  essor,  accrurent  sa  popu- 
larité :  les  barbares  l'adoptèrent,  et  leur  conversion  à  la 
religion  chrétienne,  leur  orthodoxie  ne  contribua  pas  peu 
à  le  maintenir,  bien  qu'ils  eussent  versé  un  élément  nou- 
veau dans  le  langage  par  leur  prononciation.  Mais  il  faut 
dire  que  ces  altérations  furent  plus  sensibles  au  nord  qu'au 
UQÎdi  de  la  France;  et  nous  n'en  avons  que  plus  tard  res- 
lenti  les  effets  par  le  français  d'Outre-Loire. 

Hais  la  langue  importée  par  les  vainqueurs  de  la  Gaule 
et  par  les  colons  à  la  suite  n'était  pas  le  latin  classique  et 
cicéronien  :  c'était  le  langage  déformé  de  Rome,  familier 
aux  soldats  et  au  bas  peuple,  hérissé  de  barbarismes.  La 
latinité  gauloise  se  forma  d'abord  sur  ce  modèle  ;  et  encore 
U  nouvelle  langue,  pour  se  répandre  dans  le  pays  con- 
quis mais  toujours  indompté,  dut-elle  se  soumettre  à  une 
foule  d'altérations  néologiques,  se  plier  à  des  exigences 
dont  la  masse  de  la  nation  puisait  le  principe  dans  son 
indépendance.  Car,  tout  en  acceptant  un  langage  qu'ils 
n'avaient  pas  appris  dans  leur  enfance,  les  indigènes  ne 
renoncèrent  pas  à  leurs  habitudes  de  prononciation,  et 
firent  violence  au  latin  pour  l'approprier  aux  formes  natu- 
relles de  leur  pensée. 

Les  témoignages  les  plus  certains  attestent  que  le  vieux 
gaulois,  en  pleine  possession  de  son  territoire  au  VII«  et 
au  VIH«  siècle,  se  maintint  longtemps  encore  ;  même  au 
XII1«  siècle,  son  extinction  n'était  pas  complète.  Mais  déjà 
tous  ces  ferments  de  celte,  de  latin ,  de  tudesqne  avaient 
commencé  à  se  fusionner.  Puis,  quand  ce  pêle-mêle  se 
réorganisa  sous  le  souffle  d'un  esprit  différent,  après  de 
longues  élaborations,  une  langue  véritable  était  créée. 

Elle  fut  d'abord  qualifiée  de  rustique,  comme  si  elle 
n'eût  été  qu'une  dégénérescence  d'idiomes  corrompus; 
mais  une  dénomination  plus  juste,  qui  est  un  souvenir,  ne 
tarda  pas  à  prévaloir  :  elle  est  appelée  Boman  ;  et  c'est  le 
roman  qui  a  donné  naissance  à  la  langue  d'Oïl  et  à  la 
langue  d'Oc,  ces  deux  filles  si  glorieusement  régénérées. 
—  Fo2f*  Léngadd,  Patouàt,  Bouman. 

L'oeuvre  de  recomposition  fut  lente  :  elle  suivit  les  phases 
de  la  grandeur  romaine,  qui  mit  du  temps  à  mourir.  Dans 
le  principe,  elle  était  inconsciente,  irréfléchie,  ignorant  sa 
voie,  mais  entrevoyant  un  but;  elle  s'inspirait  et  se  gui- 
dait par  un  vague  souvenir,  qui  n'avait  jamais  péri  et  qui 
ramenait  peu  à  peu  le  peuple,  lui  qui  fait  la  langue,  vers 
des  inflexions  qui  lui  avaient  été  familières.  En  acceptant 
le  latin,  il  l'avait  soumis,  par  une  sorte  d'instinct  méca- 
nique, aux  aptitudes  les  plus  conformes  à  son  organisme 


vocal  ;  en  le  transformant,  il  ne  cherchait  qu'à  porter  dans 
la  prononciation  les  prédilections  ou  les  antipathies  qui 
étaient  dans  sa  nature. 

Un  respect  traditionnel  entourait  les  racines,  qui  sont 
l'âme  des  mots  :  les  modifications  s'accomplirent  donc  plus 
volontiers  sur  les  désinences.  Elles  s'adressèrent  surtout  à 
celles  qui  avaient  le  cachet  romain,  d'abord  parce  qu'elles 
étaient  moins  dans  les  prédispositions  organiques  de  la 
voix,  puis  parce  que  ces  finales,  sans  signification  par  elles- 
mêmes,  n'affectaient  qu'accessoirement  la  substance  du 
mot,  que  le  changement  ne  voulait  pas  atteindre.  Le  génie 
national  reprenait  les  concessions  arrachées  par  les  vain- 
queurs :  c'était  l'affranchissement  qui  s'annonçait.  Ce 
retour  à  l'ancien  esprit  gaulois  offrirait  des  coïncidences 
qui  vont  plus  loin  que  les  formes  du  langage. 

Mais  les  signes  de  cette  réaction  se  manifestent  clairement. 
Le  premier  besoin  est  la  rapidité  de  la  parole  répondant  à 
la  promptitude  de  la  conception  :  et  la  contraction  des  mots, 
la  simplification  des  modes  et  des  cas  marquent  des  écarts 
d'indépendance  qui  protestent  contre  l'ampleur  et  la  régu- 
larité latines.  L'accentuation  se  reprend  à  des  cadences  et  à 
des  agencements  de  syllabes  qu'une  bouche  et  une  oreille 
romaines  n'avaient  pas  inventés  :  et  il  s'ensuivit  la  nécessité 
de  combiner  autrement  la  forme  d'une  foule  de  mots.  On 
le  voit  :  si  les  fondements  latins  restaient  encore  solides, 
un  édifice  plus  jeune  s'élevait  sur  eux. 

Les  éléments  de  cette  révolution  du  langage  se  trouvent 
dans  le  changement  de  formes,  dans  les  modifications  des 
désinences,  qui  obligent  l'appareil  phonétique  à  prendre 
d'autres  flexions  plus  en  harmonie  avec  ses  tendances  et 
ses  habitudes  natives.  C'est  ce  qu'il  faut  constater  par  des 
applications  et  des  exemples.  Qu'on  en  juge  à  l'œuvre. 

Chez  nos  ancêtres  gaulois  la  forme  du  suffixe  était  AC  = 
EC;  nous  l'avons  déjà  signalé.  —  Voy.  A,  $uff.  Son  accen- 
tuation, forte  sans  doute,  à  cause  de  la  lettre  finale,  devait 
cependant  être  adoucie  ou  assourdie  par  un  son  guttural, 
ressemblant  à  celui  du  X  grec,  qui  lui  servait  d'expres- 
sion dans  l'écriture:  et  ce  qui  le  prouve,  ce  sont  les 
variantes  dialectales,  conservées  dans  la  néo-celtique  en 
ac^=:  iac  =  auc  =  ùch  ^^ech;  nuances  ménagées  pour 
estomper  des  tons  trop  durs.  Les  permutations  opérées  plus 
tard  en  S  doux,  en  J  ou  G  doux,  comme  équisonnants, 
seraient  aussi  un  indice  de  quelque  valeur. 

Ces  désinenc<es  étaient  employées  à  adjectiver  les  mots, 
à  former  des  termes  ethniques,  patronymiques,  géogra- 
phiques, à  marquer  la  possession,  la  filiation,  l'apparte- 
nance, la  collectivité.  En  voici  quelques  exemples  :  Bron^ 
tristesse,  bronach,  triste;  bod,  touffe,  bodec,  touffu;  karad, 
amitié,  karadec,  aimable;  suU,  œil,  tuUech,  qui  a  des  yeux; 
$tan,  salut,  êteinech,  salutaire;  plum  ou  />/irm,  plume, 
plumauc  ou  plumawe,  emplumé,  dial .  comique  ou  cambrique . 
En  gaélique  :  Albanaeh,  Écossais;  Erionnaeh,  Irlandais; 
Sacâanach,  Anglais;  en  bas-breton  :  d^rv,  iann,  chêne,. 
dervek,  tann$c,  lieu  planté  de  chênes,  abondant  en  chênes; 


90 


AON 


AON 


ounn,  frêne,  ounnek,  frênaie,  etc.,  etc.  —  Yoy,  Zenss, 
Gram.  céU.;  Le  Gonidec,  IHcf .  frref. 

Mais,  arrive  la  domination  étrangère,  et  les  mots  cel- 
tiques n*entrent  plus  dans  le  langage  usnel  qa*à  la  condi- 
tion de  revêtir  la  forme  romaine.  Le  latin  avait  sa  termi- 
naison caractéristique  générale  en  u$,  a,  um;  partout  où 
on  terme  ganlois  se  rapprochait  d'un  des  siens  par  le  sens 
on  la  consonnance,  dans  les  noms  propres  qn*il  ne  tenait 
point  par  politique  à  défigurer,  dans  les  dénominations 
locales  qu'il  importait  de  ne  pas  débaptiser,  il  s'appropriait 
le  mot  et  se  contentait  d'adjoindre  sa  formule  propre  à  la 
désinence  vaincue.  Mais  àpart  sa  finale  en  acui,  œa,  aeum, 
la  plus  proche,  qui  a  été  la  plus  durable  et  qui  donne  en- 
core à  bien  des  noms  propres,  dans  la  moyenne  latinité, 
une  physionomie  gauloise ,  il  avait  aussi  ses  sufiSxes  en 
anus,  a,  um  ;  aneus,  a,  um  ;  anius,  astiiu,  enuM,  inut, 
onus  ;  de  la  même  catégorie,  et  exerçant  de  pareilles  fonc- 
tions adjectives,  possessives  ou  collectives.  Les  Gallo- 
Romains  adoptèrent  ces  désinences  dittées  par  le  vain- 
queur, et  ils  les  vulgarisèrent  en  les  étendant  en  anieu$, 
enieuâ,  inieui,  onieus,  a,  um,  employées  généralement  au 
plur.  fém.  :  anieœ,  enieœ,  iniem,  oniew.  Suivons  la  gradation 
sur  les  noms  d'hommes  et  de  lieux.  On  trouve  dans  César  : 
IHvitiiicus,  Dumnaeus,  Valetiaeus;  dans  Tacite  :  Galgaeuê, 
Caractaeus;  Sidoine- Apollinaire  cite  AvUaeum,  frcsdium 
Aviii,  PruMianuê;  Grégoire  de  Tours,  J^rMinoeum;  l'Itiné- 
raire d'Antonin,  Juliacum,  Tiberiaeum,  Solimariacum;  les 
chartes,  Flaviacum,  Aureliaeum,  Pompeiaeum,  Pauliaeum; 
et  en  même  temps,  à  cette  dernière  période,  on  rencontre 
Martiniacum  et  MarHnhanieœ,  Cotonia  et  Colonieœ, 
Condacum  et  Condusonieci,  SalvanumeiSalvanicœ,  Ahonum 
et  Alsonieœ,  Veranum  et  Verananica,  et  ainsi  d'une  foule 
d'autres.  De  sorte  que  la  progression  pourrait  être  celle-ci  : 
Brmn,  primitif  celtique,  donne  directement  Brennus;  puis 
Brennae,  Brmiiaeui,  celto-latin,  fils  ou  descendant  du 
Brenn  ;  et  dans  les  noms  communs,  devenus  noms  de  lieu, 
collectifs,  ea$$,  eass-ae,  eau-ee,  forme  celtique;  easiacus, 
easManuâ,  eoênuâ,  forme  latine  ;  Ca$$aniea,  forme  gallo- 
romaine,  etc.,  etc.  Les  transformations  se  firent  sur  ce 
modèle;  inutile  d'en  détailler  l'interminable  nomenclature. 

Tel  était  le  produit  du  mélange  du  gaulois  et  du  latin, 
parlés  simultanément,  à  c6té  l'un  de  l'autre  sur  le  même 
iol.  Les  désinences  ae  s=  ee  af&iblies  en  aeh,  aue,  ech, 
lurent  donc  soumises  à  la  prononciation  romaine,  qui  don- 
nait toujours  le  son  dur  au  C,  semblable  au  K  rude, 
même  sur  les  voyelles  douces  9,  I,  et  qui  articulait  forte- 
ment le  N,  dont  il  ignorait  le  son  mouillé.  Les  Gallo- 
Romains  avaient  surenchéri  en  redoublant  les  deux  sons 
de  ces  consonnes  dans  anieœ,  gnieœ,  inieœ,  onieœ. 

C'est  contre  la  dureté  et  la  sécheresse  de  ces  intonations 
que  devait  protester  la  langue  romane  en  France,  comme 
le  firent  tous  les  idiomes  dans  les  pays  où  les  Celtes  avaient 
séjourné,  une  fois  que  la  puissance  romaine  eut  cessé  de 
peser  sur  le  langage. 


Aussi,  ae  ss  ee,  la  forme  première,  représentée  par 
aeu$,  eeut,  ieui,  oeui,  um,  perd-elle  d'abord  sa  fimio 
latine;  puis  le  e  s'amoindrit  et  coule;  il  permute  avec  lé 
cA  ou  le  y  et  ^  doux  ;  il  disparail  même  entièrement  de  nos 
appellatifs,  où  il  ne  se  fait  jamais  sentir.  A  part  quelques 
exceptions,  qui  localisent  une  dénomination,  il  se  trans* 
forme  de  vingt  manières  di£^ntes,  selon  les  influences 
auxquelles  il  obéit.  Tandis  que  la  géographie  andemia 
garde  ses  aeum  ou  anum  immuables,  à  tous  les  points  de 
l'horizon,  les  terminaisons  nominales  se  sont  changées  en 
a,  as,  at,  é,  ei,  te,  ter,  ière,  tes,  y,  eux,  ieux,  etc.  11  faut 
encore  comparer,  pour  ces  métamorphoses  du  ae  assov 
dans  la  signification  adjectivée,  nominative,  collective  ou 
diminutive,  les  variantes  qui  paraissent  autant  formées  sur 
le  suffixe  celtique  que  sur  le  correspondant  latin  on  sa 
latinisation,  comme  édo,  iè,  iëiro,  et  leurs  dérivations  os 
leurs  analogies  sur  les  difiTérentes  voyelles,  et  les  affinités 
et  les  permutations  de  lettres.  —  Yoy,  lettres  C,  G,  et  tdo; 
Iè,  etc. 

Dans  les  finales  anu$,  anum;  enus,  inu$,  onus;  anetse, 
enius,  inius,  onius,  au  masc.  et  au  neutre,  d'importation 
latine  plus  marquée  peut-être  on  du  moins  plus  Soi- 
gnée des  suffixes  celtiques,  le  roman,  pour  les  traduirB, 
supprime  Clément  la  caractéristique  latine;  il  garde  an, 
en,  in,  on,  avec  ou  sans  i  antécédent,  et  souvent  même  il 
efiace  le  n  dans  les  noms  communs,  au  moins  de  notre  di»* 
lecte,  comme  bo,  eousï,  mati,  etc.  ;  et  dans  ceux  où  la  consonne 
persiste,  elle  prend,  dans  le  Midi  surtout,  une  expression  si 
fortement  nasalisée  qu'elle  devient  un  caractère  typique  de 
notre  idiome.  —  Tby.  An,  suff. 

Les  désinences  féminines  ana,  ena,  ina,  ona,  una,  et 
surtout  ania,  enia,  inia,  onia,  unia;  anea,  inea,  onea, 
unea,  se  r^roduisent  plus  particulièrement  dans  le  vieux 
languedocien  et  dans  le  moderne  par  nos  finales  agno,  égno^ 
ègno,  igno,  ogno,  ugno,  qu'emploie  le  français  sous  difll^ 
rentes  formes  transmises  par  le  roman,  en  agne,  aiyne, 
eigne,  oigne,  ogne.  —  Yoy.  aux  mots  :  Cassagno,  Gamégno, 
G<ueougno,  etc.,  etc. 

Et  encore  sur  tous  ces  suffixes,  à  peu  près  indiflRîrem- 
ment,  tant  sur  ceux  où  le  e  est  la  consonne  dominante  que 
sur  ceux  où  Yn  se  rencontre,  il  intervient  fréquemment 
une  autre  combinaison  très-répétée  en  aje,  éje,  èje,  ije,  oje, 
uje,  lé  J  remplaçant  le  G  doux, — et  en  aeho,  èeho,  ét^, 
éneho,  idu),  oeho,  qui  dérivent  du  même  principe  et  qui 
vont  reparaître  sous  un  autre  aspect. 

Les  Gallo-Romains  avaient,  dis(Mis*nous,  représenté  les 
désinences  principalement  en  ietis,  a,  um,  en  les  latinisant 
plus  durement,  par  aniea,  eniea,  inieœ,  onieœ,  où  se  rap- 
prochaient les  deux  consonnances  fortes  de  l'N  et  du  G. 
Cétait  une  transformation  qui  voulait  pent^tre  rappeler 
le  suffixe  primitif  des  aXeux  et  le  mettra  en  contact  avec 
ceux  des  vainqueurs  ;  mais  cette  finale  de  la  moyenne  lat{* 
nité,  à  dur  redoublement,  devint  particulièrement  antipa- 
thique au  roman  et  aux  autres  langues  néa4attnBS  qui  se 


À6N 


AfiN 


3J 


xeoomposaiait.  La  malhearease  terminaison  en  nicus,  nka, 
nieum,  qaelque  voyelle  qui  loi  serve  de  véhicule,  a  le  don 
d*born|ûler  tons  les  idiomes  en  voie  de  rénovation,  et 
Ganse  les  écarts  de  prononciation  les  pins  étranges. 

En  FrancOi  le  roman  en  fait  anéguei,  enègues,  inègues, 
onègues,  et  anieheê,  anénehe$,  angeg,  enge»,  inges,  onge. 
Lelangaedocien  emploie  là-dessos  sa  voyelle  féminine  propre 
9^  mais  la  forme  en  est  conservée.  Dans  l'espagnol  et  Tita- 
lien,  comme  dans  la  langue  d'Oc,  se  retrouvent  des  procé- 
dés identiques  ;  et  il  est  remarquable  qu'en  Espagne,  à 
propos  de  Faltération  apportée  plus  tard  par  le  languedo- 
cien sur  ces  désinences  anègues,  onègue$,  etc.,  venant  de 
aniea,  enicm,  onicm,  se  montre  une  articulation  conforme 
k  nos  argu9ê,  ergues,  orgues.  —  Voy,  Argue,  Canounje,  où 
des  exemples  sont  cités. 

Cette  variété  anègues,  enègues,  etc.,  ne  débarrasse  pas  la 
désinence  d'une  certaine  rudesse,  qu'amortit  à  la  vérité  la 
présence  de  l'e  ou  Vo  atone  ou  muet,  sur  lequel  elle  tombe 
en  languedocien  comme  en  français  ;  mais  nous  présumons 
que  la  flexion  forte  du  g  n'est  ici  que  le  résultat  d'une 
exigence  orthographique,  quand  il  précède  les  voyelles  a, 
0,  u,  dans  nos  dialectes.  L'exactitude  de  cette  induction 
nous  est  démontrée  par  ce  qui  existe  de  pareil  en  français, 
et  aussi  dans  la  prononciation  du  languedocien  des  Hautes- 
Gôvennes.  Ainsi,  pour  traduire  le  lat.  veniat,  nos  monta- 
gnards disent  :  gué  végno,  et  dans  la  plaine  on  prononce  : 
91M  vèngue.  Le  premier  est  plus  pur  :  mais  cette  diffé- 
rence a  peut-être  amené  une  autre  combinaison  :  celle 
du  g  suivant  Vn  au  lieu  de  la  précéder.  La  mouillure  est 
moins  sensible  :  cependant  ng  n'est  qu'un  équivalent.  C'est 
une  importation  du  germain  par  les  Francs  ou  les  Yisi- 
goths,  qui  n'avaient  aucune  facilité  à  articuler  notre  ^,  et 
qui  l'ont  démontré  en  changeant  presque  toujours  nos  dési- 
nences agne,  oigne,  eigne,  igné,  ogne,  en  ange,  inge,  onge, 
dans  les  dénominations.  Quoi  qu'il  en  soit,  la  formule  ré- 
pond exactement,  par  la  suppression  de  la  voyelle  e  inter- 
médiaire, à  celle  des  romanes  anègues,  enègues,  onèguesj 
et  ne  sort  pas  d'une  autre  provenance.  Dans  le  roman  et 
au  nord,  où  l'influence  germanique  se  fait  plus  sentir,  on 
trouve,  comme  formes  analogues  dans  la  langue  du  moyen 
âge  :  il  dunge,  dogner  et  duner,  donar  et  dogner;  aviegne, 
avegne,  avieneni;espreigne,  preigne;  et  venge,  tenge,  donge; 
et  viengne,  Hengne,  dongne,  qui  sont  aujourd'hui:  donner, 
advenir,  prendre,  venir,  tenir;  sans  compter  encore  d'au- 
tres variantes  qui  ne  laissent  pas  d'être  frappantes  et  fort 
congruentes  à  notre  siget. 

Dans  cette  généalogie  de  désinences,  ce  qui  est  essentiel 
à  retenir,  c'est  l'introduction  dans  l'accentuation  d'élé- 
ments tout-à-fait  nouveaux  et  inconnus  au  latin.  Le  G 
guttural  et  souvent  doux  se  substitue  an  C  toujours  dur 
du  latin;  le  CH  chuintant,  qui  est  celtique,  aspire  aussi  à 
reprendre  ses  droits;  enfin,  dans  les  suffixes  qui  font  le 
sujet  de  notre  article  et  dans  beaucoup  de  leurs  variantes, 
jrar  toutes  les  voyelles  s'articule  le  GJH  mouiUé,  une  des 


flexions  de  la  plus  incontestable  origine  gauloise.  Et  ce 
n'est  pas  un  phénomène  des  moins  remarquables  que  la 
reproduction  de  ces  mouillures  gutturales  et  nasales  dans 
tous  les  idiomes  celto-latins  au  moment  où  ils  se  renouvel- 
lent. Elles  s'étendent  même  à  U  mouillé,  que  le  fr.  et  l'esp. 
adoptent,  bataille,  halaJUa,  etc.,  que  l'ital.  représente  par^/ij, 
^glia,  bataglia,  et  notre  dialecte  par  l'V  tréma,  fio,  bataïo. 

En  résumé,  quand  on  suit  à  la  trace  ces  transformations, 
et  qu'on  étudie  leur  dégénérescence  graduelle  dans  ses  prin- 
cipes et  dans  ses  causes,  il  est  difficile  de  ne  pas  recon- 
naître, à  voir  leur  identité  d'emploi  et  de  destination  au- 
près du  radical,  que  tous  ces  suffixes  de  même  famille  sont 
égaux  entre  eux,  et  que,  depuis  les  primitifs  AC  =  EC  en 
passant  par  le  latin,  ils  peuvent  être  ramenés,  par  une 
équation  logique  et  rigoureuse,  jusqu'à  la  forme  usitée 
dans  nos  idiomes  modernes,  si  originale  qu'en  paraisse 
l'expression  au  premier  aspect.  La  singularité  de  physio- 
nomie qu'affectent  parfois  certaines  désinences  n'est  pas» 
au  reste,  sans  avantages  :  elle  signale  et  met  dans  un  relief 
plus  frappant  le  membre  sur  lequel  il  faut  d'abord  opérer 
pour  arriver  par  la  dissection  jusqu'à  l'os,  c'est-à-dire  au 
radical.  Dans  la  recherche  des  étymologies,  il  est  bon 
d'avoir  affaire  à  un  mot  ainsi  surchargé,  dont  on  peut  du 
premier  coup-d'œil  dégager  l'appendice  à  tournure  connue 
d'avance.  Mais  la  parité  significative  ou  l'équipollence  des 
terminaisons  de  même  catégorie  a  une  portée  bien  plus 
étendue  :  car  si  elle  permet  d'établir  entre  les  mots  et  les 
noms,  des  analogies  qui  les  font  équivalents  les  ims  aux 
autres,  malgré  la  différence  de  leurs  formes,  quand  ils  pro- 
cèdent d'une  racine  unique,  elle  empêche  encore  et  le  plus 
souvent  de  confondre,  avec  un  mot  qui  parait  dérivé  d'une 
langue  de  formation,  comme  le  latin  par  exemple,  une 
simple  désinence,  qui  lui  ressemble  par  sa  physionomie, 
mais  qui  n'est  en  définitive  que  le  produit  d'une  combi- 
naison régulière  ou  d'une  altération  successive.  Ceci  soit 
dit  en  passant  pour  notre  finale  Argue,  à  laquelle  nous 
renvoyons.  Mais  que  de  ceci  surtout  ressorte  clairement 
la  loi  d'afiînité,  de  concordance,  d'égalité  de  valeur  dans 
les  désinences  supplétives,  ce  résultat  obtenu  sera  fécond  ; 
et  nous  tenions  à  en  consolider  les  bases.  Les  citations 
sous  chaque  mot  feront  mieux  comprendre  son  impor- 
tance majeure.  —  Voy,  Argue,  suff.,  Canounje^  Cassagno, 
Sdouvagnargue,  etc. 

Notre  but  ici,  au  moyen  de  ces  observations  générales, 
était  encore  de  démontrer  qu'au  moins  une  partie  de 
l'ancienne  prononciation  s'était  conservée  dans  les  Gaules, 
et  qu'au  moment  de  la  rénovation  de  la  langue  qui  devint 
notre  idiome  roman,  tout  imprégné  de  celte  et  de  latin, 
qui  ne  faisait  encore  que  se  parler  et  se  préparait  à  s'écrire 
en  devenant  la  langue  d'Oc,  cette  tradition  était  assez 
intense,  assez  enracinée  pour  constituer  un  de  ses  attributs 
essentiels,  comme  il  arriva  pour  le  français,  l'italien  et 
l'espagnol.  La  prononciation  obligea  l'alphabet  à  se  com- 
biner autrem^ti  avec  la  même  énergie  que  la  contraction 


3*2 


AGR 


AGR 


qui  resserrait  les  mots  :  œ  furent  les  premières  teadanoes 
de  Tesprit  nouveau.  Cependant,  le  plus  souvent,  l'expression 
significative,  dépendance  respectée  du  radical,  se  maintint, 
et  Taccent  tonique  persista,  comme  en  latin,  sur  la  der- 
nière syllabe  forte  ou  sur  la  pénultième.  L'intonation,  ce 
sentiment  mélodique  représenté  par  la  mesure  et  la  quan- 
tité, garda  même  dans  la  langue  d*Oc  de  ces  réminiscences 
qui  en  ont  perpétué  Teuphonie  presque  matérielle  en  longues 
et  en  brèves,  dont  nos  dialectes  ne  se  sont  jamais  séparés. 

Sans  doute,  il  est  difficile  de  bien  apprécier  la  nature  de 
ces  diverses  modifications  à  la  distance  où  nous  sommes  de 
ce  mouvement  intellectuel  et  euphonique  de  notre  langue, 
quand  les  changements  peuvent  être  le  résultat  de  circon- 
stances fortuites  ou  de  particularités  d'origine,  de  sol,  de 
climat,  ou  de  tant  d'influences  ignorées  ;  mais  nous  essaie- 
rons de  les  distinguer  et  de  les  débrouiller  avec  patience, 
et  à  l'aide  de  tout  ce  que  nous  pourrons  recueillir  de 
lumières  et  d'enseignements. 

Nos  indications,  si  insuffisantes  qu'elles  soient,  ne  servi- 
laientrelles  qu'à  faire  entrevoir  la  communauté  d'extrac- 
tion de  la  langue  d'Oïl  et  de  la  langue  d'Oc,  leur  contem- 
poranéité  de  formation  et  de  progrès,  à  montrer  que  celle-ci, 
déchue  politiquement,  mais  aussi  littéraire  que  jamais, 
n'est  pas  un  des  patois  corrompus  du  français  ;  ces  études, 
que  de  plus  habiles  compléteront,  u'arriveraient-elles  qu'à 
jeter  une  lueur  bien  faible  sur  nos  origines  et  notre  his- 
toire, qu'à  sauver  leur  aridité  technique  par  quelque  uti- 
lité et  un  peu  d'intérêt  et  de  nouveauté,  que  nous  persiste- 
rions encore  à  les  suivre,  et  nous  ne  croirions  pas  notre 
labeur  perdu. 

Agnnè,  adv.  Cette  nuit,  ce  soir.  —  En  vieux  français, 
on  disait  :  anmi. 

I>ér.  du  lat.  ad  noetem, 

Agnuècha  (s*),  v.  S'anuiter,  se  mettre  en  chemin  la 
nuit,  voyager  de  nuit.  — Noum  agnuêehan,  la  nuit  se  fait, 
la  nuit  nous  gagne.  En  v.  fr.  $'anui$iêr, 

I>ér.  de  Gnué. 

Agôon,  J.  m.  plur.  Agôausse$.  Le  petit  chêne-vert  épi- 
neux; Quêrcu»eoeeif0ra,  Linn.  Plante  ligneuse  sur  laquelle 
on  cueille  le  kermès  animal  ou  vermillon. 

Agonrini  (s'),  v.  S'acoquiner;  prendre  des  habitudes  de 
paresse  et  d'ivrognerie;  fréquenter  mauvaise  compagnie. 

Dér.  de  Gourin. 

Agouttén,  que,  aéfj.  Du  mois  d'août,  d'arrière-aaison. 

Dér.  du  lat.  ÂuguMius,  qui  lui-même  a  formé  aoûl,  qui 
n'en  est  qu'une  contraction. 

Agrada,  v.  Plaire,  convenir,  être  au  gré;  agréer,  ap- 
prouver. —  AquéUê  éfam  ê'agradau,  fôou  hut  tnarida, 
ces  enfants  s'aiment,  il  faut  les  marier.  Safaçounm'agrado, 
ses  manières  me  conviennent.  S'aqud  vout  agrado,  si  vous 
approuves  cela. 

Dér.  de  Gra,  gré. 

Agradèlo,  j.  f.  Épine- vinette;  B0rberii  vulffariê,  Linn. 
Arbrisseau  épineux  dont  on  forme  des  haies  vives.  Son 


fruit  en  grappes  est  aigrelet  et  rafraîchissant.  Ajfradéio  est 
évidemment  la  corruption  à*Aïgradéio,  qui  n'est  qu'un  dimi- 
nutif d'àigrê;  c'est  comme  si  l'on  disait  :  VAigrdett». 

Agràontouni  (s'),  o.  Se  recroqueviller,  se  ratatiner, 
comme  des  cretons  ou  graisillons,  connus  en  languedocien 
sous  le  nom  de  gràoutoît. 

Agrava,  v.  Couvrir  un  champ  de  sable,  de  gravier,  par 
inondation.  —  Gardois  agravo  tous  pras,  le  Gardon  couvre 
les  prés  de  gravier. 

Dér.  de  Gravo. 

AgrévoQ,  j.  m.  Houx,  arbre  toujours  vert,  à  fleurs  mo- 
nopétales en  rosette,  hérissées  de  piquants,  à  baies  rouges, 
et  dont  la  seconde  écorce  sert  à  faire  la  glu.  De  ses  bran- 
ches flexibles  on  fait  des  baguettes,  qu'on  appelle  pour  cela 
des  houuines,  —  Ilex  aquifolium,  Linn.,  de  la  famille  des 
Frangulacées  ;  assez  commun  dans  nos  bois. 

Étym.  du  grec  <ixp(a,  qui  est  le  nom  du  même  arbris- 
seau, dér.  de  (Syptoc,  sauvage,  farouche,  à  cause  des  épi- 
nes longues  et  fortes  de  ses  feuilles. 

Agriable,  blo,  adj\  Agréable. 

Trad.  du  franc. 

Agrimouiè,  j.  m.  Groseiller  à  maquereau,  arbuste  épi- 
neux, dent  les  fruits  sont  assez  gros,  mais  moins  doux  que 
ceux  du  groseiller  sauvage  ordinaire;  Ribes  groistUaria,  Linn. 
Son  nom  lui  vient  sans  doute  du  goût  aigre  de  ses  fruits. 

Agrimouîo,  s.  f.  Groseille  à  maquereau,  fruit  de  l'ar- 
brisseau précédent. 

Agrîoto,  «.  f.  Griotte;  variété  de  ce  qu'on  appelle  à 
Paris  la  cerise,  à  laquelle  notre  griotte  ressemble  beau- 
coup, au  goût  près.  La  cerise  est  fort  douce  et  la  griotte 
est  fort  aigre.  —  Aquà's  vrateoumo  manjan  d'agriotos,  cela 
est  vrai  comme  il  neige  des  boudins.  Badinan  au  numjan 
d'agr^Motf  Mot  à  mot:  plaisantous-nous  ou  mangeons- 
nous  des  griottes?  Est-ce  pour  rire  ou  tout  de  bon  T  Tel 
est  le  sens.  Dans  notre  dicton,  les  griottes  se  trouvent  mê- 
lées par  la  raison  que  leur  goût  âpre  et  acide  fait  faire  à 
celui  qui  les  mange  une  grimace  qui  ressemble  au  rire, 
une  sorte  de  rire  aigre-doux,  sardonique,  laissant  le  choix 
entre  le  rire  ou  la  grimace. 

Agroomandi,  v.  Afiriander,  ap&ter,  affirioler.  Le  même 
que  Agalavardè.  —  V.  c.  m. 

Dér.  de  Grouman. 

Agroumia  (s'),  ou  Agroumouli  (s*),  v.  Se  blottir;  s'ac- 
croupir; se  mettre  en  peloton  ;  se  tapir  dans  un  coin  ;  se 
ramasser  comme  pour  rentrer  en  soi-même. 

Dér.  du  lat.  grumu»,  grumeau,  qui  a  donné  aussi  gru- 
mèl,  du  primitif  grum,  grain,  d'où  grumo,  etc. 

AgroQtiè,  «.  m.  Griottier,  arbre  qui  porte  la  griotte. 
—  Voy.  Gf%oUf. 

Agmméli,  v.  Pelotonner,  former  des  caillots,  mettre 
en  grumeaux.  —  Se  dit  des  choses,  jamais  des  personnes, 
pour  lesquelles  on  se  sert  de  AgraumoulL 

Dér.  de  GrutnM. 

Agnmaa,  «.  m.  Prunellier  ou  prunier  sauvage  ;  Pmnmi 


AGU 


AIA 


33 


tpmo$a,  Linn.,  arbrisseau  de  la  famille  des  Rosacées.  Son 
fruit  est  d*une  acidité  et  d*une  âpreté  remarquables.  — 
On  dit  également  :  Agrugnéei  Àgruné/iè.  —  Voy.  Bouïssoù. 

Étym.  de  dcypioç,  sauvage,  champêtre;  le  celt.  avait 
aigr,  aigre. 

Agnmèlo,  j.  f.  Prunelle,  fruit  de  Yagrunas,  dont  on 
fait  de  Teau-de-vie. 

Même  étym. 

Agn,  part.  pau.  du  v.  Avédr$,  avoir  ;  eu,  possédé. 

Agud,  Supers,  sing.  du  prêt,  du  V.  Âvédre.  Il  ou  elle  eut. 

Agiid  (à  T),  adv.  Aux  aguets,  à  la  piste. 

Dér.  du  grec  à^ito,  considérer  attentivement. 

Agnîado,  j.  f.  Aiguillée  de  fil  ;  aiguillon  du  laboureur  : 
le  bout  pointu  sert  à  piquer  les  bœufs,  Tautre  extrémité 
est  armée  d'une  petite  pelle,  qui  sert  à  racler  la  terre  du 
aoc  et  qui  s'appelle  Bourbouuado. 

Dér.  à*Aguio, 

Agnialas,  j.  m.  Aquilon,  vent  du  nord-est.  Il  souffle 
pour  Alais  des  Alpes  piémontaises.  —  Il  y  a  sans  doute 
bien  loin  du  latin  Aquilo  au  langued.  Aguiala»,  cepen- 
dant on  ne  peut  méconnnaître  entre  les  deux  mots  un  air 
de  famille.  Le  q  du  premier  se  change  souvent  en  g  par 
euphonie  :  c*est  ici  le  cas.  Quant  à  la  terminaison,  elle 
exprime  évidemment  un  péjoratif  caractéristique,  car  on 
ne  parle  de  ce  vent  qu'avec  aversion.  Le  grec  a?YiaX6ç, 
rivage,  bord  de  la  mer,  vent  de  terre,  a  peut-être  aussi 
contribué  à  sa  formation. 

Agnîô,  «.  m.  Porte-aiguille;  pelotte,  sorte  de  coussinet 
ou  de  bourrelet  destiné  à  piquer  les  épingles  et  les  aiguilles, 
recouvert  et  barriolé  de  morceaux  de  drap  ou  de  velours. 
Autrefois  les  femmes  de  noblesse  ou  de  bourgeoisie  en  fai- 
saient un  ajustement  de  toilette  qu'elles  portaient  suspendu 
à  leur  ceinture  à  côté  de  l'aumôniôre  ou  du  daviè.  (F.  c.  m.) 
Aujourd'hui  des  breloques  remplacent  ces  deux  symboles  du 
travail  et  de  la  charité  :  la  pelotte  a  aussi  perdu  sa  place. 
Le  mot  lui-même  commence  à  être  hors  d'usage  :  affaire  de 
mode,  trait  de  mœurs,  signe  du  temps. 

Odde,  de  Triors,  dans  ses  Joyeuses  Recherches  de  la  langue 
tolosaine,  de  4578,  décrit  comme  suit  ce  petit  bijou: 
c  Aguillier  est  à  dire  vn  petit  peloton  de  drap  que  les  fem- 
mes coustumierement  tiennent  pendu  en  leur  ceinture,  en- 
semble auec  leur  bource,  auquel  elles  mettent  et  fichent 
leurs  espingles,  et  doit  estre  tousiours  beau,  ioly,  et  s'il 
est  possible  neuf  et  la  bource  semblablement,  autrement 
cela  n*a  point  de  nez,  principalement  quand  de  ieunes 
femmes  le  portent,  car  il  n'est  guiere  beau  et  séant  à  vue 
ieune  femme  de  prendre  vn  vieil  Aguillier,  non  plus  qu'il 
est  beau  de  chausser  quelque  vieille  sabatte,  groulle,  ou 
escarpin  dans  quelque  belle  pantoufle,  toute  neufue,  ou 
mettre  quelque  vieil  petas  et  pièce  de  drap  vsée  sur  de  belles 
chausses  toutes  neufues.  Et  pour  preuue  de  cela,  ie  mettray 
icy  en  auant  ce  nouueau  et  assez  vsité  prouerbe  en  ceste 
▼ille  de  Tolose  disant  ainsin  :  A  bourço  nauuo  non  eal 
aguillier  vieil  ;  et  hœc  tint  dicta  nemine  nominando.  » 


Agoio,  J.  f.  Ai^ille  à  coudre,  à  tricoter;  aiguille  de 
montre  ;  pièce  de  fer  pour  planter  les  vignes  ou  les  saules. 
—  Mentis  pas  dé  la  pouncho  d'uno  aguio,  il  ne  ment  pas 
d'un  iota. 

Dér.  de  Acus,  ûs,  aiguille. 

Aguinclia  ou  Goincha,  v.  Viser,  prendre  pour  point  de 
mire. 

Dér.  de  Guinche  ou  guènche,  louche,  parce  qu'en  visant 
ainsi,  on  ferme  un  œil  pour  mieux  régulariser  la  ligne 
visuelle,  et  on  a  l'air  de  loucher.  Peut -être  encore  ce  verbe 
tire-t-il  son  origine  de  l'esp.  ^wmar^  regarder  du  coin  de  l'œil, 
et  a-t-il  la  même  communauté  de  sens  avec  le  franc,  guigner. 

Agusa,  v.  Aiguiser,  rendre  aigu,  pointu,  tranchant. 

Étym.  dulat.  Acuo;  acus,  acutM. 

Agasadooiro,  s.  f.  Pierre  à  aiguiser.  —  Voy.  Chafre. 

Ah  I  interj.  Ah  ! 

Ah  I  bé  I  interj.  Ah  !  pour  le  coup  ! 

Aï,  4"  pers.  sing.  ind.  prés,  du  v.  Avédre;  \^2X. 

Aï,  interj.  Aïe,  cri  de  souffrance,  de  plainte,  de  sur- 
prise. —  Ai!  dé  ma  dén/  Ah  !  la  dent!  Aï/  mé  fas  màouf 
Aïe  !  tu  me  fais  mal.  Aï/  çaï  ses  ?  Ah  !  vous  voilà? 

Aï,  diphthongue,  c'est-à-dire  réunion  de  deux  voyelles 
produisant  un  double  son  par  une  seule  émission  de  voix. 
L'articulation  de  cette  syllabe,  dans  la  langue  d'Oc,  se  fait 
en  appuyant  sur  la  première  voyelle,  tandis  que  la  seconde 
reste  faible  :  la  voix  dominante  ici  porte  sur  l'a,  elle  s'adou- 
cit et  s'efface  presque  sur  l'i  final. 

En  vertu  du  principe  que  toutes  les  lettres  se  prononcent 
et  se  font  sentir,  nous  aurions  pu  éviter  de  marquer  l'ï 
d'un  signe  particulier.  L'italien  et  le  grec  n'en  emploient 
pas  :  ils  écrivent  simplement  farni,  vedrai;  6Xaiç6ç,  îl|i«i, 
xa(,  et  tous  les  infinitifs  passifs;  et  leur  diphthongue  atala 
même  consonnance  que  la  nôtre.  Cependant  le  tréma  nous 
a  paru  nécessaire,  d'abord  pour  marquer  une  différence 
dans  la  prononciation  de  l't  entre  ses  variétés  d'inflexion 
(F.  la  lettre  /);  puis,  pour  sauver  une  exception  que  nous 
étions  forcé  d'admettre.  Voici  le  cas  :  le  français  a  la  diph- 
thongue simple,  sorte  de  voyelle,  formée  des  deux  lettres  ai, 
qu'il  prononce  tantôt  comme  é  fermé, /atmai,  tantôt  comme 
è  grave,  j'aimais;  or  dans  notre  dialecte  se  rencontrent 
certains  mots  d'origine  toute  française,  mais  impatroniséset 
consacrés  depuis  longtemps  parmi  nous,  quoique  en  assez 
petit  nombre,  notamment,  pour  les  citer  presque  tous  : 
air,  Alais,  mais,  conjonc.  Pour  ceux-là  nous  demandons, 
en  faveur  des  lecteurs  habitués  à  lire  à  la  française,  de  leur 
conserver  leur  physionomie  orthographique  à  la  française. 

Certes,  ils  ne  perdraient  rien  à  être  écrits  comme  ils  se 
prononcent:  èr.  Aies,  mé;  cependant  le  moindre  trouble 
à  la  lecture  résulterait-il  de  cette  configuration  puriste,  et 
il  reviendrait  souvent,  ce  serait  assez  pour  justifier  une 
exception  si  peu  exigeante  d'ailleurs.  L'emploi  du  tréma 
sur  l't  après  a  devient  ainsi  tout  à  fait  logique,  et  la  règle 
se  trouve  mieux  confirmée,  en  rendant  sensible  la  distinction 
et  en  maintenant  invariablement  le  son  diphthongue  sur  aï. 

s 


M 


itTG 


KtG 


Alado,  «.  f.  Save»  ft  Tail,  aillsode;  coalis  da  paysuiiikit 
itee  de  l'ail,  da  peraii  et  da  poivre.  En  Frovenœ,  cette 
âance  s'appelle  eMi,  parce  quli  y  entre  aussi  de  Thnile. 

Dér.  de  Aïé. 

Aîçaî,  adv.  Çà,  deçà,  de  ce  côté,  mais  un  peu  plus  loin. 
'—  IVraHTOtts  aïçQï,  passez  de  (à,  de  ce  côté. 

Dér.  du  lat.  Hàc. 

âîçaliii,  adv.  lei^bas,  ci-dedans. 

Gomp.  de  Aieï  et  alin. 

Aiçamonn,  ndv.  Cà-haut. 

Cotnp.  de  Àtei  et  amoun. 

Afçamoimdàoa,  adv.  Çà-haut,  mais  plus  haut  encore 
que  ta  place  occupée  par  Tinterlocuteur. 

G)mp.  de  Aïei  et  amoundâou. 

Aiçaval,  adv.  Çà-bas.  Il  est  presque  synon.  de  Aïçalin. 

Gomp.  de  Aïei  et  aval. 

Aiçi,  adv.  ici,  dans  cet  endroit.  —  D'atei-'n-laï,  doré- 
navant. D'aXeWn-foro,  en  sortant  dlci,  de  ce  pas,  doréna- 
vant. 

Dér.  du  lat.  BUs. 

Aiçô,  pron.  démontt.  Ceci.  —  Que  $éra  tout  aïçd?  qu'ar- 
riverar-t-ilT  que  sera-ce  que  tout  ceci?  Aï  pôou  qu'aïçà  in- 
tara  màou,  j*ai  peur  que  ceci  tournera  mal. 

Dér.  du  lat.  Hoe. 

Afç  j-^Anô,  phr.  faite.  Ceci-cela,  des  si  et  des  mais. 

Aie,  9.  m.  Ail,  plante  de  la  famille  des  Liliacées,  AUium 
iativum,  Linn.  —  Son  oignon  se  divise  en  plusieurs  gousses 
ttommées  baségno.  L'assemblage  de  ces  ca&ux.  forme  une 
tète  qu'on  nomme  hounèlo. 

Etym.  du  lat.  AUium. 

Alèdia  (s'),  V.  S  aliter,  garder  le  lit. 

Dér.  de  lè. 

Aièiro,  «.  f.  ou  Aignièiro,  «.  f.  Evier,  conduit,  égoùt 
ded  eaux  de  cuisine. 

Dér.  du  lat.  Aqu:irium.  —  AiSiro  n*est  que  la  contrac- 
tion euphonique  de  aïguuiro. 

Algadino,  «.  f.  Ondée,  pluie  subite  .d'orage  peu  vio- 
lente; une  faible  inondation,  ou  plutôt  ^inondation  d'un 
petit  torrent,  d'un  ravin. 

Dér.  de  Aigo. 

Aigagnâou,  «.  m.  Rosée,  serein,  vapeur  exhalée  de 
l'humus  terrestre  et  condensée  par  le  contact  de  l'air  froid 
de  la  nuit.  Malgré  la  démonstration  physique,  on  dit  : 
fbfh^  d'ùïgagttâou,  comme  si  la  rosée  tombait  d'en  haut. 
Le  languedocien,  passe  encore;  mais  le  françiis,  qui  doit 
être  et  qui  est  en  eflTet  plus  docte,  dit  4  merveille  :  tomber 
d4  ta  roêèe,  le  serein  tombe;  et  personne  ne  s'en  émeut. 

Dér.  de  Aïgo  et  de  gnuè,  eau  de  nuit. 

âîgaïè,t.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aigaliers,  AquUerium,  com- 
mune du  canton  d*Cz^.  —  Voy.  Aïgoike,  et  i^ro,  $uff. 

Afgajê,  <.  m.  Ce  mot  a  le  même  sens  que  a^gagnéou, 
ttsis  il  est  plus  générique;  il  désigne  seulement  riiumidité 
dèa  prés,  du  teirain,  de  \sk  faille  de  mûrie»,  trempas  (fo 
MMé. 


J 


iigaràdo,  9.  f.  De  l'eau  roUgîe,  du  vin  trempé  outre 
mesttre  étqui  n'a  conservé  qu'une  teinte  rosée  ;  de  la  rïn- 
(ure,  de  l'abondance.  C'est  aussi  tme  ondée  d'eau  de  vais- 
selle. 

Aîgardén,  «.  m.  Eau-de-vie,  alcool,  liqueur  plus  bu 
moins  spiritueuse  et  incolore. 

Formé  de  Aigo  et  du  lat.  arden9,  brûlant.  En  esp.,  a§ua 
ardiente;  en  ital.  anc.  aequa  ardente. 

Aigardôntiè,  «.  m.  Marchand,  débitant,  di^tlâXeur 
d'eau-de-vie;  particulièrement  les  marchands  adibulânts 
d'eau-de-vie,  qui  la  débitent  par  contrebande  dans  les  vil- 
lages et  hameaux,  loin  des  agents  de  la  régie. 

Aîgasso,  «.  /".,  péjor.  d*Atgo.  Eau  sale,  de  mauvais  ^ùt, 
et  même  de  l'eau  piire,  eu  égard  au  mépris  que  lui  témoi- 
gnent les  ivrognes. 

Aîglo,  j.  f.  Aigle,  oiseau  de  proie,  de  l'ordre  des  Ra- 
paces;  Faleo  fvdvu9,  Linn.  AquUa  fu9ca.  Le  français  fait 
une  distmction  de  genre  lorsqu'il  s's^t  de  l'oiseau,  âiirmàl, 
qui  est  masculin,  ou  de  l'emblème,  insigne,  qui  est  alors 
féminin  ;  le  languedocien  n'admet  pas  cette  diïlèrence  ; 
seulement,  lorsqu'il  parle  de  l'aigle  romaine  ou  napoléo- 
nienne, il  francise  tout  à  fait  et  prononce  èglo.  L'un  et 
rautre  mot  sont  d'origine  française. 

Aigo,  9.  ^.,  dim.  Aïguélo;  péj.  Atgaeto.  Eau.  —  Fâou 
pa9  dire  d'aquél'  aïgo  noun  béourat,  il  ne  faut  pas  dire  : 
fontaine,  je  ne  boirai  pas  de  ton  eau,  pour:  il  ne  faut  jurrâr 
de  rien.  Vôou  pas  Vàigo  que  béou,  il  ne  vaut  pas  l'eau 
qu'il  boit;  c'est  un  homme  de  peu  de  valeur.  Aï  pantatea 
d*aïgo9  trébou9,  j'ai  fait  un  mauvais  rêve.  Pér  avédre  dé 
bono  aigo,  fàou  ana  à  la  bono  fon,  pour  avoir  de  bonne 
esiu,  il  faut  aller  à  la  bonne  source  ;  qui  veut  bon  conseil, 
^adresse  à  bon  conseiller.  Faire  lae  aigo9,  se  dit  des  eaux 
qu'ime  femme  prête  à  accoucher  rend  aussitôt  que  lé  pla- 
centa s'entr'ouvre  pour  laisser  passage  à  l'enfant.  Escampa 
d*aigo,  verser  de  l'eau,  uriner,  pisser.  Lae  aïgoi  li  vènou 
as  ièU,  les  larmes  lui  viennent  aux  yeux .  Aïgo  que  coure 
fat  pas  màou  âou  moure  ;  en  franc,  du  XV®  siècle,  on 
disait  dans  le  même  sens  :  Esve  {eau)  qui  court  ne  porte 
point  d'ofdures  {Vrov.  Gall.,  ms.  cité  par  Le  Roux  de 
Lincy).  Aquél  viêl  a  êncaro  bono  aïgo,  ce  vieillard  est  en- 
core vert,  il  a  bonne  mine.  Douna  Vàigo,  ondoyer  un 
enfant.  Van  batéja  émbé  d'àigo  dé  mérlusso,  il  est  mal 
baptisé,  c'est  un  pauvre  chrétien. 

Aïgo-boulido,  s.  f.  Eau  bouillie,  potage  à  Teau,  au  set, 
à  l'ail  et  à  l'huile. 

Aïgo-dâou-mêinage,  s.  f.  Eau  de  vaisselle,  lavure. 

Aïgo-courén,  eau  courante,  rivière  ou  ruisseau.  —  L'adj. 
reste  au  masculin,  comme  dans  le  mot  suivant,  seulement 
pour  l'euphonie. 

Atgo-for,  S.  f .  Eau  forte.  —  Oîi  donne  cette  qualification  k 
l'acide  nitrique  ou  sulfurique,  àcause  de  sa  force  dissolvante. 

AXgo  dé  sardos,  saumure  de  sardines.  La  saumure  s^èxprïme 
tfuài'par  Aïgo-sdou,  composé  de  aïgo  et  de  edou,  avec  sup- 
pression de*  l'anDdè,  eomme  dans  les  deuit  ïboù  aaiVanlt. 


Ai»! 


Àïgfhnafo-,  eau  da  fleurs  d'onaog^,  eau  de  «^(i^  Da4at. 
4^it^  napt^fha,  mèDoesens. 

4i^ref9>  eau-rose,  de  fleurs  de^rosiw. 

Aï^sifnado,  eau  bénite.  Sip^ado,  marquée- du  signe;  d# 
lacnûx. 

Étyiu.  du  lat)  Àqua;  du  rad.  celU  Aa^  ac,  ag,  eau. 

Aîgo-Morto,  j.  /".  n.  pr.  Aigues^Mortes,  ville,  arroudis* 
siiement  de  Nîmes. 

Ge  nom  est  composé  avec  l'adjectif  qu^ficatif  et  le 
re{iré8(entaot  languedocien  du  celt.  aa,  aq,  aqua,  eau»  trans* 
formé  par  le  roman  eve,  ave,  ive,  euve,  et  ses  nombreuses 
variantes.  Il  est  entré  de  même  dans  Jv^Ftvo,  Aignes- 
Vives  (Gard),  et  autres. 

AîgO'pomiGbo,  s.  /.  Bourge-épine,  espèce  de  nerprun  ; 
HamtuM  euihariicus,  Linn.  Arbrisseau  de  la  famille  des 
Frao^acées,  dont  la  feuille,  l'écorce  et  surtout  les  baies 
sont  purgatives.  —  Avec  le  suc  épaissi  des  baies  de  ner*- 
pmn  et  un  peu  d'alun,  on  prépare  la  couleur  verte  connue 
sans  le  nom  de  vert  de  vessie. 

Aiffoùs,  onso,  adj.  Aqueux,  de  la  nature  de  l'eau,  qui 
contient  de  l'eau,  abondant  en  eaui 

Dér.  du  lat.  Aquoius,  formé  du  rad.  celt.  Aa,  œ,  ag, 
«W/Cau, 

n  n'est  pas  peut-être  de  radical  qui  soit  entré  dans  la  com* 
position  de  plus  de  mots,  avec  plus  de  variantes.  Nous  ne  fai- 
sons pas  ici  un  dictionnaire  géographique,  pour  le  relever  dans 
tous  les  noms  de  lieu  qu'il  a  formés  ;  mais  nous  le  signalons 
dans  quelques  localités  les  plus  rapprochées»  pour  constater 
certaines  analogies  étymologiques  à  l'appui  de  ce  que  nous 
disons  des  noms  propres  locaux.  Ainsi  Aïgouâo,  Saint-Lau- 
rent*d'Aigonze  (Gard),  eiAïguéto,  Aignèze  (Gard),  AiUgaiè, 
AquUerwm,  Aigaliers  (Gard),  identiques  entre  eux,  le  seront 
encore  avec  Agusarguêi,  Agusanieœ,  Agusargues  (Hérault), 
avecAgnaan»  communede  Gonqueirao(Gard)  ;  avec  Aguessac 
(Aveyron),  Aguillan  (Drôme),  comme  avec  Eyguières,  Aquor 
Ha,  et  Eygalières,  Aqtuiria  (Bouches-du-Rhône)  ;  et  de  même 
avec.6uzargues  (  Hérault),  et  Guzan  (HérauH) ,  par  apocope  de 
Va  initial.  Tous  ces  noms  sont  dérivés  de  la  même  source, 
et  la  différance  de  leurs  désinences  n'ôte  rien  à  leur  com^ 
munanté  d'origine  et  de  signification,  —  Voy,  Argue. 

AigO'YéB,  $.  m.  Eau-versant,  les  eanx-versantes  d'une 
montagne,  terme  de  cadastre:  l'arête,  l'angle  supérieur  du 
prisme  de  la  montagne  ou  de  la  colline. 

D^.  de  Afgo  et  de  vê$,  en  bass.-lat.  Aqui-vergium. 

Aigre,  $,  m.  Coin  de  fer,  outil  quelconque  faisant  levier, 
quelquefois  même  une  pierre  plus  dure  que  les  autres,  qu'on 
donne  pour  point  d'appui  au  pied-de4>iche  d'un  levier,  quand 
on  vent  soulever  une  masse,  ou  débiter  un  banc  de  piene, 
OB'  faire  une  pesée.  C'est  ce  qu'on  nomme  en  français  : 
er^fMÂ/.  —  Ce  mot,  qui  n'est  guère  usité  que  chez  les  carriers 
et  les  chaufibumiers,  a  donné  naissance  à  un  verbe  fort 
employé,  aïgréja,  et  dont  l'acception  figurée  .est^clasai^pie 
e|.mn]ti|iUée  dans  ses  applications. 
D^.dià,A)i0rep  j^  étyin«  lat.  oeep,  «ç^,. 


k,  SI»,  adj\  Aigre,  acidev  piquantam  §oùt  ;  avi%» 
piquant,  fâcheux,  mordant. 

Aigréjavt}.  Aigrir,  sentir  l'aigre,  toujraer  àTaigra)— 
Voy..  Aïgre,  adj. 

Aigréja,  v.  Au  prop.  secouer  fortement,  soulever  avec  uu 
levier,  faire  une  pesée.  Au  fig.,  mettre  en  monvemeot, 
mettre  en  route,  décider.  S* aïgréja,  commencer  à  se  remuer, 
se  secouer,  s'aviver,  se  mettre  en  train.  Un  enfant  «'ai'^jo 
quand  il  se  réveilley  qu'il  se  démène  et  qu'il  commence' à 
pleurer. 

Dér.  de  Aïgre,  s,  m. 

AigrétOff  «.  ^.  Oseille;  Bumex acetasa,  HumexseutaiÊtê, 
Linn.  Plante  champêtre  et  potagère  à  saveur  très^cide. 

Dér.  de  Aïgre,  adj. 

Aigri  (s'),  v.  S'aigrir,  devenir  aigre,  passer  à  l'aigre. 

Aiguéift,  V.  Laver  souvent;  arroser,  mouiller,  baigner; 
passer  du  linge  à  l'eau  simple. 

Dér.  de  Aïgo. 

Aignièiro,  t.  /".  Evier.  —  Voy.  AïtXro, 

Allai,  adv.  De  ce  côté-là,  de  l'autre  côté.  —  LaietoM 
aquà  aïlaï,  laissez  donc  cela;  brisee-là;  n'en  parlez  plu», 
—  Voy,  D'aïlaï,  En4aï. 

Formé  du  lat.  Ad  et  Ulà,  ou  Ulàe. 

Aîlamonn,  adv.  Là-haut,  au-dessus,  amont. 

Formé  du  lat.  lUà,  et  ad  montent,  vers  la  montagne,  du 
côté  d'en  haut. 

Ailamoundâon,  adv.  Bien  plus  haut.  C'est  un  augmea* 
tatif  d*Aïlamoun,  en  y  ajoutant  dâou,  haut,  qui  est  un 
réduplicatif  de  awioun. 

Aîlaval,  adv.  Là-bas,  aval. 

Formé  du  lat.  Illà  et  de  ad  vallem,  vers  la  vallée,  vers 
le  bas. 

Aima,  v.  Aimer,  prendre  plaisir  à,  se  plaire  à,  désiren 

Dér.  du  lat.  Amare. 

Aimable,  blo,  adj,  Dim.  AïmaUoin,  aïmablita;  péjor^ 
AimabUne,  so.  Aimable.  —  Le  péj.  aïmabUte  ne  se  dit  qo4 
par  contre-vérité.  —  Ses aïmablast  vous  êtes  gentil!  repro* 
che-tron  à  quelqu'un  qui  fait  ou  dit  quelque  chose  dQ 
désagréable,  de  mauvais  goût. 

Amargue,  j.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aimargues,  qui  s'écrit* 
vait  aussi  Aymargues,  commune  et  petite  ville  dans  le  caib 
ton  de  Vauvert  (Gard>. 

Le  nom  à'Aimatgue,  parmi  ceux  qui  portent  la  raêma 
finale,  se  prête  moins  qu'aucun  autre  àlacombinaisoafim.'* 
taisiste  qui  voulait  que  toutes  ces  dénominationsdésignassent 
des  maisons  de  campagne  ayant  aj^rteau  dans  l'origine  anu^ 
plus  nobles  familles  patriciennes  de  Rome,  ou  tout  au-  moins 
à  leurs  riches  affranchis  établis  autour  de  la  métropole  4a 
Nimes.  Dans  la  composition  du  mot,  il  n'entre  ni  le  nonv 
d'homme  ^miUw,  ni  même  le  latin  ager,  domaine. 

Pour  s'en  convaincre,  il  suffit  de  dégager  d'abcfid^  lai 
désinence  adjective  argm,  sur  le  sens  et  Torigiae  de  l%w 
quelle  nous  nous^expliquons*  —  Voy.  Argm^,  Reste  le^ 
corps  du  mot  ;  et  remaïquoDs^iu'U  a  «ûbi)Mett*âesrlraiifrP' 


36 


AIN 


Aïs 


mations,  et  que  sa  lorme  la  plus  récente  n*a  pas  pu  d'évi- 
dence autoriser  sa  plus  ancienne  dérivation. 

Or,  le  premier  titre  latin  qui  mentionne  cette  localité, 
est  de  Tan  84  3  ;  elle  y  est  appelée  Ârmasaniea  in  littora- 
no.  En  961 ,  et  dans  les  actes  publics  depuis  cette  époque, 
on  écrit  tantôt  Armasianici,  Armatianieœ,  tantôt  ArmcLda- 
nieœ,  Armaxanieœ,  qixï  se  fixent  enfin  en  Armcuanica, 

Dans  le  même  temps,  comme  pour  tous  les  noms  à  finale 
identique,  la  langue  vulgaire  disait  Armasanêgues,  qui  se 
trouve  dans  les  vieilles  chartes,  et  plus  tard  Emargues, 
Marguêê,  Aimargues. 

En  latin,  comme  en  roman,  on  le  voit,  le  radical  est  le 
même;  et  il  s'est  conservé  en  languedocien.  Armas  ou 
Ermas,  qui  signifie,  dans  notre  vieil  idiome,  marais,  ter- 
rain marécageux,  vague,  inculte,  s'approprie  très-bien  à  la 
situation  d*Aimargues,  encore  in  littoraria  au  IX*  siècle, 
et  à  plus  forte  raison  quand  l'appellation  dut  lui  être  ap- 
pliquée. Arma$aniea  ou  Arma$anigue»  supposent  le  pri- 
mitif Armat-^c  ou  Arma$-^,  ayant  passé  par  Armaê-ana 
ou  Armas-ata,  latin,  et  n'ont  pas  d'autre  sens  que,  champ, 
domaine,  propriété,  villa  de  VArmtu.  Ce  qui  est  modeste, 
et  moins  flatteur  peut-être  que  la  descendance  romaine  ou 
gallo-romaine  de  jEmiliut,  mais  plus  certain  et  plus  naturel. 
—  Voy.  Agno,  tuff. 

11  est  vrai  que,  dans  la  forme  nouvelle,  la  substitution, 
sur  la  première  syllabe,  de  la  lettre  t  à  la  consonne  r  est 
étrange;  mais  le  fait  n'est  pas  isolé,  on  le  dirait  même  sys- 
tématique dans  la  composition  de  noms  de  ce  genre  dans 
notre  pays.  En  effet,  pour  le  Gard  seulement,  on  trouve 
Gondargues,  représenté  par  le  lat.  Gordanieu»  et  Gorda- 
nieœ;  Boussargues,  par  Brossanieœ;  Bassargncs,  par  Bar- 
Monieœ;  Goussargues,  par  Gorsanieœ;  Massargues,  par 
Mananieœ. 

Malgré  les  variétés  de  désinences  qui  se  sont  attachées 
à  la  racine,  il  convient  de  rapprocher  les  analogies  qu'in- 
diquent et  que  justifient  les  changements  eux-mêmes  du 
nom  d*Aimarguê  que  nous  venons  de  signaler.  Ainsi  nous 
trouverons  les  mêmes  mots  dans  :  Arman  (Basses-Pyré- 
nées); Armeau  (Isère);  Armens  (Gironde);  Armons  et 
peut^tre  Armagnac  (Gers)  ;  Herm  (Landes  et  Basses-Pyré- 
nées) ;  L'Herm  (Gironde)  ;  L'Herm  (Ariége,  Haute-Garonne, 
Lot)  ;  Hermaux  (Lozère)  ;  Armes  (Isère)  ;  Arinissan,  Armel- 
lan  (Aude);  Armilhac  (Lot-et-Garonne).  Que  ces  dénomi- 
nations ethniques  viennent  de  notre  armas,  langued.,  ou  du 
gr.  fpi){AO{,  qui  a  fait  le  lat.  eremus,  leur  identité  est  incon- 
testable, et  justifie  notre  système  de  formation  des  noms. 

Aina*  ado*  j.  et  aàj.  Aine,  ée ,  le  premier  né  des  en- 
fants; par  ext.  personne  plus  âgée  qu'une  autre.  —  Dans 
les  familles  villageoises,  il  est  d'usage  de  distinguer  le  fils 
atné  en  l'appelant  Vaïna,  le  puiné  eadé,  et  les  antres,  de 
leurs  prénoms.  —  Faïre  un  aïna,  faire  à  son  fils  aine  tous 
Ifli  avantages  que  permet  la  loi.  Sèê  moun  aïna  dé  quatre 

U  vous  êtes  plus  âgé  que  moi  de  quatre  ans. 

Dér.  du  lat.  anH  naiui^  né  avant. 


Air  ou  £r,  j.  m.  Air,  fluide  qui  entoure  le  globe  ter» 
restre;  vent,  ventrcoulis;  mine,  manière,  physionomie, 
façon,  allure;  chant.  —  Ana$  préne  Voir;  adiez  prendre 
l'air.  Faï  d'air,  un  pdou  d*air,  il  fait  de  l'air,  il  fait  un 
peu  de  vent.  A  prés  un  air,  un  co  d'air,  il  a  pris  froid,  il 
a  une  fluxion,  une  transpiration  arrêtée.  Prén  un  air,  il 
prend  des  airs  de  fierté.  A  un  air  dé  se  feha  dé  ièou,  il 
semble  vouloir  se  moquer  de  moi.  Dono  d'air  à  soun  pèro, 
il  a  un  air  de  ressemblance  avec  son  père,  c'est  tout  le 
portrait  de  son  père.  N*a  pas  l'air,  il  ne  parait  pas.  Cantor 
nous  un  air,  chantez  une  chanson. 

En  l'air,  adv.  En  l'air,  en  haut. 

Dér.  du  lat.  Aër. 

Aîradé,  s.  m.  Airelle  ou  myrtille,  Vaeeinium  myrtUlus, 
Linn.;  petit  arbuste  de  la  fam.  des  Bruyères  ou  Ericacées. 
—  Il  croit  sur  les  hautes  montagnes,  et  ses  fruits  sont  assez 
agréables  au  goût. 

Dér.  du  gr.  AtÇ,  a^y^ç,  de  chèvre,  plante  de  chèvre. 

Aire  ou  Ëré,  s.  m.  dim.  de  Air.  Petit  air  ;  air,  mine, 
tournure.  —  Un  aire  rharman  que  noun  saï,  un  petit  air, 
une  tournure  charmante  et  gentille  comme  on  ne  peut 
mieux. 

Airéto,  s.  f.  Petite  enclume  de  faucheur  pour  rabattre 
la  faux,  pour  étirer  son  morfil. 

Airiè,  s.  m.  Chef  d'une  aire  à  battre  le  blé;  celui  qui  en 
dirige  les  opérations. 

Dér.  de  A\ro. 

Airo,  «.  f.  Dim.  Aïréto,  Aire,  plate-forme  pour  battre  le 
blé  ;  plate-forme  pour  les  tuiliers,  les  potiers. 

Di^rivé  du  lat.  Area, 

AîrôoQ,  s.  m.  Dim.  Aïroulé.  Airée,  la  quantité  de 
gerbes  qu'on  foule  à  la  fois  sur  l'aire  ;  jonchée  de  diffé- 
rentes choses  répandues  sur  la  terre.  —  Bamassa  la  pas- 
turo  à  bèUs  aïrôous,  ramasser  du  fourrage  trop  clair-semé 
par  jonchées  de  quelques  pouces  d'épaisseur. 

Dér.  de  Aïro. 

Aisa,  do,  adj.  Aisé;  mais  il  n'emprunte  àcet  adj.  franc, 
que  cette  seule  acception  relative  à  l'aisance  de  fortune. 
Appliqué  aux  personnes,  il  signifie  :  douillet,  délicat,  qui 
aime  ses  aises,  qui  plaint  sa  peine.  Dans  ce  sens,  il  se 
rapproche  de  Coumode,  F.  c.  m.  —  Aqud  po  se  dire  un 
hamê  aïsa,  voilà  un  homme  qu'on  peut  dire  jouir  d'une 
honnête  aisance. 

Dér.  de  AUe. 

Aîsanço,  s.  f.  Commodité,  faculté,  convenance.  Par 
opposition  au  mot  précédent,  aisanço  n'est  jamais  employé 
pour  aisance  de  fortune.  —  Aquà*s  une  bèlo  aîsanço,  cela 
est  fort  commode,  cela  évite  de  la  peine,  des  corvées. 
L'aXsanço  d'un  ouslâou,  la  bonne  distribution,  les  facultés 
d'une  maison,  un  arrangement  commode  où  chaque  choee 
est  à  portée. 

Dér.  de  Aïse, 

Aisa,  «.  m.  Dim.  Aïeé,  augm.  iron.  Aïsas,  Aise,  ooa* 
lentement,  commodité,  repos  heureux,  satisfaetion, 


AÏS 


AJU 


37 


gêne.  —  Sotil  en  aU$  dé  vous  véire,  je  suis  charmé,  bien 
aise  de  vous  voir.  AqtUl  Kome  éi  à  soun  aXse,  cet  homme 
jouit  d'une  honnête  aisance.  Faraï  aqud  à  moun  aïs$,  je 
ferai  cela  à  loisir,  sans  trop  me  presser.  Marcha  à  toun 
aXie,  marcher  à  pas  lents,  an  pas  de  promenade.  Y-ana 
d'aXtê,  aller  doucement,  avec  précaution,  sans  se  presser. 
Prénê  nus  aïses,  se  prélasser,  se  dorlotter  :  c'est  le  far- 
niente des  Italiens.  Vaï  à  toun  aM$a*,  moun  home,  ne  te 
gêne  pas,  mon  garçon. 

Étym.  du  gr.  ATaa,  convenance,  bienséance,  d'où  aîdioç, 
heureux,  favorable. 

Aises,  j.  m.  pi.  Êtres  d'une  maison,  d*une  contrée.  — 
Sa  loue  aïses,  se  perdra  pas,  il  connaît  la  maison,  le  pays, 
il  ne  s'égarera  pas.  Un  chasseur  doit  connaître  tous  aïses, 
les  allures,  les  mœurs,  les  remises  du  gibier. 

Aid,  ido,  adfy •  Commode,  facile;  bien  à  la  main.  — 
Aquéloustdou  es  bien  aïsi,  cette  maison  est  fort  commode. 
Aquélo  pioio  es  bien  aïsido,  cette  cognée  est  bien  à  la 
main.  Sa  fénno  es  pasgaïre  aïsido,  sa  femme  est  d*humeur 
revèche  et  peu  facile  à  vivre. 

Dér.  à'Aïse, 

Aisino,  «.  f.  Nom  générique  que  l'on  donne  à  tout 
ustensOe,  ou  meuble,  ou  vase,  qui  sert  à  contenir  soit  un 
liquide,  soit  un  solide.  Ainsi,  un  panier,  un  plat,  un  seau, 
un  tonneau,  sont  tout  autant  ài'aïsinos. 

Dér.  de  Aïeï. 

Aissado,  s.  f.  Dim.  Aïssadéto.  Marre,  houe,  outil  de 
jardinier.  —  Dans  les  Hautes-Cévennes  et  dans  le  Vivarais, 
cet  outil  a  un  manche  assez  court,  sa  lame  est  triangulaire 
et  légèrement  recourbée  en-dedans;  c'est  la  même  forme 
que  la  maille  ou  maigle  de  Bourgogne  et  la  chèvre  de  Lor- 
raine. A  Alais  et  dans  les  environs,  le  manche  en  est  long, 
la  lame  large  en  carré-long  et  tranchant  au  bout  ;  sa  sur- 
face est  plate;  elle  décrit  un  angle  de  45  degrés  avec  son 
manche,  qui  s'y  joint  par  un  anneau  ou  œil  et  non  par 
une  douille  comme  la  pelle.  Vaïssado  ou  trénq%ui  jardi- 
gnêtro  est  plus  large  de  lame;  l'angle  de  la  lame  et  du 
manche  est  plus  aigu  que  dans  le  précédent  outil.  Celui-ci 
sert  particulièrement  aux  jardiniers  pour  faire  les  semis  ou 
piantattoos  à  raies  dans  un  terrain  meuble,  et  à  creuser  les 
canaux  d'irrigation. 

V  Aïssadéto  est  une  serfouette,  petit  outil  à  lame  pointue 
du  bout,  à  l'usage  des  jardiniers  et  fleuristes,  pour  gratter 
la  terre  autour  des  plantes  jeunes  et  délicates. 

D6r.  du  lat.  Aseia. 

Aûsadoù,  s.  m.  dim.  Le  même  que  le  précédent  Aïssadéto. 

Ai8sé)a,  V.  Se  plaindre,  geindre,  soupirer. 

Formé  de  l'interj.  Aï/  —  Ces  sortes  de  formation  des 
vertes  fréquentatifs  sont  un  des  caractères  particuliers  de 
la  langue  d'Oc.  Les  augm.,  les  dim.«  les  péjor.  appartien- 
nent à  un  même  ordre  d'idées.  Il  est  peu  de  mots  dont  on 
ne  puisse  Uàre  un  verbe,  et  peu  de  verbes  qui  ne  puissent 
ncB9m  et  sdmettre  la  désinence  éja,  qui  amoindrit,  adou- 
C^m  leuforoe  même  le  sens  primitif. 


Aisséjaîre,  ro,  adj.  Douillet,  qui  aime  à  se  plaindre, 
qui  ne  cesse  de  gémir  ;  malade  imaginaire. 

Aîsséto,  s.  m.  Aissette  ou  aisseau,  petite  hache  de  ton- 
nelier et  de  sabotier,  dont  le  manche,  d'environ  six  pouces 
de  long,  porte  un  fer  qui  a  d'un  côté  un  large  tranchant 
recourbé,  et  de  l'autre  une  panne,  un  marteau,  et  quelque- 
fois une  douille  simple. 

Étym.  du  lat.  Ascia,  hache. 

Aîsséto,  s.  f.  Plainte  faible;  soupir  continu  d'un  enfant 
qui  souffre,  propre  particulièrement  à  Ma  fièvre. — Aqud 
éfan  méno  uno  aîsséto  que  dévigno  pas  rés  dé  bo,  ce  pauvre 
enfant  a  une  manière  de  se  plaindre  qui  n'est  pas  de  bon 
augure. 

Même  rac.  que  Aïsséja. 

Aîtabé,  Tabé,  Aîtambé,  També,  adv.  Aussi,  aussi 
bien,  à  cause  de  cela. 

Formés  de  Tan  ou  aïtan,  autant,  et  de  bé,  bien. 

Aitan,  adv.  et  s,  m.  Autant,  tant.  —  Un  âoutre  aïtan, 
une  autre  fois  autant. 

Ainènclia  (s*),  v.  S'éloigner,  s'écarter  d'un  lieu,  d'une 
personne. 

Dér.  de  iuèn. 

Aja,  ado,  adj.  Agé,  qui  est  avancé  en  âge. 

Trad.  du  franc. 

A-Jal  interj.  Cri  de  commandement  d'un  charretier  pour 
faire  obliquer  son  attelage  à  gauche. 

Ajassa,  v.  Coucher  par  terre,  ou  sur  un  lit.  — Bla 
ajassa,  blé  versé. 

Ajassa  (s*),  v.  Se  coucher,  s'étendre.  —  En  parlant  des 
vers  à  soie,  il  signifie  :  entrer  en  mue,  se  coucher  sur  la 
litière  {jas).  —  Lous  magnas  couménçou  dé  s'qjaua;  s'ajas- 
sou  à  las  quatre,  les  vers  commencent  à  entrer  en  mue  ;  ils 
sont  à  la  quatrième  maladie. 

Dér.  de  Jas. 

Aje,  s.  m.  Age.  —  H  semble  une  simple  traduction 
du  franc.  C'est  un  de  ces  mots  qui,  manquant  à  la 
langue,  ont  dû  être  empruntés  à  leur  voisin.  En  bon 
languedocien,  on  l'évite  autant  que  possible.  —  On  dit 
très-bien  cependant  :  Vn  home  d'aje,  un  vieillard.  Es 
éncaro  d'un  bon  aje,  il  n'est  pas  encore  trop  âgé. 
Se  fat  adija  din  Vaje,  il  commence  à  être  d'un  âge  assez 
avancé. 

Ajouqua,  v.  Jucher,  percher,  accrocher  en  haut. 

Ajouqna  (s'),  v.  S'accroupir,  s'assoupir,  s'endormir  sur 
sa  chaise;  en  parlant  des  perdrix,  se  raser,  quand  elles 
aperçoivent  l'oiseau  de  proie. 

Etym.  du  lat.  Jugum,  perche,  juchoir,  ou  de  Jaeere. 

Ajougne,  v.  Atteindre,  attraper,  joindre  quelqu'un  qui 
marchait  devant. 

Dér.  du  lat.  Adjungere. 

Ajnda,  v.  Aider,  secourir,  venir  en  aide.  —  Les  villa- 
geois, lorsqu'ils  invitent  à  dfner  un  ami,  ne  manquent 
jamais  de  lui  annoncer  le  mets  principal  du  repas.  Ainsi 
on  lui  dit  :  Vendras  m'ajuda  à  mat^'a  uno  ésptmléto,  tu 


38 


ALA 


ALA 


viendrns  pivndre  U\  part  d'une  ••claMch»\   Diou   m'ajute. 
Diou  ino  s<»il  en  aido. 

Dt*r.  du  la  t.  Adjuvare. 

Ajudo,  s.  f.  Aido,  secours»  assislaiico,  prolr^clion  ;  celui 
qui  aide  dans  un  travail.  —  As  uno  bono  ajudo  tmbé  ta 
fénno,  lu  as  un  Ijdu  associé  av(\'  ta  fcinine.  Siès  dé  pùouro 
ajudo,  lu  es  d'un  Taiijle  si»cours.  Ln  pdou  d'ajudo  (ai 
gran  bé,  Prvb,  un  peu  d'aide  fait  grand  hien.  On  dit  alter- 
nativement :  Iton  dre  a  besoun  ou  n'a  pas  besmin  d'ajudo, 
le  bon  droit  a  ou  n'a  pas  besoin  d'aide.  Le  ]>reiiiier  sens 
est  rassurant:  il  ne  faut  i)as  toujours  se  lier  au  second. 

Dér.  de  Adjuvare. 

Ajusta,  r.  Ajouter,  joindre,  ajuster,  additionner,  n)ellre 
(luelquc  cb«\se  île  plus  ;  viser  pour  atteindre  uri  but  en 
tirant.  —  Les  pn'uiières  acceptions  dériv(Mit  de  adjutuferv, 
joiiulre  (MisiMnbli*  ;  la  dernière  est  formée  du  lat.  ad-justum, 
juste,  droit. 

Ajustoù,  .V.  m.  Petite  pièce  de  bois  ou  d'étoile,  ajoutée 
par  assemblage  ou  par  coutun»  .'i  une  autre  trop  courte  ou 
trop  étroite. 

Dér.  du  lat.  Adjungere. 

Al,  artic.  masc.  5m<;. //af.  Au,  rornan-languedocien  ;  iini- 
silé  aujourd'bui  dans  notre  dialecte,  mais  encore  emj)lo>é 
dans  la  régi-n  montagneuse  des  Cévennes,  et  même  dans 
une  partie  de  Tllérault.  11  est  formé  par  la  contraction  de 
à  lou,  (pii  a  donné  dou.  —  l'oi/.   Aou. 

Al  est  aussi  l'article  arabe  (jui  s'est  incorporé  ^  quelques 
mots  lang.  et  fr.,  tels  que  alamb),e\c. 

Aladèr,  .v.  m.  Alaterne  vSauvage;  fihamnus  alaternus, 
Linn.  Arbrisseau  de  la  famille  des  Frangulac^^'es,  toujours 
vert,  qui  croit  sur  nos  collines  et  surtout  parmi  les  bruyères, 
auxquelles  il  se  trouve  mêlé  quand  on  s'en  sert  pour  ranger 
les  vers  à  soii*;  sa  feuille  ressemble  à  celle  de  l'cjlixier. 
Son  nom  lat.  alaternus  est  probablen)enl  une  altération  de 
alternus,  parce  (jne  les  feuilles  de  Valad^r,  alaterne,  sont 
alternées  sur  leurs  brandies. 

Alafan,  s.  m.  Llépliant;  Elephas  maxîmus,  Lirni.  Manj- 
mifère  onguiculé  de  la  fam.  des  Pacbydermes.  —  Alafan 
est  une  pure  corruption  du  français  ou  plutôt  un  purisnie 
languedoci<ui,  dont  le  génie  tend  à  s'éloigner  du  type  fran- 
çais, ab)rs  qu'il  est  obligé  de  lui  faire  un  enq)runt. 

Élym.  du  lat.  Elephantus,  dér.  du  grec  KÀfya;. 

Alais  ou  Aies,  s.  m.  n.  pr.,  Alais,  ville.  —  Ce  nom  a 
exercé  bien  des  l\)is  les  in\estigations  des  étymologistes.  On 
a  prétendu  rexpli(]uer  par  les  armoiries  de  la  ville,  puis  par 
sa  configuration  et  môme  par  son  orientation.  L'écusson 
porte,  en  eiïct,  un  demi-vol  d'argent  sur  cbamp  de  gueules; 
mais  avant  ré|)f)que  incertxiine  où  celte  aile  lui  fui  doiniée, 
avant  que  la  science  du  blason  eiit  été  mise  en  bonneur,  la 
ville  et  son  nom  existaient,  cl  n'est-il  pas  naturel  de  penser 
que  le  nom  fil  naître  l'idée  de  prendre  une  aile  comme  armes 
parlantes,  au  lieu  d'imaginer  que  les  armoiries  inspirèrent 
le  nom?  11  parait  tout  aussi  difficile  d'admettre  les  autres 
systèmes.  La  rose  des  vents  n'était  pas  inventée  avec  ses 


indications  d'/:.v/  et  d'Ouest,  (juand  le  bapt^'^me  se  fit.  D'ail- 
leurs la  forme  Atest  dérivait  de  Alestum,  traduction  latine 
a  l'usage  des  tabellions,  du  nom  roman  Aies,  de  lieaucoup 
plus  ancien.  Enlin,  connue  la  ville  ne  s'était  pas  impro- 
visée d'un  seul  jet  dans  nu  moule  tout  tracé,  comment 
c^Hle  ligure  d'aile  aurait-elle  été  assez  nettement  dessinée 
dès  sa  ])reiiiièri'  plinne,  alors  qu'il  fallut  la  nommer,  pour 
iléternjiner  rallusion  ?  Le  mot  ile  l'énigme  n'est  pas  dans 
ces  découvertes,  jilus  ingénieuses  que  vraies,  l'ne  autre 
solution  du  problème  se  présente. 

("<'st  au  mot  lui-même  (ju'il  faut  s'adress'^r  pour  trouver 
s:i  racine.  Or,  l'bisloire  l'ail  remonter  le  nom  d^Alesia  aux 
Ages  les  plus  reculés.  Llle  raconte  que,  treize  siècles  envi- 
ron avant  l'ère  cbrélienne,  les  Celtes,  sous  le  nom  de  Volces 
Arécomicpies,  qui  <<.rupaient  le  littoral  méditerranéen  de 
la  Gaule,  eunMil  A  lutter  contre  une  invasion  de  naviga- 
teurs pbéniciiMis,  descendus  sur  leurs  ri vag<^s.  La  colonie  de 
Tyr  venait  »'\plorer  ces  contrées  inconnues  et  y  apporter 
sa  civilisation  et  le  commerce.  Son  but  était  d'exploiter  les 
mines  de  nos  Cè\eini»'s,  où  ror«.'t  l'argent  se  rencontraient 
alors  pres(jue  à  fieur  de  terre,  et  de  faire  l'écliange  de  ses 
jjroduits.  Elle  établit  deux  st:nions  commerciales,  à  proxi- 
mité l'une  de  l'autre,  j)our  s'  prêter  un  mutuel  seœurs.  La 
première,  plus  voisine  de  la  m  m*,  s'appela  IS^amauz,  de 
Mawa,  en  Ci'ltii|U!\  l'onlain.',  ou  de  yeimkeish,  gai:'lique, 
(jui  se  prononce  iScmcse,  d'où  on  a  fait  IScmausus,  ISismes 
et  yiincs.  La  s'coiiile,  plus  baut,  au  centre  de  l'cxploita- 
li<ni  et  du  tralic,  fui  nommée  A/esia. 

L'attribution  est  certaine  jiour  Mmes;  les  plus  graves 
bistoriens  ne  la  mettt'nt  pis  non  plus  en  doute  pour  Alais. 
S'il  eu  était  autrenu'Ut.  il  serait  au  moins  singulier  de 
trouver,  après  tant  de  si'rles,  les  deux  no:iis  s'appliquant 
aux  deux  localités  dè.^ignées  par  les  anciens  géographes 
grecs,  dans  les  mêmes  conditions  lopograj)liiques,  avec  la 
même  raison  aj^pellative,  et  uJie  pareille  communauté' d'ori- 
gine et  d'existence. 

Au  reste,  celte  Afev'a  primitive,  malgré  l'opinion  de 
M.  de  Mandajors  aujourd'bui  abandonnée,  n'a  rien  de  com- 
mun av(\',  VAlesia  de  Vercingétorix»  que  la  ressemblance 
de  son  nom,  tiré  du  mêiiie  radical  <'t  exprimant  une  posi- 
tion semblable.  L'invasion  d  H 'roule  dans  les  Gaules, 
ses  conquêtes  et  ses  voyages  ne  sont  qui^  Lî  symbole  de  la 
marche  et  des  j)rogiès  di'  l'antique  civilisali  m  phénicienne, 
et  ce  n'est  cpie  par  une  flatterie  imaginé^  sous  Auguste, 
pour  bononîr  la  mémoire  de  César,  vainqueur  d'Alesia, 
que  la  fondation  de  la  grande  cité  gauloise  fut  rattachée 
aux  aventures  du  demi-di.ni  mytliologi(pie.  Mais  la  confu- 
sion n'est  pas  possi!»le;  car  les  commerçints  de  Tyr  n'au- 
raient pu  pénétrer  si  avant  dans  les  terres,  ni  s'éloigner 
des  Cévennes,  où  leur  exj)loitalion  de  l'or  les  avait  attiréa 
et  les  retenait. 

Cam{)emenl  Jlxe.  .station  commerciale  ou  ville,  il  importa 
peu;  rien  n'est  resté  que  les  deux  noms.  Voilik  pour  lai 
inductions  historiques. 


kt'k 

cioifiine  aërmôre  Ipreuve,  fô  lîom  a  b^oîn  S'être  soumis 
à  TaDaiyse  àâns  sa  composition.  Il  tient  au  celtique,  piiisqùe 
la  langue  du  pays  où  il  était  employé  pouvait  seule  servir  à 
la  dénoininaiion  ;  et  dans  cet  idioène  il  doit  être  sîghlfîcalîf . 

Constatons  d*abord  la  forme  la  plus  ancienne  :  c'est 
celle  qui,  dans  les  noms  propres  et  de  lieux,  rend  le  mieux 
ooinpte  de  leur  formation,  qui  les  suit  et  s'attache  à  eux 
avec  le  plus  de  persévérance.  Pour  Alais,  lé  mot  est  écrit 
dans  lés  vieilles  chartes  Aies  ou  ÂUêx,  Âlesià  ou  Àlexia  est 
composé  selon  le  génie  du  grec  ;  mais  la  désinence  expié- 
tive'  ià  laissé  facilement  apparaître  le  radical  primitif. 

Les  deux  syllabes  du  mot  appartiennent  au  celtique. 
JH  où  ùll,  cité  par  Virgile  et  expliqué  par  Àusonne  {Àl 
Ce/tonim),  signifie  :  hauteur,  élévation,  sommet,  montagne. 
Il  est  reproduit  par  le  latin  altus,  correspondant  à  excelsus; 
et  dans  toutes  les  langues  dérivées,  il  em^rte  égalemeiït 
ridée  de  hauteur.  Es  ou  iz  final  est  aussi  d'origine  gau- 
loise, n  est  fréquent  dans  les  noms  du  Midi ,  où  on  le 
relfbave  pour  déàigner  une  ][>ortîon  de  territoi^re,  une  région. 
II  imprime  à  la  racine  al,  en  s'y  joignant,  comme  une 
idée  dé  provenance,  de  dérivation.  Dans  ce  sens,  le  mot 
entier  ne  pourrait  que  signifier  :  pays  élevé,  contrée  haute, 
vère  là  montagne.  C'est  là,  en  effet,  la  désignatfoù  îà  plus 
caractéristique,  celle  qui  exprimait  le  mieux  la  polàltiqn, 
qui  s'appliquait  exactement  à  un  certain  territoire'.  Quand  ta 
ville,  plus  tard,  vint  à  se  bâtir,  il  était  naturel  dé  Fa  dési- 
gner par  le  nom  appliqué  au  pays  sur  lequel  elle  s'emplaçait. 
Ses  commencements  furent  si  faibles,  qu'ils  ne  méritaient 
pas  d'abord  de  dénomination  spéciale  de  vilîe.  Mais  tout 
concorde  et  se  réunit  pour  rendre  ces  faits  et  îeiirs  circon- 
stances vraisemblables  ;  il  n'en  faut  pas  davantage  pour  que 
notre  ëtymologie  soit  juste. 

Après  les  diverses  altérations  que  nous  venons  d'indi- 
quer, le  nom  était  revenu  à  sa  forme  primordiale  ;  il  s'écri- 
vait Aies  ou  Alez,  en  français,  au  commencement  du 
XVIIf*  siècle.  Alors,  pour  éviter  la  confusion  avec  une  autre 
ville  du  Midi,  son  orthographe  définitive  fut  fixée  en  Alais. 

Nous  la  maintenons  ainsi  ;  mais  sans  vouloir  pour  cela 
que  sa  prononciation  languedocienne  soit  altérée,  pas  plus 
qu'elle  ne  devrait  l'être  en  français.  Les  habitants  du  Nord 
nous  chicanent  un  peu  sur  ce  point.  Ils  prononcent  Alais 
comme  Calais,  palais,  etc.,  et  s'étayant  de  l'analogie,  ils 
trouvent  ridicule  qu'en  Languedoc  nous  fassions  sentir,  en 
parlant,  le  s  final.  Serait-ce  vraiment  un  gasconisme  que 
l'on  aurait  le  droit  de  nous  reprocher,  et  une  contravention 
an  beau  langage,  dont  tout  le  Midi  se  rendrait  coupable? 
liais  si  les  puristes  ont  raison  de  blâmer  cette  manière  de 
faire  sentir  ici  la  consonne  finale  sifflante ,  pourquoi  l'adop- 
teàt-ils  lorsqu^il  s'agit  de  Reims,  de  Sens,  A'Aix,  qui,  à 
coup  sùf,  ne  se  prbiloncent  pas  comme  reins,  sans,  faix, 
qU  f  Pour  vivre  et  parler  de  bonne  intelligence,  ne  vàu- 
oraii-ir  pais  mieux:  se  montrer  moins  difiiciles?  (t  est  inu- 
tile d'aborder  une  discussion  sûr  les  noms  propres'  et  de 
lieux»  mais  il  nous  semble  qu'on  ferah'Bien'  de  i^soiiare 


Âtl 


3^ 


la  question  en  favéiir  dé  la  prononciation  locale^  qui  dô^t 
èti*e  généralement  adoptée  :  car  c'est  la  seule  manière  de 
s'entendre  partout,  et  même  de  parler  correctement.    ^, 

Handa  ou  Alandrà,  o.  Ouvrir  une  porte ,  une  fénètré  à 
deux  battants.  —  De  même  qu'on  dit  :  Manda  la  porto, 
ouvrir  tout  à  fait  la  porte,  on  dit  aussi  :  Alandà  hu  troûpU, 
l&cher  le  troupeau,  le  faire  sortir  de  la  bergerie  grande 
ouverte  ;    Alandà  lou  fid,  faire  brùleir  le  feu ,  et  Alahéfa 
sa  mérchandiso,  étaler  sa  marchandise.  Dans  toutes  œs 
acceptions,  il  se  trouve  un  certain  contact,  une  sorte  de 
rapprochement  qui  peut  servir  à  expliquer  la  racine  du 
mot.  Ne  viendrait-il  pas  de  àd  laium,  au  large? 
Alânda  (s')  v.  â'ètendre  par  terre,  tomber  de  son  long. 
Alaingui,  ido,  adj.  Triste,  languissant;  abattu,  affaibli 
par  le  chagrin  ou  la  maladie. 
Dér.  de  ixinguï,  venant  du  lat.  Languerè, 
Alâougàîrl,  v.  Décharger,  alléger,  fendre  plus  léger.  — 
S'aldougêtri,  se  dévètfr,  prendre  des  habits  plus  légers.  Le 
proverbe  dit  : 

Aou  mes  ^ab'rlou 

TalAougèïres  pas  d'un  flou  ; 

ÂovL  mes  dé  maï 

Fâï  éé  que  té  plaî, 

Aiiiat  ëdcai^  nôuii  saï  : 

Au  mois  d'avril,  ne  te  dévêtis  pas  d'un  fil  ;  au  mois  de  mai, 
fais  ce  qu'il  te  plaira,  et  je  ne  sais  encore  si  c'est  pnident. 

Dér.  de  Lâougé. 

Alâouso,  s.  f.  Alose;  Clupeà  àlosa,  Linn.  Sorte  de 
poisson  de  mer  qui  remonte  lé  Rhône  par  grandes  bandes 
pour  aller  déposer  son  frai.  Sa  chair  est  fort  bonne  après 
qu'il  a  vécu  quelque  temps  dans  l'eau  douce,  tandis  que, 
pris  dans  la  mér,  elle  est  sèche  et  dé  mauvais  goût. 

Alapàs, «.  m.  Bouillon-blanc;  iterha^cum  lapsus,  lAnn. 
Plante  cotonneuse,  âl  fleur  blanche  ou  rose,  agreste,  adou- 
cissante, vulnéraire,  détersive.  —  Vog.  Bouïoun-hlàn. 

Alapédo,  s.  f.  Asphodèle  ;  Asphodélus,  Linn.  —  Vola- 
pédo  à  fleurs  blanches  est  fort  commune  dans  nos  bois.  De 
la  pulpe  de  sa  racine,  on  fait  une  espèce  de  pain  assez 
mangeable.  Cette  qualité  était  sans  doute  connue  des 
anciens  :  car  les'  Romains  avaient  fait  de  l'asphodèle  une 
plante  des  tombeaux;  ils  la  plantaient  autour  des  mo- 
numents funèbres,  pour  donner  aux  morts  ou  à  leurs  mânes 
le  moyen  de  se  substanter.  —  Voy.  Poùraquo. 

Alargà,  t/.  Elargir,  faire  sortir  un  troupeau  de  la  ber- 
gerie. — S'alarga,  s'étendre;  devenir  libéral.  —  QiMn-t-un 
vtlèn  s'alargo,  tout  y  vd%,  il  n'est  rien  de  tel  qu'un  vllâîn 
qui  se  met  en  train. 

Dér.  de  Large. 

Alari  (Sent-) ,  n'.  pr.  Saint-Hilaire,  nom  commun' à  pfù- 
sieurs  villages. 

Du  lat.  Bilatis. 

iàarîa,  V.  Elargir,  rehdfre  ptiis  large,  uii  vêlémëiil,  iltl 
champ,  un  ine\iblé,  un  cânkl,  ùïiè  fenêtre,  iffi  trou. 

li^r.  de  targe. 


40 


ALË 


ALI 


Alarmo,  f .  f.  Tocsin.  —  Ce  mot  n'a  pas  d'autre  acception. 
n  est  formé  de  à  Varmo,  aux  armes,  cri  pour  courir  aux 
armes  à  l'approche  de  l'ennemi.  En  ital.  on  dit  :  M'arme. 

Alata,  V.  Elargir  un  troupeau,  lui  donner  la  clé  des 
champs.  —  Le  même  que  Alarga. 

Dér.  du  lat.  adlata,  sous-ent.  dêJueere, 

AlccYTO,  «.  f  Alcôve.  —  Corr.  du  fr.,  m.  sign. 

Étym.  :  al  koba  ou  el-kauf,  en  arabe,  cabinet  où  l'on 
dort,  tente.  En  esp.  Alcoha  et  aleova. 

Alédro  ou  Ânédo  ou  Coutèlo  (  V.  c.  rn.),  s.  f.  Narcisse 
blanc  des  prés.  Narcissui  poetîcus,  Linn. 

Dér.  du  lat.  ÂlbeJo,  blancheur. 

Alègre,  «.  m.  n.  pr.  Allègre,  commune  du  canton  de 
Saint-Ambroix ,  arrondissement  d'Alais,  et  nom  pr.  de 
plusieurs  autres  villages.  11  est  aussi  quelquefois  nom  pr. 
d'homme.  En  lat.  on  le  trouve  écrit  dans  les  anciens  titres, 
AUgrium  et  Alergium. 

Ce  nom  est  assez  répandu;  mais  sa  désinence  n'est  pas 
commune,  car  on  ne  la  rencontre,  dans  noire  langue,  que 
dans  péeègre,  pernea,  et  sègre,  iequi,  avec  ses  deux  composés 
eoussêgre  çXpér sègre.  Cette  circonstance,  et  surtout  la  variante 
latine,  semblent  être  l'indice  d*une  altération  ou  d'une  trans- 
position de  lettres  dans  la  terminaison.  En  ce  cas,  un  primitif 
en  irge  se  laisserait  soupçonner,  et,  parla  prononciation  du 
g  dur,  on  arriverait  à  èrgue,  finale  adjective  identique  à 
argue.  Les  exemples  de  ces  inversions  ne  sont  pas  rares. 

De  là,  le  corps  du  mot  ne  présentant  d'ailleurs  qu'une 
variété  d'orthographe  bien  coimue  et  insignifiante,  Tana- 
logie  serait  directe  entre  Alègre,  Alargue,  et  Aleyre,  et 
Alèirargues,  qui  ne  sont  eux-mêmes  qu'une  forme  de 
Alairac  (.\ude);  Aleyrac  (Drôme,  Hérault,  Haute-Loire); 
Alèira,  Alleyrac  (Gard)  ;  Alleyras  (Haute-Loire)  ;  Allerand 
(Marne)  ;  Allaites  (Morbihan)  ;  Alayrac  (Aveyron,  Tarn)  ; 
Alairas  (Ardèche);  Allcyrat  (Corrèze,  Creuse);  Alliéres 
(Sarthe)  ;  qui  auraient  produit,  par  apocope  de  l'a  initial, 
Layrac  (Ihute-Garonnc  et  Lot-et-Garonne)  ;  Leyrat  (Creuse)  ; 
Lirac  (Gard)  ;  Leran  (Ariége)  ;  Leren  (Basses-Pyrénées);  Laires 
(Pas-de-Calais)  ;  Lairargues  (Hérault).  Tous  ces  mots  ont,  en 
effet,  pour  racine  \ealgallicum,^Q  Virgile,  a/  Ce/tarumd'Au- 
aonne,  pour  indiquer  l'altitude,  l'élévation,  les  montagnes. 
La  conformité  du  nom  de  notre  Alè$,  Allez,  Alais,  semble 
encore  le  ranger  dans  la  même  famille  étymologique. 

Alémagno,  n.  pr.  Allemagne.  —  On  donne  le  sobriquet 
à*Alimagno  à  un  Allemand,  ou  même  à  quelqu'un  qui  a 
voyagé  et  séjourné  en  Allemagne. 

Aléman,  ando,  adj.  Allemand.  —  Jmm  Alémandos  est 
devenu  le  nom  d'un  quartier  où  se  trouvait  une  ancienne 
taverne;  c'est  aujourd'hui  une  tuilerie  à  un  kilomètre 
d'Alais,  sur  l'ancienne  route  de  Saint-Ambroix.  Il  doit  y 
avoir  un  siècle  à  peu  près,  deux  femmes,  des  Alsaciennes 
peut-être,  vinrent  là  établir  une  buvette  qui  attirait  les 
chalands.  Elles  se  firent  peindre  sur  la  façade  de  la  maison 
par  un  barbouilleur  de  l'endroit;  cette  image,  à  demi  effa- 
cée, se  distingue  encore  :  de  là  le  nom,  qui  s'est  conservé. 


Alénga,  ado,  adj.  Grand  parleur,  beau  diseur  ;  qui  a 
la  langue  bien  pendue,  bien  affilée  ;  qui  a  réponse  à  tout. 

Dér.  de  Léngo. 

Alerte,  adj.  seulement  /em.  Alerte,  éveillée,  vive,  dé- 
gourdie. 

Trad.  du  fr. 

Aléstl,  V.  Préparer,  apprêter;  disposer;  mettre  en  état. 

Dér.  de  Leste. 

Aléva  (s*),  V.  Se  lever.  —  Ne  se  dit  que  du  temps  quand 
il  tourne  au  beau,  qu'il  se  lève. 

Algarade,  s.  f.  Algarade;  mercuriale,  réprimande;  re- 
proches bruyants  et  publics. 

Étym.  de  l'arabe  et  de  l'esp.  Algarada,  qui  signifie  : 
course  sur  l'ennemi  brusque  et  imprévue. 

Alibeufiè,  s.  m.  Aliboufier  ou  alibousier,  storax,  styrax; 
Styrax  officinalis,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Ébénacées. 
Il  découle  de  cet  arbre,  dans  les  pays  chauds,  un  suc  bal- 
samique connu  sons  le  nom  de  storax,  que  l'on  conserve 
ordinairement  dans  des  roseaux,  ealamtn  ;  de  là  le  nom 
de  calamité  appliqué  à  cette  résine. 

Son  étym.  serait-olle  prise  de  Aie,  haleine  et  de  boufa, 
souffler,  à  cause  de  son  odeur  d'encens  T 

Aligna,  v.  Aligner,  ranger  sur  une  même  ligne  droite. 
— S'aligna,  se  battre  en  duel. 

Dér.  du  lat.  A  pour  ad,  et  linea. 

Alimâeul  interj.  Péj.  Alimàoudat!  Animal!  butor! 
grosse  bête!  —  Il  n'est  employé  qu'interjectivement  et 
presque  jamais  comme  subst. 

Cornipt.  du  fr.  Animal. 

Alimase,  s.  m.  Limace,  limaçon  sans  coquille,  mol- 
lusque rampant,  visqueux.  —  Marcha  coumo  un  alimase, 
il  marche  à  pas  de  tortue. 

Dér.  du  lat.  Limax,  venu  lui-même  du  grec  X£(uaE; 
Xstjxcav,  pré  humide. 

Alin,  aiv.  Là-bas.  — C'est  à  tort,  selon  nous,  que  Sau- 
vages le  traduit  par  là-dedans.  C'est  sans  doute  la  termi* 
naison,  qu*il  a  prise  pour  la'préposilion  latine  in,  qui  a 
causé  son  erreur.  Il  est  bien  certain  que  alin  veut  dire  làr 
bas,  bien  bas,  plus  bas  encore  que  avaZ;  jamais  il  n'a 
signifié  :  là-dedans.  Il  est  formé  du  lat.  Ad  et  imum,  au 
fond. 

Alireù,  s.  m.  Aileron,  extrémité  de  l'aile  à  laquelle 
tiennent  les  grandes  plumes.  —  Le  mot  est  formé  de  même 
que  le  fr.,  mais  non  pas  d'après  lui  :  car  ici  le  languedo- 
cien est  au  moins  son  contemporain. 

Dér.  de  Alo. 

Alisa,  V.  Polir,  lisser  ;  ratisser  ;  enduire  un  mur  à  la 
truelle.  Au  fig.,  flatter,  cajoler,  flagorner  quelqu'un  pour 
en  faire  une  dupe.  —  Talise,  BàoussUKro  /  dit-on  prover- 
bialement quand  on  voit  faire  des  compliments  à  perte  de 
vue.  Bâoussièiro,  qui  est  un  nom  propre,  la  femme  de  Boî»> 
sier,  est  mis  génériquement;  peutrêtre  le  dicton  fisû4aii4I 
allusion  à  une  anecdote  réelle. 

Dér.  de  Us,  uni,  poli. 


ALU 


ÂMA 


41 


*e,  ro,  adj.  Flatteur,  cajoleur,  cmbaucheur. 

D^.  du  précédent. 

Alisaje,  s.  m.  Enduit  d'un  mur  au  mortier  fin. 

Alisiè,  «.«m.  —  Voy.  Àriguiê. 

Alisqoa  (s'),  v.  Se  farder,  s'ajusler,  s*adoniser;  ss  pour- 
lécher comme  font  les  chats. 

Dér.  de  Liqua . 

Alo,  s.  f.  Dim.  Aléto;  pôj.  Àlasso.  Aile.  — Se  dit  par 
analogie  de  choses  trJs-Jiverscs  :  Âhs  d'un  capU,  bords 
d'un  chapeau,  dont  la  forme  et  Tenvcrgurc  autrefois,  dans 
les  chapeaux  à  la  française,  justifiiienl  racc3ption.  Alo  dé 
rasin,  grapillon,  brin  qui  s  en  détache,  figurant  par  à  peu 
près  une  aile.  —  Voy.  Sounglé. 

Dér.  du  lat.  Àla. 

Alongui,  s.  m.  Retard  ;  dôlais,  lenteurs  affectôcs.  —  Dà 
qu'anas  eérqua  tan  d'alonguis?  qu*avez-vous  besoin  de  tant 
chercher  des  retards  ? 

Dér.  de  Long. 

Alor,  adv.  Alors,  en  ce  temps  là.  —  Alorl  dans  co  cas- 
là  ;  oh  !  s'il  en  est  ainsi.  Pér  alor,  pour  lors. 

Dér.  de  Fital.  Allora. 

Alonèto,  t.  f.  Alouette  ordinaire,  alouette  des  champs  ; 
Alauda  arvensis,  Temm.  Oiseau  de  Tordre  des  Pass3roaux. 
—  Sya.  Làouséto.  Lou  Coutéloù,  la  CouqvXalo,  la  Calan- 
dro  sont  des  variétés  de  T  Alouette.  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Alauda  et  do  son  dim.  Alaudetla,  qui  a  la 
même  sign. 

Aloanga,  o.  Allonger,  prolonger;  retarder,  différer; 
rendre  plus  long. — Aq^  fài  pas  qu'alounga  loupoutajd,  iou 
pastis,  cela  ne  fait  qu*entrainer  des  retards.  —  Atounga  hu 
pastis,  allonger  la  courroie,  perdre  du  temps  volontairement. 

Alonnga  (s*),  o.  Prendre  le  chemin  le  plus  long  ;  tomber» 
s'étendre  de  son  long. 

Dér.  de  JUmg. 

Alonngaire,  s.  m.  Mauvais  payeur;  qui  prolonge  le 
terme  du  paiement  ;  conteur,  discoureur  verbeux  qui  n'en 
finit  pas. 

Dér.  de  Long. 

Aimasses,  t.  m.  plur.  Compliments  intéressés;  belles 
paroles  ;  détours  de  paroles,  ambages. — Fôou  pas  ana  eérqua 
tant  d'aluuusês,  il  ne  faut  pas  tant  de  circonlocutions. 

GoDtr.  de  AlMuia, 

Atauna,  «.  Allumer,  enflammer,  mettra  le  fea.  —  n 
parait  spécial  aax  deux  locutions  suivantes  :  Aluma  la 
^édo,  commencer  à  fûre  du  feu  au  séchoir  à  châtaignes; 
el  Aluma  lou  four  d'aeâou,  garnir  le  four  à  chanx.  Ce 
qui  prouverait  sa  légitimité  languedocienne.  Mais  on  ne 
dirait  pas  bien  :  Aluma  hu  lun,  hu  fd,  pour  lesquels  il 
fut  préférer  Atuba  ou  Aluqua.  —  F.  c.  m. 

Formé  du  lat.  Ad  lumm, 

âlvniÂtOv  Bnraqoèto,  Lnqpiéto,  t.  f.  Allumette»  petit 
brin  de  bois  soufré  par  le  bout.  Aufig.t  chercheur  de  noises» 
boite-ta.  -*  Yo^.  Brouq^ito,  Laquito. 

Dér.  de  Aluma. 


Aluqaa,  v.  .\llumer  le  feu  ou  la  lampe.  —  Voy.  Aluma, 
On  le  dit  quelquefois  pour  appeler  de  loin  une  personne» 
lui  crier  :  llolà  !  lU  !  la  héler.  On  ne  voit  pas  trop  le  rap- 
port entre  ces  deux  significations. 

Aluqna  (s'),  v.  S'animer,  s'échauficr,  en  parlant  avec 
feu. 

Dôr.  du  lat.  Allucere,  ou  du  gr.  Xmxhwû,  parf.  XsXu^vsuxa, 
éclairer. 

Alura,  ado,  alj.  Fin,  rusé;  éventé,  étourdi;  luron.  — 
Têslo  alurado,  tête  à  lé  vent.  —  Voy.  Lura. 

Dit.  de  Luro. 

Ama,  are,  ou  Amare,  aij.  Amer,  qui  a  de  l'amertume. 

—  Qu3  béou  ama,  po  pas  éscupi  dous,  prvb.»  qui  boit 
amer,  ne  peut  pas  cracher  doux. 

Dér.  du  ht.  Amirus,  qui  lui-même  vient  de  mar,  mer; 
l'eau  de  mer  étant  le  type  de  l'amertume. 

Amadou,  s.  m.  Amadou. 

Emprunté  au  fr. 

Amadura,  v.  Mûrir,  rendre  mûr  ;  devenir  mûr,  aboutir, 
apostumer,  en  parlant  d'un  abcès;  s'apprêter,  s  user.  -^ 
Lou  sourél  amaluro  la  frucho,  lous  blas,  le  soleil  fait 
mûrir  les  fruits  ou  les  blés.  Aquél  roudaïre  amaiuro, 
C3t  abcès  va  aboutir.  Aïgà  s'amaiuro,  ceci  s'apprête, dit-oa 
quand  on  commence  à  être  à  bout  de  patience  et  près 
d'échtar.  Mas  braïos  s'amaiurou,  mes  pantalons  s'usent. 

Dér.  du  lat.  Maturare. 

Amadnnm  ou  Madanm,  s.  m.  Maturité,  état  de  ce  qui 
est  mûr.  —  Aquélo  péro  tombo  d*amaiurun,  cette  poire 
pourrit  d'excès  de  maturité.  Aquéles  magntu  se  foundam 
d'amadurun,  y  a  lon-tén  que  déourièou  rèstre  émbrugeu, 
ces  vers  à  soie  dépérissent  de  maturité»  on  devrait  les  avoir 
rames  depuis  longtemps. 

Formé  de  Maiu,  venant  du  lat.  Maturare  ou  mofunit. 

Amaga,  v.  Choyer,  réchauffer»  abriter;  cacher;  couvrir. 

—  Amaga  un  éfan,  envelopper  un  enfant»  le  dorloter»  le 
serrer  dans  ses  bras  ou  sur  le  sein  de  sa  mère.  Lou  fà  et 
amaga,  le  feu  est  couvert. 

Amaga  (s'),  v.  Se  tapir,  se  blottir  dans  une  cachette; 
se  pelotonner  dans  un  coin  ;  s'envelopper  pour  se  défendre 
du  froid.  —  Voy.  S'amata. 

Dâr.  du  lat.  Ma  gale,  magalia,  mot  punique»  cabane» 
huttes.  Le  radical  est  probablement  magus,  maga,  magi- 
cien»  sorcier,  féa  ;  parce  que  dans  l'antique  superstition»  oes 
êtres  fantastiques  habitaient  les  cavernes  et  les  grottes. 

Amal,  adv.  Encore;  aussi;  de  plus;  davantage;  avec; 
même,  quand  même.  —  J mal-mai'»  bien  plus,  enooie 
davantage.  AmaX-maï  gn'aguèsse,  quand  même  il  y  ea 
aurait  davantage,  y  en  eût-il  plus  encore.  Amaï  qui,  poum 
que,  quoique.  Vitm  l'amour,  amaï  que  dîne,  vive  l'amoarg 
pourvu  que  je  dine,  dit  le  proverbe.  AmaX  fasén,  aussi 
fusons -nous.  Amoi  à  voue/  à  vous  aussi  :  c*est  ima 
réponse  aux  civilités  ordinaires  entre  gens  qui  se  re&ooii- 
trent  ou  s'abordent.  Bonsouir  à  touto  la  eoumpagno.  Bon* 
woîr  à  la  compagnie,  dit  le  premier  interlocuteur;  AmeX  è 


40 


ALÊ 


ALI 


Alarmo,  «.  f.  Tocsin.  —  Ce  mot  n'a  pas  d*âutre  acception. 
11  est  formé  de  à  Varmo,  aux  armes,  cri  pour  courir  aux 
armes  à  l'approche  de  l'ennemi.  En  ital.  on  dit  :  ÂU'arme. 

Alata,  V.  Elargir  un  troupeau,  lui  donner  la  clé  des 
champs.  —  Le  même  que  Alarga. 

Dér.  du  lat.  ai  lata,  sous-ent.  deducere. 

Alcovro,  j.  f.  Alcôve.  —  Corr.  du  fr.,  m.  sign. 

Étym.  :  al  koba  ou  el-kauf,  en  arabe,  cabinet  où  l'on 
dort,  tente.  En  esp.  Àlcoba  et  alcova. 

Alédro  ou  Ânédo  ou  Coatèlo  (  F.  c.  m.),  s,  f.  Narcisse 
blanc  des  prés.  Narcissus  poeticus,  Linn. 

Dér.  du  lat.  Albedo,  blancheur. 

Alègre,  s.  m.  n.  pr.  Allègre,  commune  du  canton  de 
Saint -Ambroix ,  arrondissement  d'Alais,  et  nom  pr.  de 
plusieurs  autres  villages.  11  est  aussi  quelquefois  nom  pr. 
d'homme.  En  lat.  on  le  trouve  écrit  dans  les  anciens  titres, 
ÂUgrium  et  Âlergium. 

Ce  nom  est  assez  répandu;  mais  sa  désinence  n'est  pas 
commune,  car  on  ne  la  rencontre,  dans  noire  langue,  que 
dans  pécègre,  persica,  et  sigre,  sequi,  avec  ses  deux  composés 
eoussègreeipérsègre.  Cette  circonstance,  etsurtout  la  variante 
latine,  semblent  être  l'indice  d'une  altération  ou  d'une  trans- 
position de  lettres  dans  la  terminaison.  En  ce  cas,  un  primitif 
en  êrge  se  laisserait  soupçonner,  et,  par  la  prononciation  du 
g  dur,  on  arriverait  à  èrgue,  finale  adjective  identique  à 
argue.  Les  exemples  de  ces  inversions  ne  sont  pas  rares. 

De  là,  le  corps  du  mot  ne  présentant  d'ailleurs  qu'une 
variété  d'orthographe  bien  connue  et  insignifiante,  l'ana- 
logie serait  directe  entre  Àlègre,  Âièrgue,  et  Aleyre,  et 
Alèirargues,  qui  ne  sont  eux-mêmes  qu'une  forme  de 
Alairac  (Aude);  Aleyrac  (Drôme,  Hérault,  Haute-Loire); 
Alêira,  Alleyrac  (Gard)  ;  Alleyras  (Haute-Loire)  ;  Allerand 
(Marne)  ;  Allaires  (Morbihan)  ;  Alayrac  (Aveyron,  Tarn)  ; 
Alairas  (Ardèche);  Alleyrat  (Corrèze,  Creuse);  Allières 
(Sarthe)  ;  qui  auraient  produit,  par  apocope  de  l'a  initial, 
Layrac  (Haute-Garonne  et  Lot-et-Garonne)  ;  Leyrat  (Creuse)  ; 
Lirac  (Gard)  ;  Leran  (Ariége)  ;  Leren  (Basses-Pyrénées);  Laires 
(Pas-de-Calais)  ;  Lairargues  (Hérault).  Tous  ces  mots  ont,  en 
eflet,  pour  racine  le  al  galUcum,  de  Virgile,  al  Celtarum  d'Au- 
sonne,  pour  indiquer  l'altitude,  l'élévation,  les  montagnes. 
La  conformité  du  nom  de  notre  Alèi,  Allez,  Alais,  semble 
encore  le  ranger  dans  la  même  famille  étymologique. 

Alémagno,  n.  pr.  Allemagne.  —  On  donne  le  sobriquet 
à'Alémagm  à  un  Allemand,  on  même  à  quelqu'un  qui  a 
voyagé  et  séjourné  en  Allemagne. 

Aléman,  ando,  adj.  Allemand.  —  Las  Alémandos  est 
devenu  le  nom  d'un  quartier  où  se  trouvait  une  ancienne 
taverne;  c'est  aujourd'hui  une  tuilerie  à  un  kilomètre 
d'Alais,  sur  l'ancienne  route  de  Saint-Ambroix.  Il  doit  y 
avoir  un  siècle  à  peu  près,  deux  femmes,  des  Alsaciennes 
peut-être,  vinrent  là  établir  une  buvette  qui  attirait  les 
chalands.  Elles  se  firent  peindre  sur  la  façade  de  la  maison 
par  un  barbouilleur  de  l'endroit;  cette  image,  à  demi  effa 
cée,  se  distingue  encore  :  de  là  le  nom,  qui  s'est  conserv 


Alénga,  ado,  adj.  Grand  parleur,  beau  diseur  ;  qui  a 
la  langue  bien  pendue,  bien  affilée  ;  qui  a  réponse  à  tout. 

Dér.  de  Léngo. 

Alèrto,  adj.  seulement  /em.  Alerte,  éveillée,  vive,  dé- 
gourdie. 

Trad.  du  fr. 

Aléstl,  V.  Préparer,  apprêter;  disposer;  mettre  en  état. 

Dér.  de  Leste. 

Aléva  (s'),  V.  Se  lever.  —  Ne  se  dit  que  du  temps  quand 
il  tourne  au  beau,  qu'il  se  lève. 

Algarado,  s.  f.  Algarade;  mercuriale,  réprimande;  re- 
proches bruyants  et  publics. 

Étym.  de  l'arabe  et  de  l'esp.  Algarada,  qui  signifie  : 
course  sur  l'ennemi  brusque  et  imprévue. 

Aliboufiè,  s.  m.  Aliboufier  ou  alibousier,  storax,  styrax; 
Styrax  officinalis,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Ébénacées. 
Il  découle  de  cet  arbre,  dans  les  pays  chauds,  un  suc  bal- 
samique connu  sons  le  nom  de  storax,  que  Ton  conserve 
ordinairement  dans  des  roseaux,  calamus  ;  de  là  le  nom 
de  calamité  appliqué  à  cette  résine. 

Son  étym.  serait-elle  prise  de  AU,  haleine  et  de  boufa, 
souffler,  à  cause  de  son  odeur  d'encens  ? 

Aligna,  v.  Aligner,  ranger  sur  une  même  ligne  droite. 
— S'aligna,  se  battre  en  duel. 

Dér.  du  lat.  A  pour  ad,  et  linea. 

Alimâou  I  interj.  Péj.    Allmâoudas/  Animal!  butor 
grosse  bête!  —  Il  n'est  employé  qu'interjectivement 
presque  jamais  comme  subst. 

Corrupt.  du  fr.  Animal. 

Alimase,  s.  m.  Limace,  limaçon  sans  coqv 
lusque  rampant,  visqueux.  —  JUareho  coumo 
il  marche  à  pas  de  tortue. 

Dér.  du  lat.  Limax,    venu  lui-même 
XsijAoJv,  pré  humide. 

Alin,  aiv.  Là-bas.  — C'est  à  tort, 
vages  le  traduit  par  là-dedans.   C'« 
naison,  qu'il  a  prise  pour  la*pr 
causé  son  erreur.  Il  est  bien  c^ 
bas,  bien  bas,  plus  bas  en 
signifié  :  là-dedans.  Il  est 
fond. 

Aliroù,  s.  m.   Aile* 
tiennent  les  grandes 
que  le  fr.,  mais  t 
cien  est  au  mo^  - 

Dér.  de  Al 

Alisa,  1 
truelle, 
en  fn' 
bin^ 


\- 


e,  le  Un- 
ie l'ambre. 


morale,  et 
*  qa'oo  dit: 


itnbroiz,  ville, 
d'Alaia.  —  Foy. 


■   "^  ^  ^-   ^'*  liais  et  embronilies; 

-^     •  1  nne  époque  oit  U 

.:  »  »m  m  ,;,  crêpée  et  poodrâe, 

^m  améchU  par  leur  ajria- 

sak  riibaient  en  mèches  talée 

'  a  dd  amener  une  entente 

'T-  sr  ^.^j' n   *m  '^t  au  fond  que  le  désordre 

_^  ^  ^  ;ut  venir  du  subs.  mécho,  qù 

•    M  ip.  •*    .  .  "^^ 

^,     ^^      ^_^  lénqolè, Aoielancbier,  Criomgui 

^     .  iissean  de  la  fam.  des  Rosacées, 

^  '  'tite  baie,  nommée  aMrUn?uo,  àpm 

rténqnii. 
,  pomme,  et  *]7,eiï,  étrangler;  pomme 

'  ^    ^  Fin  d'mie  chose;  ainsi  soit-il.  —  IMw 

**•         .'doutât,' consentir  X  tout  ce  qu'on  propose, 

■  "  i:nndilion,  approuver  le  bien  et  le  mal.  Jaê- 

""^        'i-i|ii'fila  fin  des  fins,  sans  fin,  jusqu'à  l'ôler- 

**■     liLii   lu  loot  hébreu  :  Àmtn,  fiât,  ainsi  soil,  ainsi 

^        ijiii  l' triiioe  toutes  les  oraisons  latines  de  l'Eglise. 

'    Micuda,  .<  f.  Amende,  punition  pécuniaire  au  profit 

lÂi-,  i]iii  II  .1  rien  de  commun  avec  les  dommages  et 

-tM^  rhis  ,'i  1.1  partie  civile. 

DiT   ilii  l'il    Emtndare. 

Amcniiri,  '•  Abaisser,  diminuer  le  prix.  —  N'a  pas  dn 
ml  !■■  -m-  ilii  fr.  amoindrir,  et  ne  s'emploie  pière  qaa 

>tii  >\|>riir.r  un  abaissement  de  prix  d'ane  mwrchandiss. 
--    ir.  „wr„.i,-,  fou  pan,  la  prix  du  pain  est  diminue. 

Dit    r|:'   1/o,7r<i. 

Amenla,  <  "i.  Sorte  de  marbre  commnn  dans  le  Gard  ; 

tjrr'i:lii',  ^>i'l'!  il'amygdalolde ;  poudin^e  composé  de  plk- 
i.\f\jrt  iviillimv  cimentés  ensemble  par  un  gluten  aussi  dor 
qiir  1,1  liiciTP. 

Di'i'.  d'.t  W'-'i/o,  parce  qna  ces  différents  cailloux  ressent- 
lili'iil  nuK  ainindes  qui  sont  noyées  dans  le  dmenl  dm 

llOllR^t. 

Amènliè,  5.  m.  Amandier;  Amygdalut  eomnunit,  Lina. 

Arl)n>  ik  I  11  r:uaiUe  des  Rosacées. 


AMA 


AUA 


MM^  lai  rtpond-oa,  à  vous  aussi,  nous  vous  ditons  de 
mAme.  AwM  tu$i  Toi  auiû*  tu  quoqu9/  Amaï  vendra  poi, 
et  même  il  ne  viendra  pas,  vous  venez  qu'il  ne  viendra 
lias.  Amaï  Ut  eastibraïo,  la  canaille  avec.  Homê$,  finno$ 
m  l9uj  droUê  amaX,  hommes,  femmes  et  les  enfants  avec, 
et  même  les  enfants.' 

Dôr.  de  Hat,  plus. 

Amaigri  (s*),  o.  Maigrir,  se  dessécher,  dépérir. 

Dér.  de  Mai^. 

Amaira,  o.  Au  prop.  réunir  un  enfant  ou  le  petit  d*un 
animal  à  sa  mère.  Cest  le  contraire  de  Di$mMra,  —  F.  c.  m. 
An  fig.  réunir,  associer,  rassembler.  Se  dit  d'une  gerbe, 
d'un  fagot,  de  toute  espèce  de  tiges,  qu'on  assemble  rëgu- 
litement  en  plaçant  tous  leurs  gros  bouts  du  même  côté 
pour  les  lier  plus  facilement. 

Dér.  de  JfaVre. 

Amaisa,  v.  Apaiser, adoucir,  calmer. —  Ama\$aun  éfan, 
codormir  un  enfant,  l'apaiser,  le  consoler,  l'empêcher  de 
crier  ou  de  pleurer.  Amaiâa  la  fan,  apaiser  le  premier 
aiguillon  de  la  Mm,  la  calmer.  Anwita-vouê,  calmez-vous, 
ladouciasez-vous.  Lou  lén  s'amaiso,  le  temps  devient  calme. 
X'tfouro  ë'éi  amaXsado,  le  vent  s'est  calmé. 
'  Mr.  de  Fital.  Ammouiorê,  adoucir,  apprivoiser. 

Analâonti,  ido,  adj.  Qui  est  bien  malade,  bien  exté- 
Boé,  bien  affaibli. 

Dér.  de  Malâou, 

Amafai,  «.  m.  Hanche,  et  proprement  la  tête  supérieure 
dn  fémur. 

Dér.  de  l'arabe  Amalue,  l'os-sacmm  ;  c'est  parext.  qu'on 
l'applique  à  la  hanche. 

Amahaga,  «.  An  pn^.  déhancher,  déboiter  le  fémur. 
Au  fig.  froisser,  meurtrir,  éreinter. 

Dér.  sans  doute  d*Amalu,  mais  le  lat.  ad  malum  pour- 
lait  bien  ne  pas  y  être  étranger. 

Amana,  o.  Rassembler  ;  amonceler;  amener  en  un  même 
m;  cueillir  a  pleines  mains;  serra',  empmgner.  -^E$pa' 
fui  énearo  bien  amana,  il  n'est  pas  là  encore  bien  en  main, 
lieD  exercé.  Ta  fto  t'es  poâ  énearû  mnanado,  ta  fiUe  n'est 
pas  encore  rentrée  à  la  maison. 

Dér.  du  lat.  Ad  manum,  soit  que  manus  se  traduise  par 
nain,  soit  par  foule,  peloton,  botte . 

Aaarat  n,  ad^.  Amer.  —  Toy.  Awm. 

La  formatioii  du  lat.  est  encore  plus  sensible  dans  Amarë, 
qui  vient  de  ad  et  mare, 

Amaréla»  v.  Etre  nu  peu  amer,  avoir  un  léger  goût 
d'amertume.  —  C'est  un  fréquentatif  formé  d*Amar9, 

La  plupart  des  substanlife  et  même  des  adjectifs  sont 
iBoe|itibles,  en  languedocien,  d'être  ainsi  transformés  en 
^mbes.  Les  verbes  eux-mêmes,  en  prenant  la  désinence  ija, 
m  dédoublent  pneHiue  tous,  et  deviennent  frôquentatifii  on 
diMinntIh. 

awvagw  dH  dans  aea  provetbai  :  Qui  pUCidéJo,  mMow 
•y»  et  tmt$  té  fié  mam/ê  mmmréjù,  la  plaideur  eel  oomflia 
liMÉida,  toil  oa  qM  nmii  a  de  rassartniM. 


Amarèlo,  $.  f.  ou  Amaroû,  Thlaspi ,  /terif  ou  ndoêpi 
amara,  Linn.  Plante  de  lafam.  des  Crucifères  siliculeuses, 
qui  croit  dans  les  blés,  et  dont  la  graine,  lorsqu'elle  s'y 
mêle,  communique  de  l'amertume  au  pain  qui  eu  provient. 

—  Ycy.  Amaroili, 
Dér.  de  Ama,  amer. 

Amarignè,  $.  m.  Soudie  ou  pied  de  l'osier  franc  et 
jaune,  dont  on  coupe  les  jets  chaque  année  qui  servent  de 
liens  pour  les  treilles  et  vignes;  Salix  ammina,  Linn. 

Dér.  d'^martfio. 

Amaxinén,  ônqao,  adj.  Flexible,  pliant  comme  l'osier. 

—  Se  dit  des  diverses  espèces  de  bois  de  service  qui  ont 
la  nervure  longue,  flexible  et  non  cassante. 

Dér.  d^Amarino. 

Amarino,  j.  /.  Osier  ;  c'est  le  nom  générique.  —  Vno 
amarino,  un  jet  ou  un  scion  d'osier,  coupé  pour  servir  de 
ligature. 

Dér.  du  lat.  Salix  amerina,  qui  lui-même  vient  de  Ame- 
na, ville  de  TOmbrie,  en  ItaUe.  C'était  dans  l'origine  le 
SauU  d'Ameria,  comme  l'on  dit  :  le  peuplier  de  la  Caro- 
line, le  peuplier  d'Italie. 

Amaroû,  «.  f.  Amertume,  saveur  amère. 

Dér.  de  Amare, 

Amaroû,  «.  m.  ou  Amarèlo,  Thlaspi,  Tlaspi  amara, 
Linn.  Plante  qui  croit  dans  les  blés,  et  produit  une  petite 
graine  qui,  mêlée  ensuite  à  la  farine,  donne  au  pain  une 
amertume  prononcée.  —  Voy.  Amarèlo. 

Dér.  de  Amare. 

Amarongnè,  «.  m.  Marronnier  d'Inde,  marrmmier  des 
jardina,  arbre  magnifique  de  grandeur,  de  port,  de  feuil- 
lage et  de  fleurs. 

AmarouBO,  <•  f.  Marron  d'Inde,  fruit  du  mamnnier 
d'Inde.  —  Ce  fruit,  qui  est  d'une  amertume  extrême,  n'a 
rien  de  commun  avec  le  marron,  qui  est  si  sucré  et  si 
savoureux,  que  par  sa  couleur  et  sa  formation  dans  un 
hérisson;  le  dernier  se  nomme  exclusivement  :  Dàfmpki' 
nénquo,  —  V.  c.  m. 

Ici  se  présente  une  difiiculté  d'étymologie  que  le  lecteur 
jugera  lui-même. 

Amarouno  vient-il  d*Amarougni,  l'arbre  qui  produit  ce 
fruit,  on  bien  vient-il  de  cette  amertume,  omaroà,  qui  form» 
son  principal  caractère  et  qui  fait  qu'aucune  e^ièce  d'aiâ- 
mal  ne  peut  s'en  nourrir  t  Cette  dernière  solutîoa  semble 
si  naturelle  qu'on  serait  tenté  de  l'adopter;  cependant  il 
devient  diflicile  d'expliquer  que  Vamarouyné  et  Vamaromm», 
son  fruit,  aient  deux  origines  différentes. 

D'autre  part  encore,  comment  admettre  que  Vamarougmà 
et  le  marronnier  d'Inde,  le  même  arbre  très-certainement^ 
avec  leur  physionomie  si  fraternelle  de  noms,  ne  pra* 
viennent  pas  d'une  racine  commune?  Or,  le  marronnier 
d'tode  n'est  qu'uhe  variété  du  marronnier  ordkiairef  du 
chàtaigmer  &  marrons  ^  et  le  mot  marron,  frère  et  eontam- 
porain  de  l'ital.  mèttmêf  vient  oemme  lai  du  free  éë' 
moyen  âge  liop p^v. 


ÂMB 


AME 


48 


Hais,  comme  il  est  impossible  qne  le  grec,  l'italien  et  le 
français,  à  la  fois,  soient  venus  puiser  leur  étymologie 
dans  le  languedocien  amarouno,  qui  lui-même  ne  représente 
pas  du  tout  le  marron  doux  dont  ces  diverses  langues  ont 
voulu  parler;  il  faut  en  conclure  qn'amarougnè  dérive  du 
fr.  marronnier,  qui  doit  ce  nom  à  son  fruit,  marron,  et 
que  œ  dernier  le  tient  de  Titalien  et  du  grec.  Âmarou§nè, 
à  son  tour,  a  créé  le  mot  amarouno,  qui,  du  reste,  va  à 
merveille  à  sa  nature  et  n*enlôve  pas  Tamertume,  au  con- 
traire, pour  n*en  pas  être  issu  :  le  mot  signifie  innocem- 
ment la  chose. 

Amarouno  se  dit  aussi  :  Castagno  amaro.  —  F.  c.  m. 

Amassa,  v.  Ramasser,  cueillir,  faire  un  amas;  mettre 
ensemble;  réunir  beaucoup  de  monde;  entasser,  thésau- 
riser; aboutir,  abcéder,  apostumer.  —  Voy.  Âcampa. 
—  Amassa  d'hêrbos,  ramasser  des  herbes.  Amassa  la  fièto, 
cueillir  de  la  feuille  de  mûriers.  Amassa  foço  argén,  deve- 
nir très-riche,  amasser  une  grande  fortune.  Monn  dé  amasto, 
mon  doigt  apostume;  le  mal  que  j'ai  au  doigt  aboutit. 

Le  lang.  amassa,  le  fr.  amasser,  Tit.  ammassare,  dériv. 
tons  du  lat.  massa ,  masse ,  amas,  ou  plutôt  du  gr.  &[Lauû, 
j'amasse. 

Amassa  (s"),  v.  S'attrouper,  se  rassembler.  —  S'amas- 
sara  proà,  dit-on  d'un  absent,  il  se  rendra  bien,  il  reviendra 
au  gite.  S'amassi  un  fun  dé  mounde,  il  se  fit  un  grand 
rassemblement. 

Amassaire,  ro,  adj.  En  tisseur,  thésauriseur,  quand  il 
est  employé  seul.  Lorsqu'il  est  question  de  vers  à  soie,  il 
signifie  :  les  gens  qui  cueillent  la  feuille  de  mûriers,  quoi- 
qu'on n'y  ajoute  pas  le  mot  fi^o. 

Amassaje,  s.  m.  Action  de  ramasser,  de  cueillir;  frais, 
ooût  de  la  cueillette.  —  Voy.  Acampaje. 

Amata  (s'),  v.  Se  tapir,  se  blottir,  s'aplatir;  s'humilier 
de  crainte  ou  de  respect.  —  L'aï  amata,  je  l'ai  confondu, 
je  l'ai  maté,  aplati.  S'amatou  dé  pôou,  ils  se  cachent  de 
peur,  ils  se  tapissent  de  frayeur.  —  Voy.  S'amaga. 

Dër.  de  Mato, 

Amati,  ido,  adj.  Dru,  épais.  —  Se  dit  d'un  pré  bien 
gaaonné,  bien  tallé,  et  aussi  du  pain  massif  et  gras-cuit. 

Dér.  de  Mato. 

Amatina  (s*),  v.  Se  lever  matin;  se  mettre  de  bonne 
heure  à  l'ouvrage  ou  en  voyage. 

Dér.  de  Mati. 

Ambre,  t.  m.  Amble,  allure  du  cheval  entre  le  pas  et 
le  trot. 

Gorr.  du  fr.,  qui  dér.  lui-même  du  lat.  Ambulare. 

Ambre  (Leva  1'),  v.  Être  fin  et  rusé  au  dernier  degré, 
an-delà  même  de  la  délicatesse.  —  C'est  une  phrase  faite, 
eontractive  d'une  plus  longue.  On  sait  que  l'ambre,  quand 
îl  est  échauffé  par  la  friction,  soulève  et  attire  même  d'as- 
»s  loin  une  paille.  Le  peuple,  qui  croit  voir  là  un  signe 
de  sa  finesse,  dit  proverbialement  :  ts  fl  eoumo  V ambre, 
Uoo  la  pdio:  puis,  dans  l'nsage  particulier,  il  a  83mcopé  la 
phrase,  et  pour  exprimer  la  finesse  poussée  à  Textrême, 


quand  le  fr.  se  contentait  de  :  fin  comme  l'ambre,  le  lan- 
guedocien a  exagéré  et  a  voulu  dire  :  plus  fin  que  l'ambre, 
une  finesse  qui  lèverait  l'ambre  lui-même.  On  comprend 
que,  jouant  sur  le  mot,  il  s'agit  ici  de  finesse  morale,  et 
c'est  de  celui  qui  la  possède  à  un  tressant  degré  qu'on  dit: 
Lèw>  l'ambrs. 

Dér.  de  Ambra,  bass.-lat.  ;  ambre,  en  catal.  ;  anbar,  en 
arabe. 

Ambrièî  (Sent),  «.  m.  n.  pr.,  Saint-Ambroix,  ville, 
commune  et  canton  de  l'arrondissement  d'Alais.  —  Voy. 
Biôou. 

Dér.  de  Sanctus  Ambrosius. 

Améchi,  ido,  adj.  Qui  a  les  cheveux  plats  et  embronillôs; 
mal  peigné. —  Sauvages,  qui  écrivait  à  une  époque  où  la 
coiffure  était  relevée,  retapée,  bouclée,  crêpée  et  poudrée, 
concevait  la  négligence  des  cheveux  améchis  par  leur  apla* 
tissement  sur  le  front,  d'où  ils  retombaient  en  mèches  sales 
et  irrégulières.  La  coiffure  actuelle  a  dû  amener  une  entente 
différente  du  mot  améchi,  qui  n'est  au  fond  que  le  désordre 
dans  les  cheveux. 

Dér.  du  fr.  Mèche.  Il  ne  peut  venir  du  subs.  méeho,  qui 
ne  signifie  que  la  morve  du  nez. 

Amélan,  s.  m.  ou  Abérlénqulè,  Amelanchier,  Cratmgus 
amdanehier,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Rosacées, 
dont  le  fruit  est  une  petite  baie,  nommée  abérlénquo,  àpra 
au  goût.  —  Voy.  Abérlénquiè, 

Dér  du  gr.  |i.7)Xia,  pomme,  et  Srfftvi,  étrangler;  pomme 
qui  serre  la  gorge. 

Amèn,  s.  m.  Fin  d'une  chose;  ainsi  soit-il.  —  Dkê 
amèn  à  toutos  câottsos;  consentir  à  tout  ce  qu'on  propose, 
accepter  toute  condition,  approuver  le  bien  et  le  mal.  Jus- 
quamèn,  jusqu'à  la  fin  des  fins,  sans  ûn^  jusqu'à  l'éter- 
nité ;  de  jusqu'à  amèn. 

Reproduit  du  mot  hébreu  :  Amen,  fiât,  ainsi  soit,  ainsi 
soit-il,  qui  termine  toutes  les  oraisons  latines  de  l'Eglise. 

Améndo,  j.  f.  Amende,  punition  pécuniaire  au  profit 
du  fisc,  qui  n'a  rien  de  commun  avec  les  dommages  et 
intérêts  dus  à  la  partie  civile. 

Dér.  du  lat.  Emendare. 

Améndri,  v.  Abaisser,  diminuer  le  prix.  —  N'a  pas  dtt 
tout  le  sens  du  fr.  amoindrir,  et  ne  s'emploie  guère  que 
ponr  exprimer  un  abaissement  de  prix  d'une  marchandise. 
—  An  améndri  lou  pan,  le  prix  du  pain  est  diminué. 

Dér.  de  Méndre. 

Aménla,  s.  m.  Sorte  de  marbre  commun  dans  le  Gard  ; 
brèche,  sorte  d'amygdaloïde;  poudingue  composé  de  plli- 
sieurs  cailloux  cimentés  ensemble  par  un  gluten  aussi  dur 
que  la  pierre. 

Dér.  à'AménU),  parce  que  ces  différents  cailloux  ressem- 
blent aux  amandes  qui  sont  noyées  dans  le  ciment  du 
nougat. 

Aménlid,  s.  m.  Amandier;  Amygdalus  communie.  Lins. 
Arbre  de  la  famille  des  Rosacées. 

En  esp.  Améndro,  du  lat.  Jmygdalui^ànfteoè^Mnfiakg^, 


44 


AMI 


AMO 


Aménlo,  s.  f.  Aminci \  fruit  de  l'annriJi^r. 

MvMiiP  (l  r.  (ju^  le  j)r.'c. 

Aménloù,  s.  m.  dirii.  iVAménh.  Polito  aimiid?.  CVsl 
propr.'îiMMit  II  [Hili)'  d»  r.'uriand',  h  rriiit  dnis  h  (•.i)(iiri. 
Il  ost  «'galcfiiiMil  applicalih^  à  TaLiiand.^  di*  Uns  It'S  fruits  à 
noyau.  -  -  Li)rs-pt^  «lUîltiu'un,  a[)ivs  av(.ir  fait  de  i^r<  ssos 
IMTlcs  au  jou  nu  d  lU^  U  c)]i];ii^i\->\  r\dis'  un   un^ini  i^'îin, 

on    lui    <lil      ir.iui  JU^ai    III  :     l'unriissa-U',     prie,    aqnl    un 

amviiloh,  tMi^iai^s;?-loi,  avar*,  voila  une  aruan.KN  Pi  ut-rliv  j 
lo  ru  )t  //'//j.  (jui  est  de\('ini  un  •  <|u  ilifu"  di  m  usu*ll<'  de, 
l'avan\  pi'Mil-il  s  m  (iriiiln:'  liiiis  ee  (lii".î.)n.  P>Milrlre 
vi<MJt  i'  au>si  du  i  ili  vn  mju 'le  ni.|ii  \  ou,  diii>.  \iii  l^iii^s 
donné,  paie  si,L;iii'i  lit  à  la  l(  is  e>u'.li m  el  avare.  \/*  l'ait  csl 
que  d  ans  la  l"<>r  iiiiKm!.*  ce  prav.M'ln',  il  seuil. ■>  i[\\<'  c.N'st 
d'un  inro  ([u'il  est  ({/.'^tiai,  (Miume  le  ru  il  i'ii'jt\.)tss:i-ui 
l'indique. 

Aménuda,  r.  C  '.nir^v  à  [»1us  pMits  m  )re»;u\  ;  e.inin  -ir  ; 
éuiitioM'.  auK^naisM";  relailttT,  reeisser.    -  Voy.  Ai)iiin(i. 

l)ér.  d(*  Menu. 

Amériquèn,  cno,  a  fj  Aniérioain  ;  (pii  e  »nee;aie  l'Aué- 
ri<iue. 

Trad.  du  fr. 

Amériquo,  5.  f.  A-n^riquo,  iKirli»^  du  fii  iii  le.  --  Ou  dit 
d'un  liouiMi'  trop  fi[j,  trap  rus*  en  alTur/s,  tnp  f'pre  a  la 
curée,  trop  p!"'U  délicat:  .1  pis  hanun  <l\,hu  m  Ain:n'(i:io 
pér  faire  fourluno,  il  n'a  pas  bes  lin  d'all.'r  en  AaL'ritiu) 
pour  faire  fortuiie. 

Amérita,  v.  iMaiter,  étr»  ou  s^  ivnlre  di^;;ae  <le.  - 
Afjuù  i  am^rito,  il  a  Iji'Mi  niTil'  sa.i  s  »rl  ou  si  punition, 
cela  lui  va  bien.  Aipi')  t\im:riti),  lu  as  liien  gigné  ci  qui 
l'arrivé. 

Dér.  du  la  t.  Mereri,  vient  us  sum. 

Amérites,  s.  m.plur.  iMi'rite,ce  qui  rond  digne  d'csiiinc 
cl  do  consiilérali:>n. 

Dér.  do  Ainirlla. 

Améstïo,  s.  f.  Amnistie,  pardon,  exemption  do  peine. 

Corr.  du  fr. 

Ami,  igo,  s.  et  ndj.  D'un.  Am-gné,  amîgoù,  am'jouné, 
amhjueto,  am'tjouno,  amigoun'to.  Ami,  amie;  petit  ami, 
cher  petit  ami.  —  3ïonssù  moun  ami,  est  une  pîiraso 
cxplétivo  qu'où  ne  peut  traduire  par  :  monsieur  mou  ami, 
qui  n'a  aucun  sens  en  fr.  ;  elle  revient  i\  celle  ci  :  ah  i  certes; 
ah  !  oui  vraim^it;  ah!  je  vous  en  rép)nds  ! 

Dér.  du  lai.  Amiens. 

Amiada,  v.  Caresser;  flatter;  paleliner,  amadouer.  — 
Toy.  Lavagna. 

Dér.  de  Ami. 

Amiga  (s'),  v.  Se  lier  d'amitiô  avec  quelqu'un;  S3  faire 
un  ami. 

Dôr.  de  ^mi. 

Amigué,  éto,  s.  et  adj.  dim.  —  Voy.  Am],  de  môme 
que  pour  les  autres  diin.  et  doub.  dim. 

Aminça,  v.  Amincir,  rendre  plus  mince;  émincer,  cou- 
per par  tranches  minces;  menuiser. 


Aminça  (s"),  v.  Devenir  mince;  maigrir. 

Der.  du  ht.  Mlumic. 

AmistançD,  s.  [•  .\;niti\  a(la<'lio;ji^nl  ;  nn'eoti^n;  rnp- 
p  a'ts  dau!i;i!ou  d"am  )(n'.  Au  plur.,  .l//^/.v/(;//(;o.v  siLMiilie: 
ciress^s,  aniilis,  caj  -l-aa/s. 

Der.  de  Ami. 

Amistoùs,  ouso,  a'j.  Dim.  AutisUMiu-,  vtn.  .Vmical, 
c^r'^Sllll;  il  u\;  qui  t  eu  a;-  r»  d"  r.ilVilaiil '• .  —  lia  pas 
</.r/7.  (inii^loù^,  il  r.->l  d  iiil.ii  air  i".'.èvMt%  liiu!vi!i\ 

Dr.  de  Atii/. 

Amitié,  s.  f.,n\i  Mii Mi\  :  Aniitics,  e.u  iil.  .Vmuur,  affec- 
ti.  n,  ail  ic!i  Ml  Mil,  l  ai  !r  r>  •.  -  .\  '  s-  dil  (ju>*  de  i'atla- 
cli  Minait  «aili'e  [ri->  au '>  d'  .^'m^  iliV.'.Mit.  ("ot  celte 
alV-Tli  )u  d  ai.-:',  v\\<  ii;ii'.I'.l  m  ili'iMi  iinh  qu''.  pi' auent 
l.\s  g  Mis  >iMip!.s  :iu  i  •  u^I  ',  ;'jir  >  iia/  ..^^  v:  1  >iiL;u  ^  lV.''(|UiMi- 
lali  tu.  H  e.>t  lurt  siu-;uli;a-  (,uVn  lan^'u -dua-ai  Amitié 
sii;Mi  le  aiiiaii',  '[  qu"  Am  nu-  >i^,i,i!;i'  jinilié. 

Dr.  <1.^  Ainî. 

Amo,  .s.  f.  Am^;  (\>;)ril  ;  ctiMir  ;  e  )USvierice. —  Flcwlre 
/'(.in),  i[iniii-ir,  cx-ii'.'i-,  i-'..!r'  i'.iMr'.  p,u'  une  alliance  de 
molsassv.  Iiiziri",  (^n  dil  :  In  sicii-mixin-inno,  pour: 
un  tipigMir,  li;ir!i,  au.liei:ai\,  rlViMui;-.  —  \-a  pus  amo, 
p;s  àiue  (jui  viw\ 

D  MM  du  lai.  An  m  i. 

Amoucliouna,  r.  M  Ur.^  tu  ta.>,  ivuuir  île.,  objeîs  épars 
(M'i  Uioiua'arv;  i'i'ias.-<M",  liip.  i-,  eulli'' «mi  I  oucJK.n  du  j)apier, 
du  liiigi-,  (Mo. 

S\ini(>ur!t:)uua.  S.»  Mttlir  da!i>  uu  C'ûii;  se  ratatiner; 
S'  pelel  »nii>M' ;  S'  c;'Ui'](iM  c  tiiia.e  fait  un  vieillard. —  Voy. 

Dér.  (If*  Motirhoii. 

Amoula,  r.  Aluiiisa-,  éiir!udiN\  a\eo  une  meule  tour- 
naul'Mq  non  avec  la  jiiaa'-^  a  aJLjuisa-;  rendre  tranchant 
ou  p.iintu  sur  la  unaiL'. 

Dér.  dp  Moln. 

Amoula,  t-.  A;jir  riil'Miirjii,  lambiner;  lanterner. 

D.'r.  di!  Mol. 

Amoulaïre,  ro,  s.  et  a  IJ.  Ibiueuluir,  émouleur;  lambin, 
lent,  qui  va,  pirle  ru  aj^il  ItailrMiitMit. 

Amoulè,  s.  m.  \W:\\  lulair,  L^iL'ne-jxqit.  —  Ce  mol  csl 
plus  tetlmi(iU)^  quiv  Jmo'</<.Vre.  (^lui-ei  S'Mlit  de  toute  per- 
S)nno(pii  aiguise  ;  Amoulè  csl  le  U'un  particulier  de  la  pro- 
fession. 

Dér.  de  Am,oula. 

Amoulouna,  v.  Aiiioncfder,  mitre  en  tas,  en  meule; 
entasser;  rassembler,  réunir  on  ma.sse. — Ce  mot  entraine 
ridée  d'une  plus  grande  diruonsion  que  Amonchouna  ; 
comme  sa  racine  mmloii  est  plus  grande  que  tnouchoù, 
qui  n'est  qu'un  petit  tas,  un  bouchon. 

S'cmiulouna.  S'anjonœler,  en  parlant  de  la  foule, 
s'entasser  ;  el  aussi  se  rabougrir,  se  recroqueviller,  se  mellre 
en  peloton,  en  parlant  d'une  seule  personne. 

Amoun,  adv.  Là-haut;  au  ciel;  vers  le  nord. 

Dér.  du  lat.  Ad  montent. 


AHO 


AMO 


45 


Amoiindâoa,  adv.  Là-haut;  au  ciel.  Aagtnentalif  et 
rèdaplicatif  de  Amoun,  comme  si  1  on  disait  :  là-haut  au 
bant. 

Amonnéda,  ado,  adj.  niche  en  espèces  ;  fam.,  en  gros 
sous;  pécunieax. 

Dér.  de  Mounédo. 

kJtitmr^\r^^  (3*},  v.  Dsvenir  effronté.  —  Se  dit  d'une  fiile 
trop  délurée,  trop  hardie,  trop  garçonni«3re  pour  son  âge. 

Dér.  de  Mounino. 

Amonntagna,  v.  Envoyer  ou  conduire  un  troupeau  dans 
les  hautes  montagnes  pendant  la  canicule.  —  On  fait  uuc 
différence  dans  les  foires  entre  le  bétail  qui  a  passé  Tété 
dans  les  montagnes,  et  celui  qui  est  resté  dans  le  pays. 
Celui-ci  a  la  laine  plus  mate,  moins  de  vigueur,  et  les  Lrebis 
sont  moins  précoces  à  mettre  bas  que  ailles  qui  sont 
amouniagnados . 

Amomitagnaje,  s.  m.  Action  ou  habitude  dcnvoycr 
les  troupeaux  dans  les  montagnes;  frais  de  p;lturnge  des 
pacages;  et  aussi  frais  que  l'on  paie  au  maître  berger  ou 
baïle  qui  garde  plusieurs  troupeaux  sous  sa  responsabilité. 

Amour,  f.  m.  En  poésie,  ce  mot  répond  bien  au  fr. 
Amour  dans  ses  diverses  acceptions;  mais  dans  le  style 
ordinaire,  il  exprime  :  Affection,  attachement,  tendresse, 
pris  d*une  manière  générale  ;  on  ne  l'emploie  jamais  avec 
la  signiQcation  française  de  Amour.  On  dit  d'un  homme, 
d*un  valet,  d'un  chien  :  Èi  sans  amour,  il  n'a  nul  atta- 
chement, il  ne  s'attache  à  rien  ;  il  ne  consulte  que  son 
intérêt,  son  bien-être,  son  égoïsme.  La  poésie  a  ses  privi- 
lèges et  ses  licences  :  elle  a  fait  (ïamour  une  passion,  un 
sentiment,  tandis  que  dans  le  langage  commun,  amour  ne 
8*enteod  que  des  attentions,  des  soins  affectueux,  de  ces 
préférences  souvent  personnelles  et  de  cet  empressement 
sympathique,  mais  plutôt  naturel  que  passionné. 

Pir  amour  dé,  prép.  A  cause  de;  en  considération  de. 
—  Pir  amour  dé  vout,  à  votre  considération.  Pér  amour 
d'aqud,  en  considération  de  cela.  On  supprime  quelquefois 
le  mot  pér  :  Amour  dé  rire,  amour  dé  parla,  comme  on 
dit  en  fr.  histoire  de  rire,  liistoire  de  parler. 

Amonra,  v.  Emousser  ;  faire  perdre  la  pointe  ou  le  tran- 
chant à  on  outil,  à  un  clou,  à  tout  objet  pointu  ou  tran- 
chant. 

Dér.  de  Mouru, 

Amoma,  v.  Rapprocher,  joindre  ;  mettre  nez-à-nez,  l'un 
contre  l'autre.  —  Aquélo  pèiro  amouro  pat  prou,  cette 
pierre  ne  joint  pas  snflQsamment. 

D6r.  de  Maure, 

AmoiiTa  (s*),  v.  Boire  à  même  ;  donner  du  nez  à  terre; 
tomber  enr  la  face;  se  heurter  du  nez  en  se  rencontrant 
avec  qiie]qa*ui  inopinément;  ou  contre  une  porte,  un 
wAte  on  im  mur.  —  S'amoura  âou  fUuquou,  boire  au 
fonlot  de  la  bouteille  ;  âou  fera,  en  trempant  la  bouche 
dani  le  aean;  âou  vola,  an  roiiseaa ,  en  le  couchant  à 
plftt  Vtttire. 

Dar.  de  Mamn. 


Amouracha  (s*),  v.  S'amouracher  de...  S'engager  en  une 
folle  passion.  Tout  comme  en  fr.,  ce  terme  ne  s'emploie 
qu'en  mauvaise  part.  11  exprime  une  inclination  de  haut 
en  bas,  à  rencontre  d'une  personne  inférieure,  soit  en  con- 
dition, soit  en  considération  personnelle. 

Formé  entièrement  du  fr. 

Amourèléto,  s.  f.  MorcUe;  Solanum  nigrum,  Linn. 
Plante  de  la  famille  des  Sulanées,  commune  le  long  des 
murs  ou  sur  le  bord  des  chemins.  La  même  que  le  Piêio- 
can.  —  V.  c.  m.  • 

Etym.  du  gr.  (i{xaup<Sç,  sombre,  noirâtre. 

Amouriè,  s.  m.  Mûrier;  Morus,  Linn.  Cet  arbre,  qui 
joue  un  rôle  principal  dans  les  préoccupations  du  pays, 
offre  deux  espèces  et  un  très-grand  nombre  de  variétés. 
Le  mûrier  noir,  Morus  nigra,  Linn.,  qui  se  plante  dans 
les  terrains  les  plus  arides,  est  impropre  à  l'éducation  des 
vers  à  soie,  à  cause  de  la  durelé  et  de  la  grossièreté  de  sa 
feuille,  dont  les  fibres  et  les  nervures  sont  trop  ligneuses 
à  sa  maturilé.  11  produit  la  mure  noire  employée  à  faire 
les  conserves  et  les  sirops  de  mures.  Les  Gé venues  avaient 
autrefois  beaucoup  de  inùriei-s  noirs  qui  ont  du  céder  la 
place  au  mûrier  blanc,  Morus  a/6a,  devenu  si  populaire  et  si 
vénéré  de  nos  jours.  Cependant  le  cul  te,  ou  la  culture  du  mû- 
rier, est  suivi  avec  moins  de  ferveur  et  est  menacé  d'aban- 
don, tant  la  persistance  des  maladies  des  vers  àsoie,  l'insuccès 
des  éducations  ontjeté  de  décourageaient  dans  les  pays  séri- 
cicoles.  11  n'y  a  pas  vingt  ans,  même  dans  les  montagnes, 
le  moindre  coin  de  terre,  une  anfractuosité  de  rocher  étaient 
utilisés,  et  un  mûrier  était  planté,  cultivé,  élevé,  et  pros- 
pérait dans  la  plus  petite  place  ;  aujourd'hui  on  a  des  pré- 
férences pour  la  vigne,  et  l'agriculture  de  nos  contrées 
cévenoles  semble  tendre  à  se  modifier  profondément. 

Amouro*  s.  /*.  Mûre,  fruit  du  mûrier  et  de  la  ronce.  — 
Celle  du  mûrier  blanc  est  blanche,  douceâtre,  fastidieuse; 
les  porcs  en  sont  friands  ;  mais  elle  est  rare,  parce  qu'on 
la  fait  tomber  avant  sa  maturité  en  cueillant  la  feuille. 
Elle  ne  mûrit  que  sur  quelques  arbres  qui  restent  sans  être 
dépouillés.  —  L amouro  d'arounze,  la  mûre  de  la  grande 
ronce  ;  Vamouro  dé  bartas,  la  mûre  de  buisson  :  elle  vient 
presque  par  grappes,  noire  et  douce  ;  l'amouro  dé  damo, 
la  mûre  de  la  ronce  rampante,  qui  croit  dans  les  champs  : 
elle  est  aigrelette  et  agréable  au  goût. 

Étym.  du  lat.  Morum,  mûre,  dér.  du  gr.  à[iMi^,  sombre, 
noir. 

AmonroÙB,  ouso,  adj.  Mollet,  souple,  moelleux;  doux  ; 
aimable.  En  lang.  l'acception  de  :  Amoureux,  qui  a  de 
l'amour,  ne  vient  que  par  imitation  du  fr.  —  Amouroùê 
coumo  un  bartas,  par  contre-vérité,  doux  comme  un  iiagot 
d'épines. 

Amourooel,  v.  Rendre  souple,  ramollir;  assouplir; 
adoucir.  —  Dé  pan  amourous^,  du  pain  ramolli  par  l'hu- 
midité. 

Dér.  de  Amown^. 

Amourli,  v.  Amortir;  calmer;  Meiadie;  Ptkmt  k 


46 


AN 


AN 


vivacité,  Tardenr,  la  violence;  rendre  plus  faible.  — 
Amourti  un  co,  affaiblir,  amortir  la  portée  d'un  coup.  La 
baio  i'amourtiguè  §ui  soun  mantM,  la  balle  ne  put  tra- 
verser son  manteau ,  elle  fit  balle-morte.  AtnourU  ioun  eo, 
appesantir  un  coup  de  bâche  ou  de  houe  sans  tirer  à  soi  la 
terre  ou  Téclat  de  bois. 

Dér.  de  Mort, 

'  Amoartiëïra,  «.  Garnir  de  mortier,  fixer  avec  du  mor- 
tier. —  Bien  amourtièïra,  amourtUtra  à  pérpàou  uno  bat- 
tisso,  employer  suffisamment  de  mortier,  noyer  convena- 
blement les  moellons  dans  le  mortier,  de  manière  à  ne  pas 
laisser  des  vides  dans  les  joints. 

Dér.  de  Mourtiê. 

Amousaa,  v.  Eteindre;  calmer;  mater;  réduire  au 
silence,  faire  taire.  —  Amoussa  lou  pd,  lou  lun,  éteindre 
le  feu,  la  lampe.  Fatié  hé  déioun  crano,  mait  Vaguera  lêou 
atnoussa,  il  faisait  le  crâne,  mais  j'eus  bientôt  rabattu  son 
caquet. 

Dér.  de  Ht.  Amonare. 

Amonstéll  (s*),  v.  Maigrir;  devenir  fluet;  prendre  un 
visage  pointu  comme  une  belette. 

Dér.  de  MoustUo. 

Amontéll,  ido,  adj.  Grumelé;  formé  en  grumeaux,  en 
caillots. 

Dér.  de  Moutil. 

Amontl,  ido,  adj,  Gazonné;  devenu  herbeux;  tallé.  — 
Se  dit  d'un  pré  qui  est  assez  foulé,  tassé,  pour  pouvoir  être 
arrosé. 

Dér.  de  Mouto. 

Amnsa,  v.  Amuser,  divertir;  occuper  en  jouant;  faire 
prendre  le  change  ;  tenir  le  bec  dans  l'eau  ;  distraire  quel- 
qu'un pour  l'empêcher  de  voir  clair  à  ce  qui  se  passe. 

Dér.  de  rallcm.  JUusen,  être  oisif. 

Amuaamén,  t.  m.  Amusement;  ce  qui  amuse;  passe- 
temps;  action  de  tympaniscr  quelqu'un.  —  Fôou  pas 
préne  aquà  en  amutamén,  il  ne  faut  pas  le  prendre  en 
plaisanterie. 

Amnsan,  anto,  adj.  Amusant,  divertissant;  qui  fait 
passer  le  tempe. 

Amoaéto,  «.  /.  Jouet;  bagatelle.  —  Saïqueméprénetpér 
Umn  amuêeto?  tu  veux  sans  doute  faire  de  moi  ton  jouet t 

An,  suffixe  qui  provient  du  lat.  anui,  anum. 

Notre  langue  doit  beaucoup  au  latin  :  elle  lui  a  pris  des 
mots  et  presque  toutes  les  désinences  qui  s'ajoutent  aux 
radicaux  pour  constituer  des  mots.  Mais  le  celtique,  qui 
fut  son  élément  natif,  lui  a  laissé  aussi  certaines  de  ses 
formes,  de  ses  intonations,  de  ses  constructions.  Nous  aurons 
plus  d'une  occasion  de  signaler  cette  fusion  des  deux  langues, 
leur  existence  parallèle,  et  de  suivre  à  ces  lueurs  la  marche 
qui  les  a  fait  arriver  à  notre  languedocien  moderne;  surtout 
dans  les  suffixes,  ces  syllabes  accessoires  qui  s*attachent 
A  un  radical  pour  en  étendre  et  en  modifier  le  sens;  et  dans 
les  noms  propres  de  lieu,  toujours  aignificatifs,  plus 
iflahérahkis  qu'ancmi  antoe  mot.  .^  Fby.  A§np. 


Pour  adjectiver  un  substantif,  pour  marquer  le  rapport 
d'une  personne  on  d'une  chose  à  l'objet  auquel  elle  appar- 
tient ou  dont  elle  dérive  ou  fait  partie,  les  Gaulois  se  ser- 
vaient de  la  terminaison  a«  ou  m  ajoutée  an  mot  ;  les  lan- 
gues néo-celtiques,  le  bas-breton  et  l'armoricain  ont 
conservé  cette  forme.  Rome  victorieuse ,  en  imposant  sa 
langue  à  nos  contrées  méridionales,  les  premières  soumises, 
et  à  toute  la  Gaule,  n'abolit  pas  cependant  l'idiome  national. 
Elle  avait  surtout  à  respecter  les  appellations  locales,  sous 
peine  de  ne  pouvoir  plus  ni  s'entendre  ni  se  reconnaître; 
mais,  par  droit  de  conquête,  elle  leur  imprima  le  cachet 
propre  de  son  génie.  Sa  formule  générale  était  dans  les 
finales  us  et  um  avec  la  même  portée  que  ae  et  ee;  mais 
effe  avait  plus  particulièrement  anuM  et  anum,  d'une  iden- 
tité très-rapprochée.  Ainsi  commença  à  se  latiniser  le  gau- 
lois. Dans  la  catégorie  que  nous  étudions,  un  nom  ou  un 
mot  se  rencontrait-il  en  même  temps  dans  les  deux  idiomes, 
de  signification  et  de  structure  pareilles,  la  terminaison 
caractéristique  latine  était  jointe  à  sa  finale  locale,  par  une 
sorte  de  pléonasme  de  suffixes  ;  était-il  purement  celtique, 
à  radical  barbare,  sans  correspondant  latin,  on  le  traduisait, 
ou  bien  le  vainqueur  se  l'appropriait  par  l'addition  du  suf- 
fixe, à  lui  propre,  en  anus  et  anum.  Les  mêmes  procédés 
de  formation  et  de  composition  des  noms  communs  et  des 
noms  propres  persistèrent  tant  que  dura  le  contact  et  la 
promiscuité  des  deux  langues.  C'est  pour  cela  que  l'emploi 
de  l'une  ou  de  l'autre  de  ces  formes  ne  détermine  ni  l'âge 
ni  la  date  d'un  mot,  non  plus  que  d'une  dénomination 
locale.  Mais  par  là  aussi  se  comprennent  assez  bien  les 
variantes  qui  s'attaquent  à  la  finale  en  laissant  partout  inva- 
riable le  corps  même  des  mots.  On  trouve,  dans  le  Midi, 
la  désinence  ac,  abrégée  pour  nous  en  a  simple,  ailleurs 
changée  en  at,  qui  représente  le  celt.  ae  ou  ee,  en  lat.  oeta 
et  acum,  à  côté  d'une  localité  à  finale  en  an,  altération  de 
anus  et  anum,  analogue  aux  précédentes.  Ici  encore  cette 
dernière  finale  est  souvent  reproduite  par  anieœ,  dériva- 
tion directe  ;  et  la  langue  vulgaire,  au  moyen-âge,  tradui- 
sait en  anègues,  dont  notre  languedocien  a  fini  par  faire 
argus.  Dans  le  nord  de  la  Gaule,  le  latin  avait  aussi  ses 
finales  constantes  en  aeum  et  anum  ;  mais  le  roman  et  le 
français  leur  ont  substitué  des  finales  en  é,  y,  tes,  etc.  On 
en  conclut  avec  raison  que  tous  ces  suffixes  sont  de  même 
valeur  et  égaux  entre  eux.  —  Voy.  Fart.  Agno,  et  pour 
les  exemples,  les  mots  Marligna,  Martignargues ,  Stto»- 
tMi^no,  et  autres. 

Le  suffixe  an  =  anus,  anum,  =  œ,  m,  ss  actif,  oevm, 
marque  une  idée  de  collectivité,  de  provenance,  de  pro- 
priété. Lou  fidan,  lou  fïan,  lou  fémtian,  lou  mûmlon  sont 
des  substantifs  collectifs  pour  dire  :  les  brebis,  les  filles, 
les  femmes,  les  bêtes  do  trait  et  de  somme,  en  général. 
Gomme  expression  du  sens  de  propriété,  tontes  les  varianloi 
se  reproduisent  dans  beaucoup  de  noms  de  lieu.  <—  Foy. 
Martignarguê,  MaUUirguê,  Pâouta,  Sâouvagma,  etc., 
Lidignan,  Poumpignan,  et  autres. 


ANC 


AND 


47 


An,  f .  m.  An,  année.  —  Van  dé  daShiaï,  l*année  avant- 
dernière;  il  y  a  denx  ans.  AtOan,  l'an  dernier.  —  F.  c.  m. 
Bavan  attian  «  il  y  a  deux  ans.  HiuH  fài  un  an,  aujour- 
d'hui il  y  a  un  an.  Cùwnénifo  mou»  an»  pér  ealéndo»,  il 
oompfle  aes  années  à  partir  de  la  Noâ.  L'an  dâou  hi»»è», 
l'année  binextile.  —  Foy.  B%»»i». 

0ér.  du  lat.  Annu», 

An,  V^  pvr».  flur.  indie,  pré»,  du  verbe  Avédre;  ils  ou 
elles  oat. 

Ana,  V.  Aller;  marcher  ;  avancer  ;  se  mouvoir;  se  trans- 
porter d'un  lieu  dans  un  autre;  changer  de  place  du  point 
où  l'on  est  à  un  autre  ;  s'étendre  au  loin  ;  être  contenu, 
renfermé  ;  entrer.  —  Vàou  à  la  mé»»o,  je  vais  à  la  messe. 
YoM  à  Pari»,  tu  vas  à  Paris.  Fcn  fÀXê,  û  marche  vite.  Anin 
fian,  allons  lentement.  Ana»'y,  allez-y.  Anèrou  âou  maxé, 
ils  allèrent  à  la  campagne.  Y-anan  ana,  nous  y  allons  à 
l'instant,  nous  nous  y  rend(His  surThenre.  Faïpa»  qu'ana 
et  vini,  il  ne  fait  qu'aller  et  venir.  Vat  d'aïeî  àou  fin  foun, 
il  s'étend  d'ici  au  fond.  Fat  ha»,  il  plonge  profondément. 
Toui  aquô  anara  pa»  dine  aquél  »a,  tout  cela  n'entrera  pas 
dans  ee  sac,  ne  peut  être  contenu  dans  ce  sac.  Aquéh  rodo 
vol'  pa»,  va»  mâou,  ce  rouage  ne  marche  pas,  manœuvre 
mal. 

S'énrana,  S'm aller;  partir;  disparaître;  quitter  un  lieu; 
et  quelquefois  simplement  aller.  —  La  taquo  t'é»  én-anado, 
la  tache  a  disparu.  La  eouiaà  l'én-vat,  la  couleur  s'efface, 
se  ternit.  On  dit  d'un  malade  :  S'én-vaï  tant  que  po,  il 
d(^)érit  à  vue-d'oûl,  il  marche  à  grands  pas  vers  la  fosse. 
Lou  la  »'én-vaï  en  aï^,  le  lait  tourne  en  petit-lait.  On  dit 
d'un  domestique  à  gages  :  »'én'Vaï,  il  quitte  ses  maîtres  ou 
il  est  renvoyé.  Lou  pà  t'én^vaï,  le  feu  s'éteint  faute  d'ali- 
meot.  Aquél  éfan  couménço  à  l 'dn-ana  »oulé ,  cet  enfant 
commence  à  aller,  à  marcher  seul.  Tout  »oun  bon-sén  »'é» 
àiHina,  tout  son  bon  sens  est  parti.  Coumo  n'én-van  lou» 
a/aiiret?  comment  vont  les  affaires?  Coumo  n'én-vai?  quelle 
tournure  cela  prend-il  t 

Dér.  de  l'ital.  Andar», 

Am,  f.  m.  Manière  d'être,  de  vivre;  état  de  santé.  — 
Aigmb'»  somi  ana,  c'est  sa  manière  d'être  ou  de  faire.  Mé 
démandi  moun  ana,  il  me  demanda  des  nouvelles  de  ma 
santé.  —  On  (fit  aussi  subst.  fai  Vana  et  lou  vénl,  il  fait 
l'aller  et  le  retour;  lou  vdi  et  lou  vèn,  le  va-et-vient. 

Ascboio,  ».  f.  Anchois;  Clupea  enercuidiolu» ,  Linn. 
Petit  poisson  de  mer,  sans  écaille,  que  Ton  sale  pour  man- 
ger cm.  11  ne  faut  pas  confondre  Vanehoto  avec  la  »ardo, 
qui  n'a  hen  de  commun  avec  la  première  que  la  saumure. 

—  il  iout  m»  hourda»  d'ancho^,  il  a  les  yeux  rouges, 
fhsiwfflw  et  ératHés.  E»quicha»  coumo  d'anehoio»,  pressés 
oamme  hai^Rigs. 

lAtym.  dn  oelt.  Jneàova. 

Ancien,  èno,  a4j\  Vieux,  vieillard;  ci-devant,  anden. 

—  Moun  andèn,  mon  père  ou  mon  aïeul.  B»  un  aneiin, 
cM  «l 'vieillftnl. 

ninprQine  bv  ir. 


Anciènèta,  «.  f.  Mode  ancienne,  et  non  ancienneté  ou 
antiquité. 

Formé  de  Ancien. 

Ancro,  ».  f.  Encre,  liqueur  noire  pour  écrire.  —  Mé  faï 
»u»a  V ancro,  il  me  donne  une  peine  horrible. 

Dér.  de  l'ital.  inehiottro. 

Ancro,  ».  f.  Ancre  de  navire,  instrument  de  fer,  à  bran- 
ches aiguës,  qu'on  jette  au  fond  de  l'eau  pour  arrêter  les 
vaisseaux. 

Dér.  du  lat.  Anehora. 

André,  n.  pr.  m.;  au  fém.  Andrèïo.  Dim.  m.  Andréné, 
Andrètté;  dim.  f.  Andrèiélo,  Andrènéto.  —  Il  est  à 
remarquer  que  le  fém.  Andrèïo  ne  se  donne  qu'à  la  femme 
d'André,  et  non  point  pour  prénom  à  une  fille.  On  appelle 
Andrèiéto  ou  Andrènéto  la  fille  ainée  d'André,  lorsque 
celui-ci  est  un  nom  patronymique. 

Andriou  (Sent-),  n.  pr.  de  lieu.  Saint- André  :  nom 
commun  à  plusieurs  villages. 

Andronno,  f.  f.  Cul-de-sac;  plus  particulièrement  la 
petite  ruelle,  ou  espace  vide,  qu'on  est  obligé  do  laisser 
entre  deux  maisons  qui  ne  veulent  pas  de  mitoyenneté,  et 
par  où  s'écoulent  les  eaux  des  toits.  C'est  ce  qu'on  appelle 
en  termes  de  coutume  :  le  tour  ou  le  pied  de  l'échelle.  On 
lui  donne  aussi  le  sens  de  :  latrines,  privé,  lieux  d'aisance. 
Dans  cette  acception,  étym.  du  grec  àvSpoiv,  lieu  écarté, 
petite  salle  réservée  aux  hommes,  qui  est  traduit  aujour- 
d'hui dans  les  gares  de  chemin  de  fer  par  :  Côté  de»  homme», 
même  sign.  Dans  la  bass.  lat.,  Androna^ 

Andnsén,  énquo,  adj.  D'Anduze;  qui  habite  ou  qui  con- 
cerne Anduze. 

Andnso,  t.  f.  n.  pr.  Anduze,  ville  du  département  du 
Gard.  —  Si  l'on  voulait  se  contenter  de  la  forme  latine  de 
ce  mot  pour  expliquer  sa  dérivation  et  sa  forme  actuelle, 
rien  ne  serait  plus  simple  que  de  rapprocher  du  lat.  Andu- 
»ia,  le  ft.  Anduxe,  et  le  lang.  Anduso,  et  l'analogie  démon- 
trerait seule  la  parenté  et  la  descendance  en  ligne  directe. 
Le  mot,  quoique  venant  de  loin,  n'a  pas  assez  diangé  sur 
la  route  pour  n'être  pas  d'abord  reconnu.  Sur  un  petit 
monument  en  marbre,  conservé  au  musée  de  Nimes,  se  . 
trouve  inscrit  à  la  lête  d'un  groupe  de  plusieurs  noms  de 
localités  gallo-romaines,  le  nom  à*Andusia,  sur  l'attribu- 
tion duquel  à  l'Anduze  moderne  aucune  contestation  ne 
s'est  élevée.  Depuis  cette  époque,  le  nom  est  fidèlement 
reproduit  par  les  plus  anciens  cartullaires,  et  presque 
sans  altération  il  est  arrivé  jusqu'à  nous.  Les  Romains 
avaient  donc  un  poste  militaire,  un  campement  d'une 
certaine  importance  qu'ils  appelèrent  Andusia,  sur  l'empla- 
cement de  la  ville  actueHc,  on  un  peu  au-dessus  vers  le 
sommet  dit  de  Saint-Julien  :  d'anciennes  constructions, 
des  médailles  M  des  antiquités  trouvées  sur  ce  point 
ajoutent  À  ht  dénomination  elle-même  la  certitude  de  l'occu- 
pation. 

Mlûis  la  difficulté  étymologique  n'est  pas  résolue.  Les 
vainqueur  Ae  la  Oaule  ié  montraient  surtout  jaloux  dflm- 


48 


AN£ 


ANI 


poser  aux  noms  doliî^uxd^  piys  soumis  la  forme  qui  con- 
venait au  g>nie  do  leur  langue  :  de  là  ccU3  terminaison 
latine  qu'ils  d  mn^r^nl  ^  ce  mot.  Or,  la  looilit^,  omme 
toutes  les  autres  inscrites  sur  le  monum3nt  antique  du 
Mus:^,  faisait  pirtie  du  t'^rritoire  dos  Vol  ces  An^cimiqu'^s, 
qui  avait  dos  villes  ou  des  bourgs  ass'^z  nombreux.  Par  con- 
séquent, elle  avait  aussi,  comme  les  autres,  son  mm  gau- 
lois ou  cellifiu?,  quand  W  Romains  vinrent  l'occuper  et 
la  classer  :  et  c'est  dans  le  plus  ancien  idiome  national  que 
sa  racine  doit  se  retrouver. 

IIîureus?mint  ici  s?  rencontrent  des  similaires  qui  peu- 
vent mntre  sur  la  voie,  et  faire  dH?rminer  sa  forme  pri- 
mitive. Sur  d-'ux  aut'?ls  votifs  découverts  dans  le  Midi,  et 
qui  portent  d'^s  inscriptions,  on  lit  :  Aniosso  et  Aniose; 
une  autre  ins  jription,  remarquable  par  s'^s  noms  gaul  ois, 
mentionne  «également  la  forme  Anios.  Enfin,  un  cippe 
funéraire  du  Mus^  de  Nimes  rappelle  encore  mieux  le 
nom  latinisa  en  écrivant  :  Anius.  Ce  no  sont  là,  sans 
doute,  que  des  rapprochements,  des  termes  d3  comparaison  ; 
mais  ils  permettent  d'admettre  avec  la  plus  grande  proba- 
bilité qui  la  forme  celtique  d'iifiiusta  est  Anios  ou  Anius. 
Le  premier  radical  ani»  haut,  élevé,  se  retrouve  avec  cette 
même  signification  dans  beaucoup  de  langues  anciennes. 
La  désinence  os  et  us  serait  réduplicative  avec  le  même 
sens.  Les  deux  montagnes  d'Anduze,  entre  lesquelles  coule 
le  Gardon,  l'emplacement  de  la  ville,  nous  paraiss?nt  auto- 
riser parfaitement  cette  étymologie  et  lui  donner  une  signi- 
fication caractéristique.  L'origine  antique  du  nom  et  son 
application  ne  peuvent  pas  être  douteuses. 

Anédo,  f .  f,  —  Voy.  AléJro. 

Anèl,  f .  m.  Anneau,  bague,  boucle  d*oreille. 

Sin-Jan-diU'Anils,  n.  pr.  Saint-Jean-de-Marvêjols,  oom- 
mone  de  rarrondissement  d'Alais,  canton  de  Barjac.  On 
l'appelle  aussi  :  SatAt-Jêan-dês-AnMaux,  parce  qu'autrefois 
on  y  fabriquait  quantité  de  bagnes  de  crin,  qui  étaient  un 
des  principaux  objets  de  commerce  à  la  foire  qui  8*y  tient 
le  19  août. 

Dér.  du  lat.  AnMus,  dim.  de  annulus, 

Anéla,  v.  Boucler;  anneler;  tourner  en  volute.  —  On 
dit  proverbialement  d*un  homme  qu*oti  ne  peut  décider  k 
terminer  une  affaire  :  A  fou  mâou  dé  la  quà  d^un  par, 
oMo  toujaisr  ttjamaU  noun  nouio,  il  est  comme  la  queue 
d'un  porc  qui  s'entortille  et  ne  se  noue  jamais. 

Dér.  de  Anii. 

Anèlo,  s.  f.  Anneau  de  rideau  ;  virole  de  toute  sorte 
d'oatils.  —  AfMo  dé  pèoui,  boucle  de  cheveux. 

Dér.  du  lat.  AnMus. 

AnéqiiéU  (s*),  v.  S'exténuer,  s'amaigrir  de  faim,  de 
froid,  de  manque  de  soins  ;  devenir  k  rien. 

Dér.  du  lat.  NiKU,  on  de  1100  aiêrê,  1100  alihu. 

ABén,  I'*p0rf .  piur.  impér.  du  v.  Ana.  Allons.  Se  prend 
ioavent  comme  interjection.  ^  Anin  à  ta  fm,  allons  k  la 
fiMitaine.  JfOii.eAii,  allons!  silence.  iluAi/  mou/  pèrvUrê, 
idîolitmeitilvoyoQsdûool  iiOn/véïiirv/af,  il  ne  viendra 


pis;  il  faut  en  prendre  son  parti.  Anént  moun  home,  ou 
fas  bien,  c'est  cela,  mon  garçon,  tu  le  fais  bien. 

Anfèr,  s.  m.  Enfer;  lieu  où  les  damnés  éprouvent  un 
supplice  éternel;  diable,  diablotin;  fosse  d'un  pressoir  k 
huile,  où  l'on  fait  écouler  les  eaux  de  la  cuve,  aprâs  en 
avoir  enlevé  Thuile  à  la  surface.  Ces  eaux  ainsi  rejetées 
conli-^nn  *nt  cncire  de  l'huile,  que  les  employés  du  moulin 
recueillent  quand  elles  sont  reposées;  mais  cette  huile  der- 
ni'^ro  est  toujours  plus  épaisse,  plus  chargée  et  de  qualité 
inférieure;  on  l'appelle  :  OH  d'anfèr. 

Dér.  du  lat.  Inferi. 

Anfbi,  ah.  Enfin;  à  la  fin,  en  dernier  lieu. 

Formé  du  làt.  In  fine. 

Anfla,  V.  Donner,  appliquer  un  soufflet  ;  souffleter. 

D^r.  du  lat.  infl'gsre,  appliquer,  frapper  violemment;  ou 
peut-être  de  inflire,  faire  enfler,  grossir,  parce  qu*uu  souf- 
flet très  fort  fait  enfler  la  joue. 

Anfle,  f.  m.  Soufilet  sur  la  joue. 

Angle,  s.  m.  Angle,  ouverture  de  deux  lignes  qui  se 
rencontrent  ;  coin,  recoin.  —  Angle  dé  ro,  couches  et  veines 
de  terre  végétale  qui  se  trouvent  dans  les  diverses  assises 
d'un  rocher. 

Dér.  du  lat.  Angulus. 

Angles,  s.  m.  Créancier  fâcheux,  importun.  — L'origine 
de  ce  mot  vient  évidemment  d'un  temps  où,  en  France, 
on  ne  connaissait  pas  de  rencontre  ou  de  vue  plus  déplai- 
sante que  celle  d'un  Anglais,  maître  du  territoire. 

Angles,  éso,  adj.  Anglais,  anglaise,  qui  est  d'Angle- 
terre. 

Angléso,  s.  f.  Redingote,  dont  la  forme  et  la  coupe  ont 
été  importées  sans  doute  d'Angleterre. 

Angnièlén,  énqao,  adj\  Qui  tient  de  la  forme  et  de  la 
natur3de  l'anguille.  —  Se  dit  an  prop.  et  au  fig.  de  quel- 
qu'un ou  de  quelque  chose,  long  et  menu,  qui  échappe 
facilement,  qui  glisse  en  se  tordant,  qu'on  ne  peut  saisir. 

Dér.  de  Anguiêlo. 

Angnièlo,  t.  f.  Anguille,  Murcma  anguiUa,  Linn.  Pois- 
son, de  la  famille  des  Pantoptôres  et  de  l'ordre  des  Holo- 
branches,  qui  habite  non-seulement  la  mer,  mais  les  laoi, 
les  étangs,  les  rivières  et  les  ruisseaux. 

Dér.  du  gr.  hf^sk\àç^  d'où  le  lat.  anguiUa,  on  de 
angui$, 

Ammàon,àondo,  adj,  Péjor.  Animâoudoi,  Grosse  bêle; 
grossier,  brutal.  —  AlimAou  n'est  que  la  corruption  de  ce 
mot,  et  il  ne  s'emploie  que  par  interjecti(Hi.  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Animal, 

Anlfli  f .  m.  Anis,  Pimpînêlla  aniium,  Linn.,  delafamille 
des  Ombellifères.  Plante  aromatique  originaire  d'Egypte» 
dont  la  graine  est  une  des  semences  chaudes.  —  Lat 
semences,  plutôt  que  la  plante  elle-même,  sont  aiari 
nommées. 

Dér.  du  gr.  dhrioov. 

Aniaêto,  s.  f.,  on  mieux  Nlsàto.  Aniaatte*  ean-de-vie 
anisée.— Cestrabsinthedesgensdapaaple.  Atendned'i 


ANN 


ANU 


4a 


«lie  est  extrêmement  nfralchissante  et  désaltère  beaucoup. 
—  Voy,  Nisèto. 

Dér.  de  Anh, 

AniBses,  t.  m.  pi.  Laine  on  poil  d*agneau,  qui  sert  à 
laire  les  chapeaux  de  feutre  les  plus  grossiers,  qu'on  nomme 
chapeaux  de  laine. 

Dèr.  du  lat.  Agni,  gén.  d'agnui, 

Aniior,  t.  m.  Cresson  des  jardins,  cresson  alénois,  nasi- 
tort;  Lêpidium  $aUvum,  Linn.  Plante  de  la  famille  des 
Crucifères,  potagère ,  qu'on  met  dans  le  bouillon  et  dont 
on  mélange  la  salade  de  laitue. 

Corr.  du  fr.  Nasitort,  peut-être  aussi  dér.  (ÏAnis,  dont 
il  a  un  peu  la  saveur. 

Anje,  ou  mieux  Anjou,  s.  m.  Dim.  Anjouné.  Ange, 
créature  spirituelle  d*un  ordre  supérieur  à  T humanité.  Petit 
ange,  se  dit  souvent  des  petits  enfants.  —  Anjou  boufarèl, 
c'est  une  de  ces  tètes  d'ange,  sans  corps,  avec  des  ailes, 
qu'on  trouve  dans  les  tableaux  et  dans*  l'architecture 
d'église,  toujours  bouffies  et  qui  semblent  souffler,  comme 
les  tètes  de  vent  qui  viennent  du  paganisme.  On  dit  d'un 
enfant  joufflu  et  vermeil  :  Sémblo  un  anjou  boufarèl,  et 
d*un  joueur  qui  a  tout  perdu  et  se  retire  de  la  partie,  nu 
et  dépouillé  :  Anara  coucha  émbé  lout  anjous. 

Dér.  du  lat.  Angélus, 

Anjèlns,  s.  m.  Angélus,  prière  que  les  catholiques  fon^ 
en  l'honneur  de  la  sainte  Vierge,  le  matin,  à  midi  et  le 
soir.  Désigne  aussi  le  point  du  jour  et  la  nuit  tombante  ; 
la  sonnerie  qui  annonce  l'heure  de  cette  prière. 

Dér.  du  lat.  Angelut. 

Anjou,  f .  m.  —  Voy.  Anje. 

Anjonné,  t.  m.  —  Voy.  Anje, 

Anjonnén,  énqao,  adj,  Angélique,  qui  tient  de  l'ange, 
qui  appartient  ou  qui  est  propre  à  l'ange. 

Dér.  de  Anjou, 

Annadiô,  dièîro,  adj.  Qui  n'est  pas  pareil,  qui  ne  pro- 
duit pas  également  chaque  année  ;  casuel.  —  L'oulivU  i$ 
Uèn  annadii,  l'olivier  ne  produit  pas  tous  les  ans,  il  est 
soonns  à  bien  des  éventualités.  —  Dans  le  même  sens,  on 
dit  d'un  homme  d'humeur  inégale,  qu'^  joumaïè,  il  est 
journalier. 

Dér.  de  Annado. 

Annado,  ».  f.  Année  ;  annuité.  —  Ce  mot  n'est  pas 
employé  comme  synonyme  de  an  pour  le  oomput  du  temps, 
mais  simplement  pour  l'ensemble  des  récoltes  de  l'année.  — 
Âomrén  uno  bono  annado  dé  bla,  nous  aurons  cette  année 
«ne  bonne  récolte  de  blé.  L'annado  dàou  fanfaroù,  lou 
piiean  béguiprou;  cette  phrase  proverbiale,  empruntée  i 
U  sagesse  des  anciens,  signifie  que  lorsqu'il  y  a  abondance 
de  fanfaroùM  au  printemps,  il  y  aura  une  bonne  récolte 
de  vin.  fVoy.  FanfaroîiJ,  L'annado  H  préêénto  bien,  il  y 
a  bonne  apparence  de  récolte  cette  année. 

La  bono  annado,  la  bonne  année  ;  souhaits  du  premier 
jour  de  l'an,  dont  le  protocole  est  :  Voue  »ouhiu  la  bono 
mmmmdo,  aeoumpagnado  dé  foteo  d'âouiro»,  La  plupart  du 


temps  on  supprime  cette  finale,  et  l'on  dit  simplement:  La 
bono  annado  aeoumpagnado. 

Dér.  du  lat.  Annus. 

Anno,  »,  f.  n.  pr.  Dim.  Annéto,  Nanoun,  Nanéto.  Anne» 
Annette,  n.  pr.  de  femme. 

Anonnça,  v.  Annoncer,  faire  savoir;  publier;  pronos- 
tiquer, présager.  — S'anounçabièn,  se  produire  avec  avan* 
tage;  s'exprimer  avec  facilité  et  élégance. 

Emprunté  du  fr. 

Anonnciea,  s.  m.  pi.  Bans  de  mariage;  publication  de 
mariage.  — An  crida  sou»  anouncie»,  on  a  publié  ses  bans. 

Dér.  du  lat.  Nuntiare. 

Anquado,  ».  f.  Fessée  ;  claques  ;  coups  de  la  main  sur 
le  derrière.  —  Ficha  uno  anquado,  donner  une  fessée  ;  fouet- 
ter avec  la  main  sur  les  fesses.  Cette  expression  n'est  usi- 
tée qu'à  rencontre  d'un  enfant. 

Dér.  de  Anquo. 

Anquo,  ».  f.  Au  sing.  Fesse;  au  plur.  Las  anquos  sont 
les  hanches,  partie  latérale  du  bassin  située  au  haut  de  la 
cuisse. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Anea,  m.  sign.,  ou  du  gr.  ipu&v, 
angle  saillant. 

Ansin,  adv.,  ou  Énsin,  Ênsindo.  Ainsi,  de  cette  ma- 
nière, de  cette  façon;  c'est  pourquoi,  de  même.  —  Pér 
ansin,  par  conséquent,  partant. — ^Aquà's  pas  an»in  que 
fôou  faire,  ce  n'est  pas  la  manière  de  faire  cela.  Ansin 
siègue,  ainsi  soit-il.  Crése  que  siè»  un  pâou  an»in,  je  crois 
que  tu  rêves,  que  tu  radotes  :  euphémisme  délicat. 

Dér.  du  lat.  /n  et  fie. 

Antan,  adv.  L'an  dernier;  autrefois,  jadis,  ancienne- 
ment. —  En  vieux  fr.,  on  disait  antan,  comme  on  le  voit 
par  ce  dicton  encore  admis  :  Je  m'en  soucie  comme  des 
neiges  à'antan.  —  Davan-antan,  adv.  L'année  avant-der- 
nière. Ma»  amour»  d*anian,  mes  vieilles  amours. 

Dér.  du  lat.  Anti  annum, 

Antièno,  »,  f.  Antienne;  mauvaise  nouvelle,  commis- 
sion fâcheuse  ;  demande  pénible. — Pourta  Vantièno,  faire 
une  commission  désagréable  pour  celui  à  qui  elle  s'adresse; 
solliciter. 

Empr.  au  fr. 

Antilo  (Batre  1') ,  «.  Battre  la  campagne,  courir  le9 
champs.  —  Phr.  faite,  mot  d'argot  français. 

Antignargne,  f .  m.  n.  pr.  de  lieu.  Antignargues,  ha- 
meau dépendant  de  la  commune  d' Aigrement,  canton  de 
Lédignan,  arrondissement  d'Alais.  En  lat.  AnHnhatùem  et 
Entrinnaniea  :  roman ,  Entrinnanègue», 

Dér.  du  celt.  Ant,  and,  anH,  devant,  en  avant;  avec  la 
désinence  lat.  anicœ,  transformée  par  la  langue  vulgaire 
en  anigue»  et  argue».  —  Voy.  Argue.  Ses  analogues  se 
retrouvent  dans  Antignac  (Hérault,  Cantal,  Haute-Garonne); 
dans  Antignate  (Lombardo-Vénétie)  ;  dans  Antigni  ou  Anti- 
gny  (Vienne,  Vendée,  Côte-d'Or),  et  dans  Antin  (Hautes- 
Pyrénées). 

Annîa  ou  Annèjai  v.  Ennuyer,  causer  de  Fennui;  iati- 

7 


so 


AOU 


AOU 


gner.  —  Timi  a^  m'anwioj  toat  cda  m*eimiiie,  me 
ùtigne. 

Annia  (s*),  v.  S^ennnyer,  laDgair  d*eimui;  perdre  le 
goût  d*iiiie  diose  dont  oft  a  fisô  longtemps. 

Dér.  da  gr.  Ivvoia,  tension  d^esprit,  application  forcée. 

Anttè,  adv.'-^Vay,  Agnuè. 

AllQèohA{8*),  «.  —  Vùy-  Agnuèeka  (m*), 

Aon,  particule  «f  orf.  iing,  nuue.  an  datif.  An.  Il  est 
la  contraction  de  à  iou  pour  former  le  datif.  Aou  s'emploie 
qnand  le  suliet.  aaquel  il  s*appliq[iie,  commence  par  nne 
OMisonne.  An  plnr.  datif,  il  fait  ai,  contraction  de 
à  loui,  anx;  comme  le  dat.  sing.  fém.  à  la,  donne  à 
la»,  anx,  plnriel.  —  iioti  puplB,  an  peuple,  a»  puple$, 
aux  peuples;  à  la  fénno,  à  la  femme,  à  las  fermai,  aux 
femmes. 

La  chute  de  17  du  radical  primitif  al  a  produit  la  con- 
traction âou,  dipht.,  qui  se  prononce  par  une  seule  émis- 
sion de  voix,  et  dont  la  première  voyelle  est  tonique  pa  r 
faccent  circonflexe.  Gequi  motiverait  assez  bien,  au  moins 
pour  l'article,  la  manière  d'écrire  que  nous  préférons. — 
roy.  Al. 

Hais  cette  forme,  qui  est  également  appliquée  aux 
voyelles  e,  i,  o,  alors  qu'elles  deviennent  aussi  diphthon- 
guespar  l'adjonction  de  la  consonnance  ou,  a  été  l'objet  de 
vives  critiques.  Avant' de  justifier  des  motifs  qui  nous  font 
rester  réfractaire  aux  réformes  en  vogue,  qu'il  nous  soit 
permis  de  présenter,  m  Hmina  litii,  un  exp(»é  de  quelques 
principes  généraux  sur  la  matière,  préliminaire  indispen- 
sable de  toute  discussion. 

Notre  Dictionnaire,  par  droit  de  naissance,  avait  son 
(Mlbographe  toute  faite  dans  la  nomenclature  dressée  par 
Là  Fare-Alais.  Ce  catalogue,  patiemment  élaboré  sous  le 
ccmtràle  d'une  critique  que  l'intimité  rendait  plus  rigou- 
reuse parce  qu'elle  était  plus  libre  et  plus  familière,  n'avait 
pas  seulement  en  vue  de  relever  un  à  un  tous  les  mots  de 
notre  dialecte,  de  juger  de  leurs  droits  à  l'admission  ou  de 
prononcer  leur  rejet  définitif.  U  avait  encore  fallu,  pour 
les  enregistrer  dans  un  ordre  régulier,  déterminer  exacte- 
ment la  forme  et  la  structure  de  chacun  :  leur  classement 
posait  donc  les  bases  de  notre  méthode  orthographique.  Le 
savoir  du  mattre  et  son  goût  éprouvés  donnaient  à  ce  pre- 
mier travail  une  irrécusable  sanction.  Nous  pouvons  dire 
cependant  que  cette  nomenclature  nous  était  imposée 
moînt  par  déférence  pour  son  autorité,  que  par  une  con- 
^nxtàmk  réfléchie  de  suivre,  en  l'adoptant,  le  système  le 
plus  dair,  le  plus  rationnel  et  le  meillenr. 

A^«c  une  langue  comme  la  nôtre,  qui  n'a  ni  alphabet 
propre,  ni  régies  précises,  ni  syntaxe  bien  arrêtée  ;  qui  est 
IwAUOOiq)  pariée  sans  avoir  presque  de  prose  écrite  ;  qui 
nes'eit  produite  au  dehorsque  par  une  merveilleuse  poésie 
pavloitt  chantée;  maia  qui  veut  se  £sire  lire  et  comprendre, 
•iqui  mérite  d'ètie  étudiée;  un  dictionnaire  n*a  qu'une 
voie  â  prendre,  celle  qui  rapproche  autant  que  possible 
Pésritore  de  la  pnonondation.  Par  eda  que»  dans  notre 


idiome  essentiellement  muncal  et  euphonique,  le  sens  d' 
mot  dépend  le  plus  souvent  du  son  qui  lui  est  imprimé  en 
parlant,  il  est  nécessaire  que  la  lettre  écrite  soit  la  pein- 
ture de  la  voix  entendue.  Chaque  terme,  chaque  syllabe, 
figurés  par  les  signes  omvenus  et  usuels,  doivent  se  pré- 
senter avec  un  relief  tel  qu'ils  puissent  d'abord  être  épelés 
sans  hésitation,  puis  liés  régulièrement,  enfin  proncmcéa 
comme  l'usage  demande  et  veut  qu'ils  soient  articulés. 
Saisir  rapidement  l'onl,  la  voix  et  l'oreille  pour  arriver  par 
le  plus  court  chemin  à  Fintelligenoe,  c'est  le  but  que  se 
propose  notre  Lexique.  L'orthographe  phonétique  est  donc 
la  seule  que  comporte  notre  idiome  :  vdUt  le  principe. 

Seulement  la  règle  est  dans  la  mesure  et  ne  peut  se  sou- 
tenir que  par  des  tempéraments.  Une  rigidité  absolue  n'a 
rien-de  pratique  dans  les  conditions  de  l'idiome  méridional; 
et  l'éclectisme  large  et  simple  que  les  Castagnadoi  ont  for-- 
mule,  lui  convient  mieux  de  tous  points.  Certes,  si  noue 
avions  à  mettre  en  œuvre  les  richesses  enfouies  de  l'an- 
cienne langue  d'Oc,  avec  ce  trésor-là,  et  en  dépit  des  acces- 
sions nouvelles  que  le  temps  et  les  mœurs  nous  ont  impo- 
sées, nous  n'aurions  pas  hésité  à  relever  le  vieux  pavillon, 
à  proclamer  une  syntaxe  et  une  orthographe  spéciales,  k 
arborer  des  principes  radicaux  et  inflexibles.  Hais  nous 
n'en  sommes  pas  à  avoir  une  langue-maltresse  et,  comme 
on  dit,  iuijurii;  nous  ne  sommes  plus  le  roman.  Il  n'y  a 
pas  d'illusion  patriotique  à  se  faire  :  notre  idiome  s'est 
transformé  ;  sa  configuration  doit  se  ressentir  du  change- 
ment, s'il  y  a  progr^.  Soit  que,  remontant  aux  mêmes 
origines,  le  français  et  le  languedocien  aient  gardé  l'em- 
preinte de  leurs  éléments  primitifs;  soit  que  l'action  des 
mêmes  influences  ait  agi  sur  eux  d'une  manière  presque 
identique  au  moment  de  leur  seconde  formation,  dans  leur 
passage  du  roman  au  langage  actuel;  soit  que,  par  le 
contact  forcé ,  des  infiltrations  aient  pénétré  de  l'un  dans 
l'autre  ;  le  fait  certain  est  que  bien  des  mots  se  retrouvent 
dans  les  deux  langues,  sans  qu'il  soit  toujours  facile  de 
reconnaître  à  laquelle  appartient  la  primauté  de  composi- 
tion, ou  si  la  grefie  n'a  pas  une  date  contemporaine.  Cette 
catégorie  de  vocables  ne  saurait  manquer  d'engendrer  cer- 
taines conformités  d'orthographe.  Il  s'en  rencontre  d'autres 
que  l'usage  a  mis  dans  la  circulation,  qui  se  sont  natura- 
lisés et  qui  ont  acquis  droit  de  cité.  Si  nous  voulons  un 
Dictionnaire  complet,  nous  devrons  leur  faire  place. 

Cet  état  de  choses  était  de  nature  à  mitiger  notre  rigo- 
risme. Sauvages,  il  y  a  cent  ans,  avait  déjà  été  amené  à 
&ire  des  concessions.  Nous  avons  une  instinctive  antipa- 
thie, égale  au  moins  à  la  sienne,  pour  les  travestissements 
à  la  française  de  nos  techniques;  mais  la  crainte  de  nous 
confondre  avec  le  français  nous  préoccupe  moins.  Surtout 
le  désir  de  donner  à  notre  langue  originale  une  |diyaie- 
nomie  plus  originale  encore,  ne  nous  conduira  pas  A  défl- 
gurer  certains  mots,  au  point  de  dérouter  roâil  te  plus 
exercé,  ni  à  compliquer  certaines  liaisons  de  syllabes  par 
rintroduGtkm  de  lettres  parasites  on  biiarvas»  pour  la 


ÂOU 


AOU 


51 


«ûB&etlon  de  ne  pas  créer  des  reaaemblanoes  grai^qnes, 
^nand  il  y  a  an  fond  analogie  de  provenance  et  de  consan- 
foinité. 

%  avec  Sautaobs,  nous  reconnaissonB  que  tontes  les 
tetties  doivent  être  proncmcôes,  encore  &nt*il,  croyons* 
nous,  n*écrire  qne  celles  qui  se  prononcent*  qni  sont  snffi* 
smtas,  de  par  l'alphabet,  à  constituer  le  son  juste.  En  tout 
ee  qui  ne  blesse  pas  le  génie  de  la  langue,  il  n'y  a  pas  péril 
à  se  montrer  facile,  et  nous  indiquons  comme  exemple  la 
diphl.  m.  —  Voff,  Au 

Mm  à  part  cette  exception,  c'est  toujours  la  pnmoncia- 
tnn  vers  laquelle  converge  notre  orthographe  et  qni  lui 
sert  de  guide. 

Nous  entendons  les  docteurs  ès-grammaire  s*écrier  : 
mais  les  étymologies  que  vous  sacrifiez  avec  votre  sys- 
tème phonographique!  mais  les  homonymies  qui  vont 
pulluler,  semer  partout  la  ccHifnsion  et  nous  précipiter 
dans  le  chaos  !  Nous  tombons  dans  l'abomination  de  la 
désolation  prédite  par  Ch.  Nodier. 

Ces  anathémes  ne  seraient  pas  efifrayants,  ni  ces  griefs 
très-sérieux,  n'étaient  le  pédantisme  et  le  paradoxe  qui  les 
ont  parfois  éloquemment  enflés  ;  mais  que  les  timorés  se 
rassurent. 

La  part  des  étymologies  est  largement  faite  dans  notre 
lexique;  aihdessous  de  chaque  vocable  est,  autant  que 
possible,  placée  sa  dérivation.  Les  lettres  étymologiques 
savantes  ne  disparaissent-elles  pas  en  parlant?  Pourquoi  en 
surcharger  le  mot  écrit?  Ne  serait-ce  pas  le  plus  sûr  moyen 
de  le  rendre  inintelligible  à  la  lecture,  introuvable  à  la 
recherche  la  plus  obstinée,  et  d'en  fausser  l'épellation  ? 
Dans  les  cas  si  fréquents  d'apocope  et  d'aphérèze,  de  syn- 
cope et  de  métathèse,  de  mutation,  de  transposition,  d'ad- 
dition ou  de  suppression  de  voyelles  et  de  consonnes,  quel 
serait  le  parti  à  prendre  pour  éviter  le  barbarisme  en  écri- 
ture ou  la  cacophonie  dans  la  parole?  Les  savants  auraient 
bien  fait  de  commencer  par  résoudre  ces  difficultés. 

Quant  aux  homonymies,  avec  une  orthographe  pure- 
lÉeot  ^bonSqoBj  elles  existent  au  même  degré  dans  l'écrl- 
tiie  comme  dans  la  prononciation,  pour  la  vue  et  pour 
Fottfe.  Eh  Inenl  après?  Dans  le  langage  parlé  quelle  est  la 
ecxAftisioin  possible?  Dans  la  phrase  écrite  d'où  peut  naître 
l'inoertitude  ou  l'obscurité?  Avec  notre  méthode  d'accantê 
et  de  tiénia,  il  n'y  a  pas  de  mot  absolument  homographe. 
9n  ks  mâmes  lettres,  la  notation  donne  le  sens;  tonte 
amphibologie  est  prévenue  par  Taccent.  Il  n'y  a,  pour  s'en 
convainore,  qu'à  le  voir  fonctionner,  par  exemple,  dans 
èoAo  et  habd,  béou  et  beau,  eouUm  et  eouhà,  $én  et  ièn, 
«en  et  vàn,  pioeXfid,  léngado  et  Ungadà,  etc.,  etc.  —  Vay. 
au  mot  Aeén. 

Là  est,  en  effet,  le  pdnt  capital.  L'accentuation  est  le 
vrai  g6nie  de  la  langue  d'Oc.  C'est  par  l'accent  que  se 
module  la  gamnke  harmonique  de  sa  vocalisation  ;  l'accent 
qui  marque  la  tonalité  de  ses  cadences  brèves  ou  longues, 
soDoies  ou  muettes  :  il  est  Tàme  de  notre  langue. 


Gomme  disait  le  maître,  notre  idiome  «  vocalise  plutôt 
qn'il  n'articule.  *  Sa  parole  est  «ne  nmsiqpœ  et  une  mé- 
lopée :  il  ne  faut  pas  l'oublier.  Biais  son  ehant,  si  doux  k 
Foreille,  a  pour  se  traduire  aux  yeux  une  notaticm  :  pour 
eon  parler  écrit,  cette  notation  est  l'alphabet. 

La  langue  d'Oc  n'a  pas  un  instrument  fait  exprès  pour 
elle  ;  elle  a  partagé  avec  la  langue  d'Oïl  l'usage  de  l'an- 
cien alphabet  latin;  les  mêmes  combinaisons  de  signes 
produisent  à  peu  près  les  mêmes  effets.  Nous  ne  voycms* 
pour  notre  part,  aucun  mal  à  ce  qu'elle  s'empare  et  se 
serve  d'un  bien  qui  lui  appartenait  un  peu  aussi  ;  n'eùt- 
elle  même  pas  été  la  première  à  le  posséder.  Aujourd'hui 
c'est  peut-être  pour  elle  la  seule  condition  possible  de 
vivre,  de  se  faire  comprendre  et  étudier,  de  se  répandre 
par  le  monde  et  d'y  faire  figure.  Elle  a  donc  sagement  agi 
d'en  adopter  les  formes  ;  elle  a  fait  mieux  encore  de  suivre 
son  mouvement,  de  mettre  à  profit  sa  valeur  et  ses  perfec- 
tionnemenls.  Quel  regret  aurait^le  de  cette  communauté, 
si  les  caractères  de  l'alphabet  français  en  usage  peuvent 
r^résenter  tous  les  sons  languedociens  et  reproduire  fidè- 
lement sa  prononciation  7  11  sera  même  facile  de  prouver 
qu'elle  y  a  gagné  d'exprimer  certaine  consonnance  qui  lut 
était  particulière  et  qui  n'existait  pas  en  latin.  —  Voy, 
lettre  17. 

Maintenant,  à  la  question  de  notre  article,  que  ces  pré- 
mices auront  simplifiée.  Gomment  fautril  écrire  les  diph- 
thongues  ou  triphthcmgues  dans  lesquelles  se  rencontre  la 
consonnance  ou?  Nous  ne  parlons  que  de  la  première 
forme  sur  a  ;  les  autres  e,  i,  o  viendront  en  leur  lieu  :  eUes 
ont  toutes  d'ailleurs  les  mêmes  raisons  d'être.  —  Voy.  Eou» 
diphth. 

n  s'agit  d'une  diphth(mgue,  ce  qui  signifie  une  syllabe 
unique  composée  de  deux  sons.  La  voyelle  a,  éclatante* 
sonore,  n'est  pas  en  litige;  mais  comment  doit  être  repré- 
sentée la  seconde,  voyelle  sourde  et  aphone? 

Rien  ne  parait  plus  simple  que  la  réponse,  s'il  est  bien 
convenu,  une  fois  pour  toutes»  que  les  mots  doivent  être 
figurés  tels  que  dans  l'usage  oa  les  articule;  que  la  pro- 
ncmciation  doit  être  rendue  de  la  manière  la  plus  facile»  la 
plus  perceptible  au  ^us  grand  nombre  ;  qu'enfin  le  seul 
véhicule  connu  et  pratiqué  doit  être  l'ali^is^t  français.  U 
n'y  a  pas  à  vouloir  se  sonstraireà  cette  loi  de  la  néoessité^ 
ni  à  s'en  humMier.  Ge  n'est  point  un  tribut  de  vassaliti^ 
payé  an  finançais,  mais  le  partage  d'un  héritage  commua^. 
Que  l'on  s'en  plaigne,  à  la  bonne  heure  :  ce  peut  être  un 
agréable  exercice  d'esprit.  Que  l'on  trouve  une  regrettable 
imperfection  â  ne  pouvoir  exprimer  chaque  son  simple  pav 
un  signe  unique,  et  que,  par  exemple,  dans  la  conjonoturoi 
l'abréviation  grecque  u  (ou)  qui  ferait  si  bien»  ne  soit  pas 
admise  chez  nous;  nous  nous  gardons  d'y  omtredire.  lÛs 
nous  n'ai  serons  pas  moins  tenus,  quel  que  soit  notre  dia» 
lecte,  de  nous  servir  de  ce  que  nous  avons  et  comme  nous 
l'avons;  et  il  faudra  bien  s'en  contenter.  Il  semble  done 
qu'il  derrait  suffire  de  savoir  comment  l'alphabet  firaii> 


Vi 


AOU 


AOU 


çiis  tndait  en  lettres  le  son  qui  se  (ait  entendie  nette- 
ment, isolément,  à  la  finale  de  notre  diphthongne,  poor 
décider  que  la  langoe  d'Oc  doit  récrire  de  même.  Or,  la 
voix  M  est  représentée  par  un  seul  caractère  :  la  vocale  ou 
a  besoin  de  deux  signes,  mais  n'en  est  pas  moins  nne  :  et 
Tuie  et  l'autre  ont  leur  son  ^lécifique,  particulier.  Nous 
entendons  et  nous  prononçons  u  et  on»  voyelles,  sans  les 
confondre;  écrivons  donc  et  notons  avec  des  signes  diffé- 
rents des  sons  distincts.  L'orthographe  vraie  de  la  syllabe 
sera  donc  Aou. 

La  déduction  est  rigoureuse  et  logique.  Elle  avait  frappé 
sans  doute  bien  des  auteurs  et  des  plus  recommandables, 
glossateurs  et  poètes,  qui  professaient  la  nécessité  d'écrire 
comme  on  prononce,  lorsque  de  notre  temps  on  a  essayé  de 
changer  tout  cela,  non  pas  en  attaquant  le  principe,  mais 
en  imaginant  une  exception  qui  le  renverse. 

Une  nouvelle  école  proclame  que  la  voyelle  u  se  pro- 
nonce, en  effet,  toujours  comme  en  français,  hormis  les 
cas  où  elle  suit  immédiatement  une  autre  voyelle;  car  alors 
elle  doit  prendre  le  son  ou;  et  il  faut  écrire  au,  eu,  eu,  tu, 
au,  diphthongues,  et  iau,  iéu,  iiu,  ièu,  triphthongues,  au 
lieu  de  àou,  iou,  iou,  4ou,  ôou,  et  idou,  iiou,  Ukm, 

Voilà  rinéluctable  Schibboleth  en  écriture,  posé  d'auto- 
rité à  rentrée  du  cénacle,  où  nul  ne  pénétre  sans  sou- 
mettre, au  culte  et  à  la  pratique  de  ce  symbole,  son  esprit, 
sa  foi  et  sa  plume.  C'est  Theuieux  commencement,  le  pivot 
fondamental  de  l'unité  orthographique  des  dialectes  de  la 
langue  d'Oc,  ont  décidé  les  puristes  réformateurs. 

Ce  dogme,  d'assez  fraîche  date,  est  soutenu  à  la  vérité 
par  des  hommes  d'un  incontestable  talent,  sinon  par  des 
arguments  bien  solides;  mais  il  n'est  pas  si  absolu  qu'il  ne 
souffre  des  atténuations,  ni  si  vrai  qu'il  ne  se  contredise 
souvent  lui-même.  On  lui  a  fait  une  histoire,  ce  qui  donne 
toujours  un  certain  crédit  ;  il  a  trouvé  des  partisans,  ce 
qui  ne  manque  jamais  aux  plus  étranges  doctrines.  Ne 
parlons  pas  des  convertis  du  premier  degré,  qui  longtemps 
avaient  écrit  ces  diphthongues  comme  ils  les  articulaient, 
sans  doute  avec  la  conscience  de  bien  faire  et  la  certitude 
d'être  compris,  et  qui  depuis,  illuminés  par  un  rayon  d'en- 
baut,  se  corrigent  eux-mêmes,  et  dans  leur  ferveur  de  néo- 
phytes, affrontent  le  douloureux  martyre  de  ne  plus  pou- 
voir être  lus.  Ne  relevons  pas  ches  les  adeptes  du  second 
degré  ces  scrupules  qui  leur  font  admettre  l'application  du 
système  à  la  voyelle  a,  tandis  qu'ils  la  rejettent  pour  les 
autres.  Les  résipiscences  comme  les  divergences  prouvent 
oeoi:  que  l'orthographe  âou  a  eu  et  aura  toujours  sa  raison 
d'être,  et  qu'il  n'est  pas  aussi  sur  que  la  réforme  par  au 
puisse  également  bien  justifier  de  la  sienne. 

Nous  regardons  cette  prétendue  innovation  comme  une 
hèréile  grammaticale  de  la  plus  grosse  espèce.  Elle  mène 
tout  droit  â  la  cacophonie,  ce  que  notre  Umgue  redoute  le 
plus;  elle  introduit  forcément  l'exception  dans  l'exception, 
es  qui  est  on  danger  et  un  signe  de  décomposition  pour 
•a  idioaie;  elle  se  met  en  révolte  ouverte  avec  l'usage  et 


le  sens  oonmmn,  et  finit  par  ne  tenir  aucun  compte  des 
lois  de  la  liaison,  du  rapprochement,  de  la  combinaison  et 
de  la  valeur  des  lettres. 

n  est  facile  de  poser  en  théorème  que  la  voyelle  u  prend 
le  son  ou,  quand  elle  se  trouve  placée  après  une  autre 
voyelle;  mais  rien  n'est  moins  réfléchi,  ni  moins  véntable. 
n  existe  une  famille  nombreuse  et  très-intéressante  de 
mots  dans  lesquels  l'euphonie  caractéristique  de  Vu  simj^e 
ne  peut  pas  disparaître.  Nous  ne  tenons  pas  compte  de 
quelques  noms  propres,  comme  E»au,  DanaUs,  EmmaUs, 
AntinoUs,  etc.  ;  mais  Marius,  si  commun  en  Provence  ; 
mais  Darius,  DuHus,  Vius,  etc.,  fréquents  dans  le  Baa- 
Languedoc,  mais  tant  d'autres  à  désinence  id^tique,  qui 
reviennent  si  souvent  dans  les  traductions  des  anciens 
auteurs,  il  n'est  pas  aus^  commode  de  s'arranger  avec  eux 
si  l'on  veut  prononcer  correctement  et  suivre  les  préceptes 
des  novateurs.  De  quel  droit  sacrifier  encore  cette  classe 
de  substantifs  communs,  d'adjectifs  et  de  participes,  ter- 
minés en  aiu,  ètu,  èiun,  ïun,  aïur,  ïur,  ïus,  ïuro,  ïuto,  etc., 
comme  dourêtu,  oreillard;  béstiu,  bestial;  eaXtiui,  chétif  ; 
éieaubïun,  balayures  ;  éseafouïun,  écrasement  ;  aïul,  afeul  ; 
hM,  œil;  nudiuga,  rompre;  métsiu»,  messieurs;  hiuis, 
aujourd'hui;  liuèn,  loin;  huièi,  bourgeon,  œil;  à'aXuèneha, 
s'éloigner  ;  ftaVti^mo,  étincelle  ;  pariuro,  gageure  ;  eadiuèit», 
cosse  de  pois;  taïu  ou  ataïu,  bière,  cercueil  ;  trUun,  éplu- 
chures;  triuèjo,  truie  ;  viêiun,  vieillesse,  etc.,  etc.  ?  Certes, 
s'il  en  fut,  ceux-là  ont  un  u  qui  suit  immédiatement  la 
voyelle  ;  et  personne  ne  s'avisera  jamais  de  faire  entendre 
ou  en  les  prononçant.  La  conclusion  est  claire. 

Cependant  comment  une  erreur  de  ce  calibre  a-t-ello 
pris  naissance  et  crédit  t  Simplement  parce  qu'on  a  évo- 
qué le  souvenir  des  troubadours  classiques,  qu'on  a  démon- 
tré qu'ils  n'avaient  pas  écrit  autrement  ces  syllabes  diph- 
thonguées,  et  qu'on  a  voulu  s'autoriser  de  leur  exemple 
constant. 

L'argument,  pour  être  le  seul  qui  se  soit  encore  produit 
en  faveur  de  ce  système,  n'est  pas  heureux.  Son  moindre 
défaut  est  d'avoir  trop  oublié  que  les  troubadours  écri- 
vaient avec  l'alphabet  latin  et  qu'ils  prononçaient  à  la 
mode  latine.  La  langue  romane  employait  les  formes  et 
les  lettres  ronudnes.  Or,  le  latin  qui  ne  connaissait  point 
le  son  de  l'u  simple,  avait  cependant  ce  signe  u  qui  son- 
nait partout  et  invariablement  ou,  isolé,  précédé  ou  suivi 
par  une  voyelle  ou  une  consonne.  En  italien,  en  espagnol» 
en  portugais,  langues  néo-latines,  l'u  français,  qui  n'exista 
pas  non  plus,  a  conservé  la  prononciation  qu'il  avait  cbei 
les  Romains.  Au  contraire,  dans  la  langue  d'Oc,  le  son  u 
est  ancien  :  on  le  fût  remonter  aux  Gaulois.  Il  est  dans 
son  génie,  et  il  est  impossible  de  ne  pas  le  maintenir.  Mais, 
comme  pour  exprimer  ce  son  u,  la  langue  d'Oc  manquait 
d'un  caractère  spécial,  ou,  pour  mieux  dire,  n'avait  à  sa 
disposition,  dans  l'écriture,  qu'une  lettre  destinée  à  repré- 
senter deux  voix  différentes,  force  était  bien  à  ceux  qui 
écrivaient  de  mettre  un  «  dans  les  mots  dont  li  pronon- 


AOU 


AOU 


53 


ctatioD  devait  êûtb  entendre  ou,  comme  dans  ceux  où  la 
Toyelle  avait  le  son  actuel.  Cet  usage  s'est  prolongé  long- 
temps :  il  explique  l'ancienne  manière  d'écrire  des  trou- 
badours •  mais  il  est  loin  de  prouver  qu'on  doive  la  préco- 
niser et  la  reprendre. 

Aujourd'hui,  en  l'état  des  conventions  et  des  combinai- 
sons alphabétiques  qui  régissent  la  langue  d'Oc,  il  n'est 
plus  permis  de  revenir  aux  vieux  errements.  A  moins  de 
réformer  l'alphabet  adopté,  et  nous  n'en  sommes  pas  là,  si 
la  langue  d'Oc  veut  se  faire  lire  et  se  faire  comprendre  à 
la  lecture,  elle  sera  tenue  d'écrire  par  le  signe  convenu  la 
Toyelle  qui  devra  être  prononcée  comme  Vu  français,  et  de 
même  pour  la  voyelle  ou,  formée  de  la  jonction  de  deux 
signes,  mais  ne  produisant  qu'un  son  simple,  entier,  indé- 
pendant; et  ce  sera  une  règle  générale,  sans  exception,  bien 
que  l'une  ou  l'autre  vocale  soit  précédée  ou  suivie  d'une 
voyelle  ou  d'une  consonne.  —  Voy,  Eou,  diphth.,  i.  Ou, 
U,  voyelles. 

Que  l'on  consulte  doue  l'oreille  et  la  prononciation,  c'est 
tout  ce  que  demande  notre  idiome,  essentiellement  eupho- 
nique. Sauvons  son  autologie,  sans  cesse  menacée  par  les 
envahissements  du  Nord  ;  mais  soyons  de  notre  époque,  et 
sous  prétexte  d'unité,  ne  faisons  rien  de  rétroactif,  la  pire 
des  conditions.  N'essayons  pas  de  ressusciter  des  formes 
surannées,  ne  latinisons  pas  notre  orthographe,  si  nous 
Toolcms  prouver  que  notre  langue  d'Oc  est  toujours  vivante 
el  qu'elle  produit  encore  des  chefs-d'œuvre. 

Aoa,  f.  m.,  au  plur.  Aouue»,  Toison  de  mouton  on  de 
brebis  ;  l'ensemble  de  la  dépouille  d'une  hôte  à  laine  prise 
isolément.  —  Vdou  ne  comprend  que  cette  partie  de  la 
toison  qui  se  tient  toute  et  ne  forme  qu'un  corps,  déduction 
faite  de  la  laine  du  ventre,  des  jambes  et  de  la  tète,  qui  se 
eoupe  en  détail,  par  flocons  et  se  nomme  :  Flouquariè. 

Dér.  du  béam.  AouXha,  brebis,  du  lat.  Ovicula,  et  Oi»t. 
—  Tùy.  Àbêiè. 

Aonbado,  f.  f.  Aubade;  concerts,  musique,  sérénade  an 
point  du  jour  sous  les  fenêtres  d'une  jeune  fille  ou  d'une 
personne  que  l'on  veut  honorer.  —  Il  se  prend  souvent, 
par  antiplffase,  pour  une  insulte  publique  on  une  scène  de 
moquerie  ou  de  reproches.  —  Yoy.  Bévénè. 

Dér.  de  Aoubo. 

âonliala,  v.  Dévider  la  soie,  la  doubler  et  la  tordre  lai- 
Uement»  lui  dcmner  un  flEdble  apprêt,  sur  des  bobines  qui 
toumenl  fixées  à  un  grand  métier,  Yâoubalo,  mis  en  mou- 
▼emeot  par  l'eau,  la  vapeur  ou  des  chevaux,  et  qui  est  de 
Iwme  ovale. 

Dér.  du  fr.  Ovode,  qui  est  le  mot  technique  de  ce  métier. 

Amibalaire,  ûro.  a4f.  Celui  ou  celle  qui  sert  un  métier 
de  soie  dit  ovaU, 

Amibalaie,  s.  m.  Œuvre  que  donne  à  la  soie  le  métier 
dit  ovale  ;  moulinage  de  la  soie  destinée  à  la  confection  des 
bas  de  métier. 

AoobaUsIiiè,  ièiro,  subit,  et  a4f.  Étourdi  et  maladroit 
à  la  fois;  jeune  gars  sans  £rein  et  sans  mesure. 


Ce  terme  de  mépris  est  une  suite  du  décri  où  étaient 
tombés  nos  archers  qu'on  nommait  au  moyen  âge,  en  langue 
romane,  doubcdéstrièi,  arbalétriers.  Comme  la  guerre,  i 
cette  époque,  se  faisait  principalement  au  moyen  de  la 
cavalerie,  les  hommes  d'armes,  les  archers',  milice  à  pied, 
étaient  peu  considérés,  mal  exercés  et  partant  peu  utiles, 
ce  qui  devait  seul  étouffer  chez  ces  soldats  tout  germe  de 
courage  et  tout  désir  de  se  distinguer.  Leur  nom  et  jusqu'à 
celui  de  matrat  qu'on  donnait  à  leur  flèche,  devinrent  en 
Languedoc  des  termes  d'injures  ;  tandis  que  chez  les  Anglais 
les  archers  étaient  la  meilleure  et  la  plus  utile  de  leurs 
milices,  témoins  les  batailles  de  Crécy  et  de  Poitiers. 

Aoubaléstriô,  t.  m.  Arbalétrier,  pièce  de  charpenterie 
d'un  comble;  ferme  ou  assemblage  qui  soutient  la  couver- 
ture, formé  de  deux  pièces  obliquement  placées,  qui  vont 
s'emmortaiser  du  haut  avec  le  poinçon  ou  pied-droit  et  par 
le  bas  avec  la  ferme  décrivant  avec  elle  un  triangle. 

Dér.  ô^Aoubalittro, 

Aoubaléstriô,  t.  m.  Grand  martbiet,  martinet  à  ventre 
blanc  Cypselus  alpinus,  Temm.  Oiseau  de  l'ordre  des 
Passereaux  et  de  la  famille  des  Planirostres.  Gris  uniforme 
sur  toutes  les  parties  supérieures,  la  gorge  et  le  ventro 
blancs.  Son  nom  lui  vient  de  ce  qu'en  déployant  les  ailes 
il  rappelle  la  forme  d'une  arbalète. 

Aoubaléstro,  f .  f.  Arc  d'acier  monté  sur  un  fût,  qu'on 
tend  au  moyen  d'une  corde,  servant  à  lancer  des  flèches 
nommées  matras. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Ârhalùta,  formé  de  arou-halUta. 

Aoubalo,  «.  f.  Ovale,  métier  à  doubler  et  à  tordre  h 
soie. 

Empr.  au  fr. 

Aoubé,  interj.  Oui  ;  oui  vraiment.  —  Aoubé  tant  /  oh  I 
certes  ouil  Aoub'aquà  /  pour  cela,  oui  I  je  vous  le  promets. 
Aoubé  iaïque  /  oui,  sans  doute. 

Formé  par  syncope  de  Oui  ou  ha  et  ôe  bé. 

Aoubécho,  f.  f.  Aubier  d'un  arbre,  couche  ligneuse 
entre  l'écorce  et  le  cœur  de  l'arbre  ;  elle  est  plus  blanche, 
plus  tendre  et  plus  poreuse  que  ce  dernier,  parce  qu'elle 
est  plus  récente  de  formation.  Les  planches  prises  dans 
l'aubier  sont  plus  sujettes  à  la  vermoulure.  —  Voy.  Aou- 
béneo. 

Dér.  du  lat.  Albumum. 

Aoubéi,  V.  Obéir;  agir  selon  un  ordre  reçu;  céder» 
plier. 

Dér.  du  lat.  Obedire, 

Aonbéissén,  énto»  adj.  Obéissant,  soumis  ;  maniable. 

Aoubéiasénço,  <.  f.  Obéissance,  soumission  ;  habitude 
d'obéir. 

Aonbénai,  #.  m.  n.  pr,  Aubenas,  ville  du  Vivaraisr 
dans  le  département  de  l'Ardèche.  —  On  remarquera  que» 
pour  tons  les  noms  de  lieu  qui  commencent  par  un  a,  on 
ne  place  pas  au-devant  la  préposition  à,  correspondant  an 
lai.  ad,  el  l'on  ne  dit  pas  à  AtaU,  à  Aoubému,  à  Avi^ 
gnouH,  parce  que  cette  réduplication  de  la  même  voyelle  a 


54 


AOD 


AOU 


quelque  chose  de  henrlô  pour  Toreille  languedocienae. 
Aïs  on  emploie  la  préposition  en,  répondant  an  lat.  in,  ef 
Tcm  dit  :  Yé<m  en  AUti»,  en  Acmbéntu,  en  Ânduio,  en 
ArU.  Il  n*en  esl  paa  de  même  poor  les  noms  de  lien  com- 
mençant par  nne  antre  voyelle;  car  on  dit  très-lâen:  à 
^9è$,  à  louté,  à  Uehdou,  à  Orléan. 

Le  mot  languedocien  A<n^énas  est  exactement  r^roduit 
p»  son  éqnivtdent  latin  Albenaeiwn  on  Alb^naâsium.  C'est 
poor  la  première  syllabe,  le  changement,  très-commun 
dans  notre  idiome,  de  a/  en  àou,  rendu  par  ou  en  fr.,  ce 
qui  ne  se  fait  pas  non  plus  sans  une  certaine  réciprocité. 
Quant  à  la  terminaison  a$,  ce  n'est  pas  ici  un  fréquentatif, 
mais  une  variante  du  suffixe  celtique  primitif  ah,  vulga- 
risé dans  la  forme  latine  œum,  oMttim.  Le  mot  lui-même 
est  le  gaulois  M,  le  même  que  alp,  signifiant  sommet, 
haute  montagne,  et  blanc,  codeur  de  neige  ou  couvert  de 
neige.  Sa  parenté  est  nombreuse;  aux  désinences  près,  on 
la  reconnaît  dans  les  noms  identiques  :  Aliénas,  en  Pro- 
vence; Aoubéna»,  arrondissement  de  Forcalquier  (Basses- 
Alpes)  ;  dans  Aubeignan  (Landes}  ;  Aoubigna  (Gard),  en  f^. 
Aubignac;  qui  se  retrouve  dans  Aubignac  ou  Albignac, 
Mbiniaeum,  arrondissement  de  Bourges;  Albignac,  Albi- 
niaeum  (Vaucluse)  ;  Aubignas,  en  Vivarais  ;  Aubigné,  en 
Bretagne,  Poitou,  Maine,  Anjou,  Touraine;  Aubigny,  AJbi-- 
niaeum,  dans  le  Berry,  la  Brie,  la  Picardie,  le  Bourbon- 
nais, le  Poitou,  Touraine,  Champagne,  Bourgogne,  Laon- 
nais,  Normandie,  Franche-Comté,  Nivernais,  Artois;  et 
encore  dans  Aubeinges  ou  Aubinges  (Berry);  et  enfin  dans 
ii^Vte  AoMgnargue,  Aubignargues,  Albanhaniot»  (Hérault). 

Tous  ces  noms  présentent  dans  leur  radical  et  dans  la 
version  latine  une  analogie  directe,  et  s'appliquent  à  des 
localités,  comme  Aubenas,  sur  des  plateaux  élevés  ou 
remarquables  par  les  montagnes  qui  les  entourent.  — 
Voy.  Aotêbussargue,  etc. 

Aoubénco,  #.  f.  Aubier,  couche  ligneuse  extérieure  et 
ordinairement  plus  blanche,  qui  se  trouve  entt^  le  cœur 
de  l'arbre  et  le  liber  ou  couche  intérieure.  —  Tby.  A^U" 
bMo: 

Dér»  du  lat.  Albumum. 

âoubér]èiro,  «.  f.  Pécher  qui  produit  l'alberge  ou  pavle^ 
alberge,  à  chair  adhérente  au  noyau.  Cet  arbre  a  de  nom-» 
breuses  variétés. 

Dér.  de  Awbèrjo, 

Aonbérjino,  f .  f,,  ou  Vièdaae,  fam.  Aubergine,  melon* 
gène;  Solanum  mOongmui,  Linn.  Plante  potagère  de  la 
famille  des  Solanéea. 

Aonbèi]»,  f.  f.  Auberge  ;  hôtellerie;  lieu  où  Ton  donne 
à  manger  et  où  on  loge  pour  de  l'argent. 

Dér.  de  la  basa.  lat.  AXbwga  ou  Alberpm,\offiamïf  ou 
de  l'ital.  AUmrgar:  Au  reste,  il  est  emprunté  au  fr.  Le 
mot  pn^ire  d'hôtellerie,  en  lang.,  est  cabari;  mais  comme 
étbamn,  en  fr.,  signifie  une  mauvaise  hôtellerie,  on  plutôt 
enoore  l'échoppe  du  marchand  de  vin,  débitant  à  bandière, 
<m  a  cru  qu'en  laag.  anad  il  (allait  distinguer  l'hôteN 


tejrie  bourgeoise  de  la  taverne  du  peuple,  en  appelant  la 
première  Aoubèrjo,  et  la  seconde  Cabaré. 

Aoubèrjo,  # .  f.  Pavie,  alberge  ;  sorte  de  pèche  ferme» 
dont  la  chair  adhère  au  noyau  ;  fruit  plus  connu  dans  le 
midi  de  la  France  que  dans  le  nord.  On  en  distingue  troit 
espèces  :  la  Pawe,  qui  a  la  diair  très-blanche  et  qui  est 
la  plus  savoureuse  ;  la  Pavie  jauno,  et  une  dernière  dont 
la  pulpe  est  d'un  rouge  très-foncé,  dure  et  peu  aqueuse. 

Dér.,  d'après  Ménage  et  Roquefort,  du  lat.  AUms,  parce 
que  l'espèce  principale  a  la  chair  blanche  ;  selon  Saumaise, 
de  l'art,  arabe  Al,  le,  et  Beg,  fruit. 

Aoubéto,  s.  /*.  La  petite  pointe  du  jour;  le  premier 
rayon  lumineux  qui  précède  l'aurore. 

Dim.  de  Aaubo, 

Aoubicoù,  f.  m.  Sorte  de  figue  piécoce,  longue  et  n(»ie, 
qui  mûrit  à  la  Saint-Jean. 

Dér.  du  lat.  Albieans,  qui  signifie  blanchâtre,  sans  doute 
parce  qu'en  séchant,  cette  figue  passe  du  noir  au  blanc. 

Aouhièiro,  f .  f.  Lieu  planté  de  trembles ,  peupliers 
blancs,  àoubo.  —  F.  c.  m. 

Aoubignargue,  f.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aubignargues, 
dans  le  département  de  l'Hérault.  —  Foy.  pour  l'étym. 
Aoubénas,  Aoubuisargue. 

Aoublida,  v.  Oublier,  perdre  le  souvenir,  la  mémoire; 
laisser  quelque  chose  par  oubli.  —  Aï  aoublida  numn 
eofOU  din  lou  pra,  j'ai  laissé  mon  couteau  au  pré. 

Dér.  du  lat.  Obliviiei, 

Aoublidoùa,  ouao,  adj.  Oublieux;  qui  a  la  mémoire 
courte. 

Aoubligacîou,  f .  f.  Obligation,  engagem^t  qui  lie,  qui 
impose  le  devoir  qui  naît  des  services  rendus;  billet  on 
acte  par  lequel  on  s'oblige.  —  /  ai  fono  âoubUgaeUhU,  il 
m'a  rendu  bien  des  services,  il  m'a  souvent  obligé.  Faim 
uno  àoubligaetou,  passer  un  contrat  notarié,  portant  dhli- 
gation;  prêt  hypothécaire. 

Dér.  du  lat.  Obligatio. 

Aonblija  (s'),  v.  S^obliger  pour  quelqu'un,  lui  servir  de 
caution. 

Aoublisè,  indécl.,  locution  proverb.,  pfar.  faite,  pour 
dire  :  Merci,  bien  obligé  ;  s'emploie  surtout  quand  on  reÂise. 
C'est  ce  qui  s'exprime  en  fr.  fam.  par  :  Merd,  non. 

Gontr.  et  corr.  du  fr. 

Aonbo,  f .  f.  Aube,  le  point  du  jour.  —  La  p/Hmo  davAù, 
la  première  clarté  de  l'aurore.  D'uno  àoubo  à  Vâauirû, 
toute  la  journée,  de  l'aube  du  matin  à  l'aube  du  soir  ou  ifl 
crépuscule. 

Dér.  du  lat.  Albus,  atba, 

Aoubo,  f.  f.  Peuplier  blanc,  Populuê  alba,  Linn.,  et 
aussi  Peuplier-tremble,  PoptUuM  tremula,  Linn.  Arini 
communs  dans  nos  contrées,  de  la  hm,  des  Amentaoêes. 

Dér.  du  lat.  Alba. 

Aoubo  dé  mèr ,  s.  f.  Algue-marine,  ou  Algue  des  vitrieit  s 
ZosUra  marina,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Aroldes,  abon- 
dante sur  les  côtes  de  la  Méditerranée;  la  même  que  là 


AOU 


AOU 


» 


MmtêUHté-^mir,  rermiftige  Inen  comui.  •—  Voy.  Mmàuo^dé' 


Àoubo  parait  ètie  une  corr.  de  Aougau,  employé  aniai 
dans  notre  dialecte  et  qui  avait  son  étymologie  dans  le  lat 
Ad  et  Ugare,  parce  qu'elle  s'attache  aux  pieds  de  ceux  qui 
marchent  dans  la  mer.  —  Voy.  Aaugou. 

Aonbovi,  t.  m.  yigne4)lanche  ou  Viorne  à  larges  feuilles, 
CUrnaUs  alba,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Renoneulaoées, 
caustique  et  vénéneuse,  espèce  de  Clématite,  autrement 
dite  :  Herbe  aux  gueux. 

Dér.  du  lat.  Aiba  et  de  viiis,  ou  uva, 

Aoolirado,  ».  f.  Quantité  de  feuilles  qui  se  trouve  sur 
un  seul  marier.  —  Aqui  y-a  tioo  bravo  doubrado,  ce  mûrier 
fournira  beaucoup  de  feuille,  il  est  bien  garni. 

Dér.  de  Aoubre, 

Aoubre,  s.  m.  Arbre,  plante  ligneuse  et  vivace  dont  la 
tige,  ^laisse  et  nue  à  la  base,  8*élève  à  une  hauteur  remar- 
quable; le  plus  grand  des  végétaux.  ^-  On  disait  dans  Tan- 
eieane  langue  romane  :  Albre,  alb^r, 

Dér.  du  lat.  Arbor. 

Aonbre,  s.  m.  Arbre,  pièce  de  bois,  posée  honzontale- 
ment  ou  verticalement,  sur  laquelle  tourne  toute  une 
«MrJiinft  et  d'où  dépend  son  principal  mouvement. 

Aotâbre  dâou  tnoulï  d'oU,  le  mouton,  la  presse  d'un  pres- 
soir i  huile,  énorme  pièce  de  bois  qu'on  &il  peser  par  une 
vis  sur  la  pâte  d'olives. 

Aoubn  dré,  arbre-droit  d'une  charpente,  d'un  puits-à- 
rone,  etc.  —  Fàîr»  l'doubr»  dré,  se  tenir  en  équilibre,  en 
chandelle,  sur  la  tète,  les  pieds  en  l'air.  Au  fig.,  faire  tous 
ses  e£GKts,  faire  l'impossible,  employer  tous  ses  moyens 
pour  prouver  sa  bonne  volonté;  se  mettre  en  quatre. 

Aoubre  ja»én,  pièce  de  bois  horizontale  dans  laquelle 
tourne  l'arbre  droit  d'un  puits  à  roue. 

Aoobré,  s.  m.  dim.  Petit  arbre,  arbrisseau. 

Aoubréspl,  «.  m.  —  Toy.  Aougritpï, 

Aoubréssa,  f .  m.  Havresac.  C'est  particulièrement  ce 
sac  d'ordinaire  en  peau  et  à  divers  compartiments,  dans 
lequel  les  chasseurs  et  les  ouvriers  terrassiers  à  la  journée 
portent  leurs  provisions  de  bouche. 

Formé  de  l'allemand  Haber,  avoine,  et  êoke,  sac.  D'après 
cette  étym.,  cette  sorte  de  sac  aurait  été  dans  l'origine  à 
l'usage  des  soldats  de  cavalerie,  pour  porter  la  provende  de 
leurs  chevaux  en  campagne,  ce  que  l'on  appelle  aigour- 
d'hni  :  musette. 

Aoobrieà,  s.  m.  Abricot,  fruit  de  l'abricotier. 

Dér.  de  l'aiabe  AJbêrcoq, 

Abricontiè,  t.  m.  Abricotier,  Prvfius  armmiaca,  Linn. 
Aibce  de  la  famille  des  Rosacées,  originaire  de  l'Arménie, 
comme  son  nom  ktin  l'indique. 

Aonbnssargna,  f.  m.  n.  pr,  de  lien,  Aubussargues, 
commune  du  canton  de  St-Chaptes,  arrondissement  d'Uzès. 

Son  nom  est  en  latin  Albuuaniem.  H  peut  absolument 
avoir  eu  pour  radical  un  nom  d'homme,  comme  son  ana- 
logus  ilmiA^fruir^M,  en  lat  AJOnmhmniem,  et  la  seule  diffi^ 


rence  serait  alors  «otre  les  noms  AXban,  Aibain,  ou  AtHn, 
Albanus,  ou  Albinuê;  mais,  soit  nom  d'homme  ou  nom  de 
lieu,  l'origine  est  certainement  dans  le  celtique  Alb  ou  Alp, 
montagne,  blanc  de  neige,  et  les  procédés  de  formation  ap- 
pellative  sont  m  les  mêmes  que  nous  signalons  aux  art. 
Argue  et  Aoubénas,  etc.  Ainsi  se  vérifient  les  identités  de 
racine,  et  l'équivalence  des  terminaisons,  quand  on  rapproche 
successivement  les  noms.  Celui-ci  se  reproduit,  pour  en 
donner  un  nouvel  exemple,  dans  Albussan  (Creuse) ,  dans 
Albussac,  Aubusson  (Creuse  et  Puy-de-Dôme);  et  dans  ces 
similaires,  comme  dans  tous  ceux  cités  sous  le  mot  Aoubé- 
nas, il  s'applique  à  une  situation  sur  des  montagnes  ou 
caractérisée  par  le  voisinage  de  montagnes. 

Aoucnpa  (s'),  v.  S'occuper  ;  travailler  ;  mettre  le  temps 
à  profit;  ne  pas  rester  oisif.  —  Aquél  travaïadoù  éi  pas 
d'un  gran  és-avan,  mais  s*Aoueupo  ioujour,  cet  ouvrier 
n'est  pas  très-habile,  il  ne  fait  pas  rapidement  son  travail, 
mais  il  ne  perd  pas  un  moment,  il  est  toujours  à  l'ouvrage. 

Dér.  du  lat.  Oceupare. 

Aoolénsa,  adj,  sans  fém.  Atteint  d'une  hernie. — Le  mot 
eréba  est  le  technique  le  plus  usité,  mais  il  est  familier  et 
ignoble;  quand  on*  veut  y  mettre  de  la  décence,  on  se  soi 
de  àoufénta  ou  de  rélassa.  —  V.  c.  m. 

Dér.  du  lat.  Offènsus. 

Aongou,  s,  m.  Algue  ou  mousse-marine.  —  Voy.  Aoubo- 
dé-tnèr, 

Aougréspl,  s.  m.,  ou  Aoubréspl.  Aubépine,  épine 
blanche,  noble  épine;  Cratœgus  oxiaeantha,  Linn.  Arbris- 
seau épineux  de  la  fam.  des  Rosacées. 

Dér.  du  lat.  Alba  et  spina. 

Aougruno,  s,  f.  Augure,  pronostic,  présage.  —  Ce  tech- 
nique, qui  a  vieilli,  s'emploie  encore  parmi  les  vieillards 
et  les  bonnes  femmes.  —  N'ai  pas  bono  aougruno,  j'en  ai 
mauvais  augure,  je  n'en  augure  rien  de  bon. 

Corr.  du  fr. 

Aouja,  s,  m.  n.  pr.  de  lieu.  Aujac,  commune  du 
canton  de  Génolhac,  arrondissement  d'Alais. 

Ce  nom,  en  lat.  AujMum,  offre  un  exemple  intéressant 
de  la  composition  des  noms  dans  nos  pays,  qui  confirme  ce 
que  nous  disons  à  Tart.  Argus,  Inutile  d'abord  de  remar- 
quer que,  selon  la  règle  invariable  de  notre  dialecte,  le  e 
final  est  supprimé.  Mais,  auprès  de  ce  hameau,  se  trouve 
un  écart  qui  est  indififêremment  appelé  Aoujagué  ou  Aow- 
Jargué,  petit  Aujac.  Le  premier  diminutif  est  dans  la 
forme  ordinaire  et  régulière  de  tous  les  noms  propres  en 
o,  le  second  présente  cette  particularité  que,  par  l'ad- 
jonction de  la  consonne  r,  il  entre  dans  la  catégorie  des 
appellations  en  argue,  et  se  montre  en  complète  analogie 
avec  le  nom  Aoujargue,  Aujargues,  commune  du  canton 
de  Sommières,  arrondissement  de  Nimes.  Ce  sont  bien  là 
les  mêmes  noms  sous  différentes  finales,  et  ils  sont  rendus 
par  la  même  forme  latine;  mais  en  même  temps  ils  sont 
identiques  à  Aoujan,  ruisseau  près  d'Anjac,  à  Augy  9i6rd)„ 
et  à  Aujon  (Haute-Marne). 


56 


AOU 


AOU 


Qoant  à  I*étymologie,  comme  Anjargnes  se  disait  autre- 
fois Orjargues,  il  est  probable  que  la  même  altération 
a  eu  lieu  pour  Aujac.  Si  donc  Orjargues  dérive  du  lat 
Àurum,  Aujac  doit  en  venir  aussi,  avec  d'autant  plus  de 
raison  qu'il  est  situé,  comme  Orjargues,  sur  un  de  ces  ruis- 
seaux qui  roulent  des  paillettes  d'or. 

Âouiourdhinôi,  adv.  ou  Hinèî,  Aujourd'hui.  Aoujour- 
dhiiiét  est  plus  grave  que  Biuèï  :  celui-ci  désigne  plus  par- 
ticulièrement le  jour  même  où  l'on  parle  ;  le  premier  s'étend 
à  toute  l'époque,  à  tout  le  régime  actuels. 

Dér.  du  lat.  Hodiè,  et  formé  du  datif  dou,  et  jour,  hui. 

ÂOUliTastre-bouscas,  s.  m.  Troënc,  Ligustrum  vulgare, 
Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Jasminées,  commun  le  long 
des  baies. 

Âoumédo,  s.  f.  Ormoie,  lieu  planté  d'ormes. 

Dér.  du  lat.  Ulmarium,  ou  de  Oumê. 

Âouméléto,  «.  f.  Omelette,  œufs  battus  et  cuits  dans 
la  poêle.  —  Vous  la  révira  eoumo  uno  âoumélélo,  il  vous 
l'a  rebiffé  comme  on  retourne  une  omelette.  —  Faire  l'àou- 
méléto,  faire  la  fête,  le  repas  du  lundi  de  Pâques,  dont 
l'omelette  forme  le  plat  de  fondation,  le  mets  tradition- 
nel. Cette  coutume  tient  aux  anciens  rits  de  l'Eglise  pri- 
mitive, où  les  œufs  mêmes  étaient  interdits  pendant  le 
Carême.  La  jubilation  pascale  se  traduisait  par  le  rappel 
des  œufs  longtemps  proscrits. 

Du  fr.  Omelette,  de  œufs  mêlés. 

Âouménta,  v.  Augmenter;  croître  en  valeur  ou  en 
quantité.  Se  dit  principalement  du  prix  des  denrées  en 
hausse ,  et  aussi  d'une  rivière  dont  les  eaux  commencent  à 
se  gonfler  par  de  fortes  pluies. 

Trad.  du  fr. 

Aonméiitacioa,  s.  f.  Augmentation  de  prix ,  hausse  de 
prix  ;  augmentation  du  nombre  des  mailles  dans  un  tricot. 

Âonmomo,  $,  f.  Aumône,  ce  qu'on  donne  aux  pauvres 
par  charité.  —  Démanda  Vdoumomo,  demander  l'aumône. 
Fa%r€  Vdoumomo,  faire  la  charité. 

Dér.  du  gr.  2Xni(&oo^w). 

AoiinOt  '•  A  Aune,  mesure  ancienne  de  longueur.  —  Ce 
mot  est  peu  usité  dans  le  style  vulgaire,  parce  que  cette 
mesure,  venue  de  Paris,  n'est  connue  dans  le  Midi  que 
depuis  peu.  Gomme  les  marchands  s'en  sont  servis  jusqu'à 
remploi  exclusif  et  obligé  du  mètre,  force  était  au  peuple 
de  connaître  la  valeur  de  l'aune  et  de  la  comparer  à  sa 
mesure  vulgaire,  lou  pan.  L'aune  représente  cinq  pans 
moins  un  quart.  —  Vay.  Pan. 

Trad.  du  fr. 

Aoupila  (s*),  V.  Se  pasûonner  maladivement  pour  cer- 
tains aliments  même  insalubres;  s'adonner  avec  ardeur  à 
leur  usage;  désirer  se  nourrir  de  substances  terreuses  comme 
b  cendre,  la  suie,  le  plâtre,  le  sel.  Cette  maladie,  k  laquelle 
les  jeunes  filles  sont  particulièrement  sujettes,  se  nomme 
«a  fr.  malaise. 

Dér.  du  kàt.  OppOare,  fermer,  boucher,  venant  du  gr. 
viXdw,  je  serre. 


Âouquo,  s,  f.  Oie  domestique  ou  sauvage,  Anaa  anter, 
Linn.  Oiseau  de  l'ordre  des  Palmipèdes.  —  Mareho  coumo 
uno  âouquo  crébado,  il  marche  comme  une  oie  crevée, 
phrase  proverbiale  qui  correspond  à  :  il  marche  lourdement 
et  les  jambes  écartées.  En  vieux  français  du  moyen  âge, 
on  disait  auque  pour  oie,  témoin  l'histoire  fabuleuse  de  la 
reine  Pédauque,  nom  que  l'on  a  donné  â  la  reine  Berthe, 
mère  de  Charlemagne,  dont  on  voit  les  statues  sur  quel- 
ques monuments  gothiques,  avec  des  pieds  d'oie,  traduction 
du  nom. 

Les  Joyeuses  Recherches  de  la  langue  tolosaine,  de  Cl.  Odde 
de  Triors,  publiées  au  XV1«  siècle,  sont  curieuses  â  con- 
sulter sur  notre  article.  Elles  disent  :  Auque  (Aouquo)  idem 
sonat  gallico  sermone  quod  Oye ,  hinc  illud  en  ceste  cité, 
estre  coumo  las  auquos  de  Blagnae,  que  se  leuan  de  matg' 
lis  per  heoure.  Et  dicuntur  hœc  à  l'endroit  de  ceux  qui 
naturellement  sont  altérez  comme  vue  esponge,  et  lesquels 
escase  poyne  ne  sont  pas  sourtis  du  lict  qui  crient  à  layguo, 
à  layguo,  ie  voulois  dire  au  vin...  Est  et  aliud  vulgare 
dictum  en  ceste  cité  de  Tholose  sur  ce  motd'au^ruo,  ainsin  : 
Non  quai  pas  parla  sinon  quand  Vauquo  pisso  ;  et  Kae  à 
l'endroict  de  ceux  qui  n'ont  que  babil.  Le  diminutif  d'a«- 
que  est  auqueto,  hinc  illud,  en  ceste  mesme  cité  :  à  la 
SanfAnneto,  taston  Uobu  à  Vauqueto. 

Dér.  selon  certains  étymologistes  du  celt.  Auea  ;  suivant 
d'autres,  du  lat.  Avis  ;  mais  il  y  avait  sans  doute  â  la  suite 
quelque  épithète  spéciale,  que  la  contraction  subie  par  le 
mot  ne  laisse  pas  deviner.  En  ital.  Oea. 

Âouraîe,  s.  m.  Tempête,  grand  vent.  —  Ce  mot  n'a 
aucun  rapport  de  signification  avec  le  fr.  orage,  qui  a 
cependant  une  origine  commune  dans  le  lat.  Aura,  vent. 
Le  français  a  dévié  du  sens  primitif,  le  languedocien  y  est 
resté  fidèle. 

Âouréiado,  s.  f.  Action  de  tirer  les  oreilles;  conedioii 
donnée  ou  reçue  en  tirant  les  oreilles. 

Dér.  de  Aourêio. 

Âouréiéto,  t.  f.,  ou  Bougnéto.  (F.  c.  m.)  Beignets 
sucrés,  faits  avec  de  la  fleur  de  farine,  du  sucre  et  de  la 
fleur  d'oranges.  —  C'est  un  dim.  d'dourètb,  et  les  beignets 
susdits  sont  ainsi  nommés,  non  pas  à  cause  de  leur  dimen- 
sion, qui  dépasse  de  beaucoup  celle  de  l'oreille,  mais  à 
cause  de  leur  forme  et  de  leur  plus  ou  moins  de  ressem- 
blance avec  l'oreille. 

Aouréîo,  i.  f.  Oreille,  organe  de  l'ouXé.  —  Es  du  d'âou- 
rêio,  il  a  l'oreille  dure.  Pénja  Vàouréio,  porter  Torôlle 
basse,  être  tout  honteux.  Pouda  en  dotiréib  dé  lèbre,  tailler 
la  vigne  ou  un  jeune  plant  de  mûrier  à  oreille  de  lièvre* 
c*est4^re  lorsque  deux  des  scions  que  l'on  conserve  ae 
réunissent  en  angle  aigu  par  leur  base.  C'est  un  dé&m 
pour  la  bonne  direction  à  donner  â  l'arbre  dont  l'enfoor- 
chure  devient  trop  serrée. 

Dér.  du  lat.  Aurietda,  dim.  de  awrii. 

Aonrêio-d'aie,  t.  f.  Grande  consoude,  Consoude  ofi- 
cinale,  SymphUum  consolida,  Linn.  Plante  vulnéraira  de 


AOU 


AOU 


57 


k  fam.  des  Borragînôes,  commune  dans  les  prairies 
humides. 

Son  nom  loi  vient  de  la  forme  de  ses  fenilles. 

Aonréin,  ndo,  adj.  Oreillaid,  qui  a  de  longues  oreilles. 

Dêr.  de  Âourèio. 

Acmréîa,  v.  Donner  de  Tair;  secouer  à  Tair,  poor  faire 
perdre  Thumidité;  essorer,  faire  sécher  à  Tair. 

Dér.  du  lat.  Aura, 

Aoiirén]6,f.  m.  n.pr,  de  lien.  Orange,  ville  du  Gomtat, 
dans  le  département  de  Vaucluse.  —  On  doit  dire  :  Âna 
en  Aourénje,  pour  :  aller  à  Orange.  —  Voy.  Âoubénas, 

Aoiiriolo,  f .  f.  Chardon  étoile  on  Chausse-trappe,  Cen- 
taurea  ealeitrapa,  Linn.  Plante  qui  croit  dans  les  champs 
i  blé,  et  commune  sur  le  bord  des  chemins,  dont  la 
semence  est  enfermée  dans  une  espèce  de  hérisson  très- 
inquant.  —  Voy.  Cago-trépo. 

Dér.  du  lat.  Aureolui,  qui  est  couleur  d*or,  parce  que  sa 
fleur  a  cette  nuance. 

Aoniipèlo  ou  Âouripènlo,  «.  f,  Erysipèle,  inflamma- 
tion superficielle  de  la  peau,  avec  rougeur,  chaleur  et  une 
très-légère  tuméCsction. 

Gorr.  dn  fr. 

Aonristre,  #.  m.  Ouragan,  coup  de  vent  subit  et  de  peu 
de  durée. 

Dér.  du  lat.  Aura. 

àonro,  <.  f.  Vent,  souffle  ;  grand  vent ,  génériquement. 
Aouro  d'Aou,  oudouro  drécho,  bise,  vent  dn  nord  ;  mistral. 
Aouro  folo,  coup  de  vent  impétueux.  Aouro  rouiso,  ou  Rou- 
vérgauo,  vent  du  nord-est,  ou  qui  vient  du  côté  du  Rou- 
eigoe,  relativement  aux  Cévennes  :  c'est  un  vent  chaud  et 
malsain  pour  les  vers  à  soie.  —  Di  Vâouro,  en  terme  de 
cadastre,  à  l'aspect  ou  du  côté  du  nord. 

Dér.  du  lat.  Aura. 

Acmroùs.  ouso,  adj.  Venteux,  qui  donne  du  vent  ;  qui 
€il  exposé  au  vent.  —  Voy,  Abriou. 

Dér.  du  lat.  Aura. 

AoÙBJ  «.  m.  Août,  huitième  mois  de  Tannée.  — Prvb.  :  Si 
pldou  en  aoiu,  tout  oli  ou  tout  mous,  s'il  pleut  en  août, 
bonne  récolte  d'huile  ou  de  vin. 

Dér.  du  lat.  Augu$tu$. 

Voici  un  de  ces  mois  sur  lesquels  se  fait  le  mieux  sentir 
rinfluenoe  de  l'accent  dans  la  prononciation  et  par  suite 
dans  la  signification  :  sa  contexlure  le  rapproche  beau- 
coup de  la  particule  âou,  dipht.  ;  son  accentuation  l'en 
écarte  absolument,  en  en  faisant  une  dissyllabe  par  le  seul 
déplacement  de  la  tonique.  Ces  petits  incidents,  qui  sont 
très-essentiels  à  observer,  tiennent  de  trop  près  au  méca- 
nisme de  notre  orthographe  et  se  présentent  trop  souvent 
pour  que  nous  négligions  d'y  insister.  —  Voy.  Aeén. 

Au  commencement  ou  dans  l'intérieur  d'un  mot  poly- 
syllabique, toutes  nos  voyelles  gardent  leur  son  naturel, 
et  c'est  pour  cela  qu'il  serait  inutile  de  les  accentuer. 
Gqendant  VE,  à  cause  de  ses  intonations  différentes, 
m6rite  une  exception,  et  il  a  besoin  d'un  signe  qui  marque 


sa  consonnance  grave  ou  aiguë,  ouverte  ou  fermée  ;  nous 
n'avons  pas  cru  pouvoir  nous  en  dispenser  même  dans  les 
monosyllabes  fVoy.  lettre  EJ.  Pour  les  autres  voyelles, 
quand  elles  forment  diphthongues  ou  triphthongues,  quelle 
que  soit  leur  place  dans  le  mot,  la  dominante  est  ton- 
jours  distinguée  par  l'accent  circonflexe. 

Mais  c'est  surtout  à  la  finale  des  mots  que  se  fait  la 
cadence,  que  se  produit  la  modulation  propre  aux  idiomes 
méridionaux.  C'est  là,  sur  la  dernière  syllabe  ou  sur  la 
pénultième,  que  repose  l'accent  tonique,  cette  inflexicm 
qu'aucun  signe  n'indique  le  plus  souvent,  mais  qui  bien 
des  fois  aussi  est  signalée  par  la  présence  de  l'accent  gram- 
matical. Nous  rappelons  cette  règle. 

Dans  notre  dialecte,  les  voyelles  il  et  r  exceptées,  toutes 
les  autres,  y  compris  la  composée  ou,  sont  féminines  ou 
muettes  quand  elles  se  trouvent  à  la  fin  d'un  mot  polysyl- 
labique, seules  ou  suivies  d'un  m,  ou  en  composition  d'une 
diphlhongue  ou  triphthongue,  à  moins  toutefob  qu'elles 
ne  soient  accentuées.  ^ 

Ce  principe  est  général  et  absolu.  Aussi  qu'arrive-t-il 
dans  la  prononciation?  La  tonique,  qui  est  dans  chaque 
mot,  et  seulement  à  la  fin,  ne  peut  s'appuyer  que  sur  une 
syllabe  pleine,  forte  ou  masculine;  la  tenue  est  donc  ame- 
née sur  la  dernière,  grave  de  sa  nature  ou  marquée  d'un 
accent.  Sur  cette  syllabe  se  module  la  note,  se  condense 
l'imperceptible  repos  prosodique.  Les  syllabes  précédentes, 
quelle  que  soit  d'ailleurs  leur  qualité  ou  leur  nature,  son- 
nent de  leur  son  naturel  sans  doute,  mais  se  prononcent 
plus  rapidement,  plus  légèrement  en  quelque  sorte,  la  voix 
s'arrètant  sur  la  syllabe  accentuée,  sur  la  voyelle  domi- 
nante, quand  il  y  a  diphthongue  émise  d'un  seul  jet. 

L'application  en  exemples  est  saisissante.  Ainsi  A  natu- 
rel, toujours  éclatant,  est  néanmoins  bref  dans  barda,  bar- 
dot; tantds,  tantôt;  iscaloù,  échelon  ;  lAngadà,  Languedoc, 
tandis  qu'il  est  long  et  grave  dans  les  mots  homographes, 
hardo,  bat;  iantos,  les  tantes;  éecalou,  ils  grimpent;  linr 
gado,  coup  de  langue,  etc.,  etc.  Toute  la  différence  est  dans 
l'accent  final,  qui  convertit  la  syllabe  tonique  de  brève  en 
longue,  d'une  noire  fait  une  blanche,  et  produit  cette  inver- 
sion musicale  et  un  sens  nouveau.  Il  en  est  de  même 
pour  les  autres  voyelles.  Le  secret  de  la  prononciation 
vraie  et  juste,  comme  la  raison  de  notre  orthographe,  ne 
tient  qu'à  l'observation  de  cette  règle. 

Pour  en  revenir  maintenant  à  notre  article,  il  est  facile 
de  comprendre  sur  le  mot  Aoùs  la  nécessité  et  l'effet  de 
l'accent.  Si  la  finale  n'était  pas  accentuée,  elle  resterait 
muette  féminine,  et  par  son  contact  avec  la  voyelle  forte 
a,  elle  serait  absorbée,  et  deviendrait  diphthongue,  se 
confondant  avec  elle.  L'accent  grave  la  dégage,  et  avertit 
qu'elle  doit  servir  d'appui  à  la  voix  :  il  décide  du  son  et 
du  sens.  Dans  la  versification,  l'épreuve  est  bonne  à  faire  : 
lou  mes  d^aoùs,  le  mois  d'août,  ne  rime  pas  avec  hu$  dé- 
ddous,  les  dés  à  coudre,  pas  plus  que,  par  une  raison  sem- 
blable, ne  rimeraient  hu$  maoùs,  les  carreaux  de  terre 

s 


58 


AOU 


AOU 


coite,  avec  tous  mdous,  les  maux.  Pourquoi  ces  différences 
d'assonaances  dans  des  mots  où  les  mêmes  voyelles  se 
reproduisent  ?  Simplement  parce  que  ici  ou  là  la  position 
de  Taccent  a  été  intervertie.  La  tonique  est  fixée  dans  les 
premiers  sur  où*  accentué,  qui  fait  un  mot  dissyllabe  de 
a-où*  et  ma-oùM,  et  dans  les  derniers  déddoui  et  mâout,  il 
y  a  diphthongue,  et  la  voix  pèse  sur  Va. 

Au  moyen  de  cette  simplification. et  sans  préjudice  pour 
Fintelllgence  du  mot,  on  arrive  i  cet  autre  principe  du 
languedocien,  de  n'écrire  que  comme  on  prononce,  avec  les 
seules  lettres  nécessaires,  et  toutes  devant  être  articulées. 
La  parasite  h  pourrait  donc  être  sacrifiée  dans  bien  des 
mots  sans  que  le  sens  eût  à  en  soufirir.  JKf ooù  servirait 
d'exemple,  et  dans  le  même  cas  se  trouverait  traî,  trahir, 
dissyllabe  par  Taccent,  qui  ne  se  confondrait  pas  non  plus 
avec  traï,  il  jette,  monosyllabe  par  la  diphthongue. 

Ces  observations  se  répéteraient  également  sur  les  autres 
voyelles.  Elles  viendront  à  leur  place,  mais  il  est  déjà 
facile  de  les  pressentir  par  l'épellation*  des  mots  :  Sai, 
panne  de  porc,  et  saï,  céans  ;  mXoû,  meilleur ,  et  mtou, 
mien  ;  fia,  feu,  et  fïo,  fille;  péls»  pays,  et  péit,  poissons,  et 
dans  la  longue  série  des  homographes  que  nous  avons 
cités,  que  Tabsence  ou  la  présence  de  Taccent  sur  une 
des  lettres  de  la  syllabe  finale  modifie  si  profondément. 

L'harmonie  de  notre  langue  se  compose  de  ces  nuances 
de  tons  et  de  demi-tons,  qull  est  indispensable  de  noter 
distinctement  dans  récriture.  C'est  la  quantité  prosodique, 
la  mesure,  que  l'orthographe  a  charge  de  marquer.  Nous 
avons  essayé  de  poser  quelques  règles,  qui  se  compléteront 
d'observations  successives,  principalement  en  traitant  des 
voyelles  et  de  leur  assemblage  dans  les  diphthongues.  L'in- 
telligence de  notre  dialecte  est  toute  dans  la  prononciation 
juste;  la  notation  écrite  doit  tendre  à  s'en  rapprocher  autant 
que  l'alphabet  usuel,  adopté,  classique,  peut  le  permettre. 

Aousa,  V.  Oser,  avoir  l'audace  ;  s'enhardir. 

Dér.  du  lat.  Ausus,  part.  pass.  de  audere. 

Aousar,  i.  m.  Hussard  ou  housard,  corps  spécial  de 
cavalerie  légère. 

Corr.  dufr. 

Aousardo  (à  V) ,  adv.  A  la  housarde,  à  la  mode  des 
housards;  cavalièrement. 

Aooséro  ou  Lâonséro,  s.  f,  Lozère,  chaîne  de  monta- 
gnes qui  donnaient  autrefois  leur  nom  à  toute  la  contrée, 
et  le  donnent  aujourd'hui  à  un  déparlement.  Les  princi- 
paux sommets  de  la  Lozère  sont  granitiques ,  mais  son 
extrémité  orientale,  qui  est  dans  le  département  du  Gard 
et  se  nomme  la  Tète-de-Bœuf,  est  composée  de  schiste  mi- 
cacé, comme  la  plupart  des  montagnes  secondaires  qui 
suivent  sa  direction.  Il  parait  que  c'est  de  cette  espèce  de 
pierre,  qu'on  appelle  làouso  dans  le  pays,  que  le  mot  ZAou- 
Uro  aurait  été  formé,  et  l'usage  actuel  l'a  contracté  par 
celui  de  Aouséro. 

Aousérô,  oto,  adj.  Lozerot,  habitant  de  la  Lozère  ou 
du  départ,  qui  porte  ce  nom.  —  On  ne  sait  pourquoi  ces 


habitants,  lorsqu'ils  se  répandent  dans  la  France,  sem- 
blent vouloir  renier  ce  nom  de  Loxeroi  et  le  remplacer  par 
celui  de  Lozérien,  qui  est  antipathique  au  génie  de  leur 
langue  originaire.  Si  on  les  appelle  Loxériens,  à  Paris,  sur 
parole,  ils  restent  Lozerot»  pour  leurs  voisins  du  Lan- 
guedoc. —  Voy.  Gava. 

Aonsl,  V.  Ouïr,  entendre  ;  percevoir  les  sons  ;  écouter. 
—  AotAsei?  m'entends-tu?  entends-tu?  Ce  temps  de  verbe 
appartient  à  un  dialecte  au-dessus  d'Alais;  car  ici  il  ferait  : 
àoutisset  ?  Il  est  cependant  très-adopté.  Ou  gave  pas  qui 
pér  dousi  dire,  je  ne  le  sais  que  pour  l'avoir  ouï  dire,  je  ne 
l'ai  pas  vu.  N'aï  pas  àousi  dire  aquà,  je  n'ai  pas  entendu 
parler  de  cela.  Aquà  fat  bon  àousi  dire,  c'est  bon  à  savoir. 
Sévène,  tnàousiras,  si  je  viens,  tu  m'entendras.  Diou 
vous  àousiei  Dieu  vous  écoute!  J'en  accepte  l'augure. 

Dér.  du  lat.  Audire. 

Aonsido,  f .  f.  Ouïe,  l'un  des  cinq  sens  ;  faculté  d'ouïr. 
— /-a  leva  Vàousido,  il  l'a  étourdi  du  coup.  Parti  d'àousido, 
prendre  feu  à  la  première  parole  ;  être  prompt  et  vif;  se 
décider  étourdiment  et  sans  réfléchir. 

Dér.  du  lat.  Auditus. 

Aonsidoù,  i .  m.  Tympan,  orbite  auriculaire  ;  oreille. 

Dér.  de  Aousi. 

Aousidouîros,  f .  f.  pi.  Oreilles;  organe  auditif. — S'em- 
ploie pour  ouïe  et  oreille,  en  poésie  et  style  trivial. 

Dér.  de  Aousi. 

Aousino  et  Eousino,  f .  f.  Gland  du  chêne  vert.  -^  Car 
d'dousino,  chair  ferme  et  de  bonne  qualité,  telle  que  celle 
des  porcs  qui  se  nourrissent  de  glands.  On  pousse  la  com- 
paraison jusqu'à  l'espèce  humaine  :  quand  on  pince  les 
joues  rondes  et  fermes  d'un  bel  enfant,  on  dit  :  Aquà's  dé 
car  d'dousino.  —  Voy.  Eousino. 

Dér.  de  Eouse. 

Aonssé,  s.  m.  Troussis  ;  plis  qu'on  fait  au  bas  de  la 
robe  des  enfants  et  qu'on  découd  pour  l'allonger  à  mesure 
qu'ils  grandissent.  —  Voy.  Bàoussé. 

Dér.  de  Hàoussa. 

Aoussèl,!.  m.  Dim.  Aoussélé,  AousséloU;  augm.  et  péj. 
Aoussèlas.  Oiseau,  animal  vertébré  et  ovipare,  ayant  un  bec, 
des  plumes  et  des  ailes.  —  L'àoussèl  dé  Sén  Lu,  l'oiseau 
de  saint  Luc,  le  bœuf,  parce  qu'on  le  représente  ailé  ;  se 
dit  ironiq.  d'une  personne  lourde,  pesante,  qui  ressemble 
par  sa  marche  et  sa  tournure  à  un  bœuf. 

Aoussélé  est  proprement  un  petit  oiseau;  dousséhik,  un 
oiseau  de  nichée;  doussélas,  un  oiseau  de  proie,  un  gros  et 
vilain  oiseau. 

Aoussèl*  f.  fit.  Instrument  pour  porter  le  mortier;  sorte 
de  bemie  en  planches,  ouverte  d'un  côté  et  à  deux  man- 
ches, que  Ton  porte  sur  le  cou,  pour  monter  le  mortier 
aux  maçons  sur  leur  échafaudage;  on  l'appelle  en  fr.  oiseau 
ou  mieux  augeot,  qui  parait  être  une  corruption  de  augéot, 
petite  auge. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Aueeilus,  dit  pour  avieellui,  dim. 
de  Avis. 


AOU 


APA 


59 


AonMôla  (s*),  v.  S'ébouriffer,  comme  font  les  oiseaux 
en  colère;  se  hérisser.  Au  fig.  se  mettre  en  colère,  s'irriter, 
s'emporter,  hausser  le  ton,  monter  sur  ses  grands  chevaux. 

Dér.  de  Aousièl. 

Aoussélino,  t.  f.  La  gent  volatile,  qui  porte  plumes  ; 
les  petits  pieds.  Quelquefois  se  dit  fam.  et  par  contre- 
vérité  d'un  gros  oiseau  de  rapine. 

Dér.  de  Aoutsèl. 

Âonssén,  s.  m.  Absinthe,  armoise-amère,  Ârtemisia 
ahnnthium,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Composées  corym- 
bifères  ;  elle  croit  dans  les  montagnes  des  Cévennes.  —  La 
plante  n'a  de  commun  avec  la  liqueur  du  même  nom, 
fabriquée  aujourd'hui,  que  le  souvenir  de  ce  baptême  pri- 
mitif, où  les  feuilles  de  la  tige  macérées  entraient  pour 
quelque  chose,  au  moins  pour  leur  parfum.  Aussi  le  vieux 
nom  languedocien  n'est  plus  connu  qu'en  botanique,  et  les 
amateurs  du  breuvage  dont  nous  parlons,  en  ont  fait  bra- 
vement :  Arténto,  et  s'empoisonnent  pour  faire  la  mode, 
tout  en  parlant  mal  leur  langue. 

Aonssnro,  s.  f.  Hauteur,  éminence,  cime  d'une  mon- 
tagne; tout  endroit  comparativement  plus  élevé  qu'un 
autre.  —  Sus  ràousturo,  sur  la  hauteur,  au  sommet. 

Dér.  de  Ndoutsa,  nàou, 

Aonta,  f.  m.  Autel,  table  destinée  aux  sacrifices  et  par- 
ticulièrement à  la  célébration  de  la  messe.  —  Lou  gran- 
t-âovOa,  le  mailre-autel. 
•    Dér.  du  lat.  Altare. 

Âontonna,  v.  Automner  ;  jeter  du  bois  dans  l'arrière- 
saison;  mûrir  en  automme.  — Se  dit  particulièrement  de  la 
pousse  que  fait  le  mûrier  après  avoir  été  dépouillé  de  sa 
feuille  et  taillé  au  commencement  de  l'été.  C'est  au  prop. 
pousser  en  automne. 

Aontoiino,  t.  /.  Automne,  troisième  saison  de  l'année, 
entre  l'été  et  l'hiver. 

Dér.  du  lat.  Autumnui. 

Âoutonr,  mieux  :  A  réntonr,  adv.  Autour,  à  l'entour, 
aux  environs.  —  £s  âouiour  de  mièjo  gnué,  il  est  environ 
minuit. 

Formé  de  Aou,  article,  et  de  tour, 

Aontra,  âontro,  pron.  et  adj.  Autre. —  D'âoutre-tén, 
autrefois,  jadis.  Aoutre  mdou  noun  y  aguef  Que  tout  le 
mal  se  réduise  là  !  Oh  !  pour  cela,  c'est  un  petit  malheur  ! 
Ommo  disiè  Vàoutre,  comme  disait  cet  autre  :  sorte  de  pré- 
caution oratoire  pour  commencer  une  phrase  proverbiale. 
7<mC  un  ou  tout  àoutre,  tout  blanc  ou  tout  noir,  point  de 
milieu.  E$  tout  àoutre,  il  est  singulièrement  changé,  on  ne 
le  reconnaîtrait  pas.  Un  co  l'un,  un  co  l'doutre,  tantôt 
l'un,  tantôt  l'autre  ;  alternativement.  Une  àoutro  fés,  une 
autre  fois;  pas  cette  fois-ci,  une  autre. 

Dér.  du  lat.  Alter. 

Aontromén  ou  Âontramén,  adv.  Autrement,  d'une 
antre  manière  ;  sans  cela  ;  sinon.  —  Faras  eé  que  té  dite, 
éoutromén!..,  tu  feras  ce  que  je  te  dis,  sinon!...  Dans  le 
dialogue  familier,  on  l'emploie  d'une  manière  explétive,  et 


sans  qu'on  lui  attache  un  sens  positif  :  Aoutramén  disias 
que.,,,  vous  disiez  donc.  C'est  une  formule  pour  changer 
de  propos,  pour  ramener  à  la  question. 

Âoutros-lés,  adv.  Autrefois,  jadis,  au  temps  passé. 

Aonzon,  s,  m,  n.  pr.  de  lieu.  Auzon,  hameau  de  la 
commune  d'Allègre,  arrondissement  d'Alais;  et  Alzon, 
chef-lieu  de  canton,  arrondissement  du  ^gan. 

Les  deux  appellations  sont  les  mêmes  en  languedocien, 
et  se  trouvent  aussi  mentionnées  dans  le  dénombrement  des 
feux  de  la  sénéchaussée  de  Beaucaire  et  de  Nimes,  en  4384, 
avec  la  même  orthographe  latine,  Alsonum.  On  sait  la  faci- 
lité àa  al  à  se  transformer  en  au  et  à  s'exprimer  par 
àou  dans  la  langue  vulgaire  :  le  français  n'a  pas  eu  de  pré- 
férence; mais  la  communauté  d'étymologie  des' deux  mots 
n'en  est  pas  altérée.  Il  est  à  remarquer  que  la  finale  ou  en 
lang.,  on  en  fr.,  provenant  du  suffixe  lat.  O  ouonus,  onum, 
est  quelquefois  diminutive,  mais  elle  marque  aussi  l'abon- 
dance et  communique  à  la  chose  représentée  par  le  radical 
une  idée  de  dérivation,  de  conformité  de  nature  ou  de 
ressemblance,  en  même  temps  que  de  quantité  {Voy.  Ou, 
suff.).  Quant  au  corps  même  du  mot,  la  forme  au  pluriel 
aouz,  aux,  ah,  semble  ne  pas  être  tout  à  fait  insignifiante: 
elle  n'aurait  pas  été  employée  pour  indiquer  simplement 
une  localité  placée  sur  une  élévation  et  comme  isolée,  mais 
plutôt  une  localité  entourée  de  hauteurs,  dans  un  pays  de 
montagnes,  où  s'élèvent  de  nombreuses  collines.  C'est  avec 
cette  signification  que  le  sens  du  suffixe  lui  conviendrait 
en  donnant  plus  d'énergie  au  radical,  et  que  l'application 
serait  exacte  pour  les  deux  villages. 

Apaîa,  V,  Garnir  de  paille  ;  faire  la  litière  aux  che- 
vaux ;  jeter  de  la  paille  sous  les  animaux  pour  leur  litière. 

Dér.  de  Pdio. 

Âpanll  (s'),  V.  Pâlir,  devenir  pâle  ;  se  faner,  s'étioler. 

Dér.  de  Farde. 

Âpàonri,  v.  Appauvrir,  rendre  pauvre  ;  rendre  moins 
fertile  ;  devenir  mauvais  ;  épuiser. —  L'doumomo  apàourit 
pas,  l'aumône  ne  rend  pas  plus  pauvre.  Lou  tén  s'apàou- 
ris,  le  temps  se  g&te,  il  se  couvre. 

Dér.  de  Fâoure. 

Apâonsa  (s').  Se  poser,  prendre  pied,  comme  fait  le 
gibier  après  une  remise.  —  S'apàousa,  dans  le  sens  du  fr. 
s'opposer  à...,  n'est  qu'une  corruption,  mais  il  se  dit 
quelquefois.  Il  n'a  pas  la  même  étym. 

Dér.  de  Fàouso. 

Âpâousado,  f .  f.  Reposée,  lieu  où  le  gibier  se  repose  pen« 
dant  le  jour  ou  après  une  remise.  —  Tira  à  l'apàousado, 
tirer  à  la  reposée,  au  gîte.  —  Voy,  Fdousado. 

Dér.  de  Fàouso. 

Apâouta  (s'),  V.  Tomber  sur  ses  mains;  se  mettre  sur 
les  mains. 

Dér.  de  Fdouto. 

Âpâoutoùs  (d'),  adv.  A  quatre  pattes  ;  sur  les  pieds  et 
les  mains. 

Dér.  de  Fdouto. 


60 


APÊ 


APÉ 


Apara,  «.  Défendre,  protéger,  prendre  la  défense.  — 
S'aparo  eoumo  un  catMt,  il  se  défend  de  bec  et  d*ongles. 
S'apara  âou  fré,  se  garantir  da  froid.  Po  piu  i'apara  àou 
prtmfl,  il  ne  peut  pas  se  défendre  contre  la  fortune  ;  il  a  on 
bcmheur  insolent  ;  tont  loi  réassit.  Apara  Uu  mouacos, 
chasser  les  mouches. 

Oér.  du  lat.  Âpparare,  armer  pour  la  défense.  En  ital. 
Pararê,  en  esp.  Parar, 

Apara,  v.  Tendre,  présenter  on  récipient  quelconque 
pour  recevoir  ce  qu'on  y  jette;  attraper  au  vol  ce  qu'on 
vous  jette.  —  Aparo  toun  fandâou,  lou  pagnè,  ioun  capèl, 
ta  man,  tends  ton  tablier,  le  panier,  ton  chapeau,  ta 
main. 

Dér.  du  lat.  Aperire,  ouvrir. 

Aparamén,  adv.  Probablement,  apparemment,  sans 
doute. 

Empr.  au  fr. 

Aparéîà,  v.  Accoupler,  appareiller ;.  ranger  deux  à 
deux. 

Dér.  de  ParU. 

Aparénço,  t.  f.  Physionomie  extérieure  d'un  objet,  ses 
apparences,  ce  qu'il  semble  être  ;  vraisemblance,  proba- 
bilité. —  Aquél  Ua  a  bono  aparénço,  ce  blé  en  herbe  pro- 
met beaucoup.  T-a  pas  aparénço  que  parliguén  hiuèï,  il  est 
peu  probable  que  nous  partions  aujourd'hui. 

Dér.  du  lat.  Apparere. 

Aparénta,  ado,  adj.  Apparenté,  allié.  —  Vout  ses  pas 
mâou  aparénta,  vous  voilà  bien  apparenté  ;  vous  avez  des 
parents  dont  vous  pouvez  être  fier. 

Aparénta  (s*),  v.  S'apparenter,  former  par  un  mariage 
des  liens  d'afdnité  avec  une  famille. 

Dér.  du  lat.  Ap  pour  ad,  et  parêns,  parentis. 

Aparia,  v.  Egaliser,  rendre  égal  ;  unir,  ajuster.  —  On 
apario  les  vers  a  soie  de  dKTérents  âges,  en  donnant  aux 
plus  jeunes  plus  de  clialeur  et  de  nourriture.  — Aparia  las 
Uiros,  assoinbler  les  loltrps  quand  on  apprend  à  lire.  Y-a 
pas  rés  quaparie  aquà,  il  n'y  a  rien  de  pareil  à  cela  ;  tel 
homme  ou  tel  objet  n'ont  pas  leur  pareil. 

Aparia  (s'),  v.  S'apparier,  s'accoupler,  se  réunir  par 
paires  ;  se  comparer,  se  mesurer. 

Dér.  du  lat.  Par,  d  où  parél. 

Apartémén,  t.  m.  Appartement.  — C'est  un  emprunt  au 
fr.  pour  di^igncr  un  ap^iartemcnt  de  luxe,  la  chambre 
d'honneur  ou  le  salon  de  parade  ;  le  terme  générique  est 
Membre,  —  F.  c.  m. 

Aparténi,  v.  Appartenir,  être  dans  la  possession  de 
quelqu'un.  —  Aquà  i-appartèn  hé,  émb'un  home  dé  soun 
éêpèfo,  dé  faire  lou  déspiehoùs,  il  convient  bien  à  un 
homme  de  sa  sorte  de  faire  le  dédaigneux. 

Dér.  du  lat.  Pertinere,  pertinet» 

Apèl,  «.  m.  Appel  ;  recours  exercé  devant  une  juridio* 
tkm  supérieure.  —  FaXre  Capèl,  faire  son  compte. 

Empr.  au  fr. 

ApÛa«  «.  Appétar,  nommer;  faire  Tenir  à  soi,  attirer. 


—  Lous  volas  apéhu  la  barbasto,  les  cours  d'eau  attirent 
la  gelée  blanche.  Lou  marin  apèh  la  pUjo,  le  vent  du 
midi  amène  la  pluie.  Aquà  s'apHo  parla/  voilà  parler, 
voilà  qui  est  parler.  Aquà  s'apéh  un  home,  voilà  on 
homme  de  tète  et  de  cœur.  Aquà  s'apHo  /  dit-on  souvent 
comme  interj.  pour  exprimer  l'admiration  :  voilà  qui  est 
bien  !  voilà  qui  est  beau! 

Dér.  du  lat.  AppéUare. 

Apéna  (s'),  v.  S'appliquer,  apporter  ses  peines  et  ses  soins. 

Dér.  de  Péno. 

Apéndrls,  driaso,  s.  ei  adj.  Apprenti,  qui  fait  son 
ai^rentissage. 

Gorr.  du  fr.  Apprenti, 

Apéndriasage,  «.  m.  Apprentissage. 

Avec  une  légère  variante  qui  vient  du  génie  de  la  lan- 
gue, empr.  au  fr. 

Apéns  (Lous),  t.  m.  pi.  Hameau  de  la  commune  de  La 
Melouze,  arrondissement  d'Alais.  La  prononciation  du  mot 
est  la  même  en  fr.  qu'en  laug. 

Dér.  du  celt.  Pen,  cime;  sommet,  pointe  d'une  mon- 
tagne. La  lettre  a  qui  le  précède  n'est  que  l'augment  ini- 
tial. La  situation  de  ce  hameau  explique  son  nom.  En 
allem.  pinn,  et  pfin,  haut,  élevé,  hauteur,  sommet.  En 
lat.  pinna^  créneau  de  mur;  pinnaculum,  faite,  pinacle, 
ont  la  même  origine  du  gaulois  pen,  V Apennin,  les  Apenr 
nins,  célèbres  montagnes  d'Italie,  Alpes  penninœ,  Apen- 
ninœ,  sont  le  même  mot  que  notre  Apéns. 

Apénaionna,  v.  Bailler  à  emphytéose,  ou  2  bail  emphy-* 
téotique,  ou  à  locaterie  perpétuelle.  C'est  aliéner  un  im- 
meuble quelconque  moyennant  le  service  d'une  rente  con- 
stituée et  pcrptHuelle,  dont  le  bailleur  ne  peut  exiger  le 
remboursement  tant  que  la  rente  est  régulièrement  servie. 

Dér.  de  Pénsiou. 

Apèou,  f.  m.  Appeau;  toute  sorte  de  sifflet  avec  lequel 
on  contrefait  la  voix  dos  oiseaux  pour  les  attirer  dans 
les  filets  ou  à  portée  du  fusil.  Le  môme  que  Souné.  — >  F. 
c.  m. 

Dér.  de  Apéla. 

Apérésl  (s'),  v.  Devenir  paresseux,  mou,  lâche  au  tra- 
vail ;  s'accoquiner. 

Dér.  de  Péréso. 

Apésa,  V.  Prendre  pied;  appuyer  le  pied;  donner  dn 
pied  à  quelque  chose,  comme  à  un  sac,  à  une  échelle,  à 
une  planche,  qu'on  place  debout  et  que  l'on  apéso  pour  les 
rendre  plus  solides. 

Dér.  de  Pi,  au  plur.  pèses, 

Apétl,  s.  m.  Appétit,  besoin  ou  seulement  désir  de 
manger.  —  Es  pas  l'apéti  que  manqua,  ce  n'est  pas  faat» 
d'appétit  si  nous  ne  mangeons  pas. 

Dér.  du  lat.  Appeler: 

Apétovi,  ido,  ou  Apétomii,  ido,  cmTj.  Apprêté.  Ne  ta 
dit  que  du  pain  et  ne  se  prend  qu'en  mauvaise  part.  On 
ne  dit  pas  en  effet  :  Dé  pan  bien  apétûui;  mais  :  ÀqmÊi 
pan  éê  mâou  apélouè,  ou  apHoy^idaê,  qui  est  le  p^. 


APL 


APO 


61 


L'6lym.  ettrelle  dans  Apéiï,  ce  qui  oontnrierait  on  pea 
le  Bens  de  œ  mot,  toujonis  appliqué  i  on  pain  qui  ne 
l'excite  ga^;  on  bien  seraiVeUe  dans  sa  formation,  a  grec 
privatif,  et  une  altération  du  mot  pâte,  arrangé  eaphoni- 
qoement,  œ  qui  ne  serait  pas  sans  exemple  T 

Api,  «.  m.  Céleri,  Apium  graveoiênê,  Linn.  Plante  pota- 
gère de  la  famille  des  Ombelliféres.  —  Api  bouseas,  Ache, 
âorlB  de  oâeri  à  femlles  et  i  côtes  plus  menues,  qu'on 
n'emploie  que  par  brins  dans  un  potage.  Son  arôme  est 
beaucoup  plus  fort  que  celui  du  céleri  franc. 

An  commencement  de  ce  siècle,  on  raconte  qu'un  de  nos 
concitoyens,  obligé  d'aller  à  Paris,  se  promit  bien  d*y  faire 
ample  récolte  de  découvertes  qu'il  publierait  au  retour. 
Dans  ce  but,  à  son  premier  diner  au  restaurant,  il  cherche 
sur  une  longue  carte  un  de  ces  metsincoimus  sur  les  bords 
du  Gardon;  il  le  trouve  enfin  et  demande  des  céleris  au 
jos.  On  ne  les  lui  fit  pas  attendre;  mais  i  peine  y  eut-il 
goàté,  qu'il  s'écrie  :  Aï/  êoerédi/  iau$  céleris  ioun  d'apis/ 
Le  mot  est  resté. 

Dér.  du  lat.  Apium,  formé  de  apis,  parce  que  sa  fleur 
cet  recherchée  par  les  abeilles. 

Apialoà,  f .  m.  Etai,  étançon  ;  appui  ;  jambe  de  force 
pour  soutenir  les  cintres  en  bois  d'une  voûte.  —  L'apialoù 
est  un  étai  posé  verticalement  ou  obliquement,  quand  il 
soutient  un  pan  de  mur  qui  menace  ruine  ;  lou  pincèl  est 
œ  même  étai  placé  horizontalement,  quand  il  est  destiné 
a  prévenir  l'éboulement  d'un  mur  ou  d'une  tranchée  de 
terre.  —  Vay,  Pincèl, 

Dér.  du  lat.  PUa,  pilier. 

Apialoima,  o.  Etançonner,  étayer,  étrésillonner  ;  poser 
un  étai. 

Dér.  à'ApiaU^. 

Apiè,  «.  m.  Rucher;  ensemble,  collection  des  ruches 
dans  un  même  lieu.  —  Foy.  Ahèl. 

Dér.  du  lat.  Api$,  abeille  ;  aparium. 

Apignéla,  ado,  adj.  Serré  comme  les  écailles  ou  comme 
les  amandes  d'une  pomme  de  pin. 

Dér.  de  Pigno, 

Apitança,  v.  Ménager  le  mets  que  l'on  mange,  en  y 
lyoutant  beaucoup  de  pain,  en  sorte  que  le  mets  ne  serve 
que  de  véhicule,  d'assaisonnement  à  celui-ci  qui,  selon  les 
régies  d'une  bonne  hygiène  et  surtout  de  réconomie  domes- 
tique, doit  être  le  principal  aliment.  Les  enfants,  qui  sont 
naturellement  gourmands,  font  tout  le  contraire  ;  aussi  est-ce 
particulièrement  pour  eux  que  le  mot  apitança  est  employé. 

Dér.  de  Pitanço, 

Aplacarda,  v.  Placarder  ;  mettre  ou  afficher  un  placard  ; 
appliquer  contre  un  mur,  y  lancer  un  objet  quelconque  de 
nature  à  y  rester  appliqué,  à  s'y  coller.  —  Aplacarda  quâou- 
fitàê,  lancer  quelqu'un  contre...,  le  coller  au  mur,  l'y  fixer 
«Q  le  tenant  par  le  cou  ou  la  poitrine. 

Dér.  de  Placar,  pris  pour  affiche. 

Aylaïui,  «.  Aplanir;  niveler  ;  rendre  uni ,  rendre  lisse. 

Dér.  de  l'adj.  Plan,  du  lat.  Planu$,  êœplanare. 


Aplanalo,  «.  m.  Action  d'aplanir,  aplanisaement. 

Aplati,  V.  Aplatir,  rendre  plat  ;  lancer  avec  force  contre 
un  mur,  contre  la  terre,  contre  un  corps  dur. 

Dér.  de  l'adj.  Pla, 

Apléjl  (s'),  V.  Devenir  pluvieux,  tourner  à  la  pluie. 

Dér.  de  Plèjo. 

Apliqua  (s*),  v.  S'appliquer;  porter  toute  son  attention, 
son  zèle,  son  savoir-faire.  — Il  est  principalement  employé 
pour  exprimer  l'application  d'un  écolier  studieux. 

Empr.  au  fr. 

Aploun,  f.  m.  Aplomb;  ligne  verticale,  équilibre  résul- 
tant pour  un  corps  de  l'observation  de  cette  ligne.  —  Aquét 
mur  ii  pas  gaïrc  sus  soun  aploun,  ce  mur  n'est  guère 
d'aplomb. 

VapUmn  est  un  outil  de  maçon  en  forme  de  triangle 
rectangle,  à  l'angle  droit  duquel  est  fixé  un  cordon  qui  est 
terminé  par  une  boule  de  plomb.  Cet  instrument  sert  à 
reconnaître  le  nivellement  des  assises  d'un  mur  ou  du  gise- 
ment d'une  pierre  de  taille,  c'est-à-dire  son  parallélisme 
avee  l'horizon. 

D'aploun,  adv.  D'aplomb. — Se  dit  pour  :  fortement,  avec 
décision,  sans  hésiter. 

Dér.  de  Ploun. 

Apotro  (Bon),  adj.  m.  Bon-apôtre.  —  Faire  lou  bon- 
npotro,  se  faire  meilleur  qu'on  n'est,  afiecter  la  probité,  la 
générosité.  Es  un  bon-apotro,  se  dit  ironiquement  soit 
d'un  homme  faux,  hypocrite  ;  soit  d'un  libertin,  soit  d'un 
homme  peu  obligeant  ou  de  mauvaise  foi. 

Dér.  du  grec  'AcrdoioXo^,  envoyé,  messager. 

Apouénta,  v.  Pointer,  ajuster  vers  un  but.  —  Terme  de 
jeu  de  boules  ;  c'est  lancer  sa  boule  modérément,  terre  à 
terre,  de  manière  à  approcher  le  plus  près  possible  du  but 
ou  cochonnet.  C'est  le  contraire  de  tira,  qui  signifie  : 
lancer  sa  boule  avec  force  contre  celle  de  l'adversaire  pour 
la  déplacer,  ou  l'éloigner  du  but.  On  dit  au  fig.  et  pro- 
verb.  :  Tiro,  que  iéou  apouènte,  passe  devant,  je  te  sui- 
vrai. On  le  dit  surtout  des  filous  ou  fripons,  qui  s'enten- 
dent pour  duper  quelqu'un. 

Dér.  de  Pouèn,  point,  qui  est  l'expression  reçue  au  jeu 
de  boules  pour  désigner  le  gain  du  coup.  On  dit  :  Es  iéou 
qu'aï  lou  pouèn,  c'est  moi  qui  gagne  le  coup.  —  Foy. 
Pouèn. 

Apoulidi,  V.  Enjoliver,  rendre  joli  ;  embellir. 

Dér.  de  PouH,  adj. 

Apoulina,  v.  Dresser  un  jeune  cheval,  faire  son  éduca- 
tion; le  maquignonner.  Au  fig.  former  par  la  flatterie; 
amadouer;  habituer;  déniaiser.  —  Unofïoapoulinado,XLUB 
fille  délurée,  bien  maniérée,  qui  a  toutes  les  ruses  de  la 
coquetterie,  ou  bien  une  jeune  fille  bien  apprivoisée,  dont 
l'éducation  amoureuse  est  faite. 

Dér.  de  Poulï,  poulain. 

Aponloun,  «.  m.  Gasaquin,  sorte  de  spencer  de  femme, 
d'une  étoffe  ou  d'un  dessin  diffôrent  de  la  jupe.  Cette  mode 
de  nos  grand'mèree  a  duré  longtemps ,  elle  revient  aiyoitf>- 


62 


APR 


AQU 


d*hui.  Il  est  probable  qae  ce  nom  lui  est  venu  du  fr. 
Apollon,  en  usage  dans  le  grand  monde,  toujours  savant 
et  fort  en  mythologie.  En  arrivant  au  peuple,  il  y  est  resté 
pour  représenter  génériquement  toute  sorte  de  vêtements 
justes  à  la  taille  et  ne  formant  qu*un  corsage  sans  jupe. 
Cependant  le  renouveau  de  la  mode  a  introduit  de  nou- 
velles dénominations,  et  il  est  douteux,  qu'elles  soient  plus 
heureusement  trouvées  :  ce  qui  a  dû  faire  conserver  Tan- 
cien  nom. 

Apouncha,  v.  Rendre  pointu;  donner  de  la  pointe,  for- 
mer la  pointe  d*un  outil  en  fer  ou  en  bois.  Au  fig.  Apoun- 
cha d'argén,  mettre  Targeut  au  bout  des  doigts  ;  payer 
comptant.  —  Tout  aquù  apounchariè  pa'n  fu$,  tout  cela 
n'aboutit  à  rien.  Apouncha  dé  joun  émb'uno  masio,  faire 
un  travail  de  dupe,  une  œuvre  sans  objet. 

Dér.  de  Pouncho. 

Apouponnl,  v.  Choyer,  dorloter,  comme  une  nourrice 
fait  pour  un  enfant  en  le  berçant  sur  son  sein. 

Dér.  du  gasc.  Poupot,  sein,  mamelle;  ou  du  fr.  Poupon, 

Apouridi,  V.  Faire  pourrir,  réduire  en  dissolution,  en 
décomposition.  Au  fig.,  gâter  un  enfant. 

Dér.  de  Pourè. 

Aponrta,  v.  Rapporter,  comme  fait  un  chien  qui  rap- 
porte ce  que  son  maître  a  jeté,  ou  laissé,  ou  caché  mêmç 
pour  éprouver  son  intelligence  et  la  finesse  de  son  odorat. 
C'est  là  la  seule  acception  de  ce  mot,  qui  ne  reproduit 
aucune  de  celles  du  verbe  apporter  dont  il  est  cependant 
le  dérivé. 

Aponstios,  s.  fém.  plur.  Attelles,  terme  de  chirurgie  ; 
minces  et  petites  planches  pour  maintenir  les  fractures  d'os. 

Dér.  et  dim.  de  Po$. 

Aponstonml  ou  Apoostéml,  v.  Apostumer,  venir  à  sup- 
puration; abcéder. 

Dér.  du  gr.  \\xs&svr^^:t,  abcès. 

Apouticari,  ou  mieux  Ponticari,  s.  m.  Pharmacien, 
apothicaire.  —  Aquà'$  un  conte  d' apouticari,  c'est  un 
compte  d'apothicaire,  un  mémoire  enflé  à  plaisir. 

Dér.  du  gr.  ^AcroO/^xi),  boutique. 

Apradi,  v.  Gazonner,  semer  un  champ  de  graine  de 
foin  ;  mettre  en  pré.  —  S'apradU  dé  pér  él,  û  se  garnit 
lui-même  de  plantes  fourragères. 

Dér.  de  Pra. 

Apréne,  v.  Apprendre,  acquérir  quelque  connaissance 
qu'on  n'avait  pas  ;  retenir,  graver  dans  sa  mémoire  ;  être 
averti,  prévenu  ;  instruire,  enseigner.  Dans  le  sens  d'ap- 
prindre,  il  signifie  :  apprendre  une  leçon,  un  métier  ;  mais 
non  point  apprendre  une  nouvelle,  un  ouï-dire.  — Ai  apré$ 
ma  liçoià,  j'ai  appris  par  cœur  ma  leçon.  Aprénguè  d'èstre 
mapoù,  il  apprit  le  métier  de  maçon.  S'ou  es  après,  il  s'est 
formé  lui-même  sans  maître. 

Aprine  se  dit  aussi  des  plantes  ou  arbres  tran^lantés, 
qui  poussent  de  nouvelles  racines,  et  d'une  greffe  qui  com- 
mence à  pousser  ;  reprendre. 

Dér.  du  lat.  Prehmdere, 


Aprèts ,  s.  m.  pi.  Apprêt  ;  préparatifs  ;  préparation  en 
général.  Il  signifie  aussi  :  apprêt,  raideur  d'une  étoffe  pro- 
duite par  sa  préparation  ou  par  la  teinture. 

Empr.  au  fr.  En  ital.  Appresto, 

Après,  adv.  et  prép.  Après,  ensuite.  —  Après  la  mort, 
lou  tnèje,  après  la  mort,  le  médecin  ;  c'est  de  la  moutarde 
après  diner.  M'es  toujour  après,  il  m'est  toujours  après. 

Après,  éso,  adj.  et  part,  pass,  de  Apréne,  Appris. 
—  Quand  il  s'emploie  adjectivement,  ce  n'est  guère  qu'en 
mauvaise  part;  alors  il  signifie  :  élevé,  éduqué.  — Siès  bien 
mâou  après,  tu  es  bien  mal  élevé,  mal  embouché.  Un 
mâou-aprés,  un  mal  appris,  un  insolent. 

Aprésta,  v.  Apprêter,  préparer,  disposer;  assaisonner, 
faire  cuire  ;  tenir  prêt. 

Dér.  de  i'ital.  Appretare, 

Aprima,  v.  Amincir,  rendre  mince;  amenuiser;  émin- 
cer {Voy.  Aménuda).  —  S*aprima,  maigrir,  s'user. 

Dér.  de  Prim. 

Apriyada,  v.  Apprivoiser,  priver;  rendre  plus  doux, 
plus  trai table  un  animal  ou  une  personne  d'humeur  sau- 
vage et  farouche. 

Dér.  du  lat.  Privatus. 

Aproucha  (s*),  v.  S'approcher  de  quelqu'un  ou  de  quel- 
que chose. 

S'aproucha  est  employé  particulièrement  pour  :  s'appro- 
cher des  sacrements,  communier.  —  A  Pasquofôou  s'aprou- 
cha, faïre  soun  dévè,  il  faut  faire  ses  Pâques. 

Empr.  au  fr. 

Aprouchan,  adv.  Approchant;  environ;  à  peu  près. 

Formé  de  Aproucha. 

Aprouiita,  v.  Profiter  ;  économiser  ;  ne  pas  laisser  per- 
dre. —  AproufUa  sas  fardos,  user  ses  bardes  jusqu'à  la 
corde.  Aproufitè  cent  èscus  davan  soun  mariage,  il  ramassa 
cent  écus  avant  son  mariage.  Aproufito  bien  âou  coulèje,  il 
profite  bien  des  leçons  qu'il  reçoit  au  collège. 

Dér.  de  Proufï. 

Aproumès,  èsso,  part.  pass.  de  Aproumétre,  Voué,  pro- 
mis. 

Apronmètro,  v.  Promettre,  donner  Tassurance;  s'en- 
gager; vouer;  engager  sa  foi;  passer  des  pactes  de  ma- 
riage. —  T'aprouméle  que  m'ou  pagaras,  je  te  réponds  que 
tu  me  la  paieras.  —  Vousaprouméle  qu'es  pas  vraï,  je  vous 
assure  que  ce  n'est  pas  vrai.  Aï  aproumés  moun  éfan  dou 
bkm,  j'ai  voué  mon  enfant  au  blanc  :  c'est-à-dire  j'ai  fait 
vœu  de  l'habiller  tout  en  blanc  en  l'honneur  de  la  sainte 
Vierge.  Me  soui  aproumés,  je  me  suis  voué,  j'ai  faitvcBa  à 
Notre-Dame. 

Dér.  du  lat.  Promittere. 

Apnîa,  V.  Appuyer;  étayer;  soutenir;  protéger. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Appodiare. 

Apniage,  s.  m.  Droit  d'appui,  de  mitoyenneté.  —  Té 
farài  paga  Vapuiage,  je  te  ferai  payer  la  mitoyenneté. 

Aqnél,  élo,  pron.  dém.  Ce,  cet,  cette,  celui,  celle.  *— 
Aquél  d'aqui,  celui-là.  Es  pas  aquél  que  déouriè  réstre,  il 


AQU 


ÂRÀ 


6S 


n'est  pas  tel  qu'il  devrait  être.  Oh  /  aqtUlo  iài  èro  pa'ncaro 
éstado,  oh  !  voilà  un  propos  que  nous  n'avions  pas  entendu  ! 
en  voilà  bien  d'une  autre  !  Soui  pas  aquél  que  mé  crésès,  je 
ne  suis  pas  l'homme  que  vous  croyez. 

En  ital.  QueUo;  en  esp.  Aquette,  aquello. 

Aqaéste,  este,  pron.  dém.  Ce,  cet,  cette,  celui-ci, 
celle-ci.  —  D'aquéstes  ans,  il  y  a  quelques  années.  D'à- 
quéste  tén,  par  ce  temps-ci. 

En  ital.  Quésto;  en  esp.  AqtMste, 

Aqnl,  adv.  Là,  dans  cet  endroit  ;  près  du  lieu  où  l'on 
est.  —  Pér-aqul,  de  ce  côté-là,  par  là.  Vèn  dé  passa  pér 
aqui,  il  vient  de  passer  de  ce  côté.  Coumo  vaï  voste  pèrof 
—  Pér-açMi,  Comment  se  porte  votre  père?  —  Goussi, 
coussi,  par  ci,  par  là.  D'aquï-aquï,  d'un  moment  à  l'autre, 
de  là  là.  S'en  souvèn  pas  d'aqul-aquï,  il  ne  s'en  souvient 
pas  d'ici  là.  D'aqui  et  d'aïlî,  de  çà  et  de  là,  à  droite  et  à 
gauche.  Adi  n'est  pas  de  notre  Dictionnaire  :  c'est  un  de 
ces  mille  mots  inventés  pour  l'euphonie.  Le  languedocien 
aime  surtout  à  procéder  par  consonnance  ou  rime  dans  la 
plupart  de  ses  dictons.  Aquél  d'aqul,  celui-là.  Aquà  d'aquï, 
cela  même.  Es  aquà  d'aquï,  c'est  bien  cela.  Aquï-dré,  vis- 
à-vis  d'ici,  en  droite  ligne.  Mais  cette  expression  est  le 
plus  souvent  explétive.  Les  gens  de  la  campagne,  surtout 
à  l'est  d'Alais,  ce  qu'on  nomme  les  Gounèls,  s'en  servent 
sans  aucune  espèce  d'à-propos,  sans  besoin.  Ses  ana  à  la 
fèùro  hier?  —  Aquirdré  y  anère  bé,  Avez-vous  été  hier  à 
la  foire T— Ma  foi  oui,  j'y  fus.  Ce  n'est  réellement  qu'un 
mojen  d'allonger  la  phrase,  de  se  donner  le  temps  de 
rendre  catégoriquement. 

En  ital.  Qui;  en  esp.  Aqui. 

Aquionla,  v.  Acculer  ;  pousser  et  serrer  dans  un  coin 
ou  contre  un  mur;  empocher  de  reculer;  faire  pencher 
une  voiture,  une  charrette  sur  son  arrière  ;  faire  tomber 
sur  le  derrière. 

Dér.  de  Quiou, 

Aqnis,  «.  m.  Acquit ,  quittance.  —  Un  hé  dé  bon  aquïs, 
dà  mkhant  aquïs,  une  fortune  bien  ou  mal  acquise. 

Empr.  au  fr.  Dér.  du  lat.  Aequirere, 

Abaissa,  V.  Halerdes  chiens  pour  les  faire  battre  ;  exci- 
ter deux  ennemis,  deux  rivaux  l'un  contre  l'autre.  —  Le 
même  que  Atissa.  —  F.  c.  m. 

En  celto-breton,  Atizar,  m.  sign.  Le  mot  est-il  formé  par 
onomatopée  de  quis-quis,  cri  d'excitation,  ou  bien  le  verbe 
a-t-il  inspiré  l'onomatopée  ? 

Aqnita,  v.  Acquitter,  solder,  payer  intégralement.  — 
Quâou  s'aquito  fa'i  cabdou,  qui  paie  ses  dettes  s'enrichit. 

Empr.  du  fr. 

Aquô,  pron.  dém.  Ça,  cela,  cette  chose-là.  —  Coumo 
aquà,  comme  cela,  ainsi.  Aquà  d'aquï,  cela,  cela  mèmj. 
Aqud-bo,  mot-à-mot  :  cela  bon,  signifie  une  liqueur  quel- 
conque moelleuse  et  sucrée,  ou  toute  autre  friandise. 
Un  ficha  viire  d'aquà4fo,  un  petit  verre  du  meilleur.  Un 
d^aquà,  une  chose,  une  alïaire  dont  on  ne  se  rappelle  pas 
le  nom.  Emb'aqud  ou  End'aqud,  avec  cela,  pourtant,  cepen- 


dant. D'aquà,  de  cela,  de  cette  chose.  A  fosso  d'aquà,  il  a 
beaucoup  de  biais,  d'esprit,  de  subtilité,  d'adresse.  A  d'aquà, 
il  a  du  quibus.  F&ou  d'aquà,  il  faut  de  l'argent.  Aquà's, 
contraction  de  aquà  es,  c'est.  Aquà's  aquà,  c'est  cela,  c'est 
bien  cela.  Aquà'ro,  contraction  de  aquà  èro,  c'était.  Aquà 
vdi  aquï,  c'est  la  conséquence  naturelle  de  cela.  Aquà  tomba 
bien,  cela  arrive  bien,  à  propos,  à  point  nommé.  Aquà  vaï 
bien,  cela  va  bien.  Qu'es  aquà?  qu'est-ce  que  c'est  ?  Aquà's 
aquà,  c'est  cela.  Aquà* s  paquà,  ce  n'est  pas  cela.  As  vis 
aquà?  as-tu  vu  cela  7  Vèiras  aquà;  tu  verras,  tu  me  la 
paieras.  Aquà  se  dis,  cela  se  dit  ;  on  en  parle. 

Aquà  se  prend  quelquefois  comme  prépos.  pour  éncà, 
chez.  —  Anan  aquà  dé  moun  pero,  nous  allons  chez  mon 
père.  —  Voy.  Encà. 

Dér.  du  lat.  Quod. 

Ar,  s.  m.  Arcade,  arceau,  construction  en  courbure  de 
voûte.  —  Au  plur.  Lous  ars,  les  arceaux,  les  arcades.  Le 
marché  à  Alais  était  entouré  de  portiques  ou  arcades.  L'éta- 
lage des  légumes  et  autres  marchandises,  dans  le  temps 
des  foires  et  des  marchés,  se  fait  souto  lous  ars.  Var 
dé  Vius,  l'Arc-des- Vieux ,  carrefour  à  Alais,  formé  en 
voûte  à  la  rencontre  des  rues  Valaurie,  Bouquerie  et  Ray- 
mond Pellet  :  il  vient  de  disparaître.  Vius  nous  parait  être 
ici  un  nom  propre  :  l'art,  dé  au  sing.  l'indique.  On  aurait 
dit  das  vièls  si  l'on  avait  dû  traduire  par  l'Arceau  des 
vieillards.  A  moins  qu'il  ne  s'agisse  d'une  corruption  fran- 
cisée. —  Voy.  Vius. 

Dér.  du  lat.  Arcus. 

Ara,  V.  Donner  des  arrhes,  s'assurer  d'une  vente,  d'un 
achat  moyennant  des  arrhes;  arrher. — Se  dit  généralement 
pour  retenir  d'avance  un  objet  chez  un  marchand.  C'est 
une  promesse  d'acheter  une  chose  qui  n'est  pas  encore  livrée. 

Dér.  de  Aro,  arrhes. 

Araire,  s.  m.  Araire,  charrue  à  deux  hôtes,  et  même  à 
une  seule,  sans  roue  et  sans  contre.  —  Cette  fois  c'est  bien 
évidemment  le  fr.  qui  a  emprunté  au  languedocien  le  mot 
araire,  qui  figure  assez  nouvellement  dans  la  nomencla- 
ture technique  de  l'agronomie. 

Dér.  du  lat.  Arare, 

Aran,  *.  m.  Fil  d'archal  :  fil  de  for  ou  de  laiton.  —  En 
esp.  on  l'appelle  :  mio  de  arambre.  —  Voy.  Fiou  dé 
richar. 

Dér.  du  lat.  Aramen,  airain,  cuivre. 

Arapa,  v.  Prendre,  saisir  avec  la  main;  empoigner,  accro- 
cher. —  Arapo  /  attrape!  Arapa-lou,  empoignez-le.  Se 
t'arape,  si  je  te  pince.  T'araparaïf  je  t'y  prendrai. 

S'arapa,  se  coller,  s'accrocher.  —  La  pégo  s'arapo  à  las 
mans,  la  poix  s'attache  aux  mains.  Aquél  chival  s'arapo 
bien,  ce  cheval  tire  à  plein  collier.  Aquél  home  couménço 
dé  s'arapa,  cet  homme  commence  à  bien  faire  ses  afiaires, 
à  prendre  dans  son  commerce.  On  le  dit  aussi  d'un  con. 
valescent  qui  revient  en  santé  après  une  longue  ou  dange- 
reuse maladie. 

Dér.  du  lat.  Arripere. 


«4 


ARC 


ÀRD 


Arapo-man,  «.  m.  Grateron,  galiet  grateron;  Galium 
oparinê,  Linn.  Plante  de  la  famille  des  Rnbiacées,  ram- 
pante, rude  an  toucher  et  qui  s'accroche  aux  mains  quand 
on  la  saisit.  De  là  lui  vient  son  nom.  —  Voy.  Biboulo  et 

Arapo-pèOQ,  ».  m.  Bardane,  Ârêtium  iappa,  Linn. 
Plante  de  la  fam.  des  Composées  Gynarocéphales,  floscu- 
leuse,  et  dont  la  semence  est  renfermée  dans  un  hérisson 
4ont  les  piquants  sont  terminés  en  crochets;  ce  qui  fait 
que,  lorsqu*on  les  mêle  dans  des  cheveux  un  peu  longs, 
on  ne  peut  plus  les  débrouiller  et  Ton  ne  s'en  débarrasse 
qu'en  coupant;  son  nom  dérive  de  cet  effet. 

Arasa,  v.  Terme  de  maçon,  couronner  un  mur,  égaliser 
sa  dernière  assise,  la  niveler. 

Dér.  de  Bas, 

Arboùa,  t.  m.  Arbousier,  Ârbutus  unedo,  Linn.  Arbris- 
seau de  la  fam.  des  Ericacées,  toujours  vert,  qui  porte  à  la 
fois  des  fleurs  et  des  fruits.  Ces  derniers  sont  d'une  belle 
couleur  aurore  foncée,  mais  fades,  d'une  saveur  plate. 

Dér.  du  lat.  Arbutus,  m.  sign. 

Arbonssé,  t.  m.  Lieu  planté  d'arbousiers. 

Arbonaso,  s.  f.  Arbouse,  fruit  de  l'arbousier.  —  Ce  mot 
et  les  deux  précédents  ont  fourni  un  assez  grand  nombre 
de  noms  propres  et  de  lieux,  comme  :  Arbous,  Darboux, 
Larbous,  Arbousse,  Arbousset,  Darboussier,  etc. 

Arbontan,  s.  m.  Pied  de  biche,  bras  de  fer  qui  sert  à 
fermer  l'un  des  vanteaux  d'une  porte  cochère.  11  n'a  aucun 
rapport  de  signification  avec  Varc-boutant  fr.,  dont  il  est 
pourtant  dérivé  probablement. 

Arcan]e,  t.  m.  Archange,  ange  d'un  ordre  supérieur  dans 
la  hiérarchie  céleste. 

Empr.  au  fr. 

Arcèli,  s.  m.  Lavignon,  Venus  deeussaia,  Linn.  Coquil- 
lage marin,  bivalve,  bon  à  manger,  du  genre  des  Cames. 

Dér.  du  lat.  AresUa,  petit  coffre. 

ArchaTéaqae,  s.  m.  Archevêque,  prélat  métropolitain 
qui  a  des  évêques  pour  suf&agants. 

Dér.  du  lat.  ArchiÊpi$copus,  formé  du  grec  *Apx.^,  pri- 
mante, et  lataxuicoc. 

Arche,  f .  m .  Cavalier  de  l'ancienne  maréchaussée  ;  archer, 
soldat  armé  d'un  arc  et  de  flèches. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Arth9Hus, 

Arche,  «.  m.  Archet,  baguette  aux  extrémités  de  laquelle 
sont  attachés  en  saillie  des  crins  qu'on  tend  à  volonté  et 
qu'on  passe  sur  les  cordes  d'un  violon  ou  d'une  basse  pour 
en  tirer  des  sons  ;  instrument  pour  faire  tourner  un  foret; 
•orle  de  piège  fait  avec  deux  branches  pliées  en  arc  et 
ratuchées  par  un  fil  double,  pour  prendre  les  petits  oiseaux; 
en  terme  de  moissonneur,  étui  de  la  faucille,  qui  en  a  par 
conséquent  la  forme  recourbée. 

Dér.  de  Ar,  dim. 

Archiban,  «.  m.  Btnc  à  dossier*  banc  d'honneur,  chez 
las  bons  paysans  des  Cévennes,  placé  an  coin  de  leurs  im- 
menses cheminées  :  c'est  le  siège  des  cheb  de  la  maison  et 


des  étrangers  de  distinction.  L'atMban  est  aussi  un  long 
coffre  en  forme  de  banc,  fixé  auprès  de  la  table  à  man- 
ger, Sauv.  »  Le  mot  et  la  chose  sont  des  demeurants 
de  l'ancien  régime  :  ils  représentent  ces  mosurs  patriar- 
cales, qui  conservaient  avec  respect  les  traditions'  de  la 
famille  et  de  l'hospitalité,  l'amour  du  père  assis  au  foyer 
domestique  ou  à  la  table  frugale,  à  la  place  d'honneur.  Le 
progrès  ne  trouve  plus  là  que  des  ais  yermoulus  qui  As 
sont  bons  qu'à  jeter  au  feu. 

Dér.  du  grec  'Ap^iJ,  primauté,  puissance,  et  Ban. 

Archimpô  ou  Archipô,  s.  m.  Etuvée,  viande  hachée, 
hachis. 

Dér.  du  gr.  *Apx^c>  premier,  {nrindpal,  grand,  et  du 
lang.  Po, 

Arcialoùa  ou  Arclèloùa ,  s,  m.  Bolet,  cèpe«  potiron, 
champignon  gris,  très-bon  à  manger;  bolet  comestible, 
Boletus  edtUis  ou  êscuUniu» ,  ou  baoinus,  Pers.,  Linn., 
Roques.— Cet  excellent  champignon  se  reconnaît  aisément 
à  son  chapeau  plus  ou  moins  large,  un  peu  ondulé  sur  les 
bords,  d'une  couleur  fauve,  quelquefob  d'un  rouge  ds 
brique,  brunâtre,  couleur  noisette.  Sa  substance  intérieurs 
est  ferme,  d'un  beau  blanc  qui  ne  s'altère  pas  à  l'air,  à  la 
cassure.  Le  pédicule  est  épais,  tubéreux,  renflé  à  la  base, 
court  ou  élevé.  Il  est  essentiel  de  ne  pas  le  confondre  avec 
le  pissagd,  qui  lui  ressemble  beaucoup  et  qui  est  très^vèné- 
neux  et  malfaisant.  C'est  cette  espèce  de  diampignon,  très^ 
abondante  dans  les  Cévennes,  qu'on  &it  sécher  et  qui  est 
livrée  au  commerce.  Au  nord  d'Alais,  on  le  nomme  CiMs/ 
oe  n'est  qu'une  contraction  de  notre  vocable.  —  Vay.  Ce- 
foùf  ;  Pissagà. 

Dér.  de  l'it.  Aracdi,  m.  sign. 

Arcisona  ou  Artisoùa,  s,  m.  pi.  Ver,  mite  ou  ciron  da 
fromage,  Acartês  siro,  Linn.  Insecte  du  genre  des  Aptères 
et  de  lafam.  des  Parasites.  Onle  nomme égalementAfanmo. 

—  Voy.  Ariisoùs  et  Marano, 

Le  second  de  ces  noms,  dont  le  premier  n'est  qu'une 
variante,  est  évidemment  parent  du  fr.  Ariison,  qui  est 
aussi  un  petit  insecte  rongeur. 

Arcnlo,  «.  m.  Un  homme  fort,  robuste,  un  Hercule. 

Empr.  au  fr. 

Ardécho,  s.  f.  Ardèche,  département  dont  le  chef-lien 
est  Privas;  rivière  qui  y  prend  sa  source  et  lui  donne  son 
nom,  affluent  du  Rhône. 

Dér.  du  lat.  Arduesea, 

Ardioù,  f.  m.  Ardillon,  dard  ou  pointe  d'une  boucle. — 

—  Sara  un  ardïoû,  serrer  sa  ceinture  d'un  point,  se  ser- 
rer le  ventre,  au  prop.  et  au  fig. 

Ce  mot  est  au  moins  contemporain  du  fr.  ;  il  est  dér.  du 
oelt.  Dart,  pointe,  ou  du  grec  'ApSic,  L'ital.  a  ArtifUo, 
orteil,  ergot,  serre. 

Ardoù,  s.  f.  Grande  chaleur,  chaleur  brdlante,  parti* 
culièrement  celle  qui  est  produite  par  la  fermentation;  vita- 
cité  avec  laquelle  on  se  porte  à  quelque  chose. 

Dér.  du  lat.  Ardor. 


ARE 


ARE 


C5 


Are,  «.  m.  Bélier,  le  mâle  non  châtré  de  la  brebia. 

D6r.  du  lat.  Âries. 

Arèdro,  o.  Lasser,  fatiguer,  harasser;  rendre;  mettre 
sur  les  dents.  —  Se  dit  surtout  de  la  iàtigue  procurée  par 
une  marche  forcée. 

Dér.  du  lat.  Bêdueere. 

Arédn,  ado,  pan.  pou,  de  Arèdre.  Rendu,  lassé,  ha- 
rassé. 

Arégadia,  v.  R^rder;  fixer  attentivement  en  arrière. 
— Se  dit  aussi  généhquement  pour  :  regarder,  considérer 
de  toute  manière. 

Formé  du  lat.  ^^rà,  arriôre,  et  du  gr.  IK^ouo,  admirer. 

Arénumli,  ido,  ou  Arémoulu,  udo,  adj.  Avide,  âpre  à 
la  curée;  qui  n*a  pas  de  pudeur  dans  ses  vues  intéressées  ; 
iflionteur  ;  insatiable.  —  Voy.  Bémoulu, 

Arémouiije,  s.  m.  Avidité  du  bien,  désir  insatiable  d'en 
acquérir,  mêle  de  jalousie;  effronterie  intéressée. 

Aréna,  v.  Tenir  en  bride;  raccourcir  les  rênes.  ^^Arina, 
ado,  part.  pass.  Au  ûg.  Rengorgé,  qui  relève  la  tète,  qui 
le  rengorge. 

Dér.  du  lat.  Bétinaculum,  ou  de  Tital.  Jledîna,  rêne. 

Arénadon,  s,  m.  Terme  de  bàtier  ou  de  liourrelier,  Ar^ 
noir;  bouton  ou  baguette  fixés  au-devajit  du  b&t  ou  d*une 
barde  ou  bardelle,  pour  y  accrocher  les  rênes  du  bridon  ou 
la  longe  du  iicon. 

Dér.  de  Aréna. 

Arénda  ou  Arénta,  v.  Prendre  et  bailler  à  ferme, 
piendre  et  donner  i  loyer;  affermer,  louer. 

Dér.  de  Béndo. 

Aréndamén  on  Aréntamdn,  «.  m.  Bail  A  ferme  on  à 
loyer  ;  le  prix  de  ce  bail.  —  31  é  fdou  ana  paga  moun  arén' 
dawUn,  il  me  faut  aller  payer  mon  loyer. 

Dér.  de  Béndo. 

Arénja,  v.  Arranger,  disposer,  mettre  en  ordre;  accom- 
moder, ajuster,  ranger;  raccommoder,  concilier,  accorder, 
fûre  transiger  ;  arranger  une  affaire.  —  Arénja  $oui  afaï- 
tt$,  mettre  ordre  à  ses  affaires.  Arénja  toun  pèou,  peigner, 
liiaer  ses  cheveux.  Aqub  m'arénjo  bien,  cela  me  va,  cela 
m'arrange  à  merveille  ;  s'accorde  avec  mes  intentions  ou 
mes  intérêts.  Lou  Juge  tout  arénjè,  le  juge  les  réconcilia, 
les  fit  transiger.  Fôou  arénja  aquél  proucés,  il  faut  arran- 
ger cette  affaire. 

ffarénja,  se  parer,  s'ajuster,  s'endimancher  ;  se  ranger  ; 
•'arranger,  prendre  des  arrangements,  se  mettre  à  son  aise. 
-«-  SaUqué  tarénjarat  un  pàou,  sans  doute  tu  t'habilleras 
convenablement.  Lou  tén  s'arénjo,  le  temps  devient  serein, 
on  Inen,  il  se  radoucit.  Aquél  iurno  iarénjo  démpiti  qu'éi 
marida,  eet  homme  est  devenu  plus  rangé,  moins  dissipé, 
moins  prodigue,  depuis  son  mariage.  Se  vouUi,  m'arénja- 
roX  d'aqudo  pièço,  si  VOUS  voulez,  je  me  chargerai  de  ce 
champ,  je  m'en  arrangerai,  je  vous  rachèterai.  Aquéio  drolo 
ê'arénjo  Uèn,  cette  jenne  fille  s'ajuste  bien.  Arénja-^wna, 
Miu  fapomn,  mettez-vous  à  votre  aise,  sans  cérémonie.  Aïçù 
s'arénjara,  toalceci  s'arrangera,  se  raccommodera.  Bouto/ 


houio  /  t'arénjaraï,  val  va  I  je  t'arrangerai  d'importance, 
je  te  châtierai  de  la  bonne  maniera. 

Dér.  de  l'allem.  Bing,  rang,  d'où  est  venu  rén. 

Arénjamén,  «.  m.  Arrangement,  transaction;  ordre 
dans  la  tenue  d'une  maison  ;  esprit  de  conduite  dans  ses 
affaires. — Vn  michan  arénjamén  vôou  maï  qu'un  bon  prou- 
eès,  mauvais  arrangement  vaut  mieux  que  bon  procès. 

Arésde,  «.  m.  Cercle  en  bois  refendu,  dont  on  reliait 
les  anciennes  mesures  de  capacité,  telles  que  les  minots, 
quartes  et  boisseaux  ;  dans  les  mesures  du  nouveau  sys- 
tème, ce  cercle  est  en  fer.  VArétcU  est  encore  le  cerceau 
d'un  tamis,  d'un  crible,  des  tours  à  filer  la  laine  et  le 
coton,  des  caisses  de  tambour,  etc. — Piquo  tant  sus  l'arésels 
eoumo  sus  lou  tan^ur,  il  parle  ab  hoc  ei  ab  hae,  sans  me- 
surer la  portée  de  ses  paroles  ;  par  comparaison  avec  un 
tamlK>ur  maladroit  qui  frapperait  tantôt  sur  le  bois,  tantôt 
sur  la  peau  de  sa  caisse.  —  Arescle  dé  mouH,  arcbures  d'un 
moulin  à  farine  ;  elles  sont  recouvertes  par  les  converseaux 
et  forment  ensemble  le  tambour  :  terme  de  meunier. 

Dér.  du  lat.  ArctUum.  En  roman  arosch,  cercle  mince, 
éclisse,  éclat  de  bois. 

Arésonna,  v.  Demander  raison;  discuter;  interroger; 
faire  rendre  compte. 

Dér.  de  BésoU. 

Aréata,  v.  Arrêter,  retenir,  empêcher  d'aileron  dédire  : 
faire  cesser,  réprimer;  attacher;  déterminer;  régler;  saisir 
par  autorité  de  justice  ;  engager  pour  servir  ;  décider,  con- 
venir de  faire.  —  L'aréstèrs  léou,  je  le  retins,  je  l'arrêtai 
biâi  vite;  je  le  réprimai.  Arésta  lou  san,  étancher  le  sang. 
Arèsto  aquélo  bocho,  calle  cette  boule.  Avén  arésta  lou  jour, 
nous  avons  fixé  le  jour.  L'an  arésta,  on  Ta  mis  en  prison, 
on  Ta  écroné.  ^'t  arésta  un  mèssaje,  j'ai  retenu  un  domes- 
tique, je  l'ai  arrhé.  Avèn  arésta  dé  faïre  uno  pérménado, 
nous  avons  décidé  d'aller  à  la  promenade.  Aquél  M  arésto 
bien,  ce  chien  a  bon  nez,  arrête  ferme  le  gibier. 

Arésta,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Sage,  réservé,  retenu, 
posé,  quand  il  s'agit  des  personnes  ;  arrêté,  fixé,  conclu, 
en  parlant  d'une  chose,  d'une  affaire,  d'un  marché.  -—  Un 
joutne  homo  arésta,  uno  fio  aréstado,  un  jeune  homme 
sage,  posé,  une  fille  vertueuse,  réservée. 

Dérr  du  lat.  Bettaro, 

Aréstamén,  «.  m.  Arrêt,  arrestation  ;  saisie  d'une  per- 
sonne ou  des  biens.  — -  Faguèrou  un  aréstawUn  dé  soun  bé, 
on  fit  contre  lui  une  saisie  immobilière.  —  On  se  sert  du 
mot  banimén,  quand  il  s'agit  d'une  saisie-arrêt  ou  mobilière. 

Aréstiè,  s.  m.  Arêtier,  pièce  de  bois  qui,  dans  un  toit, 
part  de  l'extrémité  du  faîte  et  va  en  descendant  reposer 
sur  l'angle  du  b&timent,  divisant  les  eaux  à  droite  et  à 
gauche  dans  les  toitures  à  deux  égoùts. 

Dér.  de  Arésto, 

Aréfto,  «.  f.  Arête  de  poisson,  os  long  et  pointu  qui 
tient  lieu  de  côtes  dans  les  poissons;  crête  d'un  toit;  angle 
saillant  d'un  prisme,  d'un  mur,  d'une  voûte. 

Dér.  du  lat.  Arista,  barbe  de  blé. 


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ARG 


ARG 


Aréitott,  s.  m.,  ou  Cabô.  Chabol,  menniert  ehevane; 
Cyprinuê  dobula.  Lion.  Poisson  de  rivière,  qui  a  ia  tête 
large  et  plate,  la  gueule  fort  ouverte  et  sans  dents.  Sa 
chair«  peu  eslimée,  est  toute  parsemôd  d  arêtes,  œ  qui  lui 
a  valu  son  nom  lang.  —  Voy.  Cabà, 

Argèlo,  j.  f.  Argile;  terre  grasse;  terre  de  poterie.— 
Poita  d'argêlo,  pi'trir  de  l'argile. 

Dôr.  dulat.  Arg'Ula, 

Argôloùs,  ouso,  adj.  Argileux,  qui  tient  de  Targile. 

DlT.  de  Argèlo. 

Argén,  i .  m.  Argent,  métal  ;  monnaie  en  général.  — 
Mino  ifargén,  euiè  d'argén,  mine  «d'argent,  cuiller  d'ar- 
gent. PUigo  d'argén  es  paê  mourlèio,  plaie  d'argent  n'est 
pas  mortelle.  Cagno  vér  l'argén,  se  dit  d'un  animal  domes- 
tique quelconque,  qui  est  encore  d'Age  à  augmenter  de 
valeur  en  grandissant,  ou  d'une  bête  qui  a  été  malade  et 
qui  se  rétablit  chaque  jour  :  dans  ce  dentier  sens,  on  l'ap- 
plique même  aux  personnes.  Gagnan  vjr  targen,  disons- 
nous  à  un  malade  pour  lui  donner  de  l'espoir  ou  du  cou- 
rage. Aquà's  d'argen  dé  moun  gagna,  c'est  de  l'argent  de 
mon  pécule,  gagné  par  mon  travail  ou  mon  industrie,  et 
non  advenu  par  héritage.  Au  (ig.  Aquà'ê  d'argén  dé  toun 
gagna,  se  dit  aussi  d'un  malheur  arrivé  à  quelqu'un  par 
8t  faute;  c'est  un  malheur  qu'il  a  été  chercher  lui-même. 
L'argen  é»  roun,  fôou  bé  que  rounle,  la  monnaie  est  ronde, 
pour  qu'elle  circule  ;  l'argent  est  fait  pour  rouler,  pour 
courir  d'une  main  à  l'autre.  D'argén  blan,  en  monnaie 
d'argent,  en  pièces  d'argont.  Pagan  argen  countan,  nous 
payons  eu  espèces  sonnantes.  Ana  bon  jo,  bon  argm,  agir 
byalement,  franchement,  sans  ménagement. 

Dér.  du  lat.  Argentum. 

Argénta,  v.  Argenter;  passer  une  couche  d'argent; 
donner  une  couleur  argentée. 

ArgènU,  ado,  part,  pan.  du  ▼.  préc.  et  adj.  Le  même 

que  ArgéntOÙS.  (  r.  C.  m.)  *—  Sèn  pas  bien  argéntas  pér 
lou  moamen,  nous  ne  sommes  ^)as  riches,  pas  chargés  d'ar- 
gent pour  le  moment. 

Argéntariè,  «.  f.  Argenterie,  vaisselle  ou  autres  meu- 
bles et  ustensiles  d'argent.  —  C'est  le  nom  d'une  rue  à 
Montpellier,  l'Argenterie,  ou  était  autrefois  rU6tel  des 
monnaies. 

Argéntoàs,  onso,  a^j\  Pécunieux,  riche  en  espèces; 
qui  a  beaucoup  d'argent;  qui  produit  de  l'argent,  r^e  se 
piend  guère  que  négativement. 

Argén-viott,  «.  m.  Vif-arg<^nt,  mercure.  La  propriété  de 
cette  substance  métallique,  blanche  et  fluide,  d  être  conti- 
nuellement en  mouvement  à  la  moindre  agitation,  l'a  fait 
prendre  pour  emblème  des  ix^rsonnes  vives  et  remuantes. 
—  Sémblo  911'a  d'argén-viou  din  sas  mans,  ses  mains  s'agi- 
tent comme  ai  ellM  éuient  du  vif-argent. 

Argnè,  «.  m.,  on  Tèrdé.  Mnriln-péchenr,  oiseau. — On 
l'appelle  Argné  parce  qu'on  avait  cru  longtemps  qu'en  le 
mettant  denéché  dans  ime  garde-robe,  son  odeur  en  chaa- 
sait  les  leigoet,  amos  ;  mai^t  loin  de  préserver  ton  voisi- 


nage, on  a  vu,  dans  les  cabinets  d'histoire  naturelle,  Var^ 
gnè  être  parmi  les  oiseaux  empailléi  un  despreuûers  atteint 
par  ces  insectes. 
Vog.  Vèrdé» 

Argue,  en  fr.  Argues,  terminaison  d*un  grand  nombre 
de  noms  de  lieux  dans  le  Bas-Languedoc,  départ,  du  Gard 
et  de  niérault. 

La  finale  Arguë  a  été  longtemps  considérée  comme  rr^pré- 
sentant  le  lat.  ager,  champ,  domaine.  Cette  iiigeiiicoso 
interprétation,  mise  en  crédit  par  le  savant  historien  Mé- 
nard,  était  combattue  par  les  Doiiédictins  de  rilistoire 
générale  du  Languedoc  ;  elle  fut  adoptée  à  titre  de  conjec- 
ture par  Sauvages  ;  aujourd'hui,  battue  on  brèche  au  aein 
même  de  l'Académie  du  Gard,  elle  parait  abandonnée  par 
la  plupart  des  étymologistes. 

Argus,  dans  la  langue  vulgaire,  le  languedocien,  est,  en 
effet,  de  dernière  formation  ;  elle  n'appnrait  qu'au  XIV*  sid- 
cle,  ou  elle  devint  particulière  au  territoire  qui  avait  été 
autrefois  le  pays  des  Volées  Arèc4)miques.  Au  moyen  ftgo* 
les  noms  ainsi  forint*^  avaient  p^mr  finale  anègues,  oni- 
gues  ou  aniehes  ;  dans  le  princi{)C  c'i'taitlc  «ûdio^il  celtiqiM 
ek  ou  son  analogue  contemporain  ak  ,  qui  s'attachait  ans 
mêmes  noms  pour  leur  donner  la  signification  de  pn>- 
priété,  un  sens,  une  idée  de  provenance. 

Quand,  avec  la  conquête,  le  latin  s'imposa  à  la  Gaule, 
il  ne  changea  pas  les  appellations  loonles  existantes;  seule- 
ment il  leur  imprima  le  caclitt  de  son  génie  et  de  sa 
langue,  et  il  ajouta  ses  finales  caractérisliques  en  us,  a» 
um,  selon  qu'exigeait  l'accord  avec  mansus,  villa,  cof- 
trum  ou  prœdium.  Pour  les  étahlisssenicnts  nouveaux  qui 
se  créèrent  dans  la  suite,  les  mêmes  procédés  de  dénomi* 
nation  furent  employés.  De  11  les  terminaisons  en  aeuê, 
aca,  aeum;  puis  les  variantes  en  a  ra/u.f,  aneus,  atius,  attiui, 
a,  um,  etc.,  désinences  correspond.iiites  adjectives. 

Les  Gallo-Romains,  nos  ancêtres,  adopti^rent  donc  soit 
pour  l'euphonie,  soit  pour  se  rapprocher  de  la  forme  latine, 
les  finales  celti(iues  latinisées  ou  purement  romaines.  Enfin, 
lorsque  du  mélange  se  forma  1%  langue  romane  rustiqiief 
plus  tard  quand  se  fit  la  division  en  langue  d'Oil  et  en  Un* 
gue  d'Oc,  comme  le  latin  se  conserva  toujours  à  titre  de 
Lingue  officielle  des  actes  publics,  les  altérations  se  multi- 
plièrent, par  une  sorte  de  marche  parallèle.  Les  infloenoet 
ethniques,  qui  ont  tant  de  puissance  sur  l'intonation,  agl> 
rent  à  leur  tour  pour  modifier  les  terminaisons.  Ainât 
tandis  que  le  latin  disait  œus,  aea,  acum,  le  roman  lépoo* 
daitpar  a€,as,at,  par  préférence  an  midi  et  an  centre  de  là 
France,  et  par  e,  y,  ey,  ieux,  etc.,  dans  le  Nord.  Les  ten- 
dances à  bi  contraction,  à  l'adoucissement  de  la  prononciar 
tion  se  manifestèrent  ;  et  alors  que  le  bas  ,latiu  écrivait 
acus,  anus,  a,  um,  le  roman  supprimait  h  terminaison  et 
il  avait  an,  m,  ane,  mnê,  et  ainsi  de  suite  sur  les  antres 
voyelles. 

Peu  à  peu,  par  le  même  sentiment,  la  consonnanoe  toa- 
jonn  dure  du  c  se  transforma  en  eh  cbnintaat,  et  l'on  airiv» 


ARG 


AR! 


67 


aux  dénnences  mêlées  en  aehe,  auche,  ènche,  inche.  L'or- 
thographe ne  resta  pas  dùsintéressée  dans  la  question  :  le 
latin  remplaçait  souvent  Vi  par  j.  Or  quand  les  Gallo- 
Romains,  de  anius,  aneus,  onius,  a,  um,  eurent  fait 
anieus,  intcus ,  onicus,  a,  um,  et  anieœ ,  an  plnr.  , 
l'inversion  jiar  anjcus,  tmjus,  allait  de  soi  dans  l'écriture  : 
la  chute  du  c  dur  s'ensuivit  et  Ion  eut  anjus,  enjus,  a, 
um,  et  les  autres,  qui  par  la  suppresAon  de  la  finale  carac- 
téristique produisirent  de  leur  côté  anje,  enje,  inje,  L*on 
comprend  encore  que  la  substitution  du  g  doux  au  j  soit 
arrivée  toat  naturellement,  comme  celle  du  c  doux  ou  du 
flà  aa  e  latin  sonnant  k  devant  toute  voyelle.  Ces  combi- 
naisons amènent  Clément  le  gn  mouillé  et  aussi  la  méta- 
thèse  ng.  ^~  Yog,  les  articles  Agno,  Canounge,  Ca$$agno, 
el  autres. 

De  Jà  sont  issues  les  finales  en  agna,  igna,  agnac,  ignae, 
ûlleors  igné,  igney,  ignies,  igny,  etc.,  qui  se  prononcent 
01  nasalisant  et  en  mouillant.  £t  ce  phénomène,  dans  notre 
pays,  avait  pnssé  d'abord  par  anêgues,  onigues,  aniches, 
inêg^ies,  owchet,  etc.,  du  moyen  Age  roman,  désinences 
exprimées  en  lat.  anicœ,  enîcœ,  onicœ,  et  qui  sont  enfin 
devenues  argue,  ergue,  orgue,  dans  bien  des  appellations 
de  nos  jours. 

Mais  il  est  facile  de  saisir,  à  travers  ces  permutitions 
de  lettres,  les  altérations  qui  se  sont  produites  de  la  forme 
romane  primitive  aux  formes  définitives  de  notre  dialecte. 

Toutes  ces  variétés  de  finales,  depuis  ac  =3  ee  =  acus, 
tmtUg  etniui,  jusqu*à  an,  anchê,  ènehe,  anje,  ange,  agne, 
Btles  abtres,  comme  anicœ  =  anègues  =  argues,  etc.,  ont 
donc  une  source  commune  et  sont  équipollentes  ;  et 
ce  qui  le  prouve,  c'est  que  le  latin,  langue  plus  fixe, 
plus  fidèle  au  radical  premier,  les  exprime,  quelle  que 
ioit  leur  diversité,  an  midi  et  au  nord,  par  sa  formule  k 
peu  prés  uniforme  acum  ou  anum;  et  que,  dans  les  noms 
de  lieux,  d'un  bout  de  la  France  à  l'autre ,  des  corps  de 
mois  identiques,  portant  suivant  les  pays  des  terminai- 
acms  différentes,  en  langue  vulgaire ,  se  retrouvent  dans 
le  latin  des  chartes,  des  diplômes,  des  anciens  titres, 
avec  la  même  finale  invariable.  Pourquoi  ces  différences 
SOT  des  mots  similaires,  souvent  même  à  des  distances 
tré8*rapprochèesT 

Sic  voluêre  patres,  sic  volait  usus. 

Question  de  latitude  ;  loi  de  permutation  ;  recherche 
d'énergique  euphonie;  toutes  ces  causes  ont  pu  amener 
une  combinaison  qui  a  donné  lieu  à  de  si  singulières  inter- 
prétations. 

Pourquoi  encore,  pour  nos  contrées,  près  de  nous,  au 
milieu  de  ces  syllabes  fluides  de  la  terminaison  latine,  s'est 
introdidle  la  consonne  rude  r  de  notre  argue  f  Gomment  Vi 
doux  a-t-il  disparu?  il  n'y  a  pas  peut-être  d'autre  raison, 
et  il  faut  bien  s'en  contenter,  que  celle  qui,  du  latin  paiti- 
maea  a  fait  notre  pa$iénargo;  de  dominieut,  domèrgue;  de 
diêidomimca,  dimèrguê  (v.  lang.),  et  diminehê  actuel; 
Ifû  a  ocmverti  le  Pa^vf  mfsftteuf  eo  Aouergne  ;  eanmieus. 


I 


chanoine,  en  eanounge;  villa  canon tea  en  La  Canourgue 
(Lozère),  el  le  même,  nom  d'une  place  à  Montpellier;  comme 
monica,  religieuse,  s'est  transformé  en  mourgo,  les  Hour- 
guet,  nom  d'une  de  nos  rues,  et  les  dim.  mourguéto  et 
mounjéio.  {V.  c.  m.)  Ce  qui  est  remarquable  néanmoins, 
c'est  que  la  même  forme  se  rencontre  dans  Tespagnol 
et  dans  l'italien,  langues  néo-latines  de  même  origine  que 
la  nôtre.  —  Voy,  Canounge. 

Il  nous  paraît  donc  évident  que  la  finale  argue  n'est 
qu'une  désinence  purement  explctive,  adjective,  qui  em- 
porte de  soi  un  sens  de  provenance,  une  idée  de  propriété, 
à  peu  près  comme  ager,  mais  qui  n'en  est  pas  un  dérivé  ni 
une  traduction.  Ce  qu'il  fallait  démontrer. 

Ari,  interj.  Haïe!  commandement  qu'on  adresse  aux 
&nes,  chevaux  ou  mules  pour  les  faire  avancer.  —  On  dit 
d'un  paresseux,  d'un  ouvrier  nonchalant  :  Fôou  toujour  t 
dire:  ari,  il  faut  toujours  lui  dire  :  allons  d/inc! 

Rabelais  s'en  est  servi  dans  ce  sens  :  Ari,  bourriquet  / 

En  ital.  on  dit  aussi  :  arri;  en  esp.  port.  arre.  Les 
Anglais  ont,  avec  la  même  signification,  le  verbe  to  harri. 
Barre  est  un  mot  arabe  d'origine  ;  il  signifie  proprement  : 
marche,  avance.  En  celt.  art  désigne  un  aiie,  Tous  ces 
mots  et  le  nôtre  dériveraient-ils  du  celtique  ?  Le  latin  aurait- 
il  contribué  de  moitié  à  sa  composition,  en  combinant  et 
élidant  aro,  maintenant,  avect,  impératif,  va,  marche?  En 
étymologie,  il  ne  faut  jurer  de  rien. 

Ariala,  v.  Canaliser,  conduire  les  eaux  d'arrosage  par 
de  petits  canaux.  —  La  ribièïro  t'es  touto  ariala  lo  d'un 
edusta,  la  rivière  s'est  creusée  un  lit  étroit  sur  l'un  de  ses 
bords. 

Dér.  de  niai. 

Arias,  $.  m.n.  pr,  de  lieu.  Arias,  nom  de  ruisseau  dans 
plusieurs  communes  du  Gard. 

Dôr.  sans  doute,  comme  le  mot  préc,  de  Rial,  avec  l'a 
explétif  ;  peut-être  aussi  le  mot  riassos  n'est-il  pas  étranger 
à  sa  formation.  —  Voy.  Riassos.  Toutes  ces  idées  se  rap- 
[K'ochent  et  se  tiennent. 

Ariba,  V.  Donner  à  manger  aux  animaux  ;  jeter  de  la 
feuille  aux  vers  à  soie;  appâter  un  enfant,  un  vieillard,  un 
infirme,  qui  ne  peuvent  faire  usage  de  leurs  mains.  — 
Ariba,  sans  régime,  s'applique,  par  excellence,  aux  vers  à 
soie  :  A  quinto  houro  ariban  ?  k  quelle  heure  donnons- 
nous  la  feuille,  le  repas  de  feuille  aux  vers  à  soie  ?  Ariba 
lou  reinar,  appâter  le  renard,  faire  une  traînée  d'appât 
qui  le  conduise  dans  le  piège.  Fôou  ana  ariba  sas  gnèiros, 
il  faut  aller  donner  à  manger  aux  puces,  c.-&-d.  fam.  se 
coucher.  Aribo  sans  fièko,  répond  quelqu'un  à  qui  l'on 
demande  une  chose  impossible  ou  trés-difllcile  à  faire: 
donne  à  manger  à  tes  vers  sans  le  moindre  brin  de  feuille. 

Aribado,  s.  f.  Repas,  ration  qu'on  donne  aux  animaux, 
particulièrement  aux  vers  à  soie.  —  Quant  dounas  d'ari- 
badosf  combien  de  fois  par  jour  donnez-vous  à  manger  aux 
vers  T  Lus  manqua  pas  qu'uno  aribado  pérlous  ajassa,  il  ne 
manque  à  ces  vers  qu'un  léger  repas  pour  les  faire  dormir. 


68 


ARL 


ARll 


Aribatro,  atro,  adj.  Oavrier  qui  donne  à  manger  anx 
vers  i  soie. 

Ariè,  iniÊrj.  En  arriôre!  commandement  pour  faire 
reculer  nn  cheval. 

Formé  du  lat.  H^frô  /  en  esp.  Arriédro. 

Irièa  (éa) ,  adv.  En  arrière,  en  recalant,  derrière.  — 
Porto  sotin  tapèl  é»  ariè$,  il  porte  son  chapeau  en  arriére. 
Fat  é$  ariêi,  il  marche  en  arrière  ;  il  porte,  il  incline  der- 
rière. 

Dér.  du  lat.  Ad  rttrà. 

Arigniè  on  Aligniè,  par  corr.  Aliaiè,  t.  m.  Alisier, 
CraUtgus  aria,  Linn.  Arbre  de  la  fam.  des  Rosacées,  com- 
mun dans  les  bois.  Son  fruit  se  nomme  Aiise  en  fr. 

Ariuèje,  ».  m.  Salsepareille  du  Languedoc,  d'Europe, 
Smilax  atpera,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Asparagi5es, 
sarmentense,  à  baies  rouges,  rampante  et  épineuse.  —  On 
dit  proverbialement  :  Bama  eoumo  un  ariuèje,  de  ce  qui 
est  touffu,  épais,  même  d*un  mensonge. 

Dér.  du  gr.  '\p{;,  lime,  râpe,  celte  plante  étant  toute 
hérissée  de  pointes. 

Ariva,  v.  Arriver;  aborder,  parvenir  dans  nn  lieu  où 
Ton  voulait  aller  ;  advenir  ;  survenir.  —  Faï  pas  qui  d'à- 
riva,  il  vient  d'arriver,  il  arrive  à  peine.  S'aquà  m'arivo 
tourna,  si  l'on  m'y  prend  encore.  Se  t'arivavo,  si  tu  t'avi- 
sais de  cela,  s'il  t'arrivait.  Tarivara  malur,  il  t'en  advien- 
dra malheur.  Y-is  ariva,  il  y  est  parvenu,  au  prop.  et 
aufig. 

Ce  verbe,  en  languedocien  comme  en  français,  a  été  tech- 
niquement approprié,  dans  le  principe,  à  l'arrivée  d'un 
voyage  sur  eau.  Sou  étymologie  de  rive  ou  de  ribo,  quand 
on  prononçait  ariba  au  lieu  de  ariva»  le  démontre  assez. 
Les  deux  dérivations  se  confondent  dans  le  lat.  Hipa,  ad 
ripam, 

Arirado,  «.  f-  Arrivée;  venue  de  quelqu'un  on  de  quel- 
que chose  en  un  lieu. 

Dér.  du  lat.  Ad  et  ripa. 

Arîalaa,  «.  f.  Genêt  épineux.  Sparîium  $corpiu$,  Linn. 
Arbuste  de  la  fam.  des  Légumineuses,  à  fleurs  jaunes  ; 
ajonc. 

Sauvages  prétend  que  ce  moi  est  d'origine  arabe;  ne 
viendrait-il  pas  plutôt  du  grec  '\pya)io{,  difficile,  fâcheux, 
incommode,  qui  est  pour  beaucoup  dans  le  lat.  argutus  ; 
i  cause  des  longues  épines  de  cet  arbrisseau  ? 

Arjalaaaièïro,  a.  f.  Lieu  couvert  d'ajoncs,  de  genêts 
épineux. 

Dér.  de  Ârjalai. 

Arjéïrolo,  t.  f.  Azerole,  fruit  de  Tazerolier,  arjéroUii. 

Ar)érouè,  i.  m.  Azerolier,  MeepUut,  Linn.  Arbre  de 
ta  fam.  des  Néfliers,  dont  le  fruit  ressemble  à  mie  petite 
pomme  et  a  des  noyaux  comme  la  sorbe. 

Arle,  «.  m.  Arles,  ville  de  Provence  ;  sous-préfecture  du 
départ,  des  Bouches-du-Uhône.  —  On  dit  :  in  ArU,  à  Arles, 
et  non  à  Arle.  —  Toy.  Aoubinae, 

Pt^r.  du  lat.  Ar^at. 


Arlén,  én^[no,  adj.  Ailésien,  ienne;  d'Arka;  qui  est 

d'Arles. 

Dér.  du  lat.  Arela». 

Arlénde,  ».  m,,  n.  fr,  de  lien.  Arlende,  hameau  déten- 
dant de  la  commune  d'Allègre,  canton  ds  Saint-Ambroix, 
arrondissement  d'AIais.  Dans  le  voisinage,  se  trouve  une 
belle  source  du  même  nom  :  La  fon  d'ArUnde. 

Ce  mot  est  écrit  da#s  le  dénombrement  de  la  sénéchaus- 
sée de  Nimes,  ^r/em/^/e.  Sa  dernière  partie  formée  de  linde, 
clair,  transparent,  traduit  le  lat.  limpidus.  Sa  première 
syllabe  est-elle  larticle  armoricain  ar,  la,  que  l'on  trouve 
dans  bien  des  noms  commençint  ainsi  :  Ar-leux  (Nord), 
très-rapproché  de  notre  mol;  Ar-cenay  (C6te4'0r);  Ar- 
denne»  (Aveyron),  et  autres  ?  Serait-elle  préposition  repré- 
sentée le  plus  souvent  par  le  lat.  ad,  vers,  ou  la  particule 
celt.  intensive,  jointe  à  l'adjectif  pour  lui  donner  plus  de 
force  et  mieux  exprimer  la  beauté  et  la  limpidité  des  eaux 
de  la  fontaine  à^ArUndef^^  Voy,  Zeuss,  Gramm,  ait. 
On  pourra  choisir. 

Arlequin,  s.  m.  Arlequin,  homme  léger,  peu  sûr  ;  bonf- 
fon,  farceur. 

Ce  nom  est  le  surnom  d'un  bouffon  de  théâtre  qui  vint 
d'Italie  à  Paris  sous  le  règne  de  Henri  III.  Comme  il  allait 
souvent  chc^  MM.  de  Harlay  qu'il  amusait  beaucoup,  set 
compagnons  le  nommèrent  Uarlaiquino,  petit  Uarlay  ;  et 
ce  nom  esl  demeuré  à  tous  ses  successeurs  dans  l'emploi. 
Il  a  fini  par  pnssor  dans  l'usage  comme  adjectif. 

Arléquinado,  s.  f.  Arlequinade;  tour  d'arlequin;  bouf- 
fonnerie ;  lazzi  ;  niche. 

Arma,  v.  Armer,  donner  des  armes  ;  mettre  sous  lea 
armes;  disposer  une  machine,  un  fusil  à  tirer,  à  faire 
feu. 

Dér.  du  lat.  Armare. 

Armado,  s  f.  Armée  ;  troupes  en  corps  sous  la  ooo- 
duite  d'un  chef;  grande  foule,-  grand  nombre.  —  Y  »ian 
uno  armado,  nous  y  étions  en  foule,  en  grande  molti- 
tnde. 

Armagna,  i .  m.  Almanach,  calendrier. 

Altér.  de  Almanach. 

Armas,  ».  m.,  augm.  de  Erme,  grand  tènement  de  terre 
en  friche,  de  lande.  Autrefois  il  avait  la  signification  de 
marais,  terrain  marécageux,  et  les  anciennes  chartes  latines 
le  Rendaient  par  Palu»,  palwli».  Sauvages  lui  donne  pour 
synonyme  GaHgo,  qui  a  le  sens  de  marais.  —  Foy.  Ermê, 

Ainvirgue. 

Annasi,  ».  m.,  ou  Cabine.  Armoire,  placard,  buffet  ;• 
meuble  uu  Ton  tient  du  linge  et  des  bardes,  et  où  le 
paysan  st'rre  ce  qu  il  a  de  précieux. 

Ce  mot  vient,  comme  armoire,  son  correspondant  fran* 
çais,  de  ce  qu'on  y  renfermait  autrefois  les  armes,  ta 
armures,  et  dans  les  châteaux  les  titres  et  les  arniotries< 
—  Cirquo  la  gnui  pir  hu»  arma»i»,  il  cherche  midi 
i  quatorze  heures,  il  cherche  des  faux-fuyants. 

Armita]o,  s.  m.  Ermitage,  habitation  d'un  ermite»  aa 


ARO 


ARP 


69 


bg.  lieu  solitaire,  maison  isolée;  nom  d'une  montagne  qui 
domina  Alais,  où  était  nn  ancien  ermitage. 

Dér.  dn  lat.  Eremita. 

Amûto,  «.  m.  Ermite,  solitaire  qui  s'est  isolé  du  monde 
|Mnir  servir  Dieu.  —  Démpièi  que  Varmito  é$  mort,  ariix> 
toujour  qmeon,  dit-{m  chaque  iois  qu'il  arrive  un  malheur 
ou  un  événement  étrange,  comme  si  Termite  était  une 
esgèœ  de  Providence  qui  éloignait  les  malheurs  d'un  pays. 
An  foutta  VamUto,  aquà  i-amérito,  chantent  les  enfants 
ftutoor  d'un  camarade  qui  a  été  puni  par  ses  parents,  ou 
qui  a  été  justement  houspillé  par  un  compagnon  plus  fort 
que  lui. 

Dér.  du  lat.  Eremita. 

Anuo,  s.  f.  Arme;  tout  ce  qui  sert  à  armer,  soit  pour 
l'attaque,  soit  pour  la  défense.  —  N*y  âouriè  pér  n'en 
préné  iat  ormot,  il  y  en  aurait  pour  prendre  les  armes, 
pour  s'insurger,  au  prop.  et  au  fig.  Pourta  l'armo,  la$ 
mrmot,  porter  les  armes. 

£mp.  dn  fr.  dér.  du  lat.  Arma, 

Armol,  «.  m,,  ou  Annôou.  Bonne-Dame  ou  Arroche 
des  jardins,  Atriplex  hortensis,  Linn.  Plante  potagère  et 
sauvage;  quand  on  la  cultive  dans  les  jardins,  elle  devient 
haute  et  ligneuse,  et  on  la  nomme  alors  épinard  d'Es- 
pagne. 

Dér.  de  l'esp.  Armutilas,  m.  sign. 

Armuiiè,  s,  m.  Armurier,  arquebusier;  qui  fait  des 
armes. 

£mp.  au  fr. 

Ama,  ado,  a^.  Rongé,  percé  par  les  teignes,  piqué  des 
▼os;  vermoulu. 

Dér.  de  Amo, 

Amaduro,  «.  f.  Uangeuro  de  vers  ou  de  teignes;  le  trou 
percé  par  elles. 

Dér.  de  Amo. 

AmaTès,  «.  m.  Argalon,  paliure,  nerprun,  SKamnui 
patiurus,  Linn.  Arbrisseau  qui  ressemble  au  jujubier  et 
qui  est  bien  plus  piquant,  de  la  fam.  des  Frangulaoées.  Un 
savant  botaniste  suédois,  qui  avait  voyagé  en  Palestine, 
dit  qu'il  n'y  a,  dans  tous  les  environs  de  Jérusalem,  que 
cette  espèce  de  paliurus  qui  ait  pu  servir  à  faire  la  cou- 
ronne d'épines  de  N.-S.-J.-G. 

Astruc  affirme  que  ce  mot  nous  vient  de  l'arabe. 

Arno,  «.  f.  Teigne,  en  lat.  Tinea,  petit  insecte,  véritable 
chenille  qui  se  change  en  phalène,  do  Tordre  des  Lépidop- 
tères, trop  connu  par  les  dégâts  qu'il  fait  sur  les  étoffes,  les 
pelleteries  et  le  papier.  Sa  phalène  est  ce  petit  papillon, 
d'un  blanc  un  peu  gris  mais  argenté,  qu'on  voit  voler 
Tété  dans  les  appartements  où  l'éclat  de  la  lumière  l'attire. 

An  fig.,  importun,  parasite,  solliciteur  dont  on  ne  peut 
se  débarrasser. 

Sauvages  prétend  que  ce  mot  vient  du  celtique. 

Aro,  «.  f.  Are,  mesure  de  superficie  contenant  400  mè- 
tns  carrés. 

Emp.  du  fr.  dér.  du  lat.  Ana,  surface. 


Aro,  adv.  A  présent,  à  cette  heure,  maintenant,  en  ce 
moment. — Tout'aro,  tout  à  l'heure,  bientôt,  dans  un 
moment.  Ah  /  pér-arof  Ah  1  pour  le  ooupl  Gna  prou  pèr 
aro,  c'est  assez  pour  Tinstant.  Un  pAou  aro,  un  pàou  piëi, 
un  peu  après  Tautre  ;  par  moments.  Aro  mèméto,  tout  ft 
cet  instant,  il  n'y  a  qu'un  bien  petit  moment. 

Dér.  du'iat.  Hora,  ad  horam,  ou  de  hac  horà.  En  ital. 
Ora,  en  esp.  ahora,  en  cat.  ara. 

Aros,  «.  f,  pi.  Arrhes  d'un  marehé,  gage  de  son  accom- 
plissement. —  Donna  d'aros,  donner  des  arrhes. 

Dér.  dugr.  i^^ocCàiv,  m.  sign.,  formé  de  Thébreu  ara6, 
promettre,  donner  des  assurances,  ou  de  Tarabe  araba, 
nouer,  affermir,  serrer;  d'où  le  lat.  arrha,  m.  s. 

Arougan,  anto,  atij.  Fier,  insolent,  arrogant. 

Dér.  du  lat.  Arrogant. 

Arouganço,  «. /*.  Orgueil,  fierté,  arrogance,  insolence, 
morgue. 

Même  dér. 

Arouina,  o.  Ruiner,  causer  la  mine;  démolir;  user 
par  le  temps;  détruire  la  fortune,  causer  la  perte  des  biens 
de  quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  Euina, 

Aroundi,  v.  Arrondir  ;  élaip'r;  rendre  rond.  S'aroundh 
engraisser,  se  remplumer.  Au  fîg.,  étendre  son  héritage, 
joindre  à  son  domaine  une  terre  qui  convient. 

Dér.  de  Roun. 

Arounze,  j.  m.  Ronce,  Buhex  cœsius,  Linn.  Arbrisseau 
épineux  et  parasite,  qui  produit  les  mures  ;  de  la  fam.  des 
Uosaci^es. 

Dér.  du  lat.  Eanea. 

Aronqua  (s'),  v.,  ou  S'arouqid.  S'endormir;  tomberdans 
un  profond  sommeil,  où  Ton  semble  changé  en  pierre. 

Dér.  de  Eo. 

Aronqul  (s'].  Se  pétrifier,  devenir  de  la  pierre;  ^urcir. 
Au  fig.,  s'endormir  profondément. 

Dér.  de  Eo,  rocher. 

Arouaa,  v.  Arroser,  répandre  de  l'eau;  humecter. 

Dér.  du  lat.  Eos,  eau,  goutte,  rosée. 

Arousado,  t.  f.  Petite  averse  de  pluie;  pluie  douce  et 
de  courte  durée. 

Arousage,  s.  m.  Action  d'arroser;  droit  d'arrosage. 

Arousouèr,  s.  m.  Arrosoir;  grande  cruche  en  fer-blanc 
pour  arroser  les  plantes  et  les  fleurs. 

£mp.  du  fr. 

Arpaîargne,  «.  m.,  n.  pr.  Arpaillargues,  commune  du 
canton  d'Uzés.  Son  annexe  est  Aouréia,  Aureillac  ou 
Aurillac.  Deux  petits  villages,  situés,  celui-ci  sur  une 
haute  montagne ,  celui-là  sur  la  pente  d'un  coteau. 

Le  nom  du  dernier  pourrait  lui  venir  de  Aouro,  vent,  à 
cause  de  sa  situation  ;  mais  son  voisinage  avec  ArpàSargue, 
et  même  sa  traduction  française  laissent  croire  que  aurum, 
lat.,  a  contribué  à  la  dénomination  des  deux  localités, 
situées  près  d'un  ruisseau  aurifère  :  Aurum  iegtrê,  chercher, 
recueillir  de  l'or. 


Alll^ 


AIIQ 


j  /  /  •.'/.  'j  Ar),fit.irfjue,  qui  n'oxprime  pas  M^ri  ent'''nda 
;.  .  .  :  J  .  -//'/./'?  le  (i.)(ii. une  diî  qu<^li|Ui' S''Mril''ur  r '(II. lin, 
1  .  i  H-  i.'  j.iiiii  ilt's  clnrlOï»  par  Arj)'L'fi(in.<  œ,  el  i! 
:  ',  .  -  -fl  iiii  I,  iil  .iiis^i  {\i]  aurujti  et  lie  pùUi  ire,  ba-^S. 
lii.  ,  (il  cIki  (l-  I  or  «l.iis  le  silile  d<'s  ri\i'M'''>:  tl""'.!  iMr. 
(K  ji  iili'-iir    S.'s  afiulug'ues  sont  OqùlliL'ri'S  ^G.irJ,  et  Aipail- 

K.J'     '  \\i   \  h. il;.  * 

Arpaii,  s.  m  \  propri^ij]ent  pirîer,  si-'nifîp  :  InnirU'^urih 
l'fUiviTlare  <Je  Ii  main.  —  An  jeu  iVri^uip'  :  T.  e.  m.  ,  qui 
se  j<»ii»'  .i\ec  Je»  ^''i!iillis,  ou  uie>ure  aiii>i  la  di^lauc»'  entre 
les  houles;  Wni  dil.i!'r->  :  Fat  tous  in/>ins.  lai>  ta  ni"<ur\ 
iMais  couinif  la  trie!i»Mi''  se  nit'^l»'  l'>uj  «in's  a  O'^s  j^nx  d  ••n- 
faïUs»  le  Ui'\^ur»'iM'  a\\  'Uje  t''ll'Mii''iil  i'-s  il  'i-'t>  imi  -'li^^mt 
sur  la  l»'riv,  qn  il  jl-r-u'-'  si'ejuli.'nMn'Mil  la  «li^tanee.  On 
app''l.iil  c<'  pr'Or.lj  ;  Arji.ms  <le  la  narum,  et  r»tn  VMuL.it 
par!»'i- J  u:.'"  ni''>ure  lru^lul•Ml^'^  Le  j-Mi  ^'n  qii-'^ti'  n  a\ait 
sans  lI  »ute  pris  n.ii>san''*  en  ce  tenq)>-là.  La  nation  -'l  it 
prise  al' trs  [> 'ur  l'^  j  •u\ern':'nient  ;  mu  «'i.iit  S'Uis  la  r''[)u- 
blique,  la  pr-^ini-Te  bi-Mi  '^iit-'U  lu,  et  les  enrnils  se  p'rni'U- 
lai;nt  c>''[\o  .yrt*^  r'-[)i.Ta.ii:uf^  puîitiiiU''.  «-n  e'»ni!i!'''niitra- 
ti' n  il'.'  Il  l' Hitjii'M"  .(II''  lu  ti-Ts-cous  »KJj.  Les  Luunes 
vent  -^  >  'U*  1'^  [•[•i\il  'j^  d'  e*'t  -"iL''"". 

Àijar,,  '^n  e'  >'n>.  j»  «urrait  avnir  qu-^lpie  parent-'^  avec 
aT}  i;  .-j)-:!  L  it  ii-'us  pe.is  ..S  (ju  il  litsl  que  l'e.vlensioii 
du  n.  t  ^JiVj.iL 

Arpan,  s.  m.  M-^^supp  d-"»  su;^r!i.'i*  qni  r-'^p"!!  1  an  fr. 
arpf'it.  et  qui  d"rive  e  'i;  u  *  lui  du  lit.  Arnj>-n  huju, 
m-'^sun^"^  de?  (\\\  ..J  >.  M  lis  ..ui  La;i-u  \[  >.;.  il  ne  r-'p  -nd  pas 
ra\  d'îL^Misi  'is  d"  rar^teal  de  l'ans,  q-a  Nalait  autreluis 
51  are?  l'T  eend.ir'S. 

L'arp'ut  d'  M  uitr-'Hi^r.  qni  <'tiit  l'unité  l'''j-ile  pour  les 
justieiil'h>  d-:  h  t«»ur  d"S  Aid-^s  de  c- tt-^  mI1'\  t-liit  de 
deuv  s  «ries  L'arj>'^nt  .a  <lextre,  p.»ur  n)'^<':r'T  1\-*  batiUi'-nts. 
était  une  corde  qui  tuait  n-^ul"  pans,  >  -it  i  Ui-t.  'io  cent., 
sans  av'ir  ejird  a  U  ira^-ii  'H  inq^'-roeptili!'-»  qui  r-'^ull-'  de 
la  coiiqnru>  wi  du  m  tre  a  la  l'US-'  "U  à  la  canne.  Le  dexire 
ou  arjvMil,  p  -ur  n.e>urer  les  champs,  était  d-"»  18  piii<,  sjit 
4  m.  50,  on  mesure  linéaire.  L'arpMit  cirn-  représente 
donc  un»'  suivuiicie  de  10  mètres:  il  laul  '23  ar[>'nts  pour 
une  9uarfa/(i/f),  luO  pour  une  scstiUrah,  4(Ki  p Hir  une 
iâoumadudo  \V.  c.  m.  ,  et  dans  le  sy>té:ne  déciiual,  il  en 
faut  o  p'tur  un  are,  500  ();uir  un  heclip». 

L«'  destreoxi  Yarpcni  contient  donc    0  ares  ^0  centiares. 

L*"'  lx'>is>'au I 

La  (pnrle 5 

L*»unine 4  0 

Le  .s^'ptiT 20 

Và\  s  dai»v. 80 

Telle  .M.'it  b  mesure  A  Alds;  à  Saint-Cdiristol  et  dans 
quelqn  >  autres  couiuiunes  voi>ines,  iarj^nt  n'avait  que 
8  pins. 

Arpanta,  t».  Ar[vMitor,  mesurer  la  contenance  des  terres; 
faire  de  l.>ru'^  pas,  marcher  vilo  et  à  gnuids  pas. 

Dit.  do  Arpan 


25 


Arpantaîre,  5.  m.,  ou  Arpentur.  Gt^omctre  arpenteur. 

Arpantage,  .ç.  w.  Arp-ntipe,  nrl  de  mesurer  la  super- 
fiM  '  d-'x  t  rr-'s  ;  ra]ipuft  ou  plutôt  résultat  d'une  opération 
il  .)'-[)<Mi('  ur. 

1)  T.  d-'  Arpan, 

Arpantéja,  v.  P.irconrir  à  ^nnds  pis  ;  courir  c^  el  là; 
et  pjr  "xt.,  i'-u'i"  d''>  jainl-'s  -  -  N^  dit  surtout  d'un  enfant 
au  Iht.-'mu  qn.  c  ûi.'li-*  ?ur  le  d  -s,  joue  d'*s  janihes  et  se 
d'"i:  ■il-  quaud  il  est  iibie.  Le  iLul  se  coiilonJ  avec  Àrpa- 

irji. 

J)  T.  d'''  Arpnn. 

Arpatéja.  »-.  (i  ind.iller.  j  'ivr  des  jnml^es.  —  Il  est  lo 
m>"':..' .ph'  Al  }>aii'<j'i.  L.i  ^"ide  dillerence  parait  être  dans 
r--l\:ii.   r/'pn-<.-i  .-^i  dr.  d-'  Ai po. 

Arpeto,  >.  f.,  di'ii.  d'  Al i>'-'.  (T  e  d.^  Ini^li-T;  mais  plus 
p  irli'iili-'ivii.fni  c?  p-"'til'->  ^iilV'^-'ii  \  rillcs,  asec  l«'S4juelIes 
plu^i'-urs  plaiitt's  j':iM>it>'s  ^ri  ;-p ml-'S  s'ait. jchent  aux 
nairs  nu  à  l'arlm',  i  -ur  tut-'ur,  c  eu 'in'  1>'  liuTe,  la  vignc- 
vi-^r.v,  etc.  Oii  le  dit  ausM  des  pallrs  de  la  plupart  des 
iiis  vteS. 

Arpi,  V.  Ae.^r.<!ior  avec  les  mains  ou  les  griffes;  rapi- 
n-T  :  "aip  'i.'n-M.  >  ji-;r. 

y<iij>i.  >*-"  p:»'!i  Ip'  aux.  ch'^v.^ux,  s'éL'ratigncf  récipro- 
qU'''i  l'iit  n-'  •  l'N  "!:^'|^'S  et  V  -  j-'iall-'S. 

I>  T.  d'  Arj,.      f.TMi'    lui-n.M.''  du  lat.  arripio. 

Aipian,ando,  a'j.  Ti.'  :1,  i  pui-nu-,  quia  les  mains 
er.cli!i'->.  e<'.i,'i;''"n  1-'  ['\  r  v  .x",  laquuprcmeut  saiis  doute. 
au\  .\-!':ii.iii  1^;  escgulle,  escr.jC. 

1)  r.  d'^  Arpo. 

Arpîûu,  i.  m.  I)i:ii.  Arp.nuir.  Ongle  long  el  crochu  ; 
un  d  i-'t  vluii'^  S'^rî'\  d  une  ^nlTe,  pris  séparément.  Au 
pltir.  p  ir  '^xt  .11    11.  d  ■ijt';. 

L  '"-l  un    lii..  d  -l".  d''  Arpo. 

Arpo,  J.  f.  .M  lin;  irrilf'»;  serre;  patte.  —  On  dit  :  A 
hr.in)  at-pn,  ou  Is  uTio  b.ino  arp'\  d'une  femme  qui  a  la 
mnin  halnl-'  piur  r,lalas^er  une  ivclte,  telle  que  les  chà- 
tiP-'iieN.  (ui  p 'ur  eu''iltlr  la  IVuill'"  de  nnirier.  Jouga  dé 
iarp\  j'iU'T  il»'  l;i  .Tille;  njiintT,  iiième  éLTali^-nier.  Trempa 
l'atpn,  m-  itr«'  1?  pied,  entrer  dans  leau  ;  au  lij;.  mettre  la 
n.im  A  la  p'it-':  entr-'pr'Mi  i:'\  Y-'V  htaita  l'arpo  dessus,  on 
s'en  est  su<i.  «-n  a  uns  la  nr.in  >ur  lui. 

Dér.  du  LT.  '\cr-i;.  cToc,  cnvrli^i,  ^Tappiu. 

Arquado,  j.  f.  Arche  dun  i>oiil;  \oute  courbée  en 
arc . 

D'T.  du  lat.  ArcfHf,  arc. 

Arqué,  j.  m.  Arc-en-eiel,  mét-'^nre  en  arc  formé  par  la 
rêfracti  -n  de  la  lumiTe  solaire  dins  l-^s  nuag'^s,  composé 
de  plu>ieurs  handes  de  couleurs,  rvHige,  orange,  jaune, 
vert,  l'ieu,  indiu''^el  viulct.  —  C-'^\  I-mIiui.  d-^  Ar.  [V.  c  m.) 

Aripie  'le  vouUui.  Archet  ou  étui  de  faucille. 

l)er.  du  1  »t.    Arcus. 

Arquieiro,  s  f.  Soupirail,  lucarne,  jour  de  souffrance; 
ouverlun'  longue  et  très-etroite  pour  que  la  léle  n'y  puisse 


âsa 


ASB 


7i 


passer,  qni  éclaire  nne  cave,  une  étable,  an  grenier,  on 
bâtiment  non  habité  ;  barbacane,  chantepleure;  ouvertures 
de  même  dimension,  qu'on  pratique  dans  les  murs  de  sou- 
tènement et  de  terrasse,  pour  faire  écouler  les  eaux  de 
pluie. 

Ce  mot  Tient  de  son  ancienne  application  aux  meur- 
trières par  où  tiraient  les  archers,  qu'on  nommait  arquiès. 

Araéniso,  s.  f.  Armoise,  herbe  de  Saint-Jean,  Artemisia 
wUgan't,  Liim.  Plante  de  la  fam.  des  Corymbifères,  stoma- 
chique, vermifuge,  emmenagogue,  antiseptique. 

Dér.  du  gr.  'ApTs;xia{x ,  nom  de  la  Diane  des  Latins, 
patronne  des  vierges,  qu'on  appliquait  par  allusion  à  une 
plante  dont  on  faisait  usage  en  médecine  pour  provoquer 
les  menstrues  chez  les  jeunes  filles. 

Axtéîa  (s'),  V,  Se  heurter  les  doigts  de  pied  contre  quel- 
que chose;  broncher,  se  blesser  le  pied  par  un  choc.  — 
AJlpdou  que  mé  séraï  artéïa,  j'ai  peur  d'avoir  fait  une 
sottise,  un  pas  de  derc. 

Dér.  de  Ariél. 

Artêïado,  j.  f.  Heurt,  blessure  aux  orteils  :  ce  qui 
n'arrive  guère  qu'aux  gens  qui  vont  pieds  nus. 

Ce  mot  n'a  pas  d'équivalent  eu  français,  dans  nos  die- 
tkmnaires,  parce  que  ni  l'Académie  ni  les  Parisiens  ne  vont 
no-pieds  ;  mais  dans  la  Picardie,  par  exemple,  où  les  pau- 
vres gens  font  comme  les  nôtres,  on  dit  très-bien  s  orteil- 
ter  et  orieiUade,  En  tous  cas,  dans  l'acception  figurée,  il 
est  encore  à  regretter,  et  il  pourrait  bien  ne  pas  manquer 
d'emploi.  11  signifie  en  effet:  maladresse,  mal-habileté,  entre- 
prise oa  action  dans  laquelle  on  se  laisse  imprudemment 
pînœr. 

D6r.  de  Artél. 

Artel,  «.  m.  Orteil,  doigt  du  pied.  —  Leva  VartU,  se 
saurer,  décamper,  détaler;  lever  le  pied.  Trempa  l'artél, 
se  mettre  à  Feau,  guéer  a  pied. 

Mr.,  comme  son  synonyme  ital.  Artiglio,  du  lat.  Arti- 
cmimê,  jointure. 

ArUchàca,  t.  m.  Artichaut,  Cynara  scolimu$,  Linn. 
Plante  indigène  de  l'Andalousie,  de  la  fam.  des  Cynaro- 
céphales,  cultivée  partout  à  cause  de  l'aliment  que  fournit 
scm  réceptacle  et  les  écailles  de  son  calice.  On  en  connaît 
plosieufs  variétés.  -*  Voy,  Carchoflê, 

Dér.  du  celt.  ArticKaudm;  art,  pointe,  et  chaulx,  chou; 
par  où  Chou  épineux.  D'autres  le  tirent  de  l'arabe  Khar 
tMioff,  artichaut.  Le  grec  et  le  latin  ont  été  mis  aussi  à 
contribution.  Nous  n'avons  pas  de  préférence. 

Artisoùs,  <•  m.  pf .  —  Toy.  Artltoht, 

As,  art.  pi.  m.  au  datif.  Aux.  Au  fém.  on  dit  A  las.  •— 
As  home»,  ae  éfane,  aux  hommes,  aux  enfants  ;  à  las  fin- 
wsoê,  à  las  fïoe,  aux  femmes,  aux  filles. 

As,  t*  pers.  sing.  ind.  prés,  du  verbe  Avédre,  tu  as.  — 
Aâ  fan,  tu  as  faim.  As  dé  poumos,  tu  as  des  pommes. 

Asuâga,  v.  Arroser  ;  mouiller,  baigner.  —  Ce  terme 
exprime  spécialement  le  mode  d'arrosage  particulier  aux 
Cèrennes,  soit  qu'on  puise  Fean  dans  un  cours  d'eau  bor- 


dant la  propriété,  soit  dans  un  petit  bassin  où  on  la 
ramasse  et  qu'on  appelle  lompo.  On  la  puise  et  on  la  répand 
au  loin  au  moyen  d'une  pelle  creuse  en  bois  sur  les  plan- 
ches d'un  jardin,  à  peu  prés  comme  les  bateliers  vident 
leur  bate:iu  avec  une  écope.  —  Asdiga  lou  vi,  tremper  le 
vin.  Asàigaà  régo,  arroser  par  irrigation  en  faisant  couler 
l'eau  successivement  dans  ctiaque  raie  d'une  planche  de 
potager.  C'est  le  mode  qu'on  suit  quand  on  arrose  au  moyen 
d'un  puits-à-roue  ou  d'un  chapelet. 

Dér.  de  Aïgo  et  de  la  part,  explétive  a,  qni  marque  l'ac- 
tion ;  la  lettre  s  n'est  là  que  pour  l'euphonie,  pour  éviter 
le  choc  des  deux  a,  par  un  hiatus  réprouvé  même  en 
prose. 

Asaigadouîro,  s.  f.  Pelle  creuse  en  bois  pour  arroser, 
dont  il  est  question  à  l'article  précédent.  Lorsqu'on  n'em- 
ploie à  cet  usage  qu'une  moitié  de  courge  sèche,  emman- 
chée d'un  long  bâton,  ce  qui  est  le  plus  commun,  on  peut 
toujours  nommer  cet  outil  (uatgadouiro  ;  mais  il  est  plus 
technique  de  l'appeler  couasso. 

Asaîgaie,  s.  m.  Arrosage,  arrosement;  droit  d'irrigation; 
action  d'arroser. 

Ascla,  V.  Fendre,  mettre  en  éclats,  dans  le  sens  de 
fêler. 

Ascla,  ado,  o'//.  et  part.  past.  Fendu,  fêlé  ;  an  fig. 
éccrvelé,  cerveau  lèlé,  tête  folle. 

Asclo,  s.  f.  Fente,  fêlure,  crevasse  ;  intervalle  entre  une 
porte  ou  une  fenêtre  et  leur  chambranle.  —  Uire  coumo 
uno  asclo,  rire  à  gorge  déplo}'é3.  —  Voy.  FénJascio. 

Les  trois  mots  ci-dessus  de  même  formation  dérivent, 
selon  Sauvages  et  Astruc,  du  celt.  Ascl,  escl,  radicaux. 
Le  grec  a  KXdviç,  fente,  rupture. 

Ase,  f.  m.  Dim.  Aséné,  péj.  Asénas.  Ane,  baudet; 
Equas  asinus,  Linn.  Mammifère  de  la  fam.  des  Soiipédes. 
Au  fig.  sot,  ignorant,  imbécile,  butor. — Faïre  lou  repas 
dé  l'use,  manger  sans  boire.  L'ase  té  quïe,  peste  de  toi  ! 
L'ase  mé  quïe,  foin  de  moi  !  JMouririè  pu  lèou  l'ase  d'un 
pdoure  home,  il  mourrait  plutôt  l'âne  du  pauvre  :  c'est  une 
espèce  de  murmure  contre  le  sort  qui  semble  frapper  plus 
fort  sur  le  pauvre  que  sur  le  riche  ;  mais  cette  expression, 
qui  est  devenue  très-proverbiale,  n'a  rien  d'irrévérencieux 
ni  d'irréligieux.  Cela  se  dit  quand  l'enfant  d'une  nom- 
breuse famille  est  dangereusement  malade  ;  ou  bien  lors- 
qu'on voit  échapper  de  maLtdie  un  égoïste,  un  homme  isolé, 
dont  la  perte  ne  serait  préjudiciable  à  personne.  On  sup- 
pose par  là  que  rien  n'est  plus  utile  au  pauvre  que  son 
àne,  qui  est  son  gagne-pain.  Miehan  coumo  un  ase  nègre, 
méchant  comme  un  àne  noir.  Cela  provient  de  cette  race 
d'ànes,  très-grands  et  très-méchants,  qui  vient  de  la  Cata- 
logne, où  ils  sont  tous  d'un  gris  presque  noir.  Pati  coumo 
un  ase  dé  las  gfpiêïros,  souffrir  comme  un  àne  de  plàtrière. 
Le  plâtre  gris,  qu'on  n'exploitait  autrefois  pour  les  envi- 
rons d'Alais  que  dans  la  commune  de  Générargues,  était 
transporté  à  dos  d'àne  dans  des  sacs  qu'on  leur  posait  à  nn 
sur  le  dos.  Un  gamin,  à  califourchon  sur  la  croupe,  les 


72 


ASE 


ASS 


guidait  sans  bride  avec  an  gros  bftton,  et  les  faisait  galo« 
per,  malgré  cette  double  charge:  ils  allaient  ainsi  par 
cavalcade  de  dix  à  douze.  Ce  service  était  fort  dur,  atteuda 
surtout  que  les  pauvres  baudets  étaient  mal  nourris  et 
réduits  souvent  à  brouter  l'herbe  sèche  des  chemins.  Ce 
genre  de  transport,  qui  avait  son  cachet  local«  a  disparu 
aujourd'hui  que  les  routes  et  les  chemios  vicinaux  permet- 
tent une  voie  plus  facile;  mais  le  dicton  proverbial  est 
resté.  Y-a  maï  d'un  ase  à  la  fièiro  que  $i  sémblou,  prvb., 
il  y  a  plus  d'an  àne  à  la  foire  qui  s'appelle  Martin.  L'asê 
dé  mita  é$  toujour  mâou  imbasta,  prvb.,  l'âne  de  la  com- 
monauté  est  toujours  le  plus  mal  bâté  :  tout  bien  en  com- 
mun oaen  indivis  est  toujours  mal  administré.  Vai$fiehô/ 
est  one  sorte  d'interjection  explétive,  fort  en  usage,  et  qui 
n*e8t  que  la  modification  plus  décente  d'une  l«)cution  fort 
employée,  quijique  de  beaucoup  moins  honnête  :  L'au 
fiehê  iou  dariê  l  le  diable  emporte  celui  qui  sera  le  dernier 
i  la  course.  J^uét  au  $$  bien  maléou  que  porto  déuu$  un 
bel  impUutre,  voilà  un  âne  bien  malade,  qui  porte  sur  le 
dos  un  grand  emplâtre,  c'est-â-dire  un  homme  inutile  :  ce 
devait  être  un  des  propos  de  ceux  de  la  fable  du  Meunier, 
ton  fiU  et  l'âne.  Mouqué  coumo  un  eue^'^t^enaud  comme  un 
baudet.  Aquéio  ribo  n'es  pas  pér  aquél  ase,  dicton  prvb., 
mot  à  mot  :  ce  vei-dng(>  u'est  pas  pour  un  pareil  âne.  Au 
fjg.  :  ce  n'est  pris  {xmr  lui  que  le  four  chauffe;  ce  morceau 
est  trop  délicat  pour  lui;  il  lui  passera  sous  le  nez.  Dans  ce 
sens  se  trouvent  une  foule  d'applications. 

La  lemelle  do  l'âne,  ânesse,  est  appelée  Sâoumo,  —  F. 
c.  m. 

Aséné,  ânon,  est  le  dim.  Aeénat,  péjor.,  signifie  au  pr.  et 
au  fig.,  gros  âne.  —  Voy,  Bourou,  Bouriaquo,  Pécata, 

Ase,  au  jeu  de  cartes,  as.  Ase  dé  piquo,  dé  tréflo  ou  dé 
trounfte,  dé  et^re,  dé  eur,  as  de  piqoe,  de  tréûe,  de  car- 
reau, de  coBur.  —  Voy,  Bourou, 

Ase,  trés-pctit  poisson  de  rivière,  chabot  des  rivières, 
Coitus  gobio,  Linn.»  qui  a  renoolure  de  la  baudroie,  la  tète 
large  et  plate,  plus  grosse  que  tout  le  reste  du  corps.  Il  est 
insipide  &  manger  et  contient  souvent  du  gravier  dans  l'es- 
tomac. Il  se  tient  presque  toujours  au  fond  de  l'eau,  sous 
les  pierres.  Qaind  ou  l'irrite,  il  renfle  sa  large  tète,  ce  qui 
le  rend  encore  plus  laid. 

Ase-^o^^ien,  s»  m.  Le  têtard,  la  nymphe  de  la  grenouille, 
qu'on  rencontre  dans  les  eaux  croupissantes,  où  un  rayon 
de  soleil  suffit  pour  les  faire  éclore.  En  naissant  il  est  noir  ; 
en  grossissant  il  devient  gris.  Sa  tète  et  son  oorps  forment 
une  espèce  de  boule  terminée  par  une  queue  plate  en 
forme  d  aviron  et  dont  le  plan  est  vertical.  Les  pattes  sor- 
tent de  cette  boule,  la  queue  se  détache,  et  le  têtard  aqua- 
tique devient  grenouille  amphibie.  Au  fig.  Ase-bomén 
signifie  :  bulur  reufi»rcé,  ane,  imbécile,  sot  fiefiè;  un  degré 
de  plus  dans  la  sottise  ou  la  bêtise  que  l'âne  ordinaire.  Il 
est  très-employé. 

Le  nom  latin  du  têtard,  Gyrinue,  est  (Sicile  à  comprendre  : 
'}l  vient  de  gyrure,  arrondir,  puisque  c'est  une  vraie  boule. 


Son  nom  fr.  qui  signifie  grosse  tète,  a  sa  raison  puisqu'il 
ne  semble  être  qu'une  tête;  mais  notre  aMe4fouïén,  dont 
l'épithète  surtout  ne  dit  rien,  ne  s'explique  guère.  Dans 
nos  environs,  on  appelle  le  têtard  tésto  d*ase,  ce  qui  est  un 
peu  moins  incompréhensible. 

Ase  dé  charpanto,  chevron  de  charpente,  composé  de  sa 
ferme,  du  pied-droit  et  des  arbalétriers. 

Ase  dé  ressaïre,  banc  à  trois  pieds  sur  lequel  les  scieurs 
de  long  élèvent  et  placent  horizontalement  leur  bigue;  le 
pied  de  derrière  n'est  que  le  prolongement  du  banc  lui- 
même  ,  qui  vient  s'appuyer  â  terrre  et  le  long  duquel  on 
roule  la  bigue  pour  la  hisser,  quand  elle  est  trop  lourde 
pour  être  soulevée  sur  les  épaules. 

Toutes  ces  dernières  acceptions  dérivent  de  quelque 
point  de  comparaison  ou  de  similitude  avec  l'âne,  animal, 
dont  le  nom  dérive  lui-même  du  lat.  Asinue. 

Asénén,  énquo,  adj.  D'âne;  qui  tient  de  l'âne;  qui 
vient  de  l'âne. 

Asénga,  v.,  ou  Enzina.  Arranger;  rajuster;  agencer; 
raccommoder;  apprêter.  S* asénga,  s'arranger,  se  mettre  â 
l'aise  et  s'ajuster.  —  Foy.  Enxina, 

Dér.  de  Auï. 

Atérba,  o.»  ou  Ashérba.  Donner  le  vert  aux  chevaux  ; 
conduire  les  troupeaux  dans  les  prairies. 

Dér.  de  Hèrbo. 

Aspre,  0,  adj.  Apre,  désagréable  au  goiit. 

Dér.  du  lat.  Asper,  et  au  moins  contemporain  du  fr 

Assadoula,  v.  Rassasier,  gorger;  assouvir  la  faim. 

Dér.  de  Sadoul. 

Assaja,  v,,ovl  Enaaja.  Essayer;  tenter;  tâcher  de  faire» 
faire  l'essai;  essayer  un  habit,  une  robe,  un  chapeau,  pour 
voir  s'ils  vont  bien. 

Dér.  de  l'ital.  Assagiare,  m.  sign. 

Assalé,  s,  m.  Place  garnie  de  pierres  plates  ou  de  che- 
neaux  en  bois,  où  l'on  donne  le  sel  aux  moutons. 

Dér.  de  Sâou  et  de  Sala. 

Assaléja,  v.  Donner  le  sel  au  bétail. 

Dér.  de  Sàou,  formé  du  lat.  Sal. 

Assana ,  v.  Cicatriser,  guérir  une  plaie,  une  blessure. 

Dér.  de  San,  sain. 

Asaàou,  f.  m.  Emotion  pénible;  nouvelle  alarmante; 
reproche  mortifiant  ;  importunité  fatigante.  —  Nous  douné 
un  fUr  assâou,  il  nous  alarma  vivement. 

Emp.  du  fr.  Assaut. 

Aasàouvagi,  v.  Rendre  sauvage,  farouche.  —  Dé  batre 
Iou  béstiâou  Vassâouvagîs,  on  rend  les  animaux  farouches 
en  les  battant. 

S'assâouvagi,  v.  S'effiiroucher  ;  prendre  un  air,  une 
humeur  sauvage;  contracter  des  manières  agrestes. 

Dér.  de  Sàoutfoje. 

Assaaiin,  s.  m.  Assassinat,  et  non  assassin.  —  Aquà'e 
un  assassin,  c'est  un  vrai  assassinat,  dit-on,  quand  on  est 
assailli  par  une  troupe  de  mendiants,  une  foule  de  eréan- 
ciers  ou  simplement  d'importuns. 


ASS 


ÂSS 


78 


Dôr.  de  Hoichiehin,  qui  était  le  noin  des  sujets  dn 
Vieux  de  la  Moutagne,  autrement  dit  Prince  des  Haschi- 
chins,  ou  Assassins.  Gomme  ses  sujets,  fanatisés  par  lui, 
assassinaient  tous  ceux  qui  déplaisaient  au  maitre,  leur 
nom  est  devenu  générique  pour  désigner  les  assassins. 

Assawilima,  v.  Assassiner,  tuer  par  guet-apens,  par  tra- 
hison, de  dessein  prémédité.  Au  ûg.  importuner  à  l'excès, 
solliciter;  exiger  son  du  tout  de  suite,  comme  si  l'on  met- 
tait le  pistolet  sur  la  gorge.  —  Les  deux  n  se  font  sentir. 

Assasalniir,  t.  m.  Assassin,  meurtrier. 

Assata,  v.  Affaisser;  battre;  fouler,  tasser.  —  Âssatala 
lugado,  encuver  le  linge  de  la  lessive,  l'abreuver  pour 
l'entasser.  AM$ata  un  eo  dé  poun,  asséner  un  coup  de  poing. 
La  crcio  iét  auatado,  la  voûte  a  fait  son  effort,  les  murs 
(mt  pris  leur  assiette.  Aisata  un  $ou[U,  appliquer  un  soufflet. 

Dér.  du  lat.  Auidere. 

Aasécarli  (s*),  v.  Se  dessécher,  devenir  sec.  —  Se  dit 
prindpalemeat  d'un  arbre  qui  meurt  peu  à  peu  par  les 
branches. 

Dér.  de  Séqua. 

Aaségiira,  «.  Rendre  sûr,  consolider;  caler;  assurer, 
œrtifier,  affirmer. 

Dér.  de  Ségu, 

Aaségnranço,  «.  f.  Sûreté,  assurance  ;  caution,  nantis- 
sement, hypothèque  ;  fermeté,  hardiesse. 

Aasémàon,  «.  m.,  ou  Sémâou.  Cornue;  comporte; 
benne  ;  vaisseau  de  bois  composé  de  douves  reliées  par  des 
cercles,  avec  deux  chevilles  horizontalement  placées,  par 
lesquelles  deux  personnes  le  transportent  à  l'aide  de  deux 
bâtons  appelés  pour  cela  sémaïès,  qu'on  passe  en  dessous 
des  chevilles.  Ce  vaisseau  sert  principalement  à  transporter 
la  vendange. 

Dér.  probablement  de  Sema,  met  d'un  autre  dialecte 
que  le  n6tre,  qui  signifie  :  tirer  le  moût  d'une  cuve  trop 
pleine,  dér.  lui-même  de  l'ital.  Scemare,  diminuer.  — 
Voy.  Sémâou. 

âBsémbla,  v.  Assembler;  rassembler;  mettre  ensemble, 
joindre,  unir,  réunir,  rapprocher;  convoquer.  —  Dtou  lous 
fax,  amai  loui  assémblo.  Dieu  les  fait  et  les  assemble,  dit- 
on  souvent  ironiquement  d'un  ménage  pins  ou  moins  bien 
assorti ,  d'une  coterie  dont  les  membres  sont  ignorants  et 
singuliers. 

Emp.  du  fr.  Assembler. 

Aasémblado,  t.  /.  Assemblée;  plus  spécialement,  la 
tenue  des  offices  divins  dans  la  religion  réformée,  soit 
dans  un  temple,  soit  au  désert. 

Emp.  du  fr. 

Assès,  adv.  Assez,  autant  qu'il  en  faut.  —  C'est  pure- 
ment un  terme  de  civilité  populaire.  N*aï  bien  assès,  dit-on 
a  table  quand  le  maitre  de  la  maison  vous  offre  d'un  nou- 
veau plat.  Dans  ce  cas-là  on  ne  dit  jamais  :  N'aï  bé  prou. 
Assis  ne  se  place  qu'à  la  fin  de  la  phrase.  On  ne  dit  pç^  : 
Aï  assés  manja,  mais  bien  :  ^t  prou  manja. 

Pmp.  au  fr.,  comme  la  plupart  des  termes  de  civilité. 


Aaaésl,  ido,  adj\  Rassis.  —  Ne  se  dit  guère  que  du  pain, 
par  opposition  à  pain  frais  ou  mollet. 

Dér.  du  lat.  Assidere. 

Asséta,  V,  Asseoir,  mettre  sur  un  siège  ;  faire  tomber 
quelqu'un  par  force  sur  son  derrière;  poser  sur  une  base 
solide. 

S'asséta,  V.  S'asseoir,  se  mettre  dans  un  siège  ;  s'établir 
d'une  manière  solide,  prendre  son  faix,  en  parlant  d'un 
mur,  d'une  voûte,  d'une  pierre  de  taille. 

Dér.  du  lat.  Assidere. 

Assétoùs  (d'),  adv.  Assis,  sur  son  séant  ;  par  opposition 
à  debout.  —  Ero  d'assétoùs  sus  soun  iè,  il  était  au  lit,  assis 
sur  son  séant. 

Assiétado,  s.  f.,  ou  Siétado.  Assiettée  ;  contenu  d'une 
assiette,  plein  une  assiette.  —  Uno  assiétado  dé  soupo,  est 
4me  assiette  de  soupe,  non  seulement  pleine,  mais  comblée 
et  presque  en  pyramide.  —  Voy.  Siéiado. 

Dér.  de  Assièto. 

Assièto,  s.  f.,  ovL  Sièto.  Assiette,  vaisselle  plate  dans 
laquelle  on  met  ce  que  l'on  mange  à  table.  — Assièto  béeudo, 
êcuelle  à  bec.  Para  ta  sièto,  présente  ton  assiette. 

Dér.  du  lat.  Assidere  ou  assista,  de  à  sedendo,  parce 
qu'autrefois  Vassièto  indiquait  la  place  de  chaque  convive 
à  table. 

Assigna,  i.  m.  Assignat,  papier-monnaie.  — Ce  terme  est 
malheureusement  devenu  familier  à  tous  les  idiomes  de  la 
France,  et  y  est  resté  en  triste  souvenir.  —  Prin  eoumo 
un  assigna,  mince  comme  un  papier  d'assignat.  Afatrassi 
eoumo  un  assigna,  mou,  sans  apprêt,  sans  consistance, 
comme  les  feuilles  d'assignats.  Même  avant  que  ceux-ci 
fussent  décrédités  par  la  banqueroute  et  l'échelle  de  dépré- 
ciation, ils  étaient  méprisés  par  le  peuple  pour  leur  légè- 
reté, leur  peu  de  consistance,  et  la  nullité  de  leur  valeur 
spécifique,  en  regard  des  espèces  sonnantes,  lassent-elles 
du  billon  le  plus  lourd. 

Assista,  V.  Faire  l'aumône  ;  aider,  secourir.  —  Diou 
vous  assiste.  Dieu  vous  vienne  en  aide!  Pode  pas  vous 
assista,  je  ne  puis  rien  vous  donner,  dit-on  à  un  men- 
diant. 

Dér.  du  lat.  Assister e. 

Assoucia  (s'),  v.  S'associer,  se  mettre  en  communauté 
d'intérêts;  former  une  association. 

Dér.  du  lat.  Assoeiare. 

Assoulida,  v.  Consolider,  rendre  sohde,  sûr;  donner 
des  garanties,  des  hypothèques,  des  nantissements  ;  affir- 
mer. 

Dér.  de  Soulide. 

Assouma,  v.  Assommer  ;  tuer  ou  terrasser  en  frappant 
sur  la  tête  avec  quelque  chose  de  lourd,  comme  un  bâton, 
une  pierre,  une  massue. 

Dér.  dn  lat.  Summum,  sommet. 

Aasonrda,  v.  Assourdir,  rendre  sourd  à  force  de  crier 
ou  de  faire  du  bruit;  ennuyer,  fatiguer  de  propos, 

Dér.  de  Sour. 

10 


74 


ATA 


ATÊ 


Atsoiirtl,  V.  Aller  an-devant  on  à  la  rencontre  de  quel- 
qu'un. 

Formé  de  SourU  et  de  la  prép.  lat.  aâ,  sortir  vers. 

Assonrtt,  t;.  Assortir,  mettre  ensemble  des  objets  qui  se 
ressemblent,  qui  se  conviennent,  qui  concordent. 

Dér.  du  lat.  Sors. 

Assupa,  V.  Rencontrer  nez  à  nez,  se  heurter  contre 
quelqu'un,  en  le  rencontrant  à  l'improviste,  sans  Tavoir 
aperçu  d'avance. 

Dér.  de  Su,  tète,  crâne. 

Assaqua,  v.  Assommer,  frapper  fort  sur  la  tète. 

S'auuqua,  v.  Tomber  sur  la  tète,  donner  de  la  tète 
contre  un  corps  dur.  —  Es  tout  assuqua,  il  est  tout 
hébété. 

Dér.  de  Su,  crikne,  et  a  privatif. 

Astre,  f.  m.  Astre;  soleil,  étoile,  corps  céleste.  —  Moun 
astre,  dans  le  langage  des  nourrices  k  leur  ponpon ,  dans 
celui  des  amoureux  à  leur  belle,  est  Texprcssion  de  leur 
tendresse  charmée  et  éblouie.  11  s'emploie  aussi  dans  le 
jnème  sens  à  peu  près  que  planéto ,  ou  étoile,  en  fr.,  pour 
parler  de  l'influence  du  sort,  de  la  destinée  soumise  aux 
astres  ou  en  dépendant.  Les  anciens  et  les  modernes  ont 
conservé  dans  leur  langue  la  tradition  de  cette  influence 
des  astres  ;  on  en  a  fait  une  science  qui  a  eu  sa  vogue. 
Pér  co  d'astre,  par  hasard,  par  bonheur.  Lou  diable  vire 
l'astre  f  Peste  soit!  sorte  d'imprécation  qui  nous  vient  de 
loin,  assure  Sauvages.  C'est  le  Deus  omen  avertatf  des 
Romains.  Sembla  que  siès  din  tous  astres,  on  dirait  que  tu 
es  dans  les  astres,  reproche-t-on  à  une  personne  distraite  et 
préoccupée. 

Etym.  du  gr.  'AoTpov,de  'Aonlp,  étoile,  d'où  le  ht.  astra. 

Ararpa,  ir.  Usurper.  —  Ne  se  dit  qu'en  parlant  des  pro- 
priétés territoriales ,  qu'on  rogne  peu  à  peu  en  éloignant 
la  ligne  divisoire. 

Emp.  du  fr. 

Atala,  V.  Atteler;  attacher  des  bètes  de  trait,  chevaux 
ou  mules,  à  une  voiture  ou  à  une  charrue.  —  Es  de  mi- 
than  atala,  c'est  un  homme  intraitable,  revèche  au  joug 
ou  qui  n'entend  pas  la  raison. 

S'atala,  v.  S'appliquer,  employer  toutes  ses  forces,  toute 
son  attention;  faire  son  possible;  se  mettre  au  travail.  — 
S'atalêrou  à  bata\'a,  ils  se  mirent  en  train  à  babiller. 

0ér.  du  lat.  Telum,  flèche,  timon. 

Atalaje,  «.  m.  Attelage;  l'ensemble  des  bètes  de  trait 
qui  traînent  tine  même  charrette. 

Aialus  (en),  adv.  Obliquement  ;  en  talus  ;  en  biseau. 

Dér.  du  lat.  Talus,  talon,  cou-de-pied. 

AtaluBsa,  o.  Couper  un  terrain  en  talus  ;  former  en  talus 
h  berge  d'un  fossé  ;  donner  du  pied  à  un  mur,  à  une 
chaussée,  à  une  butte. 

Atàonla,  v.  Attabler;  mettre  les  gens  à  table  pour 
manger,  boire  ou  jouer.  ^  S'atâoula,  se  mettre  à  table. 

Dér.  de  Tâoulo, 

Atapa,  V.  Prendre,  saisir,  joindre;  fermer,  boucher, 


couvrir,  cacher,  voiler.  —  M.  de  Bonafous  a  dit  dans  une 
charmante  chanson  : 

Se  vos  pas  que  siègue  tan  amonroùs 
Et  dé  ta  bouquéto  et  dé  tous  ièioù», 
Atapo-loùs,  ma  mîo,  atapo-Ioùs. 

Ce  mot,  dans  le  premier  sens,  est  une  variante  de  atrapag 
et  dans  le  second,  de  tapa. —  Yoy,  Atrapa  et  Tapa. 

Ataqoa,  ado,  adj.  Atteint  d'une  maladie;  qui  a  un  vice 
dans  une  partie  du  corps;  qui  souffre  d'une  infirmité.  — * 
Ataqua  dé  l'asme ,  asthmatique^  Ataqua  dé  la  péttrinof 
atteint  de  pulmonie. 

Dér.  de  Taquo, 

Ataquo,  t.  f.  Attaque,  atteinte  d'une  maladie;  crise. 
Au  fig.  folie ,  acte  de  déraison.  —  Es  mor  d'uno  ataquo, 
il  est  mort  d'apoplexie.  Sas  ataquos  /ou  prénou,  le  voiUi 
retombé  dans  sa  folie. 

Emp.  au  fr. 

Atarda,  v.  Retarder  ;  attarder,  mettre  en  retarda 

S'atarda,  s'attarder,  se  retirer  tard,  se  mettre  tard  en 
route. 

Dér.  de  Tar. 

Atari,  V.  Tarir,  mettre  à  sec.  S'atarï,  tarir,  devenir  sec  ; 
perdre  son  eau.  —  Soun  mouH  s'ataris  pas  jamoX,  il  ne 
met  jamais  l'écluse  à  ses  paroles. 

Dér.  du  lat.  Arire,  par  métaplasme  de  Arere,  être  à 

9vv* 

Atébési  (s'),  V.  Tiédir,  devenir  tiède.  -«  La  progression 
de  ce  mot  est  en  raison  inverse  de  son  correspondant 
français.  Une  chose  s'atiédit  quand  elle  a  été  plus  chaude 
avant  et  qu'elle  passe  graduellement  à  une  température 
moins  élevée.  C'est  le  contraire  avec  le  mot  languedocien 
S'atébési,  qui  exprime  que  la  chose,  de  froide  qu'elle  était, 
devient  tiède. 

Dér.  de  Téhés. 

Atènciou,  s.  f.  Ce  mot  ne  s'emploie  que  précédé  du 
verbe  fatre  :  faire  attention,  prendre  garde  ;  ou  bien  seul 
comme  interj.  :  Attention!  Aténchu/  Garde  à  vous  i 

Emp.  au  fr. 

Aténdre,  v.  Atteindre,  frapper  de  loin,  toucher  ;  attendre, 
être  dans  l'attente,  l'expectative;  être  attentif  à  un  ouvrage, 
y  mettre  tout  son  temps,  sans  perdre  une  minute. 

S'aiéndre,  croire,  se  fier,  avoir  confiance,  se  rapporter. 
—  L'aténdégué  à  la  tèsto  d*un  eo  dé  ptiro,  il  l'atteignit 
à  la  tète  d'un  coup  de  pierre.  L'aténdou  eoumo  lou  Méssih, 
ils  l'attendent  comme  le  Messie.  Aténdès-nous  un  pdou, 
attendez  un  peu  que  nous  arrivions.  S'aténdiè  énd'aquéi 
traval  touto  la  gnuè,  il  s'appliquait  à  cet  ouvrage  toute  la 
nuit.  Se  vous  aténdès  d'd,  sérés  màou  fisa,  si  vous  VOW 
fiez  à  cet  homme,  vous  serez  peu  sur  de  votre  affaire. 

Dér.  du  lat.  Attendere. 

Aténén,  ènto,  adj,  Contigu,  limitrophe,  tenant.— 
AquH  hé  es  tout  d'un  aténén,  dans  ce  domaine  toutes  les 
terres  se  touchent,  sont  conliguës,  attenantes. 

Dér.  du  lat.  Ad,  et  tenere. 


ATR 


AVA 


75 


Aténténa,  v.  Atermoyer,  prolonger  les  termes  ;  ren- 
voyer d'un  jour  à  l'autre  ;  leair  le  bec  dans  l'eaa.  --> 
Aténténa  uno  fïo,  bercer  une  jeune  personne  d'une  pro- 
messe de  mariage,  dont  on  retarde  toujours  Texécution. 

Formé  de  la  rédupUcation  de  Tén,  comme  si  l'on  disait 
éé  tén  à  tén,  d'un  temps  à  l'autre. 

Aténténaîre,  airo,  aé(j.  Atermoyeur,  mauvais  payeur  ; 
enjôleur,  trompeur  de  filles. 

Atéssa,  V.  Allaiter;  donner  à  td^ter  ;  donner  le  sein  à  un 
enfant. 

Dér.  du  gr.  TiôiJ,  nourrice,  par  m:}taplasme  du  t  en  c, 
on  en  suivant  la  prononciation  adoucie  du  0  qui  est  une 
véritable  sifllante.  £n  celt.  Tétar  signifie  téter. 

Atôsaado,  s.  f.  Repas  ou  réfection  d'un  enfant  qui  tète. 
—  Donna  uno  atésiado,  donner  à  téter,  faire  téter.  A  agu 
do»  atéssados,  il  a  tété  deux  fois, 

Dér.  de  Téta, 

Atétoimi,  ido,  adj.  AfFriandé  à  la  mamelle,  qui  vent 
tonjours  téter;  enfant  difficile  à  téter, 

Dér.  de  Téta. 

Atila  (s'),  t;.  S'attifer,  s'ajuster,  se  pomponner,  se  parer 
de  tous  ses  atours. 

Dér.  du  gr.  StIçsiv  ,  orner ,  ou  de  TC^oç,  soin  de  se  parer. 

Atifès,  M.  m,  pi,  Afliquets,  pompons;  fanfreluches  de 
toilette;  atours,  ajustements  de  femme. 

Emp.  au  vieux  fr.  Attifets. 

Atira ,  v.  Attirer  ;  allécher  ;  affriander  ,  appâter.  — 
Aqu^  vin  atiro  soun  buvur,  ce  vin  excite  à  boire.  Aquélo 
marehando  es  bien  atiranto,  cette  marchande  est  bien  pré- 
Tenante;  elle  attire  les  chalands  par  ses  prévenances, 

Formé  de  Ad,  vers,  et  tira, 

AtÎBSa,  V.  —  Voy.  Aquissa. 

Ato,  «.  f.  Acte,  contrat  notarié  ;  exploit  d'huissier.  — 
fd  farai  donna  uno  ato,  je  lui  ferai  signifier  un  exploit. 

Dér.  du  lat.  Aetum. 

Atoà8,«.  m.,  ou  Troonfle.  Atout,  terme  de  jeu  de  cartes; 
couleur  de  la  retourne,  ou  celle  dans  laquelle  on  joue  ;  triom- 
phe. —  BatreatoHu,  faire  atout.  A  'pa$  sâoupégu  jouga,  aviè 
friên  tous  otoutseM  en  man,  il  n'a  pas  su  mener  sa  barque,  il 
;ivait  toutes  les  chances  de  succès;  il  a  perdu  avec  beau  jeu. 

Ce  mot  signifiait  dans  l'origine  la  couleur  supérieure  à 
tout,  qui  prend  toutes  les  autres,  qui  gagne  tout. 

Atrapa,  v.  Attraper;  tromper,  duper,  faire  une  niche; 
trouver,  trouver  par  hasard,  rencontrer,  -t-  T'atraparas  hé, 
tu  finiras  bien  par  t'attraper,  Vos  que  tous  atrapén?  veux-tu 
que  nous  leur  fassions  une  niche  ?  Coumo  alrapas  aquél  vif 
comment  trouvez-vous  ce  vin  ?  Piou-ptou,  ce  qu'atrape  es 
miou,  bon,  ce  que  je  trouve  m'appartient,  disent  les  enfants 
en  s'emparant  de  quelque  bonne  trouvaille^ 

Dér.  du  vieux  lat.  Trappa. 

Atrapaire,  airo,  adj.  Trompeur,  faiseur  de  dupes. 

Atrapo,  «.  f.  Attrape  ;  niche;  tricherie  ou  fourberie  inno- 
cente et  par  pure  plaisanterie.  —  Le  poisson  d'avril  est  une 
0trapo, 


Atrouba,  v.  ou  Tronba.  Trouver,  rencontrer;  sur- 
prendre. — Aquést'an  Caléndo  s'atroho  un  dilus,  cette  année, 
la  Noël  arrive  un  lundi. 

Dér.  de  l'ail.  Treffm,  toucher,  atteindre,  selon  Le  Du- 
chat  ;  par  métaphore,  trouver  ;  d'où  l'ital.  Trovars. 

Atronpa  (s*),  v.  S'attrouper,  se  rassembler  par  troupe,  se 
réunir  tumultueusement. 

Dér.  de  Troupo. 

Atronpéla,  v.  Réunir  en  troupeau,  par  bandes  qui  mar- 
chent dans  un  certain  ordre,  processionnellement,  comme 
le  troupeau  qui  suit  la  trace  de  Robin-mouton. 

Dér.  de  Troupèl. 

Atuba,  V.  Allumer  le  feu,  la  lampe,  une  chandelle  ;  et 
non  éclairer. 

Dér,  du  lat.  Tubus,  tube,  tuyau,  parce  qu'originaire- 
ment on  souillait  le  feu  avec  un  tube  en  fer,  comme  on  le 
fait  encore  dans  quelques-unes  de  nos  montagnes. 

Atobal,  s.  m.  Menu-bois,  allumettes,  copeaux,  brou- 
tilles ;  tout  ce  qui  est  propre  à  s'enflammer  rapidement  et 
qui  peut  aider  à  allumer  le  gros  bois  d'un  feu. 

Dér,  de  Atuba, 

Atupi,  V.  Réduire  au  silence,  rendre  muet;  éteindre; 
calmer;  étouffer,  couvrir;  au  prop.  et  au  fig.  —  Atupi  lou 
fio,  ce  n'est  pas  éteindre  ni  étouffer  le  feu;  mais  bien  le 
recouvrir  de  cendres  chaudes  ou  do  charbon  mouillé,  ce 
qui  le  conserve  sans  le  laisser  flamber. 

Dér.  du  gr.  ''âtujcoc,  bègue,  muet,  sans  bruit  ;  ou  formé 
de  a  privatif  et  TOcptu,  allumer,  enflammer. 

Aval,  adv.  Là-bas,  en  bas  :  pour  les  Cévennes,  tout  oo 
qui  est  au  midi  et  à  l'est  d'Alais.  Le  territoire  de  Nimes, 
de  Montpellier  et  la  Provence  sont  comparativement  en 
bas,  aval;  en  parlant  d'une  de  ces  localités,  on  dit  :  Av<U 
vèr  Sén-Gile,  vèr  Béoucaïre,  -«-  Aval -aval,  là -bas  bien 
bas. 

Formé  du  lat.  Ad  vallem,  vers  la  vallée,  par  opposition 
à  amoun,  ad  montem,  vers  la  montagne, 

Avall  (s'),  V.  Se  perdre,  disparaître  sans  laisser  de 
traces,  à  la  manière  des  esprits;  se  dissiper  comme  un 
songe  ;  s'évanouir. 

Dér,  de  Aval  et  du  lat.  ire,  parce  qu'on  suppose  que  les 
esprits  viennent  des  bas  lieux,  et  qu'ils  y  retournent 
quand  ils  disparaissent. 

Avança,  v.  Devancer,  prendre  les  devants  sur  quelqu'un, 
le  dépasser,  soit  en  marches,  soit  en  études,  en  savoir  ; 
faire  des  avances,  avancer  de  l'argent. 

S'avança,  avancer,  s'avancer;  aller  au-devant,  prendre 
les  devants  ;  approcher  du  but,  du  terme.  —  Aquél  éfan 
es  bien  avança,  cet  enfant  est  fort  avancé  dans  ses  études. 
Dé  que  vous  avança  aquà  ?  à  quoi  cela  vous  sert-il,  quel 
avantage  en  retirez-vous  ?  Aro  qu'avès  fa  lou  fol,  sis  pus 
avança,  à  présent  que  vous  avez  fait  toutes  ces  folies,  ètes- 
vous  mieux  loti  ?  Es  tan  d'avança,  c'est  autant  de  fait. 

Dér.  du  lat.  Ab,  de,  par,  et  antè,  avant;  ou  bien  ad 
ventum,  vers  le  vent. 


7(5 


AVA 


AVE 


Avanço,  t.  f.  Avance,  ce  qui  déborde,  ce  qpx  dépasse  ; 
espace  de  chemin  qne  l'on  a  devant  quelqu'un.  —  Prine 
Vavanço,  prendre  les  devants.  VatHVnço  d'uno  eoiquéto,  la 
visière  d'une  casquette. 

Avança  {d'),  adv.  D'avance,  par  anticipation,  avant  le 
temps.  —  Ou  iavian  d'avanço,  nous  le  savions  déjà. 

Avances,  s.  f.  pi.  Avances  d'une  mise  de  fonds  pour 
un  fermier,  pour  un  commerçant  ou  pour  un  artisan  qui 
commence  à  s'établir  ;  anticipation  ;  ressources  préparées 
et  prêtes.  —  Avédred'avançoM,  avoir  des  avances,  de  l'argent 
devant  soi.  Plaça  iot  avanças,  placer  ses  fonds,  ses  éco- 
nomies. Aquélei  navis  âauran  prés  lai  avançai,  ces  jeunes 
fiancés  auront  prélevé  les  prémices  du  contrat. 

Dér.  du  lat.  Ab  et  antè. 

Avantaja,  v.  Avantager,  donner,  faire  des  avantages  à  un 
de  ses  enfants  par-dessus  les  autres,  lui  former  un  préciput. 

Dér.  du  lat.  Antê,  et  agêre. 

Avantaje,  «.  m.  Avantage  ;  supériorité  ;  position  privilé- 
giée; préciput.  — Aqttà's  un  bel  avantaje  quand  on  a  tai  avan- 
ças, c*est  déjà  un  grand  avantage  d'avoir  sa  première  mise  de 
fonds.  D'aXçaval  an  a  poi  V  avantaje  pér  émpléga  ioi  forças, 
d'en  bas  on  n'a  point  d'élan  pour  faire  valoir  sa  force. 

£mp.  au  fr. 

Avantajoùa,  ouso,  adj.  Avantageux,  qui  offre  des  avan- 
tages; présomptueux,  qui  croit  avoir  par  sa  taille,  sa 
force,  son  adresse,  l'avantage  sur  les  autres. 

Avantora,  v.  Aventurer,  liasarder;  exposer  &  un  risque, 
à  un  danger,  courir  la  chance. 

Dér.  de  Avanturo. 

ATantniiè,  t.  m.  Aventurier.  — On  appelle  ainsi  le  vers 
à  soie  qui  précède  de  plusieurs  jours  la  masse  de  ses  com- 
pagnons et  fait  un  cocon  précoce.  Dans  une  chambrée  on 
recueille  à  part  ces  avant-coureurs,  pour  avoir  une  idée 
de  la  qualité  et  de  la  forme  du  gros  de  l'armée.  Quelques 
personnes  croient  que  ces  vers  hâtifs  ne  passent  que  par 
trois  mues  au  lieu  de  quatre  ;  il  est  plus  probable  que  ce 
sont  des  vers  premiers-nés  ou  qui  ont  phis  de  vigueur 
pour  parcourir  leurs  divers  âges. 

Dér.  de  Avanluro. 

ATanturo,  s.f.  Aventure;  événement  inopiné; accident. 
«-  iAyti^ttfioatMiiifuro,  j'eus  une  bonne  fortune.  A  l'avan» 
turo,  à  la  garde  de  Dieu,  sans  précaution,  aux  chances  du 
hasard.  Dauna  la  bona  avanturo,  dire  la  bonne  aventure, 
tirer  des  horoscopes. 

Dér.  du  lat.  Adventurus,  futur  pass.  ^  qui  doit  arriver. 

Avantiuroùs,  ooto,  adj.  Aventureux,  qui  hasarde,  qui 
ne  craint  pas  le  danger. 

Dér.  de  Avanturo, 

Avana,  asso,  j.  et  adj,  péjor.  de  Avart,  peu  usité;  gros 
et  sordide  avare. 

Dér.  du  lat.  Avana,  avidui  erii, 

ATtrido,  j.  f.  Avarice,  attachement  excessif  aux 
richesses  ;  lésinerie  sordide. 

Dér.  du  Ut.  Avaritia. 


ATaricioùa,  ouao,  adj.  Avare,  pince-maille,  fesse-ma- 
thieu;  avaricieux,  qui  craint  la  dépense,  ne  donne  pas  ou 
donne  mal. 

Dér  de  Avarieia. 

Avè,  t.  m.  Avé.  Premier  mot  latin  de  VAve  Maria,  de 
la  Salutation  angélique  ;  grain  de  chapelet  sur  lequel  on 
dit  l'Avé  ;  temps  de  le  dire. 

Ave,  t.  m.  ou  Avéîè.  Troupeau  de  moutons,  de  brebis. 
n  a  vieilli  et  n'est  plus  usité  qu'au-dessus  d'Alais. —  Garda 
lavé,  garder  le  troupeau. 

Dér.  du  lat.  Ovii. 

Avédre,  v.  œt.  et  auxi/^  Avoir,  posséder;  atteindre, 
aveindre.  —  Avédn  lou  flou,  être  dégourdi,  rusé.  Avédrt 
pôou,  avoir  peur.  Avédre  laiéniida,  pressentir.  Avédregran 
gâou  dé... S'estimer  heureux  de...  Ei  poi  rkhê,  maii  abièn 
quican,  il  n'est  pas  riche,  mais  il  a  quelque  bi3n.  Avèn  eon- 
véngu,  nous  sommes  convenus.  Aï  agu,  j'ai  eu.  A^uèrau,  ils 
eurent;  Aguèn,  nous  eûmes.  S'aguénian  fa  eoumo  aqud, 
si  nous  avions  ou  si  nous  eussions  fait  comme  cela.  Vaïf 
tâourài,  vas,  je  t'atteindrai.  Avén  agu  dé  réio^,  nous 
nous  sommes  querellés.  Aquél  brautèl  éi  irop  nâou,  pode 
pai  Vavédrê,  ce  rameau  est  trop  haut,  je  nepuisy  atteindre. 
—  Voy.  Avéra. 

Dér.  du  lat.  Haben. 

ATôjan,  i.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Avéjan,  comm.  annexe  de 
Saint-Jean-de-Maruéjols,  canton  de  Barjac,  arrondissement 
d'Alais. 

Ce  nom  parait  venir  de  Avé,  avSiè,  troupeau  de  brebis,  du 
lat.  avis,  plutôt  que  de  avs,  ève,  eau,  en  roman,  qui  dans 
notre  lang.  affecte  en  général  une  autre  forme.  La  situation, 
d'ailleurs,  la  nature  du  pays  favorise  singulièrement  notre 
interprétation.  Le  suffixe  an  qualifie  le  radical.  —  Vog. 
An,  suif. 

Avélagnè,  s.  m.,  ou  ATelagnéiro,  <.  f.  Noisetier,  ave- 
linier, coudrier;  Carylui  avillana,  Linn.  Arbrisseau  ou 
arbre  de  la  fam.  des  Amemlacées.  Le  Coudrier  est  l'espèce 
sauvage  et  silvestre  ;  le  Noisetier  est  le  coudrier  cultivé. 
C'est  avec  les  scions  du  coudrier  que  l'on  fût  la  fameuse 
baguette  divinatoire  des  prétendus  inventeur»  de  sources 
et  de  fontaines. 

Dér.  de  Avélana. 

Avelagnèiro,  s.  f.  Coudraie,  lieu  couvert  de  coudriers; 
bosquet  de  noisetiers.  On  la  prend  aussi  pour  le  Noisetier 
lui-même. 

Dér.  de  AvUano. 

ATélano,  i.  f.  Aveline,  noisette,  fniit  du  noise- 
tier. 

Dér.  du  lat.  Avellana,  m.  sign.,  qui  vient  lui-même 
de  AviUa,  ville  du  royaume  de  Naples,  où  les  coudriers 
sont  en  abondance,  et  renommée  encore  aujourd'hui  pour 
la  bonne  qualité  de  ses  noisettes.  En  cat.  esp.  ital.  AvH- 
lana. 

Aven,  i.  m.  Cavité  ou  conduit  souterrain  et  naturel,  qui 
sert  de  réservoir  aux  eaiu  de  la  pluie  on  de  la  neige,  et 


AVÊ 


aVê 


77 


^  alimente  les  sources  ;  caverne  profonde  et  verticale 
an  fond  de  laquelle  est  un  amas^d*eau. 

Dôr.  du  celt.  Awen,  rivière. 

Avéna,  v.  ou  Abéna.  Epargner,  ménager,  économiser  ; 
épuiser;  user  jusqu'au  bout,  jusqu'à  la  corde.  —  Avénoi 
la  sâou,  ménagez  le  sel.  Avéna  $a$  fardot,  user  ses  vieux 
habits,  les  porter  quoique  usés  et  rapiécés.  Avéna  lou  jour, 
profiter  du  jour  jusqu'à  son  déclin.  —  Le  part.  pass.  adj. 
Atféna,  ado,  signifie  :  épuisé,  usé  par  les  débauches,  ou 
ruiné  par  les  maladies.  —  Voy.  Abéna, 

Arêna,  «.  m.  Gruau  d'avoine,  dont  on  fait  une  excel- 
lente purée  pour  le  potage. 

t)ér.  du  lat.  Avena,  avoine. 

Arôliadiiros,  < .  f.  piur.  —  Voy.  Abénaduroi, 

Avénén,  s.  m.  Ne  s'emploie  qu'au  génitif,  et  dans  une 
sorte  de  phrase  faite,  d'un  avénén.  —  Tout  d'un  avénén, 
tout  d'une  pièce,  d'une  venue,  sans  galbe  et  sans  forme. 
Vno  eambo  tout  d'un  avénén,  une  jambe  sans  mollet.  Ei 
touto  (fun  avénén,  elle  n'a  ni  tournure,  ni  hanches,  ni 
gorge.  —  Le  nominatif  àdjectivé,  qui  voudrait  dire  :  ave- 
nant, a£Eû)le,  est  du  pur  franchi  mand. 

Dér.  de  VénL 

Ayéngn,  ndo,  aJj.  part.  pan.  de  Avéni.  Grand  et  fort, 
bien  venu.  —  Aquél  éfan  es  bien  avéngu  pér  §oun  tén,  cet 
enfant  est  bien  grand,  bien  fort  pour  son  âge. 

Avêngado,  «.  f.  Crise  de  maladie  ;  revers  de  fortune  ; 
accident  malheureux  et  inopiné. 

Dér.  de  Avéni. 

Aréni,  v.  Arriver  à  faire  ;  parvenir  à  ;  réussir  ;  suffire. 
—  Pode  pas  y  avéni  tout  soûl,  je  ne  puis  suffire  seul  à  ce 
travail.  Y  avéndra  pas,  il  n'y  réussira  pas,  il  n'y  par- 
viendra pas.  —  Péraqud  y-avéndrén,  pourtant  nous  en 
Tiendrons  à  bout. 

Dér.  du  lat.  Advenire. 

Avéno,  j.  f.  n.  pr,  Avène,  petite  rivière  torrentielle  qui 
prend  sa  source  dans  la  montagne  de  Rouverguc,  près  de 
la  Grand'Gombe,  et  se  jette  dans  le  Gardon,  au  droit  de 
SainVHilaire-de-Brethmas,  au-dessous  d'Alais. 

Dér.  du  celt.  Au>en,  rivière,  qui  entre  dans  beaucoup 
de  noms  propres  de  rivières  ou  de  localités  situées  sur  des 
cours  d'eau,  notamment  le  nom  lat.  Avenio,  Avignon. 
Avesnes,  chef-lieu  d'arrondissement  du  département  du 
?lord,  sort  évidemment  de  cette  modeste  source.  Son  an- 
denoe  orthographe  Avenna  rappelle  le  mot  celtique  avec 
ta  double  consonnance  latinisée,  avenn,  et  notre  pronon- 
ciation lang.  fortement  sentie  dans  avén,  qui  est  le 
même  mot.  L'origine  de  Advmœ,  étrangers  fixés  sur  ce 
territoire,  ab  advenis  gmtibui  ibi  tollœatU,  est  une  glo- 
rieuse imagination  ;  mais  notre  patois,  comme  on  dit  dans 
le  Nord,  est  plus  fidèle  aux  traditions  et  a  bien  son  prix. 
Les  communes  rurales  Avunu-U-Sée ,  Avmy,  Avenay, 
Aveineê-^ur^Helpe ,  Avesnes-lex-Aubert ,  sont  de  petits 
affluents  :  Avetnet-le-Sec  indique  un  avén,  une  source  tarie, 
et  non  pas  un  sol  aride  où  l'avoine  ne  pousse  plus.  Là  se 


trouve  la  confirmation  de  l'origine  du  nom,  pour  lequel  il 
est  inutile  de  faire  de  l'érudition  historique  à  la  recherche 
d'une  flatteuse  et  imaginaire  dénomination. 

Avens  (Loos),  $.  m.  pi.  L'Avent,  le  temps  qui  est 
placé  entre  la  Saint-André,  le  30  novembre,  et  la  Noël, 
25  décembre.  C'est  pour  l'Eglise  romaine,  un  temps  d'expia- 
tion et  de  pénitence  pour  se  préparer  aux  joies  de  la  Nati- 
vité, comme  le  Carême  est  une  préparation  au  triomphe 
pascal.  —  On  disait  en  v.  fr.  :  les  Avents. 

Dér.  du  lat.  Adventus,  arrivée. 

Avéonsa,  V.  ou  S'ayéoaaa.  Devenir  veuf;  perdre  sa 
moitié  ;  être  délivré.  —  Diou  fn*én  avéouiû,  Dieu  me 
délivre  d'un  tel  ou  de  telle  chose  ! 

Dér.  de  Véouse. 

Avéra,  v.  Aveindre;  atteindre;  tirer  un  objet  d'un 
endroit  hors  de  portée,  soit  en  haut,  soit  en  bas.  —  Avéra 
dé  cériiiros,  cueillir  des  cerises  avec  un  croc.  Avéra  lou 
fera,  tirer  un  seau  noyé  du  fond  d'un  puits.  Quàou  po  y- 
avéra?  qui  peut  y  atteindre? 

Dér.  du  lat.  Advenire,  ou  Advehere. 

Avéracioù,  ».  f.  Advération,  terme  de  vieux  cadastre  ; 
dénombrement  des  biens-fonds,  avec  leur  contenance,  con- 
fins et  estimation,  pour  former  l'assiette  de  la  taille. 

Dér.  du  lat.  Verax,  véridique,  sincère. 

Averti,  V.  Avertir,  donner  avis;  présager;  instruire; 
prévenir  du  danger;  convoquer  les  membres  d'une  assem- 
blée délibérante;  inviter  à  un  convoi  funèbre.  —  Lou  tou- 
nèro  n'avertis  pas,  le  tonnerre  ne  gronde  pas  avant  la 
foudre. 

Dér.  du  lat.  Advertere,  tourner  l'attention  vers. 

Avértimén,  s.  m.  Avertissement  du  juge  de  paix,  invi- 
tation à  la  conciliation  ;  avertissement  du  rôle  des  contri- 
butions. Il  serait  encore  applicable  aux  avertissements 
donnés  aux  journaux  dans  notre  époque.  —  Lous  averti- 
mens  i-an  pas  manqua,  ce  n'est  pas  faute  qu'on  l'eût 
bien  prévenu. 

Avès,  2^  pers.  du  plur.  de  Vind.  prés,  du  v.  Avédre. 
Vous  avez. 

Avès,  s.  m.  Revers  d'une  montagne  vers  le  nord;  aspect 
au  nord.  C'est  le  contraire  de  VAdré,  aspect  du  midi.  — 
Aquà's  dé  bos  dé  l'avès,  c'est  du  bois  coupé  à  l'aspect  nord. 
Ce  bois  est  moins  bon  à  brûler  que  celui  de  Vadré.  Ses 
pores  sont  plus  serrés,  ses  fibres  sont  plus  longues  et  plus 
entre-nouées;  il  devient  noir  au  feu  et  fournit  peu  de 
braise. 

Dôr.  de  Vès,  versant. 

Avésqua,  s.  m.  Evèché,  palais  épiscopal.  —  L'évêché  a 
joué  longtemps  un  grand  rôle  à  Alais,  soit  pendant  qu'il 
était  réellement  un  palais  et  la  résidence  d'un  évêque,  soit 
lorsqu'il  est  devenu  presque  du  domaine  public.  Ses  cours, 
ses  jardins  étaient  le  rendez-vous  des  oisifs  de  café  et  des 
jeux  des  écoliers.  Il  demeure  seulement  encore  à  l'état  de 
nom  propre  parmi  nous,  aujourd'hui  que. la  sape  indus- 
trielle a  fait  disparaître  le  magnifique  dessin  de  sa  double 


78 


AVI 


AVO 


façade  et  de  sa  conr  d'honneur,  que  les  jardins  mutilés 
ont  été  envahis  par  des  constructions  bourgeoises,  ou  divi- 
sés en  petits  carrés,  et  qu'enfin  l'orangerie  et  le  côté  des 
fruitiers  viennent  d'être  cMés  pour  une  pllce  publique 
devant  Thôtel-de* ville. 

Dér.  du  lat.  r.plscopatus. 

AyésquG,  s.  m.  Evoque,  prélat  chargé  de  la  conduite 
d*un  dioCL'àO.  —  Un  chl  regarda  bé  'n  avésque,  ama't  li  lévo 
pai  lou  capèi,  prvb.  Vn  chien  regarde  bien  un  évoque,  se 
dit  proverbialement  quand  une  personne  s'étonne  ou  se 
l&che  qu'on  la  fixe.  On  dit  d'un  pendu  :  Es  un  avésque  dé 
tompagno,  dono  la  bénédicïou  das  pèses. 

Dér.  du  lat.  Episcopus,  En  ital.  Vescoiso, 

Avignoun,  s.  m.  Avignon,  ville,  chef-lieu  du  dép.  de 
Vaucluse.  —  Pala  d'Avignoun,  un  pata,  ancienne  monnaie 
papale  iirappée  à  Avignon.  Patachoù  d'Avignoun,  sobri- 
quet des  Avignonnais,  qu'ils  doivent  sans  doute  à  leur 
monnaie  dite  pata.  Granéto  d'Avignoun,  graine  de  ner- 
prun, J^hamnus  infectorius,  Linn.,  qui  croit  dans  nos 
environs.  Elle  sert  aux  teinturiers  de  petit  teint  pour  le 
jaune  et  de  stil  de  grain  pour  la  jxîinture.  —  Voy.  Gra* 
niio,  Aoubénas. 

Dér.  du  lat.  Avenio,  qui  a  sa  racine  dans  le  celt,  Atoen, 
Tenant  do  aa,.aqua,  eau,  qui  a  donné  en  roman  ave,  ève, 
iv9,  et  autres,  en  lanj?.  avin,  aïgo,  etc.  —  Voy.  Avéno. 

Ayirôon,  interj.  Commandement  de  voiturier  pour  faire 
tourner  à  droite.  La  conversion  ou  le  pas  oblique  qu'exige 
oe  comman'Ierncnt,  décrit  un  angle  plus  ouvert  que  celui 
qu'on  obti^nit  par  le  commandement  à  ruou  ou  à  ruôou, 
mais  toujours  du  même  côté.  L'angle  du  premier  se  rap- 
proche du  quart  de  cercle  ou  de  l'angle  droit,  c'est  tout  un 
changonfiont  de  direction;  l'angle  du  second  n'est  guère 
qu'une  déviation  à  droite  pour  couper  l'ornière,  éviter  un 
mauvais  pas,  ou  pour  partager  la  route  avec  une  voiture 
qui  croisa  la  première. 

C'est  un  vocable  composé  arbitrairement,  qui  varie  sui- 
Tant  les  localités ,  mais  qui  est  fixe  et  d'une  antique  ori- 
gine dans  chacune  d'elles.  —  Faire  tira  avirôou ,  faire 
changer  do  direction  à  droite. 

Avis,  s.  m.  Vis,  cylindre  cannelé  en  spirale,  destiné  à 
rentrer  dans  un  écrou  cannelé  de  môme.  En  fr.  le  mot  est 
féminin,  une  vis  ;  il  est  masculin  en  languedocien. 

Emp.  au  fr.  avec  l'a  explétif,  qui  est  dans  le  génie  de 
la  langue  quand  elle  est  obligée  d'emprunter  ti  sa  rivale. 

AtIs,  s.  m.  S^^ntiment,  opinion.  — M'en  dounarés  un 
avis,  vous  m'en  direz  votre  sentiment,  votre  opinion.  M'es 
avis,  il  me  semble. 

Emp.  au  fr. 

Avisa  (s'),  V.  S'aviser,  s'apercevoir;  tenter,  oser,  s'en- 
hardir— M'avise  que  plàou,  je  m'aperçois  qu'il  pleut.  Lou 
eiél  toumbariè  que  s'en  avisariê  pas,  le  ciel  viendrait  à 
tomber  qu'il  n'y  prendrait  pas  garde,  qu'il  ne  s'en  avise- 
rait pas.  S'avise  pas  de  me  dire  :  voulur  /  n'osa-t-il  pas 
mo  dire  :  voleur!  Se  t'avises  dé  parla,  si  tu  as  la  hardiesse 


de  parler.  Sans  t'en  avisa,  sans  s'en  apercevoir,  sans  y 
Daire  attention. 

Avisa,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Avisé,  prudent,  ciroon- 
spect  ;  éveillé. 

Dér.  de  Avis. 

Avisamén,  s.  m.  Prudence,  prévoyance,  perspicacit 
intelligence;  circonspection.  —  Aquél  drôle  vous  a  d'awi- 
samén  que  noun  saï,  ce  garçon  a  une  intelligence,  uno 
prudence  extraordinaire, 

Dér.  de  Avisa, 

Aviva,  V.  Raviver,  évertuer,  réveiller;  vivifier. 

Aviva,  ado,  part.  pass.  et  adj.  Vif;  sémillant,  éveillé; 
guilleret.  —  Lou  tén  s' es  aviva,  le  temps  s'est  mis  au  vif, 
Lou  tén  s'avivo,  le  temps  se  refroidit.  Aviva  coumo  un 
pé'issodi  sus  lou  rastouble,  éveillé  comme  un  poisson  dan^ 
le  sac.  Aviva  coumo  un  passéroii,  éveillé  comme  un  moi- 
neau. 

Dér.  de  Yiou,  du  lat,  vivus. 

Avoua,  V.  Avouer,  confesser;  reconnaître  qu'une  choie 
est,  en  faire  l'aveu. 

Emp,  au  fr.  Aveu. 

Avoua,  s,  m.  Avoué,  procureur.  — r  Cette  profession  a' 
trop  de  rapport  avec  le  peuple,  pour  qu'il  ne  se  soit  pas 
hâté  de  la  suivre  dans  la  transmigration  de  son  nom. 
Avoua  est  aussi  bon  languedocien  que  Proucuroik. 

Avouca,  5,  m.,  dim.  Avoucadé.  Avocat.  —  Es  un 
avouca,  c'est  un  Gros-Jean,  un  important,  un  pédant,  qui 
fait  l'entendu,  l'érudit  en  affaires,  et  en  toute  science. 
AvoiAca  das  ases,  un  pauvre  avocat.  AquH  avouca  es  cher, 
dounarié  pa'n  bon  epunsél  pèr  sièï  frans,  prvb.  Cet  avo- 
cat est  cher  ;  il  ne  donnerait  pas  un  bon  conseil  pour  sii( 
francs,  —  sous-entcndu  :  parce  que  cela  lui  est  impos- 
sible. 

Pourquoi  nos  paysans  appellent-ils  leur  âne  Yavoueaf^.. 
Que  dans  un  atelier  d'imprimerie,  le  pressier  s'appelle  un 
ours  et  le  compositeur  un  singe,  cela  se  conçoit  pour  qui 
les  a  vus  manœuvrer  et  se  démener.  Que  certaines  per- 
sonnes soient  des  chameaux,  c'est  encore  mieux,  nul  n'y 
peut  contredire.  Il  n'en  est  pas  de  même  de  l'assimilatioii 
qui  fait  l'objet  do  cet  article.  Mais  il  est  parfaitement  inu* 
tile  d'en  prouver  la  criaqte  fausseté  ;  il  ne  s'agit  que  d'en 
chercher  l'origine, 

Un  plaideur  malheureux,  irrité  contre  son  avocat  à  qui  il 
attribuait,  comme  on  fait  toujours,  la  perte  de  son  procès, 
dit  que  c'était  un  âne  :  —  l'âne  avait  tout  à  fait  mauvaise 
réputation  â  cette  époque,  t  Rentré  chez  lui ,  il  continua 
à  exhaler  sa  colère ,  et  réciproquement  il  appela  son  âne 
avocat.  C'était  du  pur  algèbre  qu'il  faisait  sans  s'en 
douter,  comme  Monsieur  Jourdain  de  la  prose.  At  étant 
égal  â  AS,  A^  devait  être  égal  à  A^  ;  l'équation  restait  la 
même  quoique  les  termes  changeassent  de  place.  La  colèco 
de  notre  plaideur  dura  bien  au-delà  des  vingt-quatre  heures 
légales,  et  toutes  les  fois  qu'il  allait  aux  champs  avec  soi) 
compagnon,  il  ne  manquait  pas  de  dire  :  Ari,  l'avouca/l^ 


AVO 


AZO 


79 


t)laisanterie  se  répandit  et  finit  par  être  acceptée,  par  l'âne 
d'abord,  cela  va  sans  dire,  et  pois  par  ceux  même  qui 
eussent  pa  en  être  blessés  et  qni  ne  firent  qa*en  rire. 

Voici  nne  antre  explication,  qni  est  celle  des  savants. 

Un  avocat,  dn  vieux  temps  où  l'on  faisait  force  latin  au 
barreau,  avait  pris  la  spécialité  de  plaider  les  alibi.  Il  en 
trouvait  partout  et  faisait  un  tel  usage  de  ce  moyen  dans 
tous  les  cas,  qu'il  lança  un  jour  le  génitif  pluriel  fort 
hasardé  aliborum.  On  ne  l'appela  plus  que  Maitre  Alibo- 
rum,  qui  devint  Aliboron.  Or,  cet  avocat  était,  dit-on, 
un  âne.  De  telle  sorte  que  de  ces  trois  noms  ou  de  ces  trois 
mots  on  finit  par  faire  une  confusion  qui  dure  encore. 

Après  cela  il  y  a  une  explication  plus  simple  et  que  je 
crois  la  bonne,  car  il  ne  faut  pas  abuser  de  l'anecdote. 

Un  paysan  qui  fait  l'entendu  en  affaires,  le  beau  parleur, 
aimant  fort  à  avoir  raison,  le  Gros^ean  enfin,  ses  voisins 
rappellent  un  avouea.  L'âne  a  bien  quelque  chose  de  ces 
allures.  A  certain  entêtemeent,  que  peut^tre  on  apprécie 
mal  quelquefois,  il  doit  se  croire  aussi  une  façon  de  doc- 
teur qui  en  sait  plus  que  tout  le  monde,  car  il  est  difll- 
die  de  lui  faire  faire  autre  chose  que  ce  qu'il  a  conçu  ;  et 
dans  les  fréquentes  discussions  qu'à  ce  propos  ils  ont 
ensemble,  l'ânier  de  dire  :  Ah  !  tu  fais  l'entendu,  tu  veux 
Êûre  ta  tète,  tu  raisonnes,  tu  fais  l'avocat  ;  nous  allons 
toir  :  Art,  Vavouea  /  -«  Ce  n'est  pas  autrement  qu'il  a 


pris  ses  grades  et  reçu  son  titre.  —  Voy.  Franehiman. 

Dér.  du  lat.  Advœatus, 

Avngla,  v.  Aveugler,  rendre  aveugle  ;  éblouir,  au  prop. 
el  au  fig.  —  Vâouro  avuglo,  le  vent  vous  remplît  de 
poussière  à  aveugler.  Cèrquo  ioun  capèl,  et  es  aquï  que 
l'avuglo,  il  cherche  son  chapeau,  et  son  chapeau  est  là  qui 
lui  crève  les  yeux.  Loué  iliou$i$$  avuglou,  les  éclairs 
éblouissent. 

Dér.  de  Âvugle^ 

Avngle,  avuglo,  adj\  Aveugle.  -^  Vdou  mai  èstre  hSei 
qu'avugle,  mieux  vaut  être  sot  qu'aveugle,  répond-on  prvb. 
à  quelqu'un  qui  vous  traite  d'imbécile.  Cette  phrase,  dont 
le  sens  est  singulièrement  elliptique,  signifie  que  n'étant 
pas  aveugle  mais  simplement  un  sot,  on  a  la  satisfaction  de 
voir  plus  sot  que  soi  et  l'espérance  d'en  guérir.  Bada  coumo 
un  avugle,  crier  comme  un  aveugle,  parce  que  l'aveugle 
mendiant  a  une  façon  lamentable  et  criarde  de  déplorer  son 
infirmité.  V Avuglo  dé  Cattèl-Cuiè,  est  le  titre  d'une  des 
plus  jolies  pièces  du  poète  Jasmin. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Abocului,  privé  d'yeux. 

Azouèn,  s.  m.  Adjoint  à  la  mairie.  —  Toute  la  nomen* 
claturc  des  fonctions  constituées  sous  un  régime  constitu- 
tionnel est  devenue  familière  au  peuple,  qui  en  accommode 
au  génie  de  sa  langue  toutes  les  dénominations. 


B 


fi 

B,  seconde  lettre  de  l'alphabet  et  première  des  con- 
sonnes. 

Il  entre  dans  le  plan  de  ce  Dictionnaire,  on  a  pu  s'en 
apercevoir,  de  réunir  à  h  nomenclature  purement  lexico- 
graphique  de  notre  langue  ou  du  moins  de  notre  dialecte 
les  observations  grammaticales  relatives  à  la  contexture 
des  mots,  qui  est  leur  orthographe,  ou  à  leur  étymologie, 
qui  est  leur  histoire.  Nous  faisons  en  même  temps  de  la 
grammaire,  suivant  toute  l'acception  du  mot,  et  du  glos- 
saire, en  inscrivant  sous  leur  numéro  d'ordre  les  termes  et 
les  locutions  en  activité  de  service  ou  d'usage,  et  en  ras- 
semblant autour  d'eux  les  significations,  les  définitions,  les 
exemples,  les  citations,  les  remarques  qui  présentent  quel- 
que intérêt  de  curiosité  ou  un  éclaircissement  instructif  « 
En  cela  nous  suivons  notre  programme  ;  mais  encore  est-il 
bon  d'expliquer  pourquoi  nous  nous  le  sommes  imposé* 

Avec  la  conviction  que  nous  avions  affaire  à  une  langue 
véritable,  il  convenait  de  traiter  notre  idiome  méridional 
comme  nne  langue.  Né  le  même  jour  et  dans  le  même  ber- 
ceau que  le  français,  il  est  resté  plus  longtemps  fidèle  à  sa 
Dttora  et  à  ses  origines  :  il  l'a  emporté  sur  lui  en  culture 


B 

et  en  harmonie }  mais  après  avoir  lutté,  il  a  été  vaincu  et 
il  est  proscrit.  Pour  lui  le  mouvement  de  progrès  s'est 
arrêté;  la  force  seule  de  sa  constitution  le  soutient,  mais 
la  déchéance  qui  le  frappe  ne  l'a  pas  converti  en  un  des 
patois  du  français,  et  les  principes  vitaux  de  sa  forma- 
tion n'ont  point  péri.  C'est  à  retrouver  ces  éléments,  à  en 
réveiller  l'énergie  et  la  puissance  qu'il  travaille  et  qu'il 
mérite  d'être  aidé.  Et  c'est  précisément  pour  cela  aussi 
qu'un  vocabulaire  languedocien,  même  quand  il  se  ren- 
ferme dans  un  dialecte  particulier,  ne  saurait  se  contenter 
de  relever  le  catalogue  complet  des  mots  de  bon  et  vrai 
crû,  ou  des  naturalisés,  de  traduire  leur  sens,  de  signaler 
leurs  altérations,  de  les  ramener  à  leurs  sources.  Il  nous 
a  semblé  qu'il  devait  encore  étudier  leur  formation  et  leur 
composition,  pénétrer  dans  leur  génie,  chercher  la  raison 
de  leur  structure,  de  l'agencement  de  leurs  lettres  et  de 
leurs  syllabes,  de  leurs  combinaisons  et  de  leurs  change- 
ments, noter  leur  accent  et  leur  prononciation,  tout  ce  qui 
fait  le  caractère,  le  cachet,  l'individualité,  la  physionomie 
animée  d'une  langue. 

C'est  un  champ  nouveau  à  explorer  :  un  filon  que 


80 


B 


B 


la  langue  d'Oc  a  peut-être  trop  négligé,  tandis  que  le 
français  et  les  antres  langues  possèdent  des  trai^aux  très- 
remarquables  :  est-ce  un  motif  pour  le  délaisser?  Notre 
Dictionnaire  n*a  pas  voulu  rester  dans  le  cadre  d*une 
simple  classification  de  mots,  moins  dans  Tespérance  de 
combler  une  lacune,  que  dans  la  pensée  de  recueillir  ce 
qui  intéressait  la  langue.  Ces  notions  grammaticales,  ces 
observations  sur  la  composition  des  termes  qu*il  enregistre 
et  sur  la  syntaxe,  auraient  peut-être  gagné  à  être  rassem- 
blées et  à  se  condenser  dans  un  traité  spécial  entièrement 
didactique,  qui  manque  à  la  langue  d*Oc,  au  lieu  de  se 
répandre  à  petites  doses  séparées  sur  une  infinité  d'arti- 
cles ;  mais  une  fois  la  forme  du  Lexique  adoptée,  il  était 
difiicile  de  procéder  autrement.  D'ailleurs,  malgré  leur 
dissémination,  un  enchaînement  coordonne  et  relie  dans 
une  idée  d'ensemble  tous  ces  matériaux  ;  puis,  à  vrai  dire, 
le  travail  s'est  mesuré  de  lui-même  à  nos  forces  :  vouloir 
élever  un  monument  eût  été  une  bien  grosse  entreprise,  et 
pour  nos  moyens  d'une  exécution  impossible.  Un  livre  à 
consulter,  au  courant  de  la  fantaisie  ou  de  la  distraction 
a  surtout  besoin  de  variété  :  il  se  sauve  par  Téparpillement 
et  peut  atteindre  son  but  sans  fatigue  :  nous  ne  cherchons 
que  cela.  Dans  une  œu^Te  toute  originale,  ce  sera,  si 
Ton  veut,  notre  originalité.  Humble  débiteur,  dés  notre 
enfance,  envers  notre  langue,  nous  payons  notre  dette  à 
cette  créancière  amie  en  monnaie  do  biUon,  ramassée  sou 
par  sou,  au  lieu  de  solder  en  fins  billets  de  banque,  réservés 
aux  riches  de  la  finance,  dont  nous  ne  sommes  pas.  Qu'im- 
porte après  tout,  si  la  monnaie  est  courante  et  de  bon  aloi 
et  que  le  compte  arrive  juste? 

Sans  aller  plus  avant,  nous  tenions  à  expliquer,  sinon  à 
justifier  notre  méthode  et  l'ordonnance  de  ce  vocabulaire. 
Sans  doute  notre  travail  n'est  pas  simplifié  par  là,  non 
plus  qu'abrégé  et  plus  facile;  mais  cette  digression  et  celles 
qui  pourront  suivre  ne  seront  pas  inutiles,  si  pour  un  plus 
grand  labeur  elles  nous  valent  aussi  plus  d'indulgence. 

A  propos  de  la  première  consonne  de  l'alphabet,  il  est 
donc  naturel  de  s'informer  avec  quelle  valeur  et  par 
quelles  modifications  les  consonnes,  ces  éléments  consti- 
tutifs des  mots,  sont  entrées  dans  leur  composition. 

La  question  serait  fort  abstraite  et  trop  compliquée  s'il 
fallait  la  tenir  à  la  hauteur  des  spéculations  théoriques 
touchant  l'origine,  la  formation  et  la  physiologie  du  lan- 
gage ;  elle  se  tempère  heureusement  en  abordant  à  l'his- 
toire, en  s'appuyant  sur  des  faits  rapprochés,  plus  tan- 
gibles et  déjà  vérifiés.  Nous  n'aurons  qu'à  relever  les  prin- 
cipaux :  les  notions  générales  paraissent  suffire. 

La  gamme  des  sons  que  peut  émettre  la  voix  humaine 
n'a  qu'un  petit  nombre  de  notes  :  ce  sont  les  voyelles , 
qui  se  meuvent  dans  une  échelle  fixe,  en  passant  du  grave 
au  doux ,  du  long  au  bref,  du  simple  au  composé.  Les 
consonnes  sont  plus  nombreuses  ,  leurs  combinaisons 
plus  multipUées  :  elles  servent  de  lien  aux  voyelles, 
elles  sont  leur  point  d'appui.   L'alliance  de   ces  deux 


éléments  forme  les  syllabes  et  les  mots,  et  toutes  les 
langues  ont  les  mêmes  procédés  nécessaires.  Tout  cela, 
voyelles  et  consonnes,  se  divise  et  se  subdivise  en  nuances 
de  tons  et  demi-tons,  se  distingue  en  classes  et  en  familles, 
s'étiquette  en  genres  et  en  catégories  de  gutturales,  pala- 
tales, dentales,  labiales,  sibilantes,  liquides,  aspirées,  fortes 
ou  faibles.  Dans  la  revue  qui  s'ouvre  chacune  doit  venir 
à  son  tour  par  ordre  alphabétique;  et  nous  nous  attache- 
rons à  signaler  leur  caractère  individuel,  leur  office  et 
surtout  leurs  permutations,  sans  autre  tableau  systématique. 

Ce  qui  fait  en  somme  une  langue  et  la  différence  des 
langues  et  des  dialectes  n'est  que  la  tonalité  ou  l'accent 
que  prennent  les  voyelles,  et  la  combinaison  des  con- 
sonnes avec  elles,  comme  agents  et  instruments  de  la 
parole.  Et  ce  qui  rend  un  idiome  commun  à  un  peuple 
est  l'efi'et  de  la  prédisposition  naturelle  ou  instinctivement 
convenue  de  l'organisme  vocal  d'un  groupe  vivant  dans 
des  rapports  fréquents,  sous  le  même  ciel  et  sur  le  même 
sol  ;  ce  sont  les  propensions  particulières  à  chaque  population 
à  rechercher  ou  à  répéter  certains  sons,  à  préférer  les 
uns  ou  à  réprouver  les  autres ,  suivant  les  facilités  ou 
les  complications  d'une  articulation,  qui  la  rendent  plus 
ou  moins  propre  à  être  exprimée,  entendue  et  comprise,  et 
qui  lui  font  adopter  de  préférence  telles  ou  telles  intonations. 
Cette  loi  est  générale  ;  tous  les  langages  qui  se  sont  parlés 
dans  un  pays  quelconque,  dans  une  zone  déterminée,  ont 
leur  raison  dans  ces  sympathies  ou  ces  répulsions  orga- 
niques :  leurs  altérations ,  leurs  changements ,  leur  déve- 
loppement même  n'ont  pas  d'autre  mobile. 

Nous  n'avons  pas  une  langue  primitive  ;  notre  idiome  est 
un  dérivé  de  seconde  ou  de  troisième  formation.  Par  con- 
séquent pour  peu  que  l'on  tienne  à  s'expliquer  son  expan- 
sion, sa  vivace  persistance  et  sa  régénération  actuelle,  il 
est  impossible  de  ne  pas  consulter  ses  origines,  sa  généa- 
logie, sa  filiation,  son  histoire,  c'est-à-dire  de  ne  pas 
rechercher  les  lois  et  les  procédés  de  la  langue  qui  lui  a 
servi  de  type,  dont  il  s'est  imprégné  et  qu'il  remplace  sur 
son  ancien  territoire.  Là  est  l'essentiel. 

Nous  l'avons  dit  déjà  :  le  midi  de  la  Gaule  fut  le  pre- 
mier latinisé.  En  tenant  compte  de  l'élément  celtique  qui 
se  mêla  au  latin  populaire,  apporté  par  les  vétérans  et  (es 
colons  ;  en  faisant  la  part  des  influences  germaniques  et 
orientales,  dues  aux  Visigoths  ou  aux  Sarrazins;  toujours 
est-il  que  ce  qui  nous  est  parvenu  de  la  langue  des  plus 
anciens  habitants,  comme  ce  qui  est  resté  de  celle  des 
envahisseurs,  ne  nous  a  été  acquis  que  par  le  latin,  et  à 
la  condition  de  revêtir  la  forme  et  les  flexions  romaines. 
Au  moment  où,  après  une  longue  période  d'inculture  et 
presque  de  barbarie,  la  langue  voulut  se  relever  et  que  se 
forma  le  roman  rustique,  en  même  temps  que  l'italien  et 
l'espagnol,  c'est  encore  le  latin  plus  ou  moins  corrompu 
et  oblitéré,  qui  leur  fournit  son  vocabulaire  et  sa  syn- 
taxe, les  lettres  de  son  alphabet  et  le  mécanisme  de  l'ac- 
centuation. 


B 


B 


81 


Vus  il  est  bien  évident  que,  pour  le  former  el  s'orga- 
niser, la  langue  romane  ne  fat  pas  codée  d'un  seul  jet 
dans  ce  moule  un  peu  fêlé  du  latin  vulgaire,  et  ne  sortit 
pas  non  plus  comme  un  bloc  d'une  élaboration  savante  du 
moyen  âge.  Le  peuple  s'en  mêla  presque  seul.  La  fusion  de 
tous  les  éléments  qu'on  y  distingue  se  fit  peu  à  peu,  de  sou- 
venir et  d'instinct.  A  mesure  que  s'éteignit  la  domination 
qui  imposait  ses  formes,  lapopulation,  plus  livrée  àelle-mème 
St  prévaloir  ses  goûts  et  ses  commodités  dans  la  pronon- 
dation,  et  assouplit  davantage  le  parler  à  ses  aptitudes  et 
à  ses  préférences.  Et  qu'alors  certaines  tendances  tradi- 
tionnelles ai^t  fait  retour,  que  certaines  propensions  de 
vocalisation,  sous  l'action  directe  du  climat  ou  par  l'in- 
fluence des  habitudes,  se  soient  manifestées;  il  n'est  pas 
permis  de  le  mettre  en  doute.  En  Espagne  et  en  Italie,  la 
langue  nouvelle  qui  se  créait  aussi,  n'opéra  pas  d'une 
autre  manière  :  les  mêmes  conditions  climatériques  eurent 
ki  une  influence  à  pei»  prés  pareille  ;  et  c'est  pour  cela 
que  tant  d'affinités  se  montrent  encore  entre  la  langue 
d'Oc  et  l'espagnol  et  l'italien. 

Partout,  dans  notre  Midi,  la  vivacité  proverbiale  des 
Gaulois  se  donna  carrière.  Il  semble  que  la  formule  radi- 
cale, qui  représentait  suffisamment  l'idée,  étant  trouvée  et 
conservée,  le  premier  besoin,  le  plus  pressant  était  de 
Texprimer  promptement,  avec  la  rapidité  que  le  peuple 
tenait  de  sa  nature.  Aussi,  la  contraction,  la  syncope, 
l'abréviation  se  produisent  à  chaque  mot.  Les  langues 
romanes  les  érigent  en  système;  preuve  que  la  simpli- 
fication répondait  à  une  nécessité  de  l'esprit  nouveau.  Le 
latin  populaire  n'y  avait  pas  échappé  :  c'était  comme  un 
exemple  à  suivre;  souvent  même  l'idiome  nouveau  exagéra 
le  modèle. 

Comment  les  désinences  supportèrent  la  première  épreuve, 
Doos  l'avons  fait  voir  à  l'article  Agnt),  suffixe;  mais  en 
jDème  temps  le  corps  des  polysyllabe  ne  pouvait  manquer 
d'être  atteint.  Pour  eux  la  restriction  s'opère  au  moyen  de 
l'accent  tonique  :  nous  allons  indiquer  ce  procédé. 

On  sait  que  tous  les  mots,  sans  exception,  ont  une  syl- 
labe dominante  sur  laquelle  la  voix  s'appesantit.  Le  latin, 
langue  de  quantité  par  excellence,  à  cause  des  dactyles  qui 
ferminaient  beaucoup  de  ses  mots,  et  pour  donner  un  point 
4'appni  suSisaiit  à  son  accent  sur  une  syllabe  longue,  avait 
la  liaculté  d'accentuer  toniquement  même  l'anlé-pénultième; 
4ans  annuê,  bîbere,  vivere,  etc.,  la  voix  pesait  sur  la  pre- 
mière syllabe,  elle  glissait  sur  les  autres.  Le  roman  lan- 
guedocien et  ses  dialectes  n'étendent  jamais  l'accent  jus- 
qu'à l'anté-pénnltiéme  ;  ils  repoussent  le  dactyle  de  la  fin 
des  mots ,  et  c'est  pourquoi  la  syllabe  médiane  brève  se 
trouve  nécessairement  supprimée  ou.  absorbée  dans  une 
seule  voix  diphtbonguée  et  longue.  Ex.  :  Asinus  fait  ase, 
kSbtn,  béoure,  vivere,  vioure,  comme  populus  donnait 
poboi  an  roman  et  à  notre  dialecte  puple  ou  popie,  bajw 
fui  batlê,  baeulut  Inutoù,  spiritus  éspri,  etc.,  etc« 

l^  conséquence  devrait  être  d'amener  les  permutations 


de  lettres,  qui  mettaient  la  prononciation  plus  en  rapport 
avec  l'oiganisme  vocal  du  peuple  destiné  à  s'en  servir; 
car  ces  syncopes  pouvaient  placer  en  contact  des  combinai- 
sons de  syllabes  dont  les  consonnes  en  se  heurtant  se 
repoussaient  euphoniquement.  Et  c'était  le  moins  dès  lors 
que  chaque  population  cherchât  à  approprier  les  mots  à  ses 
facultés  innées,  à  ses  propensions  et  à  ses  facilités  de  les 
articuler.  Mais  comme  en  définitive  le  roman  languedo- 
cien ne  se  débarrassait  pas  absolument  de  son  empreinte 
latine,  et  comme  il  ne  voulait  pas  s'affranchir  des  lob 
générales  d'affinités  euphoniques  qu'il  recueillait  par  suc- 
cession et  trouvait  toutes  faites  ;  et  qu'enfin  les  combinai- 
sons anciennes  avaient  leur  logique  et  ne  s'étaient  pas 
établies  au  hasard  et  par  pur  caprice;  les  changements 
qui  ne  blessaient  pas  le  sens  et  n'étaient  pas  une  gêne  trop 
grande,  se  soumirent  aux  règles  consacrées. 

Ainsi  les  permutations  du  latin  à  notre  languedocien 
actuel,  en  passant  par  le  roman,  ont  été  inspirées,  de 
proche  en  proche  et  à  tous  les  degrés,  par  le  besoin  d'ob- 
tenir une  prononciation  plus  prompte  et  plus  facile,  et  par 
cela  de  diminuer  l'effort  et  de  mieux  approprier  la  lettre 
aux  habitudes  ou  aux  propensions  de  l'organe. 

De  là  est  venu  d'abord  radoucissement  dans  la  pronon- 
ciation et  l'introduction  des  finales  muettes,  plus  généra- 
lisée dans  le  français  que  dans  notre  idiome  méridional. 
Les  consonnances  dures  se  sont  affaiblies  ;  le  e  et  le  f 
romains,  toujours  rudes  devant  toutes  voyelles,  se  sont 
changés  en  s  et  en  g  doux,  en  ch  ou  en  j.  Quand  deux 
lettres  similaires  se  rencontraient  rapprochées  dans  deux 
syllabes  voisines,  il  paraissait  souvent  plus  commode  d'en 
transformer  une  par  son  équivalente,  que  d'admettre  ime 
répétition.  C'était  un  sentiment  mélodique,  autrement 
perçu  et  autrement  noté  ;  mais  les  rapports  chromatiques, 
si  délicats  à  observer,  se  maintenaient  sans  avoir  toutefois 
rien  de  constant  et  d'uniforme.  La  fixité  leur  est  venue, 
quand  chaque  dialecte,  prenant  son  vrai  caractère,  s'est 
consolidé  dans  une  région  et  qu'il  y  persévère,  comme 
pour  démontrer  qu'il  répondait  dans  le  principe,  et  qu'il 
répond  encore  à  quelque  nécessité  réelle  ou  harmonique, 
naturelle  à  la  population  qui  l'a  adoptée. 

Dans  cet  ordre  d'idées,  quelques  exemples  pris  au 
hasard,  qui  seront  mieux  expliqués  par  la  suite,  mais  qui 
donnent  déjà  la  clé  de  bien  des  étymologies  et  qui  décou- 
lent des  observations  précédentes.  Nous  ne  faisons  qu'in- 
diquer :  d'abord  les  désinences  en  argue,  passant  de  la 
bass.  lat.  anieœ  au  roman  anèguea,  se  métamorphosant  en 
anche,  ange,  enche,  agne  et  leurs  analogues  ;  maniea,  latin, 
devient  notre  vieux  mot  margue  et  nuinche  actuel,  donU' 
nieuM,  dominica,  donne  doumirgueei  dimanche;  les  finales 
en  ola,  olœ,  olum  se  convertissent  de  diverses  manières, 
Balneoiœ,  Imlneolum,  balniolum,  deviennent  pour  nous 
Bagnôou,  Baniout  et  Vagnae,  en  fr.  Bagnols,  Baigneux, 
Bagnères ,  etc. ,  comme  linieolum  fait  Unçôou,  linceul, 
fUiolui,  fiôou,  filleul  ;  lueciniola,  roueeignôou,  rossignol,  etc. 

il 


« 


BkB 


BA& 


Et  encore  »  pour  la  permtttaUon  qui  nous  occupe  »  on 
'trouve |)i>er,  pébre,  poivre;  Tapa,  raho,  rave  ;  ripa,  ribo, 
rive;  capra,  cabro,  chèvre  ;  lepu$,  libre,  lièvre,  et  ainsi  de 
•oite  d*une  foule  d'autres  ;  la  labiale  B,  selon  Fesprit  de 
cliacun  des  trois  idiomes,  se  transformant  de  trois  façons, 
tantôt  douce,  tantôt  forte,  tantôt  aspirée. 

Tant  il  y  a  que,  dans  Fapplication,  on  est  arrivé  à  obtenir 
certaines  lois  de  permutation.  C'est  ce  qui  a  permb  de  les 
classer  par  groupes  naturels.  H  se  lencontre  sans  doute  des 
exceptions;  mais  rien  ne  parait  en  définitive  livré  au 
hasard  ni  au  caprice  dans  les  variantes  les  plus  étranges 
en  apparence.  La  règle  peut  se  formuler,  et  il  en  résulte 
qu^une  consonne  de  même  nature,  soit  forte  ou  faible,  soit 
aspirée,  peut  bien  être  appelée  à  remplacer  une  consonne 
appartenant  à  la  même  famille,  mais  que  rarement  elle 
dément  sa  race  et  elle  ite  se  substitue  jamais  à  une  con- 
sonne d'un  groupe  opposé.  Ainsi  B  pourra  être  indifférem- 
ment, sans  trouble  harmonique,  converti  en  une  consonne 
de  son  ordre,  P,  F,  ou  V,  et  à  l'inverse  ces  dernières  pour- 
ront être  permutées  en  B  ;  mais  il  n'adviendra  pas  que  les 
unes  ou  les  autres  passent  facilement  dans  Tordre  des  den- 
tales ou  des  gutturales. 

B  et  V  appartiennent  au  même  groupe  des  labiales  sim- 
ples ;  leur  permutation  est  fréquente  et  légalisée  par  les 
règles.  Suivant  les  diverses  nuances  de  l'idiome  languedo- 
deu,  elles  usurpent  volontiers  l'une  sur  le  domaine  de 
l'autre.  Dans  le  dialecte  gascon,  B  a  l'^antage  ;  dans  le 
Bas  Languedoc,  c'est  V  ;  dans  nos  Cévcnnes,  c'est  un  juste 
milieu.  Il  y  a  encore  parmi  nous  une  foule  de  mots  dans 
lesquels  on  emploie  B  et  V  à  peu  près  ad  libilum,  comme 
êahe,  tav€  ;  abéna,  avéna  ;  atrouba,  atrouva;  boumi, 
wuml,  etc.  Cola  tient  à  ce  qu'Alais,  placé  sur  la  ligne 
divisoirc  du  dialecte  lozérien  et  raïol,  et  de  celui  de  ^imes 
et  du  pays  gounèl  {V.  c.  m),  est  comme  un  terrain 
neutre,  qui  peut  emprunter  aux  deux  rivaux  avec  une 
égale  légalité. 

Sans  insister  sur  des  observations  qui  reviendront 
d'ailleurs  à  chaque  lettre,  on  voit  toutes  les  ressources  que 
la  philologie  peut  tirer  de  ces  principes,  quand  il  s'agit  soit 
de  recomposer  un  mot  éty mologiquement ,  en  dégageant  le 
radical,  soit  alors  qu'il  faut  chercher  sa  descendance  et  la 
raison  de  sa  forme  actuelle. 

B,  lettre  isolée,  se  prononce  à  l'ancienne  méthode  fran- 
çaise, comme  si  elle  était  suivie  d'un  é  fermé,  Bé.  A  ce 
titre,  ici  et  dans  l'article  suivant,  elle  devrait  figurer  à  un 
autre  rang  ;  mais  comme  elle  n'est  considérée  que  dans  sa 
valeur  ordinale  et  non  point  sous  le  rapport  de  la  pronon- 
ciation, nous  la  maintenons  à  cette  place.  Il  en  sera  de 
même  pour  les  autres  consonnes. 

Estre  marqua  dou  B,  être  marqué  au  B.  Un  pro- 
verbe a  dit  : 

Bègoa,  bonii,  boussu,  bouïtoùs. 
Quatre  fi  que  soun  fachoùs. 

B-a-ba,  < .  m.  Commencement  de  la  seconde  leçon  du 


^ahairè,'ét  pifr isorisfeqtieRt  tum  èsê  flitt  hé^.'^Eê 
éf^carù  âau  ^a^,  il  en  eft  encore  atrx  "première  ^niMs« 
Àqub'i  lou  bHi-ba,  'c^eêi  la  chose  la  phn 'simple  èa  moiide. 

là,  ^Ha!»  qui,  isolée,  ne  présente  aucun  sens,  tlrpà 
n'entre  dans  ce didton  populaire  :  iam  fa,  tant-ba  f  <pife 
pour  signifier  :  lant  de  gagné,  tamt  Ae  mangé.  ^^  €d9i 
dérive  probaiblement  de  boi,  jeter  à  bas. 

Baba,  v.  Baver,  comme  font  les  enfants  an  maîUoI,  !M 
vieillards  en  caducité  et  même  quelquefois  les  idiots.  CTeA 
sans  doute  ce  qui  a  donné  naissance  au  dicton  :  et  nén  que 
bobo,  il  est  imbécile  au  point  de  baver.  —  Dâou  piéH  qvé 
n'ctviè  babavo,  il  en  bavait  de  plaishr,  a  dit  le  poète  abbè 
Favre,  dans  son  fameux  sermon  dé  moasMu  Siitre,  pour 
peindre  la  béate  jouissance  de  Simon  à  l'écouter.  Li  faguèrt 
baba  lou  rouje,  je  lui  fis  rendre  le  sang  par  la  bouche;  jt 
lui  cassai  la  gueule. 

Un  fou$él  baba,  est  un  cocon  que  la  nymphe,  récefl>^ 
ment  transformée  en  papillon,  a  commencé  à  percer  pour 
obtenir  sa  délivrance.  L'animal,  pour  cette  opération,  con>- 
mence  par  répandre  sa  bave  sur  les  parois  intérieures  de 
l'un  des  pôles  du  cocon,  afin  de  les  ramollir  et  de  dissoudre 
le  ciment  visqueux  qui  colle  les  fils  de  soie  l'im  à  l'antre; 
par  ce  procédé,  il  parvient  à  les  décoller,  à  les  séparer  «l 
à  les  écarter,  en  les  ramassant  en  Iwurrelet  sur  l'orifice, 
mais  sans  jamais  les  couper,  car,  à  l'ùtat  de  papillon,  fl 
n'a  ni  dent,  ni  sécateur  quelconque  ;  enfin  il  agrandit  asses 
l'ouverture  pour  y  passer  tout  le  corps.  Or  le  fouiii  babm 
n'est  pas  celui  qui  est  complètement  ouvert  et  qu'on 
nomme  parpaïouna,  mais  bien  celui  dont  les  téguments 
intérieurs  ont  été  humectés  de  bave,  babo,  et  relevés  en 
bouchons,  sans  ouverture  extérieure.  Cette  espèce  de 
cocons  ne  fournit  pas  de  soie,  parce  que  le  brin  de  soie  a 
été  embrouillé,  noué,  renoué,  et  qu*il  ne  peut  se  dévider 
à  la  bassine  ;  il  n'a  plus  d'autre  valeur  et  d'autre  ntîKlè 
que  le  cocon  de  graine  ordinaire,  dé  babo,  gâté  par  la 
bave. 

Dér.  dulat.  barb.  Babui,  enfant. 

Babdre,  airo,  adj.  Qui  bave  ;  enfant  plein  de  bave  ; 
baveux. 

Dér.  de  Baba, 

Babâon,  s.  m.  Sorte  d'être  fantastique  dont  on  ne  déter- 
mine pas  le  nom,  ni  la  forme,  ni  l'usage  ;  c'est  un  ol:get 
indécis  de  crainte  pour  les  enfants.  —  Garo  lou  babàouf 
Gare  la  bête  noire  !  —  Babâou  est  aussi  le  type  de  ce  qui 
est  noir,  de  l'obscurité  ;  on  dit  :  nègre  coumo  babâou,  ésnt 
eoumo  babâou.  Fa^re  pinehoù-babâou,  montrer  et  cacber 
alternativement  la  tête  :  jeu  qu'on  fait  à  un  petit  enfant 
pour  l'amuser.  —  Dans  le  langage  enfantin,  on  appelle 
encore  babâou  un  pou  de  tête,  qu'on  présente  comme  une 
bête  dangereuse  et  méchante  pour  engager  les  enfants  à  se 
laisser  peigner.  On  leur  fait  à  l'appui  le  conte  suivant  : 
Se  vos  pas  té  laïssa  pénchina,  lous  babâouê  trénaran  tou9 
pèous,  né  far  an  uno  cordo,  et  té  rabalaran  en  Gardoé,  si 
tu  ne  veux  pas  te  laisser  peigner,  les  poux  tresseront  tet 


BAB 


EUIE 


sa 


Oheyeivc.  ib  ea  feipot  miB  coule,  ayeQ  laquelle  ils.  te.  tf ai-» 
oeropt  à  la  âvièi». 

Ce  mot  parait  dér.  de  l'itaL  florentia  i?dot4^  dont  il  n*ëst 
quLuntiddttplicatif  etqai  a  la  même  signification.  Un  aoteuc 
italien,  qni  a  voulu  faire  Térudit  et  Toriginal,  prétend  que. 
ce.  mot  bàou  est  Tahrégô  ou  la  finale  du  nom  d'Annibal, 
qui  fat  longteDopa.  un  signe  d*etIroi  à.  Rome»  et  dont  les 
femmes  romaines  usaient  pour  menacer   leurs  enfante. 

Babarèl^s.  m.  Bavette  d*enfant  ;  pièce  d'estomac,  linge  on 
toile  ea  tai&tas  ciré,  destiné  ^recevoir  la  .bave  des  enfants. 

—  Sauvages  dit  aussi  que  BabturU  est  une  pièce  ajoutée 
au  haut  d'un  tablier,  dont  les  femmes  font  un  ajustement  et 
se  convient  la  poitrine,  dans  un  âge  où  Von  ne  bava  plus. 

Pér.  de  Ba^, 

Bal»arîa«.  v.  Baver  ;  rendre  de  Vécume  par  la.  bouche,, 
comme  font  les  chevaux  qui  ont  trop  d*acdeur  ou  les  épi- 
leptiques. 

Fréquentatif  de  Baba. 

Babarîo,  $.  f.  Bave,  salive  qui  découle  de  la  bouche; 
écume  de  la  bouche  ;  liqueur  visqueuse  que  répandent  les 
limaçons. 

Dér.  de  Babo. 

Balmrogno,  s.  f.  Etre  fantastique;  la  bête  noire,  dont 
on  fait  peur  aax  enfants,  en  les  effrayant  autant  par  un 
nom  aussi  laid  que  par  la  forme  hideuse  qu*on  suppose  au 
fantôme. 

Ce  mot  ne  serait-il  pas  un  peu  parent  d'étymologie  avec 
celui  de  Babaràoudo,  que  cite  Sauvages,  et  qui  signifie  un 
domino,  habit  de  masque  ;  grande  robe  dont  on  affublait 
les  pleureurs,  à  Montpellier,  dans  les  convois  funèbres? 

—  Toy..  Baragogno. 

Babaroto,  s.  f.  Blatte,  en  lat.  Blata,  insecte  ortho- 
ptère,  très-vite»  lucifuge,  brun-noir,  plat  et  large,  à  deux 
Ipngues  antennes,  qui  habite  autour  des  cheminées  et  des 
{ours.  Sa  préférence  pour  la  farine  et  le  pain  lui  a  fait 
donner  un  second  nom  languedocien,  celui  de  PanaiUïro, 
R  c^t  assez  difficile  de  se  débarrasser  de  cette  blatte  domes- 
liqufi,  U  où  elle  a  établi  son  domicile. 

Nous  sommes  fort  tenté,  de  faire  dériver  son  nom  de 
Bakàou,  parce  que  c'est  une  bête  noire  et  qu'elle  inspire 
quelque  d^oût.. 

Babèon,  n.  pr.  de  femme,  dim.  de  Uahèou,  Elisabeth. 
: —  Yay.  Béloun. 

Babîa,  v.  Babiller  ;  jacasser,  bavarder. 

Dér.»  comme  le  fr.,  d'après  certains  auteurs,  de  l'hébreu 
Babel,  confusion;  d'après  les  autres,  du  gr.  BaSd^eiv,  bal- 
butier. On  a  voulu  y  voir  aussi  une  onomatopée,  imitant 
les  premiers  sons  inarticulés  que  fait  entendre  un  enfant. 
Je  le  crois  plutôt  dér.,  comme  Baba,  du  lat.  Babu$,  enfant, 
parler  comme  les  enfants,  pour  ne  rien  dire. 

Babîaîre,  aire,  adj.  ou  Babïur.  Babillard;  qui  aime  à 
caqueter;  qui  parle  beaucoup,  à  tort  et  à  travers.  •—  Voy. 
fiobtur. 

Pùr.dQ  BqbU. 


BabU,  4.  fiu  BabiU  loquacité  ;,  caqjuet,  caquetage.  -r 
Manqua  pa$  dé  babil,  il  n*est  pas  en  peine  ds  paille. 
  fosso  babil,  il  babille  beaucoup.  Apa»  que di babil, .'Au' ^ 
que  du  caquet. 

Même  étym.  que  BalHa, 

BabiBar,  ardo,.  adj,  Qni  a  de  grosses  lèvres.;,  lippu* 

Dér.  de  Babhw, 

Babino,,  s.  m.  lièvre  ;  babine  d*animal.  ^  Té  né  po% 
fréta  las  babinos,  tu  peux  t'en  frotter  la  moustache..  S^én 
liquo  adéja  las  babinos,  il  s'en  lèche  les  lèvres  d'avanc&  ; 
l'eau  lui  en  vi^nl  â  la  bouche. 

Dér.  du  latc.  Labina,  dim.  de  labia,  lèvres;  peut-être 
aussi  de  babo,  dont  les  babinot  sont  le  siège. 

Babînr,  nrdo,  adj.  —  Voy.  Bab^aïre. 

Babo»  f .  f.  Bave,  salive  qui  découle  de  la  bouche  ; 
écume  de  certains  animaux  ;  liqueur  visqueuse  du  lima- 
çon. —  Es  tendre  coumo  dé  babo,  dit-on  d'un  légume  OQ 
d'un  fruit  très-tendre.  On  ne  sait  quel  rapport  il  peut  j 
avoir  entre  un  fruit  tendre  et  la  bave,  qui  n'a  aucune  con- 
sistance et  n'est  qu'un  liquide  gluant.  Le  languedocien  est 
plein,  dans  ses  dictons,  de  ces  comparaisons  excentriques 
dont  les  deux  membres  sont  sans  rapport.  L'usage  ùfi 
celui-ci  est  fort  ancien  et  fort  journalier.  Aquélo  éstofo  et 
|Ki5  que  dé  babo,  cette  étoffe  n'a  point  de  consistance, 

Dér.  de  Baba. 

Babo,  «.  m.  Nymphe  ou  chrysalide  du  ver  à  soie  :  c*est 
l'état  moyen  de  cet  insecte  entre  celui  de  ver  et  de  papillon,. 
Il  se  métamorphose  en  chrysalide  environ  trois  jours  après 
avoir  commencé  à  filer  son  cocon,,  qu'il  termine  en  se  cont 
vertissant  en  baba,  de  forme  ovojfde,  à  mesure  qu'il  so 
dépouille  de  sa  soie  :  et  après  le  treiùème  jour  de  cet  état, 
il  devient  papillon. 

Les  chrysalides  sont  un  excellent  engrais,  soit  qu'on  les 
répande  dans  leur  entier,  soit  réduites  en  poudrette.  Cet 
engrais  actif  et  chaud  accélère  prodigieusement  la  pousse 
et  la  végétation.  On  dit  que  les  Madécasses  en  font  un  plat 
très-friand,  au  rapport  de  Lamothe  Le  Vayer.  Pareil  usage 
se  retrouve  en  Chine,  où  les  mandarins  ont  trouvé  et  livré 
une  recette  particulière  pour  cet  apprêt.  La  députalion  chi- 
noise  venue  à  la  dernière  exposition  universelle,  avait, 
sans  doute,  oublié  le  secret  de  cette  préparation,  ou  bien 
elle  a  tenu  à  ne  pas  le  révéler  ;  car  le  rapport  de  la  com- 
mission ne  mentionne  pas  qu'elle  ait  été  primée  pour  1# 
moindre  échantillon  culinaire  en  ce  genre.  Si  cependant  le 
fait  rapporté  par  les  voyageurs  est  vrai,  il  est  fort  pro- 
bable que  les  chrysalides  qui  font  les  délices  des  gour- 
mands du  Céleste-Empire  ou  de  Madagascar,  sont  d'une 
nature  différente  des  nôtres,  dont  on  connaît  l'odeur  détes* 
table,  et  qui  ne  doivent  pas  avoir  un  goût  meilleur  à  quel- 
que sauce  qu'on  les  accommode.  —  Un  poule  àou  baba, 
un  poulet  nourri  et  engraissé  de  chrysalides,  qui  lui  don- 
nent une  chair  jaune,  molasse  et  une  saveur  nauséabonde. 

Dér.  du  lat.  Bombyx,  par  un  métaplasme  un  peu  forcé. 

Babontiôîro,  i.  f.  Femme  qui  achète  les  chrysalides 


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BAD 


BAD 


ÛMM  les  flUtnres,  soit  poor  élever  des  porcs»  soit  pour  les 
lûre  sécher  et  les  reTcndre  pour  engrais. 

Dér.  de  Bmbà. 

Baeanil,  i.  m.  Baochaïud,  grand  bruit,  tapage  infernal; 
rixe  bmyante. 

Dér.,  comme  le  fir.,  du  lat.  Baechanalia,  bacchanales, 
fêtes  de  Bacchus;  mais  le  bacanal  n*aitraine  pas  comme 
tes  bacchanales  Fidée  d'orgie,  ni  de  plaisir  sensœi. 

Bacara,  j.  m.  Bacarat,  terme  dn  jeu  de  macao.  C'est  le 
plus  maavais  point  à  ce  jeu,  on  point  ruineux.  Par  ana- 
logie, on  dit  :  faXre  baeata,  manger  tout  son  bien,  se 
miner  complètement,  jusqu'au  jeune  forcé  inclusivement. 
Quand  on  a  tout  mangé  ou  peidu,  on  se  trouve  dans  la 
même  situation  que  lorsqu'on  lait  bacarat  au  macao. 

Emp.  au  fr. 

Bâchas,  j.  m.  Bourbier;  gâchis;  cloaque,  soit  qu'il  pro- 
vienne de  boue  liquide,  d'eaux  sales  ou  d'eaux  pluviales; 
mare  à  canards  ;  mare  à  fumier  ;  flaque  d'eau  ;  cuvette  ou 
bassin  de  fontaine  domestique  ;  maie  ou  réservoir  d'un 
pressoir  à  vendange.  —  Cr^to-baehoi  d'Ànduio,  vieux 
sobriquet  des  Andusains,  sans  doute  à  cause  des  fontaines 
dont  leur  ville  est  abondamment  fournie. 

Dér.  de  l'allem.  Bach,  rivière,  ruisseau,  ou  de  la  bass. 
Ut.  baeea,  baeeka,  bacekiOp  baeekarium,  identiques  de 
sign.  à  baekas. 

Bachassoù  (Gèndrouaéto),  t.  f.  Gendrillon.  ^  Yoy. 
Céndrouêéto, 

Bacho,  s.  f.  Bâche,  grande  couverture  de  grosse  toile  ou 
de  cuir,  dont  on  recouvre  les  charrettes  chargées  pour 
préserver  les  colis  de  la  pluie  ;  sorte  de  manne  en  cuir 
qui  occupe  l'impériale  des  chaises  de  poste  et  sert  de 
malle  aux  voyageurs. 

Bada,  v.  Ouvrir  la  bouche  ;  avoir  la  bouche  béante  ; 
être  ouvert;  par  ext.,  crier  à  tue-téte;  appeler;  héler  en 
donnant  toute  extension  à  sa  voix  ;  bayer,  être  ravi  d'ad- 
miration. —  Bada  âou  loup,  crier  au  loup.  Bado  tant  qu'a 
dé  gorjo,  il  crie  de  toute  la  largeur  de  sa  bouche,  il  crie  à 
pleine  gueule.  —  DoummM  lou$  âous9élo^  ioun  joutnet, 
doummaï  badou,  plus  les  oisillons  sont  jeunes,  plus  ils 
ouvrent  le  bec.  C'est  une  expression  proverbiale,  qu'on 
applique  par  comparaison  à  une  nichée  d'oiseaux  qui 
ouvrent  le  bec  et  crient  à  la  fois  quand  ils  voient  arriver 
la  pâtée  que  leur  apporte  leur  mère.  Motu  ioutês  badou  dé 
pérlout,  mes  souliers  font  mille  grimacos.  Aquà  faX  bada 
dé  i>êir9,  on  est,  en  voyant  cela,  ravi  d'admiration.  Dé  que 
badêi  f  tè,  véloà'qui/  De  quoi  te  plains-tu  7  pourquoi  cries- 
tu?  tiens,  le  voilà  !  Bada  la  dragèxo,  avoir  la  bouche  béante  ; 
bayer  aux  corneilles.  Cette  expression  prvb.  est  empruntée 
à  un  jeu  de  carnaval.  Un  masque,  déguisé  en  Cassandre, 
est  monté  sur  un  Une,  la  face  vers  la  queue.  Il  tient  à  la 
main  une  baguette  au  bout  de  laquelle  est  attaché  un  fil, 
portant  une  dragée  qui  se  balance  sur  la  tête  d'une  foule 
d'enfants  qui  suivent,  la  bouche  ouverte  pour  happer  la 
dragée,  car  il  leur  est  défendu  de  se  servir  de  leurs  mains. 


Le  Cassandre  fhippe  sur  la  baguette  avec  une  seconde,  qfà 
imprime  à  la  dragée  un  sautillement  continuel  et  lût 
très-difficile  la  tâche  des  happeurs.  A  les  voir  se  démeder, 
se  bousculer,  et  bada,  est  le  plaisir  du  masque  et  l'amuse* 
ment  des  spectateurs. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  ou  de  Tital.  Baiare,  béer,  bayer. 
Bayer  est  donc  l'acception  naturelle  et  originaire  de  bada; 
crier  n'est  venu  que  par  analogie,  parce  qu'on  crie  en 
ouvrant  la  bouche  grande,  comme  quand  on  baye. 

Badadis,  s.  m,,  ou  Badadisso,  «.  f.  Criaillerie;  réu- 
nion de  plusieurs  voix  qui  crient. 

Dér.  de  Bada,  crier. 

Badado,  t.  f.  Grand  cri  prolongé;  mercuriale  à  haute 
voix  et  colérique  ;  huée  de  mépris  ou  de  risée.  —  Folrt  la 
badado,  huer  quelqu'un,  le  poursuivre  de  huées  ;  lui  (aire 
une  honte  publique,  crier  haro< 

Dér.  de  Bada,  crier. 

Badalièîro»  9,  f.  Terre  remplie  de  lavande;  par  ext. 
broussaille,  bruyère. 

Dér.  de  Badafo. 

Badalo,  s.  f,,Qia  Espl.  Lavande, spic,  aspic,  La^andiita 
spiea,  plante  de  la  fam.  des  Labiées,  aromatique;  nani 
commun.  C'est  de  cette  plante  qu'on  tire  par  la  distilla- 
tion Teau  de  lavande  et  l'huile  d'aspic.  La  badafo  est  pro- 
prement la  plante  elle-même  considérée  comme  combua- 
tible.  On  la  brûle  en  effet  dans  les  magnaneries  pour  puri- 
fier l'air;  on  l'emploie  aussi  en  guise  de  bruyère  pour 
ramer  les  vers  à  soie  ;  mais  comme  elle  est  basse  et  courte, 
on  ne  peut  la  fixer  d'une  table  k  l'autre  comme  la  bruyère, 
et  on  la  réserve  pour  la  table  la  plus  haute  qui  n'a  point 
de  dessus,  en  la  piquant  dans  des  liteaux  percés  de  trous» 
on  dans  des  fagots  de  sarment.  Les  vers  à  soie  se  plaisent 
à  filer  dans  la  badafo,  dont  ils  paraissent  aimer  l'odeur 
forte  et  agréable.  La  fleur  de  la  badafo  et  sa  semence  sont 
placées  au  haut  des  nombreux  épis  qu'elle  pousse  annnd- 
lement.  Quand  ces  épis  sont  secs,  on  les  vend  par  bottes 
pour  allumer  le  feu,  ou  pour  faire  chauffer  le  linge  de 
corps,  auquel  ils  communiquent  tme  bonne  odeur.  Dans  cet 
état,  on  l'appelle  Egpi.  —  F.  c.  m. 

Il  est  difficile  de  donner  une  étymologie  à  ce  mot  ;  la 
plupart  des  termes  empruntés  k  l'histoire  naturelle  sont 
dans  le  même  cas.  Chaque  dialecte  a  ses  techniques,  et 
ils  sont  souvent,  comme  les  noms  propres,  produits  par 
un  cas  fortuit,  quelquefois  anecdotique.  Le  lat.  BaUamum 
serait  bien  hasardé  et  aurait  passé  par  trop  d'altérations. 
Le  roman  a  badaca,  pour  nommer  aussi  une  plante  qui 
croit  dans  les  lieux  arides,  comme  la  lavande. 

Badaia,  v.,  fréquent,  de  Bada,  Bâiller,  ouvrir  invo- 
lontairement la  bouche,  en  respirant  et  expirant  avec 
force;  au  fig.,  s'entr'ouvrir;  se  crevasser;  rendre  le  der^ 
nier  soupir.  —  Loui  caitagnii  eouménçou  dé  badiOa,  kâ 
châtaignes  commencent  à  ouvrir  leurs  hérissons;  les  châ- 
taignes sont  prêtes  à  tomber.  Badaïa  vàou  pai  ménH,  té 
noun  vôou  manja,  vôou  dourmi,  prvb.p  le  hâillemenl 


BAO 


BAG 


iimoQoe  la  laim  on  le  sommeil.  JZi  poi  «orf«  moif  badalio, 
it  n'est  pas  mort,  mais  il  est  aux  abois. 

D6r.  de  Bada. 

Badaire,  airo,  adj.  Qui  crie,  qui  appelle;  criard.  — 
ÊUi  peu  qu*un  badaïre,  ta  ne  fais  que  crier. 

Der.  de  Bada. 

Badali  $.  m„  dim.  BadiOoû.  BAillement;  action  de 
bAiller.  ^  FaXre  tous  badaU,  on  foire  Um  dariè  badal. 
Tendre  le  dernier  soupir. 

Dér.  de  Badaut. 

Badâon,  âondo,  wy,  Badand,  niais,  nigand,  qui  s'ar- 
rête à  toat,  qui  admire  tout. 

Dér.  de  i'ital.  Badare,  ou  de  la  bass.  lat.  Badaidus,  qui 
a  la  bonche  ouverte,  qui  b&ille. 

Badarèl,  iHn.adj.,  péjor.  Badarétat.  Criard,  criailleur; 
qui  toujours  crie,  toujours  se  fàcbe. 

Dér.  de  Bada. 

Badin,  ino,  adj.  Badin,  plaisant,  farceur. 

0ér.  du  gr.  IIxiBvtSç ,  d*enfant. 

Badina,  v.  Badiner  ;  folâtrer  ;  tromper,  duper,  plaisanter 
quelqu'un,  le  mystifier  ;  faire  semblant.  —  M'an  Inèn 
badina  à  ta  (iètro,  on  m'a  bien  dupé  à  la  foire.  Badine 
pas,  je  ne  plaisante  pas,  je  le  dis  très-sérieusement.  Vésèi 
pas  que  badine?  ne  voyeit-vous  pas  que  c'est  pure  plaisan- 
terie? 

Dér.  dn  gr.  natSy6(. 

Badinado,  s.  f.  Plaisanterie;  tour  de  plaisant  bon  ou 
mauvais  ;  mystification  ;  gaillardise. 

Badinaîre,  airo,  adj.  Gouailleur;  plaisantin;  mystifi- 
cateur. 

Badinaje,  s.  m.  Badinage;  plaisanterie;  gaillardise; 
mystification,  génériquement  parlant.  Badinado  est  un 
acte  isolé  et  spécial  du  badinaje.  — Enténpas  rés  km  badi- 
naje, il  n'entend  nullement  la  plaisanterie.  Àquà's  pas  dé 
badinaje,  ce  n'est  point  un  jeu,  c'est  très-sérieux.  Aqud's 
mn  vOén  badinaje,  c'est  une  mauvaise  plaisanterie. 

Badino,  s.  f.  Badine,  canne  mince  et  flexible;  le  stick, 
ea  nonveau  langage  à  la  mode  ;  petit  bijou  que  les  femmes 
portent  suspendu  au  cou  et  qui  varie  suivant  le  pays,  le 
coite  et  la  mode. 

Dér.  de  Badina,  parce  que  dans  l'une  ou  l'autre  accep- 
tion, l'objet  semble  toujours  frétiller,  jouer  et  être  en 
mouvement. 

Badion,  adj.  m.  sans  fém.  Ouvert  de  tous  côtés;  béant; 
grand-onvert.  —  Voustâou  es  iotu  badiau,  la  maison  est 
toute  grandeouverte,  soit  par  négligence,  soit  par  manque 
de  lermeture,  comme  le  logis  du  pauvre. 

Dér.  de  Bada. 

Bagar,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Bagard,  commune  du  can- 
ton d'Anduze,  arrondissement  d'Alais. 

Un  titre  de  l'an  1074  cite  cet  ancien  village  comme 
▼ignerie,  m  viearia  de  Bagamis,  et  l'appelle  encore  de 
Bagamo:  en  4474,  la  forme  au  pluriel  revient  dans  de 
Mofomis,  et  se  conserve  depuis. 


Gomme  étymologie  il  se  rencontre  deux  mots  de  la  basa, 
lat.  qui  feraient  une  sorte  de  pléonasme  :  baga,  id  est 
area,  coffre  ;  et  ama,  aiveus  apum,  rucbe  d'abeilles,  qui 
est  dans  l'itai.  amia,  lieu  rempli  de  ruches  d'abeilles.  Cette 
attribution  serait  appuyée  et  confirmée  par  le  nom  d'un 
écart  de  cette  commune  dans  le  voisinage ,  mentionné 
aussi  dans  la  charte  de  4074,  qui  dit  :  in  viearia  de 
Bagamis,  ei  in  viUa  quœ  voeatur  de  Mdnaeho.  Ce  dernier 
mot  est  certainement  le  nom  primitif  de  Hoinas  actuel, 
qu'il  est  facile  de  reconnaître;  mais  le  nom  latin  d'évidence 
est  formé  de  mei,  miel,  qui  y  entre  tout  entier.  Ce  rappro- 
chement donne  raison  à  la  signification  étymologique  de 
Bagar,  lieu  où  se  trouvaient  de  nombreuses  rucheries. 

Bagassol  interj.  Ah!  bien  oui,  je  t'en  souhaite!  Va- 
t-en  voir  s'ils  viennent  !  Cela  ne  vaut  rien. 

Nous  croyons  que  cette  expression  dérive  du  mot  de  l'an- 
cienne langue  d'Oc,  Bagans,  formé  du  lat.  vagans,  errant, 
vagabond,  nom  que  l'on  donnait  aux  bergers  nomades  des 
Landes.  Sans  doute,  ce  genre  de  vie  excentrique,  au  milieu 
de  la  civilisation,  leur  avait  donné  des  mœurs  barbares  et 
sauvages,  pareilles  à  celles  des  truands  et  des  bohémiens, 
qui  les  mit  en  mauvais  renom.  On  a  fait  de  là  notre  inter- 
jection, qui  ressemble  à  l'expression  du  mépris. 

Autrefois,  en  v.  fr.,on  appelait  Bagasse,  une  prostituée, 
une  coureuse.  Probablement  l'étymologie  est  la  même  et 
s'appliquait  à  ces  sortes  de  bergères  nomades.  En  tous  cas, 
le  mot  est  ancien  dans  notre  idiome.  Voici  un  fragment 
extrait  des  Joyeuses  recherches  de  la  langue  tolosaine,  par 
Odde,  de  Triors,  4578,  qui  s'en  explique  dans  un  assez 
long  commentaire  rabelaisien  ;  il  commence  ainsi  :  c  Ba* 
gasso,  seu  ui  nonnuUi  txdunt,  eaurredisso  en  ceste  cité  de 
Tolose,  est  vn  terme  iniurieux  entre  les  panures  femmes, 
de  fort  basse,  vile  et  infime  condition,  lequel  nom  de 
Bagasso  sœpissime  resoluitur  per  aKud  nomen  quod  dieiiur 
{cantoniero)  ;  sunl  ei  nonnulli  quidieunt  {cabas),  juœta  vul- 
gare  dietumûgae  de  Marseillie,  cabas  d'Auignon...  Or, 
bien  que  le  susdit  prouerbe  se  dise  et  s'vsiie  bien  souuent 
comme  nous  voyons  icy  in  mcdam  pariem  contre  la  noble 
cité  d'Auignon,  toutes  fois  ie  m'asseure  que  telle  maladie 
règne  plus  ailleurs  qu'en  Aulgnon,  et  que  si  elle  a  le  bruict 
les  autres  ont  le  faict.  Que  mal  de  pippe  eut  abbatu  le 
premier  inventeur  de  tels  blasmes  et  ne  peus  croire  que  ce 
n'aye  esté  quelque  larron  foeté  et  banni  de  la  susdicte 
noble  cité.  Et  pour  tout  hongue  qui  hongue,  gronde  qui 
gronde,  tousiours  viura  la  noble  cité  d'Auignon,  moienant 
l'ayde  de  Dieu,  car  51110  ipso  factum  est  niKU,  et  per  ipsum 
omnia  facta  sunt,  Deo  gratias » 

Bagatèlo,  s.  f.  ou  Barandèlo.  Danse  ou  plutôt  galop, 
fort  en  honneur  dans  les  Cévennes,  qui  ressemble  assez  à 
la  danse  des  Bacchanales.  Cette  danse  fort  animée  et  sou- 
vent gracieuse  s'effi&ce  dans  nos  mœurs  actuelles,  qui  ont 
adopté  la  contredanse  des  villes,  danse  pâle  et  dialoguée, 
qu'on  ne  fait  plus  que  marcher  de  nos  jours.  Le  galop 
était  ce  qui  rappelait  le  mieux,  il  y  a  quelques  années,  la 


BMS 


WM 


k^l4^  ;  mais  depui»  qE*av«c  les  mfizujekas  et  les  scoticbs, 
tepvgrùs^Gborêgc^biqtte  a  pénétré  daos  les  campagnes,, 
pm  1^  maoiôfo  (kmlt  on  les  saute  et  avec  laquelle  oa  s'ahaa- 
iam^f  il  n*y  a  pas  à  regreUer  les^ans  et  la  désiavoltun 

Comme  vocable»  Baraudêlo  est  à  la  fois  plus  technique 
^  plus  expressif.  C'est  celui  qu'a  emj^oyé  notre  charmant 
fd!^  côvtnoU  dans  la  description  si  vive,  si  joyeuse  de 
CpUe  danse  k  la  Fiêtro  dé  Sén-BouNoumtou. 

Ce  mo^  est  sans  doulc  par  analogie  empr.  au  fr. 

Sagaa,  v.  Mouiller  par  aspersion  ou  par  immersion.  — 
4ffu  bas  H  ba^no,  proprement,  le  b&t  commence  à  tremper 
dan^  Feau;  au  fig.  et  prvb.  :  la  chose  commence  à  se 
g^r»  k  danger  approche.  On  suppose  ici  un  homme  pas- 
sant à  gué  une  rivière  sur  un  mulet  ;  quand  Teau  com- 
xnence  ^  arriver  à  la  hauteur  du  bât,  il  est  à  craindre  que 
QOla  n*empiie,  il  y  a  danger  de  la  noyade  :  prenons  donc 
farde»  lou,ba»aé  bagno.  Ainsi  dans  toutes  les  entreprises 
fM  circonstances,  pour  avertie  d'ôtre  avisé  et  prudent, 
ffmod  on  comprend  qu'on  va  être  poussé  à  bout,  et  que  la 
jgiesuie  s'emplit.  Bagna-  eoumo  un  ra,  mouillé  comme  un 
qanard.  Fo^  la  eato  bagftado,  il  fait  la  chate-mite. 

Dér.  de  Ban,  bain. 

BagnadurOi  s.  f-  Mouillure;  état  de  ce  qui  est  mouillé. 
-»-  Fôou  pas  garda  la  bagnaduro,  il  ne  faut  pas  garder  ses 
habits  ou  sa  chaussure,  quand  ils  sont  mouillés, 

Pér.  de  Bagna,. 

B|i0iiôoa,  n,  pr,  de  lieu.  Bagnolssur-Cèze,  ville,  chef- 
lieu  de  canton,  arrondissement  d'Uzès.  —  On  donne  à  ses 
tiabitants,  dans  la  tradition^  le  sobriquet  de  Galinéto  dé 
J^ignôou,  mais  la  tradition  n'a  pas  expliqué  pourquoi.  — 
U  ne  faut  pas  confondre  cette  ville  avec  celle  de  Bagnols- 
l^.Bains  (Lozère),  qu'on  appelle  Lout  Bantom,  -*  F. 
c>  m. 

tt  est  curieux  cependant  de  rapprocher  les  deux  appel- 
ions :  Bagniôou,  arrondissement  d'Uzès,  Lous  Banious, 
aivondissement  de  Mende.  Ces  deux  mots,  qui  ont  la  même 
signification,  la  mémo  traduction,  se  distinguent  par  leur 
QODSonnance  finale.  I^eur  radical  commun  viont  du  lat. 
B^neum,  qui  donnait  dans  les  vieux  titres  Balnaolœ  ou 
Bolnedum,  par  l'addition  de  la  désinence  diminutive,  pour 
indiquer  un  petit  lieu  do  bains.  A  Bagnôou,  il  existait  en 
efiet  autrefois,  &  peu  de  distance  de  la  ville  actuelle,  au 
pied  d'une  petite  uiontagne  appelée  Lancise ,  une  source 
ii'cau  thermale  fort  en  renom  pour  les  maladies  cutanées  : 
cette  source  a  perdu  son  efficacité.  Loui  Baniou»  gardent 
toujours  l'ancienne  réputation  de  leurs  eaux  minérales  qui 
tas  ont  fait  dénommer.  —  Voy,  Banioui  ILous), 

Sur  le  nom  latin  des  deux  locaUtés,  le  languedocien  a 
iail  la  variante  que  nous  remarquons,  qui  s'eŒace  dans  le 
bançais  Bagnole,  mais  qui  se  retrouve  dans  le  roman 
encore  conservé  sur  des  points  nombreux  de  la  France. 
Ainsi,  au  boni  du  Rhône,  dans  la  plaine*  Bagnêou  ;  dans 
(es  montagnes  des  Gévennes,  loui  Bania%u  ;  comme  iden- 


tiqpss«,  les  noms  de  Ban%MXitdu'Avp¥u,  et  JBkifiyute-tioH 
Mw  se  rencontrent  dans  les  Py  cénéi8S:0Jcientales;  Bagp/tms^, 
commune  de  Calvisson  (Gard),  dit  Bag/^fAuv\  %ÀUa^m^  iOilO  ; 
lAt  Bagnious  dans  la  Haute-Garouna.;  JPa^fnevaudansrAisve» 
Allier,  Cher,  Indxie,  Isère,.  Maine-etrLoirei  Marne,  Bleurito^ 
Moselle,  Seine,  Deux-Sèvres,  Somme,  Vienne  ;  Baign^v^, 
dans  Indre-et-LoirSk  Sarthe,  Cète-d'Of  ;  qui  avec  Bamoi 
(ilautes-Pyrénées)  ^BaneuU  {Dordognp)  ^Bagneaux  (Loi^etii 
Seiue-et-Marne,  Yonne),  Baigneaux  (Euro^t-Loir,  Girondin 
Loir-et-Cher) ,  Banèehe  (Haute-Vienne) ,,  Baminj^  (AifO  % 
llaneûB  (liaute-Vienne) ,  tous  désignés  ^t  Mn^oUf^^Bal- 
neolum,  Baniclum,  Balniolum,  semblent  plus  cap^ocbâi^ 
de  hus  Banious;  de  même  que  Z^a  Ba^nojUt  (Ardenne^  ^ 
Bagnolles  (Orne) ,  Bagnol  (Cote-d'Or) ,  Baignol  (Eaul0*^ 
Vienne),  Bti^nolt  (Basses -Alpes,  Aude),  Bagfwls^  (Uéraidt» 
Puy-de-Dôme,  Rhône,  Var) ,  Bagnolot  (Seine) ,,  Us  Bagna* 
Ms  (Allier),  Baignolet  (Eure-et-Loir),  sont  pucfaitemsnt 
semblables  ou  plus  voisins  au  moins  de  Bagndou.  Dans  la 
même  famille  se  comptent  encore  Bagnae  (Cantal,  U>t, 
Haute^Vienae),  Bagnars  (Allier,  Cantal),.  Bingnars  (Avey- 
ron) ,  ^  Saunai  (Uérault) ,  Bagne  (Ain),  Bagne  (Vi^nnA)% 
Bagnéras,  Bagnèru,  la  Bagnère  (Hautes-Pyrénées,  Uaqjyo« 
Garonne,  Landes),  Bc^gnac  (Lot-et-Garonne),  Kat^iuti 
(Isère,  Hante-Saône,  Charente) ,  les  Baigners  (Loiret).  Près 
de  nous,  Vagnas  (Ardèche)  et  La  Vagniérette^  ruisseau  dsM 
la  commune  de  la  Rouvière  (Gard),  n'onl-ils  pas  la  mAps 
source,  par  la  substitution  conque  du  V  wiBf 

Partout  le  radical  est  À  peu  près  immuable.;;. les  variaoten 
s'exercent  sur  le  diminutif  olus,  ola,  olum,  au  siAg:>  oo, 
dœ,  plur.  Ces  difTércnces  ethniques  très-remarquables^  s'ev» 
pliquent  par  l'influence  des  situations,  des  climatSi  s^C  la 
formation  des  noms. 

Bago,  s.  f.  Bague  ;  anneau  d'or  ou  d'argent  ou  d'autca 
matière,  orné  quelquefois  de  quelque  pierre  précieuse, 
que  l'on  porte  au  doigt.  —  Bago  dé  mariajef,  ann^a^ 
nuptial. 

Dér.  du  lat.  Baeea,  anneau. 

Bagou,  «.  m.Caquctage,  babil,  intempérance  de  langivi; 
facilité  de  s'exprimer,  mais  dans  le  genre  thviai.  — ;  A  bom 
bagou,  il  a  la  langue  bien  pendue.  En  fr.  fam.,  daos  b 
langue  verte,  on  dit  aussi  bagou. 

Dér.  du  gr.  BaXp^,  son,  parole. 

Baguéto,  s.  /*.  Baguette  ;  b:\ton  long,  délié,  flexible  oq 
rigide;  baguette  de  fusil;  petite  bague,  petit  anneau; 
baguette  d'un  nœud,  ganse.  —  Voy.  Noutcléto. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Baculela,  dim.  de  Bacuius, 

Baguiè,  s.  m.  Baguier,  écrin  4  mettre  dos  bagues. 

Dér.  de  Bago. 

Bahn,  s.  m.  Bahut,  grand  coffre  à  serrer  les  liardes,  la 
plus  souvent  doublé  en  cuir  et  garni  de  clous  à  tète  qui  y 
forment  divers  dessins.  C'est  un  meuble  du  moyen-â^. 
On  appelle  encore  bahu,  ces  grands  coffres  où  ks  paysans 
serrent  leur  salé  quand  il  est  sec. 

Dér.  de  l'allcm.  Behuten,  m.  sign. 


BAI 


BAI 


87 


MU,  *v,,  «ti  Btfla.  fibmiërnfti  ^tiésâl;MlooMrftitail 

"bâr.  dfi  ffi.  B^B^iv,  lancer^  jèteis  «nfvoyér. 

Baifer,  ^.  m.  Hftip,  <oti  bord,  6orte  4ib  ci^idre  dont  le  fond 
li%8t  pas  à^ait^veie,  mais  «n  yla&ohed,  )Kttr  itransporler 
le  mortier. 

Mr.  dti  lai.  Bo/trféifv,  Iranspoirter  an  lurdeati. 

Balafsfae,  j.  tii.,  n.  fyr.  de  lien.  fBaîHargaeb^  village  et 
eommuAe  daoïs  le  dèpartemeirt  de  l'Héraolt. 

Au  Hefi  ^de  cherdier  pénibleroent  dsta^  les  m<mfEtnents 
lapidaires  cm  tôt  les  mêdaïUes  Tomaines  «m  niE>m  d'homme 
d'une  notoriété  soavent  douteuse,  qm  eorresponde  à  la 
dénomination  d*un  village  construit  sur  les  prétendues 
nrines  d'une  rilla  Antique,  pourquoi  ne  pas  demander  à  la 
langue  parlée  dans  les  "Gaules  en  même  temps  que  le  latin, 
€^  ne  pas  extraire  des  altérations  et  des  transformations 
^pie  te  roots  ont  subies  pour  arriver  jusqu'à  nous,  une 
ttidioe  qui  soit  également  satisfaisante  à  la  signification  et 
aux  procédés  ordinaires  de  composition  des  noms  propres  ? 
Pbur  Bnïargue,  Baîllargues,  Balhanica  au  moyen-âge,  sa 
iérivation  ne  serait-elle  pas  plus  naturelle  en  la  tirant  du 
gaulois  bala,  bitUe,  village,  qui  est  encore,  avec  le  même 
lans,  en  gallois,  bala  ;  en  irlandais,  baUe  et  balvt  ;  en  bas- 
breton,  baiU;  qui  odt  donné  au  fr.  baillage,  bailli,  après 
la  I)a9s.  latin.,  qui  disait  biûia,  ballia,  baiUagium?  Snr  ce 
radical,  se  serait,  par  les  procédés  ordinaires,  formée 
Tappellation  de  la  bass.  lat.  en  anieœ,  puis  la  traduction 
romane  arrivant  enfm  à  notre  désinence  en  argue.  Celte 
descendance  est  pour  le  moins  aussi  probable  que  celle 
tirée  du  nom  d'un  certain  BaUienus  que  cite  Gicéron  dans 
ton  oraison  Pro  Fonteio 

HaSa,  V.  —  Voy.  Baïa. 

Baile,  V.  m.  Bailli  ;  maître- valet  dans  une  ferme,  chef 
des  journaliers,  qui  a  la  direction  de  l'ouvrage;  maitre- 
bei^r  qui  a  la  conduite  d'un  grand  troupeau  pour  aller  à 
la  montagne  (T.  Abe^).  —  Dâou  pu  toundrdou  n'an  fa 
Utu  baih,  prvb.,  du  plus  ignorant  on  a  fait  un  docteur. 
Gè  dicton  a  reçu  et  recevra,  de  tous  temps  et  sous  tonte 
sorte  de  régimes,  de  nombreuses  applications.  La  malice 
des  ambitions  méconnues  est  si  grande ,  les  bons  choix  si 
difficiles,  le  vrai  mérite  si  rarel 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Ballium,  gouvernement,  adminis- 
tntion,  tutelle. 

BaBéja,  v.  Commander;  faire -les  fonctions  de  batle; 
trancher  du  maître  ;  faire  l'important. 

Balléno,  s.  f.  Femme  du  maitre-valet  dans  un  domaine, 
qui  est  chargée  de  veiller  aux  soins  du  ménage. 

Baissa,  v.  Baisser,  diminuer  de  hauteur;  baisser  de 
prix  ;  s'afiaisser  peu  à  peu,  s'affaiblir. 

Se  bai$$a,  se  baisser,  se  courber. 

Emp.  aufr. 

Barâsos,  j.  /*.  p/.  Branches  basses  d'un  arbre,  celles  où 


Vm.  péttt  atteindte  de  %errd.  —  Ce  met  ike  se-dît  -fue  4m 
srbp^  à  fniits  qneloonqufis  et  idu  marier,  'de  oeux  enfin  do^t 
il  faut  atteindre  les  bi»i»ohes  pouriairek  ouetllelte. — tm 
baïsMs  toqtêou  lou  tâou,  l'arbre  est  teHement  ebai^  de 
frtîts  ^foe  les  battes  branehes  Irainent  à  terre. 

Bér.  de  Bouta. 

Baito,  i.  f,,  on  tSaj^tèlo.  tiolte,  baraque»  inaiflâiuiâtM 
de  vigne,  qui  n'est  pas  habitée  et  ne  sert  que  pour  eikfer- 
mer  des  outils^  ou  se  metife  à  Tabrâ  d'«n  on^,  d'<une 
ondée. 

Dér.  de  Tbéb.  Baitk,  maison,  logement,  d'où  vieotpeait- 
ètre  l'angl.  to  bait,  se  loger  en  passant. 

Baïuèmo,  #.  f,  £tittcolle;  bluette  qui  s'échiippe  >du 
bois  enflammé.  —  Voy,  BUugo  et  Sarjan. 

Il  est  difficile  de  déterminer  l'étymologie  de  ce  mot.) 
mais  il  est  impossible  de  lui  refuser  un  rapport  saisissant 
de  conformation  avec  le  français  baliwrM^  rappon  Qui 
trahit  une  commune  origine.  Le  mot  est  en  effet  le  mèoie 
dans  les  deux  langues,  sans  autre  variante  ijue  celle  pto»- 
duite  par  une  transposition  de  lettre  due  à  la  différence  de 
leur  génie  ;  l'ï  tréma  languedocien  n'est  guère  que  le  pen* 
dont  des  deux  U  mouillés  ou  de  l't^  forme  que  garde  du 
reste  la  prononciaition  raSole  en  disant  baiuèrno.  Sauvages, 
qui  ne  donne  pas  ce  mot,  conserve  cette  orthographe  dans 
tous  ses  analogues.  Quant  à.  la  transformation  de  l'u  en  «^ 
elle  est  si  commune  aux  deux  langues  qu'elle  n*a  pas 
besoin  d'explication.  Outre  la  ressemblance  matérielle,  gn« 
phique  et  oonsonnante,  les  deux  mots  ont  bien  aussi  quel* 
que  rapport  dans  leur  signification.  La  bàiuèmo  comme 
hi  baliverne,  sont  choses  de  peu  d'importance,  de  peu 
de  durée,  choses  qui  passent  sans  laisser  de  trace.  Leur 
différence  est  en  ce  que  le  preoûer  mot  tient  &  l'ordre 
physique,  le  second  à  l'ordre  moral.  Maintenant,  le  pre* 
mier  a-t-il  donné  naissance  au  second  ou  faut-il  prendre 
le  vice  versé  ?  Ne  peut-il  se  faire  aussi  que.  dérivant  d'une 
source  commune,  ils  soient  nés  simultanément?  Ce  mystère 
se  perd  dans  la  nuit...  de  Tétymologie. 

Baîzadaro,  j.  f.  Biseau  ou  baisare  du  pain,  empreinte 
que  deux  pains  s'impriment  réciproquement ,  lorsqu'ils  se 
touchent  et  se  collent  dans  le  four. 

Dér.  de  Baïsa,  baiser,  mot  ancien,  usité  encore  dans 
quelques-uns  des  dialectes  du  languedocien. 

Bajana,  s.  m,,  ou  Goosina.  Potage  aux  châtaignes  blaor 
chies,  dont  toute  la  préparation  consiste  À  les  faire  bouillir* 
C'est  un  mets  très-commun  dans  les  Cévennes,  où  il  fait 
la  principale  nourriture  des  habitants  pendant  tout  l'hiver. 
Il  est  exquis  avec  une  addition  de  lait. 

Dér.  de  Bajano, 

Bajanèl,  èlo,  adj.  Nigaud,  imbécile,  niais.  —  Cette 
épithéte  moqueuse  me  parait  tenir  à  cet  esprit  de  rivalité 
qui  a  existé  au  moyen  âge  entre  les  habitants  de  localités 
voisines.  Par  la  môme  raison  que  les  habitants  des  Cévennes 
appelaient  Gounèh  par  dérision  les  habitants  de$  communep 
au-dessous  d'Alais,  ceiix-ci,  usant  de  représailles,  quali- 


88 


BAL 


BAL 


liaient  les  premiers  de  BqfanUt,  psice  qu'ils  se  noorrissaienl 
de  hajanat;  et  dans  leur  dictionnairs  ce  nom  est  resté 
synonyme  de  nigaud.  —  Voy,  GoumU, 

Dér.  de  Bajano, 

Ba{ano,  j.  f,  Ch&taigne  blanche,  s6d)ée  i  la  famée  et  à 
la  chaleur  dans  le  snoir  à  châtaignes»  elédo,  et  dépooillée 
après  cette  qiération  de  sa  coque  et  de  sa  pellicule;  chA- 
taigne-bajane. 

Dér.  da  lat.  Bmanui  on  Bt^'amui,  qui  est  de  Ba&,  Tille 
du  royaume  de  Naples.  Il  semblerait  par  là  que  Tusage  de 
faire  sécher  ou  blanchir  les  châtaignes  a  commencé  dans  ce 
dernier  pays. 

Bal,  «.  m.  Dal  ;  réunion  convoquée  pour  danser  ;  danse. 
—  Donna  hu  bal,  donner  la  chasse,  pourchasser  ;  rosser, 
(aire  danser  quelqu'un,  iron. 

En  ital.  Satto;  en  esp.  BaiU.  Le  gr.  a  BaXXfCw.  je  danse. 

Bal,  s.  m.  Bail  à  ferme,  à  loyer,  à  emphytéose  ;  contrat 
poMic  ou  privé,  pour  donner,  pendant  un  temps  déter- 
miné, moyennant  un  prix  payable  annuellement  ou  à  des 
termes  convenus,  la  jouissance  d'une  chose  mobilière  ou 
Immobilière  à  quelqu'un. 

Dér.  du  lat.  BaUium. 

Bala,  «.  N.  Etre  en  suspens,  entre  le  mouvement  et 
l'immobilité. —  Se  dit  d'une  boule  prête  à  s'arrêter,  qui  se 
balance  avant  de  se  fixer  ;  et  encore  d'un  moribond  à  ses 
derniers  moments,  prêt  k  passer.  —  Balo,  il  est  entre 
la  vie  et  la  mort.  A  bala,  il  est  mort.  Dans  ce  dernier 
sens,  familier  du  reste,  ce  mot  ne  seraitôl  pas  une  corrup- 
tion de  iwtbala,  faire  ses  paquets  pour  partir  T  Ou  bien  a-t-il 
la  même  étymologie  que  le  suivant  :  b<dan  t 

Balalln-balalan ,  ou  Balin-balan.  Onomatqiée  pour 
exprimer  un  objet  qui  branle,  qui  s*agite  ou  qu'on  agite 
de  droite  et  de  gauche,  comme  une  cloche.  C*est  un  rédu- 
plicalif  de  baian.  —  Ana  balin-balan,  ou  balalin-balalan, 
aller  à  l'aventure,  à  droite  et  à  gauche,  ou  les  bras  ballants. 

Balan,  t.  m.  Branle,  volée  ;  élan  que  l'on  donne  à  un 
coup  que  l'on  veut  lancer.  L'élan  qu'on  prend  soi-même 
pour  s'élancer  se  dit  van.  —  Souna  à  balan,  sonner  les 
cloches  à  volée.  Tréi  €o$  à  balan,  trois  volées.  D&una  lou 
balan,  donner  le  branle.  Aqnélo  earitado  a  trop  dé  balan, 
cette  charrette  est  chargée  trop  haut,  elle  court  risque  de 
verser.  Aquél  mariM  a  mai  dé  balan,  ce  marteau  a  plus  de 
coup,  plus  d'élan.  Bé$U'q^  en  balan,  il  resta  là  en  sus- 
pens, dans  l'hésitation. 

Ce  mot  est-il  une  contraction  de  Balança,  ou  bien  vient- 
il  du  gr.  BdXXto,  lancer,  envoyer?  On  peut  choisir. 

Balança  (aé),  v.  Se  balancer,  se  dandiner;  s'égaliser,  se 
valoir  réciproquement  l'un  Tautre;  jouer  à  l'escarpo- 
lette, à  la  balançoire. 

Dér.  de  Balança, 

Balançadoù,  $.  m.  Balançoire,  escarpolette; une  planche 
posée  en  travers  sur  une  poutre,  et  aux  deux  bouts  de 
laquelle  les  enlants  se  balancent  en  faisant  la  bascule. 

Pér.  de  Balança, 


Balâiiço,  t.  /.  Balance.  Au  sing.  ne  se  dit  que  llgor. 
pour  :  attenti(»  avec  laquelle  on  pèse  les  raisons  poor  el 
contre;  comparaison,  parallèle  équitable.  Au  plur.  loê 
balançai  s'emploie  pour  balance,  instrument  formé  d'un 
arbre,  d'un  fléau  et  de  deux  bassins  pour  peser.  —  Tim 
bien  la  balança,  il  rend  justice  égale  à  tous.  Fdou  fairo  la 
balanço,  il  faut  rendre  justice  à  tous,  il  faut  faire  un 
poids,  une  mesure  équitables. 

Dér.  du  lat.  Bilaneiê,  génit.  de  bilanx,  dpuble  bassin, 

Balandran,  s.  m.  Arbre  mobile  de  la  balandro;  plateau 
d'une  grande  romaine  ou  balance  pour  peser  des  objets 
d'un  grand  volume,  —-  Delà,  par  analogie,  paM$a  4ou  balan- 
dran, berner,  faire  passer  à  la  couverture;  bousculer. 

Formé  de  Balan  et  de  l'ital.  andare,  aller, 

Balandro,  j.  f.,  ou  Ponlèje,  Bascule  de  puits  de  etat^ 
pagne  ;  mécanisme  fort  simple  et  fort  usité  pour  les  puits 
de  jardin  dans  les  Cévennes.  Il  consiste  :  4«  en  un  arbre 
droit  fiché  en  terre;  f  en  nn  arbre  mobile  fixé  au  pre- 
mier par  un  crochet  et  un  anneau,  en  forme  de  vergue  ;  à 
une  extrémité  de  celui-ci  on  place  un  contr&poids  fûl 
d'ordinaire  d'une  grosse  pierre  percée  qui  tient  à  Tarbre 
par  une  cheville;  à  Tautre  bout  est  attachée,  par  un  brin 
de  corde  assez  lâche,  une  barre  mince  qui  descei\d  ainsi 
verticalement  et  qui  est  terminée  par  un  croc  soutenant  k 
seau.  Pour  puiser  l'eau,  on  tire  cette  barre,  qui  fait  jouer 
facilement  la  vergue  sur  son  anneau,  et  le  seau  plonge; 
quand  il  est  plein,  le  moindre  mouvement  du  bras  lû| 
jouer  la  bascule,  et  le  contre-poids,  agissant  dans  le  même 
sens,  le  seau  remonte  sans  effort  et  sans  fatiguer  le  pni-* 
seur,  —  Voy.  PouUfje. 

Même  dér.  que  Balandran. 

Balé,  «.  m.  Auvent,  petit  toit  de  planches,  en  saillisi 
au-dessus  de  la  porte  d'une  boutique,  pour  abriter  t'étaUga 
de  la  pluie  et  du  soleil  trop  éblouissant  ;  palier  d'escalier 
ou  galerie  découverte,  balcon  en  terre-plein.  —  Le  baU, 
auvent  au-dessus  de  la  porte  des  magasins,  a  disparu,  ou  It 
peu  prés,  devant  les  règlements  d'édilité  ;  il  était  pitto- 
resque et  utile  aux  marohands;  mais  les  devantures  en 
avancement  et  surtout  les  étalages  à  la  mode  le  remplacent 
avec  avantage  et  maintiennent  à  l'intérieur  un  peu  plua 
que  le  demi-jour  favorable  au  choix  de  la  marchandise, 
sous  prétexte  d'un  soleil  trop  éclatant.  Le  progrès  âe% 
lumières  nous  vaut  ce  changement. 

Dér.  dugr.  BiXXciv,  jeter  en  avant. 

Balèja,  o.  Faire  contre-poids  ;  être  égal,  équivalent  ;  e^ 
équilibre,  -r-  Faïre  baUja,  égaliser,  équilibrer,  par  ex.  : 
une  charge  de  mulet,  de  manière  à  ce  que  les  deux  côlAa 
aient  à  peu  près  le  même  poids.  Aqud  baUjo  à  Vmdtmr 
d'un  quintâou,  cela  pèse  environ  un  quintal.  AquéUt  dam^ 
éfan»  $i  baléjou,  ces  deux  enfants  sont  à  peu  près  an 
même  âge  ou  de  même  force. 

Dér.  de  Balo. 

Baléno,  i.  f.  Baleine,  Bakma  mfiîieHui,  linn.  Poisson^ 
genre  de  Mammifères  de  la  fam.  dea  Cétacés;  le  plus  gro^ 


BAN 


BÂN 


89 


de  tons  les  animanx  connus;  ses  fanons  on  barbes  four- 
nissent les  baleines  de  parapluies,  servent  aux  corsets  de 
femme,  etc. 

Emp.  au  fr. 

BaÛsto,  s.  m.  Bailliste;  fermier,  séquestre;  adjudica- 
taire. —  BcUisto  dé  Voirouè,  fermier  de  Toctroi. 

Dér.  de  Bal,  bail. 

Balo,  «.  f.  Balle  de  plomb;  ballot,  balle.  —  Balo  dé 
fusil,  dé  pUtoulé,  balle  de  fusil,  de  pistolet.  Bah  dé  eéboi, 
balle  d*oignons  ;  il  y  a  douze  tresses,  ou  rènei,  à  la  balle. 
Aquà  fa*  bien  fna  balo,  cela  me  chausse  à  merveille ,  ça  fait 
bien  mon  affaire. 

Dér.  du  gr.  Bd^eiv,  jeter,  lancer. 

Balô,  5.  fil.  Ballot,  balle,  sous  une  enveloppe  de  grosse 
toile,  serrée  avec  des  cordes  ;  demi-charge  d'un  mulet, 
celle  que  Ton  met  d'un  côté  du  bât.  —  SaXque  aqud's  pas 
un  balà  dé  sédo,  pér  lou  mena  tant  plan?  ou  pesa  tant  fï, 
faut-il  tant  de  précautions,  ou  tant  regarder  au  poids?  ceci 
n*est  pas  un  ballot  de  soie. 

Dér.  du  précédent. 

BalotOp  $,  f»  Petite  boule  du  loto,  ouest  inscrit  unnuméro. 

Dim.  de  Balo. 

Balonta,  v.  Balloter;  au  pr.,  lancer  et  relancer  d'une 
main  à  l'autre,  ou  d'un  joueur  à  l'autre,  comme  se  repasse 
une  balle  ;  au  fig.,  mystifier  quelqu'un,  le  renvoyer  de  l'un 
à  l'autre,  du  poirier  au  pommier. 

Dér.  de  Balo. 

Balustrado,  s.  f.  Balustrade,  garde-fou,  composé  de 
balustres  continus. 

Emp.  au  fir. 

Baiustro  (à  tnsto),  adv.  Â  l'aveuglette,  à  la  hurlu- 
berlu; brusquement,  brutalement;  sans  prendre  aucune 
précaution. 

Formé  de  Tusta  et  du  fr.  balustrs,  parce  que  dans  cette 
situation  on  se  heurte  à  tout. 

Bamboche,  s.  f.  Orgie,  débauche.  —  Fdirs  la  bam- 
boeho,  ou  si  métré  en  bambocho ,  faire  une  partie  de  dé- 
bauche, un  gala  crapuleux. 

Dér.  de  Vital.  Bambœeio ,  petit  homme  grotesque  : 
Boeea,  boudie ,  ne  serait-il  pas  là  pour  quelque  chose? 
Peut-être  même  le  fr.  boue,  dont  la  lascivité  est  connue. 

Bamboacha,  v.  Faire  des  bamboches;  se  livrer  à  la 
débauche  ;  faire  de  mauvaises  farces,  des  farces  d'ivrogne. 

Bambcmcliiir,  nrdo,  adj.  Bambocheur];  libertin  ;  enclin 
à  la  débauche. 

Ban,  $.  m.  Banc;  siège  ou  tréteau  long,  en  bois  ou  en 
pierre,  sur  lequel  plusieurs  personnes  peuvent  prendre 
place  ou  plusieurs  choses  être  déposées.  Il  prend  en  fr.  dif- 
férent! noms,  suivant  les  usages  auxquels  il  sert.  —  Ban 
dé  minuisiè,  établi  de  menuisier.  Ban  dé  bouehè,  étal  de 
boucher.  Ban  dé  iè,  tréteau  de  lit.  Ban  dé  la  bugado, 
selle  ou  batte  de  lessiveuse.  Ban  das  marguïis,  banc  de 
roenvre.  Es  vièl  eoumo  un  ban,  îl  est  vieux  comme  les  rues. 

Dér.  du  lat.  Baneus  ou  de  l'allem.  bas^. 


Banar,  do,  adj.  Cornu,  encorné;  qui  a  de  longues 
cornes  ;  habitant  de  la  commune  de  Bannes  (  Ardéche). 

Dér.  de  Bano, 

Ban astado,  s.  f.  Contenance  à'xmebanasto;  plein  une  man. 
ne,ou  banne — FaïtoujourquAouquobanaitado,  il  fait  toujours 
quelque  ânerie,  quelque  école,  quelque  afiaire  de  dupe.  Yana 
émbé  touto  la  banastado,  dit-onde  quelqu'un  qui  parledesgens 
sans  égard,  sa  ns  garder  aucune  mesure,  lâchant  sur  leur  com- 
pte les  vérités  les  plus  dures,  les  plus  blessantes,  qui,  pas  plus 
que  les  vérités  ordinaires,  ne  sont  pas  toujours  bonnesà  dire,  ni 
surtout  à  entendre  :  c'est  comme  si  l'on  disait  qu'il  vide  tout 
son  sac,  sans  y  rien  garder,  comme  on  jette  là  une  banastado. 

Dér.  de  Banasto. 

Banastaîre,  s.  m.  Fabricant  de  banastos,  et  de  toutes 
sortes  d'engins  faits  avec  des  scions  refendus  de  châtai- 
gniers sauvageons,  que  l'abbé  de  Sauvages  appelle  Cotons. 

On  dit  proverbialement  :  Banastaîre  das  Apéns,  parce 
que  les  habitants  de  ce  hameau,  dépendant  de  la  commune 
de  Lamelouse,  arrondissement  d'Alais,  se  livrent  beaucoup 
en  hiver  à  la  fabrication  de  ces  bannes  en  châtaignier. 

Dér.  de  Banasto. 

Banastôja,  v.  fréq.  Transporter  habituellement  à  dos  de 
mulet  ou  d'âne  dans  des  banastos. 

Banasto,  s.  f.  Banne  ou  manne  double,  panier  à  bât 
pour  transporter  le  fumier  et  autres  objets,  dans  les  pays 
où  les  voitures  ne  peuvent  rouler.  —  Sot  eoumo  uno  ba- 
nasto, sot  comme  un  panier.  A  éstudia  souto  uno  banasto, 
dit-on  d'une  personne  complètement  ignare,  par  allusion 
peut-être  aux  chevreaux,  que  l'on  recouvre  ainsi  pour  les 
empêcher  de  gambader  et  par  là  de  maigrir;  ou  bien  pour 
rappeler  les  ânes,  qui  sont  le  plus  souvent  chargés  de  banastos. 

Dér.  du  gaulois  Benna,  voiture,  ou  de  l'allem.  benne, 
tombereau;  d'où  le  lat.  benna,  charrette  entourée  de  claies, 
sorte  de  corbeille. 

Banaston,  s.  m.,  ou  Taréîrôon.  Dim.de  Banasto.  Ban- 
neton,  mannequin  ou  petite  manne,  sans  anses,  très-évasé 
d'ouverture. 

Bancèl,  s.  m.,  ou  Faîaso.  Terrasse  ou  bande  de  terre; 
plate-bande  de  jardin.  Le  terme  bancèl  est  proprement  usité 
dans  les  hautes  Cévennes;  fàïsso  est  plutôt  des  environs 
d'Alais. 

Dim.  de  Ban,  banc ,  parce  que  le  bancèl  est  droit  et 
long  comme  le  banc. 

Banda,  ado,  adj.  Mort,  crevé;  ivre-mort,  roidi. — 
Banda  eoumo  un  piô,  soûl  comme  une  grive. 

Emp.  du  fr.  bander,  pour  roidir. 

Banda  (aé),  v.  Se  soûler,  s'enivrer;  se  gorger  de  vin. 

Même  dér. 

Bandéja,  v.  fréq.  Passer  du  linge  savonné  dans  l'eau 
claire,  ce  qui  se  fait  en  le  tenant  par  un  bout  et  le  plon- 
geant, le  passant,  le  repassant  dans  l'eau,  jusqu'à  ce  qu'il 
soit  bien  essuyé  de  l'eau  de  savon. 

Est-il  dér.  du  lat.  Pandere,  étendre,  développer,  ou  du 
languedocien  branda  ? 

il 


90 


BAN 


BâO 


Bandi,  s.  m.  Dim.  Bandind.  Bandit ,  vagabond,  homme 
sans  aveu.  —  Et  un  bandi,  c'est  rm  mauvais  drôle;  et 
quelquefois,  seulement,  un  mauvais  sujet,  un  libertin  ,  s*il 
s*agit  d'un  tout  jeune  homme  ;  on  dit  alors  :  es  tin  ban- 
dind. 

Dér.  de  l'ital.  BandUto,  banni,  proscrit. 

Banéja,  v.  fréq.  Commencer  à  montrer  les  cornes,  comme 
les  escargots  ;  par  exX.  jouer  des  cornes. 

Dér.  de  Bano. 

Banèlo,  j.  f.  Vanneau.  —  Voy.  Vanèou. 

Bani,  V.  Bannir,  chasser.  —  Y-a  pas  moutin  dé  boni 
tous  ras,  il  est  impossible  de  se  délivrer  complètement  des 
rats.  —  Il  signifie  aussi  :  faire  une  saisie-arrèt. 

Dér.  du  lat.  Bannum,  bannissement,  exil,  ban. 

Banimén,  t.  m.  Saisie-arrèt  ou  opposition,  terme  de  pra- 
tique en  procédure. 

Banious  (Lous),  n.  pr,  dé  lieu,  Bagnols-les-Bains,  ville 
dans  la  Lozère,  renommée  par  ses  eaux  thermales. 

11  est  à  remarquer  que  Tappellation  française  ne  donne 
pas  la  preuve  que  le  baptiseur  fût  très-fort  en  languedocien. 
Bagnols,  traduisant  lous  Banioiu,  est  dér.  du  lat.  Balneo- 
ium,  qui  signifie  :  lieu  de  bains;  pourquoi  alors  ce  pléo- 
nasme inintelligent  dans  le  nom  français,  et  Taccouple- 
ment  de  deux  mots  de  même  signification  ?  —  Voy,  Ba- 
gndou, 

Bano,  s.  f,  Dim.  Banéio,  péj.  Baruisso,  Corne  de  la  tête 
de  certains  animaux  ;  antennes  de  certains  insectes  ;  cornes 
des  escargots;  coup  à  la  tête,  qui  se  tuméfiant  devient  une 
bosse  au  front.  —  Vno  bano  dé  fougasso,  un  morceau  de 
fouace,  parce  que  la  fougasso ,  le  gâteau  des  paysans,  est 
plate  et  formée  en  compartiments  et  en  grillage  ;  un  de  ces 
fragments  ressemble  donc  assez  a  une  corne.  Fia  eoumo  la 
bano  d'un  biéou,  contre-vérité,  mou  comme  la  corne  d'un 
bœuf.  Chacun  soun  gous,  dis  lou  prouvèrbe,  eoumo  Vâoutre 
fué  suçavo  uno  bttno,  chacun  son  goût,  comme  disait 
cet  autre  qui  suçait  une  corne.  S'és  fa  uno  bano,  il  s'est 
lait  une  bc^se  au  front.  £o  bano  d'un  tour,  Tun  des  quatre 
volants  de  la  roue  d'un  tour  à  filer  la  soie.  Cagaràouléto, 
êOT  ta»  banitoi,  chantent  les  enfants  dans  nos  Cévennes, 
comme  ceux  de  Paris  disent  :  Colimaçon  borgne,  montre- 
moi  tes  cornes.  Nous  rimons  mieux. 

Las  banos,  au  plur.,  comme  les  cornes,  sont,  au  fig., 
Femblème  d'un  mari  trompé. 

Dér.  probablement  du  celte;  car  on  ne  trouve  l'ana- 
logue de  ce  mot  dans  aucune  des  langues  connues. 

Bano,  n.  pr,  de  lieu.  Bannes,  village  et  commune  de 
rArdèche,  sur  les  limites  du  département  du  Gard. 

Du  Cange  cite  Bano  avec  la  signification  de  terrain 
communal.  L'étymologie  de  ce  nom  pourrait  bien  être  tirée 
de  l'affectation  du  territoire  à  des  dépaissanoes,  ou  à  quel- 
que autre  servitude  communale.  Ce  que  nous  ne  pouvons 
vérifier. 

Banqnaroniiè,  tièiro,  a4|.  Banqueroutier,  ière,  celui 
on  celle  qui  a  fait  banqueroute. 


Banquaronto,  j.  f.  Banqueroute  ;  faillite  ;  insolvabilité 
feinte  ou  réelle  d'un  négociant. 

Dér.  de  Banquo,  banque,  et  de  routo,  fém.  de  rou, 
rompu. 

Banque,  j.  m.  Petit  banc;  tréteau  de  lit,  de  théâtre  de 
bateleur,  de  table  à  manger,  etc. 

Dim.  de  Ban,  banc. 

Banqniè,  s,  m.  Banquier;  celui  qui  fait  le  commerce 
de  l'argent;  à  certains  jeux  de  cartes,  celui  qui  taille  oa 
joue  contre  tous  les  autres. 

Dér.  de  Banquo. 

Banquo,  s.  f.  Comptoir  de  marchand  ;  grand  coffre  à 
hauteur  d'appui,  qui  règne  tout  autour  du  magasin,  ou 
dans  une  partie  seulement  et  sur  lequel  on  montre  et  on 
étale  la  marchandise.  11  y  a  un  tronc  au  milieu,  en  tinûr, 
où  l'on  fait  tomber  les  espèces  à  mesure  qu'on  les  reçoit, 
et  dont  on  fait  la  levée  et  l'inventaire  chaque  soir. 

Dér.  de  Ban,  banc. 

Bann,  ndo,  adj.  Cornu;  qui  a  ou  qm  porte  des  cornes. 
—  Un  cho  banu,  un  sot,  un  homme  sans  intelligence, 
comme  un  hibou. 

Dér.  de  Bano. 

Bâou,  bâoujo,  adj.  Niais,  nigaud,  badaud.  —  Que  siis 
bàou  I  Que  tu  es  bête  ! 

Dér.  du  lat.  BaXbus,  bègue. 

Bâoubôcho,  s.  f.  Bobèche,  partie  du  chandelier  oà  se 
place  la  chandelle. 

Emp.  au  fr. 

Bâoudrado,  s.  f.  Bêtise,  balourdise,  niaiserie  ;  école. 

Dér.  de  Bàou. 

Bâoudroî,  s.  m.  Baudroie,  galanga,  raie  pécheresse, 
diable  de  mer;  espèce  de  lophie,  LopMus  piseatorius,  Linn. 
Poisson  de  l'ordre  et  de  la  fam.  des  Chisnopnés  (respirant 
par  une  fente),  cartilagineux,  à  corps  plat,  à  évent  près 
des  nageoires,  à  large  gueule,  qui  semble  n'être  que  têle  et 
queue.  La  Baudroie  fait  un  très-bon  potage. 

Bâondnlo,  s.  f.,  ou  Bondiifo.  Toupie,  jouet  d'enfant; 
sabot.  Ce  mot  ne  s'emploie  plus  qu'au  fig.  Es  pas  pu  bU 
qu'uno  bàoudufo,  il  n'est  pas  plus  grand  qu'une  toupie.  Té 
vire  eoumo  uno  bàoudufo,  je  te  fais  tourner  comme  «ne 
toupie. 

Que  se  trufo, 

Dieu  lou  bufo, 

Et  lou  faï  Tira  eoumo  uno  bàoudufo.  (Prvb,) 

Les  étymologistes  sont  fort  divisés  sur  la  dériv.  de  ce 
mot  ;  elle  est  tirée  du  cdte  Bodwa,  mamelle,  à  cause  de 
la  ressemblance  ;  ou  bot,  boud,  qui  a  fait  dans  la  boas. 
lat.  botta,  d'où  l'ital.  bodda,  crapaud,  à  cause  de  la  gro^ 
aeur.  —  Voy.  Boudufo. 

Bàonjoula,  v.  Porter  un  enfant  au  bras,  le  caresser,  le 
cajder. 

Dôr.  du  lat.  Bajulare,  porter  un  faideau. 

Bàonmo,  s.  m.  Baume,  sorte  de  mentfaa,  plante  uth 
matique,  plus  particulièrement  la  mendie  varie  et  gen* 


BAR 


BAR 


91 


tille.  Aafig.fledilaussi  d*an  confortatif ,  d*aiiréconfortant  dout 
oo  exagère  la  bonté  :  Âquil  vin  es  un  Sâoutne  sus  l'éstouma, 

Dér.  dn  lat.  Baliamum, 

Bàoiunéln,  ndo,  adj.  Creux,  caverneux  ;  se  dit  parti- 
enlièrement  d*un  arbre,  d'une  pièce  de  bois. 

Dér.  de  Bàoumo. 

Bàoiimo,  s.  f.  Dim.  Bâouméto,  péj.  Bâoumasto.  Grotte, 
eaTité  naturelle;  caverne;  bauge  du  sanglier;  terrier  du 
renard;  garenne  du  lapin.  Ce  mot  a  donné  naissance  aune 
fouie  de  noms  propres  de  personnes  et  de  lieux  :  Labàoufno, 
Bâoumi,  Bâoumèlo,  Bàoumastiè,  qui  se  traduisent  en  fr. 
par  Labaume,  Baume,  La  Baumelle,  Balmelle,  Balmes, 
Banmier,  Baumassier,  etc.,  qui  signifient  pour  en  dériver 
en  ligne  directe  et  primitive  :  habitation  ou  habitant  des 
cavernes,  des  grottes  :  l'origine  est  ancienne  et  se  rattache, 
par  une  infinité  de  quartiers,  aux  troglodites.  La  Bàoumo 
dé  la»  Fadot  est  le  titre  d*une  des  plus  jolies  pièces  de 
noire  inimitable  poète  des  Ccutagnados. 

Bàoiiqiio,  f.  Â  Du  verdage,  espèce  d'herbe  graminée, 
foin  grossier  qui  pousse  naturellement  sur  les  talus  et 
berges  des  fossés  et  dans  les  bois  taillis  ;  c'est  probable- 
ment du  foin  dégénéré  en  poussant  dans  des  terres  sèches 
et  trop  fortes.  On  ne  s'en  sert  guère  que  pour  litière. 
Aucune  bête  de  labour,  non  plus  que  les  moutons,  ne 
oonsent  à  s'en  nourrir. 

Bàonriy  s.  m.  Péj.  Bâouritu.  Précipice;  ravin  profond 
et  escarpé,  gorge  étroite  et  sauvage;  abime  ;  fondrière. 

Dér.  peut-être  du  lat.  Vallis  rivua,  ruisseau  de  vallée, 
ou  de  l'ital.  balzo,  précipice,  du  gr.  B^XXeiv,  jeter,  lancer. 

Bar,  «.  m.  Dalle,  pierre  plate  large  et  carrée,  pour  car- 
reler. —  Bar  dé  Mus,  dalle  des  carrières  de  Mus,  village 
près  de  Nîmes,  d'où  se  tirent  les  meilleures  dalles  pour 
carreler  les  fours  à  pain,  parce  qu'elles  sont  réfractaires  et 
supportent  très-bien  l'action  du  feu.  Bar  dé  saboù,  une 
table  de  savon.  C'est  sous  cette  forme  que  le  savon  est 
fabriqué  et  livré  au  commerce.  Cette  table  a  d'ordinaire  huit 
centimètres  d'épaisseur  sur  cinquante  centimètres  en  carré. 

Bara,  v.  Fermer,  en  général;  barrer,  boucher  ;  bftcher 
une  porte,  la  fermer  et  l'assujettir  par  derrière  avec  une 
liarre.  —  S'en  fôou  bara  lous  tels,  il  faut  s'en  fermer  les 
yeuXf  s'en  consoler,  en  prendre  son  parti.  Âqud  baro  Tm- 
fauma,  ce  spectacle  vous  serre  le  cœur.  Bara  sa  houHgo, 
est  tout  simplement  fermer  son  magasin;  mais  bara  bou- 
tigo,  c'est  cesser  son  commerce  par  suite  de  déconfiture  ou 
antreroent.  Baro  pas  dé  tout  hujour,  il  ne  cesse  pas  de  par- 
ler de  tonte  la  journée.  Bara  lou  eami,  couper  le  chemin, 
entraver  la  marche,  fermerla  carrière  à  quelq[u'un.  Bara  un 
trâou,  boucher  un  trou.  Se  bara  déforo,sé  bara  dédin,  fer- 
mer la  porte  sur  soi  du  dehors,  ou  par  dedans,  s'enfermer. 

Dér.  de  Baro, 

Baracan,  #.  m.  Bouracan,  espèce  de  camelot,  étoffe  qui 
«qette  la  pluie. 

Emp.  au  fr. 

Baradis,  isao,  adj.  Qui  peut  se  fermer  ;  fmnant;  des- 


tiné à  être  fermé.  —  Pagnè  baradïs,  panier  à  couvercle. 
Coutil  baradïs,  couteau  de  poche,  qui  se  ferme. 

Dér.  de  Bara, 

Baradisso,  s,  f.  Action  souvent  répétée  de  fermer  et 
d'ouvrir  une  porte,  une  fenêtre,  un  tiroir.  —  Aquélo  bara- 
disso finira  lèou  ?  En  finira-tron  bientôt  d'ouvrir  et  de  fer- 
mer cette  porte? 

Dér.  de  Bara. 

Baradnro,  s,  f.  J^'ermeture,  en  général;  boucheture 
d'épines  ou  de  fagots,  pour  empêcher  l'accès  d'un  champ, 
n  est  peu  employé  au  propre.  Au  fîg.  il  est  usuel  dans  ce 
dicton  :  Pâouro  baraduro  I  pauvre  ressource  !  mauvais 
pronostic!  cela  s'annonce  mal. 

Dér.  de  Bara. 

Baragna,  v.  Faire  une  haie  vive,  garnir  de  buissons  ou 
d'épines  l'entrée  d'un  champ  ou  la  crête  d'un  mur  de  clô- 
ture ;  clore,  faire  des  haies  avec  des  buissons. 

Dér.  du  celt.  Bar,  barrière  ;  ou  de  l'esp.  brena,  hallier, 
ou  du  lat.  vara,  barre  :  sans  doute  tous  proches  parents. 

Baragnado,  «.  f.  Haie  vive  ou  non;  échalier;  toute 
sorte  de  clôture  en  haie.  Sur  les  bords  du  Gardon,  et  de 
toutes  les  rivières  torrentielles,  on  fait  des  baragnados 
pour  faire  déposer  le  limon.  On  y  emploie  des  ramées  de 
chêne-  vert,  serrées  et  assujetties  par  le  sable  et  le  gravier, 
ou  des  branches  d'osier  et  de  saule.  Les  premières  sont 
plus  fortes;  mais  celles-ci,  plus  épaisses,  ont  l'avantage 
de  prendre  racine,  de  durer  plus  longtemps  et  d'être  plus 
résistantes;  aussi  sont-elles  préférées.  On  établit  aussi  des 
baragnados  en  fagots  de  bois  mort  de  toute  sorte,  pour 
arrêter  et  faire  amonceler  les  feuilles  de  châtaigniers  que 
le  vent  entraine.  Par  ce  moyen  elles  se  trouvent  ramas- 
sées en  tas,  nettes  de  leurs  hérissons  et  propres  à  la  litière 
de  toute  sorte  d'animaux.  —  Vn  trâouquo  baragnado,  un 
braconnier,  un  grapilleur,  un  homme  qui  ne  respecte 
aucune  propriété  ni  clôture.  Au  fig.,  un  éventé,  un  étourdi, 
un  hurluberlu.  —  Voy.  Bartas. 

Baragnas,  s.  m.  Haie  naturelle  ;  amas  de  ronces  et 
d'épines,  qui  se  forme  sur  les  anciennes  murailles  démo- 
lies; entrelacement  de  ronces;  buisson. 

Péjor.  de  Baragno, 

Baragno,  s.  f.  Echalier  plutôt  que  haie  ;  clôture  presque 
toujours  provisoire-,  moins  forte  et  moins  épaisse  que  la 
baragnado. 

Baragogno,  t.  f.  Le  même  mot  et  la  même  signif.  que 
Babarogno.  —  T.  cm. 

Baragouina,  v.  Baragouiner;  parler  d'une  manière  inin- 
telligible ;  bredouiller. 

Emp.  au  fr.,  qui  tire ,  dit-on,  son  étym.  du  bas-bret. 
Bara,  pain,  et  guin,  vin,  à  cause  de  la  confusion  que  font 
ceux  qui  parlent  mal  la  langue  ;  mais  que  d'autres  font 
venir  du  lat.  Barbarieus,  barbare. 

Baraîa,  v.  —  Voy.  VartXa. 

Baridè,<.  m.  Boisselier;  ouvrier  qui  fait  des  baraux. 

Dér.  de  Barâou. 


93 


BÂR 


BAR 


Baraje,  t.  m.  Barrage,  digne;  déversoir  en  travers  d'nn 
oonrs  d*eaa  ponr  faire  nne  prise  d'eau. 

Dér.  de  Bara. 

Baralé,  <.  m.  Baril,  barillet;  bidon  des  journaliers  aux 
champs;  baril  à  huile;  capron,  baie  de  fraisier  sauvage, 
qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  fraise  des  bois. 

Dim.  de  Barâou. 

Barandèla,  v.  Danser  la  barandèlo  ou  la  bagaiHo, 

Barandélaîre ,  ûro,  adj.  Danseur  de  barandèlo.  Par 
ext.  un  étourdi,  inconsidéré,  léger. 

Barandèlo,  s.  f.  —  Voy.  Bagatèlo. 

Baranqna,  v.  Radoter  ;  battre  la  campagne  ;  parler  ou 
agir  à  tort  et  à  travers  ;  ne  savoir  ce  qu'on  dit.  —  X'éf- 
eoutés  pas,  baranquo,  ne  Técoutez  pas,  il  radote,  il  ne 
sait  ce  qu*il  dit. 

Dér.  de  Ba,  partie,  rédupl.,  et  de  ranquo,  de  rolular€. 

Baranqaaje,  «.  m.  Radotage  ;  paroles  en  Tair  ou  sans 
suite  ;  propos  extravagants. 

Baranqoairo,  aîro,  adj.  Radoteur; qui  débite  des  rado- 
teries,  ou  par  vieillesse,  ou  par  bêtise.  Id.,  Baranqur, 
urdo, 

Baranqaéja,  v.  rédupl,  de  Baranqua, 

Baràou,  t.  m.  Baral,  v.  fr.,  barrique  à  vin,  longue  et 
étroite,  qui  sert,  comme  les  autres,  à  transporter  le  vin  à 
dos  de  mulet;  mesure  de  capacité  pour  les  vins.  Cette 
mesure  varie  d*une  localité  à  l'autre.  Le  Bardou  d' Âlais 
contenait  autrefois  27  pots  ou  54  pintes  de  Paris.  Le  Ba- 
râou métrique  contient  60  litres.  — ErUén  bouio  pér  bardou, 
il  entend  tout  de  travers  ce  qu'on  lui  dit  ;  il  prend  des 
vessies  pour  des  lanternes,  martre  pour  renard.  Pou-bar  âou, 
un  puits  public  qui  se  ferme  la  nuit,  de  crainte  d'accident 
ou  de  mauvais  dessein,  n  y  avait  autrefois  à  Alais  une 
quantité  de  ces  puits  qui  étaient  situés  dans  un  renfonce- 
ment de  rue  et  à  couvert  dans  l'épaisseur  d'une  maison. 
On  les  fermait  la  nuit;  mais  avec  le  temps  les  fermetures 
avaient  disparu,  et  ces  impasses  obscurs  étaient  dange- 
lenx  ;  on  les  a  fermés  et  remplacés  par  des  pompes.  Un  de 
ces  puits  a  donné  son  nom  à  une  de  nos  rues,  qui  est  appe- 
lée encore  :  rue  Puitê-Baral.  L'opinion  que  son  nom  lui 
vient  de  la  fermeture  appliquée  à  son  puits,  est  fort  sou- 
lenable;  mais,  dans  ce  mot  que  le  languedocien  persiste  à 
prononcer  baral,  et  non  baràou,  et  qu'il  n'a  pas  eu  l'idée 
d'exprimer  par  baradU,  ne  trouverait-on  pas  aussi  bien 
une  qualification  tirée  de  la  situation  qu'il  occupait,  au 
moment  de  son  baptême,  à  l'extrémité  de  la  ville?  PuUt- 
Baral  signifierait  alors  :  puits  situé  aux  barrières  d* Alais, 
SOT  la  limite  de  la  clôture  de  la  ville.  La  rue  Montagnasse, 
qui  reprend  aigourd'hui  son  nom,  s'appelait,  au  moyen  Âge, 
rM9  Malbaurguet,  mauvais  petit  faubourg  :  elle  est  voisine 
de  la  rue  Puits-Band;  sa  dénomination  ancienne  viendrait  à 
Tqipui  de  notre  interprétation»  en  indiquant  que,  dans  ces 
temps  reculés,  la  ville  ne  s'étendait  pas  plus  loin. 

Barâou,  en  tous  cas,  put  trouver  son  étym.  dans  la 
basa.  lat.  barraU,  bariU,  àarUius,  d'un  capitulaire  de  Char- 


lemagne,  avec  la  sign.  de  tonne  ou  de  vase  propre  à  con- 
tenir un  liquide  quelconque,  ou  dans  Tesp.  barrai,  grande 
bouteille  ;  ou  enfin,  comme  baral,  dans  le  celt.  barr,  qui 
signifie  non-seulement  barre,  barrière,  mais  tout  ce  qui 
sert  à  renfermer,  à  contenir. 

Baraque,  «.  f.  Dim.  Baraquéto.  Baraque,  chaumière  ; 
maisonnette  en  mauvais  état  ;  hôtellerie  de  roulier  sur  les 
routes;  baraque,  échoppe,  auvent,  construit  en  planches 
sur  les  places  en  temps  de  foire.  —  Âquél  oustâou  6$  uno 
viéHo  baraquo,  cette  maison  n'est  qu'une  mauvaise  pauvre 
baraque.  Las  baraquos  dé  Coudougnan,  dé  Fon$,  la  bara- 
qtw  dé  Plagnôou,  la  baraquo  dâou  PHa  sont  connues  et 
renommées  sur  nos  routes  départementales. 

Dér.  de  l'esp.  Baracca,  cahute  de  pêcheur. 

Barato,  $.  f.  Baraterie;  dol,  fraude,  contrebande  ;  alté- 
ration des  liquides  par  mélange  ;  contrefaçon,  tromperie. 

Dér.  de  Tesp.  Baratar,  brouiller,  tromper. 

Barba,  v.  Pousser  des  radicules,  prendre  racine  ;  se  dit 
surtout  des  boutures,  quand  elles  commencent  à  barba,  à 
jeter  leur  tissu  de  radicules. 

Dér.  de  Barbo. 

Barbacano,  s.  f.  Ouverture,  fente  laissée  dans  un  mur 
de  soutènement,  pour  faire  écouler  les  eaux  pluviales. 

Dér.  de  l'esp.  Barbaeana,  m.  sign. 

Barbajôou,  <.  m.  Grande  joubarbe,  artichaut  de  mu- 
raille, Sempervivum  teetorum,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des 
Crassulacées,  grasse,  vxdnéraire  et  émoUiente. 

Dér.  du  lat.  Barba  Jovii,  barbe  de  Jupiter,  comme  son 
correspondant  fr.  Ces  deux  mots  sont  la  métathèse  l'un  de 
l'autre. 

Barbajôon,  «.  m,,  ou  Quiou-blan.  Dim.  BarbajouU. 
Hirondelle  à  croupion  blanc,  hirondelle  de  fenêtre  ;  Hirunâo 
urbiea,  Temm.  Le  dessus  du  corps,  partie  d'un  noir  à 
reflets  bleuâtres,  partie  d'un  noir  mal,  le  restant  d'un 
blanc  pui^;  queue  fourchue.  Cette  hirondelle  est  la  plus 
commune  dans  nos  contrées,  où  elle  arrive  quelques  jours 
après  l'hirondelle  de  cheminée.  Elle  aime  à  placer  son  nid 
sous  la  corniche  des  maisons  et  des  grands  édifices. — Eies- 
rabM  eoumo  un  barbajôou,  gai  comme  un  pinson. 

Ce  mot  a  évidemment  la  même  étym.  que  son  homo- 
nyme précédent.  Cependant  il  est  difficile  de  saisir  les 
rapports  de  cette  origine,  à  moins  q[ue  la  queue  fourchue 
du  volatile  ne  soit  une  image  de  la  barbe  du  maître  des 
dieux. 

Barbasta,  v.  Faire  ou  tomber  de  la  gelée  blanche.  — 
A  barbasta  sus  sa  tésio,  ses  cheveux  grisonnent,  il  a  neigé 
sur  ses  cheveux. 

Dér.  de  Barbasio. 

Barbaato,  s.  f.  Gelée  blanche  ;  givre.  C'est  le  prodoit 
de  la  condensation  de  la  rosée  et  de  toutes  les  vapeurs  qui 
exsudent  de  la  terre.  Barbasio  ex[^me  cet  efbt  des  grands 
frimas  d'hiver  qui  fait  ressembler  le  sol  à  un  champ  de 
neind;  phuvino  eijaHbrs  {V.  c.  m.),  sont  plus  partica* 
lièrement  ces  gelées  de  printemps,  ces  giboulées,  qui  Ibnt 


BAR 


BAR 


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tant  de  mal  à  la  vigne  et  à  la  feuille  de  mûrier.  Les  con- 
crétions de  la  barhcuto  snr  les  plantes  et  les  arbres  ressem- 
blent à  nne  sorte  de  barbe  blanebe.  C*est  de  là  que  Sau- 
vages fait  dériver  ce  nom. 

Barbata,  v.  Bonillir  à  gros  bouillons;  particulièrement, 
faire  on  certain  bruit  en  bouillant,  soit  comme  un  grand 
▼ase  qui  rend  un  bruit  sourd  en  bouillant  fortement,  soit 
seulement  comme  un  potage  qui  mitonne  sur  un  fourneau  ; 
chez  Vxm  et  l'autre ,  ce  bruit  est  produit  par  le  dégage- 
ment de  Tair,  qui  forme  des  globules  qui  crèvent  et  se  suo- 
oâdent  instantanément.  C*est  ce  qu'exprime  ce  mot  par 
une  onomatopée  saisissante. 

Barbéja,  v.  Raser,  faire  la  barbe,  au  pr.  et  au  fig.  — 
L'avèn  barbéja,  nous  avons  eu  de  son  poil,  nous  lui  avons 
gagné  son  argent. 

Dér.  de  Barbo, 

Barbèl,  s.  m.  Barbeau,  Cyprinus  barbu»,  Linn.  Poisson 
d*eau  douce;  museau  pointu,  mâchoire  supérieure  fort 
avancée  avec  des  barbillons,  dos  olivâtre,  ventre  blanc  ; 
il  croit  vite  et  devient  fort  grand  ;  sa  forme  ressemble 
assez  à  celle  du  brochet.  Il  préfère  un  lit  couvert  de  cail- 
loux à  un  fond  bourbeux. 

Barbu  signifie  aussi  :  un  jeune  gars,  un  blanc-bec. 

L'une  et  l'autre  de  ces  acceptions  sont  dér.  de  Barbo  : 
dans  la  dernière,  parce  que  c'est  l'âge  où  la  barbe  com- 
mence à  pousser  ;  dans  la  première,  parce  que  ce  poisson 
porte  deux  appendices  ou  barbillons  à  la  mâchoire  supé- 
rieure. 

Barbéto,  $.  f.  Terme  de  nageur,  qui  n'est  employé  que 
dans  cette  expression  :  Faire  la  barbéto,  et  signifie  :  ap- 
prendre à  nager  à  un  apprenti  en  le  soutenant  de  la  main 
par  le  menton,  ce  qui  l'empêche  d'enfoncer  la  tète,  et  lui 
permet  d'étendre  le  corps  sans  danger  dans  la  position 
horizontale.  Au  fig.,  prêter  aide  et  appui,  soutenir. 

Dér.  de .  Barbo,  parce  qu'on  prend  le  nageur  par  la 
barbe,  ou  du  moins  au  siège  dQ  la  barbe  ;  qu'on  lui  tient 
le  menton  dans  la  paume  de  la  main,  comme  font  les  bar- 
biers à  leur  patient  pour  le  savonner,  ou  plutôt  comme  ils 
faisaient,  quand  il  y  avait  des  barbiers,  et  avant  l'inven- 
tion du  pinceau  à  barbe. 

Barbie,  <.  m.  Barbier,  qui  fait  la  barbe,  qui  rase.  L'his- 
toire des  barbiers  mériterait  d'être  écrite  et  conservée.  Il  y 
a  un  siècle,  ils  n'étaient  point  autres  que  des  chirurgiens, 
avec  privilèges.  Aujourd'hui,  ils  ont  perdu  leur  droit  de 
saigner,  autrement  (ju'en  faisant  la  barbe,  et  encore  !  mais 
leur  titre  a  totalement  disparu,  sinon  la  profession.  —  Lou 
barbiè  de  Sàousi.  Sauzet  est  un  petit  village,  arrond.  d'Uzès. 
La  tradition  assure  qu'il  y  avait  là  un  barbier  qui  non-seu- 
lement rasait  gratis,  mais  qui  payait  à  boire  à  ses  pratiques 
par-dessuB  le  marché.  Sa  réputation  est  passée  en  pro- 
Teibe.  On  ai  voit  les  applications  ironiques. 

Barbîô,  «.  m.  Petit  homme  barbu,  bamboche  à  longues 
moustadies.  La  mode  de  nos  jours  rend  fréquente  l'appli- 
eatioii  de  ce  mot.  —  Voy.  Barboeho. 


Barbo,  <.  f,  Dim.  Barbéto,  péj.  Barbasso.  Barbe,  poil 
•des  joues  et  du  menton;  arête  de  l'épi  des  céréales;  filets 
du  tuyau  d'une  plume;  radicules,  filaments  d'un  végétal 
quelconque.  —  Quand  papiès  parlou,  harbos  ealou,  quand 
les  titres  parlent,  les  docteurs  se  taisent.  Fariè  la  barbo 
énd'un  iôou,  il  trouverait  à  tondre  sur  un  œuf.  Nous  faï 
la  barbo  en  toutes,  il  nous  passe  tous,  il  nous  rendrait 
des  points.  Barbo  dé  païo,  visage  de  bois,  dicton  fort  usité 
et  d'une  application  plus  large  que  son  correspondant  fran- 
çais :  il  s'étend  à  toute  sorte  de  désappointement,  quand 
on  se  voit  trompé  dans  son  attente.  Bouviè  sans  barbo,  aïro 
sans  garbo,  prvb.,  à  jeune  bouvier,  pauvre  moisson. 

Dér.  du  lat.  Barba. 

Barbocho,  s.  m. Dim.  Barbouckéto,  Petit  homme  barbu: 
même  sens  que  Barbïà,  (F.  c.  m.)  Bar  bichon;  chien- 
barbet. 

Dér.  de  Barbo,  parce  que  le  barbet  a  beaucoup  de  poil 
autour  du  museau. 

Barbouia,  v.  Balbutier;  bégayer;  baragouiner;  bre- 
douiller. 

Dér.  du  lat.  Balbus,  bègue. 

Barbouîaje,  s.  m.  Barbouillage,  en  discours,  en  écri- 
ture, en  peinture,  en  diction  ;  griffonnage  ;  galimafrée. 

Emp.  au  fr. 

Barbouînr,  uso,  adj.  Barbouilleur;  bredouilleur ;  grif- 
fonneur. 

Barboutl,  v.  Marmotter;  chuchotter;  parler  entre  ses 
dents-;  murmurer  tout  bas;  faire  un  à-parte;  dire  des 
messes-basses,  parler  dans  sa  barbe. 

Dér.  de  Barbo. 

Barboutimén ,  s.  m.  Chuchottement,  marmottement; 
murmure  ;  messe-basse  ;  bredonillement. 

Barbu,  udo,  adj.  Barbu,  qui  a  de  la  barbe,  beaucoup 
de  barbe. 

Barbudo,  s.  f.  Chicorée  sauvage,  barbe  de  capucin, 
Cichorium  intybfM,  Linn.  Chicorée  barbue  des  prés,  qu'on 
mange  en  salade  quand  elle  commence  à  pousser  et  qu'elle 
germe  encore  dans  la  terre  ;plus  tard  elle  est  dure  et  héris- 
sée de  piquants.  C'est  à  cet  âge  peu  tendre  qu'elle  a  reçu 
son  nom. 

Barbudo  est  aussi  le  nom  des  ceps  de  vigne  d'un  an,  qui 
ayant  poussé  des  radicules,  qui  plus  faciles  à  la  reprise  et 
donnent  plus  tôt  des  produits. 

Dér.  de  Barbo. 

Barda,  s,  m.  Carrelage  en  dalles  ;  pavé  bardé  avec  des 
dalles. 

Dér.  de  Bar. 

Barda,  v.  Couvrir,  barder  de  lard  un  rôti  ;  mettre  la 
barde  à  une  bête  de  somme;  plaquer  ou  lancer  contre  les 
murs  ou  sur  le  carreau.  ^  Barda  un  perdigai,  barder, 
couvrir  un  perdreau  de  bardes  de  lard.  Vaï  barda  la  miolo, 
l'ose,  va-t-en  mettre  la  barde  à  la  mule,  à  l'âne.  Lou  bardé 
âou  sôou,  il  le  jeta  rudement  par  terre. 

Dér.  dans  le  premier  sens  de  Bardo,  dans  le  second  de  Bar. 


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BAR 


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Bardo,  «.  f.  Dim.  Bardèlo,  péj.  Bardauo.  Barde,  bar- 
délie,  espèce  de  bAt  oa  de  selle  piquée  de  bourre  ;  tranche 
mince  de  lard  appliquée  sur  une  volaille. 

Dér.  de  Barda,  du  lat.  hardianum,  espèce  d'armure  ou 
de  cuirasse  des  soldats  gaulois. 

Bardô,  «.  f,  Dim.  Bardouté,  péj.  Bardoutas.  Espèce  de 
mulet,  né  de  T&nesse  et  du  cheval.  Cet  animal^  très-robuste 
mais  de  forme  peu  élégante,  est  le  souffre-misère  de  la 
bande  des  mulets  {coublo)  ;  c'est  lui  qui  porte  les  bagages,  et 
le  muletier  par-dessus  le  marché.  Au  iig.  butor,  lourdaud  ; 
souffre-douleur.  — Lou  prénou  pér  barda,  on  en  fait  le 
bouc  émissaire,  un  objet  de  mystification  ;  on  le  charge  de 
tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  pénible.  Pa$$a  pér  barda,  deve- 
nir le  jouet,  être  le  dindon  de  la  farce. 

U  y  a  une  distinction  à  faire  entre  les  deux  locutions  : 
passa  pér  barda  et  préne  pér  barda.  Que  le  premier  dicton 
s'applique  à  qui  porte^plus  que  sa  part  des  peines  et  des 
fatigues  communes,  c'est  bien  cela,  mais  c'est  encore  autre 
chose.  La  charge  susdite  du  bardot  ne  pouvant  figurer  sur 
une  lettre  de  voiture,  il  ne  comptait  pas  lui-même  au 
nombre  des  mulets  qui  composaient  là  caravane.  C'est  dans 
ce  dernier  sens  qu'est  prise  la  première  locution,  appliquée 
à  une  personne  qui,  dans  une  dépense  à  faire,  dans  une 
charge  quelconque  à  supporter  en  commtm,  trouve  moyen 
de  s'exonérer  de  son  écot,  de  sa  tÂche  ;  passe  comme  on 
dit  par-dessus  le  marché,  et  par  conséquent  ne  compte  pas 
non  plus. 

Pour  le  deuxième  dicton  :  Barda,  au  fîg.,  signifie  un 
lourdaud,  un  imbécile,  un  sot  et  grossier  personnage,  dont 
on  se  moque,  dont  on  abuse,  à  qui  Ton  fait  porter  aussi 
double  bât,  double  charge;  et  l'individu  qu'à  tort  ou  à 
raison  on  considère  comme  tel  et  que  par  conséquent  on 
traite  de  cette  manière,  on  le  prend  pour  bardot  :  il  devient 
alors  chef  d'emploi  de  doublure  qu'il  était,  et  la  copie  vaut 
l'original. 

Dér.  du  gr.Bap^6«,  lourd,  lent. 

Barguigna,  v.  Barguigner;  hésiter;  balancer;  être  in- 
décis, embarrassé. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bareaniare,  marchander.  Ce  der- 
nier mot  venait  lui-même  du  lat.  in  barcam  ire,  aller  sur 
une  barque,  parce  que  le  mot  barca  était  à  proprement 
un  esquif,  on  embarcation,  sur  laquelle  les  traïiquants 
allaient  et  venaient,  dans  le  port,  d'un  navire  à  l'autre, 
pour  traiter  avec  les  patrons. 

Bargnignûre ,  airo,  adj.  Péj.  BarguigniAras ,  asso. 
Barguigneur;  marchandeur.  —  Voy.  Raïsséjaïre. 

Bari,  s.  m.  En  vieux  languedocien,  Rempart;  barrière. — 
La  eariUro  dâou  Bari,  la  rue  du  Rempart,  qu'on  a  eu  le 
bon  esprit  à  Alais  de  ne  pas  franciser  et  qui  s'appelle  tou- 
jours la  ruê  du  Barry,  Lou  mtoii  bari  es  la  pès,  le  meil- 
leur boulevard  d'une  ville,  c'est  la  paix.  Suivant  la  fameuse 
deviâSt  ce  devait  être  aussi  celui  de  l'empire  ;  mais  depuis. . . 
Esfùuïr<hbari  d'Aoubinas,  c'est  le  vieux  surnom  que  Ton 
donne  aux  habitants  d'Aubeuâs.  R  est  sans  doute  glorieux 


pour  eux,  puisqu'il  doit  signifier  :  qui  sape  les  remparts, 
sapeur  de  remparts. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Vara  ou  barum,  barricade,  enceinte, 
clôture,  faite  avec  des  poutres,  premiers  remparts  des 
villes,  ou  plutôt  des  villages  qui  devinrent  des  villes  et 
des  places  de  guerre  sous  la  féodalité,  dans  un  temps  où 
tout  le  pays  était  couvert  de  forêts.  On  se  servit  ensuite 
de  l'expression,  un  peu  modifiée ,  barium ,  pour  mur  de 
ville  fait  de  poutres,  et  le  nom  resta  quand  les  pierres  rem- 
placèrent ces  remparts  trop  faibles.  Un  prvb.  disait,  et  il 
justifie  la  dériv.  :  A  bari  bas  éscalo  noun  fdau. 

Barièïraîre,  s.  m.  Préposé  aux  barrières,  à  l'octroi, 
commis  aux  barrières  à  la  perception  des  droits  d'entrée 
dans  les  villes. 

Dér.  de  Barièïro. 

Barièîro,  s.  m.  Barrière.  —  Les  villes,  qui  n'avaient 
pas  des  portes,  avaient  des  barrières,  ne  fût-ce  que  pour 
empêcher  la  contrebande  et  assurer  les  péages.  On  les  pla- 
çait même  quelquefois  à  des  distances  assez  éloignées,  qui 
agrandissaient  le  rayon  autour  des  villes  ou  des  châteaux 
féodaux;  et  les  noms,  qui  persistent  encore,  en  conservent 
le  témoignage,  comme  les  anciennes  chartes  d'établisse- 
ment. Un  décret  consulaire  imposa  un  droit  de  péage  à 
l'entrée  des  villes  pour  les  chevaux  et  les  voitures,  et  pour 
la  perception  on  y  plaçait  des  barrières  mobiles.  Ce  droit 
fut  converti  par  la  loi  de  frimaire  an  VII  en  octroi  muni- 
cipal, et  les  bureaux  d'octroi  occupèrent  le  même  empla- 
cement que  les  barrières.  Ce  n'est  même  que  sous  le  nom 
de  barièïro  que  sont  connus  ces  bureaux  et  le  quartier 
qu'ils  occupent.  Ainsi,  on  dit  à  Alais  la  BarOiro  dâou 
MaS'dé'Néffre  pour  désigner  le  bureau  d'octroi  du  Mas-de- 
Nègre. 

Dér.  de  Bara. 

Baril,  s.  m.  Dim.  Bar'ié,  Baril,  petit  tonneau,  barrique 
à  huile;  barillet,  petit  baril.  —  Un  baril  désardos,  une 
barrique  de  sardines.  Un  baril  d'anekdio,  un  baril  d'an- 
chois. Vn  baril  d'oli,  un  baril  d'huile. 

Dér.  du  celt.  Barr,  vaisseau,  d'où  la  bass.  lat.  barillut, 
baril. 

Barioto,  s.  f.  Brouette,  espèce  de  petit  tombereau,  à 
une  roue  et  deux  bras,  traîné  ou  poussé  par  une  personne. 

—  Voy,  Brouéto  ou  Brouvèio, 

Dér.  de  Ba,  rédupl,  et  du  lat.  rota,  roue,  parce  que 
dans  le  principe  elles  avaient  une  double  roue. 

Barîon,  t.  m.  Barillon,  engin  destiné  à  confeotionner 
des  trousses,  de  grosses  bottes  de  foin  ou  de  paille.  G'ert 
une  sorte  de  filet,  oompoeé  de  deux  barres  et  de  cordes 
non  croisées  :  un  réseau  ou  tramail  à  cet  usage. 

Dér.  de  Baro,  dont  il  est  un  dimin. 

Banque,  t.  f.  Barrique,  grand  baril.  R  ne  se  dit  ^pie 
du  baril  qui  sert  de  caque  aux  anchois  et  aux  sardines.  On 
se  sert  de  ces  barillets  pour  les  chapelets  de  puils-à-roue. 

—  La  musique  es  din  la  bariquo,  disent  les  chantres  et  u 
peu  sans  doute  les  chanteurs,  dont  la  réputation  est 


BAR 


BAR 


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d*ètre  boas  buveurs  ;  mais  alors  ils  parlent  de  bariquo, 
dans  sa  grande  dimension,  gros  tonneau  servant  à  conte- 
nir du  vin.  —  Au  fig.  et  en  style  fam.  ce  mot  signifie  le 
TOitre,  les  intestins.  —  Té  vôou  créba  la  bariquo,  je  te 
ciéve  le  ventre.  En  esp.  on  dit  aussi  dans  le  même  sens 
haniea,  ventre. 

Dér.  du  celt.  Barr,  vaisseau,  ou  du  lat.  barillus. 

Baiisqao-Barasqao,  adv.  Onomatopée  exprimant  Tac- 
tion  de  quelqu'un  qui ,  une  barre  à  la  main,  comme  une 
làulx,  renverserait  ou  briserait  tout  ce  qui  est  à  sa  portée. 
Aniig.  brutalement,  bruyamment. 

Dér.  de  Baro. 

Baija,  fi.  pr.  de  lieu,  Barjac,  ville  et  canton  de  Tarron- 
dissement  d'Alais. 

Cette  petite  ville  est  mentionnée  dans  les  anciennes 
chartes  avec  quelques  altérations  dans  son  nom  :  en  4  076, 
de  Bariado;  en  4077,  de  Bariac;  en  1084,  de  Bargiaeo  ; 
mHZi,  de  Bargago;en  M 32,  de  Barjago;  en  1471,  de 
Barjoeo;  en  4494,  de  Bargiaeo,  En  fr.  on  écrivait  Barjac 
ou  Bargeac. 

Abstraction  faite  de  la  désinence  adjective  ac,  acum,  et 
en  lang.  a,  où  le  c  flnal  est  supprimé  (F.  a,  an,  suff.),  la 
iorme  la  plus  ancienne  du  mot  semblerait  indiquer  son 
élymologie  de  la  bass.  lat.  barium  au  plur.,  avec  le  sens 
de  wuBnia,  fortification,  selon  Du  Gange,  et  Barja  signifie- 
rait alors  village  fortifié.  Mais  n'a-t*elle  pas  été  prise  peut- 
être  du  celt.  berg,  éminence,  hauteur,  d'où  est  venu  le 
vieux  mot  barge,  aujourd'hui  berge,  ou  mieux  peut-être  de 
la  bass.  lat.  baria  ou  beria,  locus  scUicet  arboribu*  desti- 
UUu$,  dumeiis  verà  vepribusque  refertusf  (Voy.  Du  Gange, 
\o  Berra.)  On  ne  trouve  pas  en  effet  dans  le  territoire  de 
grandes  forêts,  mais  de  petits  bois.  Le  nom  d'un  lieu  voisin, 
Bériae,  dans  l'Ardèche,  pourrait  servir  d'indice,  au  moins 
par  analogie  de  situation,  de  nature  de  terrains  et  d'aspect 
général, 

n  y  a  dans  le  Gard  deux  autres  localités  du  même  nom, 
Barja,  hameaux  des  communes  de  Monteils  et  de  Trêves, 
où  la  topographie  et  le  sol  confirmeraient  notre  dernière 
interprétation. 

Baija,  9.  Maquer  le  chanvre,  le  broyer  avec  la  maque. 

—  Ce  mot  semble  une  contraction  du  fréquentatif  Barija, 
qui  n'est  pas  dans  la  langue,  mais  qui  signifierait  jouer  de 
û  barre,  passer  à  la  barre  :  parce  que  les  mâchoires  de  la 
maque  à  chanvre  ont  bien  pu  dans  l'origine  n'être  que  de 
8im{des  barres  à  broyer.  —  Dans  le  dial.  prov.  maquer  se 
dit  brégea,  rapproché  de  broyer,  dér.  de  l'allem.  breehen, 
rompre,  briser;  de  cette  origine  germanique,  le  langued. 
aurait  bien  pu  conserver  bar  ou  ber  pour  bérja  et  barja, 
avec  le  même  sens  de  briser  et  broyer. 

Bar)a,  o.  Jaser  ;  babiller;  jacasser;  caqueter  ;  jabotter. 

—  Barja  eoumo  la  bHo  Jano,  babiller  comme  une  com- 
mère, lou  diable  té  barjef  Au  diable  ton  babil  1 

Dér.  du  celt.   BajtM  ou  du  .gr.  BoâCco,  babiller,   bre- 


BariadisBO,  <.  f.  Bavardage;  longue  causerie;  babil 
ennuyeux  et  insupportable. 

Dér.  de  Barja, 

Barjaire,  airo,  adj.  Babillard,  qui  aime  à  causer;  qui 
ne  cesse  pas  de  jacasser.  —  Voy,  Barjàou. 

Barjalado,  s.  f,  Bisaille  ;  trémois  ;  menus  grains  ;  menus 
blés;  semences  de  mars;  mélange  de  paumelle  et  de  vesce 
dont  on  fait  un  pain  grossier.  On  sômc  ainsi  en  mars,  de 
barjalado,  les  terres  que  le  manque  de  temps  ou  les  lon- 
gues pluies  ont  empêché  d'ensemencer  en  automne.  — 
Aquà's  pas  ^ué  dé  barjalado,  c'est  de  la  ripopôe. 

Dér.  du  lat.  Farrago,  toutes  sortes  de  grains. 

Barjâou,  âoado,  adj,  —  Voy.  Barjaïre. 

Barjios,  s.  f,  plur.  Chêne vottes,  débris  du  chanvre 
broyé,  maqué,  avec  quoi  on  faisait  les  allumettes  soufrées, 
avant  que  l'usage  des  allumettes  chimiques,  à  frottement, 
à  phosphore,  à  explosion  soudaine,  plus  dangereuses  mais 
plus  rapides  à  s'enflammer,  eût  fait  oublier  les  premières. 
—  Dansa  sus  las  barjios,  sauter  de  joie,  être  dans  le  ravis- 
sement. Quand  la  culture  du  chanvre  était  une  industrie 
dans  nos  contrées  ;  quand  arrivaient  les  barjios,  la  récolte 
était  finie,  et  c'était  fête  et  repos;  on  pouvait  danser. 

Dér.  de  Barja,  maquer. 

Barjo,  s.  f.  Maque,  brisoir,  banc  à  maquer  le  chanvre  ; 
babil,  jacasserie,  superfluité  de  paroles.  —  N'a  pas  que  dé 
barjo,  il  n'a  que  du  babil,  il  n'y  a  point  de  fond. 

Barlaqua,  v.  Mouiller,  tremper;  agiter  dans  l'eau  ; 
plonger  dans  l'eau. 

Se  barlaqua,  se  tremper  jusqu'aux  os  ;  se  vautrer  dans 
l'eau  et  dans  la  boue;  se  saucer  par  la  pluie. 

Dér.  de  Bar,  en  v.  lang.  boue,  fange,  limon,  et  laqua, 
vautrer. 

Barlaquado,  s,  f.  Mouillure,  soit  qu'elle  vienne  en  jetant 
à  l'eau  quelqu'un  ou  quelque  chose,  ou  s'y  plongeant  soi- 
même,  soit  par  l'effet  de  la  pluie  qu'on  reçoit. — Aï  endura 
uno  bono  barlaquado,  j'ai  supporté  une  grosse  averse. 

Dér.  de  Barlaqua. 

Bamaje,  s.  m.  Fouillis,  embarras;  bardes,  meubles, 
entassés  en  désordre.  Au  prop.  effets  personnels  qu'on  pr^d 
en  voyage. 

Ce  mot  me  parait  la  contraction  de  Barounage,  qui  vou- 
lait dire  l'ordre  des  barons,  équipage  de  baron  ;  ou  plus 
simplement,  du  gaulois  bamage,  bagage  désignant  le  train 
d'un  grand  seigneur.  —  Voy.  Baroun. 

Baro,  s,  f,  Dim.  Baréto,  baroù,  barïoà,  péjor.  Barasso, 
Barre  ;  pièce  de  bois  ou  de  fer,  longue  et  peu  épaisse  ;  tra- 
verse ;  perche;  latte. —  Baro  dé  earéto,  enrayure  de 
charrette.  Baro  dé  galignè,  juchoir.  —  Se  préne  uno  baro  / 
si  je  prends  un  bâton  !  Propre  eoumo  la  baro  d'un  gaUgnè, 
propre  comme  le  perchoir  des  poules.  Méire  la  baro  à  la 
porto,  bâcler  une  porte.  Nous  ajudaras  à  pouria  ia  baro, 
tu  nous  aideras  àporter  le  joug,  dit-on  à  un  nouveau  marié. 

Dér.  du  lat.  Vara,  traverse,  pièce  de  bois  mise  en  tra- 
vers d'une  porte. 


96 


BÂR 


BAS 


Baron,  «.m.  Bâton  de  chaise;  traverse  de  bois  rondin, 
qui  sert  à  soutenir  les  tables  de  vers  à  soie  et  qui  porte 
elle-même  sur  les  chevilles  des  montants.  Quand  ces  tra- 
verses sont  en  bois  scié,  on  les  appelle  jcuéno.  —  V,  c.  m. 

Dér.  de  Baro. 

Barongné,  s.  f.  Baronnie;  titre  de  baron  ;  terre  baron- 
niale,  château  baronnial.  —  Le  quartier  où  s'établit  aujour- 
d'hui Tavenue  de  la  nouvelle  gare  du  chemin  de  fer,  l'em- 
placement de  l'hôtel  du  Commerce,  et  tout  ce  pâté  de  mai- 
sons, ainsi  que  la  première  gare,  faisaient  partie  de  ce 
qu'on  appelait  autrefois  à  Alais  la  Barougnè,  quand  la 
ville  et  son  territoire  étaient  divisés  en  deux  juridictions, 
celle  du  baron  et  celle  du  comte;  ce  dernier  avait  aussi 
des  possessions  vers  le  quai  de  la  Comté,  rappelant  ce  sou- 
venir. 

Baroun,  i.  m.  ;  au  fém.  Barouno.  Dim.  Barouné,  péjor. 
Barounas.  Baron,  titre  de  noblesse.  —  Le  sort  de  ce  mot 
a  été  bien  divers  :  lors  de  son  premier  emploi,  dit  Honno- 
rat,  il  signifiait  homme  vil,  ensuite  homme  en  général,  et 
ir  n'est  devenu  un  titre  d'honneur  que  vers  l'année  567. 
En  italien,  le  mot  barone  signifie  tantôt  noble,  vaillant, 
puissant,  et  tantôt  brigand,  voleur,  vaurien.  Les  extrêmes 
se  touchent. 

Dér.  du  V.  lang.  Bar  ou  baro,vir,  homme.  Les  rois  appe- 
laient barons  leurs  vassaux  immédiats.  Ils  disaient  indif- 
féremment :  mon  baron  ou  mon  homme,  pour  homme 
d'armes. 

Barounéia,  v.  Se  montrer  baron  ;  se  vanter  de  l'être  ; 
se  donner  des  airs  de  grand  seigneur. 

Dér.  de  Baroun, 

Barqnado,  s.  f.  Batelée  ou  barquée,  plein  une  barque  ; 
le  chargement  d'une  barque.  —  Empouï$ounariè  uno  bar- 
quado  dé  erucifit,  dict.,  il  ferait  faire  naufrage,  il  porte- 
rait malheur  à  une  barque  chargée  de  crucifix. 

Dér.  de  Barquo. 

Barque,  t.  m.  Batelet;  bachot;  canot;  esquif. 

Dim.  de  Barquo, 

Barqaéto,  <.  f.  Petit  bateau,  petite  barque  ;  barquerolle  ; 
barquette,  espèce  de  pâtisserie,  de  gaufire,  en  forme  de 
barque. 

Dim.  de  Barquo, 

Barquiè,  barqnièiro,  adj,  et  s.  De  barque,  qui  tient  à 
une  barque;  batelier,  patron  d'un  bac  sur  une  rivière  ;  pas- 
seur. 

Dêr.  de  Barquo. 

Barquo ,  s.  f.  Péjor.  Barquasso,  Barque  ;  bac;  tartane; 
allège.  —  Sa  barqtto  toquo,  sa  barque  échoue;  il  est  au 
bout  de  son  rouleau  ;  ses  affaires  vont  mal.  Mina  Inin  $a 
barquo,  bien  conduire  ses  afiaires.  Coumo  txtï  la  barquo? 
comment  va  la  santé?  comment  vont  les  affaires? 

Dér.  du  lat.  Barea. 

Bartas^  s.  m.  Dim.  Bartoâsoù,  Hallier,  buisson  épais, 
touffe  de  ronces  et  de  broussailles  ;  au  pr.  touffe  de  bois 
taillis  non  élagué.  —  Amouroiu  eoufno  un  barUu,  par 


contre-vérité,  doux  comme  un  fagot  d'épines.  Un  sAouUh 
bartas,  a  beaucoup  de  rapport  avec  trâouquo-baragnado 
{Voy.  Baragnado)^  et  je  n'y  vois  d'autre  différence  que 
celle  de  l'escalade  â  l'effraction. 

Le  poète  Salluste  du  Bartas  était  certainement  méridional 
par  son  nom  ;  né  dans  le  nord  de  la  France,  il  se  fût  appelé 
du  Ilallier  ou  du  Buisson ,  avec  ou  sans  séparation  de 
l'article;  nous  ne  savons. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Barta,  buisson,  hallier,  ou  par  l'ad- 
dition d'un  r,  du  grec  Bdéro^,  buisson. 

Bartassado,  s.  f.  Fourré  de  bois  ;  lieu  rempli  de  hal- 
liers,  où  il  est  difQcile  de  pénétrer  ;  grande  touffe  de  buis- 
sons. 

Dér.  de  Barta$, 

Bartasséja,  v.  Battre  les  buissons  et  halliers,  terme  de 
chasseur  ;  quêter  le  gibier  en  fouillant  les  buissons. 

Bartaasoù,  «.  m.  Branche  basse,  ou  plutôt  rejeton  de 
chêne  vert,  rabougri  et  ravalé,  et  par  cette  raison  plus 
épais,  plus  touffu,  dont  on  se  sert  pour  ramer  les  vers  à 
soie  en  les  mêlant  avec  la  bruyère.  Avant  de  les  employer, 
on  les  fait  sécher  et  on  les  dépouille  de  leurs  feuilles,  en 
les  battant  contre  un  mur.  L'éducateur  cévenol,  supersti- 
tieux observateur  des  lunaisons,  ne  coupe  les  barta$$o^ 
que  pendant  la  nouvelle  lune,  sans  quoi  il  arriverait  que 
le  bois  en  serait  de  suite  vermoulu  et  se  briserait  en  le 
frappant.  D'après  lui,  tous  les  arbres  verts  doivent  être 
coupés  en  lune  nouvelle,  et  tous  ceux  qui  perdent  leur 
feuille,  après  la  pleine  lune,  sous  peine  des  vers. 

Dim.  de  Bartas, 

Bamnla,  v.  Rouler;  courir;  rôder;  vagabonder.— 
—  Barunlè  lous  éscaïés,  il  roula  l'escalier. 

Rédupl.  de  Runla.  —  F.  c.  m. 

Banmlaîre,  ûro,  adj.  et  s,  m.  Vagabond;  batteur 
d'estrade  ;  coureur  ;  rouleau,  cylindre  mobile  qu'on  roule 
sur  une  terre  nouvelleofent  ensemencée  pour  aplanir  la 
crête  des  sillons  et  raffermir  le  terrain. 

Dér.  de  Barunla, 

Banrnlo,  «.  f.  Pente  escarpée  et  rapide  ;  terrain  qui  va 
en  descendant,  très-incliné.  —  Préne  la  barunlo,  être 
entraîné  par  la  pente,  dégringoler,  au  pr.  et  au  fig. 

Dér.  de  Ba,  signe  du  rédupl.  et  du  lat.  roiula,  petite 
roue. 

Bamtèl,  s,  m.  Claquet  ou  traquet  d'un  moulin  ;  blu- 
teau,  blutoir;  sas.  Au  fig.  babillard  sempiternel,  bavaid 
dont  le  caquet  imite  le  bruit  incessant  d'un  traquet  de 
moulin. 

Dér.  du  lat.  Volutare, 

Bas,  baaso,  adj,  Dim.  Ba$sé,  péj.  BoMsat,  Bas,  pro- 
fond ;  qui  a  peu  de  hauteur. 

A  bas,  adv.  A  bas  ;  doucement. 

En  bas,  ou  Dé  bas,  adv.  En  bas,  au  fond. 

L'émbas  ou  Lou  débas,  s.  m.  Le  bas;  par  raf^rt  an 
premier  étage  d'une  maison;  le  rez-de-chaussée;  le  fond. 

—  Lou  vin  es  bas,  le  tonneau  est  au  bas.  Dé  la  eéniuroém 


ï 


BAS 


BAS 


97 


bas,  de  la  ceinture  aax  talons.  Es  à  bas,  il  est  tombé, 
détruit,  par  terre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bassus, 

Bas,  f.  m.  Dim.  Basté,  péj.  Bastas.  Bât,  espèce  de  selle 
très-forte  pour  bêtes  de  somme,  servant  au  transport.  — 
Anin  plan,  lou  bas  se  bagno,  OU  se  moïo,  doucement,  ceci 
commence  à  se  gâter  {Voy.  Bagna).  Pourta  lou  bas,  payer 
l'acquit  pour  les  autres  ;  avoir  tout  le  souci. 

Dér.  du  celt.  Basi,  d*où  la  bass.  lat.  aurait  fait  bastum, 
bât  ;  ou  bien  du  gr.  Bavréç,  bâton  avec  lequel  on  porte  les 
fardeaux,  forme  de  Baazéû^ivt,  porter  une  charge. 

Basaclo,  s.  m.  Terme  de  comparaison  à  tout  ce  qui  est 
large  et  grand.  —  Âquéles  soutes  soun  dé  hasaclss,  ces  sou- 
liers sont  démesurément  larges .  Il  existe  à  Toulouse  une 
grande  minoterie  de  ce  nom  sur  la  Garonne  et  le  canal 
Brienne.  Est-ce  ce  nom  qui  est  devenu  type,  ou  bien 
vient-il  lui-même  de  ses  grandes  dimensions  ;  ou  enfin  ces 
deux  acceptions  existent-elles  indépendantes  Tune  de 
Tautre?  Cette  dernière  hypothèse  parait  plus  raisonnable. 
Le  mot  Basaele  est  ancien  dans  l'idiome,  tandis  que  le 
moulin  du  Basaele  a  été  construit  sous  l'administration  de 
Mgr  de  Loménie  de  Brienne,  archevêque  de  Toulouse,  qui 
a  laissé  son  nom  au  canal  sur  lequel  il  est  construit  ;  ce 
qui  ne  fait  remonter  son  établissement  que  vers  les  années 
qui  touchent  à  4789.  Son  architecture  ne  présente  pas  une 
date  beaucoup  plus  ancieane,  en  supposant  qu*il  ne  se  fût 
agi  alors  que  d'un  agrandissement.  Du  reste,  ce  mot  parait 
dér.  du  lat.  Vasculum,  vase,  vaisseau. 

Basall,  I.  m.  Basilic,  serpent  ou  lézard,  animal  fabuleux, 
dont  le  regard,  ditron,  donnait  la  mort,  s'il  voyait  l'homme 
avant  que  l'homme  l'eut  vu.  On  croyait ,  et  qui  dirait  que 
bien  des  gens  ne  croient  pas  encore?  qu'il  provenait  des 
CBufs  d'un  vieux  coq.  Dans  les  Castagnados,  le  marquis  de 
la  Fare-Alais  a  chanté  cette  légende  et  a  dédié  cette  pièce  à 
Jean  Reboul  :  deux  noms  fraternels  !  deux  gloires  locales  ! 

Dér.  du  gr.  haaik\x6ç,  royal. 

Basait,  s.  m.  Basilic,  Ocymum  basilicum,  Linn.,  de  la 
fam.  des  Labiées,  plante  annuelle,  aromatique,  quelle  popu- 
laire cultive  avec  soin  dans  dés  pots  cassés.  Les  jeunes 
gens  des  deux  sexes,  quand  ils  sont  endimanchés  en  été, 
ne  se  passeraient  pas  d'un  brin  de  basilic  à  la  bouche,  à  la 
main  ou  sur  le  sein.  C'est  le  patchouli  cévenol.  On  peut 
l'appeler  aussi  l'oranger  du  savetier,  car  il  n'est  guère  de  ces 
artisans  qui  n'en  aient  un  pot  dans  leur  boutique.  Notez  qu'on 
ne  dit  point  vase,  attendu  que  c'est  presque  toujours  un  vieux 
pot  hors  de  service  et  chassé  de  la  cuisine,  qu'on  emploie  à 
ce  dernier  usage.  —  Enguén-basall ,  basilicon,  onguent. 

Itlême  étym.  que  le  mot  précédent. 

Bassaqna,  v.  Caboter;  secouer;  remuer  d'un  côté  â 
l'autre  ;  ballotter  comme  un  sac. 

Dér.  de  Ba,  particule  rêdup.,  et  de  sa,  saquo. 

Bassaquamôn,  s.  m.,  ou  Bassaquado,  s.  f.  Secousse  ; 
cabot,  cabotage  d'une  voiture. 

Même  dér.  que  le  mot  préc. 


Basaaquo,  s.  f.  Paillasse  de  lit;  sac  à  paille;  large  sac 
dans  lequel  se  plient  les  bergers  dans  leur  cabane,  et  sur- 
tout lorsqu'ils  bivouaquent  dans  les  pâtis  des  montagnes. 

Même  dér.  que  Bassaqua. 

Bassarèl,  s,  m.  —  Voy.  Bassàl.  m.  sign. 

Basségou,  <.  m.  Timon  d'une  charrue,  d'un  araire; 
brancard  d'un  puits  à  roue,  auquel  est  attelé  le  cheval  qui 
met  en  mouvement  son  mécanisme. 

Dér.  du  lat.  Baculus,  bâton. 

Bassèl,  s.  m.,  ou  Bassarèl.  Battoir  de  lavandière,  palette 
de  bois  dont  elles  se  servent  pour  battre  le  linge  en  lavant. 
Au  fîg.  soufflet,  tape  â  main  plate. 

Dér.  du  lat.  Baculus,  dim.  Bacellus. 

Basséla,  v.  Battre  le  linge  avec  le  bassH,  Au  fig.  frap- 
per, battre  comme  plâtre  ;  frapper  â  coups  redoublés  ;  par 
ext.  tourmenter,  inquiéter. 

Dér.  de  Bassèl. 

Bassélaje,  s.  m.  Bruit  de  battoir  de  lavandière  ;  ou 
tout  autre  bruit  ou  tapage  qui  lui  ressemble  par  la  fré- 
quence des  coups. 

Dér.  de  Bassèl. 

Bassèsso,  s.  f.  Action  indigne  d'un  homme  ou  d'une 
femme  d'honneur  ;  action  honteuse  ;  une  faiblesse  chez  le 
sexe .  —  A  fa  uno  bassèsso,  il  a  commis  une  lâcheté. 

Emp.  au  fr.,  le  mot,  mais  non  le  seûs. 

Bassina,  s.  m.  Au  plur.  Bassinasses.  Cocons  qui  ne 
peuvent  achever  de  se  dévider  dans  la  bassine,  soit  qu'ils 
aient  été  attaqués  par  les  rats,  qui  auraient  rompu  la  suite 
du  fil,  soit  parce  que  le  papillon  aurait  commencé  à  les 
bouchonner  intérieurement,  comme  on  le  voit  à  l'article 
Baba,  ou  bien  encore  que  le  fil  serait  bouchonné  naturelle- 
ment {Voy,  Troumpiio),  ou  enfin  que  le  fil  soit  tellement 
inconsistant  qu'il  casse  â  chaque  instant. 

Dér.  de  Bassis. 

Bassina,  v.  Bassiner,  chauffer  avec  une  bassinoire;  bas- 
siner, fomenter  en  mouillant  avec  un  Imge  imbibé  ou  avec 
une  liqueur  tiède.  —  Se  bassina  l'éstouma,  se  réconforter 
le  cœur  par  la  boisson,  se  réchauffer  par  quelques  rasades. 

Dér.  de  Bassina. 

Bassinado,  s.  f.  Contenu  d'une  bassina,  plein  une  bas- 
sina. —  Bojo  dé  plèjo  à  bèlos  bassinados,  la  pluie  tombe 
à  seaux. 

Dér.  de  Bassina. 

Bassiné,  s.  m.  Bassinet  d'un  fusil,  d'un  pistolet  ;  partie 
creuse  d'une  arme  à  feu  qui  reçoit  l'amorce.  —  Fôou  era- 
cha  àou  bassiné,  il  faut  payer  d'avance,  payer  comptant  : 
c'est  d'un  petit  bassin,  d'une  sébille  â  quêter  qu'il  s'agit 
dans  ce  dicton,  et  non  du  bassinet  d'une  arme  quel- 
conque. 

Dim.  de  Bassis. 

Bassino,  s.  f.  Cuiller  â  seau  pour  puiser  de  l'eau.  Elle 
est  ordinairement  en  cuivre.  Quelqpiefois,  pour  éviter  le 
vert-de-gris,  la  queue  seulement  est  en  cuivre  et  le  bassin 
en  étain. 

13 


98 


BAS 


BAS 


Depuis  qae  le  français  s*est  emparé  de  ce  mot  pour 
exprimer  le  vaisseau  où  l'on  fait  bouillir  les  cocons  dans 
une  filature,  le  languedocien  Ta  suivi  dans  cette  voie  ; 
mais  sous  cette  dénomination  il  ne  désigne  que  la  bassine 
en  poterie  des  nouvelles  filatures.  —  Voy.  B€usi$. 

BasslB,  s.  m.  Au  plur.  BosiiuM.  Bassin  ;  vivier  ;  plat 
à  barbe;  particulièrement,  bassine  à  filer  les  cocons.  Le 
boêsU  était  autrefois  en  fonte  ou  en  cuivre  pour  résister  à 
Faction  directe  du  feu  :  dans  les  filatures  à  la  vapeur  ou 
à  la  Gensoul,  ils  sont  simplement  en  poterie. 

Dér.  du  gaulois  ^oc^'fiotf,  bassin;  la  bass.  lat.  avait 
bacinus,  formé  de  Tallem.  back,  signifiant  lac;  dim., 
bassin. 

Basso-conr,  s.  f.  Cour,  basse-cour.  — Le  lang.  exprime 
Tune  et  Tautre  acception. 

Emp.  au  fr. 

Bassoù,  s.  f.  Profondeur;  ce  qui  est  bas  et  profond. 

Dér.  de  Bas. 

Bastar,  ardo,  adj\  D'un,  Bastardoà,  ouno.  Bâtard, 
enfant  naturel.  En  terme  d'agriculture,  sauvage,  sauva- 
geon. 

Dans  cette  dernière  application,  on  dit  tantôt  bastar, 
tantôt  bouscas;  l'usage  seul  indique  les  différents  emplois. 
En  général  cependant  l'adj.  bastar  s'accole  aux  simples  et 
aux  plantes  potagères,  et  bou$ea*  aux  arbres  et  arbustes. 
On  dit  :  api  battar,  aïgrito  bastardo,  et  castagne  bouscas , 
férié  bouscas.  Il  y  a  une  distinction  qui  parait  plus  tech- 
nique encore  :  on  dit  bastar  d'un  végétal  qui,  quoique  de 
la  même  famille  que  celui  qui  lui  ser^  de  type,  en  diffère 
par  sa  nature  et  sa  production  ;  tandis  que  bouscas  est  pro- 
prement le  sauvageon,  qu'on  peut  assimiler  au  type  en 
Tentant. 

Le  dim.  Baslardoà,  ouno,  ne  se  prend  jamais  qu'en  par- 
lant d'un  enfant  illégitime,  naturel. 

Dér.  du  gr.  Ba^ai^a,  femme  prostituée. 

Bastardiô,  ièîro,  adj.  Préposé  des  hôpitaux  qui  va 
conduire  les  enfants-trouvés  en  nourrice. 

Bastardiôîros,  i.  f.  pi.  Comportes,  grands  paniers 
d'osier  doubles,  où  l'on  dépose  les  enfants-trouvés  pour  les 
transporter  à  dos  d'âne  chez  leurs  nourrices. 

Bagtardije,  s.  f.  Bâtardise;  état  de  celui  qui  est  bâtard  ; 
signe  de  bâtardise. 

Bastardnégno,  s.  f.  La  gent  bâtarde;  les  enfants-trouvés 
pris  collectivement  ;  les  bâtards  en  général. 

La  dérivation  du  mot  n'a  pas  besoin  d'être  expliquée, 
tant  elle  est  naturelle.  Au  substantif  est  joint  le  suffixe 
uigno,  qui  marque  la  collectivité  ;  il  est  peu  fréquent  et 
propre  à  notre  dialecte.  On  le  rencontre  dans  éfantuègno, 
trassuègno,  avec  la  même  idée  collective. 

Baste  !  adv.  Plùt  à  Dieu  !  A  Dieu  plaise  I  —  Le  Iran- 
(aïs  a  également  le  mot  baste,  peu  usité  et  familier,  qui 
signifie  :  soit,  passe  pour  cela,  j'en  suis  satisfait.  Dans  le 
lang.,  Boâtef  exprime  un  souhait.  Ce  n'est  donc  que  la 
différence  du  vœu,  du  désir  à  Tapprobation  :  une  nuance. 


Les  deux  mots  ont  évidemment  la  même  origine.  Basier^ 
verbe  neutre,  impers.,  anciennement  en  fr.,  ne  s'est  con- 
servé qu'à  l'impér.,  comme  en  lang.  l'ancien  verbe  Basta, 
L'un  et  l'autre  devaient  être  contemporains  et  procédaient 
d'une  source  commune  avec  l'ital.  Bastare,  suffire,  qui 
fait  basta,  il  suffit.  La  racine  doit  donc  être  la  même  pour 
tous,  et  elle  ne  peut  être  que  dans  le  lat.  bené  stare,  qui 
répond  à  toutes  les  acceptions  dans  les  trois  langues. 

Basté,  s.  m.  Mantelet,  sellette  d'un  cheval  de  Irait,  qui 
supporte  le  brancard  ou  limonnière. 

Dim.  de  Bas,  bât. 

Bastéja,  v.  Charrier  à  bât,  à  dos  de  mulet  on  d'âne  ; 
transporter  sur  le  bât  ;  porter  le  bât. 

Dér.  de  Bas,  bât. 

Basti,  V.  Bâtir,  construire  en  maçonnerie;  établir  ;  battre 
violemment,  frapper,  jeter  contre  le  mur.  —  Lou  roussi- 
gnôou  couménço  dé  basH,  le  rossignol  commence  à  bâtir 
son  nid.  BaHÏ  sus  lou  davan,  en  parlant,  d'un  homme, 
engraisser,  prendre  du  ventre  ;  d'une  femme,  être  enceinte  ; 
avancer  dans  sa  grossesse.  BasUHèï  aquél  drôle,  quand 
bado  coumo  aquà,  je  souffletterais  cet  enfant,  quand  il  crie 
de  la  sorte.  Quâou  m'a  basU  aquél  gusas?  qui  m'a  amené 
ce  gueux-là? 

Dér.  du  gr.  Ba<n6ç,  bâton,  parce  que  dans  les  premiers 
âges  on  construisait  les  maisons  avec  des  perches  et  des 
barres. 

Bastido,  s.  f.  Maisonnette  de  campagne  ;  villa. 

En  Provence,  et  à  Marseille  surtout,  ce  nom  a  été  donné 
aux  pavillons  et  aux  maisons  des  jardins  qui  sont  dans  la 
banlieue  des  villes.  Il  ne  s'applique  qu*à  des  maisons 
d'agrément,  et  non  aux  fermes  et  aux  bâtiments  d'exploi- 
tation. 

Dér.  de  BastL 

Bastiè,  s.  m.  Bourrelier;  ouvrier  qui  fabrique  des  bâts; 
celui  qui  fait  et  vend  tout  l'équipage  des  bêtes  de  somme, 
bâts  et  gros  harnais. 

Dér.  de  Bas,  bât. 

Bastimèn,  s.  m.  Navire,  vaisseau.  —  Il  est  impropre 
de  s'en  servir  pour  désigner  un  bâtiment  sur  terre,  un 
édifice. 

Dér.  de  Basti, 

Bastisso,  s.  f.  Bâtiment,  construction'  en  maçonnerie  ; 
toute  chose  bâtie;  action  de  bâtir  ;  frais  de  constructioD. 
— Aïmo  la  bastisso,  il  a  la  manie  de  faire  bâtir,  la  maladie 
de  la  truelle.  Aquélo  cu^âou  fat  dé  bono  bastisso,  ce  mortier 
fait  une  excellente  prise.  La  bastisso  la  arouina,  la  manie 
de  bâtir  Ta  ruiné. 

Dér.  de  Basti, 

Bastoù,  f.  m.  Dim.  Bastouné,  péj.  Bastounus.  Bâton; 
canne  ;  long  morceau  de  bois,  brut  ou  travaillé,  que  Vtm 
porte  à  la  main  pour  se  soutenir,  pour  parader,  pour  cou* 
duire  des  animaux,  pour  se  défendre,  etc.  —  Seras  mom» 
bastoù  dé  vOUsso,  tu  seras  mon  bâton  de  vieillesse;  mon 
appui,  mon  soutien  dans  mes  vieux  ans.  Tour  dâ»u  tanvè. 


BAT 


BAT 


99 


tour  de  bâton,  pour  dire  profits  casuels  et  illicites  d*un 
emploi. 

Dér.  da  gr.  Baordc. 

Bastonnado,  <.  f.  Bastonnade;  volée  de  coups  de 
bâton. 

Batacla,  v.  Bâcler  une  affaire,  la  terminer  rondement, 
promptement;  finir  nn  ouvrage  rapidement,  tambour-bat- 
tant.  —  Sera  lèou  batacla,  ce  sera  bientôt  troussé. 

Dér.  du  lat.  Baeulare,  fermer  avec  un  bâton. 

Bataclan,  s.  m.  Avoir,  mobilier  d'une  maison;  nippes 
et  argent;  équipage;  étalage  ;  batterie  de  cuisine  ;  attirail 
de  ménage.  —  A  éseudéla  toui  soun  bataclan,  il  a  dissipé 
tout  son  saint-frusquin.  Empourtas  tout  voste  bataclan, 
emportez  tout  votre  attirail,  tout  ce  qui  vous  appartient. 

En  provençal,  on  dit  Pataclan,  c'est  évidemment  le 
même  mot.  Cette  homonymie  ne  pourraiirelle  pas  mettre 
sur  la  voie  de  Tétym.  ?  Ne  dériverait-il  pas  alors  de  Pato, 
chiffon,  tiré  du  gr.  Ild^Tr^^ia,  chose  vile,  et  de  KXico,  rompre, 
briser,  KXiaiLa,  éclat,  morceau  ? 

Batado,  s.  f.  Dim.  Batadéto,  péj.  Batadasso.  Empreinte 
de  la  patte  d'un  animal. 

Dér.  de  Bato. 

Bataîa,  v.  Bavarder;  brailler;  babiller;  batailler  en 
paroles. 

Dér.  du  lat.  Batuere,  combattre,  se  disputer. 

Batûaîre,  aîro,  adj,  Péjor.  Bataia%ras,aiso,  Babillard; 
braillard;  bavard  qui  aime  la  discussion. 

Dér.  de  Baiata. 

Bataïo,  s.  f.  Bataille;  batterie,  querelle  entre  des  com- 
battants. —  Faïre  la  bataïo,  jouer  à  la  bataille,  à  coups  de 
fronde.  C'est  une  sorte  de  petite  guerre  qui  a  été  fort  en 
vogue  chez  les  enfants  et  jusque  chez  les  gars  de  quinze  à 
dix-huit  ans,  sons  le  Directoire  et  le  Consulat.  Les  diffé- 
rents quartiers  d'une  ville  se  formaient  sous  des  bannières 
différentes.  Ce  jeu  avait  fini  par  donner  lieu  à  des  études 
de  stratégie  et  de  ruses  de  guerre  fort  savantes.  La  police 
alors  se  montrait  peu  répressive  aux  développements  de 
cette  science,  et  les  enfants  avaient  d'autant  plus  de  zèle 
et  de  loisir  pour  cet  exercice  qu'on  trouvait  peu  d'écoles 
de  ce  temps.  Pendant  l'Empire,  il  y  avait  ailleurs  trop 
d'occasions  sérieuses  de  batailler  pour  chercher  des  amuse- 
ments dans  l'imitation.  Plus  tard,  la  police  mit  bon  ordre 
à  des  jeux  qui  avaient  voulu  reprendre  leurs  anciennes 
proportions.  Sous  le  nouvel  empire,  ces  divertissements 
enfantins  seraient  moins  tolérés  que  jamais.  La  paix  n'est- 
elle  pas  son  principe  ? 

Emp.  au  fr. 

Bataîoim,  s.  m.  Bataillon;  grand  nombre,  multitude; 
loule. 

Emp.  anfr. 

Batanlnl,  t.  m.  Espèce  de  coiffe,  de  bonnet  de  femme, 
doot  la  dentelle  descend  sur  le  front  et  les  yeux  comme  un 
demi-voile. 

Dér.  du  fr.  Batiani4'œU,  terme  que  la  mode  consacra 


dans  le  temps,  et  qui  a  passé  avec  elle.  L'expression,  qui 
est  restée  générique  en  languedocien,  a  survécu. 

Batéîè,  îèiro,  adj.  Dér.    de  Bateau.  —  Voy.  Barbie. 

Batéîre,  éîro,  adj.  Qui  aime  à  battre,  qui  cherche 
noise;  querelleur;  disputeur. 

Dér.  de  Batre. 

Batéja,  v.  Baptiser,  donner,  conférer  le  baptême;  donner 
un  sobriquet  à  quelqu'un  ;  asperger  d'eau  la  tète  de  quel- 
qu'un par  plaisanterie;  tremper,  arroser  d'eau. — Batéja  loti 
vi,  tremper  le  vin.  Couro  batéjes  ?  Quand  feras-tu  baptiser 
ton  enfant  ?  c'est-à-dire  quand  ta  femme  accouchera-t-elle  ? 
L'an  batéja  émbé  d'aïgo  dé  mérlusso,  c'est  un  mauvais 
chrétien,  un  mal-baptisé.  Batéja  souto'n  cade;  quand  les 
protestants  n'avaient  point  le  libre  exercice  de  leur  culte, 
c'est  dans  les  champs,  au  désert,  qu'ils  accomplissaient 
toutes  leurs  cérémonies  religieuses,  et  que  par  conséquent 
ils  donnaient  le  baptême  ;  de  là,  pour  indiquer  un  protes- 
tant, le  dicton  :  es  esta  batéja  joufo'n  cade,  il  a  été  bap- 
tisé sous  un  genévrier.  Ce  dicton,  par  extension,  tend  bien 
aussi  à  prendre  la  signification  du  précédent.  /  fariè  batéja 
un  téoulé,  il  lui  inspire  tant  de  confiance,  il  a  tant  d'em- 
pire sur  lui,  qu'il  lui  ferait  baptiser  une  tuile ,  qu'il  lui 
ferait  croire  que  les  enfants  se  font  par  l'oreille.  Té  vôou 
batéja  coumo  se  déou,  je  vais  t'asperger  comme  il  faut. 

Lou  Batéja,  cérémonie;  escorte;  fête  de  baptême. 

Dér.  du  gr.  Edmiiy,  plonger  dans  l'eau. 

Batéjado  (La),  i.  f.  n.  pr.  de  lieu.  La  Batéjade,  quar- 
tier voisin  du  hameau  de  Larnac,  dans  la  commune 
d'Alais.  Son  nom  lui  vient-il  de  ce  que,  au  moment  de 
l'introduction  du  christianisme  dans  les  Gaules,  ce  lien 
fut  témoin  de  la  prédication  de  la  foi  nouvelle  par  un  des  pre- 
miers apôtres  et  de  la  conversion  des  plus  anciens  habitants 
de  nos  contrées?  Nous  ne  le  pensons  pas.  H  semble  plutôt 
ne  dater  que  de  l'époque  de  nos  dissidences  religieuses  où 
les  cérémonies  du  culte,  les  assemblées  et  l'administration 
du  baptême  se  faisaient,  comme  on  disait,  au  désert. 

Batèmo,  s.  m.  Baptême,  sacrement  qui  efface  le  péché 
originel  et  rend  chrétien  ;  le  premier  des  sacrements.  —  A 
pas  que  lou  batémo  dé  trop,  il  a  le  baptême  de  trop  :  c'est 
une  brute.  Téni  en  batémo,  être  parrain  d'un  enfant. 

Dér.  du  lat.  BaptUma. 

Batén,  s,  m,  Vanteau  de  porte,  de  croisée,  d'armoire. 

Dér.  de  Batre. 

Bat-én-goulo  (Bé),  adv.  Tout  grand-ouvert  ;  ouvert  à 
deux  battants  ;  béant. 

Formé  de  Bâton  batén,  vanteau,  et  de  Gâoule,  jable, 
mortaise  ;  c'est-à-dire  battant  ou  vanteau  à  mortaise. 

Batèon,  s.  m.  Bateau,  petit  vaisseau  qui  va  à  rames,  et 
qui  est  particulièrement  destiné  à  naviguer  sur  les  rivières 
ou  dans  les  ports. 

Emp.  an  fr.  Dans  la  bass.  lat.  BatêUus. 

Batèato,  s.  f.  Batterie  ;  rixe  ;  combat  à  coupé  de  poings, 
de  bâton  du  de  pierre. 

Dér.  de  Boire. 


100 


BAT 


B£ 


Batioù,  i.  m.  Pied  de  cochon,  de  mouton,  spécialement; 
pince  d'un  cheval.  Par  ext.  péton  d*un  petit  enfant. 

Dim.  de  Bato. 

Batiste,  n.  pr.  d*homme.  Dim.  BatUtoù,  souvent  abré- 
gés l'un  en  Titto,  l'autre  en  Tistoù,  Baptiste  :  nom  insépa- 
rable de  Jean,  qui  vient  de  saint  Jean-Baptiste .  —  Tran- 
quifde  eoumo  Batisto,  tranquille  comme  Baptiste  ;  on  dit 
de  même  proverbialement  en  français  :  un  père  tran- 
quille. 

Batistonèro,  «.  m.  Constatation  du  baptême  sur  le 
registre  curial  ;  l'acte  lui-même.  On  disait  autrefois  l'extrait 
baptistère  ou  de  baptême,  ce  qui  équivalait  à  l'acte  de 
naissance  d'aujourd'hui,  lorsque  les  curés  étaient  c'^  r>és 
de  la  tenue  des  actes  de  l'état  civil.  En  languedocien, 
malgré  ce  changement  dans  nos  institutions,  on  nomme 
encore  un  acte  de  naissance  :  batistouèro.  —  Regarda  Iju 
haiistouiro  d'aquélo  miolo,  regarde  l'Âge  de  cette  mule  à  ses 
dents.  A  perdu  soun  batistouèro,  dit-on  d'une  femme  ()  ui 
cache  son  âge. 

Dér.  du  lat.  Baptûma. 

Bato,  s.  f.  Dim.  Batéto,  bafioù,  péjor.  Batasto,  Pied; 
oorne  du  pied  des  bœufs,  des  brebis,  des  porcs,  des  chè- 
vres ;  sabot  d'un  cheval,  d'une  mule,  d'un  âne.  —  DaXica 
eoumo  uno  halo  d'tue,  douillet  comme  le  sabot  d'un  àne  ; 
par  contre-vérité.  A  vira  las  batos,  il  a  tourné  les  pieds 
en  l'air  ;  il  est  mort,  ou  il  est  crevé. 

Bato  dé  biôou,  espèce  de  grosse  figue,  assez  fade  et 
aplatie. 

Voy.  Pato. 

Dér.  de  Batre,  par  la  raison  que  c'est  avec  cette  partie 
que  les  animaux  battent  ou  foulent  le  sol. 

Bato-quioulo,  s.  f.  Gassc-cul,  selle  ;  contre-coup  sur  le 
derrière,  comme  lorsqu'on  tombe  en  glissant,  ou  qu'on 
vous  enlève  une  chaise  sur  laquelle  vous  comptiez  vous 
asseoir.  —  Douna  la  bato-qutouh,  est  un  jeu  d'enfants 
(cet  âge  est  sans  pitié)  qui  consiste  â  prendre  le  patient, 
ordinairement  le  plus  faible  de  la  bande,  et  en  le  soule- 
vant par  la  tête  et  par  les  pieds,  à  lui  faire,  par  saccades 
régulières,  donner  du  derrière  contre  une  pierre  ou  sur  le 
sol. 

Sauvages  rapporte  que  c  la  selle  est  en  Lombardie  le 
supplice  des  banqueroutiers,  et  la  pierre  sur  laquelle  on 
les  fait  tomber  en  les  hissant  et  en  les  lâchant  de  fort 
haut,  au  moyen  d'une  corde  et  d'une  poulie,  est  appelée  : 
pierre  d'ignominie.  »  C'est  de  l'histoire  du  moyen  âge,  et 
peut-être  du  temps  du  roi  Didier.  Ces  sortes  de  supplices 
q)éciaux  sont  aujourd'hui  abolis  partout. 

Formé  de  Boire  et  de  Qukm. 

Batre,  o.  Battre;  frapper;  donner  des  coups;  frapper 
fortement.  —  Botn  dé  las  dos  mans,  terme  d'agric, 
bêcher  des  deux  c6tés,  de  manière  à  rejeter  la  terre  sur  un 
même  point  pour  niveler  le  terrain  et  combler  un  bas-fond. 
Boire  la  pavano,  vagabonder.  Batre  uno  mareho,  suivre 
un  plan  de  conduite,  entrer  dans  une  voie  :  il  se  prend  | 


d'ordinaire  en  mauvaise  part.  Chacun  ba  sa  mareho,  cha- 
cun tire  de  son  côté.  Batre  atoiis,  jouer  de  l'atout.  Batre 
las  eartos,  mêler  les  cartes.  Batre  la  eampagno,  battre  la 
campagne;  radoter  ;  chercher  des  faux-fuyants.  Batre  l'àïgo 
émbe  un  bastoù,  battre  l'eau  avec  un  bâton,  perdre  son 
temps.  Balre  d'iôous,  brouiller  des  œufs.  Mena  un  bel 
batre,  faire  étalage  de  sa  fortune;  mener  grand  train;  faire 
un  commerce  sur  une  grande  échelle. 

Dér.  du  lat.  Batuere,  battre. 

Batu,  ude,  part.  pass.  de  Batre.  Battu,  ue.  —  Coueu 
et  batu,  les  battus  paient  l'amende. 

Batude,  s.  f.  Battue,  terme  de  chasse  et  de  louveterie; 
battue,  terme  de  filature,  quantité  de  cocons  mise  en  une 
fois  dans  la  bassine  â  filer  et  â  battre  avec  le  petit  balai  ; 
séance  de  travail  sans  désemparer;  quantité  de  travail  que 
fait  un  ouvrier  entre  un  repas  et  l'autre. 

Dér.  de  BcUre. 

Batnma,  v.  Enduire;  cimenter;  empoisser  ;  goudronner. 
Par  ext.  enduire  un  mur,  terme  de  maçon.  —  Batumo, 
dit-on  d'un  ivrogne  qui  s'en  va  battant  les  murailles. 

Dér.  du  lat.  Bitumen. 

Batorèl,  èle,  adj.  Péj.  Baturélas,  asso.  Bavard;  babil- 
lard; caqneteur;  causeur  ennuyeux. 

Métathèse  de  Barutèl. 

BaTar,  arde,  adj.  Dim.  Bavardé,  bavardoin,  péj.  Bavar- 
das. Bavard,  babillard  ;  efi'ronté,  impertinent;  sot,  insolent. 

Dér.  de  Baba. 

Bavardije,  i.  f.  Bavarderie  ;  impertinence  ;  effronterie. 

Même  étym.  que  le  précéd. 

Bé,  s.  m.  Dim.  Béné,  augm.  Bénas.  Domaine  ;  immeuble 
rural,  quelle  que  soit  son  importance  ;  génériquement,  for- 
tune, avoir,  biens,  possessions,  richesses.  —  A  foço  bé  àou 
sourél,  il  est  riche  en  fonds  de  terre.  Pér  tout  lou  bé  gué 
se  sourêïo,  voudrièï  peu....  pour  toute  la  fortune  du  monde, 
je  ne  voudrais  pas...  Un  bé  de  dous  eoubles,  un  domaine 
de  deux  charrues. 

Dér.  du  lat.  Béni. 

Bé,  adv.  Bien;  beaucoup;  considérablement.  Cette 
expression  est  prise  explétivement  comme  en  fir.,  pour 
synonyme  de  :  en  effet,  certainement,  â  la  vérité  !  Devant 
une  voyelle,  on  y  joint  un  n  euphonique.  Elle  prend  aussi 
quelquefois  la  forme  substautive.  —  Bé  talamén,  très-cer- 
tainement !  T  souï  bé^-ana,  j'.y  ai  bien  été.  —  Gna  bé 
foço,  il  y  en  a  en  effet  beaucoup.  Dé  bé  s'en  fàou,  il  s'en 
faut  bien,  il  s'en  faut  de  beaucoup.  Tout  se  fat  pér  un  bé, 
rien  ne  se  fait  sans  raison.  Ou  fasiè  pér  un  bé,  il  le  ûûsait 
dans  de  bonnes  intentions.  Ou  a  tout  fa  hormï  lou  bé,  il  sl 
fait  toutes  sortes  de  choses  excepté  le  bien.  Fasés  dé  bé  à 
Bértran,  vùt*s  ou  rendra  en  eagan,  prvb..  Graissez  les 
bottes  d'un  vilain,  il  dit  que  ça  les  brûle;  chantez  &  l'âne, 
il  vous  fera  un  pet,  ce  qui  revient  au  vieux  prvb.  fr.  :  Oignox 
vilain,  il  vous  poindra  ;  qui  ajoute  de  plus  que  le  nôtre  : 
Poignex  vilain,  U  vous  oindra. 

Dér.  du  lat.  B$ni. 


BEC 


BËD 


101 


Bè,  f .  m.  Dim.  Béqué,  béquoà,  péj.  Béqu<u.  Bec,  partie 
cornée  qui  tient  lieu  de  bouche  aux  oiseaux;  nez;  pointe 
en  forme  de  bec  ;  au  fig.  babil,  langue,  caquet.  —  Â  un 
pouli  M^  il  a  un  fameux  nez,  fam.  un  fameux  pif.  Taïo  ta 
pMo?  dé  bel  dé  bel  expr.  prvb.,  mot  à  mot  :  ta  hache 
ooupe-t-elle?  de  la  pointe  seulement;  mais  cela  s'applique 
à  une  personne  qui  n'a  que  du  jargon,  à  un  faux  brave. 
Vn  eo  débè,  un  coup  de  langue,  un  trait  satyrique,  un 
sarcasme.  Manqua  pas  dé  bè,  il  ne  manque  pas  de  babil. 
Tine  lou  bè  din  l'àigo,  payer  par  de  belles  paroles,  faire 
attendre. 

Dér.  du  gaulois  Becq,  ou  du  celto-breton  bak  ou  beg, 

Bèbo,  s.  f.  Aloue,  mine  ou  grimace  de  mauvaise  humeur, 
de  bouderie.  —  Faire  la  bèbo,  faire  la  moue,  bouder. 

Dér.  de  Bè. 

Bécar,  i.  m.  Goujon,  bouillerot,  Cyprinus  gobio,  Linn. 
Cest  un  petit  poisson  de  rivière  (bien  qu'on  cite  un  pêcheur, 
un  seul ,  qui  en  prit  un  de  S50  grammes  ou  demi-livre  pour 
être  clair),  d'un  bleu  noirâtre  sur  le  dos  et  le  ventre  blan- 
châtre à  filets  jaunes.  Son  nom  de  Bécar  lui  viendrait-il  de  ce 
qu'il  mord,  ou  bèquo,  facilement  à  l'hameçon  des  pêcheurs- 
amateurs,  dont  il  est  la  grande  ressource  ? 

Bécam  ou  Béchara,  s.  m.  Flamant,  bôcharu,  phéni- 
coptére,  Phttnicopterus  ruber,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des 
Échassiers.  Son  nom  lui  vient  dé  la  grosseur  de  son  bec. 

Bécasso,  9.  f.  Bécasse;  bécasse  ordinaire,  Scolopax  rus- 
tieola,  Linn.,  oiseau  de  l'ordre  des  Échassiers  et  de  la  fam. 
des  Tenuirostres.  Sa  chair  est  très-estimée  ;  gibier  d'un 
fumet  supérieur.  Son  long  bec  effilé  lui  a  fait  donner  son 
nom. 

BéeasBo  s'applique  au  fig.  à  une  personne  niaise  ;  sot, 
butor.  —  Ckd  coutno  uno  bécasso,  stupide  comme  une 
bécasse.  Toutaquà  ses  foundu  en  mèrdo  dé  bécasso,  tout 
œla  est  venu  à  rien. 

Les  deux  dim.  Bécassoà,  s.  m.,  Bécassino,  s.  f.,  bécas- 
sine, Scolopax  gaUinago,  Linn.,  sont  des  oiseaux  du  même 
genre  et  de  la  même  famille  que  la  bécasso,  plus  petits 
comme  leur  nom  l'indique,  mais  de  même  fumet  et  de 
pareille  délicatesse  de  chair. 

Béchar,  s.  m.  Dim.  Béchardé.  Houe  fourchue,  houe  à 
deux  becs,  binette,  qui  est  l'instrument  le  plus  usité  dans 
ce  pays  pour  travailler  la  vigne,  les  mûriers,  et  pour  toute 
espèce  de  travail  à  bras,  là  où  la  pierraille  empêche  d'em- 
ployer le  louchet.  —  Voy,  Luché. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Besca  ou  becca,  bêche. 

Béchérino,  s.  f,,  ou  Réîné.  Roitelet,  le  plus  petit  des 
QÛeaux  d'Europe.  Il  y  en  a  de  deux  espèces  également 
communes  dans  nos  contrées  et  que  le  languedocien  con- 
fond sons  le  même  nom  ;  ce  sont  le  roitelet  ordinaire,  Be- 
pUus  cristaius,  et  le  roitelet  triple-bandeau,  Regulus  igni- 
tapiUuê,  Temm.  Le  second  ne  diffère  que  par  le  dessus  de 
sa  tête,  orangé  couleur  de  feu,  du  premier,  dont  les  parties 
supérieures  sont  olivâtres  nuancées  de  jaune,  gorge  et 
poitrine  roussâtres,  et  les  parties  inférieures  blanchâtres. 


Bèchos,  f.  f.plur.  Lèvres;  grosses  et  laides  lèvres.  Ne 
se  prend  qu'au  péjoratif,  en  terme  de  mépris.  Autrement 
on  dit  :  Icu  bouquos. 

Dér.  de  Bè. 

Béchu,  ndo,  adj.  Péj.  Béchudas,  asso.  Lippu  ;  qui  a  de 
gros^s  et  vilaines  lèvres  ;  bec-de-lièvre. 

Dér.  de  Bè. 

Bécu,  ndo,  adj.  Dim.  Bécudé,  péj.  BécudM.  Qui  a  un 
bec,  une  pointe  en  forme  de  bec.  Au  Hg.  babillard  ;  rai- 
sonneur; qui  se  rebèque,  qui  réplique  à  tout.  — Pèses 
bécus,  pois  pointus,  pois-chiches.  Sièto  bécudo,  écuelle  à 
bec  {Voy.  Crouséludo).  Es  uno  bécudo,  elle  a  la  langue 
affilée. 

Bèdaîne,  s.  m.  Bec-d'àue ,  outil  de  menuisier,  espèce  de 
rabot  destiné  à  vider  les  mortaises. 

Emp.  au  fr. 

Bédé,  I.  m.  Petit  agneau,  terme  d'amitié  qu'un  berger 
donne  â  un  agneau  favori.  Lous  bédés,  les  moutons  ou  les 
brebis,  dans  le  dictionnaire  des  petits  enfants. 

Onomatopée  tirée  du  bêlement  des  brebis  ;  le  gr.  avait 
aussi  B^,  et  le  latin  bee,  pour  exprimer  le  bêlement. 

Bédigano,  s.  f.  Sarment,  liane  de  vigne  sauvage  dont 
on  fait  des  cannes. 

Formé  et  corrompu  de  VédU  et  de  cano.  —  V.  c.  m. 

Bédigas,  s.  m.  Bédigasso,  s.  f.  Dim.  Bédigassé,  péjor. 
Bédigassas.  Agneau  d'un  an,  mouton  de  l'avant-demière 
portée.  Au  mois  de  septembre,  les  agneaux  de  l'année  com- 
mencent à  s'appeler  Bédigas,  nom  qu'ils  conservent  jus- 
qu'au mois  de  septembre  suivant,  où  ils  deviennent  Dou- 
bien. 

Bédigas,  au  masc.  et  Bédigasso,  au  iém.  se  disent  des 
bonnes  personnes,  sans  fiel  et  sans  malice.  Bédigas  est 
aussi  un  terme  de  commisération.  —  Es  un  bédigas,  un 
bédigassas,  un  bédigas  sans  lano,  c'est  un  bonhomme,  une 
bonne  pâte  d'homme,  une  bête  du  bon  Dieu.  Pâoure  bédi- 
gas /  pauvre  homme  !  le  poverazzo  des  Italiens. 

Augment.  de  Bédé. 

Bédigo,  s.  f.  Brebis  de  l'année;  brebis  maigre,  malingre, 
éclopée.  —  Voy.  Bédigas. 

Bédin-Bédôs,  s.  m.  Jeu  des  osselets;  osselets.  — Les 
enfants,  pour  jouer  â  ce  jeu,  se  munissent  d'osselets,  qui 
font  le  plus  souvent  l'enjeu,  quand  il  n'est  pas  autrement 
intéressé  ;  chacun  des  joueurs  doit  en  avoir  au  moins  trois. 
L'adresse  consiste  â  placer  les  osselets  dans  un  trou 
creusé  dans  la  terre,  â  une  certaine  distance.  Au  premier 
coup  celui  qui  joue  dit  :  Bédin  ou  bédï  ;  au  second,  bédàs 
ou  bédà,  et  au  troisième,  sàauio  din  hu  crds.  L'incantation 
et  le  jet  doivent  être  rapides  ;  le  gain  de  la  partie  appar- 
tient, comme  de  raison,  au  plus  adroit,  qui  fait  rafle.  Ce 
jeu  est  fort  ancien  ;  l'histoire  raconte  qu'Auguste,  empe- 
reur, s'y  divertissait  beaucoup. 

Les  osselets  avec  lesquels  on  joue,  sont  la  rotule  du 
genou  des  moutons.  La  nom  du  jeu  ne  viendrait-il  pas, 
pour  cette  raison,  de  Bédé,  mouton,  agneau? 


102 


BEL 


BEL 


Béfa,  s.  m.  Bienfait;  bonne  œavre;  bonne  action. 

Dér.  du  lat.  Benefactum. 

Bèfi,  io,  adj.  Péj.  Béfiat,  asso.  —  Voy.  Bofi. 

Bégatagno,  adj,  des  deux  genres.  Bègue,  qui  bégaie. 

Péjoratif  de  Bègue. 

Béga,  udo,  part.  pan.  du  v.  Béoure.  Bu,  bue.  —  Y-a 
bégu,  il  a  donné  dans  le  panneau. 

Bégudo,  s.  f.  Bouchon,  petit  cabaret  de  route,  où  Ton 
s'arrête  pour  se  rafraîchir.  Ce  mot  est  devenu  nom  propre 
pour  une  foule  de  maisons  et  de  lieux  où  cette  industrie 
ne  s*exerce  plus,  mais  où  elle  existait  autrefois. 

Dér.  de  Bégu. 

Bègue,  bèguo,  adj.  Bègue,  qui  bégaie. 

Dér.  du  gaul.  Bec,  d*où  le  lat.  heccus. 

Bégni,  t.  m.  Dim.  Béguine.  Béguin,  bonnet  d*enfant  de 
naissance  ;  tétièro  ou  coiffe  de  toile,  qu*on  attache  sous  le 
menton  au  moyen  d'une  bride  ;  béguin  en  velours  ou  en 
soie  qu'on  leur  met  un  peu  plus  tard  par-dessus  la  têtière. 
—  L'a  prés  àou  héguï,  lou  quitara  àou  couïssi,  c'est  un 
défaut  qu'il  a  pris  au  berceau  et  qu'il  ne  quittera  qu'au 
tombeau. 

Ce  mot,  comme  son  correspondant  français,  dérive  évi- 
demment du  mot  Béguine,  parce  que  sans  doute  les  reli- 
gieuses de  ce  nom  portaient  une  coiffure  à  peu  près  sem- 
blable dans  l'origine.  Elles  formaient  un  ordre  fort  ancien 
et  qui  est  resté  fort  populaire  en  Belgique,  où  elles  exer- 
çaient une  œuvre  de  miséricorde.  Ce  nom,  d'après  un 
auteur  anglais,  vient  de  la  première  fondatrice  de  l'ordre, 
Bégué,  fille  de  Pépin  de  Landon,  mère  de  Pépin  d'IIéristal 
et  grand'mère  de  Charles-Martel,  qui  fonda  la  première 
maison  à  Gand,  au  Vil*  siècle. 

D'autres  le  font  dériver  d*un  chanoine  de  Liège,  nommé 
Lambert  dit  Le  Bègue,  qui  aurait  fondé  cet  ordre  en  mi. 
A  cette  époque  les  surnoms  avaient  plus  d'importance  que 
de  nos  jours ,  ils  devenaient  l'appellation  vulgaire,  et  il 
n'est  pas  étonnant  que  ce  Le  Bègue  ait  pu  donner  son 
nom  à  un  monastère  de  sa  fondation. 

Un  mot  allemand  pourrait  aussi  intervenir  dans  Tétym. 
C'est  Beginn,  commencement,  origine;  bonnet  qu'on  met 
aux  enfants  nouveau-nés. 

Bèîâoime»  $.  m.  Béjaune.  Les  deux  acceptions  du  fr. 
au  prop.  et  au  fîg.  ne  sont  point  admises  en  lang.  Cette 
expression  n'a  cours  que  dans  cette  phrase:  Paga  lou 
hèjàoune,  payer  la  bienvenue,  la  mise  hors  de  page,  la 
sortie  du  noviciat. 

Bel,  bèlo,  adj.,  au  plur.  BèU$,  bèloi;  dim.  Bêlé,  péjor. 
BéUu.  Grand  ;  gros  ;  vaste.  —  Gardoù  es  hèl,  la  rivière  a 
grossi.  S'és  fa  bel,  il  a  grandi.  On  dit  aussi  .  Es  un  bel 
éfan,  c'est  un  bel  enfant;  mais  ce  n'est  que  par  euphonie, 
bel  est  pris  là  pour  beau,  beau. 

Dér.  du  lat.  Bellus,  beau,  bien  lait.  Il  parait  que  dans 
les  premiers  Ages  de  notre  idiome,  âges  éminemment  guer- 
riers, la  beauté  était  inséparable  d'une  belle  taille.  Bellut 
était  évidemment  la  qualité  d'un  homme  fort  et  propre  à 


la  guerre,  bellum.  En  fr.  encore,  on  ne  dira  pas  bel  homme, 
ni  belle  femme,  d'un  individu  mignon  et  de  courte  sta- 
ture; c'est  pour  ce  dernier  qu'a  été  inventé  le  mot  : 
joli. 

Bèl-Bèl,  locution  au  masc.  qui  n'est  employée  que 
comme  suit  :  Faire  lou  bèl-bH,  flagorner  ;  accabler  de  pré- 
venances; flatter  l'amour-propre  ;  faire  tout  beau  à  un 
chien;  montrer  une  friandise  ou  un  joujou  à  un  enfant, 
sans  vouloir  le  lui  laisser  prendre. 

Bel  est  pris  ici  pour  synonyme  de  beau. 

Bélèou,  adv.  Peut-être;  il  est  possible.  —  Qui  dis 
bélèou,  n'es  pas  ségu,  dire  peut-être,  n'est  pas  affirmer, 
donner  ni  avoir  l'assurance. 

Bêles  (A),  à  bèlos,  adv.  Un  par  un;  un  après  l'autre. 
—  A  bêles  sôous,  un  sou  après  l'autre.  A  bèlos  fis,  à  plu- 
sieurs reprises.  A  bèlos  palados,  par  pelletées.  A  bèlos 
avéngudos,  par  accès,  par  crises.  A  bèlos  troupélados,  par 
pelotons.  A  bêles  flos,  un  morceau  après  l'autre,  par  petits 
morceaux.  A  bêles  us,  un  par  un.  A  bêles  dous,  deux  à 
deux,  deux  par  deux.  A  bêles  dès,  à  bêles  douje,  par 
dizaine,  par  douzaine  ;  dix,  douze  à  la  fois.  A  bèlos  houros, 
parfois,  quelquefois. 

Bélétos,  s.  f,  pi.  Petites  pièces  de  monnaie;  argent 
mignon.  —  Foudra  bé  qu'apounche  sas  bélétos,  il  faudra 
bien  qu'il  délie  les  cordons  de  sa  bourse. 

Dér.  de  Bèou. 

Bélicoquo,  s.  f.,  ou  Piquo-poulo.  Fruit  du  micocou- 
lier, qui  est  une  petite  baie  à  noyau,  noire  quand  elle  est 
mûre,  sèche,  douceâtre,  et  qui  n'a  presque  qu'une  peau 
ridée  sur  son  noyau  ;  on  en  fait  une  tisane  béchique. 

Bélicouquiè,  s.  m.,  ou  Fanabrégou,  ou  Piqao-pomè. 
Micocoulier,  Celtis  australis,  Linn.,  arbre  de  la  fam.  des 
Amen  lacées,  qui  vient  très-grand  et  très-vieux.  Son  bois, 
qui  a  les  flbres  longues,  fortes  et  flexibles,  compacte  et 
dur,  est  très-estimé  pour  le  charronnage.  Dans  les  Céven- 
nes,  on  le  recépait  comme  les  saules,  et  de  ses  pousses, 
quand  elles  étaient  arrivées  à  l'âge  de  trois  ans,  on  faisait 
des  cercles  de  tonneau,  qui  duraient  fort  longtemps.  Cette 
industrie  s'est  perdue,  soit  par  la  rareté  de  ce  bois  que  les 
défrichements  ont  singulièrement  éclairoi,  soit  par  l'emploi 
très-répandu  des  cercles  en  fer  laminé.  Cet  arbre  est  soi- 
gneusement ménagé  en  taillis  à  Sauve  (Gard),  où  l'on  en 
fabrique  des  fourches  à  trois  becs,  les  seules  dont  on  ae 
serve  dans  tout  le  pays  pour  remuer  et  tourner  les  pailles 
et  les  foins. 

Béloîo,  f .  f.  Bijou,  parure,  affiquets  de  femme. 

Dér.  de  Bèou. 

Bèlos  (Bé),  s,  f.  pi.  Terme  de  jeu.  Ne  se  dit  que  dans 
la  phrase  :  Faite  dé  bèlos,  parier  en  dehors  du  jeu  prin- 
cifôl,  comme  les  paris  de  la  galerie  à  l'écarté.  C'est  sur- 
tout au  jeu  de  dés,  au  passe-dix,  que  ce  terme  était  em- 
ployé. Ce  jeu,  qui  était  fort  usité  parmi  les  gamins,  il  y  a 
quarante  on  cinquante  ans,  s'établissait  en  plein  air  et  sur 
les  places.  On  formait  une  masse  ou  poule  des  mises  de 


BÈN 


BEN 


10» 


tons  les  joaears,  et  celui  qui  amenait  le  plus  gros  point  ou 
la  plas  forte  rafle,  gagnait  la  poule.  Mais  le  joueur  le  plus 
hardi,  ou  qui  voulait  jouer  plus  gros  jeu,  au  moment  où  il 
avait  les  dés  en  main,  proposait  à  la  galerie  de  parier 
qu'il  ne  dépasserait  pas  tel  nombre  ;  s*il  dépassait  ce  nombre, 
il  avait  perdu.  C'est  ce  pari  d'extra  qu'on  nommait  dé  bèlo$. 

Dér.  de  Béou. 

Bélonn,  n.  pr.  Dim.  Bélouné.  C'est  un  dim.  du  nom 
de  femme  Isabelle  ou  Elisabeth.  —  Voy.  Babèou. 

Bélonso,  I.  f.  Blouse,  un  des  six  trous  du  billard.  — 
Fieka  din  la  bélouso,  blouser;  duper;  tromper;  mettre 
dans  l'embarras. 

Emp.  au  II*. 

Bélugo,  9.  f.  Dim.  Béluguéto.  Bluette,  étincelle  qui 
s'échappe  du  feu.  —  E$  tout  fia»  tout  bUugo,  il  est  vif 
oomoae  la  poudre,  il  est  plein  de  zèle  et  d'ardeur. 

Dér.  du  lat.  Lux,  lumière,  précédé  de  la  particule 
rêdnpl.  hé. 

Bélngné,  éto,  cidj.  Vif;  léger  ;  alerte,  éveillé  ;  émous- 
tiUé  ;  fringant  ;  sémillant. 

Bélagnéja,  v.  Etinceler  ;  pétiller  ;  briller  ;  éclater.  — 
Ibtti  H  béluguéjo,  il  est  pétillant  de  vivacité  ou  d'esprit. 
La  fièio  couménço  dé  béluguéja,  les  bourgeons  des  mûriers 
oommenoent  à  poindre  el  à  prendre  un  reflet  doré. 

Dér.  de  B&ugo. 

Bèmi,  bèmio,  adj.  Péjor.  Bémias,  Bohème,  bohémien, 
truand,  qu'on  appelle  Gitanos  en  Espagne,  Zingari  en 
Italie,  Zigenner  en  Allemagne  et  Gypsi  en  Angleterre  ;  au 
moyen  âge,  le  fr.  les  nommait  Bèmes  ou  Bcsmes  ;  peuplade 
errante,  tribu  vagabonde,  que  chaque  peuple  fait  sortir 
d^me  origine  différente.  Ceux  que  l'on  voit  dans  notre 
pays,  nous  arrivent  des  frontières  de  l'Espagne  et  du  Rous- 
ttllon.  Aussi  les  appelle-t-on  vulgairement  Catalans.  Ils  se 
rendent  par  bandes  à  nos  foires,  vendant  des  &nes  et  des 
mules,  disant  la  bonne  aventure,  et  exerçant  souvent  des 
industries  moins  légales.  Us  marchent  ainsi  en  tribu  com- 
posée d'hommes,  de  femmes  et  d'enfants,  ne  logent  jamais 
dans  les  hôtelleries,  mais  bivouaquent  sur  une  grève, 
campent  sur  les  bords  d'un  chemin  ou  sous  l'arche  d'un 
pont,  se  nourrissant  d'animaux  morts  ou  de  débris  de 
légumes  qu'ils  ramassent  par  les  rues.  Ils  sont  très-friands 
de  chats. 

On  dit  adjectivement  Bèmi,  d'un  homme  de  mauvaise 
mine  ou  de  mauvaise  foi.  —  Franc  coumo  un  bèmi,  franc 
comme  un  Bohème  ;  c'est  le  nêcplut  ultra  de  cette  contre- 
vérité. 

Sous  la  Ligue,  on  a  donné  le  nom  de  fième  au  meur- 
trier de  l'amiral  de  Goligny,  qui  était  de  la  Bohème  et  se 
nommait  Charles  Dianowitz.  —  Voy.  Bigoro  {bando  dé), 

Oorrupt.  de  Bdième.  —  Voy.  Catalan. 

Bémiïm,  ano,  ou  ando,  adj.  Bohémien.  —  Voy.  Bèmi. 

Bteda,  V.  Bander,  envelopper  d'une  bande  ;  lier  avec 
m»  bande.  —  Bénda  uno  rodo,  embattre  une  roue. 

Mr.  àeBéndo. 


Béndaîe,  s.  m.  Bandage  de  hernie,  exclusivement.  Les 
autres  acceptions  s'arrangent  avec  Béndo,  qui  suit. 

Béndèon,  s.  m.  Dim.  Béndèlé,  péj.  Béndèla$.  Bandeau  ; 
bande  pour  ceindre  le  front  ou  pour  couvrir  les  yeux  ; 
plus  spécialement  bande  de  toile,  bordée  d'une  petite  den- 
telle, dont  les  femmes  du  peuple  se  servaient  autrefois  pour 
se  serrer  la  tète  et  les  cheveux  par-dessous  la  coiffe,  et 
qu'on  met  encore  aux  enfants  au  maillot  sous  leur  béguin. 

Dim.  de  Béndo. 

Béndo,  $.  f.  Bande  d'étoffe  ,  pièce  de  linge,  plus  longue 
que  large,  destinée  à  entourer  quelque  partie  du  corps,  une 
plaie,  un  membre  ;  bande  de  fer  pour  renforcer  les  jantes 
d'une  roue  ;  bandage  de  roue. 

Le  radical  de  ce  mot  se  trouve  dans  beaucoup  de  lan- 
gues :  en  persan,  bend,  lien  ;  en  allem.  anc,  band,  aujour- 
d'hui benden,  lier,  bind,  lien;  en  Idil.^  pondère,  déplier, 
étendre  ;  dans  la  bass.  lat.  bandum,  bandellus  ;  d'où  le 
roman  benda. 

Bénédiciou,  s.  f.  Bénédiction,  cérémonie  par  laquelle 
on  bénit  ;  vœux  favorables;  abondance,  bienfaits  du  ciel. 
—  Âna  à  la  bénédiciou,  aller  au  salut.  Plôou  qu'es  uno 
bénédiciou,  il  pleut  à  seaux.  Gn'avié  qWèro  uno  bénédiciou, 
il  y  en  avait  à  foison. 

Dér.  du  lat.  Benedictio. 

Bénézé,  n.  pr.  d'homme,  fort  répandu  dans  ce  pays  ; 
au  fém.  Bénézéto.  C'est  un  dim.  de  Bénouè,  Benoit,  et 
tous,  en  lang.  et  en  fr.,  dér.  du  lat.  Benedictus,  béni. 

Bénhuroùs,  ouso,  adj.  Dim.  Bénhurousé.  Un  bienheu- 
reux, un  saint-homme,  un  innocent  ;  une  personne  sans 
malice,  sans  vice.  —  Voy.  Bénura. 

Dér.  de  Bé  et  Huroùs. 

Béni,  V.  Bénir,  consacrer  au  culte  divin  ;  donner  la 
bénédiction  ;  louer,  remercier  ;  faire  prospérer.  —  Diou  té 
bénisque  /  Dieu  te  bénisse  !  expression  qu'on  adresse  à  celui 
qui  éternue.  Cierge  bénï,  cierge  bénit.  Aïgo-bénito,  eau- 
bénite.  Dé  pan-bénï,  du  pain-bénit. 

Dér.  du  lat.  Benedicere. 

Béniasiadîoii  I  interj.  Littéralement  :  que  Dieu  soit 
béni  !  Merci  !  Grâces  à  Dieu  ! 

Dér.  de  Béni,  siègue  contracté  en  $ia,  et  Diou. 

Bénitiè,  s.  m.  Bénitier,  vase  à  l'eau -bénite,  placé  à 
l'entrée  des  églises  catholiques,  ou  au  chevet  de  lits,  ou 
au-dessus  d'un  prie-Dieu. 

Dér.  de  Béni. 

Bénobre,  s.  m.  n.  pr.  de  lieu,  ou  Vénobre.  Vézenobres, 
chef-lieu  de  canton  dans  l'arrondissement  d'Alais. 

La  tradition  rapporte  que  le  vieux  château  de  Véze- 
nobres, dont  il  ne  reste  plus  que  quelques  pans  de  murs, 
et  dans  l'enceinte  duquel  est  bâtie  la  plus  grande  partie  du 
haut  village,  fut  attaqué  par  les  Sarrazins  après  leur 
déroute  à  Poitiers,  due  à  Charles-Martel.  C'était  sans  doute 
une  forte  position,  qu'ils  convoitaient  pour  un  de  leurs 
postes  de  défense.  Ils  en  furent  repoussés  par  les  habitants, 
qui  délivrèrent  par  là  tout  le  pays  d'un  semblable  vdsînage. 


104 


BEN 


BEN 


Une  antre  tradition,  moins  glorieuse,  est  rapportée  par 
l'historien  Ménard.  A  la  fin  du  XIV*  siècle,  pendant  les 
troubles  de  la  minorité  de  Charles  VI,  une  troupe  de 
rebelles  des  environs  de  Nimes,  excédés  sans  doute  du 
poids  des  impôts  et  provoqués  par  le  désordre  des  guerres 
civiles,  avait  pris  les  armes  et  commettait  toutes  sortes  de 
brigandages  chez  les  nobles  et  les  riches.  Ces  bandes  étaient 
désignées  sous  le  nom  de  Totushù,  On  prétend  que  les 
habitants  de  Vézenobres  favorisèrent  ces  pillards;  peut- 
être  ne  firent-ils  que  leur  donner  asile  à  contre-cœur;  tou- 
jours est-il  que  le  surnom  de  Touchi  dé  Bénobre  leur  fut 
donné  en  souvenir  de  ces  faits.  Ce  sobriquet  est  venu 
grossir  ainsi  la  nomenclature  de  surnoms,  d'ordinaire 
peu  flatteurs,  que  les  localités  rivales  et  voisines  se  don- 
naient entre  elles  au  moyen  âge. 

Le  nom  de  Bénobre  est  arrivé  au  languedocien  après  de 
nombreuses  variantes.  Le  latin  du  moyen  âge  l'écrit  dans 
un  titre  de  4  050  Vezenobrium  ;  en  1 052  et  1 054  Vinedo- 
brium;en  1060  Vidanobre  et  Vinadobre  dans  le  même 
acte;  en  4077  Vinezobre;  en  4400  Vedmobrium;  en  4425 
et  4428  Yezmobre;  en  4442  Yedenobrium  ;  en  4444  et 
4450  Ve9mobre;ea  4154  et  4462  redenobrium;  en  4466 
Vieenobrium;  en  4167  Vedenobrium  ;  en  4474  Venedo- 
brium  ;  en  4  4  93  Vedenobre ,  en  1 24  9  Vicenobrium  et  Veze- 
nobrium,  sans  parler  des  variations  plus  récentes. 

Sur  ce  thème  Tétymologie  ne  se  montre  pas  clairement. 
Le  savant  Ménard  a  voulu  la  voir  dans  le  mot  Virinn,  un 
des  noms  de  lieux  du  territoire  des  Volces  Arécomiques, 
inscrit  sur  un  petit  piédestal  antique  conservé  au  musée 
de  Nîmes.  Ce  nom  aurait  été  abrégé  à  cause  des  dimen- 
sions du  monument  ;  mais  restitué  en  son  entier,  il  serait 
Virinno  ou  Virinnum ,  se  rapprochant  beaucoup  des 
formes  que  nous  citons.  L'interprétation  a  été  contestée. 
Cependant  qu'on  nous  permette  une  analogie,  si  éloignée 
qu'on  voudra.  La  ville  de  Bergues,  arrondissement  de 
Dunkcrqne  (Nord),  était  anciennement  dénommée  Gfwmo' 
Berg,  Groenberg,  nom  tudesque  composé  de  groen,  gruen, 
vert,  et  berg,  hauteur,  éminence,  et  le  latin  le  rendait  par 
viridis  mont.  Soit  à  cause  de  cette  origine,  soit  à  cause  de 
la  venue  de  saint  Winoc,  qui  fit  en  ce  lieu  bâtir  une  église, 
le  nom  dans  les  chartes  latines  se  transforma  en  celui  de 
Winociberga.  Le  rapprochement  est  facile  à  saisir  :  ici  la 
forme  tudesque  domine  ;  pour  nous,  c'est  la  celtique  qui 
survit  ;  mais  la  traduction  latine  est  de  nature  à  faire  im- 
pression et  a  bien  pu  se  conserver  dans  une  inscription  de 
la  province  romaine,  en  adoptant  le  mot  Virinn  qui  s'est 
si  bien  altéré  dans  la  suite. 

Quoi  qu'il  en  soit,  les  chartes  disent  Viceno,  Videno, 
Vidano,  Veceno,  et  ajoutent  le  radical  bri,  rendu  par  le 
neutre  lat.  brium  ou  bre.  Bri  est  caractéristiq[ue  de  la 
situation,  comme  suffixe  ;  il  signifie  hauteur,  colline,  élé- 
vation. Vietm  est  traduit  dans  Du  Cange  par  habitatio, 
domus,  demeure,  maison,  et  il  ajoute  :  Saxonibus  vieœn 
eti  pagui,  vieus;  en  saxon  viean  veut  dire  bourg,  village. 


Le  nom  entier  signifierait  par  conséquent  demeure  élevée, 
bourg  ou  village,  sur  une  collme  :  ce  qui  est  exact  pour 
Bénobre. 

Le  glossaire  de  Du  Cange  peut  fournir  une  autre  indica- 
tion. On  y  trouve  le  mot  Vinoblium,  —  et  la  ressemblance 
avec  notre  nom  latin  n'est  pas  contestable,  —  pour  vigne, 
champ  planté  ou  propre  à  être  planté  de  vignes,  dont  le 
fr.  a  fait  vignoble.  Puis,  et  â  l'article  suivant  :  Vinobre, 
eodem  inteUectu,  avec  le  même  sens.  Il  y  a  concordance. 

La  dernière  forme  surtout  a  le  mérite  de  reproduire  le 
mot  actuel  sans  le  décomposer  :  on  sait  en  effet  que  les 
deux  lettres  F  et  B  se  substituent  volontiers  l'une  à  l'autre. 

L'application  dans  les  trois  modes,  soit  éminence  verte« 
verdoyante,  soit  village  sur  une  hauteur,  soit  lieu  planté 
de  vignes,  est  du  reste  également  juste. 

Encore  une  interprétation,  qui  pour  être  la  dernière 
n'est  peut-être  pas  la  bonne,  mais  qui  prouvera  au  moins 
que  nous  avons  cherché,  si  nous  n'avons  pas  trouvé. 

Sur  le  monument  du  musée  de  Nimes,  parmi  les  noms 
inscrits,  se  trouve  celui  de  Briginn,  abrégé  plus  tard  en 
Brinno,  qui  est  devenu  le  Brignon  actuel.  Briginn,  à 
l'époque  la  plus  ancienne,  était  une  localité,  centre  de 
population  sans  doute  assez  important  dans  un  certain 
rayon.  Une  voie  romaine,  celle  de  Nemaïuuê  à  GabaLum, 
n'était  pas  éloignée  de  Briginn,  Brinno,  et  venait  traver- 
ser le  Gardon  à  Ners,  en  vue  du  village  actuel  de  Véze- 
nobres. Quand  ce  village  se  fonda,  peut-être  â  l'époque 
gallo-romaine,  aurait-on  voulu  que  son  nom,  tout  lafin 
dans  sa  première  partie,  traduisit  ou  exprimât  sa  situation 
dans  le  voisinage  de  l'oppidum  le  plus  considérable  alors 
de  la  contrée,  vicinus,  vicino,  de  Briginn,  Brinno,  qui 
nous  est  parvenu  avec  les  abréviations  et  les  altérations 
d'usage.  Cette  conjecture  vient  de  bien  loin,  de  si  lœn 
même,  qu'on  peut  sans  lui  faire  le  moindre  tort,  préférer 
les  autres;  mais  elle  n'était  pas  à  négliger. 

Bénoù,  9.  m.  Auge,  sorte  de  mangeoire  pour  les  brebis. 
Elle  se  compose  de  deux  planches  posées  de  champ  et  réu- 
nies par  des  chevilles  d'environ  un  pied  de  longueur,  œ 
qui  laisse  entre  elles  un  vide  de  même  dimension,  qu'on 
remplit  de  fourrage  ou  de  regain.  Cette  mangeoire,  ainsi 
disposée,  a  pour  objet  d'empêcher  les  brebis  de  mettre  les 
pieds  dedans  et  de  fouler  et  de  gâter  leur  provende. 

Dér.  du  celt.  Benn,  benne. 

Bénoubrén,  énqno,  adj.,  ou  Vénoubrén,  énqao. 
Habitant  de  Vézenobres  ;  qui  appartient  à  Vézenobres. 

Bènonri,  i.  m.,  ou  Fourîdgniè ,  ou  H-col-dé-sèr. 
Torcol,  torcou,  turcot  ;  torcol  ordinaire,  Yunx  torquiUa, 
Linn.  Oiseau  de  l'ordre  des  Grimpeurs,  de  la  fam.  des 
Cunéirostres.  Cet  oiseau,  qui  est  une  espèce  de  pie,  s*ac- 
I  croche  aux  troncs  d'arbres  et  se  pose  sur  les  grosses  bran- 
ches ;  mais  il  préfère  se  tenir  â  terre  où  il  cherche  des 
fourmilières.  Sa  langue  est  longue,  rugueuse  et  gluante; 
il  l'introduit  bravement  dans  les  trous  de  fourmis,  dans 
l'interstice  qui  se  forme  entre  VBxhre  et  l'écoroe;  les  four- 


BÊO 


BÈO 


105 


mis,  qui  y  habitent,  grimpent  sur  cette  langue,  croyant  y 
troaver  p&tore;  alors  Foisean-chasseur  la  retire  et  avale 
ses  ennemis.  Le  torcol  est  carieuK  à  voir  de  près  :  il 
retourne  sa  tète  et  son  cou  par  des  mouvements  onduleux 
semblables  à  ceux  des  serpents  ;  il  ouvre  sa  queue  en 
éventail,  tourne  ses  yeux  et  redresse  les  plumes  du  haut 
de  sa  tète.  Il  devient  extrêmement  gras  aux  premières 
pluies  de  Tautomne.  Les  diverses  habitudes  de  cet  oiseau 
lui  ont  valu  ses  trois  noms  languedociens  ;  il  est  pourtant 
plus  habituellement  dénommé  par  le  premier.  —  Fby. 
Foumiguiè,  et  Pi-eolrdé'Sèr. 

La  prononciation  du  nom  de  cet  oiseau  est  Tindice  de 
son  ôiymologie.  La  première  syllabe  est  en  effet  fortement 
sentie  par  Taccent  grave  sur  Vè,  ce  qui  lui  donne  aussitôt 
sa  filiation  de  Bè,  bec,  faisant  allusion  à  la  manière  ingé- 
nieuse que  ce  volatile  emploie  pour  se  procurer  une  pro- 
vende de  son  goût.  Si  un  accent  aigu  se  fût  rencontré  sur 
le  mot,  sa  signification  eût  été  changée  et  il  aurait  voulu 
dire  :  bien  nourri.  Ce  qui  était  moins  pittoresque  et  se 
serait  appliqué  à  bien  d'autres.  Le  caractère  et  la  descrip- 
tion exacte  du  volatile  sont  bien  mieux  représentés  par  la 
prononciation  et  l'orthographe  de  son  nom. 

Bénnra,  ado,  adj\  et  part,  pa$$.  Heureux,  bienheureux; 
favorisé  du  Ciel;  à  qui  tout  réussit. 

Bénura  comme  verbe,  signifiant  rendre  heureux,  est  peu 
usité,  quoique  le  terme  soit  bien  fait  et  pittoresque.  Mais 
dans  le  sens  de  l'adj.  ou  du  part,  pas.,  il  est  élégant  et 
expressif.  —  Ta  bénurado  planéto,  ton  heureux  destin. 
IHou  l'a  bénura,  Dieu  la  béni,  l'a  rendu  heureux. 

Ce  mot,  d'après  Sauvages,  parait  être  formé  du  lat.  Bona 
et  Bora,  qui  a  une  bonne  heure  ou  qui  l'a  eue.  On  sait  en 
eflfet  que  les  anciens  distinguaient  les  heures  favorables  et 
les  heures  funestes  :  traditions  qui  se  sont  conservées  dans 
le  vieux  mot  fr.  heur,  et  qui  sont  passées  dans  ceux  de  bon- 
heur et  maiheur,  contraction  de  bonne  heure  et  maie  heure. 
A  ce  titre  le  lang.  devrait  écrire  notre  mot  avec  un  h, 
comme  nous  avons  fait  pour  Bénhuroùs,  qui  a  la  même 
origine;  mais  nous  supprimons  ici  la  lettre  parasite,  qui 
ii*est  qu'étymologique,  et  dont  le  retranchement  ne  nuit  en 
rien  à  la  prononciation ,  par  raison  de  nos  règles  d'ortho- 
graphe, et  pour  avoir  d'ailleurs  une  variété  de  plus  con* 
forme  à  notre  mot  à  la  malouro,  où  elle  ne  parait  pas 
d'avantage. 

Bèon,  adj.  m.  sans  fém.  Beau.  —  Faï  bèou,  il  fiiit 
beau.  A  bèou  faïre,  il  a  beau  faire. 

Ce  mot,  dans  sa  formation,  dans  sa  signification  natu- 
lelle  et  dans  tontes  ses  acceptions  elliptiques,  est  d'origine 
française  :  même  emploi ,  mêmes  acceptions. 

Béoncûre,  j.  m.  n.  pr.  de  lieu.  Beaucaire,  ville  renom- 
mée par  sa  foire  du  SS  juillet.  Aussi  son  nom  est-il  devenu, 
pour  un  vaste  rayon  de  pays  autour  de  lui,  une  date,  un  point 
important  dans  l'année.  Autrefois  les  marchands  en  détail, 
les  artisans,  les  fournisseurs  de  toute  espèce,  allaient  faire 
^eors  aebats  en  foire  de  Beaucaire,  et  pour  cela  ils  avaient 


besoin  de  réaliser  les  crédits  qu'ils  avaient  faits  dans 
l'année.  Quoique  aujourd'hui  les  boutiques  et  magasins 
se  fournissent  ailleurs  qu'à  Beaucaire,  l'usage  d'arrêter  les 
comptes  des  fournitures  à  crédit  et  de  réclamer  le  montant 
des  mémoires  s'est  conservé.  Aussi  pleut-il  à  cette  époque 
ce  qu'on  appelle  les  comptes  de  Beaucaire  :  c'est  un  mau- 
vais quart  d'heure  pour  les  débiteurs  et  un  temps  fort 
occupé  pour  MM.  les  huissiers.  —  Pér  BéoueaXre,  ou  à 
BéoueaXre  à  l'époque  de  la  foire  de  Beaucaire,  à  la  mi- 
juillet. 

Béoueaïre  remonte  aux  temps  les  plus  anciens.  Le  géogra- 
phe Strabon  l'appelle  (K/Y^pvov,  ïyipvov  et  fépvov,  que  les 
auteurs  latins  Pline,  Sidoine  Apollinaire,  les  Tables  théodo- 
siennes  traduisent  par  Ugemum  ou  Ugemo;qvLe  l'Anonymede 
Ravenne  écrit  Ugumum;  qui  devint  au  VI*  siècle  Caetrum 
Odjemo,  et  dans  la  bass.  lat.  CasUrum  de  Ugemo,  en 
4020;  Belcayra,  en  4424  ;  Bellieadrum,  en  4460,  4478, 
4209;  Belloquadra,  Bellumquculrum,  BeUi-quadrum,  en 
4226  et  plus  tard  ;  en  même  temps  que  la  langue  vulgaire 
disait,  en  4425,  Beleaire;  en  4294,  Bauquaire;  en  4302, 
Bieuchayre,  et  en  4435,  Beleayre;  ce  qui  a  donné  enfin  le 
nom  actuel. 

La  première  partie  du  mot,  en  lang.,  en  fr.  et  dans  la 
latinité  du  moyen  âge,  ne  présente  aucune  difiiculté.  La 
seconde  partie  eayra,  quadra,  quadrum  ou  eadrum,  est  une 
altération  ou  une  syncope  du  substantif  de  la  bass.  lat. 
cité  par  Du  Cange ,  quadraria,  quadrataria,  Cayra  a  fait 
directement  caire,  comme  quadra  et  quadrum,  dérivant  de 
quadraria  ou  quadraiaria ,  en  lat.  lapidieina,  le  tout  a 
produit  carrière,  en  fr.  L'afiSnité  est  incontestable;  et  tous 
ces  dérivés  descendent  d'un  primitif  commun,  le  vieux 
mot  celtique  cair,  pierre,  qui  se  retrouve  du  reste  dans 
une  infinité  de  noms  locaux.  Nous  avons  dans  nos  envi- 
rons, en  grand  nombre,  hue  Caïrole,  comme  désignation 
de  quartiers  pierreux,  ou  de  carrières  de  pierres  communes. 
La  liste  serait  longue  des  lieux  ayant  la  même  origine  d'ap- 
pellation :  Cayrac  et  Cayrol,  dans  l'Aveyron;  Cayres 
(Haute-Loire);  Cayrols  (Cantal);  Carole  (Gers);  Carrole 
(Hautes-Pyrénées)  ;  Carolles  (Manche)  ;  Charolles  (Saône- 
e^Loire  ;  Queyrac  (Gironde)  ;  Queyras  (Hautes-Alpes)  ; 
Caralp  (Ari^e)  ;  Carrouge  et  Carouge  (Orne,  Seine-et-Oise, 
Suisse)  ;  Cayrouse  ( Aveyron)  ;  Quiers  (Seine-et-Marne)  ; 
Carrare,  en  Italie,  et  autres. 

Sauf  tout  le  respect  dû  à  une  opinion  assez  accréditée, 
qui  voudrait  que  le  nom  de  Belliquadrum  ou  Bellumqua- 
drum  eût  été  donné  à  Beaucaire  à  cause  d'une  tour  carrée 
qui  dominait  l'emplacement  sur  lequel  la  ville  s'est  cons- 
truite, l'étymologie  tirée  du  gaulois  cair  nous  parait  préfé- 
rable et  plus  naturelle.  D'ailleurs  la  même  raison  appella- 
tive  devrait  se  rencontrer  dans  les  homonymes  assez  nom- 
breux ;  et  Ton  n'a  pas  remarqué  des  traces  de  la  moindre 
tour  de  forme  carrée  à  Beleaire  (Aude),  arrondissement  de 
Limoux;  à  Beaucaire  (Aveyron),  commune  Noviale;  4 
Beaucaire  (Charente),  commune  Saint-Amand-de-Nouère  ; 

14 


t06 


BfEO 


BÊO 


à' Beaucaire  (Cher),  commime  Herry;  à  Beaacaiie  (Gers), 
(Xiininone  Valence,  et  autres  encore  ;  non  plus  qu'à  fiel- 
Caire  (Dordogne)  ;  à  Bellicaire,  province  de  Gerona,  et  & 
BellicayTe,  province  de  Lerida  (Espagne).  Ce  qui  commence 
à  donner  beaucoup  de  crédit  à  notre  version. 

Mais  il  y  a  plus  :  le  nom  grec  de  Béoueairê  latinisé  me 
semble  un  argument  nouveau.  Le  lieu  désigné  par  Strabon 
existait  avant  lui  et  était  connu.  On  a  dit  que  sa  forme 
celtique  devait  être  Wern  ou  Guern,  qui  veut  dire  en 
gallois  et  en  bas-breton  ;  aune,  aunaie,  lieu  planté  d'aunes; 
vàr,  lang.  L'application  à  un  casirum  sur  un  grand  fleuve 
est  juste  ;  mais  la  dérivation  serait-elle  moins  exacte,  si 
l'on  admettait  que  le  celtique  cair  a  été  le  parrain  du  Tip- 
vov  de  Strabon,  qui  se  trouvait  sans  doute  précédé  d'une 
épitbéte  significative,  exprimant  en  gaulois  ce  que  dit  le 
bdlum  de  la  bass.  lat.,  Béoudu  languedocien,  et  que,  dans 
la  variante  ïf^pvov,  Strabon  aurait  traduite  et  exprimée? 
Ainsi,  la  première  syllabe  de  Ugemum  ou  Ugêmo,  lat.,  ne 
serait-elle  pas  la  diphthongue  adverbe  Eu,  bien,  reproduite 
eupboniquement  par  le  latin  u?  La  prononciation  du  y 
grec  et  du  g  latin  devant  e  est  dure  et  se  rapproche  sen- 
siblement de  celle  du  celtique  :  ce  qui  ne  met  pas  à  une 
grande  distance  eair  et  guer.  Le  gaulois  a  encore  cairn, 
appliqué  aux  monuments  de  pierre,  dolmens,  qui  introduit 
une  lettre  de  plus  dans  la  ressemblance  graphique  des  mots. 
Mais  une  permutation  identique  se  fait  remarquer  sur  le 
nom  d'un  ancien  oppidum  purement  celtique,  signalé  dans 
le  savant  ouvrage  de  M.  Germer-Durand,  IHetion.  topogr. 
La  petite  commune  de  Gam,  ancien  évècbé  d'Uzès,  aux 
limites  du  Vivarais,  a  conservé  intacts  sa  forme  et  son 
nom  celtique,  Cairn.  Le  g  s'est  substitué  au  e,  inverse- 
ment à  ce  qui  est  arrivé  dans  le  roman  pour  Belcaire,  qui 
reprend  sa  forme  primitive;  mais  par  un  procédé  sem- 
blable à  celui  employé  par  le  latin  et  le  grec,  Vgemum, 
Ty^^ov  :  preuve  que  nos  déductions  sont  vraisemblables. 
La  terminaison  en  o,  si  commune  dans  les  appellations 
celtiques,  ne  doit  pas  être  négligée.  On  sait  que  nos  pères 
les  Gallo-Romains  employaient  les  deux  langues,  celtique 
el  romaine,  et  quand,  an  moyen  ^,  on  voulut  désigner 
l'antique  localité,  la  traduction  devint  précise  et  fidèle  en 
substituant  à  ÏY^pvov,  le  mot  Bdoofffa,  BeUieadmm,  Bel- 
lumquadrum. 

Tous  ces  noms  seraient  donc  synonymes;  mieux  que 
oéla,  ce  serait  le  même  nom,  sous  différentes  formes,  grec- 
que, latine,  languedocienne  et  française.  L'antiquité  qu'on 
attribue  ft  Beancaire,  les  belles  carrières  qui  touchent  la 
ville,  et  qui  ont  été  connues  dès  les  premiers  âges,  ne  s'op- 
posent point  à  cette  origine  de  son  appellation  et  semblent 
là  juitlfiAr.  Le  géographe  Strabon  a  traduit  autant  que  le 
grec  le  permettait,  sans  trahir  le  vieux  gaulois. 

Béoa<4*ott,  j.  m.,  ou  Ihatto,  Snito,  Niehoulo.  Effraie; 
ftésale  »  chooetle-effraie,  Sirim  fiammm,  Linn.»  de  Tordre 
del  Rapaces  et  de  la  fam.  des  Nocturnes.  Cet  oiseau  de 
pHÀB  nocturne,  qui  andnt  jusqu'à  35  centimètres  de  km* 


gueur,  a  le  dessus  du  corps  jaunâtre,  onde  de  gris  et  de 
brun,  parsemé  d'une  multitude  de  petits  points  blancs  ;  le 
dessous  est  d'un  blanc  soyeux,  éclatant.  Il  habite  les  vieux 
édifices,  les  clochers  et  les  toits  des  églises.  On  croit  vul* 
gairement  qu'il  y  entre  la  nuit  pour  boire  l'huile  des  lam« 
pes;  de  là  son  nom  de  Béou-l'oli.  Par  celui  de  Suite  sous 
lequel  il  est  connu  aussi,  on  a  sans  doute  essayé  de  rendre 
le  soufflement  on  sifflement  qu'il  pousse  pendant  la  nuit. 
Il  a  la  réputation  d'être  l'oiseau  de  mauvais  augure  par 
excellence.  —  Voy,  Damo,  Suilo,  Nichoulo. 

Béonre,  v.  Boire  ;  avaler  un  liquide,  Tabsorber.  — 
Àquél  home  bèou,  cet  homme  est  adonné  à  la  boisson,  à 
Tivrognerie.  Hou$  sou\è$  bévau,  mes  souliers  laissent  trans- 
pirer l'eau.  Béoure  da»  iéls,  manger  des  yeux,  couver  du- 
regard.  Béoure  coumo  un  ioblas,  boire  beaucoup,  sans  fin, 
comme  un  champ  de  sable,  qui  absorbe  l'eau  et  la  pluie 
en  telle  quantité  qu'elle  y  tombe.  Y-a  pa$  qu'un  grand 
béoure  que  pogue  té  tira  d'aquï,  ce  n'est  qu'à  force  de 
boire  de  la  tisane  que  tu  peux  te  tirer  de  cette  maladie. 
Mais  les  ivrognes  ou  les  plaisants  qui  veulent  les  imiter 
dans  leurs  propos,  tournent  la  chose  dans  le  sais  du  vio, 
et  c'est  le  vin  qu'ils  conseillent,  quand  ils  adressait  cette 
phrase  à  ceux  qui  se  plaignent  d'un  malaise.  Leu  béimre 
U  lèvo  pas  lau  manja,  la  soif  ne  lui  dte  pas  la  faim,  boire 
ne  l'empêche  de  manger.  Un  ose  i  béouriè,  le  cas  n'est  pas 
difiicile,  un  âne  s'en  tirerait.  Fénno  que  noun  mcMJo,  lev 
béoure  la  mantén,  à  petit-manger,  bien  boire.  Béoure  féùu 
et  iouvén,  boire  peu  et  souvent  :  bonne  hygiène. 

On  dit  d'un   homme  qui  s'est  ruiné  :  Ou  a  pas  fovl 
manJa,  n'a  bé  bégu  dé  flàs,   il  n'a  pas  mangé  tout  aon 
bien,  il  en  a  bu  une  partie.  Aquélo  aïgo  se  béou,  œtle 
source  se  perd  dans  la  terre  ou  dans  le  sable.  Béoure  louo 
eos,  endurer  les  coups  sans  se  plaindre.  Crésés  aquà  et 
bévés  d'aïgo,  croyez  cela  et  buvez  de  l'eau  par-dessus, 
phr.  prvb.  pour  dire  que  vous  ne  croyez  pas  un  mot  de  oe 
que  l'on  raconte,  ou  que  ce  mensonge  est  difiicile  à  avaler 
et  qu'il  faut  boire  pour  le  faire  descendre  dans  le  gosier. 
C'est  dans  le  même  sens  qu'on  dit  d'un  hâbleur  :  Faï4ou 
béoure,  fais-le  boire,  pour  que  son  mensonge  ne  s'an^M 
pas  au  gosier.  Las  tèros  an  prou  bégu,   les  champs  sodI 
suffisamment  abreuvés.  Fàsre  «m  béoure,  faire  un  temps  de 
repos  pour  les  journalière,  pendant  lequel  ils  voet  boive 
un  coup  à  leur  gourde  pour  reprendre  haleine,  fl  ne  feoi 
pas  confondre  un  béoure  avec  un  repas,  un  repas  :  le  rspes 
est  un  temps  déterminé  par  les  usages,  où  les  travaiurâs 
mangent  commodément  assis;  hm  béoure  n'est   qa^ul 
simple  temps  d'arrêt,  pendant  lequel  ils  cassent  simple* 
ment  une  croiHe  et  boivent  un  coup.  Ce  temps  est  de 
durée  arbitraire,  et  souaiis  au  plua  ou  moins  de  adle  de 
l'ouvrier,  on  au  plus  ou  nK>ins  de  sévérité  étt  dief  d*aie* 
lier,  ou  bdOo.   QuêÊM  se  fi^  dé  béouree  d'ofuéeto  eéooét 
combien  doit-on  faire  de  posss  au  travail  daae  cène 
sàisenT 

Dam  cette  aeosptilMi»  loi»  Mbere  est  mâM*  omo.  a 


BÉQ 


BER 


107 


Hgnifie  enoore  :  le  bovre,  le  liquide  que  Ton  boit;  la  ration 
de  huMPngs  aux  animanx,  mais  daos  ce  dernier  sens  on 
emploie  :  Abéoure,  —  Lou  héoure  et  lou  manja,  le  boire  et 
le  manier.  Aqud  mé  Uvo  iau  béoure  et  lou  manja,  cette 
âmotioii,  eette  nouvelle  m*a  coupé  la  soif  et  rappéUt. 

Dôr.  du  lat.  Bibere.  En  ital.  Bevere,  boire. 

Béouta,  s.  f.  Beauté,  qualité  de  ce  qui  rend  aimalde  ou 
admirable,  au  physique  et  au  moral.  —  Es  pa'no  béouta, 
œ  n'est  pas  une  beauté. 

Emp.  au  fr. 

Béqna,  v.  Becqueter;  mordre  avec  le  bec;  battre  à 
coups  de  bec;  donner  des  coups  de  bec;  manger  seul,  en 
parlant  d'un  oiseau  ou  d'un  poussin  ;  brouter  ;  mordre  à 
l'hameçon;  avaler  crédulement  un  mensonge.  —  Aquél 
pastiroù  eouménço  à  béqua,  ce  petit  moineau  commence  à 
manger  seul.  Lou  -pétswù  béquo  pas,  le  poisson  ne  mord 
pas.  Tout  hu  bèqup,  tout  le  monde  le  dupe,  le  houspille; 
tout  le  monde'  l'accuse  ;  se  moque  de  lui  :  on  l'accable  à 
coups  de  bec.  Lous  fàguère  toutes  béqua,  je  leur  £s  avaler 
à  tous  cette  bourde. 

Oér.  de  Bè,  bec. 

Béqnado,  s.  f.  Dim.  Béquadéto.  Becquée,  pâtée  que  les 
oiseaux  portent  à  leurs  petits  dans  le  nid  ;  coup  de  bec  ; 
xaillerie  ;  sarcasme,  insulte.  —  Espéra  la  béquado,  attendre 
la  becquée;  attendre  que  la  manne  tombe  du  ciel  ;  ne  se 
donner  aucune  peine,  aucun  souci,  pour  obtenir  ce  qu'on 
désire. 

Dôr.  de  Bè,  bec. 

Béquaduro,  s.  f.  Blessure  causée  par  un  coup  de  bec; 
accroc;  déchirure  ou  piqûre  causée  par  un  coup  de  bec  ou 
par  quelque  chose  de  pointu. 

Dér.  de  Bè,  bec. 

Béqnaje,  s.  m.  Herbage  d'automne,  qu'on  fait  brouter. 
C'est  l'herbe  dernière  qui  pousse  dans  un  pré,  après  en 
avoir  enlevé  le  foin  et  le  regain. 

Dér.  de  Béqua. 

Béqao-figo ,  s.  m.  Becfigue,  oiseau  du  genre  gobe- 
.mouche,  MotaciXla  fieedula,  d'après  Linn.  ;  MuseUapa  lue» 
ituosa ,  «uivant  Temm.  Le  becfigue  a  le  dessus  du  corps 
noir,  le  front  et  toutes  les  parties  inf^ieures  blanches  ;  la 
queue  et  les  ailes  noires;  celles-ci  ont  leur  couverture  blan- 
che. Arrivé  en  France  vers  la  fin  d'avril,  il  repart  dans  les 
.jiremiars. jours  de  septembre.  D'après  l'ornithologie  mo- 
derne, il -se  nourrit  de  mouches  et  d'antres  petits  insectes 
ailés,»  qu'U  enlève  de  dessus  les.  feuilles  et  les  fruits  mûrs; 
aussi  la  acaenoe  l'a  dénommé  Gobe^mouche.  Le  vulgaire,  en 
Je  voyant  fréquenter  de  préférence  nos  figuiers,  car  o*est 
là  qu'il  lait  la  chasse  la  plus  abondante,  a  cru  qu'il  se 
nourrissait  de  leurs  fruits  et  lui  a  donné  le,  nom  de  Béquo- 
fgo.  Les  latins,  qui  en  avaient  la  même  opinion,  rappe- 
laient .Ficailtito.  P^^ètre  ee  gobe^moucfae,  en  becquetant 
la 'figue  pour,  y  saisir  sa.  proie  vivante,  se  laisse-t-il  dller  à 
goàler;an  peu  du  fruit  et.mérite-t-il  ainsi  ses  divers  noms; 
•n  teiis  cas,;  dans  qu^lqne' genre  ou  famille  qu'on  le  range, 


son  nom  est  évidemment  un  emprunt  du  fr.  au  langued. 
La  figue  est  trop  un  fruit  du  Midi  pour- ne  l'avoir  pas  ins- 
piré ;  Becfigue,  double  subst.  fr.,  ne  signifierait  rien  s'il 
n'était  la  traduction  du  verbe  et  du  régime  employés  par 
la  langue  d'Oc.  —  Gras  eoumo  un  bèquo-figo,  gras  comme 
un  becfigue.  Sa  cbair  est  en  effet  très-déÛcate  et  très-esti- 
mée.  Un  grand  professeur  en  gastronomie,  Brillat-Savarin, 
a  dit  :  <  Parmi  les  petits  oiseaux,  le  premier,  par  ordre 
d'excellence,  est  sans  contredit  le  becfigue  ;  si  cet  oiseau 
privilégié  était  de  la  grosseur  d'un  faisan,  on  le  paierait 
certainement  à  l'égal  d'un  arpent  de  terre.  9 

Bèquon,  s.  m.  dimin.  Baiser,  en  style  mignard  et 
enfantin,  comme  on  dit  en  fr.  famil.  Bécot. 

Dér.  de  Béqua,  becqueter. 

Bèrbéqnin,  s.  m.  Villebrequin,  outil  de  menuisier,  qui, 
au  moyen  d'une  mèche,  sert  à  faire  des  trous  en  emportant 
la  matière  qu'il  traverse. 

Formé  probablement  de  Vira,  tourner,  et  de  bréquin, 
nom  ancien  de  la  mèche,  du  lat.  Veru,  veruum. 

fiéré,  s.  m.  Berret;  espèce  de  bonnet  d'enfant,  en  ve- 
lours ou  en  soie,  coupé  à  côtes  de  melon,  qu'on  attache 
sous  le  menton  ;  bonnet  plat  et  tricoté  des  paysans  du 
Béam.  •—  Yoy.  Béréto. 

Dôr.  du  lat.  Birrus  ou  birrum,  nom  d'une  espèce  de 
coiffure  en  usage  chez  les  anciens  ;  d'où  la  bass.  lat.  bar- 
retum  ou  birretum,  berret,  barette;  en  esp.  birreta;  en 
ital.  barreta. 

Bérénguèri,  s.  m.  nom  pr.  d'un  terroir  d'Alais,  près 
la  route  d'Alais  à  Nimes,  dit  Bérénguèri,  que  des  archéo< 
logues,  d'après  un  passage  de  Sidoine  Apollinaire,  pré- 
tendent être  Voroangus,  habitation  d'Apollinaire,  voisine 
de  Prusianus,  Brésis  aujourd'hui,  demeure  de  Tonanoe 
Ferréol,  préfet  des  Gaules  au  V«  siècle. 

Béréto,  s.  f.  Bonnet  d'enfant  ;  calotte  de  prêtre;  bonnet 
rond  et  juste  à  la  forme  de  la  tète,  tel  que  la  calotte  qu*on 
voit  au  théâtre  aux  Gassandres,  à  Bartolo  et  aux  rôles  à 
manteau  de  la  comédie  française  et  italienne. 

Même  étym.  que  Béré  ci-dessus. 

Bérgadiè,  s.  m.  Brigadier,  commandant  d'une  brigade, 
grade  de  cavalerie  ou. de  gendarmerie  correspondant  à  celui 
de  captrsCl  dans  l'infanterie. 

Emp.  au  fr. 

Bérgado,  s.  f.  Brigade,  division  d'un  corps  d'armée; 
section  de  gendarmerie  commandée  par  un  bérgadiè.  £n 
gén.,  troupe,  bande  armée. 

Emp.  au  fr. 

Bérgan,  ando,  adj.,  ou  Brégan,  ando,  péjor.  Bérgan- 
das  ou  Brégandas,  Brigand,  voleur  de  grand  chemin  ;]e 
plus  souvent,  épithèle  injurieuse  donnée  à  celui  qui  com- 
met des  vexations  ou  d'étranges  concussions.  Souvent  en- 
core, c'est  une  sorte  d'interjection  :  O  Bérgan  t  neutrale- 
ment  emplayée;  en  ce  sens,  le  péj.  Bérgandas/M  surtout 
admis. 

Dér.  du  lat.  Brigantu,  peiçles  d'Hibemie  qui,  sous  la 


106 


BER 


BER 


domination  romaine,  ravagèrent  souvent  les  provinces  sep- 
tentrionales de  la  Grande-Bretagne . 

Bérgandaje,  «.m., ou  Brégandaje.  Brigandage;  action 
violente;  volene;  concussion. 

Même  étym.  que  le  précéd. 

Bérgandéja,  v,,  ou  Brégandéja.  Se  livrer  au  brigan- 
dage, dans  la  double  acception,  étendue  ou  restreinte,  mais 
également  peu  recommandable. 

Bérgè,  «.  m.  Dim.  JBérgéiré.  Berger,  pâtre,  expression 
toute  française,  qu'on  ne  peut  employer  qu*en  poésie. 

Bergéireto,  «.  f.,  ou  Gouacho,  Bergeronnette,  hoche- 
queue, lavandière,  petit  oiseau  du  genre  des  becs-fins  ;  il 
vient  se  mêler  au  milieu  des  troupeaux  de  moutons,  et 
mange  familièrement  avec  eux  :  ce  qui  lui  a  valu  son 
nom.  Quant  au  mot  lui-même,  c'est  du  français  tout  pur 
comme  le  précédent  et  le  suivant,  et  dans  le  même  ordre 
d*idées  et  d'emploi.  Aussi  ne  devrait-on  donner  droit  de 
dié  et  de  classification  qu'à  Pastouréléto;  car  le  languedo- 
cien n'appelle  ses  bergers  que  paatrês,  ainsi  qu'on  le  voit 
dans  le  mot  de  meilleur  aloi  de  la  bergeronnette.  Gala- 
poêtre. 

Voy.  Couacho,  Galapas(rê,  Brando-quuïo, 

Bérgèîro,  s.  f.  Dim.  Bérgëiréto.  Bergère.  —  Voy.  Bérgè. 

Bérigonlo,  s,  f.  Barigoule  ;  manière  d'apprêter  les  arti- 
chauts, qui  consiste  à  les  placer  crus  sur  le  gril,  avec  du 
sel,  du  poivre  et  de  l'huile,  qu'on  introduit  dans  les  inter- 
stices des  feuilles.  C'est  un  emp.  au  fr.  Barigoule,  sauce 
lâen  plus  compliquée  d'ailleurs  que  notre  bérigoulo, 

Bérlénqné,  s.  m.  Jeu  d'enfants,  qui  ne  pourrait  être 
traduit  et  exprimé  en  fr.  que  par  le  mot  lui-même.  Il  con- 
siste à  placer  quelques  sous  ou  même  des  épingles,  debout 
derrière  une  petite  pierre  carrée  et  mince,  posée  de  champ. 
Les  joueurs,  placés  à  une  certaine  distance,  lancent  chacun 
deux  palets  contre  cette  pierre;  quand  ils  peuvent  la 
chasser  assez  loin  pour  que  l'un  de  leurs  palets  soit  plus 
rapproché  que  la  pierre  de  l'enjeu  ou  d'une  pièce  de  cet 
enjeu  ;  l'enjeu  ou  la  partie  d'enjeu  leur  est  acquis.  Gomme 
on  le  voit,  le  bérlénqué  est  le  premier  rudiment  du  jeu  de 
bouchon. 

Dér.  peut-être  de  Birh,  à  cause  du  petit  caillou  qui 
sert  de  but,  ou  de  ceux  avec  lesquels  on  joue. 

Bèrio,  «.  f.  Dim.  BérU,  bérléto,  péj.  Bérlasso.  Eclat  de 
pierre  ou  de  bois,  souche  d'arbre ébrëchée  ;  grosse  branche 
morte;  bord  d'un  vase. 

Bérloqao.  s.  f.  Breloque.  Ne  s'emploie  que  dans  la 
phrase  :  Boire  la  bérloquo,  battre  la  campagne,  divaguer, 
déraisonner.  La  bérloquo,  breloque,  en  terme  de  théorie 
militaire,  est  la  batterie  de  tambour  qui  annonce  l'heure 
des  corvées. 

Dér.  du  lat.,  sotl  Veriloquium,  langage  vrai,  naïf;  parce 
que,  quand  on  déraisonne  par  folle  on  par  ivresse,  on 
laisse  souvent  échapper  des  vérités  qu'il  eût  été  sage  de 
retenir;  soit  de  hretUoquium,  laconisme,  langage  coupé  ; 
soit  de  varia-lofui,  parler  sans  suite. 


Béma,  s.  m.,  n.  pr.  d'homme;  au  fém.  Bémado;  dim. 
Bémadé.  Bernard.  Nom  qui  a  servi  de  racine  à  beaucoup 
d'autres  dans  le  pays  :  Bemadèl,  Màoubéma,  Bernardin, 
et  la  syncope  familière  de  ce  dernier  :  Nadin.  —  T'a  Um- 
qua.  Berna?  J'espère  qu'on  t'a  touché,  l'ami?  Express, 
prvb.  qu'on  adresse  à  celui  qui  vient  de  recevoir  une 
correction  méritée,  ou  bien  un  quolibet  piquant  qu'il  avt  it 
provoqué.  Béma  din  la  luno  ;  on  fait  croire  aux  enfants 
que  les  diverses  taches  qu'on  aperçoit  dans  la  lune,  quand 
elle  est  pleine,  et  qui  donnent  l'apparence  d'une  £ace 
humaine,  ne  sont  autre  chose  que  la  figure  d'un  bûcheron, 
nommé  Béma,  que  Dieu  a  placé  dans  la  lune  pour  le  punir 
d'avoir  fait  des  fagots  un  jour  de  dimanche. 

Dér.  du  lat.  Bemardus,  formé  de  l'allem.  béer,  ours,  et 
de  hart,  génie. 

Béma-pésqoaîre,  s.  m.,  ou  Gnirâoa-Pésqnaire.  Héron 
cendré,  héron  ordinaire,  Ardea  cinerea,  Linn.,  nom  com- 
mun à  plusieurs  variétés  de  héron.  Oiseau  de  l'ordre  des 
Echassiers  et  de  la  fam.  des  Cultrirostres,  remarquable 
par  la  longueur  de  ses  jambes,  de  son  cou  et  de  son  bec  ; 
il  vit  de  pêche  et  tire  de  là  son  nom.  Dans  nos  environs, 
on  l'appelle  Béma-pésqua^re,  et  dans  d'autres  localités  voi- 
sines aussi,  Guirdou-pésquaïre.  Reste  à  savoir  quel  Ber- 
nard et  quel  Guiraud,  qui  ont  toujours  été  assez  nombreux 
dans  le  pays,  étaient  assez  forts  pêcheurs  devant  (a  langue, 
ou  assez  mal  bâtis,  pour  qu'on  ait  donné  leur  nom  au  dis- 
gracieux oiseau-pêcheur,  aux  si  longs  pieds  et  au  si  long 
bec,  emmanché  d'un  si  long  cou.  1^  Fontaine,  qui  Ta  si 
bien  peint,  ne  l'a  pas  dit  et  ne  le  nomme  que  le  héron; 
nous  n'en  savons  certes  pas  plus  que  lui.  —  Voy.  Guirâou" 
péscaïre. 

Béroù,  s.  m.  Dim.  Bérouné.  Terme  de  berger,  Robin- 
mouton,  mouton  favori  ;  celui  qui  conduit  le  troupeau  ; 
petit  agneau  privé  qui  mange  dans  la  main. 

Dér.  du  lat.  Vervex,  mouton. 

Béroù,  $.  m.  Ver  blanc,  qui  vit  dans  les  fruits,  princi- 
palement dans  les  cerises  et  dans  les  pois. 

Ce  mot  parait  dérivé  du  fr.  ver,  dont  il  ne  serait  qu'un 
dim.  Dans  le  rom.  beron  ou  berou,  ver  qu'on  trouve  dana 
les  cerises  nommées  guignée. 

Bérouia,  v.  Verrouiller;  fermer  au  verrou. 

Dér.  de  Biroul. 

Béroul,  8.  m.  Dim.  BérouXé,  péjor.  Béro^diae,  Vemm; 
fermeture  de  porte;  tige  de  fer  ronde  et  mobile,  glissant 
entre  des  crampons,  ou  anneaux.  En  lat.  Peeeulue.  c  C'est 
de  ce  mot,  dit  Sauvages,  que  certains  auteurs  font  dériver 
le  nom  de  Montpellier  (Monspessuli),  mont  ou  colline  du 
verrou,  à  cause  de  la  célébrité  du  verrou  de  Téglise  de 
Saint-Firmin,  dans  cette  ville.  > 

c  Les  banqueroutiers  y  faisaient,  dit-on,  cession  de 
biens,  en  présence  des  magistrats  et  da  peuple  assembléB 
un  dimanche  à  l'issue  de  la  messe.  Le  patient,  debout,  n»- 
pieds  etnu-téte,  appuyait  les  deux  mains  sur  le  varrou  de 
l'église,  et,  dans  le  moment  marqué,  fl  en  dètadiah  une 


BÊR 


BES 


109 


qa'il  portait  sur  son  derrière  en  disant  à  ses  créanciers 
d'une  voix  haute  :  Pago-té  d'aquï,  dicton  qui  a  passé  en 
proverbe.  > 

Il  prétend  encore  que  c'est  de  là  qu'est  venu  cet  autre 
dicton  :  Mousira  hu  quiou,  montrer  le  derrière,  qu'on  dit 
de  ceux  qui  ont  manqué  à  leurs  engagements. 

L'anecdote  est  assez  curieuse  et  peut  être  vraie  ;  mais  il 
est  absurde  de  supposer,  comme  ces  savants  auteurs  qui  ne 
sont  pas  d'ailleurs  cités  par  Sauvages,  que  de  là  vient  le 
nom  de  Monspessuianus,  B|ontpellier,  attendu  que  ce  nom 
existait  certainement  avant  l'invention  de  cet  usage,  et  sur- 
font avant,  qu'on  y  parlât  le  languedocien,  tel  qu'il  est 
dté  dans  la  phrase  sacramentelle  :  Pago-té  d'aquï.  —  Voy, 
Mtounpétém 

Empourtaraâ  pas  lou  béroul,  tu  n'emporteras  pas  la 
crémaillère  quand  tu  quitteras  cette  maison,  est  une  expres- 
sion proverb.  fort  usitée  de  nos  jours.  Lorsqu'un  domes- 
tique prend  vivement  l'intérêt  de  son  domaine  vis-à-vis 
d'an  maraudeur,  d'un  grapilleur,  celui-ci  l'apostrophe  par 
cette  phrase,  comme  pour  lui  dire  que  sa  fidélité  ne  lui 
procurera  pas  une  fortune. 

Dér.  de  Baro,  dim.  baroul,  béroul, 

Bérqna,  v.  Ebrécher  ;  écorner  ;  entailler  ;  édenter. 

Dér.  de  Bèrquo. 

Bérqnaduro,  s.  f.  Brèche  ;  écomure  ;  entaille  ;  l'action 
d'ébrécher.  —  Vdy.  Bèrquo. 

Dér.  ùe Bèrquo, 

Bèrqae,  bèrqno,  adj.  Spécialement  mouton,  brebis  ou 
chèvre,  qui  a  perdu  ses  dents. 

Bérqoiètro,  s,  f,,  ou  Vérqniéîro,  s.  f.  Dot  d'une  fille 
en  la  mariant;  constitution  dotale;  bien  apporté  par  la 
femme  en  mariage. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Vereheria. 

Bèrquo,  «.  f.  Brèche  ;  écomure  ;  entaille;  coche. 

Dér.  de  l'allem.  Brechen,  rompre,  casser,  briser. 

Bèrqno-dén,  a(y.  des  deux  genres.  Brèche-dent,  à  qui 
il  manque  une  ou  plusieurs  dents  ;  ne  s'applique  qu'aux 
personnes. 

Formé  de  Bèrquo  et  de  dén. 

Bértèlo,  «.  f.  Sangle,  courroie,  pour  soutenir  un  sac 
sur  le  dos;  bretelles  pour  soutenir  les  pantalons. 

£mp.  au  fr. 

Bértonl,  «.  m.,  ou  Bértoulo,  $.  f,  Dim.  Bérioulé,  bér- 
tmdéto.  Cueilloir,  petit  panier  à  anse,  fait  d'éclisses  tres- 
sées ;  son  usage  principal  est  de  servir  à  ramasser  des  châ- 
taignes.—  Aquèl  castagne  frucho  Inèn,  las  bojo  à  pUn 
bérUnU,  ce  châtaignier  produit  beaucoup,  à  plein  panier. 

Formé  par  corrupt.  peut-être  de  Bridaulo,  éclisse,  scions 
reiendus;  mais  mieux  dér.  de  brett,  celt.,  en  lat.  lignum, 
boîs,  planche.  —  Vay,  Bréthmas, 

Bérionlado,  s.  f.  Contenu  d*un  Bértoul,  plein  un  Mr- 
tmU. 

Bérogo.  <.  f.  Dim.  Béruguéto,  péj.  Bérugasso,  Verrue; 
poinao,  excroissance  dure  et  indolente,  qui  vient  ordi- 


nairement aux  mains. — Un  remède  de  bonne  femme  contre 
les  verrues  consiste  à  les  frotter  journellement  avec  un 
bouchon  de  bourre  prise  dans  un  bât.  On  n'a  pas  ouï  dire 
que  cela  ait  guéri  personne  ;  mais  comme  cela  ne  saurait 
faire  empirer  le  mal,  il  n'y  a  aucun  inconvénient  à  conti- 
nuer la  friction  jusqu'à  ce  qu'elle  ait  usé  la  calosité. 

Dér.  du  lat.  Verruea,  verrue. 

Bésâoa,  s,  m.  Dim.  Bésalé.  Canal  d'irrigation,  biez  de 
moulin;  prise  d'eau. 

Ce  mot  doit  avoir  une  origine  commune  avec  le  fr.  Biez, 
En  roman,  besal,  besaliere,  canal,  conduit  des  eaux,  rigole 
d'arrosage,  même  sign.;  celt.  beal;  bass.  lat.  bedale,  en  lat. 
via  aquœ;  en  gr.  6(7). 

Béscle,  s.  m.  Terme  de  boucherie  ;  rate  de  mouton  ; 
fressure. 

En  V.  fr.  Bascle, 

Béscul,  s  m.  Biscuit;  pâtisserie  faite  de  la  fleur  de 
farine,  de  sucre  et  d'œufs,  cuite  au  four  de  pâtissier.  — 
Paptè'béscuï,  papier  sur  lequel  on  enfourne  la  pâte  de 
biscuit,  et  sur  lequel  il  reste  des  traces  de  sa  substance 
quand  on  le  détache.  Les  enfants  achètent  ce  papier  chez 
les  pâtissiers  et  rongent  à  belles  dents  cette  friandise  à 
très-bon  compte. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  coctus,  cuit  deux  fois. 

Béségno,  s.  f.  Gousse-d'ail;  amande  d'ail;  un  des 
caïeux  dont  la  réunion  forme  la  tète,  qu'on  appelle  Bous- 
sèlo. 

On  dit,  et  c'est  possible,  que  ce  mot  a  pour  étym.  Véno 
d'àiè,  à  la  vérité  par  altér. 

Béségudo,  s.  f.  Besaigtie,  instrument  de  charpentier, 
taillant  par  les  deux  bouts.  —  Esdà  à  la  béségudo,  sabot  à 
la  cévenole,  dont  la  pointe  est  recourbée  comme  les  anciens 
souliers  à  la  poulaine. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  acutus,  à  deux  pointes,  soit  qu'il 
s'applique  à  l'instrument  des  charpentiers,  soit  à  la  chaus- 
sure de  nos  montagnards,  qui  portait  sans  doute,  dans 
l'origine,  une  seconde  pointe  à  l'arrière,  comme  une  sorte 
d'éperon. 

Béaougna,  v.  Travailler,  s'occuper  ;  faire  une  afiaire  ; 
faire  ses  afiEûres.  —  A  bien  bésougna,  il  a  bien  spéculé. 

Bésouguo,  s,  f,  Dim.  Bésougnéto,  péj.  Bésougnasso, 
Chose;  affaire;  besogne,  travail,  ouvrage.  Dans  ce  dernier 
sens  :  Laisso  mé  faïro  ma  bésougno,  laisse-moi  faire  ma 
besogne,  mon  travail,  mon  ouvrage.  Fat  fosso  bésougno,  il 
fait  beaucoup  d'ouvrage.  Faire  bésougno,  réussir  dans  ses 
afiaires,  être  rangé;  augmenter  progressivement  son  avoir. 
Avec  la  première  acception,  Bésougno  a  la  même  extensfbn 
que  le  fr.  ehosê  et  le  lat.  negotium.  Il  sert  à  désigner  une 
foule  d'objets  dont  le  technique  ne  vient  pas  immédiate* 
ment  à  la  mémoire;  il  veut  tout  dire  et  désigne  tout.  — 
Mouuu  Bésougno,  monsieur  Chose,  monsieur  un  teL 
Bésougno  en  dit  autant»  en  supprimant  monsieur. 

Dér.  de  l'ital.  Bisogna,  affidre. 

Bésoun,  «.  m.  Besoin;  manque;  misèrei  disette,  indi* 


110 


BES 


BES 


gonce  ;  nécossitr*  iialurelle.  —  Aqud  li  faï  hcsoun,  coin  lui 
est  nécessaire,  il  ne  peut  s'en  priver,  ou  s'(Mi  passer.  En  bc 
besoun  que...  il  faut  l)i<Mi  que,  il  est  bien  nécessaire  (pip... 
Es  lou  bétouti  que  i-on  foi  faire,  c'est  la  niiséro  ijui  le 
conduit  li\.  S't'ro  (lé  besoin),  s'il  le  fallait.  Fuirc  sous  besnu- 
nas,  va^jner  à  ses  nécessit>^s  naturelles. 

Dér.  de  l'ilal.  hisoijuo,  Mian(iu<\  nr-cossit-*'. 

Béssédo,  ».  f.  Taillis  de  houl^iux. 

Ce  mot  est  dér.  do  Bh,  bouloau,  (jui  a  vieilli,  mais  qui 
s'est  cons»^rvc  dans  le  hreton  bez,  pris  du  celt.  bcss,  inéme 
sign.  Il  n'est  plus  qu'un  nom  prop.  ei  enire  dans  la  com- 
position d<^plu>ieurs;  la  dosin.'nce  é /o.  qu;^lilioriti\e  et  col- 
lective, n'-poiidaiit  i'i  t/*>  l'r.  ou  ny  :  Lu  liesse  lo  r(»\  ioni  a 
La  Htuilave  ou  La  lJ>ula\,  ou  Houlay.  {j'iW  fiiide  c/o  est 
caraclcrisliijue  et  i)ropre  au  midi  dn  la  rnuic*^;  o\\^'  y^^\)\v- 
Si'nle  la  tormmaison  lat.  elmn,  qui  a  varié  souvent  en 
eiuin,  etju7)i,  et  a  lait  ihnu  et  efmii,  d  où  'i/o  procède 
plus  directemout  ;  mais  S(ais  toutes  c^s  l'ormes,  elle  porli' 
en  Soi  un  sens  de  c*)lleclivilé,  (jui  s'attache  au\  mois  d;uis 
lesquels  elle  apparail  :  Ceriè'ireilo,  yougarêîn,  PincJo, 
Verncilo,  etc.,  lieux  plantés  de  cerisiers,  de  noyers,  de 
pins,  d'aunes,  etc.  Si'S  similaires  s  int  en  \mv^.  îcr,  ières; 
en  fr.  aie,  ay,  ayc,  ei,  ey,  ec.  eis,  eis,  ei,r,  es,  et,  ex,  ois, 
01  ;  mais  le  radieal  commun  est  dans  raiicicii  i^aiilas,  au- 
quel il  faut  toujours  remonter,  en  fait  >urtout  d'elym  loL'ie 
des  noms  pr«»presde  lieux. 

Bésséjo,  s.  f.,  H.  pr.  de  lieu,  lîessè^'es,  commune 
éripV  nouvelleuienl  en  clief-lieu  de  canton,  arrondis- 
seiiiênt  d'Alais.  L'importance  el  la  pro>p  rij.'  dt\N  mines  de 
houille  et  des  fomleries  et  forges  et  dilies  d  in>  cott'^  loca- 
lité lui  ont  donné  un  développement  consiili-ralile. 

Dans  rétynudogie  des  noms,  il  y  a  toujours  à  distin;juer 
le  radical,  cpii  foi'mo  le  cor[)s  du  mol  et  li-nr  si-;ni(ic  ition, 
de  la  désinence,  qui  n'est  souvent  tiu'exi)|i'tive.  Ici  ejo 
seiidde  être  un  suOlxe  manpiant  la  collectivité,  la  (]uan- 
lilé  ;  le  radical  reproduit  le  celt.  bess,  vcss,  l^ouleau,  et  le 
nom  si  i:  ni  lierait  un  lieu  plant''*  de  bouleaux.  Il  pourrait 
cependant  au>si  avoir  élé  formé  par  la  lia>s.  lai.  bcssœ  ; 
Besses  dans  le  dialecte  liniousin  et  auverimat  a  le  sens  du 
lat.  ptiscua,  pâturages,  j)rairies.  Les  deux  accej»tions  sont 
applicables. 

Béssina,  v.  Vesser  ;  rendre  par  le  bas  un  vent   muot. 

Béssino,  s.  f.  Vesse,  V(^nt  muel  par  en  bas.  —  Vnrâou- 
los  (le  fenno,  béssino  d'ase,  j)ropos  de  femme,  le  viMit  l'em- 
jxu'le.  Pcr  uu  pe,  per  uuo  bessinn  refuses  jtns  ta  vestnn, 
pour  un  petit  défaut  sans  gravité,  ne  refuse  pas  en  mariage 
ta  voisine.  La  moralité  de  ce  proverluM'st  qu'il  vaut  mieux 
épouser  une  fennne  que  l'on  connaît  bien,  malgré  (piel(jues 
petits  défauts,  qu'une  étrangère  qui  peut  en  cacher  de 
bt\iucouj)  j^lus  grands.  Le  pn^Ncrbc  ajoute  en  elTet  :  ->V 
prendras  uuo  detras  lou  pioch  que  tt'daura  fach  sept  ou 
h  wch . 

Ifessino-de-loù ,  vesse-de-loup,  plante  de  la  fam.  des 
Fuuijus,  Bolets  ;  qui  se  remplit  d'une  jumdre  noire,  quand 


elle  est  en  maturité.  Sous  la  pression  elle  éclate,  et  sa  pous- 
sière se  répand. 

Dér.  du  lat.  Ycsica,  i)etite  \essie,  globule. 

Bésso,  .s.  /'.  Abbesse,  sui)érieure  d'un  monastère  de  filles 
ou  de  feiimi.'S.  —  Tèros  ou  Mas  de  las  Bessos,  métairie  OU 
clianq)S  de  r.\bbaye  ou  des  Abliosses. 

Der.  du  lat.  Aiibas,  ])ar  ai)o(:oj)e  de  Va  initial. 

Béssoù,  béssouno,  alj.  Dim.  Béssonné.  Jumeau,  elle; 
en  parlant  soit  di'S  persoimes,  soit  des  animaux  ou  des 
arbre>,  [iroduits  d'une  mémo  souche,  ou  bien  des  fruits 
adhérenls  l'un  à  l'autre. 

Dèr.  du  lat.  Bis  el  de  la  part,  ou,  contraction  de  homi- 
nes  :  deux  hommes,  ou  homme  double.  La  désinence  soù, 
i\n\  esl  la  même  que  snun,  et  qui,  dans  le  [)rinci{)e,  était 
ainsi,  j)uisipii'  son  féminin  est  encore  souno,  j)eut  avoir  été 
empruntée  à  l'angl.  son,  fils.  La  longue  i»ccupation  des 
provinees  méridionales  par  les  .\nglais  rend  cette  hvfW)- 
tiièse  [)lausihle.  Itcssoù  reviendrait  alors  î\  bis-son,  deux 
fois  lils,  (»u  doul)l(' lils. 

Béssounado ,  *.  f.  Aecouchement  do  junjoaux  ou  de 
jumelles  ;  les  jinmMux  eux-mêmes  pris  collectivement.  — 
Aquo  fat  uito  bravo  bessoanado,  c'«'st  un  joli  couple.  A  fa 
très  bessounados ,  elle  est  accouchée  trois  fois  de  ju- 
meaux. 

Béstialén,  énquo,  adj.  Qui  tient  de  la  l>éte,  l)estial  ; 
(pli  aime  les  aiiiniaux,  (jui  se  plaît  à  les  élever,  aies  soigner. 

D''r.  de  Bèstio. 

Bésliàou,  s.  m.  Dim.  Bestiale,  péj.  Bestinlas.  BtHail  ; 
ens'^mblo  des  animaux  domesti<iues  d'une  ferme;  la  gent 
animale  en  L'^éini'al.  —  Lous  matinans  soh7i  un  bra\}€  hés- 
tiale,  les  vers  à  s«)ie  sont  un  charmant  i)euple-aniinaL 
Aribd  (ou  bestiànu,  donner  la  ration  aux  animaux  de  la 
grange,  chevaux,  nulles,  boMifs  ou  moutons,  non  comprise 
la  V(tlaille.  Laissas  pissa  lou  béstidnu,  laissez  pisser  le  mou- 
ton ;  laissez  faire;  laissez  couler  l'eau. 

Dér.  de  Bèstio. 

Béstiassado,  s.  /".  Grosse  bêtise;  balourdise;  gaillanlise 


grossière. 


Béstiasso,  s.  f.  Ciivts  el  vilain  animal.  Au  fig.,  grosse 
bête;  butor:  grand  iml^'cile;   gri'issier. 

Augm.  et  p''jor.   de  Bèstio. 

Béstiéja,  v.  Taire  l'imbécile,  le  nigaud;  dire  ou  faire 
des  gaillardises  grossières. 

Béstiéjaïrc,  aïro,  adJ.  Oui  fait  des  niches  grossières  et 
gaillai'ilcs  ;  qui  fait  dos  lazzis  indécents. 

Béstiéto,  s.  f.,  ou  Béstiolo,  v.  f.  Bestiole,  petite  bète; 
insectes  en  général.  .Vu  fig.,  [»elit  esprit,  persi^nne  bornée, 
.sans  intelligence  el  sans  instruction. 

Hestiouno  s'emploie  dans  le  même  sens. 

Dim.  d('  Jhstio. 

Bèstio,  .V.  f.  Dim.  Bestieto,  béstiolo,  hestiouno,  péj.  Més- 
tiasso.  liêto,  animal,  en  général,  particulièrement  une 
mule  ou  un  cheval.  Au  fig.,  sot,  idiot,  imbécile  ;  lourdaud; 
butor;  mauvais  plaisant;    vicieux. 


BIA 


BID 


in 


*-  M  iMampa  uno  bèMUo,  il  m'a  crevé  an  cheval,  une 
mule.  Es  pu  bèstio  qi*é  nèci,  il  est  plus  coquin  que  sot.  JUé 
a^ué  poi  sotiiamén  :  bèttio,  nè$  aquït  il  ne  fit  nulle  atten- 
tion à  moi  ;  il  ne  me  demanda  pas  seulement  :  que  fais-tu 
là  7  Aquà'ê  la  hèsiio  ddou  bon  JHou,  c'est  un  pauvre  inno- 
cent» un  crétin  inoffensif. 

Mr.  du  lat.  Béttia. 

Béstiôoil,  olo,  adj,  Dim.  BésUoulé.  Nigaud;  imbécile; 
ignorant;  stupide. 

Béstiu,  ndo,  adj\  Dim.  BésHudé,  péj.  BétHudat.  Bes« 
tial,  qui  a  les  instincts  de  la  bête  ;  brute  ;  abruti. 

Dér.  de  9èêtio. 

Bésaquariès,  «.  f.  plur.  Dim.  Bésu^uarièïrétos,  Vô- 
tâles;  niaiseries;  bagatelles. 

Dér.  de  Bétuqué, 

Bôsnqaé,  éto,  adj.  Vétilleur;  cogne-fétu;  tatillon; 
qui  fait  une  grosse  affaire  de  niaiseries  ;  qui  se  tue  et  se 
tourmente  de  minuties,  les  crée  et  les  cherche  à  plaisir  ; 
qui  épluche  oe  qu'il  mange . 

Dér.  de  Bé$uquo,  vieux  mot  hors  d'usage,  qui  signifie 
une  espèce  de  jeu  de  fainéant,  consistant  en  une  chaîne 
dont  les  anneaux  sont  enchevêtrés  de  manière  qu'ils  sont 
très-difficiles  à  dénouer.  C'est  cet  instrument  ou  quelque 
chose  d'analogue  qu'on  vient  de  renouveler  sous  un  nom 
de  .circonstance  :  la  qveMtUm  romaine.  L'allusion  a  été 
saisie;  cet  exercice  a  amusé  sans  rien  résoudre,  bien 
entendu  ;  mais  l'inventeur  y  a  fait  sa  fortune. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  uneus,  double  crochet. 

Bésuqaéia,  v.  Vétiller;  baguenauder;  s'amuser  à  des 
riens;  pignocher  ou  manger  à  petits  morceaux  et  en  éplu- 
chant. 

Béraquotts,  oiiao,  adj.  Vétilleux;  minutieux  en  pariant 
des  choses.  —  Vn  ouwajê  bésuquoùs,  un  ouvrage  minu- 
tieux, qui  exige  de  la  patience  ;  travail  de  détail  minu- 
tieux. 

Béto-rabo,  t.  f.  Betterave,  B»ta  vulgaris,  Linn.,  plante 
potagère,  partout  cultivée,  qui  a  trois  variétés  principales  : 
blanche,  louge  et  jaune. 

Emp.  au  fr. 

Bélorgo,  «.  f.  Cerise  courte-queue;  gcdiet;  la  meilleure 
esçàfx  pour  confire  à  Teau^e^vie. 

BétMBCfnièi  s.  m.  Cerisier  eourta^queue. 

Serait-il  dér.  du  lat.  Bis  tortus,  qui  serait  une  allusiiHi 
à  la  brièveté  de  la  queue  de  son  fruit  qu'on  croirait 
tORine? 

Bîa,  V.  Serrer  la  corde  d'un  ballot,  ou  la  charge  d'une 
mâtuie,  an  la  tordant  avec  la  bille  ou  avec  le  ganot  ; 
bill^. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  de  Lia,  lier  ;  lier  deux  fois. 

Bliây  j.  m.  Dim.  Moiissé,  Biais;  adresse,  faabllaté; 
savoir-faire  ;  tournure;  esprit;  inclinaison-;  manière  d'être. 
—  Jean  sans  biaX  ou  Pàùu-dé^bM,  un  maladroit.  Préne 
tomhim,  ptfendre  la  bomia  manièie  de  faire  quelque  diose. 
Aqi^'s  mmn  biex,  c*est  sa  maniàre  de  Mrs  ou  d'Mie.  Cka^ 


cwi  soun  biaï,  chacun  a  sa  façon  d'agir.  Préne  qtséouqmts 
dé  soun  biaï,  prendre  quelqu'un  par  son  faible,  s'accom- 
moder à  son  humeur.  Aquà's  toujour  d'un  bi<a,  c'est  tou- 
jours la  même  chose,  ni  mieux,  ni  plus  mal.  Douna  hu 
biaï  à  quieon,  donner  une  bonne  inclinaison  à  quelque 
chose  ;  lui  donner  de  la  tournure.  A  bon  biaï,  il  parait 
adroit,  habile.  De  quinte  biaï  gué  mé  vire,  de  quelque  c6t6 
que  je  me  tourne,  quelque  tournure  que  je  prenne.  D'un 
bie^  ou  d'un  doutre,  d'une  façon  ou  d'autre.  Siè$  pas  dé 
biaï,  tu  n'es  pas  bien  placé.  A  fosso  biaïssé,  il  a  beaucoup 
de  dextérité,  d'adresse  ;  il  est  plein  de  savoir-faire.  Aquè's 
pas  dé  biaï,  ce  n'est  pas  d'aplomb;  cela  n'a  pas  de  tour* 
nure. 

Dér.  du  gaulois  Bihay,  obliquité. 

Biaissa,  ado,  adj\  Dim.  Riàissudé,  Adroit;  ingénieux; 
plein  de  savoir-faire. 

Dér.  de  Btov. 

Biala,  v.  Bêler.  —  Se  dit  des  brebis,  des  moutons,  des 
chèvres,  des  agneaux,  et  par  extens.  de  tout  cri  forcé.  — 
Fédo  que  bialo  par  un  moueèl,  brebis  qui  bêle  perd  sa  gou- 
lée,  c'est-àKlire  qu'un  bavard  est  toujours  en  arrière  dans 
ses  afEûres. 

Dér.  du  lat.  Balare,  bêler,  ou  du  gr.  BtiXtjv,  brebis. 

Bialaîre,  aîro,  adj\  Qui  bêle  ;  au  fig. ,  pleurard  ;  qué^ 
mandeur;  poétiq.,  mouton,  chèvre,  agneau. 

Bialamén,  s.  m.  Bêlement,  cri  naturel  des  brebis,  etc. 

Biar,  s.  m.  Dim.  Biardé,  Billard;  table  sur  laquelle  on 
joue  à  ce  jeu. 

Emp.  au  fr. 

Biasso,  f .  f.  Dim.  Biasséto.  Besace;  panetière  de  berger; 
sac  des  mendiants;  sac  ouvert  dans  le  milieu,  ayant  une 
poche  de  chaque  c6té.-^  A  sa  biasso  ooufido,  pléno,  il  a  dit 
foin  dans  ses  bottes.  Chacun  prèeho  pir  sa  biasso,  prvb., 
chacun  prêche  pour  sa  besace,  dans  son  intérêt. 

Dér.  du  lat.  Bisaceium. 

BiMo,  s.  f.  Bible;  livre  ou  recueil  des  Saintes  Ecri- 
tures. 

Dér.  du  lat.  Bil4im,  livre  par  excellence. 

Bicarèon,  «.  m.  Mercier  ambulant;  porte*balle. 

Dér.  du  lat.  fteatim,  de  bourg  en  bourg,  de  village  en 
village. 

Biehd,  t.  m.  Dim.  BfehUté.  Petit  broc  ;  crvkdbê  ft  vin 
qui,  au  lieu  d'avoir  un  goulot,  a  un  large  bee. 

Dér.  du  gr.  BTxoç,  vase  ou  urne  à  anses.  En  ital.  bie- 
ekiere,  verre,  gobdet  ;  mesure  k  vin. 

Bidé,  «.  m.  As  au  jeu  de  dés.  —  A  fa  raflo  dé  bidé,  \k 
a  fait  rafle  d'as;  il  a  tout  gagné,  tout  ramassé. 

Ce  mot  a  la  même  étym.  que  le  fir.  Bidet;  comme  l'as 
au  jeu  de  cartes  se  nomme  aussi  ase  en  langued.,  tor, 
bidet. 

Bldoun,  e.  m.  fiidoo;  barillet  en  bols,  oft  les  journaliers 
portent  leur  ration  de  vin  pour  la  journée,  et  les  cantiniers 
de  reau-de*vie. 

Emp*  au  fr. 


113 


BI6 


BU 


Bièlos,  «.  f.  pi.  Péjor.  Bma9$os.  Effiloqaes  ;  effilares  ; 
franges  d'une  étoffe  usée  et  qui  8*effîle. 

Gomip.  du  mot  Vièïos. 

Bien,  adv.  Bien;  beaucoup;  &  merveille;  grandement; 
heureusement;  largement.  —  Ce  mol  est  une  richesse  de 
la  langue  d*Oc,  qui  distingue  entre  les  deux  acceptions  du 
fr.  bien,  sans  confusion  possible.  On  dit  en  français  :  je 
Taime  bien,  et  Tamphibologie  est  embarrassante.  On  doute 
si  cette  petite  phrase  signifie  :  oui,  je  l'aime,  ou  si  elle 
exprime  :  je  l'aime  beaucoup.  En  lang.  on  dirait  dans  le 
premier  cas  :  L'atme  bé,  je  l'aime,  certainement  ;  et  dans 
le  second  :  L'aïme  bien,  je  l'aime  extrêmement. 

Dôr.  du  lat.  Benè. 

BiènlaBén,  énto,  adj.  Bienfaisant  ;  qui  prend  plaisir  à 
faire  du  bien  ;  qui  fait  de  bonnes  œuvres. 

Formé  de  Bien  et  de  foién. 

Bièro,  s.  f-  Bière,  boisson  spiritueuse  produite  par  la 
fermentation  de  graines  céréales  et  particulièrement  de  l'orge. 

Dér.  de  l'allem.  Bier. 

Bièro,  5.  f.  Brancard  à  claire-voie  dans  lequel  on  porte 
les  morts  au  cimetière,  qu'ils  soient  déjà  renfermés  dans 
le  cercueil  ou  seulement  dans  leur  suaire.  On  ne  doit 
jamais  dire  la  bièro,  dans  le  sens  de  cercueil,  bière,  qui  se 
disent  edisso. 

Dér.  du  celt.  Boêr  ou  haar,  cercueil,  on  de  bar,  bran- 
card, caisse  portative. 

Bièto,  «.  f.  Citation  ;  billet  d'avertissement  à  compa- 
raître devant  le  juge  de  paix;  extrait  du  rôle  des  contri- 
butions ou  avertissement. 

Dér.  du  fr.  BiUet. 

Biga,  v.  CoUoquer;  se  défaire;  troquer;  échanger; 
vendre;  marier.  —  A  bien  biga  sa  fw,  'û  a  bien  placé  sa 
fille  ;  il  lui  a  fait  faire  un  bon  mariage  ;  il  l'a  bien  coUo- 
quée.  Coumo  quieon  la  bigarén,  de  manière  ou  d'autre 
nous  nous  en  débarrasserons. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  j'ugare,  on  vices,  échange  :  invieem 
muUtre. 

Bigara,  ado,  aij.  Bigarré;  peint,  nuancé,  mêlé  de  plu- 
sieurs couleurs  disposées  par  bandes. 

Dér.  du  lat.  Bisjugare,  atteler,  joindre,  et  radius,  rayon, 
raie;  ou  bien  de  variegatus  ou  virgutus. 

Bigaraje,  «.  m.  Bigarrure;  bariolage;  mélange  de  plu- 
sieurs couleurs  tranchantes. 

Dér.  de  Bigara. 

Bigaronno.  s,  f.  Bigarreau,  grosse  cerise  en  forme  de 
cœur. 

Formé  du  Ut.  Bis  et  du  mot  garo,  lang.  adjectivé. 

Bigô,  s,  m.  Hoyau  à  deux  dents;  bident;  binette; 
moins  fort  et  emmanché  plu»  court  que  le  béehar.  —  V.  c. 
m.  —  C'est  l'outil  dont  on  se  sert  dans  les  hautes  Cévennes 
et  le  Vivarais  pour  les  vignes  et  tontes  sortes  de  binage. 

Dér.  du  lat.  Bieomis. 

Bigô,  oto,  o^;.  Bigot;  faux  dévot;  hypocrite. 

Dér.  de  l'allem.  Bêg  GiM,  ou  de  Tangl.  6y  god,  par 


Dieu  !  parce  que  les  bigots  sont  censés  répéter  souvent  cette 
oraison  jaculatoire. 

Bigo,  s.  f.»  ou  Bigonn.  Pièce  de  bois  courte  et  équarrie; 
poinçon;  étai.  —  Voy.  Bigoun, 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Biga, 

Bigomo,  s.  f.  Enclume  à  deux  cornes  ou  à  deux 
pointes  arrondies  pour  tourner  le  fer  en  rond  ;  compagnies 
du  centre  de  la  garde  nationale  ;  ancienne  milice. 

Dér.  du  lat.  Bieomis,  à  deux  cornes. 

Bigoro  (Bando  dé),  s.  f.  Bande,  troupe  de  Bohème  ou 
de  Gitanos,  qu'on  appelle  aussi  dans  le  pays  Catalans, 
parce  que  leur  domicile,  s'ils  en  ont  un,  est  dans  les  mon- 
tagnes frontières  de  la  Catalogne  et  de  la  France.  On  les  a 
appelés  dans  le  temps  bando  dé  Bigoro,  parce  qu'il  en 
venait  beaucoup  du  Bigorre,  pays  limitrophe  de  la  Cata- 
logne. Par  ext.  on  dit  bando  dé  Bigoro  comme  torme  inju- 
rieux, pour  :  tas  de  voleurs,  tas  de  brigands.  —  Vog. 
Bèmt. 

Bigonn,  s.  m.,  ou  Bigo.  Bigue  ;  petite  poutre  longue  et 
grêle,  ou  courte  et  équarrie  quand  elle  sert  de  poinçon  on 
d'étai.  —  Voy.  Bigo. 

Bigonmn,  ndo,  adj.  Milicien  ;  garde  national  du  centre; 
biset. 

Dér.  de  Bigomo. 

Bigontariè,  s.  f.  Bigoterie;  fausse  piété;  fausse  dévo* 
tion. 

Dér.  de  Bigà. 

Bigontéja,  v.  Faire  le  bigot;  se  livrer  habituellement  & 
des  actes  de  dévotion  puérile. 

Dér.  de  Bigà. 

Bigre,  bigro,  adj.  Dim.  Bigratoik.  S3rnonyme  radouci 
etdimin.  de  Bougre.  Il  n'entraine  aucune  idée  f&cheuse 
ni  insultante  :  ce  n'est  guère  qu'une  plaisanterie.  Bigre 
s'emploie  aussi  comme interj.  :  diable!  C'est  un  nom  qu'on 
donnait  autrefois  aux  riverains  des  forêts  nationales  on 
seigneuriales,  qui  étaient  des  espèces  de  gardes  spéciaux» 
chargés  de  la  surveillance  et  de  la  recherche  des  abeilles, 
pour  en  recueillir  le  miel.  Un  privilège  de  leur  charge  les 
autorisait  à  couper  l'arbre  sur  lequel  l'essaim  venait  se 
poser.  De  là  ils  furent  nommés  dans  la  bass.  lat.  et  les 
actes  dé  notaire  bigrus  ou  bigri,  par  corrup.  du  lat.  api- 
ger,  apieurus,  apieuri,  ce  qui  a  fait  le  mot  actuel.  On 
pourrait  peut-être  aussi  tirer  cette  épithète  légèrement 
moqueuse  du  nom  des  habitants  du  Bigorre,  en  lat.  Biget- 
riones,  que  l'on  confondait  avec  les  Bohèmes.  —  Voy, 
Bigoro. 

Bijare,  aro,  adj.  Bizarre;  bourru;  d'humeur  peu  so- 
ciable; fantasque;  capricieux. 

Emp.  et  corrup.  du  fr. 

Bi]on,  5.  m.  Dim.  Bijouné.  Bijou,  parure»  jolie  petite 
chose  en  général.  Bijouné,  joli  petit  enfant. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  jours. 

Bijontariè,  s.  f.  Bijouterie  ;  tonte  espèce  de  bgonx  ; 
magasin  et  profession  de  bijoutier. 


BIO 


BIS 


113 


BijoQtiè.  5.  m.  Bijoutier,  marchand  qui  vend  des  bijoux  ; 
fabricant  de  bijoux. 

Bijoatièiro,  «.  f.  Marchande  de  bijoux  ;  femme  d*un 
bijoutier;  botte  vitrée  où  s'étalent  les  bijoux  dans  un 
magasin  de  bijouterie. 

Bingo!  (Dé),  adv.,  ou  Dé  gningoi.  De  guingois;  de 
travers;  de  côté;  en  faux-équerre;  bistoumé.  —  Mareho 
tout  dé  bingcX,  il  marche  obliquement.  Y  véi  dé  bingai, 
il  est  louche.  —  Voy.  Dé  guingot. 

Dér.  du  gr.  Tvi^ç,  boiteux,  estropié. 

Binlo,  s.  f.  Bile;  mais  particulièrement  pituite.  C'est  ce 
qu'on  entend  d'ordinaire  quand  on  se  plaint  de  la  binlo  ; 
on  veut  désigner  par  là  un  épaississement  des  glaires  sur 
la  poitrine,  qui  deviennent  visqueuses,  muqueuses  et  diffi- 
ciles à  expectorer. 

Dér.dulat.  BUU. 

Bîo,  s.  f.  Bille  de  billard,  exclusivement. 

Dér.  du  lat.  BuUa,  bulle  ou  boule,  ou  de  pUa,  balle  à 
jouer,  boule.  Le  mot  n'est  pas  ancien  en  lang.  avec  cette 
sign.  et  vient  du  fr. 

Bio,  $.  f.  Garrot;  bille;  b&ton  court  et  fort  dont  on 
serre  les  cordes  d'emballage  en  les  tordant  ;  trique,  tricot  ; 
gros  b&ton;  court  bâlon  des  b&tonistes.  —  Garo,  la  bio/ 
gare,  la  trique,  le  bâton  ! 

Dér.  de  Bïo, 

Biô,  j.  m.  Billot;  grosse  canne  brute;  tricot;  gourdin. 

Augm.  de  Bïo. 

Biôoii,  «.  m.  Dim.  i^îbu/tf^péjor.  et  augm.  Bioulas.  Bœuf 
domestique.  Bot  taurtu  dotneitieus,  Linn.,  mammifère  de 
la  fam.  des  Ruminants.  Le  taureau  se  nomme  Bràou,  — 
Bioulé,  s.  m.  Bouvillon,  jeune  bœuf  ;  en  v.  fr.  bouvelet 
ou  benvelet.  Lou  biôou  bramo,  le  bœuf  beugle,  meugle  ou 
mugit.  —  Aquél  home  es  un  biôou,  cet  homme  est  fort 
comme  un  bœuf.  Biôou  dé  la  Palu,  taureau  sauvage  des 
marais  f  palus  J  de  la  Camargue ,  très-propre  aux  combats. 
Fia  eoumo  la  bano  d'un  biôou,  antiphrase,  c'est-à-dire 
raide  comme  une  barre.  Volo-bidou,  sobriquet  ancien  des 
balHtants  de  Saint-Ambroix.  On  prétend  qu'un  charlatan, 
au  moyen  âge,  annonça  qu'il  voidait  faire  voler  un  bœuf 
du  ran  dé  Jisu,  rocher  de  Jésus  qui  domine  la  ville  au 
midi,  jusqu'au  ran  dé  Manifaeiè,  rocher  qui  se  trouve  de 
Tautie  côté  du  pont.  Jour  pris  pour  cette  expérience,  on 
ne  sait  trop  comment  s'en  tira  l'empirique  :  probablement 
le  boBuf  ne  vola  pas  ;  mais  les  drogues  et  les  onguents 
eurent  bon  débit,  et  les  malins  du  voisinage  firent  subir 
aux  Saint-Ambroisiens  les  conséquences  de  leur  crédulité. 
Ce  sobriquet  tient  encore  dans  toute  sa  force. 

Voici  une  autre  version  :  les  habitants  de  Saint-Am- 
broix  avaient  une.  foire  à  laquelle  jamais  personne  ne 
venait.  Une  année,  ils  s'avisèrent  de  faire  publier  dans 
tous  les  environs  (les  a£Bches-programmes  n'étaient  pas 
oonnues ,  non  plus  que  l'imprimerie  inventée  dans  ce 
temps),  qu'on  verrait  à  leur  prochaine  foire  un  spectacle 
extraordinaire  :  un  bœuf  qui  volerait,  en  parcourant  dans 


son  vol  le  trajet  ci-dessus  indiqué.  On  laisse  à  penser  si  au 
jour  dit  les  curieux  abondèrent  dans  la  ville  ;  pendant 
toute  la  journée,  les  boutiques  non  plus  que  les  cabarets 
ne  purent  suffire  aux  chalands.  Il  va  bien  sans  dire  que  le 
bœuf  ne  vola  pas  non  plus;  mais  la  foire  fut  bonne,  et 
cette  fois  les  mystifiés  ne  furent  pas  ceux  de  Saint-Am- 
broix. 

On  peut  choisir  entre  les  deux  origines  du  sobriquet  :  à 
coup  sûr,  elles  ne  partent  pas  du  même  auteur. 

Bato  dé  biôou.  —  Voy.  Bato. 

Léngo  dé  biôou,  espèce  de  feuille  de  mûrier,  dure,  gri- 
sâtre et  sans  mûres;  elle  est  plus  clair-semée  que  les  autres 
espèces  ;  aussi  est-ce  la  moins  productive  et  doit-on  l'éviter 
à  h  greffe,  mais  en  revanche,  elle  est  moins  sujette  à  la 
tache  par  les  brouillards  et  la  miêlée. 

Biôou,  s.  m.  Coccinelle,  Coecinella  punctata,  Linn.,  de 
la  fam.  des  Trimérés,  insecte,  genre  de  scarabées,  dont  les 
élytres  sont  rouges,  tigrées  de  sept  points  noirs.  On  le 
trouve  principalement  dans  le  calice  des  lys.  Il  est  connu 
aussi  sous  le  nom  de  Bèstio  dâou  bon  Diou,  ou  Galinéto 
dâou  bon  Diou. 

Lorsque  Biôou  est  un  nom  propre  d'homme,  ce  qui  est 
fort  commun  dans  le  pays,  il  fait  au  féminin  Biolo. 

Dér.  du  lat.  Bos,  ou  mieux  du  gr.  Bouc,  même  sign. 

Bîon,  s.  m.  Dim.  Bïouné.  Bigue  de  bois  équarrie  pour 
être  sciée  en  long.  —  Aquél  âoubre  fara  très  bioUis,  cet 
arbre  fournira  trois  longueurs  de  sciage. 

Dér.  de  Bio. 

Biquo,  s.  m.  Gaillard;  bon  compagnon.  —  Un  bon 
biquo,  un  bon  drille.  Trasso  dé  biquo,  mauvais  garçon, 
mauvais  diable.  Sèrês  un  6tçuo  à  faire  aquà,  si  tu  étais 
homme  à  faire  telle  chose.  Ah/  lou  biquo  f  ah!  le  luron  ! 

Ce  mot  pourrait  bien  dér.  de  Vieanui,  villageois. 

Bisa,  ado,  adj.  Hâlé,  gercé  par  la  bise. 

Dér.  de  Biso. 

Bisbil,  s.  m.  Bisbille;  mésintelligence;  discorde;  que« 
relie  ;  rixe  ;  dispute. 

En  ital.  Bisbiglio. 

Biacaire,  «.  m.  Biais  ;  côté;  obliquité  ;  travers  ;  angle. 
—  Dé  biseaïre,  de  travers,  en  faux  équerre.  Coupa  dé  bis- 
caïre,  couper  de  biais.  Cantoù  dé  biscaXrê,  encoignure  en 
faux  équerre. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  du  lang.  cotre. 

Biscarlô,  s.  m.  Bidet;  petit  cheval  de  montagne,  ordi- 
nairement de  race  lozerotte. 

Ce  mot  ne  serait-il  pas  dans  sa  finale  une  contraction  ou 
une  altération  de  eavalà,  petit  cheval?  La  syllabe  bis,  da 
la  bass.  lat.  biius,  brun,  noir,  déterminerait  la  couleur  la 
plus  ordinaire  de  ces  poneys  de  montagnes. 

Biscountour,  s.  m.  Zig-aag;  laux-fuyant  ;  course  pleine 
de  contours  et  de  détours,  en  décrivant  divers  arcs  do 
cercle  inverses  les  uns  des  autres. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  eontorquere,  tourner  deux  fois  au* 
tour. 

is 


114 


BIS 


BLA 


Bise,  s.  m.  Pigeon  biset;  ramier;  pigeon  sauvage, 
Cdumàa  livia,  Linn.  —  Il  se  distingue  par  deux  bandes 
noires  qu*il  a  sur  chaque  aile.  Son  plumage  est  d*un  gris 
de  fer  foncé,  et  lui  a  valu  son  nom,  tiré  de  la  bass.  lat. 
bisut,  brun. 

BUède,  s.  m.  Bizègle,  instrument  de  cordonnier  en 
buis,  ayant  une  sorte  de  mortaise  aiguë  à  chaque  bout, 
qui  sert  à  lisser  la  tranche  des  semelles  et  à  effacer  la  ligne 
de  suture. 

On  ne  sait  trop  pourquoi  on  donne  quelquefois,  chez  le 
peuple,  le  nom  de  BisèeU  aux  enfants  qui  ont  le  prénom 
de  Louis. 

Dér.  du  lat.  Bis  aeutus,  aigu  des  deux  côtes. 

BUèl  ou  Biaèoa,  «.  m.  Biseau,  talus  pratiqué  à  Textré- 
mité  d*un  outil,  d*un  instrument.  On  le  dit  des  bords  à 
facettes  d'une  glace,  de  Tarète  adoucie  d*un  bois  équarri, 
du  dos  d*un.  couteau,  etc. 

Dér.  comme  Biaï,  du  gaulois  Bihay,  obliquité. 

Buéi,  s.  m.  jU.  Coup  de  bise  ;  autans;  vents  froids  et 
fréquents. 

Dér.  de  Biso. 

BUéto  (En),  adv.  De  biais;  en  biseau  ;  obliquement.  — 
BîMfo  est  le  dimin.  de  BUèou,  mais  ne  s'emploie  qu'ad- 
verbialement. On  dit  encore  :  éicaïè  en  hUéto,  escalier  en 
colimaçon.  Il  semblerait  cependant  que  cette  dernière 
expression  viendrait  de  avis,  une  vis,  dim.  visita. 

Buo,  «.  f.  Bise;  vent  de  bise;  vent  sec  et  froid  qui 
soufQe  du  N.-E.  au  N.-O.  —  La  hiso  es  folo,  il  fait  un 
vent  fou.  Touqua  ddou  vén  dé  biso,  il  est  un  peu  timbré. 
Afuésto  fis  né  siès  iou^ua  ddou  vén  dé  biso,  pour  le  coup, 
tu  peux  t*en  frotter  les  moustaches. 

Jnste-Lipse  fait  venir  ce  mot  de  l'ancien  teutonique,  bisa, 
tourbillon  de  vent.  En  tous  cas,  il  est  remarquable  que  la 
nM^ine  de  notre  biso,  prise  du  celt.  bis,  signifiant  noir, 
réponde  au  grec  Mikon^-^piaç,  vent  noir,  et  au  lat.  aquUo, 
même  sign.,  dér.  de  aquUus,  noir&tre. 

Biaouèr,  s.  m.  Dimin.  Bisotièmé.  Vent-coulis;  courant 
de  bise  à  travers  une  porte,  une  fenêtre,  une  ouverture 
quelconque. 

Dér.  de  Biso. 

Biiqaa,  t;.  Bisquer;  être  vexé;  enrager;  s'impatienter; 
s'inquiéter;  rechigner. 

Dér.  du  lat.  Vexare,  vexer. 

BUqao,  s.  f.  Colère;  fâcherie.  —  A  prés  la  bisquo,  il  a 
pris  la  mouche.  Aquà's  màou  préns  sa  bisquo,  voilà  qui 
est  mal  prendre  son  temps,  se  fâcher  mal  à  propos. 

Dér.  de  Bisqua. 

Blasés  (L'an  dé),  s.  m.  L'année  bissextile,  celle  où  se 
rencontre  le  bissexte,  c'est-àrdire  le  jour  qu'on  ajoute  au 
mois  de  février  tous  les  quatre  ans.  —  Lou  pagarat  tan 
di  bissis,  je  le  paierai  aux  calendes  grecques. 

Un  lourdaud,  nommé  Jwn  dâou  Fés,  qui  avait  pris 
femme,  trouva  mauvais  que  celle-ci  accouchât  au  bout  de 
trois  mois  de  mariage.   Il  consulta  sur  cette  af&iro  son 


curé,  qui,  en  homme  d'esprit  et  de  conciliation,  voulut  pré- 
venir les  suites  fâcheuses  d'un  événement  irrémédiable 
d'ailleurs.  H  compulse  son  Ordo,  et  voyant  que  l'année 
est  bissextile,  après  des  calculs  qui  commencent  à  calmer 
l'imagination  du  pauvre  mari,  il  en  tire  enfin  l'oracle  con- 
solateur suivant  : 

Jean  dâou  Fés 
Fénno  n'a  prés 
L'an  dé  bissés  que  né  vôou  très  ; 
Très  et  très  fan  sièl  et  très  fan  néou, 
L'éfan  es  vostre  pérqué  Dtou-z-ou  vécu. 
Jean  du  Fés  a  pris  femme  dans  l'année  bissextile,  qui 
compte  triple  ;  trois  et  trois  font  six,  et  trois  font  neuf;  Ten- 
fant  est  à  vous  puisque  Dieu  le  vent  ainsi. 

Notre  homme  se  retira  satisfait,  dit  l'histoire. 

Dér.  du  lat.  Bissextus. 

Bistour,  s.  m.  —  Voy.  Biseountour, 

Bistoortid,  s.  m.  Bistorlier,  terme  de  pâtissier  ;  cylin* 
dre,  rouleau,  pilon  de  bois  pour  travailler  la  pâte,  la  pétrir 
et  la  mettre  en  feuille  sur  une  table. 

Dér.  du  lat.  Bis  et  torquére. 

Bitaio,  5.  f.  Victuaille  ;  provision  de  bouche  ;  spéciale- 
ment, ration  de  vivres  qu'apporte  un  journalier  dans  son 
bissac. 

Dér.  du  lat.  VietuaUa,  vivres. 

Biva,  I.  m.  Bivouac,  garde  qui  est  sur  pied  pendant  la 
nuit. 

Emp.  au  fr.,  qui  dér.  de  l'allem.  Bey,  guet,  etwaekt,  nuit. 

Bivaqua,  v.  Bivaquer  ou  bivouaquer  ;  par  ext.  passef 
la  ntdt  en  plein  air,  à  la  belle  étoile. 

Dér.  de  Biva. 

Bla,  s.  m.  Dim.  Bladé.  Blé,  nom  générique  qui  com- 
prend toute  espèce  de  céréales  propres  à  la  nourriture  de 
l'homme.  Dans  beaucoup  d'endroits,  le  mot  bia  ne  désigne 
que  le  froment  et  ses  variétés.  —  Lou  bla  a  fa  d'un  sOS, 
d'un  dès,  le  blé  a  sextuplé,  décuplé,  il  a  produit  six  on 
dix  pour  un.  Téro  négro  faï  bon  bla,  la  terre  noire  pro- 
duit de  bon  blé;  on  dit  cela  souvent  d'une  femme  très- 
brune,  qui  doit  produire  des  enfants  robustes.  Manjarén 
pas  grand  bla  ensemble,  nous  ne  vivrons  pas  longtemps 
ensemble  ;  il  y  a  incompatibilité  entre  nous.  Sa  fénno  vtf 
fara  manja  hu  bla  cher,  sa  femme  le  ruinera.  Èla  earga, 
blé  chargé  de  mauvaises  graines.  Bla  dé  barquo,  blé  étran- 
ger, qui  vient  par  eau  et  qui  est  souvent  avarié.  Bla  dé 
pêns,  blé  indigène.  Chaque  pays  a  une  prédilection  pour  tes 
produits  de  son  sol,  ici  surtout.  Le  fait  est  que  le  blé  des 
environs  d'Alais  est  de  fort  bonne  qualité;  il  se  vend  ton- 
jours  plus  cher  que  le  blé  étranger.  Bla  dé  sénUnço,  blé 
du  premier  choix,  réservé  pour  renouveler  la  semence. 
Bla  vésH,  grains  qui  n'ont  pas  été  dépouillés  de  leur 
balle.  Un  bla  est  ordinairement  un  blé  en  herbe.  Un  for 
bla,  un  blé  bien  fort  et  bien  épais. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bladum,  qui  vient  lui-même  du 
vieux  saxon  blad. 


BLA 


BLA 


115 


Bla^è,  iîro,  a4j.  Qui  concerne  le  blé;  blatier,  mar- 
chand de  blé,  moins  usité  cependant  en  ce  sens  que  mar- 
êhan  dé  bla.  Il  est  quelquefois  nom  prop.  ;  les  enfants  alors 
se  nomment  :  Bladièiré,  Bladiëiréto.  ^  MouH  bladiè, 
moulin  à  blé. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bladarius  ou  bladerius,  moulin  à 
farine. 

Blagna,  o.  Bavarder;  hâbler  ;  parler  inconsidérément; 
mentir. 

Dér.  du  lat.  Bialerare,  caqueter,  babiller. 

Blaguo,  s.  f.  Hâblerie  ;  bavardage  ;  babil  importun  ; 
menterie;  blague,  qui  est  passé  en  ce  sens  dans  le  fr.  fam. 
et  pour  signifier  :  sac  à  tabac.  —  Taïso  ta  blaguo,  cesse 
Ion  babil.  Abtu  a  pag  fa  que  dé  blaguos,  il  ne  nous  a  dit 
qpe  des  bourdes,  des  hâbleries,  des  mensonges. 

Dér.  de  Blagua. 

Blagnr,  nrdo,  adj.  Blagueur;  hâbleur;  parleur  sempi- 
ternel ;  indiscret. 

Même  dér.  que  le  préc. 

Blaûne,  $.  m.  Calomnie,  ou  tout  au  moins  grosse  médi* 
sanoe.  —  Leva  un  blaïme,  inventer  une  calomnie,  calom- 
nier. 

Dér.  du  gr.  BXdEjjLixa,  lésion,  injure,  dommage. 

Biaisa,  v.  Biaiser  ;  agir  avec  nonchalance,  sans  entrain, 
sans  conviction. 

Dér.  du  nom  pr.  Blèêo,  Biaise,'  synonyme  de  noncha- 
lant. 

Blaîséja,  v.,  et  Blésséja,  v.  Grasseyer,  parler  gras, 
comme  font  les  Provençaux,  à  rencontre  de  la  lettre  r  qui 
8*embarrasse  dans  leur  gosier,  et  qui  a  quelque  rapport 
avec  le  g. 

Ce  mot  est  encore  plus  spécialement  applicable  à  un  léger 
défaut  de  langue,  qui  se  produit  pour  certaines  consonnes, 
comme  si  on  les  glissait  entre  les  dents  ;  ce  qui  fait  pro- 
noncer le  eh  comme  un  s,  le  j  comme  un  x,  et  ;  comme  si 
d  la  précédait. 

Le  premier  est  le  grassaiement  et  le  second  le  zézaie- 
ment, que  le  lang.  confond  dans  Blaîséja  ou  Blésséja. 

Dér.  de  Blé, 

Bla-maré,  s.  m.  MaSs;  blé  d'Inde  ou  de  Turquie;  gros 
millet  des  Indes  ;  Zea  mays,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des 
Graminées,  originaire  de  TAmérique,  d'après  certains 
auteurs,  tandis  que  d'autres  soutiennent  qu'elle  est  venue 
des  Indes-Orientales,  opinion  que  semblerait  confirmer  son 
nom  fr.  En  tous  cas,  la  dénomination  langued.  Bla-maré, 
indique  qu'elle  nous  est  arrivée  par  la  mer, 

Blan,  «.m.  Blanc,  monnaie  du  moyen  âge  qui  valait 
dnq  deniers.  —  Stév  blan,  deux  sous  et  demi,  ou  425  mil- 
lièmes. C'est  là  le  seul  cas  où  le  mot  est  employé. 

Son  nom  dérive  de  sa  couleur,  c'est-â-dire  que  cette 
monnaie  était  blanchie  ou  étamée  ;  en  argent,  elle  eût  été 
trop  petite  pour  la  valeur  représentée. 

Blan,  qno,  adj.  Dim.  Blanqué,  péjor.  Blanquas,  Blanc; 
couleur  de  la  neige  ;  pâle;  propre.  —  Drapèou  blan,  dra- 


peau de  la  monarchie  française.  Pèro-blan,  frère-prèchour 
dominicain  dont  il  existait  un  couvent  à  Alais.  Abéoura 
âou  blan,  mêler  de  la  farine  dans  le  breuvage  d'un  animal. 
Mé  fat  véni  lous  pèous  blans,  il  me  fait  blanchir  les  che- 
veux, dit<on  de  quelqu'un  qui  nous  tourmente,  nous  im- 
portune jusqu'à  l'impatience.  Camiso  Manquo,  chemise 
propre.  Faïre  un  viaje  blan,  faire  un  voyage  inutile,  se 
déplacer  pour  rien.  Vénguè  tout  blan,  il  pâlit  tout  à  coup. 

Dér.  de  l'allem.  Blank,  brillant,  éclatant. 

Blan,  s.  m.  Cible,  but  où  l'on  tire.  —  Aï  fa  blan,  j'ai 
mis  dans  le  blanc,  j'ai  touché  le  but.  Tira  âou  blan,  tirer 
à  la  cible. 

Is  point  où  l'on  vise  est  marqué  ou  tracé  en  blanc  au 
centre  d'un  espace  noir  :  de  là  le  nom. 

Blan-bè,  t.  m.  Blanc-bec,  jeune  homme  sans  expérience, 
ironique  et  méprisant. 

Formé  de  Blan  et  de  bè. 

Blanchi,  v.  Blanchir;  passer  au  lait  de  chaux;  faire 
prendre  une  couleur  blanche.  —  Faire  blanchi,  faire  blan- 
chir, en  terme  de  cuisine,  donner  une  première  ébullition 
à  la  viande,  aux  légumes,  les  passer  à  l'eau  bouillante. 

Dér.  de  Blan. 

Blannavo,  s.  f.  n.  pr.  de  lieu.  Blannaves,  commune  du 
canton  de  Saint -Martin- de -Valgalgues,  arrondissement 
d'Alais. 

Ce  nom  se  divise  en  deux  parties.  La  dernière  ne  pré- 
sente aucune  difficulté  :  nave,  nove,  noue,  en  v.  fr.,  nava, 
en  esp.,  signifie  prairie.  Dans  la  première,  pour  avoir  un 
sens  raisonnable,  blcm  ne  pouvant  s'allier  au  sens  de  nave, 
il  faut  admettre,  pour  l'euphonie  et  la  signification,  que 
r  primitif  s'est  transformé  en  l  actuel  ;  ces  deux  consonnes 
ont  d'ailleurs  des  dispositions  particulières  à  permuter 
ainsi.  Or  brana  est  rendu  dans  la  bass.  lat.  par  juvenea, 
vaeca  junior,  vache  jeune.  Ce  qui  donne  pour  le  nom  entier  : 
prairies  ou  pâturages  pour  l'élève  des  vaches.  Cette  inter- 
prétation se  fonde  par  assimilation  sur  le  nom  d'un  hameau 
de  cette  commune  de  Blannaves,  où  la  même  étymologie  se 
trouve  très-marquée.  Branoiis,  Branoux,  est  représenté  par 
le  lat.  branus,  masc.  de  brana,  id  est  juveneus,  junior 
bos  (Du  Cange),  dont  nous  avons  fait  en  langued.  avec  la 
même  signification  brâou,  jeune  taureau. 

Blanqnâon,  s.  m.,  ou  Blanqnâondo,  f.  f.  Guigne 
blanche,  espèce  de  cerise  de  couleur  de  cire,  légèrement 
teintée  de  rose,  du  côté  exposé  au  soleil.  Le  fruit  est  indif- 
féremment masc.  ou  fém.,  l'arbre  n*a  que  le  masc.  Cérièïre 
blanquâou,  cerisier  qui  produit  la  guigne  blanche. 

Dér  de  Blan. 

Blanqoas,  asso,  adj.  Blanchâtre,  qui  tire  sur  le  blanc; 
d'un  blanc  sale. 

Péj.  de  Blan. 

Blanqné,  s.  m.  Cérat  de  Galien,  pommade  résolutive, 
détersive  et  dessicative;  onguent  connu  aussi  sous  le  nom 
de  blanc  Bhasis,  par  cormp.  blanc  raisin,  d'une  couleur 
blanchâtre. 


IIG 


BLA 


BLA 


BlancpiétraB,  s.  m.  Terre  schisteuse  et  ar^leose,  d*ane 
teinte  jaunâtie  pâle  ;  terrain  à  maigre  végétation.  Pour  le 
mettre  en  produit,  il  faut  le  défoncer  profondément. 

Dér.  de  Blan,  et  du  oelt.  ecUr,  pierre,  quier  et  autres. 

Blanqnéja,  v.  Paraître  blanc;  avoir  de  loin  une  teinte 
blanchâtre  on  lumineuse;  tirer  sur  le  blanc;  devenir 
blanc.  —  Lous  sèreg  aeouminçou  dé  bkmquéja,  Taurore 
commence  à  blanchir  le  sommet  des  montagnes.  Adéjà 
bianquéjo,  il  devient  blanc,  il  vieillit,  en  parlant  d'un 
homme  qui  commence  à  grisonner. 

Dér.  de  Blan. 

Blanqaéto,  s.  f.  Blanquette,  espèce  de  fricassée,  de 
gibelotte  d'agneau,  de  chevreau  ou  de  rogatons  de  rôtis  de 
veau  ou  de  mouton,  à  la  sauce  blanche. 

Blanquéio  de  lÂmoàs,  Blanquette  de  Limoux,  nom  que 
le  fr.  a  emprunté  au  lang.  comme  le  précédent.  C'est  un 
vin  clairet  et  mousseux,  de  même  natnre  mais  plus  piquant 
que  la  clairette  de  Die. 

Blanqninoùa»  onso,  adj,  Dim.  Blanquinouté,  péjor. 
Blanquirunuas.  Blanchâtre;  tirant  sur  le  blanc;  d'un 
blanc  sale.  Peut-être  est-il  d'un  degré  supérieur  à  Blan- 
quas,  déjà  péjor.  —  F.  c.  m. 

Blanqnoù,  s.  f.  Blancheur  ;  couleur  blanche. 

Blaquarédo,  s.  f.  Chênaie  ;  taillis  de  chênes  blancs. 

Ce  mot  est  formé  de  la  finale  caractéristique,  méridio- 
nale essentiellement,  iio,  qui  est  le  signe  de  la  collecti- 
vité, et  qui  répond  à  la  terminaison  lat.  etum,  et  armori- 
caine ek  :  le  radical,  ou  mieux  les  deux  syllabes  qui  pré- 
cédent, se  décomposent  en  blak,  celt.  blanc,  et  quar  qui 
égale  quere,  celt.,  d'où  le  lat.  a  lait  quercus,  chêne;  et  en 
voulant  désigner  un  lieu  planté  de  chênes,  une  chênaie,  il 
s'est  servi  de  son  collectif  eium,  traduit  dans  la  langue 
d'Oc  par  ido.  Ainsi  s'est  formé  querceium,  même  quet- 
noium,  exprimé  en  fr.  par  chênaie  et  en  lang.  par  bloqua- 
rédo,  on  blanche  chênaie,  ou  taillis  de  chênes  blancs. 

La  première  syllabe  est  indicative  de  b  qualité  ;  la  seconde 
représente  le  radical  celtique,  caractérisant  le  sujet,  l'arbre 
lui-même.  Biais  il  n'est  peut-être  pas  de  syllabe  qui  ait 
subi  autant  de  transformations,  qui  ait  été  plus  défigurée 
que  le  nom  du  chêne,  l'arbre  des  Druides,  le  vieux  gau- 
lois tann.  On  le  retrouve  en  Armorique,  et  il  est  syno- 
nyme de  dero;  le  latin  l'avait  altéré  en  quêreus,  avec  la 
désinence  propre  a^  génie  de  sa  langue.  Il  est  toiyours 
reoonnaissable  et  le  changement  graphique  devait  avoir  été 
produit  par  la  variété  de  prononciation.  Tann  ou  dêro 
sonnaient  indifféremment  comme  tiann,  ehann,  $ann,  ou 
thtro,  ehuro,  xtro,  qumro;  quand  la  voyelle  finale,  muette 
sans  doute,  est  tombée,  on  voit  &cilement  comment  ont 
pu  se  former  et  le  mot  latin  et  les  variantes  romanes.  Si 
bien  que,  d'après  les  plus  anciens  titres,  tann  primitif  est 
exprimé  par  tatnut  comme  par  eamuê,  d'où  leur  collectif 
toinitum  et  ea»n$ium,  ce  dernier  donnant  quunUum,  le 
même  que  quantum,  plus  rapproché  du  latin,  et  employés 
tous  deux  également  dans  la  traduction  ou  la  reproduction 


des  noms  communs  ou  de  localités,  tels  que  chênaU,  écrit 
autrefois  chesnaie  comme  ehesM,  et  Chêsnei  (Eure},  Quunay 
(Calvados),  Chenay  (Sarthe),  Cheney  (Yonne),  Ckmayê 
(Deux-Sèvres),  Chenois  (Meurthe),  Chunayê  (Seine-et-Oise), 
Tannois  (Meuse),  Chanoy  (Haute-Marne),  Xenois  (Vosges). 
Sonnais  (Seine-et-Oise),  TAanay  (Indre),  Qtimay  (Calvados), 
ConwiU  (Lot-et-Garonne),  identiques  à  ThenoiUe$  (Aisne), 
ChenoiUet  (Loiret),  Thenneil  (Indre-et-Loire),  et  QtiefiMiy 
(Nord),  tous  analogues,  et  tous  rendus  par  la  forme  inva- 
riable latine,  Quercetum  ou  Quesnetum.  Le  lang.,  en  em- 
ployant édo,  os,  ièro,  ièiro,  comme  désinences,  n'a  fait 
qu'approprier  au  génie  propre  de  sa  langue  et  de  sa  pro- 
nonciation, ce  que  dans  d'autres  dialectes  on  entendait  et 
on  prononçait  avec  une  autre  inflexion.  Mais  la  dérivation 
est  évidente;  elle  se  fait  mieux  sentir  dans  La  Blaquièiro, 
La  Blachère  (Ardèche),  qui  confirme  la  filiation  —  Voy, 
les  articles  Cassogno,  Èdo  et  litro,  suffixes. 

Blaqoas,  s.  m.  Dim.  Blaquassoù.  Jeune  chêne  blanc. 

Blaqaaasino,  s.  f.  Jeunes  pousses  du  chêne  blanc  qui 
se  convertissent  en  buisson  faute  d'être  élaguées,  ou  pour 
avoir  été  broutées  à  leur  naissance. 

Blaqnièiro  (La),  s.  f.,  nom  pr,  de  lieu.  La  Blaquière, 
hameau  de  la  commune  de  Cendras,  près  Alais,  probable- 
ment dans  l'origine  un  taillis  de  chênes  blancs.  Même 
forme  et  même  étym.  que  Blaquarido.  —  Voy,  Bloquas. 

Blaqao,  s.  f.  Jeune  ramée  du  chêne  blanc,  dont  les 
moutons  sont  très-friands,  et  dont  on  fait  des  fagots  pour 
leur  nourriture  d'hiver. 

Blasa,  V.  Faire  de  la  Uaso,  premier  travail  des  vers  à 
soie  qui  veulent  filer  leur  cocon . 

Dér.  de  Blasa. 

Blad,  s.  m.,  nompr.  d'homme.  Biaise.  Au  fig.,  noncha- 
lant, mou,  bonhomme.  —  Voy.  BUso, 

Dér.  du  gr.  BXdÇ,  lâche,  imbécile. 

Blaai,  V.  Faner;  flétrir;  froisser,  meurtrir.  —  Blasi, 
part,  pass.,  flétri;  fané;  meurtri.  Il  a  formé  AbUuiga  qui 
a  la  même  sign.  —  V.  c.  m. 

Dér.  du  gr.  BXàÇ,  comme  le  nom  pr.  prôcéd.,  qui  n'a 
avec  lui  que  la  seule  difiërence  de  l'accent,  placé  dans  le 
premier  sur  la  pénultième  qui  est  longue  et  rend  Yi  muet, 
tandis  que  la  syllabe  est  brève  dans  oelui-d,  comme  le 
note  du  reste  l'accent  que  prend  l'i  final  et  le  fait  sonner. 

Blaso,  «.  f.  Bave,  bourre  des  cocons  du  ver  à  soie  :  œ 
sont  les  premiers  fils  qui  servent  d'échafaudage  à  ce  petit 
édifice  et  qui  le  tiennent  à  la  bruyère  où  il  est  su^endu.  On 
dépouille  le  cocon  de  cette  bave  avant  de  le  filer  ;  elle  est 
grossière  et  n'est  pas  chargée  de  l'humeur  visqueuse , 
répandue  par  le  ver,  qui  donne  de  la  force  et  de  la  cansis- 
tance  au  fil  de  soie. 

Dér.  du  gr.  BXiE,  subst.  de  BXi^w,  être  mou,  flasque.  Le 
mot  6fa«i  existait  dans  la  langue  ;  il  a  suffi  d'un  rappro- 
chement pour  appliquer  l'épithète  et  faire  le  mot*  â« 
moment  de  l'importation  des  vers  à  soie,  moins 
évidemment  que  le  mot  lui-même. 


BLO 


BO 


117 


Blassa,  v.  Blesser.  N*est  pas  admis  avec  son  accepUon 
active,  et  serait  ime  injure  adressé  à  une  femme.  Il  n^est 
nçQ  qae  comme  verbe,  se  blassa,  se  blesser,  avorter,  en 
pariant  d*ane  femme  enceinte  qui  accouche  avant  le  terme 
uatuiel;  faire  une  fausse  couche. 

Dér.du  gr.  nXafSontv,  frapper,  ouBXdEmeiv,  offenser,  blesser. 

Blatlè,  «.  m.,  au  fém.  JBlaiiètro.  Blatier  ;  marchand,  ou 
plutôt  revendeur  de  blé.  Il  a  beaucoup  d'analogie  avec 
BiatUà,  8*il  n'est  toutefois  le  même. 

Dér.  de  Bla, 

Blé  éto,  adj.  Blet,  blette,  peu  usités;  mou,  comme  le 
deviennent  certains  fruits  en  mûrissant;  mince,  plat. — 
Péro  bléto,  poire  blette.  Bousmo  bléto,  bourse  plate.  Il  est 
des  fruits  qui  ne  sont  mangeables  que  lorsqu'ils  ont  atteint 
un  certain  point  de  maturité,  tels  que  la  nèfle,  la  cor* 
nouille,  la  corne.  Pour  les  poires  et  les  autres  fruits,  quand 
ils  arrivent  à  ce  degré  de  blé,  ils  sont  à  demi  pourris  et 
perdent  tout  leur  prix. 

Dér.  du  gr.  BXi^,  lâche,  mou. 

Blé,  adv.  En  grasseyant,  avec  blésité.  —  Paria  blé, 
grasseyer,  bU$êr.  —  Voy.  Blainéja, 

Dér.  du  lat.  Blcnu$,  bègue. 

Blédo,  «.  f.  Blette,  bette  ;  poirée;  Beta  vulgaris,  Linn. 
Plante  potagère  de  la  fam.  des  Ghénopodées.  —  Costoê  ou 
eou9iéioM  dé  bUdo,  cardes  de  poirée. 

Dér.  du  lat.  Blitum,  ou  du  gr.  BX^tov,  m.  sign.  En  ital. 
Biêia,  en  esp.  Bl»do$, 

Blêmi,  adj,  m.  sans  fém.  Blême,  p&le. 

Dér.  du  gr.  B>i(xi^,  aspect,  visage. 

Blèso,  9.  m.,  nompr,  d'homme.  Biaise.  Au  flg.,  niais; 
nigaud.  -^  Faire  dé  soun  Blèso,  faire  l'innocent,  le  bon 
apôtre,  la  chatte-mitte.  —  Voy.  Blasi. 

Dér.  du  lat.  BUuius,  du  gr.  BXiÇ. 

Bléste,  s.  m,,  ou  Blésto,  s.  f.  Talc,  sorte  de  mica- 
schiste, concrétion  de  mica;  pierre  talqueuse,  commune 
dans  nos  Gévennes,  opaque,  feuilletée  en  lames  minces, 
flexueuses,  jaunâtres  ou  grises,  facilement  pulvérulentes; 
elle  se  trouve  en  amas  ou  en  filons  dans  les  diffôrentes 
roches  de  cristallisation  ou  dans  les  calcaires  qui  lui  sont 
subordonnés. 

Le  roman  avait  le  mot  Blute,  bourbier,  chose  sale. 
Dériverait-il  du  lat.  BliUus,  vil,  pour  signifier  un  terrain 
de  pea  de  valeur  ou  qui  se  convertit  aisément  en  boue? 

Blétoù,  s.  m.  Dim.  Blétouné.  Clou  rivé  d'un  couteau, 
de  ciseaux,  etc.,  qui  est  accompagné  d'ordinaire  d'une 
rosette  d'argent  ou  de  cuivro. 

Gorrup.  de  BoitloÀ. 

Blétoana,  «.  Clouer  la  lame  d'un  couteau  4  son  manche, 
y  mettre  un  clou  rivé. 

Blo,  «.  m.  Total,  assemblage  enblocde  difièrentes  choses 
de  oHure  et  de  valeur  diverses. 

Dér.  de  Tallem.  Blook,  tronc,  souche  ;  gros  morceau  de 
métal  brut. 

Blodo,  J.  f.  Blaude;  blouse;  sarrau  de  toile,  le  plus 


souvent  bleue,  que  les  charretiers  et  les  cultivateurs,  dans 
beaucoup  de  départements,  portent  par-dessus  leurs  habits. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Blialdus,  bliaudus,  venant  de 
blavus. 

Bloon,  mieux  Blonnde,  do,  adj,  Dim.  Bloundé,  bloun- 
din,  bloundiné,  bloundinà,  Uoundinoàs;  péj.  Bloundas, 
bloundinas.  Blond,  onde  ;  d'une  couleur  moyenne  entre  le 
doré  et  le  châtain-clair.  —  Bloundin  est  souvent  un  sobri- 
quet, que  l'on  donne  rarement  â  un  blond,  mais  bien  par 
antiphrase  à  un  noireau,  â  un  teint  presque  mulâtre. 

Nombreuses  variétés  d'étym.  :  les  unes  prises  du  saxon 
Blond,  mêlé  ;  d'autres  du  lat.  apluda,  couleur  de  la  graine 
de  millet,  ou  de  ablutula,  paille,  couleur  de  paille;  ou 
bien  de  bladum,  couleur  de  blé;  ou  encore  de  blandus, 
agréable. 

Blouqua,  v.  Boucler  ;  serrer  avec  une  boucle.  —  En 
parlant  des  cheveux,  le  lang.  dit  frisa,  dans  le  sens  de 
boucler  ;  mais  blouqua  serait  impropre. 

Blouqno,  s.  m.  Dim.  Blouquéto,  augm.  Blouquasso, 
Boucle,  anneau  de  métal,  muni  d'un  ardillon,  et  qui  sert 
de  fermeture  à  bien  des  objets  divers.  —  S'emploie  dans 
toutes  les  acceptions,  sauf  boucle  de  cheveux. 

Dér.  du  lat.  Buccula,  anneau  du  bouclier  par  où  on 
passait  le  bras. 

Bloaqaô,  s.  m.  Clou  de  soulier,  court,  à  tète  ronde  et 
plate,  dont  on  sème  la  semelle  par  lignes  régulières.  Il  ne 
faut  point  le  confondre  avec  la  taeho,  petit  clou,  à  tète 
grosse  et  ronde,  comme  les  clous  de  fauteuil,  pour  fixer 
toute  sorte  de  choses  délicates,  et  qu'on  appelle  en  fr. 
broquette.  Métathèse  de  Broqwt,  en  esp.  broea,  clou. 

Dér.  de  Blouquo,  parce  que  cette  espèce  de  clous  sert  à 
relier  les  différentes  assises  de  la  semelle,  comme  si  elles 
étaient  serrées  par  des  boucles. 

Bla,  uîo,  adj,  Dim.  BluXé,  péjor.  Bluias,  Bleu,  bleue; 
violet;  de  couleur  bleue  ;  une  des  sept  couleurs  primitives 

—  Blu  dé  ciel,  bleu  céleste.  Vénï  tout  Uu,  prendre  un 
teint  pourpre  de  colère,  de  frayeur  ou  de  froid.  Estre  passa 
àou  blu,  être  désappointé,  désabusé  de  ses  prétentions. 

11  se  prend  quelquefois  comme  substantif;  mais  il  se 
rapproche  alors  de  l'argot.  Vn  blu  signifie  un  mauvais 
bidet,  une  rosse,  un  âne,  et  par  ext.  au  jeu  de  cartes,  un 
as.  —  Au  pi.  m.  hus  blus,  les  bleus,  désignation  de  parti. 

Dér.  de  l'allem.  Blauw,  azur,  bleu  de  del. 

Blmaatre,  astre,  adj.  Bleuâtre;  violacé;  tirant  sur  le 
bleu  ou  le  violet  ;  d'un  bleu  sale. 

Bluîéja,  t;.  Paraître  bleu;  jeter  de  loin  une  teinte  bleue, 
azurée  ou  violacée. 

Dér.  de  Blu. 

Bo,  bono,  adj,  Dim.  Bouni,  péj.  Bounas,  Bon,  bonne  ; 
qui  a  de  la  bonté;  parfait  ;  qui  a  toutes  les  qualités  dési- 
rables selon  sa  nature  ou  pour  sa  destination,  ou  pour  son 
état;  en  parUnt  des  personnes  et  des  choses,  excellent» 
fort,  vigoureux,  vrai,  heureux,  humain,  franc,  véritable. 

—  Lorsque  cet  adjectif  précède  immédiatement  le  snb- 


118 


BON 


BOR 


stantif  auquel  il  se  rapporte,  il  se  dit  :  bon;  un  bon  Kome, 
dé  bon  pan.  U  fait  de  même,  lorsque  le  mot  suivant  com- 
mence par  une  voyelle  dans  un  môme  membre  de  phrase  : 
Aqud*s  bon  à  sâoupre,  c*estbon  à  savoir. — Faïresoun  bon 
jour,  faire  sa  communion  eucharistique. 

Faï-bo,  il  fait  bon  :  le  temps  est  doux.  Lorsque  cette 
expression  fai-bo  est  suivie  immédiatement  d'un  infinitif, 
on  dit  bon.  Fa^t-bon  marcha,  il  fait  bon  cheminer.  Faï-bon 
iâoupre  quicon,  U  est  utile  d'avoir  quelque  instruction. 

Si  faire  bo  pér  quàuoquut,  se  porter  fort  pour  quel- 
qu'un, le  cautionner.  Faïre  bo  dé  Mn  frans,  s'obliger  sur 
parole  de  cent  francs  ;  les  jouer  sur  parole. 

Un  bon  home  ne  veut  pas  dire  comme  en  fr.  un  bon- 
homme, un  peu  niais;  mais  un  homme  solide  au  travail, 
soit  pour  l'adresse,  soit  pour  la  force.  —  Aquà's  dé  bon 
faire,  dé  bon  dire,  cela  est  aisé  à  faire,  à  dire.  E$erituro 
dé  bon  légï,  écriture  très-lisible.  Aquà's  dé  bon  véïre,  c'est 
clair,  évident.  Lou  bo  dâou  jour,  le  bon  du  jour.  Fat  bon 
é$tre  riche,  parlez-moi  d'être  riche.  Ou  diees  dé  bo?  Tu 
parles  sérieusement  ?  Y  vai  dé  bo,  il  ne  plaisante  pas.  T-a 
uno  bono  lègo,  uno  bono  houro,  il  y  a  encore  une  forte 
lieue,  une  bonne  heure.  Lou  bon  DUm,  Dieu,  le  bon  Dieu; 
se  dit  quelquefois  pour  crucifix. 

Dér.  du  lat.  Bonus. 

Bocho,  s.  f.  Boule,  ordinairement  en  buis,  servant  à 
jouer.  —  Jouga  à  las  bochos,  jouer  au  jeu  de  boule.  Tira 
uno  bocho,  débuter  une  boule. 

En  ital.  Boccia,  en  esp.  boeha, 

Bofi,  iô,  adj.  Péj.  Boufias.  Bouffi  ;  gros  joufflu;  enflé  ; 
difforme  de  figure  ;  boursouflé. 

Dér.  de  Boufa. 

BojOa  ».  f.  —  Voy.  Saquo. 

Bolo,  «.  f.  Borne;  limite  ;  frontière;  ligne divisoire  quel- 
conque entre  deux  territoires,  comme  entre  deux  héri- 
tages, deux  champs,  qu'elle  soit  déterminée  par  la  nature, 
on  cours  d'eau  par  exemple,  une  chaîne  de  rochers,  les 
eaux  versantes  d'une  montagne,  ou  par  un  canal  et  un 
chemin  public,  soit  par  des  bornes  conventionnelles  entre 
parties.  — *  Faïre  bolo,  servir  de  point  ou  de  ligne  de  déli- 
mitation. 

Le  plur.  las  bolos  est  d'un  emploi  plus  fréquent. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bola  :  bdUu  seu  metas  pLantare, 
planter  des  bornes,  venu  sans  doute  du  gr.  BSiko^,  motte, 
tertre. 

Bomi,  «.  m.,  ou  Vomi.  Vomissement;  action  ou  envie 
de  vomir;  haut-le-cœur.  —  Aquà  faï  véni  lou  bomi,  cela 
soulève  le  cœur. 

Dér.  du  lat.  Vomere. 

Bon,  bono,  adj.  —  Voy.  Bo. 

Bonafoùs,  onaso.Dim.  Bonafoueeé,  éto,  n.  pr.  d'homme, 
qui  répond  à  bonne  fontaine  :  Bonafoùs,  Bonefoux  ou  Bon- 
nalbux.  L'ancienne  langue  d'Oc  disait  fous  pour  fontaine. 

Dér.  du  lat.  Bonus,  et  fons. 

Bonamén, a<fo.  Bonnement;  sans  fiel,  sans  malice;  sans 


arrière-pensée.  C'est  souvent  un  adv.  explétif,  sans  poitée: 
Bonamén  dé  que  vous  dirat  ?  Au  fait,  que  voulez-vous  que 
je  vous  dise  ? 

Dér.  de  Bonus,  bond  mente. 

Bonhur,  s.  m.  Bonheur;  félicité;  état  heureux;  pros- 
périté; chance  heureuse.  —  Estre  dâou  bonhur,  être  heu- 
reux au  jeu;  avoir  bonne  chance.  Se  lou  bonhur  m'énvôou 
dire,  si  le  hasard  veut  me  sourire.  Lou  bonhur  gn'én  vôou, 
le  bonheur  le  suit,  s'attache  à  lui.  Y-a  pas  bonhur  que  dé 
canaio,  il  n'y  a  de  bonheur  que  pour  la  canaille. 

Dér.  du  lat.  Bona  et  hora. 

Bonjour,'»,  m.  et  interj.  Dim.  Bonjoumé.  Le  bonjour 
et  Bonjour  !  En  langued.  plus  qu'en  fr.  on  distingue  le 
bonjour  du  bonsoir  ;  on  s'y  trompe  bien  quelquefois,  ma^ 
rarement.  On  dit  bonjour  toute  la  matinée  jusqu'à  midi, 
et  bonsouèr  de  midi  au  soir.  Bonjour  et  bonsouèr  se  disent 
soit  eii  accostant  quelqu'un,  soit  en  passant  à  côté  de  lui, 
sans  s'arrêter.  On  ne  les  dit  guère  pour  prendre  congé,  ce 
qui  se  fait  par  adiou,  adiou-sias,  ou  bien  vétro,  auquel  on 
répond  :  amaï  à  vous,  je  vous  en  dis  autant.  —  Lou  bon- 
jour à  vosto  fénno,  vous  présenterez  mes  salutations  à 
votre  femme,  et  l'on  réplique  invariablement  :  Y  mançua- 
rat  pas,  dé  vosto  part,  je  n'y  manquerai  pas,  de  votre 
part. 

Formé  de  Bon  et  de  jour. 

Bonsoaèr,  s.  m.  et  interj.  Dim.  Bonsouèmé.  Le  bon- 
soir, bonsoir  !  salutation  du  soir.  —  Voy.  Bonjour.  — 
Aça  anén,  bonsouèmé.  Çà,  nous  partons,  bonsoir!  Dire 
bonsouèr,  dire  adieu  ;  renoncer  à. 

Formé  de  Bon  et  de  souèr. 

Bôoa,  s.  m.  Ocre  ;  terre  bolaire.  On  emploie  l'ocre  en 
pain  ou  en  motte  pour  marquer  d'une  couleur  rouge  ou 
jaune  foncé  les  moutons  qui  sont  destinés  à  la  boucherie. 
Les  bergers  s'en  servent  aussi  par  coquetterie  pour  larder 
leurs  plus  beaux  moutons,  concurremment  avec  le  vert- 
de-gris. 

Dér.  du  lat.  Bolus,  bol,  terre  bolaire. 

Bor,  ».  m.  Dim.  Bourde.  Bord;  lisière  ;  extrémité  ;  rive. 
—  Préne  sus  lous  bors,  prendre  vers  les  extrémités,  sur  la 
lisière.  5t^»  bien  âou  bor,  tu  es  bien  sur  le  bord. 

Dér.  du  lat.  Ora  et  dugr.  "Opoc,  par  l'addition  du  B. 
En  allem.  bord,  m.  sign. 

Bordo,  ».  f.  Dim.  Bourdéto.  Fétu,  brin  de  paille  ;  saleté; 
atomes  surnageant  dans  un  liquide.  —  Tiro  mé  aquélo 
bordo,  tire-moi  cette  paille  de  l'œil,  diton  à  quelqu'un 
qui  avance  une  grosse  hâblerie.  Y-a  bé  dé  bordos  dine  aquéi 
afaire,  cette  affaire  est  bien  sale,  bien  louche. 

Dér.  comme  le  v.  fr.  Ord,  orde,  du  lat.  sordidue,  laid, 
sale. 

Borgne,  gno,  adj.  Dim.  Bourgni,  péj.  Bourgnae,  Bor- 
gne, privé  d'un  œil.  —  C'est  par  le  frottement  du  fr.  qu*on 
a  restreint  le  mot  Borgne  à  ce  sens.  Il  parait  certain  qu'en 
lang.  il  signifie  proprement  :  aveugle,  privé  de  la  vue, 
comme  cela  se  démontre  par  les  phrases  proverbiales  : 


BOR 


BOS 


11» 


Borgne  d'un  tel  ;  il  est  clair  que  borgne  s*ealend  là  pour 
aveagle.  Une  chanson  fr.  dit  bien  aussi  ;  //  était  borgne 
des  deux  yeux,  Vargén  fat  cania  lous  borgnes,  l'argent 
fait  chanter  les  aveugles  et  non  les  borgnes.  D'aXei  à  cent 
uns  sérén  ioutes  borgnes,  dans  cent  ans  nous  serons  tous 
aTeugles»  nous  n*y  verrons  plus.  On  appelle  aussi  les  vers 
à  soie  lous  borgnes,  à  cause  du  préjugé  général  qui  veut 
qu'ils  soient  privés  de  Torgane  de  la  vue.  Enquiè  coumo 
un  ea  borgne,  ne  peut  s'entendre  que  d'un  chat  aveugle  ; 
les  animaux  ne  pouvant  beaucoup  s'inquiéter  de  la  perte 
d'un  seul  œil,  qui  ne  fait  que  diminuer  faiblement  leur  per- 
ception visuelle.  Bado  coumo  un  borgne  qu'a  perdu  soun 
bastoU,  il  crie  comme  un  aveugle  qui  a  perdu  son  b&ton  ; 
crierait-il  s'il  lui  restait  un  oeil  ?  Siès  borgne  que  y  véses 
pas,  tu  es  donc  aveugle  pour  n'y  pas  voir? 

Dér.  du  bas-breton  Born,  m.  sign. 

Borgno,  adj.  fém.  de  Borgne.  Dim.  Bourgnéio  ;  péj. 
Bourgnasso.  Borgne  ;  aveugle.  Au  fig.  obscure.  —  Ha 
grandAa-borgno,  ma  mére-l'oie  ;  la  traduction  est  exacte, 
mais  incomplète.  En  fr.  comme  en  lang.,  il  s'agit  d'une 
bcnme  vieille  grand'môre,  qui  charme  et  endort  les  enfants 
par  ses  longs  contes.  Notre  gran  a  la  même  spécialité  que 
la  Mèro-4'Oie.  Cependant  il  y  a  pour  nous  quelque  chose 
de  plus  ;  nous  n'avons  pas  seulement  recours  à  notre  con- 
teuse, comme  on  fait  à  l'autre,  pour  nous  amuser  ou  appe- 
ler le  sommeil.  I^oraque  quelqu'un  nous  poursuit  ou  fatigue 
de  billevesées,  de  promesses  auxquelles  on  ne  croit  pas, 
de  contes  à  dormir  debout  pour  tout  dire,  on  lui  jette  à 
la  figure  :  ma  gran-lorborgno  !  ou  contractivement  :  ma 
gran  I  C'est  une  expression  d'incrédulité,  de  dédain,  de 
reproche,  de  colère.  On  voit  qu'il  est  toujours  question  de 
oontes,  sans  quoi  l'ellipse  ne  s'expliquerait  pas,  c'est  comme 
si  Ton  disait  :  vous  me  débitez  des  sornettes,  je  n'en  crois 
pas  on  mot.  En  fr.  on  n'emploie  pas  ainsi  le  nom  de  la 
Mère-l'Oie,  c'est  une  lacune.  Resterait  maintenant  à  savoir 
quel  malheureux  accident  rendit  borgne  ou  pour  mieux 
dire  aveugle,  notre  pauvre  gran.  L'infirmité  lui  vint  sans 
doute  avec  l'âge,  et  elle  a  toujours  été  si  vieille  !  Mais  que 
de  plus  clairvoyants  décident  à  quelle  époque  de  sa  vie  ma 
gran-lorhorgno  perdit  la  vue. 

Borgno,  s.  f.  Canal  d'entrée  ou  d'amont,  canal  de  fuite 
ou  d'aval  d'un  moulin  à  eau.  C'est  généralement  ce  pas- 
dïige  voûté  et  obscur,  qui  commence  à  la  première  vanne 
de  chute  et  se  termine  au  canal  couvert  de  ftdte. 

Dans  le  ba&4)ret.  Born;  en  ital.  Bornio,  m.  sign. 

Boiio,  s.  f.  Dim.  Bouriéto;  péj.  Bouriasso.  Métairie  ; 
ferme  ;  clœerie  ;  domaine  dépendant  d'une  seule  et  même 
exploitation.  Comme  ce  mot  est  propre  aux  Hautes- 
Cévennes,  où  la  propriété  est  fort  divisée,  il  ne  représente 
guère  qu'un  petit  domaine.  Le  mot  Xas,  plus  particulier 
^x  Bàsses-Cévennes,  et  à  un  pays  de  plaines  et  de  larges 
vallées,  entraine  l'idée  d'une  plus  large  exploitation. 

Bàrio  esi  devenu  nom  pr.  et  s'applique  à  tout  un  quar- 
tier, 00  se  trouvait  sans  doute  et  où  il  existe  encore  un 


manoir  ou  une  ferme  principale.  On  le  traduit  en  fr.  par 
La  Borie,  et  quelquefois  on  en  a  fait  un  nom  d'homme. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Boria,  fonds  de  terre,  maison  de 
campagne;  du  lat.  boaria,  étables  à  bœufs. 

Bos,  s,  m.  Dim.  Bousquè;  péj.  Bouscarasso.  Bois,  en 
général,  substance  ligneuse  dure  et  compacte  des  arbres 
et  des  arbrisseaux;  forêt;  taillis;  futaie.  —  Àpara  un  bos, 
défendre  l'entrée  d'un  taillis  aux  troupeaux.  Bos  dé  luno, 
bois  coupé  dans  la  lunaison  favorable  ;  dans  le  sens  de  ce 
préjugé  qui  veut  qu'on  coupe  après  la  pleine  lune  tout  le 
bois  qui  perd  annuellement  ses  feuilles,  et  en  nouvelle 
lune  celui  qui  les  conserve  toute  l'année  (Voy,  BartassoùJ, 
Bos  coumun,  communal  ou  communaux,  pâturages  où  les 
habitants  d'une  commune  ont  droit  de  pâture  ;  dans  les 
Hautes-Cévennes  et  la  Lozère,  communaux  sur  lesquels  les 
habitants  ont  droit  d'affouage,  c'est-à-dire  le  droit  de 
prendre  du  bois  pour  leur  chauffage,  fixé  par  répartition 
des  feux.  San  dine  un  bos  ?  Sommes  nous  dans  une  forêt,  au 
milieu  des  voleurs?  Au  fîg.  Porto  bien  soun  bos,  il  porte 
bien  son  âge,  il  est  vert  pour  son  âge.  Es  dé  bon  bos,  il 
est  bâti  de  bon  bois,  il  durera  longtemps.  Faïre  fia  dé  (oui 
bos,  faire  flèche  de  tout  bois,  laissas  faire  lou  bos,  loc. 
prvb.,  ayez  patience  ;  laissez  pisser  le  mouton  ;  mot  à  mot 
cela  signifie  :  attendez  que  le  bois  ait  travaillé  tout  ce 
qu'il  doit,  qu'il  ait  pris  le  degré  de  sécheresse  néces- 
saire. 

Le  radical  Bos,  ses  composés  et  ses  dérivés,  ses  dimi- 
nutifs ou  ses  péjoratifs  ont  donné  naissance  à  une  famille 
très-nombreuse  de  noms  propres  de  personnes  et  de  lieux. 
Pour  bien  saisir  les  variantes  des  appellations  modernes, 
il  feut  connaître  les  changements  par  lesquels  a  passé  le 
primitif  qui  se  trouve  dans  la  langue  celtique  Bos,  bose, 
dans  le  germanique  Buse,  ou  dans  le  gothique  Busehe. 
Suivant  l'influence  dominante,  la  bass.  lat.  fit  :  Boscus, 
boscum,  buseus,  busohus,  avec  les  dim.  BoseKetus,  busMe- 
tus,  busquetus.  Le  roman  disait  :  Bos,  bose,  boe,  boise, 
bosche,  bou,  busche,  et  les  dimin.  Boscal,  bosquet,  buehet, 
bosquina,  boseatge,  boisson,  boyssada;  en  esp.  portug. 
Basque,  bosquete;  en  ital.  Bosco  et  boschelto. 

De  ces  éléments  se  sont  formées,  disons-nous,  bien  des 
dénominations  locales;  mais  le  fonds  était  si  riche,  dans 
un  pays  couvert  de  forêts,  et  il  prêtait  si  bien  à  une  dési- 
gnation, qu'il  ne  faut  pas  s'en  étoimer.  Les  altérations  de 
langage  s'en  mêlant  ensuite  et  venant  à  modifier  les  mots 
et  les  sons,  à  les  amoindrir  ou  à  les  renforcer,  il  n'est  pas 
surprenant  non  plus  que  la  véritable  racine  des  vocables 
soit  souvent  difficile  à  distinguer,  et  puisse  être  confondue 
dans  ces  broussailles.  Nous  essaierons  de  les  retrouver  sous 
leurs  formes  diverses,  et  sous  chacun  des  composés  ou 
dérivés,  diminutifs  et  autres.  —  Voy,  BruU,  BrugtUè, 

Ici  notons  les  nuances  qui  retracent  dans  notre  langue 
celles  du  primitif  lui-même.  Dans  les  noms  d'homme  et  de 
lieu,  se  conservent  très-rapprochées  :  lou  Bos,  lou  Bose,  le 
Bosq  (Hérault)  ;  dèl-bos,  Delbos,  Dalbos,  Dalbosc,  Duboso 


190 


BOU 


BOU 


on  Dubois,  tons  identiques  et  faits  du  même  bois  ;  les 
composés  Ghalbos,  Chdoudobo»,  Chàoudobcfi,  Mdouboê , 
Malbos,  Malbosc.  —  Voy.  ces  mots,  et  antres,  sans  oublier 
oenx  oà  la  désinence  particnliére  à  notre  territoire  se 
montre,  comme  dans  les  noms  :  Boutsargue,  qui  est 
identique  aux  premiers,  et  Bu9targus, 

BO88O,  <.  f.  Dim.  BùUêsito,  Boustigtudo,  péj.  Boussaxso, 
Bosse,  déviation  de  l'épine  dojsale  ou  du  sternum;  enflure 
causée  par  une  contusion  ;  en  général,  toute  excroissance 
contre  nature.  —  Rounla  Ma  bouo,  rouler  sa  bosse,  voya- 
ger de  tons  côtés  en  exerçant  différentes  industries  inter- 
lopes. Fatrê  ou  se  ficha  tmo  hotto,  manger  et  boire  avec 
excès.  Se  ficha  uno  boico  dâou  rire,  rire  à  ventre  débou- 
tonné, ou  mieux  dans  le  même  sens  :  Créba  dâou  rire  ;  ces 
trois  locutions  soitent  fortement  la  langue  verte.  Sé$  fa 
uno  bouo  âou  front,  il  s*est  fait  une  contusion  au  front, 
qui  s*enfle. 

Dér.  du  celt.  Bots,  ou  du  gr.  4>tSaaa,  enflure. 

Boto,  f.  f.  Péj.  Boutasso.  Botte,  chaussure  de  cuir  qui 
couvre  le  pied,  la  jambe  et  quelquefois  le  genou.  —  Coumo 
vat  la  boto  f  comment  va  votre  santé  T 

Emp.  au  fr.  En  celt.  Boi,  pied. 

Boa,  s,  m.  Dim.  Bouté.  Bout  ;  fin,  extrémité,  reste  de 
quelque  chose;  brin.  —  Fiou  à  dous  bous,  à  tris  bous,  fil 
à  deux  ou  trob  brins.  Sèn  pa'ncaro  âou  bou,  nous  ne 
sommes  pas  encore  au  bout,  à  la  fin;  nous  n'avons  pas 
fini.  Tout  se  véira  âou  bou,  nous  verrons  bien  à  la  fin  du 
compte.  Lou  téne  pér  un  bon  bou,  j'ai  mes  sûretés  avec  lui; 
je  le  tiens  par  un  bout  qu'il  n'essaiera  pas  de  rompre. 

Lou  bou  dâou  mounde,  terme  de  charcutier,  l'intestin 
eœeum,  boyau  fermé  naturellemoit  d'un  côté,  dans  lequel 
on  ensache  de  la  viande  de  porc  hachée  dont  on  fait  une 
sorte  de  mortadelle  :  c'est  cette  mortadelle  qu'on  appelle 
bou  dâou  numnde, 

Dér.  du  celt.  Bod,  fond,  extrémité,  ou  du  gr.  BuO^c, 
fond,  profondeur. 

Bon,  s.  m.  Papillon  m&le  des  vers  à  soie.  Plusieurs 
femelles  pouvant  être  fécondées  par  un  même  mâle,  il  y  a 
intérêt  4  prendre  pour  le  grainage  plus  de  femelles  que  de 
mftles  ;  à  cette  fin,  lorsqu'on  choisit  les  cocons  qui  doivent 
servir,  on  donne  la  préférence  à  ceux  qui  sont  bien  formés, 
qui  sont  les  plus  durs,  parce  qu'il  est  à  supposer  qu'ayant 
plus  de  soie,  il  faut  admettre  que  les  papillons  qui  en 
proviendront  seront  plus  robustes;  on  reconnaît  ensuite  ou 
00  croit  reomnaitre  les  mftles  dans  les  cocons  à  forme  plus 
allongée,  plus  pointue  aux  extrémités,  mais  souvent  on  se 
trompe  à  ce  triage  dont  les  données  sont  peu  précises. 
C'est  du  reste  un  mauvais  procédé  et  une  économie  mal 
«Dtendue  que  de  choisir  trc^  peu  de  mâles  pour  le  nombre 
des  femelles  que  l'on  élève;  car  le  plus  souvent  la  mau- 
▼aise  qualité  de  la  graine  est  dœà  sa  provenance  de  mâles 
épuisés.  Il  est  prudent  de  calculer  seulement  deux  fem^les 
pour  un  mâle;  mais  l'usage  contraire  est  malheureuiement 
Boivi  par  les  spécnlatenn,  surtout  depuis  l'extension  que 


cette  industrie  a  prise.  Quand  il  sera  possible  d'échapper  à 
tous  les  inconvénients  des  grainages  faits  au  hasard,  et 
que  chaque  éducateur  éclairé  par  l'expérience  et  soigneux 
de  ses  intérêts,  voudra  lui-même  avec  intelligence  surveiUer 
cette  opération  délicate,  en  y  mettant  l'importance  qui 
convient,  peu^être  la  solution  du  problème  si  intéressant 
pour  nos  contrées  aura-t-elle  fait  un  pas  de  plus. 

Bou,  5.  m.  Figuorfleur,  ou  figue  précoce,  que  le  préjugé 
donne  pour  m&le  à  la  figue  franche.  C'est  cette  idée  qui 
lui  a  fait  donner  le  nom  de  Bou,  bouc,  qui  est  typique  du 
genre  mâle. 

Bou,  s.  m.  Péj.  Bouecu,  Boucaras.  Bouc,  mâle  de  la 
dièvre,  Capra  hireus,  Linn.  Mammifère  de  la  fam.  des 
Ruminants.  Se  prend  aussi  pour  :  outre  à  vin  faite  d'une 
peau  de  bouc,  dont  le  poil  est  tourné  en  dedans.  —  Es 
eoufle  coumo  un  bou,  il  est  enflé  comme  une  outre  ;  ou  au 
fig.  il  a  le  cœur  gros,  de  colère  ou  de  chagrin. 

Dér.  du  celt.  Bueh,  d'où  le  bas-bret.  boueh,  le  gallois 
bweh,  le  saxon  bock,  dans  la  bass.  lat.  buecus. 

Boubâoa,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Boubaux,  Saint- 
Hartin-de-Boubaux,  hameau  de  la  commune  de  Lamelouze, 
arrondissement  d'Alais. 

Dér.  de  Bou,  bon,  dialecte  lozerot,  ou  peut-être  de  bos, 
en  lai.  busehus,  bois,  avec  apocope,  et  de  bâou,  baux, 
par  substitution  du  v  en  6,  lettres  identiques,  vaux,  vai, 
anc.  fr.»  vâou,  lang.,  vallon,  vallée  ;  d'où  bon  vallon  ou 
vallon  boisé.  Les  noms  analogues  seraient  :  Belval,  Bel- 
leval,  Beauvalon ,  ou  Konval ,  Bonneval ,  noms  d'homme  ; 
Bonnevaux,  canton  de'Génolhac,  arrondissement  d'Alais. 

Boubo,   ou  Boubou  1  interj.   Dim.   Boubéio ,  bouboA. 
Terme  d'enfant  ou  de  nourrice.  C'est  le  baragouinage  de 
l'enfsnt  qui  demande  à  boire.  On  sait  qu'à  cet  âge  où  peu 
de  syllabes  sont  encore  connues,  on  ne  s'attache  qu'à  quel- 
ques consonnes  qui  frappent  davantage  la  mémoire,  en  y 
joignant  une  voyelle  quelconque,  et  on  en  fait  une  réda- 
plication  de  la  syllabe  retenue  pour  la  rendre  plus  sen- 
sible. L'enfant  ne  se  rappelle  pas  de  tout  le  mot  bèouro, 
mais  le  B  l'a  frappé  comme  le  son  de  la  diphthongue  om, 
il  en  fait  boubo  et  boubou,  de  même  qu'il  a  créé  papa, 
poupo,  téti,  etc.  Les  grands  enfants  qui  sont  auprès  de 
lui,  et  qui  devraient  toujours  le  ramener  à  la  prononcia- 
tion du  mot  pn^re  pour  l'y  façonner,  au  lieu  de  cda, 
abondent  dans  son  sens  et  se  plient  à  son  vocabulaire.  La 
nourrice  ne  manque  jamais  de  lui  dire  :  Vos  boiAo,  vos  dé 
bouboU,  au  lieu  de  prononcer  le  mot  béoure,  qu'il  oompreo* 
drait  évidemment,  puisque  c'est  lui  qui  a  formé  par  ana- 
logie son  boubo.  S'il  ne  le  répète  pas  exactement,  ce  n'est 
pas  faute  de  l'entendre  ni  d'en  faire  l'application,  mais 
plutôt  d'être  exercé  aux  procédés  labiaux  et  autres  qui  sont 
nécessaires  à  la  prononciation.  Il  est  bien  entendu  que,  par 
cette  raison,  ledim.  BoiiMiiDn'estjamaisemployéquepirles 
nourrices  et  les  bonnes,  jamais  par  leur  poupon  lui-même, 
qui  aurait  aussitôt  lait  de  dire  béoure,  s'il  pouvait  varier  ei 
articuler  plusieurs  syllabes  avec  changement  de  oopsopaea. 


BOU 


BOU 


m 


Bonboiirado,  i.f.Pé^.  BoubouradasMo,  Vapeur  chaude  et 
étoaSuïtB  qui  s*exbale  d'un  endroit  chaud  et  enferma;  6tuve. 

Onomatopée  exprimant  le  bruit  d'une  eau  qui  bout  à 
fvoB  bouillons:  bôa\  hou  I  répètA. 

Boucan,  «.  m.  Ëoucan;  bruit;  vacarme:  tintamarre; 
bruit  d'une  rixe. 

Ce  mot,  qui  est  importé,  comme  son  homonyme  fr.,  de 
l'idiome  des  Caraïbes,  signifie  le  mode  et  le  lieu  de  la  pré- 
paration des  viandes  qu'on  boucane  ou  qu'on  fume.  Il  a 
donné  naissance  au  v.  boucaner  et  au  s.  boucanier,  appli- 
qués d'abord  aux  Indiens  qui  boucanaient  à  la  fumée  des 
viandes  de  bœufs  sauvages,  dont  ils  faisaient  commerce. 
Plus  tard,  ce  commerce  d'échange  innocent  et  primitif  tôt 
délaissé  par  les  sauvages,  qui  travaillaient  plus  directe- 
mÏBnt  et  qui  se  firent  flibustiers.  De  toutes  les  nations  leur 
vinrent  des  compagnons  :  c'étaient  bien  les  plus  grands 
tajpageurs  et  les  plus  mauvais  gar^s  du  monde.  Le  mot 
originaire  dévia  de  son  acception  primitive,  et  il  reparut 
comme  synonyme  de  tapage  tumultueux,  vacarme,  et 
caractérisa  ainsi  les  boucaniers,  faiseurs  de  boucan,  tapa- 
feurs  et  querelleurs.  — '  Voy.  Éotain, 

Après  cela,  oomme  l'étym.  a  des  ressources,  elle  a  fourni 
dans  le  celt.  Bœan,  impudique,  qualification  encore  très- 
applicable  à  ce  genre  de  tapageurs,  et  dans  le  gr.  Bux^, 
instrument  de  tapage  par  excellence,  qui  les  caractérise  aussi. 

Boncarlè,  «.  f,,  n.  pr,  de  rue  et  de  quartier,  qui  signi- 
fiait dans  l'origine  Boucherie,  inscrit  aujourd'hui  sous  le 
nom  fr.  de  Bouquerie. 

Dans  les  premiers  temps  de  l'émancipation  des  com- 
munes, les  différentes  corporations  des  arts  et  métiers  adq>- 
taient  des  rues  et  des  quartiers  particuliers,  soit  par  ordre 
de  leurs  syndics,  soit  que  l'autorité  consulaire  voulût 
détruire  tout  privilège  de  quartier  en  obligeant  tous  les 
explmtants  d'une  même  industrie  à  s'établir  dans  une 
même  rue.  —  Voy.  Fabrariè,  Fruekarié,  Pêiroulariè, 
Sabatarié,  THuariè,  etc. 

Souquariè,  dérivant  de  bou,  bouc,  boearia,  dans  la  basa, 
lat.,  désigne  le  lieu  où  l'on  tuait  les  boucs  et  où  Ton  en 
préparait  la  chair,  où  l'on  tenait  boutique  pour  la  vendre. 
Or  il  semble  extraordinaire  que  la  viande  des  boucs  et  des 
diéTFes  fût  le  principal  objet  du  commerce  des  boucheries; 
«pendant  le  doute  est  difficile  quand  on  se  rend  compte 
dçs  mots  boucher  et  boucherie,  et  quand  on  trouve  dans  la 
charte  d'Alais  de  l'année  4200,  écrite  en  Ungue  vulgaire, 
ce  curieux  passage  : 

£t  mmmadament  dUem  que  en  earrelras  publigas  o  em 
plas*ai  H  boguier  o  U  aitre  maselier  lo  sanc  delz  boez  non 
jÉttm  Ni  êicampoH,  ni  la»  butladeu  o  attras  causas  pudenz, 
ni  aueUon  Un  boex  empUusas  ;  e  aixo  vedam  a  totz  homes, 

c  Noos  défendons  expressément  aux  bouchers  de  jeter  ni 
répandre  le  sang  des  boucs  dans  les  rues  publiques  ou  sur 
les  places,  non  plus  que  les  intestins  ou  autre  chose  fétide, 
qu'Us  ne  puissent  non  plus  égorger  les  boucs  sur  les  places; 
et  œd  nous  le  défendons  à  tout  le  monde.  » 


n  paraîtrait  cependant  qu'au  moyen  âge  il  existait  deux 
sortes  de  bouchers,  les  uns  dits  boquiers,  les  autres majeftèfv» 
du  lat.  maeeUarhts.  Sauvages  nous  dit  que  ce  dernier  nom 
appartient  à  un  autre  dialecte.  Néanmoins  dans  la  charte 
de  4S00  nous  voyons  les  deux  noms  en  usage  à  Alab,  en 
rappro  chant  l'article  que  nous  venons  de  dter  de  celui-ci  : 

Esi  ablen  que  tuit  U  masellier  vna  vegada  en  lan  jwrvm, 
sobrelz  quatre  evangeiis  de  Deu  queul  masel  dejftra  la  vUa 
daUst  lur  etient  en  aleuna  gulsa  cam  de  moria  ni  poirida 
o  dalira  guisa  mortalz  non  vendran  ;  eant  ^vtrre  vendran 
o  aret  o  troia  digon  o  al  eomprador,  iasia  aisso  gué  Hou  H  o 
demant  ;  de  feda  si  hmn  non  U  a  demanda  non  son  tengut 
de  dire  nomnadamenz,  Creissem  que  las  eamz  mm  «ion  ten- 
gudas  en  aigo,  en  aiei  que  las  vendant  polrldas  per  bernas  ; 
e  si  en  centra  aiso  fusion  H  seinnor  metan  lur  pena, 

c  Nous  ordonnons  que  tous  les  bouchers,  une  fois  par  an, 
jurent  sur  les  quatre  Evangiles  de  Dieu,  que  dans  la  bou- 
cherie ou  dans  la  ville  ils  ne  vendront  sciemment  aucunes 
viandes  passées,  ni  pourries,  ni  provenant  de  bétes  mortes 
de  maladie.  Quand  ils  vendront  verrat,  bélier  ou  truie,  ils 
devront  en  prévenir  les  acheteurs,  même  sans  qu'on  leur 
demande;  s'il  s'agit  de  brebis,  ils  ne  seront  tenus  de  le 
dire  qu'en  tant  qu'ils  en  seront  requis  expressément.  Nous 
ajoutons  qu'ils  ne  tiendront  point  les  viandes  dans  l'eau 
afin  de  vendre  ainsi  pour  bonnes  celles  qui  serairat  pour- 
ries, et  s'ils  se  mettent  en  contravention  ils  seront  punis 
par  leurs  seigneurs.  » 

Il  existait  donc  des  états  distincts  et  par  le  genre  de 
leur  commerce,  et  par  le  quartier  de  leur  réunion  en  ccm- 
firérie,  puisqu'à  Alais  il  y  avait  une  rue  appelée  Boueariè, 
et  une  autre  nommée  Masèl-mèl,  Il  faudrait  en  conclure 
que  les  boquiers,  bouchers,  ne  vendaient  que  de  la  chair  de 
bouc,  chèvre  et  chevreau,  qui  était  sans  doute  plus  estimée 
que  de  nos  joun,  et  les  mas^iers  toute  autre  espèce  de 
viande,  comme  mouton  et  pore. 

On  pourrait  tirer  une  autre  induction  du  rapprochement 
de  nos  deux  citations.  On  y  voit  qu'il  est  défendu  aux 
bouchers  d'égorger  les  boucs  dans  les  rues  et  places  et  d'y 
jeter  le  sang  ;  mais  on  ne  retrouve  pas  la  même  prohibi- 
tion laite  aux  masriiers  pour  les  béliers,  verrats  ou  truies. 
D'où  on  pourrait  penser,  à  notre  avis,  que  les  boquiers 
égorgeaient  tontes  sortes  de  bètes  comprises  dans  l'expres- 
sion générique  bouos,  et  que  les  maseliers  n'étaient  que  des 
espèces  de  revendeurs  de  viande  de  basse  qualité,  qu'ils 
auraient  achetée  des  particuliers  ou  des  gens  de  la  cam- 
pagne. Ce  qui  confirme  cette  idée,  c'est  leur  serment  de  ne 
pas  vendre,  à  leur  escient,  de  la  viande  de  bêtes  mortes  ; 
il  est  évident  que,  s'ils  avaient  égorgé  eux-mêmes,  ils 
n'auraient  pu  être  dans  le  doute  si  leur  viande  appartenait 
ou  (non  à  mie  bête  morte.  Une  seconde  considération,  qui 
corrobore  cette  idée,  est  puisée  dans  l'étym.  de  maselier: 
maeellarius  signifie  moins  boucher  que  marchand  de 
viande;  en  outre  maeeUum  signifie  halle,  étalage  de  den- 
rées, étal  de  boucher;  enfin  maeéllus  est  le  dim.  de  maeer. 


iS 


1^ 


BOO 


BOO 


m&îgre.  06  tout  cela  on  pourrait  oondnre  que  le  ma$elier 
n'éUdt  que  le  revendeur,  Tètalagiste  de  viandes  maigres, 
de  moindre  qualité,  et  destinées  à  la  classe  la  plos  pauvre  ; 
les  boquien,  bouchers,  étaient  au  contraire  à  peu  près  ce 
qu'ils  sont  de  nos  jours . 

Bottcara,  udOi  adj.  Péj.  Bouearudas.  Lippu  ;  qui  a  de 
grosses  lèvres.  Ce  mot,  qui  n*est  plus  dans  le  dialecte,  est 
resté  nom  pr.  d'homme. 

Boucha,  V.  Tirer  une  boule,  débuter  une  boule  ;  terme 
du  jeu  de  boules.  On  lance  de  loin  pour  cet  effet  une  boule 
contre  celle  qu'on  veut  débuter,  éloigner  du  but^  si  elles 
sont  d'un  poids  égal  et  qu'on  tire  juste,  la  boule  lancée 
perd  tout  mouvement  et  le  communique  à  l'autre,  qui  part 
au  loin,  tandis  que  la  première  occupe  exactement  la  place 
qu'elle  a  usurpée,  par  droit  d'adresse  :  c'est  ce  qu'on 
appelle  :  Hran  plaço,  qui  s'emploie  aussi  au  fig.  —  Voy, 
Tira. 

Moucha  ne  se  dit  au  sens  de  houehsr  (iapa)  qu'au  part. 
pa^.  et  figurât.  ;  é«  hovucha,  il  est  bouché,  il  a  l'intellect 
fort  obtus. 

Dér.  de  Bocho. 

Bonchar,  ardo,  adj,  Dim.  Bouchardé,  péj.  Bouchar- 
dag.  Sale;  malpropre;  barbouillé  au  visage;  mouton 
marqué  de  noir  ou  de  brun  sur  le  museau  ;  un  bœuf  ou 
U)  muleti  portant  au  museau  une  couleur  noire  ou  diffé- 
rente de  celle  du  corps,  reçoivent  aussi  cette  dénomina- 
tion. 

Dér.  de  BauchQ,  ou  de  bouquo. 

BoncbardiÎDi  <.  ^  Saleté;  malpropreté;  crasse  sur  la 
figure. 

Joocharièt  «.  /.  Boucherie;  abattoir  public;  boutique 
où  l'on  vend  de  la  viande.  —  Voy,  Boucariè. 

Bouché,  $.  m,,  au  fém.  Bouchèiro,  dim.  Bouehèïroù. 
Boucher.  —  Voy,  Boucariè, 

Boachin-Cabro,  «.  m.  Barbe-bouc,  salsifis  des  prés,  à 
fleur  jaune,  Trapopogon  pratense,  Linn.,  de  la  fam.  des 
Composées  chicoracées.  Les  gamins  sont  très-friands  au 
printemps  de  cette  plante  dont  ils  sucent  chaque  jointure 
au  ncQud  de  sa  tige,  qui  a  un  goût  douçÀtre. 

Dér.  du  lat.  Barbula-Mrci,  d'où  bouchin-barbo,  et  la 
oorrup.  ^oucJitfi-co^ro.  En  ital.  Barba-di-becco  ;  en  esp. 
Barba-do^abron» 

^onchi-tè  I  irUery.  Cri  ou  plutôt  commandement  adressé 
k  la  chèvre.  Il  équivaut  à  Halte-là!  et  s'emploie  lorsque  cet 
animal  se  dresse  contre  un  arbre  pour  le  brouter,  ou  quand 
il  prend  quelque  direction  dangereuse.  Comme  cet  appel 
est  toij^ours  accompagné  d'un  coup  de  pierre,  ranimai  ne 
se  trompe  guère  sur  sa  signification. 

Dér.  de  Boueho, 

Boucho,  «.  f.  Dim.  BouchUo;  péj.  Bouchauo.  Chèvre. 
[Voy.  Cabro.)  Boueho  est  le  fém.  de  Boue,  et  l'ancien  nom 
de  la  chèvre  en  langue  d'Oe. 

Boocouran,  s.  m,,  nom  pr.  de  lieu,  fioucoiraui  com- 
mune du  canton  de  Lédignan,  arrondissement  d'Alais,  sur 


la  roulé  de  Nimes  à  Âlais,  et  sur  le  chemin  de  fer  qui 
traverse  sous  un  tunnel  le  rocher  que  domine  son  vieux 
cMteau. 

Sauvages  le  fait  dériver  de  deux  mots  gr.,  Bot}«,  boeuf  et 
Ko?po(,  porc.  On  pourrait  trouver  une  autre  racine  qui 
paraîtrait  s'accommoder  davantage  aux  allures  du  payé. 
Rarement  on  a  emprunté  chez  les  Grecs  pour  formuler  le 
nom  des  bourgs  qui  se  fondaient  dans  lés  Gaules,  excepté 
peut-être  pour  quelques-uns  qui  pourraient  remonter  à  la 
colonisation  phocéenne.  Il  est  plus  naturel  de  supposer 
qu'on  a  pris  dans  l'idiome  vulgaire,  surtout  alors  que  les 
racines  s'en  présentent  si  aisément  dans  deux  mots  de  l'an- 
cien comme  du  nouveau  languedocien  :  bou  ou  boue,  qui 
signifie  bouc,  et  outre,  outre  de  bouc.  La  désinence  an, 
qui  est  la  traduction  littérale  du  lat.  anus,  anum,  dérivée 
du  suf&xe  celt.,  signe  de  la  descendance,  de  la  propriété, 
de  la  provenance,  indique  le  sens  et  la  siçùficatlon  à  don*» 
ner  au  mot  qui  lui  est  attaché  ;  ici  Boue-ouïr-an  veut  dire: 
lieu  des  outres  de  bouc,  où  Ton  fabrique  des  outres  de 
bouc.  —  Voy,  l'article  Argue,  et  An,  suff. 

Sauvages  a  commis  une  erreur  en  écrivant  à  la  française 
le  prétendu  Côirot  venant  du  gr.  Le  mot  porc  se  dit  bien 
eôiro$;  mais  en  gr.  l'orthographe  veut  qu'on  mette  Xoîpoc 
par  un  X  et  non  KoX^ç,  par  un  K:  différence  qui  détermina 
le  sens.  Dans  le  mot  Boucouiran,  d'ailleurs,  pas  la  moindre 
trace  du  ch,  qui  aurait  été  conservé,  si  la  version  de  notre 
savant  lexicographe  eût  été  admissible. 

Boadélla,  v.  S'enfler;  se  gonfler;  se  boursoufQer. — 
Aquà  fax  bjudéfla  la*  bouquet,  cela  fait  enfler  les  lèvres. 
Las  figos  boudéflou,  les  figues  commencent  à  tourner  en 
maturité;  elles  se  gonflent. 

Boudéfle,  éflo,  adj.  Péjor.  Boudéflas,  asso.  Enflé; 
gonflé;  boufB;  boursoufllé;  gros.  Au  prop.  et  au  fig. 

Boudifla,  V.  S'enfler;  former  des  vessies,  des  clodies, 
des  ampoules  ;  enlever.  —  Moun  dé  beudiflo,  mon  doigt 
s'enfle  ;  il  me  vient  au  doigt  une  ampoule,  une  cloche. 

BoudiUo,    s.  f.  Dim.   Boudifléto,  péjor.   Boudifiiuào, 
Vessie  urinaire;  vessie  de  porc,  qu'on  conserve  gonflée  de 
vent  pour  l'appliquer  comme  dessiccalif;  cloche;  ampoule; 
ëlëvures  sur  la  peau;  bulles  formées  par  de  grosses  gouttes 
de  pluie  en  tombant  dans  l'eau. 

Dér.  comme  les  précédents,  du  celt.  Boi,  crapaud,  bas», 
lat.  botta,  en  ital.  bodda  ;  et  du  lat.  inflare,  flare  irt,  souf* 
fier  dans. 

Bondignièiro,  s.  f.  Boudinière;  charcutière  qui  vm 
dans  les  maisons  particulières  faire  l'assaisonnement  des 
viandes  salées  de  porc,  qu'il  est  d'usage  d'égorger  pour  la 
provision  de  l'année. 

Dér.  de  Boudin. 

Boudin,  s.  m.  Boudin,  boyau  rempli  d'un  mélange  de 
sang  de  porc,  d'herbes  et  de  graisse.  —  JVbtii  pourtan  peu 
dé  boudin,  nous  n'en  sommes  pas  aux  civilités  ensemble  ; 
nous  sommes  brouillés;  il  y  a  des  motiis  dlnimitié  entce 
nous.  Cette  loc.  prvb.  est  fondée  sur  l'usage  local  qui  veuf 


pou 


BOU 


123 


que  loiwfa'tn  ^orge  nn  porc»  ce  qui  a  lieu  ôèjû»  chaque 
maison  de  paysan  et  presque  dans  toutes  les  femilles  bour- 
geoises, on  envoie  un  plat  de  boudin  à  ses  parents,  à  ses 
amis  et  à  tous  ceux  auxquels  on  veut  témoigner  affection 
on  reconnaissance.  Aqud't  da  eoumo  dé  boudin,  c'est  clair 
eomme  la  bouteille  à  Tencre;  tout  cela  est  fort  obscur. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  BottUus  ou  boMus, 

Bon-Dion I  interj\  Bon-Dieu!  exclam,  de  surprise, 
d'êtonnement,  qu*on  place  à  tout  propos,  et  qui  survient  un 
peu  partout,  au  commencement,  au  milieu  ou  à  la  fin 
d'une  phrase.  —  Bou-Diou  /  qu'éi  bH,  Bon  Dieu }  qull  est 
grand.  Di  ^  tx)u/ét  faïre,  Bou-Dtou/  Que  voulez-vous 
faire,  grand  Dieu  ! 

Altération  de  Bo,  bon  ;  euphoaiquement  traduit  en  bou. 

Bondoli,  $,  m.  Petit  homme;  bout  d*homme;  nabot; 
«liant  gros  et  ôourt,  replet  et  joufllu. 

Dur.  de  Bou,  bout,  et  oii,  huile,  comme  terme  de  corn- 
paniaon  à  une  outre  à  huile,  qui  a  les  mêmes  dimensions 
et  nue  sorte  de  ressemblance  de  conformation. 

Bondonfle,  «.  m.  Péj.  Boudouftat.  Gros-bouffi;  gros 
joufflu  on  pansu  ;  bouffe-la-balle,  dans  Fargpt  populaîïe. 

Ce  mot  est  synonyme  de  Boudéfit,  proche  parent  de  bon» 
deii,  descendant  plus  ou  moins  direct  de  boudiflo  pour 
Tétym. 

Bondengna,  v.  S'élever;  s*enfler;  grossir.  La  difl&renoe 
avec  Boudifla,  est  que  renfiure  exprimée  par  ce  dernier 
est  censée  remplie  d'eau  ou  d*air;  dsms  celui-d  l'enflure  est 
produite  par  une  contuâon,  d*oû  résulte  une  bosse,  une 
Jtàgne,  en  v.  fr. 

Dér.  de  Boudougno, 

Bondongno,  «.  f.  Dim.  Boudougniio,  péjor.  Boudsu- 
puuMo,  Bosse,  enflure,  bigne,  produites  par  un  coup,  par 
une  ocmtusion  ou  par  l'engorgement  d'une  glande  ;  loupe, 
tumeor,  excroissance  charnue. — ^D  vient  de  pareilles  tumeurs 
à  certains  arbres,  au  chêne  et  au  châtaignier  principale- 
ment. 

Parait  un  augm.  de  Bougno.  —  f.  c.  m. 

Dér.  du  p.  Bouv6c,  élévation. 

Bondonsqno,  «.  f.  Epiderme  de  certams  légumes;  éc^e,' 
éooree,  coque  de  certains  fruits  ;  pellicule  qui  reste  sou- 
vent adhérente  dans  les  rugosités  de  la  châtaigne- sèche  ou 
blanchie;  efilorescence  du  vin  en  bouteille;  dépôt  de  lie 
au  fond  d'un  vase  ;  édaboussure  de  boue.  —  Manqua  pai 
boudùuiquo  din  tout  aqiid,  toute  cette  affiure  est  bien 
sale. 

Dér.  peut-être  du  gr.  B^p6opo<,  bourbe. 

Bondronn,  i .  m.  Terme  de  maçon.  Bigue  de  bois  qui  sert  à 
soutenir  les  planches  d'un  échafaudage,  soit  lorsqu'elle  est 
posée  transversalement  aux  poutres  principales,  soit  lors- 
qu'elle s'enfonce  dans  l'épaisseur  dei  murs,  ce  qui  arrive 
lorsqu'on  est  parvenu  à  une  élévation  telle  qu'on  ne  peut 
plus  échafauder  ni  sur  des  poutres  maltresses,  ni  sur  des 
étançons. 

Formé  de  Bou^é-^oun. 


Bondnfo,  s.  /.  Toupie,  sabot,  bourdat  ;  jouet  d'enfant. 
—  Voy.  BAoudufo, 

Bonésale,  f .  m.  Charpente  d'un  couvert  ;  boiserie, 
ouvrage  de  menuiserie  ;  boisage,  tout  le  bois  dont  on  s'est 
servi  pour  boiser  ;  parquetage. 

Dér.  de  Bo$. 

Bonfa,  V.  Souffler;  être  essoufflé  ;  siffler;  refuser  avec 
dédain  ;  manger  avec  avidité,  avec  excès  ;  dévorer.  — 
Boufa  eoumo  un  lètrou,  souffler  comme  un  lézard,  souffler 
de  fatigue;  le  lézard,  quand  il  est  aux  abois,  rend  une 
espèce  de  son  comme  le  vent  d'un  soufflet.  Laï$$as  un  pâou 
boufa  à  la  mountado,  donnez  le  temps  de  souffler  à  la 
montée.  Mé  boufè  d'uno  ïègo,  il  repoussa  au  loin  mes  pro- 
positions. Vn  pâoun  diable  tout  lou  boufo,  un  pauvre 
hère  est  mal  accudlli  partout.  L'Aouro  boufo,  le  vent 
souffle.  Aguè  lèou  boufa  tout  soun  fâoure,  il  eut  bientôt 
dévoré  sa  fortune.  Boufès  pas,  ne  souffle  pas;  chut! 
silence! 

Onomatopée  du  bruit  qu'on  fait  en  soufflant  ;  en  allem. 
on  dit  puffm,  gonfler  les  joues  pour  souffler.  L'étym.  peut 
'  s'^liqner  à  un  homme  qui  est  essoi^é,  ou  qui  se  gorge 
la  bouche  en  mangeant  avidement. 

Bonlidre,  s.  m.  Gomfre;  gros  mangeur;  vorace;  au 
flg.  prodigue,  mangeur. 

Dér.  de  Boufa. 

Bontar  (6ran)«  t.  m.  Boufflird,  maltre-soufflenr  dans 
une  verrerie,  celui  qui  souffle  les  grands  vaisseaux,  tels 
que  dames-jeannes,  sdambics,  matras. 

Dér.  de  Boufa. 

Bonlarèl  (An]on-),  f.  m.  Ange  bouffi,  gros  bouffi,  par 
comparaison  aux  têtes  d'anges  isolées  qui  sont  toujours 
joufflues,  et  aux  figures  du  vent,  que  les  peintres  repré- 
sentent comme  les  têtes  d'anges  et  que  le  peuple  confond 
avec  elles.  —  Sémblo  un  anjou-boufaràl,  il  ressemble  â  nn 
ange  bouffi. 

Dér.  de  Boufa. 

Bonfé,  «.  m.  Dim.  Bottfétoà.  EnÊmt  joufflu  et  nabot; 
gros  petit  joufflu  ;  fort  ressemblant  au  bôudoii. 

Dér.  de  Boufa, 

Bonfèlo,  s.  m.;  au  fém.  Bouf&isMo.  Dite.  Bottfêhà. 
Gros-enflé;  gros  bouffe-la-balle,  surnom  familier  que  l'on 
donne  aux  hommes  d^m  embonpoint  excessif.  Le  dimîn. 
ne  s'applique  pas  à  un  homme  moins  gros  que  le  premier, 
mais  d'ordinaire  au  fils  de  celui  qui  est  surnommé  Boufèh, 
quelle  que  soit  d'ailleurs  sa  constitution;  de  mêmepoior 
le  fém.  Bouf&éiso.  Cet  usage  de  faire  participer  les  femmes 
0t  les  enfants  aux  sobriquets  de  leur  mari  et  de  leur  péto 
est  trèsfréquent  chez  le  peuple,  surtout  chez  cehd  en 
communes  rurales. 

Dér.  de  Boufa  ou  de  boudifla. 

Bonfés,  s.  m.  plur.  IMm.  Boufêté»;  p^r.  B&ufékmes. 
Soufflet  à  feu,  instrument  pour  soutier. 

Dér.  de  Boufà. 

BottUga,  v.  Se  boursoiffler;  se  convrir  d'ampoules; 


134 


BOU 


BOtJ 


ii*èl6ver  en  postules,  ea  vessies,  avec  inflammatioD,  telles 
qoe  les  produisent  les  piqdresd^abeiHes,  de  moacherons,  et 
le  frottement  des  orties,  ou  les  brûlures. 

Dér.  de  Boufa. 

Booiigo,  <.  f.  Dim.  Boufiguéio,  péjor.  Bou^a$»o.  Vessie  ; 
cloche;  ampoule;  pustule;  échauboulure  ;  boursouflure. 

Dér.  de  Boufa,  boufiga. 

BoqIo,  <.  f.  Balle  du  blé;  gousse  ou  pellicules  des 
l^umes. 

Dér.  de  Boufa, 

BoqIo,  adj.  fém.,  inusité  au  masc.  Boufe.  Creuse  ;  ver- 
moulue; stérile,  appliqué  à  une  femme.  —  Ko$e  boufo,  noix 
vide,  qui  chante  creux,  parce  que  l'amande  est  desséchée. 
Finno  boufo,  femme  stérile. 

Dér.  de  Boufa, 

Bonlo-fiô,  $.  m.  Petit  bonhomme  ;  enfant  chétif  et  petit, 
toujours  au  coin  du  feu  ;  gratte-cendre  :  le  pendant  au 
masc.  de  Cendhllon. 

Bonio-la-balo,  $,  m.  Bouffe-la-balle.  Il  a  beaucoup  de 
rapport  avec  BoufHo;  seulement  celui-ci  exprime  plus 
particulièrement  l'embonpoint  de  la  figure,  de  grosses  joues 
et  une  petite  bouche;  celui-là  est  instantané  d'application 
et  ne  sert  jamais  de  sobriquet.  Le  fr.  d'argot  pop.  et  fam. 
dit  bouffe-la-balle,  qu'il  parait  avoir  emprunté  au  lang.  ; 
car  que  signifie  en  fr.  le  mot  bouffe  T  tandis  que  boufo, 
3"*  pers.  indic.  prés,  du  v.  Boufa,  indique  quelqu'un  qui 
souffle  et  qui,  pour  ce  faire,  enfle  ses  joues. 

Bonfonn,  <.  m.  Bouffon;  plaisantin;  gaudriole nr  ;  facé- 
tieux ;  farceur;  goguenard.  —  Boufoun  eoumo  un  eéndriè, 
\oc  prvb.,mot  à  mot  :  bouffon,  plaisant,  farceur  comme 
un  cendrier.  Voilà  un  de  ces  dictons  capable  de  déjouer  les 
plus  subtiles  et  les  plus  sagaces  explications.  Est-ce  une 
antiphrase?  c'est  probable,  car  on  ne  dit  cela  que  de  quel- 
qu'un passablement  refi\)gné,  nullement  rieur  ou  qui  plai- 
sante à  la  façon  des  fossoyeurs  d'Hamlet.  Mais  le  cendrier 
est-il  Tembltaie  de  la  tristesse,  l'image  de  la  morosité  ? 
peut-être;  surtout  lorsqu'on  se  le  représente  avec  ses  débris 
de  charbon  noirci  et  sa  couleur  grise,  sans  étincelles,  sans 
flamme*  Puis  n'est-ce  pas  da  cendres  qu'on  se  couvrait 
dans  les  jours  de  deuil  ;  et  le  premier  mercredi  du  Garé  me, 
le  Mêmtnio  hamo,  avec  ses  cendres,  ne  vient-il  pas  rappeler 
les  pensées  graves  et  solennelles  de  notre  néant  T  La  locu- 
tion peut  avoir  été  créée  par  toutes  ces  comparaisons.  Le 
ooQtraste  serait  parfait.  Le  fr.  a  dans  le  même  sens  :  gai 
comme  les  portes  d'une  prison.  Les  deux  phrases,  en  lang. 
et  en  fr.,  veulent  dire  ;  aussi  peu  gai  que  possible,  ce  qui 
approche  beaucoup  de  triste,  et  le  dépasse  souvent  quand 
il  s'y  mêle  ànt  soit  peu  d'ironie.  Donc  contre-vérité. 

Boufoun,  comme  son  correspondant  fr.  et  l'ital.  buffb, 
vient  du  nom  des  anciens  bouffons  de  cour,  dont  le  premier 
emploi  a  été  celui  de  grimacier;  la  principale  de  leurs  gri- 
maces consistait  i  s'enfler  les  joues  et  à  rouler  les  yeux, 
œ  qui  donne  ao  mot  la  même  dérivation  qu'au  verbe 
boufa. 


Bouioima,  v.  Bouffonner;  dire  ou  faire  des  plaisante- 
ries; mais  particulièrement  railler,  amuser  les  autres  aux 
dépens  de  quelqu'un  ;  goguenarder. 

Dér.  de  Boufoun, 

Bonfounado,  s.  f.  Bouffonnerie;  plaisanterie  presque 
toujours  mauvaise  ;  farce  qui  excite  à  rire. 

Dér.  de  Boufoun. 

Bonfonnaire,  aîro,  aif,  Péj.  BoufounoXra$,  Railleur  ; 
mystificateur  ;  mauvais  plaisant. 

Boagéronn,  ouno,  ar(;.  Matois;  luion,  petit  coquin. 
Dimin.  et  lénitif  d'une  expression  plus  énergique  ;  comme 
qui  dirait  en  fr.  d'argot  mitigé  :  un  bigre.  C'est  là  un  de 
ces  mille  mexxo-termineqjiB  le  lang.  emploie  volontiers,  pour 
faire  accorder  ce  qu'il  doit  à  l'énergie  d'une  qualification 
avec  son  respect  pour  la  pudidté  du  langage.  Dans  bougé' 
roun,  du  reste,  l'adoucissement  n'est  pas  seulement  dans 
le  terme,  il  est  aussi  dans  la  pensée  :  il  n'y  a  rien  dlnsol- 
tant  dans  cette  épithète,  et  la  signification  que  nous  lui 
donnons  est  exacte.  Les  Italiens  disent  aussi  en  langage 
trivial  bugiarone,  évidemment  un  dim.  de  bugiardo,  men- 
teur. Il  est  d'autant  plus  probable  que  notre  bougéroun  est 
emprunté  à  l'ital.  que  nous  le  croyons  vulgarisé  chez  nous 
depuis  seulement  que  les  chaudronniers  napolitains,  les 
tabraêaïra$  (F.  c.  m.),  nous  ont  apporté  leur  bugiarotte.  U 
a  été  au  surplus  très-bien  accueilli  comme  lénitif  du  gros 
mot  que  nous  n'écrivons  pas  ici,  et  qui  a  bien  quelques 
autres  variantes,  toutes  en  dimin.  classés  et  usuels. 

Bongnas,  s.  m.  Vieux  tronc  d'arbre  noueux,  tels  que 
ceux  qui  sont  charriés  et  délaissés  par  les  inondations.  Au 
fig.  grosse  et  vilaine  tète. 

Augm.  et  péjor.  de  Bougno, 

Bcmgné,  s.  m.  Débris  noueux  d'un  arbre;  petite 
souche. 

Dimin.  de  Bougno, 

Bongnéto,  «.  f.  Beignet,  sorte  de  pâtisserie  cuite  à  la 
poêle  avec  de  l'huile  ;  tache  produite  par  un  corps  gras. 

Dér.  de  la  même  source  que  l'ital.  Bugna,  tomeor, 
enflure,  parce  que  les  beignets  sont  une  pâte  boarsonf- 
flée. 

Bougno,  t.  f,  Dim.  Bougnéio,  péj.  Bougnauo,  Souche 
d'arbre,  particulièrement  la  partie  noueuse  du  tronc  oà 
sont  attachées  les  racines  ;  bigne;  bosse;  enflure  ;  glande  ; 
contusion;  meurtrissure.  —  Voy,  Boudougno, 

Dér.  de  Tital.  Bugna,  bosse. 

Bom,  «.  m.  Buis,  Buxui  êemper  virmi,  Linn.,  arivie- 
seau  de  la  fam.  des  Euphorbiacées,  commun  dans  nos 
montagnes.  Cet  arbuste,  qui  fournit  un  très-bon  engrais, 
est  fort  en  vénération  dans  le  pays.  On  prétend  qu'il  fome 
un  champ  pour  trois  années,  suivant  ses  divers  degrés  de 
putréfaction  :  il  fume  la  première  année  avec  ses  fléoillee» 
la  seconde  avec  l'écoroe,  la  troisième  avec  le  bois. 

Dér.  du  lat.  Buxui,  dugr.  nuEoc,buis. — Voy.  BonéiiMro, 

Boniargue,  «.  m.,ii.  pr.  de  lieu*BouiUargoes,  eonuBon» 
dans  le  canton  et  l'arroiidiasement  de  Nîmes.  H  est  fait 


BOU 


BOU 


t!» 


meDtkm  de  oe  village  dans  de  vieilles  chartes  sous  le  nom 
de  BoUanktB  et  Bolhaniea,  tfUla  de  Bolhanieû. 

Nous  aurions  à  répéter,  à  propos  de  l'étymologie  de  ce 
nom»  ce  que  nous  avons  dit  dans  l'art.  BaXargue,  {V.  c.  m.) 
Tous  ces  villages  ou  hameaux,  si  nombreux  dans  le  Gard 
et  dans  THérault,  ne  nous  semblent  pas  avoir  eu  nécessai- 
lement  pour  parrains  des  Romains  d*origine  auxquels  on 
attribue  leur  fondation,  sans  autre  preuve  qu'une  ressem- 
blance de  noms  et  sur  une  fausse  interprétation  de  la  finale 
arpu.  Parce  qu'un  Romain  inconnu  se  sera  appelé  Bo/antu, 
qu'un  certain  Vettius  Bolanus  aura  été  consul  avec  Cal- 
pnmius  Piso,  en  Tan  IH  de  Tére  chrétienne  ;  que  même 
Gicéron  aura  eu  un  ami  de  ce  nom,  et  qu'il  parle  dans  une 
lettre  à  Quintus,  son  frère,  d'un  domaine  près  de  Rome 
qu'il  nomme  Bouillanus,  ce  n'est  pas  une  raison  pour 
admettre  que  Bouïargue,  BouUlarguet,  Bolhanicœ,  tire  sa 
dénomination  de  cet  illustre  personnage,  non  plus  que  de 
quelqu'un  de  ses  clients  ou  descendants  établi  dans  les 
ea virons  de  la  colonie  nimoise.  Il  est  moins  superbe,  mais 
certainement  plus  sûr,  de  prendre  l'origine  du  nom  dans 
le  lat.  bovilia,  étables  à  bœufs,  de  bos,  bovU,  qui  a  donné 
i  notre  dialecte  Inôou,  bœuf,  bouxê,  bouvier;  au  prov. 
^véou  :  au  roman  bouièreM,  bouvières,  bovières,  terres  lais- 
sées en  jachère  pour  servir  de  p&turage  aux  bœufs.  Ainsi 
on  trouverait  à  ranger  dans  la  même  famille,  comme  l'a 
lait  le  latin,  qui  se  connaissait  en  traduction,  en  les  dési- 
gnant par  le  nom  analogue  Bovilhacum  ou  BovUiacum,  les 
identiques  correspondants  à  Bouïargue,  Bolhanicœ  :  BouU- 
lae  (Aveyron,  Dordogne,  Gironde,  Tam-et-Garonne)  ;  Bouil 
Uu  (Gers,  Lot-et-Garonne]  ;  La  BouUle  (Seine-Inférieure) 
BomtU  (Maine-et-Loire)  ;  BouUly  (Aube)  ;  Bouvine  (Nord) 
Mo9éUe$  (Somme);  Bovee  (Somme);  Bova,  en  Galabre 
même  Bovaea,  dans  la  Colombie  ;  car  la  racine,  la  même 
pour  tous,  est  tirée  du  nom  de  l'animal  le  plus  utile  à 
l'agriculture.  A  Bouiargue,  ce  nom  est  parfaitement  en 
situation. 

Bonîda,  V.  Vider;  faire  écouler  d'un  lieu,  d'un  vaisseau, 
d'un  sac  ce  qui  le  remplit  ;  enlever  ;  ôter;  éloigner . 

Dér.  du  lat.  Viduare. 

Boiûde,  bouido,  adj.  Vide;  qui  ne  contient  rien;  qui 
n'est  rempli  que  d'air. 

Dér.  du  lat.  Viduus  ou  fnduattu. 

Boaién,  énto,  part,  prêt,  du  v,  Bouli.  Bouillant ,  qui 
bout;  an  fig.  qui  a  beaucoup  de  vivacité,  d'ardeur  ;  colé- 
rique; prompt;  violent.  —  Aigo  bouXénto,  de  l'eau  bouil- 
lante. ÂMê-bouïén,  (Foy.  A$e.)  Sé$  trop  bouïén,  vous  êtes 
trop  vif,  trop  pétulant. 

Dér.  de  Bouli. 

Bonîno,  «.  f.  La  gent  bovine,  l'espèce  bovine  *,  viande 
de  bœuf  ou  de  vache.  —  lAngo-bouïno,  —  f.  c.  m. 

Mr.  du  lat.  BovU,  génitif  de  bot, 

Booio-baiuo,  ».  f.  Matelote  à  la  provençale;  espèce  de 
lagoàt  ou  de  potage  que  l'on  fait  avec  du  poisson  bouilli, 
àl'aU. 


Les  étymologistes  provençaux,  les  plus  compétents  pour 
un  mot  qui  leur  appartient,  lui  donnent  une  dérivation 
du  sens  même  des  mots  dont  il  est  formé  :  il  bout,  baisse  ; 
c'est-à-dire  :  descends  la  marmite ,  le  potage  bout.  Et 
servez  chaud  ! 

Bouîoù,  »,  m.  Peson  d'une  balance;  boulon,  contre- 
poids mobile  d'une  romaine. 

Dér.  du  lat.  BuUa. 

Bouioun,  f.  m.  Bouillon;  décoction  de  viandes  ou 
d'herbes;  consommé.  —  Vn  bon  bouïoun,  aqud  remonto, 
un  bon  consommé,  rien  de  mieux  pour  restaurer. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  EhuUium,  fait  du  lat.  buUire,  parce 
que  c'est  par  l'ébullition  qu'il  se  prépare. 

Bouionn-blan,  »,  m.  —  Voy.  Alapa», 

Bomra,  v.  Bourrer,  charger  de  coups;  frapper  quel- 
qu'un à  ccups  redoublés,  comme  Ton  fait  sur  le  corpe 
soufflé  d'un  bœuf  pour  en  détacher  la  peau. 

Dér.  du  gr.  Bouc,  bœuf. 

Boniril,  ».  m.  Ventre  ;  bedaine  ;  grosse  panse;  panse  de 
bœuf. 

Même  étym.  que  Bouïra. 

Bouissèi,  ».  m.  Boisseau,  mesure  de  capacité  qui  con- 
tient le  quart  de  la  carte,  le  huitième  de  l'émine,  le  soixante- 
quatrième  de  la  salmée,  d'après  nos  anciennes  mesures  ; 
en  mesure  métrique,  il  contient  3  litres  4  25.  Il  est  aussi 
mesure  de  superficie  et  vaut  4  are  25  centiares. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Bu»»Mu», 

Bouissièîro,  j.  f.  Terrain  couvert  de  buis  ;  taillis  de 
buis. 

Ce  mot  est  un  nouvel  exemple  de  l'analogie  qui  existe 
entre  les  désinences  celtiques  et  les  finales  latines  et  plus 
tard  romanes,  ou  en  langue  vulgaire  qui  les  traduisait.  Le 
primitif  final  était  certainement  oc  ou  ee,  marque  de  la 
collectivité,  que  le  lat.  a  rendu  par  eium,  et  que  le  lang. 
exprime  par  Uliro  :  beusac,beu»ek,  buxiacum,  forme  celtique; 
bwcetum,  forme  latine  ;  frouVfMÀtro,  forme  languedocienne, 
signifient  également  lieu  couvert  de  buis,  comme  le  fr. 
bussaie,  bussières,  Buxières,  n.  pr.,  et  Bussières  (Seine-et- 
Marne),  Bussiares  (Aisne),  Boussières  (Nord),  Bouxiéres 
(Meurthe).  {Voy.  l'art.  Argue»,  An,  léiro,  etc.,  suff.)  Ces 
aflMtés  sont  les  plus  directes  ;  mais  la  prononciation  de 
l'tt  en  ou,  l'altération  de  la  voyelle  double  elle-même  ou  et 
celle  de  la  voyelle  o  de  bo»,  bois,  les  traductions  employées 
dans  la  bass.  lat.  passées  dans  le  roman  et  enfin  dans  le 
languedocien,  rendent  souvent  très-mal  aisée  l'application 
pour  distinguer  s'il  s'agit  d'un  lieu  couvert  de  bois  ou  seu- 
lement couvert  de  buis.  Il  faut  toujours  citer,  d'après  Sau- 
vages, les  n.  pr.  Boissier,  La  Boiasière,  Montboissier,  etc., 
comme  dérivés  de  bouï,  buis,  qui  a  formé  le  masc.  houîMè 
et  le  fém.  frouVitt^ro.  Il  est  certain  que  dans  notre  dialecte 
la  prononciation  mène  droit  à  cette  étymologie.  H  faut  en 
dire  autant  de  La  BouUtiiiro,  La  Bdssière,- communes  de 
Bez  et  Esparon,  et  communes  de  Malons  et  Elze,  de  i^ouCf- 
rièiro»,  Boissières,  commune  du  canton  de  Sommièros» 


196 


BQU 


BOU 


anondissemeat  de  Nimes,  et  sans  doute  du  nom  de  BouXué, 
Bcisset,  BwMtum,  oommone  du  caaton  d'Andoze,  et 
hameau  de  la  commune  de  Saint-Sébastien.  En  composition, 
BèlMi,  de  la  commune  de  Rochegude,  aeca  Cément  à 
dVet.  On  est  ainsi  conduit  à  trouver  comme  similaires  : 
Boisftières  (Sarth^,  et  peut-être  La  BoiuMré  (Sarthe)»  et 
Boissi  (Seine  et-Oise)  ;  et  même  le  nom  prop.  Bdssy,  avec 
la  désinence  funilière  aux  dialectes  du  Nord,  et  chez  nous 
BoisttO,  .représenté  par  BùtOêêé;  k  moins  toutefois  «{u'ils 
n'aient  été  inspirés  par  le  mot  suiv.  ftotiSMoù,  qui  est  une 
sorte  de  péjor.  venant  encore  de  bout,  et  qui  a  donné 
comme  noms  de  lieu  et  d*bomme  :  BcHsson,  Bouuâoà,  Bois- 
sonade,  Bouïssaunado,  le  BuissoUi  JïoyiioiHim  (Gevaudan). 

—  Vay.  Bof . 

BonÎBSOÙ,  f.  m.  Dim.  Bouts$ounéM  jpéj.  Bouïssounoi. 
Buisson,  en  général;  toute  tou£Eè  d'arbustes  épineux  et 
piquants,  particulièrement  le  prunier  sauvage  ou  prunelier. 

—  Vay.  Âgmnai. 
Dér.  de  Boni'. 

Bouja,  V.  Verser,  répandre  ;  à  proprement  parler,  verser 
d'un  sac  ou  dans  un  sac. 

Bot^a,  se  vider,  rendre  tout  ce  que  l'on  a  dans  le  corps, 
se  dit  iron.  d'une  fille  qui  est  accouchée  depuis  peu.  — 
Yen  dé  lou  houja,  elle  vient  d'accoucher.  En  parlant  d'une 
pluie  torrentielle  :  Xén  hojo  à  plit  ferai,  il  en  tombe  à 
seaux. 

Dér.  de  Bojo, 

Boni,  s.  fli.  Bouillon;  ébullitM»;  action  de  bouillir; 
mouvement  des  bulles  soulevées  ;  bruit  d'un  liquide  qui  bout. 

—  Pria  hu  boul,  il  commence  à  bouillir.  Dine  un  baul 
ofuà  sera  quiè,  dans  un  seul  bouillon  ce  sera  cuit.  F^ou 
foi  gu'im  boîd,  c'est  l'afCdre  d'un  bouillon. 

Dér.  du  lat.  BuUa. 

Bcmlado,  t.  f.  Jet  d'une  boule  au  jeu  de  boules.  -^  Àï 
énearo  vno  boulado ,  il  me  reste  encore  une  boule  à  jouer. 

Dér.  deBoiifo. 

Boulanjariè,  i.  f.  Boulangerie;  profession,  atelier,  bon- 
tique  de  boulanger. 

Dér.  de  Bouku^'è. 

Boulaniè,  i .  m.  Boulanjèlm,  s.  f.  Boulanger,  boulan- 
gère; qui  fait  et  vend  le  pain. 

Dér.  du  lat.  Polm$iariu$,  de  polenia,  farine  de  froment. 

Bonlar.  j.  m.  P^.  Bovdarda»,  Grosse  boule  ;  gobille  plus 
grosse  que  les  antres.  —  Vn  boular  d'équipé,  une  grosse 
yobiUe  pour  jouer  à  ce  jeu  d'en&nt  que  ta  Fare  décrit 
dans  ce  charmant  HoU  dé  SagaHi»  CoêtagnadoM.  —  Foy. 
Boula. 

Augm.  de  Boulo. 

âouldrado,  «•  /.  Crevasse  ;  action  de  crever,  de  se  cre- 
vasser, de  s'entr'ouvrir,  de  répandre  par  là  son  contenu. 
An  fig.  tour  de  maladresse,  sotte  équipée.  Dans  ce  dernier 
sens  ce  mot  pamltrait  n'être  qu'une  altération  de  bàou- 
(irodo, 

Dér.  de  BouUro. 


Bouldro,  s.  f.  Boue  ;  vase  ;  dépôt  de  limon  d'alluvion; 
lie,  crasse,  fèces  que  dépose  un  liquide;  effondrilles  d'un 
bouillon,  d'une  infasion  ;  bourbe.  Bouldro  et  surtout  son 
péjor.  BotUdras,  entraînent  Tidée  d'un  plus  grand  épaissis- 
sement  dans  ces  matières  et  d'un  amas  plus  considérable 
que  la  loudro.  —  F.  c.  m. 

Dér.  du  gr.  B<Sp6opo;,  bourbe. 

Boulé,  «.  m.  Dim.  Boulété,  péj.  Boulétas.  Bolet;  cham- 
pignon; agaric;  fungus;  cryptogame  en  chapiteau.  On 
peut  diviser  en  deux  classes  les  champignons  comestibles 
dont  on  fait  usage  dans  ce  pays,  savoir  :  les  laminés  et  les 
poreux  et  fistuleux.  Dans  la  première  se  rangent  :  lou  dorguê 
fboulé  rouge),  Véwumèl,  lou  eapHan,  lou  souquarèlg  Um 
fnno^;  dans  la  seconde,  l'areialoùs,  la  léngo-bot^no^  Ja 
Mohaiélo  et  la  galinolo.  Il  est  rare  que  chacune  de  ces 
espèces  n'ait  pas  un  analogue  dans  la  classe  des  champi- 
gnons malfaisants.  Les  plus  communs  sont  le  pi$$agàg 
variété  de  Vareialoù$,  et  le  fdou-dorguo  qui  resseq^ble 
beaucoup  à  celui-ci.  —  F.  c.  m. 

Les  principaux  diagnostiques  des  champignons  vénéneux 
se  reconnaissent  :  4«  lorsque  la  cassure  qu'on  fait  au  cha* 
piteau  devient  en  quelques  secondes  d'une  couleur  violacée 
et  livide;  S<» lorsqu'on  les  rompant  il  en  suinte  une  humqur 
laiteuse;  3»  lorsqu'ils  ne  portent  pas  vers  le  milieu  de  leur 
tige  une  sorte  de  collet  ou  de  couronne,  qui  n'çst  au^ 
chose  que  la  membrane  liant  le  chapiteau  au  pédoncule, 
avant  que  cel*û-là  ne  fût  développé;  4<^  lorsque  l'épidenpe 
du  chapiteau  ne  se  détache  pas  nettement  en  ruban,  eo.le 
pinçant  du  bord  au  centre;  5*  lorsque  la  coupole  esit  par- 
semée de  petits  flocons  de  matière  laiteuse  et  spao^ea^. 

Dér.  du  lat.  BoUtui, 

Boulé,  s,  m*  Boulet;  boule  de  fer  dont  on  chaige  ks 
canons. 

Dér.  du  lat.  BuUa.  Dim.  de  Boulo. 

Bouléga*  v.  Bouger;  remuer;  se  remuer;  çbaiiger  de 
place  ;  tant  à  l'actif  qu'au  passif.  —  Vole  pat  j'amaï  ^oii- 
léga  d'a:m  e'ée  pae  vrai,  je  veux  ne  jamais  bouger  d&o^te 
place  si  je  mens.  Boulégi^ei  pas,  ne  bouge  ni  ne  remue. 
Bouléga  lou  véipiè,  remuer  le  gnèpier;  réveiller  le  chien 
qui  dort. 

Dér.  de  Tallem.  Wogen,  voguer,  ou  du  lat.  bulla,  M- 
lam  agere,  pousser,  agiter  une  boule. 

Bouléigadis,  «.  m.  Remue-ménage;  démai^geaisoii  de 
remuer;  frétillement. 

Dér.  de  Bouléga. 

Boulégado,  $.  /.Foule;  troupe;  tas;  fourmilière. 

Dér.  de  Bouléga. 

Boulégaîre,  atro,  a4j\  Dim.  BoulégaXré,  péjor.  Bmdé- 
gaXrae,  Remuant;  frétillant;  qui  s'agite,  qui  reouBUm- 
jours;  mauvais  coucheur. 

Dér.  de  Bouléga, 

Boulégamén,  i. m. Remuement;  mouyemeiUperpâiiel; 
irétillement. 

Dér,  de  Bouléga, 


BfiV 


Bm 


w 


Ikralèfa,  V,  âonfiner;  être  limitrophe  ;  être  contiga  ;  se 
londier,  en  parlant  des  propriétés.  —  ifbut  boîOéfan,  nos 
champs,  nos  propriétés  se  touchent. 

Dêr.  de  Boh. 

Bmilétiètro,  «.  f.  Terre  à  champignons;  proprement, 
champignonnière,  c'est-à-dire  on  endroit  particulier  où  les 
champignons  viennent  de  préférence.  Une  fois  que  cet 
edi^it  est  connu,  on  est  à  peu  près  sûr  d'y  en  trouver  plu- 
sieurs années  de  suite,  jusqu'à  ce  que  le  sol  soit  épuisé.  Gela 
ne  s'ai^que  guère  qu'aux  dorgue$,  aux  arciahiu,  aux 
m^iAbim/  les  autres  espèces  viennent  au  hasard,  ou  bien 
au  pied  des  souches  de  certains  arbres. 

Déf .  de  êaulé. 

Èoiifi,  V.  Bouillir;  s'élever  en  bulles  et  à  bouillons  par 
l'eiêt  de  la  chaleur  ou  de  la  fermentation  ;  fermenter  ou 
cuver,  en  parlant  du  vin. — Aqud  vin  a  prou  b<ndi,  ce  vin 
a  assee  cuvé.  Jfoun  sang  mé  boui,  là  colère  me  fait  monter 
le  sang  au  cerveau,  J'en  ai  la  fièvre.  —  FaHre  b&uli  Vémï- 
néou,  verser  de  très-haut  et  avec  force  le  blé  dans  la 
Dmire,  de  manière  qu'il  n'ait  pas  le  temps  de  s'y  tasser, 
et  qu'il  forme  par  conséquent  une  plus  grande  quantité  de 
vide.  C*est  ce  qu'on  reproche  aux  revendeurs  de  blé  qui 
veôleot  Ihib  maigre  mesure. 

Dér.  du  hit.  BtiUirê,  qui  vient  de  buUa,  bulle,  bouil- 

lOO'. 

Bmril,  t.  m.  Bouilli  ;  viande  bouillie  ou  cuite  dans  l'eau. 
—  Mitre  Um  hoiUï,  mettre  le  pot-au-feu.  Ei  poê  ho  ni  pér 
boÊik  ni  pér  rmuti,  il  n'est  bon  à  rien;  il  n'eel^  bon  m  à 
pSsdre  ni  à  dépendre. 

Mr.  du  lai.  BtUUr». 

BmdidtoÂ,  «.  m.  Tourbillon  dan» l'eau;  bas-fond  qui  se 
lofme  dans  une  rivière  par  le  tournoiement  des  eaux  causé 
pur  la  rencontre  de  deux  courants,  ou  d'un  rocher  qui 
l'ébfige  &  changer  de  direction,  ou  encore  par  des  ouvrages 
d*Ariqiâ  ont  le  même  e£Est.  C'est  également  toute  espèce 
ds  vaisseau  supplémentaire  dans  lequel  on  fait  cuver  la 
vsttdànge,  quand  la  grande  cuve  est  insuffisante  ;  celle-ci 
ne  prend  jamais  le  nom  de  bouUdait,  qui  est  un  dimin. 

Mr.  deBotia. 

Boulnado,  s.  f.  ^m»  BoulnadétOp  péjor.  BofdnadtuMo, 
Proprement,  panse;  la  poche  gastrique  où  se  rencontrent 
tes  àttuams  à  moitié  digérés;  en  général  les  intestins  et  le 
bas-ventre. 

Dér.  du  lat.  BoIuIum,  boyau>  intestin. 

Baiio,  s.  f.  Dim.  MouUto,  augm.  Boular,  boulasMo.  Boule  ; 
bine;  gobiUe;  tout  coips  rond  ;  au  fig.  la  tète.  —  BÔuh 
éré^pè,  aobiUe  d'un  jeu  d'enfant  qui  se  nomme  équipé. 
(?éy.  Boutar.)  Apérdulaboulo,  il  a  perdu  la  tète.  Tïra'no 
kmlo,  terme  du  jeu  de  boule,  viser  à  déloger  une  boule,  la 
dèbuterr  éD  lançant  fortement  la  sienne  conti^  elle.  —  Foy. 
Bocho, 

Ibér.  du  kt.  BuOa. 

Iwdoii»,  t*  m^  Dim,  Boidouni.  Boalon,  cheville  en  fer 
qti  a  une  tèia  tf  un  eéléi  et  de  l'autre  uae-ouverture  où  Toa 


passe  une  clavette  ou  une  mèche  taraudée  qui  est  vissée 
par  un  écrou. 

Boulzes,  s.  m.  plur,  SoufOiet  de  forge  ;  mais  particuliè- 
rement soufdet  double  des  chaudronniers  ambulants,  qui 
consiste  en  une  poche  terminée  par  un  tuyau,  et  qu'on 
élève  et  comprime  successivement  de  chaque  main.  Ce 
genre  de  forge  s'établit  en  plein  vent,  sur  la  première  place 
venue,  en  creusant  une  petite  fosse  de  trois  ou  quatre  pouces 
de  profondeur,  où  viennent  aboutir  les  tuyaux  des  boulzes, 
et  par-dessus  on  place  une  très-petite  quantité  de  charbon 
de  bois. 

Boulxe,  s.  m.  sing.,  est  encore  un  nom  pr.  très-répandu 
dans  le  pays,  dont  le  fém.  est  Boulsésso  et  le  dim. 
Boulxé,  Il  est  rendu  en  fr.  par  Boulze. 

Boum  !  intêrj.  Onomatopée  qui  exprime  le  brnit  sourd 
produit  par  la  chute  d'un  corps  pesant.  —  Voy,  Chinnanano. 

Dér.  du  lat.  Bombus, 

Bonmha,  v.  Battre  ;  frapper  un  coup  sourd  ;  heurter 
avec  force.  —  Boun^o-quiou,  cassen^ul  ;  coup  sourd  qu'on 
se  donne  en  tombant  sur  le  derrière. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Boumbanço,  s.  f.  Bombance;  gala;  grande  et  bonne 
chère;  festin  pompeux. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Pompantia. 

Bonmbarda,  v.  Bombarder;  jeter,  lancer  des  bombes; 
caaonner;  par  ext.  tirer  des  coups  de  fusil,  même  lancer 
des  coups  de  pierre. 

Dér.  de  Boumbo. 

Boombé,  éto,  adj.  Petit  homme  court,  ramassé,  gras- 
somllet,  rondelet,  nabot  tout  rond  de  graisse.  —  Voy. 
Boutnboti,  Coufloti. 

Dér.  de  Boumbo,  arrondi  comme  une  bombe. 

Boumbe,  s.  m.  Augm.  Boumbas.  Bruit  sourd;  celui  que 
fait  un  corps  lourd  en  tombant. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Bonmbl,  v.  Rendre  un  son  sourd  en  tombant  ;  au  fig. 
mourir;  crever.  —  Né  boumbiguèg  il  en  creva. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Boumbo,  i.  f.  Bombe,  gros  boulet  de  fer  creux  qu'on 
remplit  de  poudre  pour  le  faire  éclater.  —  Tira  las  boum- 
bos,  tirer  des  boites  en  signe  de  réjouissance  et  fiiute  de 
canon.  Boumbo,  grosse  femme,  courte  et  replète. 

Dér.  du  lat.  Bombus. 

Boumboti,  s.  m.  —  Voy.  Boumbé,  m.  sign. 

Boumbourido,  s.  f.  Bourdonnement;  ne  s'emploie  qu'au 
fig^  caprice  ;  boutade  ;  transport.  —  Voy.  Grâoule. 

Boomboorina,  v.  Bourdonner,  comme  font  les  taons,  les 
abeilles,  les  hannetons;  au  fig.  murmurer;  marmotter; 
grogner  ;  bougonner  ;  corner  aux  oreilles. 

Dér.  du  lat.  Bombus,  bourdonnement. 

BoumbOQTinéJat  v.  fréq.  de  Boumbourina. 

Boum!»  V.,  ou  Yound.  Vomir;  jeter  par  la  bouche  ca 
qui  était  dans  l'estomao. 

WHé  du  lat.  Vomêt$, 


1)8 


BOU 


Bonnas,  aaso,  adj.  Bonhomme»  trop  bon,  sans  nuilice, 
avec  une  légère  teinte  de  stupidité. 

Angm.  de  So. 

Bonndoù,  <.  m.  Bonde;  bondon;  troa  rond  d'un  ton- 
neaa  par  où  on  le  remplit;  boachon,  tampon  qoi  ferme  ce 
trou.  —  Voudriez  qui  ma  gorjo  êérviguèsse  dé  boundoù,  je 
voudrais  que  mon  gosier  servit  d*entonnoir:  souhait  d'ivro- 
gne. Méire  hu  boundoù,  bondonner. 

Dér.  du  gr.  Buetv,  boucher. 

Bonne,  s,  m.  Dim.  Bounété;  péj.  Baunétas.  Bonnet 
d'homme,  génériquement,  ou  l)onnet  de  femme,  par  em- 
prunt au  fr.  Le  bonnet  de  coton,  qui  est  la  coiffure  habi- 
tuelle de  travail  pour  les  cultivateurs  et  la  plupart  des 
artisans,  se  nomme  particulièrement  bounéto,  ainsi  que  les 
bonnets  de  laine  rouge  ou  brune  des  auvergnats  ou  loze- 
rots.  —  Le  n.  pr.  Bouné,  en  fr.  Bonnet,  est  assez  porté. 

Bouné  signifie  encore  :  bonnet  carré,  bonnet  que  portent 
les  gens  d'église.  —  Un  curé  des  hautes  Gévennes,  qui  fai- 
sait ses  prtoes  en  patois,  dit  un  jour  en  chaire  :  Il  y  aune 
personne  dans  ma  paroisse  qui  scandalise  tout  le  monde 
par  sa  conduite  plus  que  légère  ;  voulez-vous  que  je  vous 
la  nomme,  que  je  la  désigne?  Je  vais  lui  jeter  mon  bonnet 
carré...  Le  geste  ayant  suivi  la  parole,  l'histoire  ajoute  que 
toutes  les  femmes  simultanément  baissèrent  la  tète,  chacune 
ayant  bien  quelque  petite  chose  à  se  reprocher.  Ah  /  fouriè 
bé  dé  bfnméi.  Ah  1  qu'il  faudrait  de  bonnets  carrés,  reprit 
le  malin  curé,  en  voyant  ce  mouvement.  ' 

Un  eo  dé  bmtné,  une  salutation,  un  coup  de  chapeau. 
On  Varapariè  àetu  dé  bouné,  on  le  prendrait  avec  un  cha- 
peau. —  On  croit  vulgairement  qu'un  bonnet  crasseux 
d'homme  calme  les  affections  histériques  d'une  femme, 
quand  on  lui  en  frotte  le  haut  de  la  poitrine  on  qu'on  le 
place  à  nu  sur  son  sein. 

On  n'est  pas  d'accord  sur  l'étym.  :  les  uns  la  tirent  du 
œlt.  Boned,  bonnet  ;  d'autres  de  l'angl.  bonnei;  quelques- 
uns  enfin  du  nom  d'une  espèce  de  drap  dont  on  faisait 
anciennement  les  bonnets. 

Bounôtado,  s.  f.  Coup  de  bonnet;  salutation,  révérence  ; 
salut  du  bonnet. 

Dér.  de  B<ntné. 

Bonnéto,  s.  f,  Dim.  BounHéto,  péj.  BounUoito,  —  Voy. 
Bouné, 

.  Bounta,  t.  f.  Bonté,  qualité  de  quelqu'un  on  de  quelque 
chose  qui  est  bon  ;  obligeance. 

Dér.  du  lat.  BoniUu, 

Bonnto,  t.  f.  Ce  mot  ne  s'emploie  qu'en  se  joignant 
avec  eahro,  ou  en  la  désignant  directement  et  quand  il  est 
déjà  question  d'une  chèvre  dans  la  phrase  :  Vno  bownfo. 
—  Cohro-bounto,  chèvre  franche,  sans  cornes. 

Dans  d'autres  dialectes,  au  lieu  de  bounio,  on  dit  moiOo 
pour  la  même  qualification.  L'étym.  donnée  alors  est  prise 
du  lat.  Mutila  eomubuê,  à  qui  on  a  coupé  les  cornes»  on 
du  gr.  Mf-niXoç,  qui  n'a  pas  de  cornes.  Nous  n'avons  pas 
mouto  :  il  n'y  a  rien  àdire.  Bounto  serait-il  une  altération.? 


BOU 

Ces  deux  mots  ne  paraissent  pas  se  prêter  à  une  commu- 
nauté d'origine.  Mais  pourquoi  le  nôtre  ne  viendrait-il  pas 
aussi  du  gr.  Bouv6c,  mamelle? 

Il  peut  sembler  extraordinaire,  au  premier  ab(Md,  que 
ce  mot  grec,  qui  a  une  acception  générique,  soit  employé 
pour  désigner  adjectivement  une  espèce  particulière  de 
chèvre.  Pour  que  la  déduction  fàt  logique,  il  faudrait  sans 
doute  que  le  radical  étymologique  indiquât  l'absence  de 
cornes.  Cependant  si  on  veut  remarquer  la  manière  dont 
les  langues  se  sont  formées,  il  ne  serait  pent^tre  pas  diffi- 
cile, dans  l'espèce,  de  se  rendre  compte  de  la  possibilité  et 
de  la  justesse  d'une  pareille  racine.  I^ics  divers  dialectes 
méridionaux  ont  puisé  alternativement  dans  la  langue  des 
colons  phocéens  et  dans  celle  des  colons  romains.  Dans  le 
mot  que  nous  étudions,  une  moitié  est  empruntée  au  lat. 
eapra,  cabro;  l'autre  moitié  vient  du  gr.  Bcuv6<,  qui  a  fait 
Bounto,  c'est-à-dire  l'animal  aux  mamelles.  Ces  deux 
idiomes  s'étant  confondus  dans  le  roman  lang.,  il  en  est 
résulté  deux  mots  divers  pour  rendre  l'idée  de  la  chèvre. 
Dès  lors  on  a  bien  pu  profiter  de  cette  richesse  pour  dési- 
gner par  l'un  des  deux  une  espèce  particulière.  Or  la  chèvre 
sans  cornes  parait  le  type  de  l'e^ièoe  ;  la  chèvre  eQcoqiée 
est  l'exception,  puisque,  en  fr.,  on  désigne  la  première 
espèce  par  le  nom  de  chèvre  franche,  an  témoignage  de 
Sauvages,  la  chèvre-type.  On  l'a  aj^lée  dès  Ion  eahrq- 
bounto,  comme  on  dirait  chèvre-chèvre,  et  ct^ro-banmdo, 
la  chèvre  à  cornes. 

Bouqua,  v.,  ou  Boolqua.  Verser  les  blés  ou  les  Um; 
les  coucher,  'ce  qui  est  d'ordinaire  .l'effet  d'une  grosse 
averse,  lorsque  les  blés  et  les  foins  étant  fort  ^mûs  et  fort 
orgueilleux,  les  tiges  en  sont  tendres  et  faciles  à  s'a^e- 
nouiller.  Ce  même  e£fot  est  produit  quand  une  personne  ou 
un  animal  les  foule  en  les  traversant  ou  en  s'y  vautrant. 
'-  S'aquél  bia  se  boufuo,  f-àoura  dé  paio,  si  ce  Ué  vient 
à  être  versé,  la  paille  sera  abondante  cette  année.  Gda 
veut  dire  que  ce  blé  en  herbe  est  bien  maigre,  et  s'il  vient 
à  être  assez  fort,  assez  dru  pour  être  versé,  c'est  une 
preuve  que  tous  les  autres,  qui  sont  de  plus  belle  veQBe« 
réussiront  merveilleusement.  Locution  ironique  pour  expri- 
mer un  champ  de  blé  étiolé  et  dair-semé. 

Dér.  du  lat.  Volvere,  rouler. 

Bouqua,  v.  Terme  de  magnanerie,  couvrir,  féconder  la 
femelle  du  papillon  du  ver  à  soie. 

Dér.  de  Bou,  papillon  mâle. 

Bonqué,  t.  m.  Dim.  Bouquéié,  bouquéioà.  Bouquet* 
réunion  de  fleurs  liées  ensemble;  mais  il  se  dit  plus  com- 
munément d'une  fleur  isolée.  —  Àh/  que  de  bouqué$/  Ah  ! 
que  de  fleurs  1  dira-t-on  en  entrant  dans  un  parterre.  Bm^ 
que  de  pêkros,  pierre  d'attente.  Bouqué  dé  pèout,  une 
mèche  de  cheveux,  un  toupet,  un  flocon  de  cheveux. 

Dér.  de  la  basa.  lat.  Botcêtum. 

Bonqaé,  «.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Bouquet,  commune  dm 
canton  de  Saint-Ambroix,  arrondissement  d'Alais.  G*eit 
le  nom  d'une  montagne  vers  le  nord^t  d'Alais,  Sèn  4i 


BOU 


BOU 


139 


Bouqtié,  an  sommet  de  laquelle,  dit  le  guidon,  on  a  érigé 
récemment  une  statue  colossale  de  la  sainte  Vierge.  L'alti- 
tude de  la  montagne,  au  guidon,  est  de  631  mètres. 

Ce  nom  est  d'évidence  un  dimin.  de  Bob  [V.  c.  m.),  tra- 
duit de  la  bass.  lat.  Bosquetum,  bosee(um,  boschetutn.  Il  a 
pour  analogues  Bousché,  Bouscbet,  communes  de  Ponteils 
et  de  firésis  ;  lou  Boutqué,  le  Bousquet,  hameau  de  la  com- 
mune deSaint-RomansKie-Godiére;  Unu  Bousqués,  les  Bou- 
quets, commune  de  Soudorgaes,  et  les  noms  de  personne 
Bouchet,  Bousquet,  Bosquet,  communs  dans  nos  pays.  Sa 
signif.  indique  la  présence  de  petits  bois,  bu  clair-semés, 
ou  de  médiocre  hauteur. 

Boaqaéto,  «.  f.  Petite  bouche,  bouche  mignonne.  — 
Faire  bonquéio,  faire  la  petite  bouche  ;  ne  manger  ou  ne 
parler  que  du  bout  des  lèvres  ;  faire  le  dédaigneux,  au  fig. 

Dim.  de  Bouquo. 

Boaqao,  s.  f.  Dim.  Bouqitétot  péj.  BouqiMUio,  Bouche, 
partie  inférieure  de  la  tète  par  où  on  parle  et  on  mange  ; 
ouverture.  —  La  bouquo  dé  l'ésiouma,  le  creux  de  Testo- 
mac.  {Voy.  Pcdéto.)  La  bouquo  d'un  four,  la  gueule  d'un 
four.  Bouquo-fino,  un  gourmand,  ou  un  beau  parleur. 

Bouquo  s'emploie  rarement  au  positif  pour  bouche,  qui 
ae  dit  Gorjo.  —  V.  c.  m. 

Las  bouquoe,  les  lèvres. 

Dér.  du  lat.  Bucea. 

Bonra,  v.  Casser  des  pierres  ou  des  rochers  avec  une 
masse  de  carrier  qu'on  appelle  bouro.  Au  fig.  Bourrer; 
frapper  rudement  ;  maltraiter  ;  travailler  avec  assiduité  et 
employer  toute  sa  force.  —  Fôou  boura  aquél  ro,  il  faut 
casser  oe  rocher  à  coups  de  masse.  Nous  bourarén,  nous 
lutterons  ensemble.  Zou/  bouras,  allons,  ferme,  forcez, 
poussez. 

Dér.  de  Bouro,  masse  de  fer. 

Bonra,  v.  Bourrer;  au  prop.  garnir  ou  remplir  de  bourre  ; 
presser  la  charge  d'un  fusil.  * 

Se  boura,  se  bourrer  de  vivres  ;  se  gorger  d'aliments  ; 
prendre  double  fourrure  contre  le  froid;  se  rembourrer,  au  fig. 

Dér.  de  Bouro,  bourre. 

Boura,  v.  Bourgeonner,  se  dit  principalement  de  la 
TÎgne  quand  elle  commence  à  pousser  ses  bourgeons. 

Dér.  de  Boure,  bourgeon. 

Bovrado,  s.  f.  Effort  ;  épaulée  ;  reprise  d'un  travail, 
d*un  ouvrage.  —  F  véou  faire  uno  bourado,  je  vais  don- 
ner encore  un  coup  de  main  à  cet  ouvrage.  T-avèn  fa  ttno 
bratfo  bourado,  nous  avons  donné  un  bon  coup  de  collier. 

Dér.  de  Bouro,  masse  de  fer. 

Booraiè,  t.  m.  Bourrelier,  celui  qui  fait  les  colliers  de 
labour  et  harnais  de  roulage,  parce  qu'il  emploie  beaucoup 
de  bourre  pour  rembourrer. 

Bovrajo,  t.  f.  Bourrache,  Borrago  officinalis ,  Linn. 
Plante  de  la  fam.  des  Borraginées,  diaphonétique  et  bé- 
chiq[ae. 

Dér.  du  lat.  Borrago,  aller,  de  eorago.  Selon  Apulée, 
mot  qui  dans  la  Lithuanie  signifiait  cordial. 


Bonras,  s,  m.  Péj.  Bourassas.  Lie,  boue,  que  dépose 
l'huile  soit  dans  les  fosses  du  pressoir,  soit  au  fond  des  jarres* 

Dér.  du  gr.  B6p6opo(,  boue,  bourbier. 

Bonras,  s.  m,  Péj.  Bourassas.  Etofle  de  laine  grossière; 
bure  ;  grosse  toile  d'étoupe  dont  on  fait  les  sacs  et  draps  de 
la  campagne,  bourén. 

Dér.  de  Bouro,  bourre. 

Boorasso,  s,  f.  Dim.  Bourasséio,  Lange  en  laine  gros- 
sière, espèce  de  bure  dont  on  enveloppe  les  enfants  au 
maillot  par-dessus  le  lange  de  toile,  drapé  ou  drapèl,  et  au- 
dessous  du  lange  de  parade.  —  Eslre  à  la  bourasso,  être  au 
maillot. 

Dér.  de  Bouras. 

Bourbouîado,  s,  f.  Hachis  d'herbes,  ragoût,  fricassée, 
macédoine  composée  de  légumes,  d'herbes  et  de  viande 
hachée,  d'œufs  brouillés,  apprêtés  comme  les  épinards;  plat 
assez  commun  et  qui  n'est  pas  du  goût  de  tout  le  monde. 
—  Vàov,  manja  aquélo  bourbovXado,  dit,  surtout  un  jour 
maigre,  quelqu'un  qui  n'a  qu'un  très-mince  ordinaire. 

Dér.  du  gr.  B6p6opoç,  bourbier. 

Bourbounés,  s,  m.  Au  ^\\a,^Bourbounéses.  Bourbon- 
nais, province  de  France;  habitant  du  Bourbonnais,  qui 
lui  appartient.  On  désigne  ainsi  une  espèce  de  porcs  tout 
blancs  qui  viennent  du  Bourbonnais. 

Boorboussado,  «.  /*.  Guroir  de  l'aiguillon  ;  petit  fer 
plat  en  forme  de  pelle,  au  bout  du  manche  de  l'aiguillon  à 
bœufs,  pour  détacher  la  terre,  les  herbes,  les  ronces  qui 
s'engagent  dans  le  soc  de  la  charrue  en  labourant.  —  Vcy. 
Curéio. 

Dér.  du  gr.  B<Sp6opoç,  boue,  fange. 

Bourdaléso,  s.  f.  Débris  fangeux  de  menu  bois  et  de 
végétaux  de  toute  espèce,  que  les  inondations  déposent 
dans  les  oseraies  et  qui  marquent  le  plus  haut  point  qu'a 
atteint  le  niveau  des  eaux.  —  Voy.  Bourdinchè, 

Ce  mot  parait  directement  issu  de  bordo;  la  place  où 
sont  déposés  ces  débris  sur  les  bords  des  rivières,  la  trace 
qu'ils  laissent  comme  bordure,  pourraient  avoir  aus8| 
influencé  sur  sa  dénomination. 

Bourdas,  s.  m.  Péj.  Bourdassas.  Au  plur.  Bourdasses. 
Rustre  ;  gros  lourdaud.  Epithète  injurieuse  donnée  aux 
montagnards  de  la  Lozère,  parce  qu'ils  voyagent  avec  un 
gros  bâton  nommé  bourdo.  De  là  ce  nom  ;  mais  ne  vien- 
drait-il pas  du  lat.  Burdo  ou  burdus,  mulet  engendré  par 
un  âne? 

Bourde,  s.  f.  Sabot,  espèce  de  toupie  qu'on  fait  tourner 
en  la  frappant  avec  un  fouet.  Ce  mot  n'est  plus  usité  que 
par  comparaison  :  Escarabta  coumo  un  bourde,  vif  comme 
une  toupie. 

Bourdèon,  n.  pr.  de  lieu.  Bordeaux,  ville,  ancienne 
capitale  de  la  Guyenne,  maintenant  chef-lieu  du  départe- 
ment de  la  Gironde. 

Dér.  du  lat.  Burdigala.  Isidore  de  Séville  dit  que  œ  nom 
lui  vient  de  ses  premiers  habitants,  qu'il  appelle  Burgos 
Gallos. 

a 


tso 


BOU 


BOU 


Bonrdéièon,  $.  m.  Bordereau  r&ctore  des  dififôrentes 
*  linaisons  d'une  marchandise  ou  d'one  denrée  vendues. 

Emp.  au  fr. 

Bonrdifaio,  s.  f.  Fétus  et  brins  de  quoi  que  ce  soit  qui 
surnagent  dans  un  liquide  ou  qui  vont  au  fond  ;  brous- 
sailles; rejetons  ravalés  qui  croissent  au  pied  d'un  arbre. 

—  T-a  bé  dé  bourdifoua,  c'est  une  affaire  sale  ou  em- 
brouillée. 

Dér.  de  Bordo. 

Boordiièl,  $,  m.  Péj.  BcudifèUu.  Amas  embrouillé  de 
fils  entrenoués,  de  racines  enchevêtrées. 

Dér.  de  Bordo. 

Bonrdinchè,  #.  m.  Péj.  BaurdindiHTiu.  Débris  fangeux, 

'  détritus  de  bois,  de  racines,  mêlés  de  Iknon,  déposé  dans 

une  cruede  rivière  sur  les  rives  ou  dans  les  oseraies.  — 

—  Yoy.  Bourdaléio. 
Dér.  de  Borda, 

Boordo,  <.  f:J^yBcurda$,  bourdauo.  Bas-bout  noueux 
d'une  souche;  long  bâton  renflé  &  une  extrémité,  qui  se 
termine  par  une  sorte  de  boule,  bougno.  —  Pi-dé-bourdo, 
pied-bot. 

En  V.  fr.  bourde,  bâton  ;  d*où  bourdon,  bâton  de  pèle- 
rin. 

Bourdo,  s.  f.  Bourde  ;  menterie  ;  fausse  nouvelle.  — 
JMnta  dé  àourdoi,  débiter  des  mensonges. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Burda,  mensonge. 

Bonrdouira,  v.  Ravauder  ;  farfouiller  ;  mettre  sens  des- 
sus dessous  ;  fouiller;  retourner  en  tous  sens.  —  Dé  que 
bourdoutreê  pér  aqui?  que  vas-tu  ravauder  là? 

Formé  de  Bordo,  balayures,  débris,  et  de  vira,  ou  de 
hardo,  V.  m.,  maison  des  champs,  et  vira,  tourner  la 
maison. 

Boure,  s.  m.  Dim:  Bouridù.  Bourgeon  qui  commence  à 
pousser  ;  plus  particuifièrement  osil  de  la  vigne.  —  Pouda 
à  bour€  et  bourïoit,  tailler  la  vigne  en  ne  laissant  au  scion 
restant  ipie  deux  bourgeons  ou  deux  yeux.  —  Yoy.  Bow 

Dér.  de  Bouro,  bourre,  parce  que  le  bourgeon,  quand  il 
commence  à  gcmfler,  est  couvert,  entouré  d'une  sorte  de 
duvet  cotonneux. 

Bonré,  êCo,  adjr  Brun,  codeur  de  la  bourre  de  bœuf 
-  ou  de  vache.  —  Virbouré,  vin  blanc  rosé,  clairet  et  dou- 
ceâtre. 

Dér.  de  Bouro,  bourre. 

Bourèio,  «.  f.  Bourrée,  bourrée  d'Auvergne  ;  rigaudon  ; 
'  danse  qui  s'est  efboée  déjà  devant  le  galop  et  la  contre- 
danse, détrénés  eux-mêmes  par  la  polka  et  la  mazurka.  — 
Voff.  Bourigal, 

Bourèl,  f.  m.,  au  fém. \Boiire2o.  Péj.  BourUa».'  Bour; 
têtu;  exécuteur  des  hautes-œuvres;  an  fig.  cruel,  inhur 
main,  iéroce.  — Pagode  bourèl,  paiement  d'avance.  Àvédr^ 
m»  fron  dé  btmrèt,  être  débouté  comme  un  valet  de  bour; 
reau.  Lou  bourHTa  manqua,  c'est-à-dird  il  s'est  échappé 
de  la  corde  qu'il  a  méritée. 


On  n'a  qu'à  choisir  entre  les  diverses  étym.  proposées. 
Ce  mot,  dit-on,  vient  àaceli.borrev;  Gaseneuve  le  tire  du 
gr.  Bop6ç,  qui  dévore:  Gui-Patin,  du  lat.  burrus,  roux, 
parce  que  les  rousseaux  sont  ordinairement  violents  ;  le 
P.  Labbe,  du  v.  fr.  bouehêriau,  petit  boucher  ;  Ménage,  du 
lat.  buccarui,  boucher,  passant  par  buccareilus,  bureUuâ, 
bourèl;  Eusèbe  de  Salverte  et  Roquefort,  du  bourguigncm 
buro,  lance;  Viilaret,  du  nom  d'un  clerc,  possesseur  en 
4260  du  fief  de  Bellem-Gombe,  à  la  charge  de  pendre  les 
voleurs  du  canton.  En  langue  romane  et  en  ital.  on  dit 
boya,  en  bas-breton  bourreo.  J'incline  pour  ce  dernier. 

Bourén,  5.  m.  Dim.  Bourénqué,  péj.  Bourénquas,  Drap 
de  grosse  toile  qui  sert  à  porter  du  foin,  de  la  paille,  etc. 
—  Voy.  Bouras. 

Dér.  de  Bouro. 

Bourétatre,  s.  m.  Au  fém.  Bourétatro.  Gardeur,  ^ar- 
deuse  de  fleuret  et  de  bourre  de  soie.  Us  cardent  les  ^tes 
et  ce  qu'on  appelle  lous  éstrasses  de  cocons  de  filature,  ils 
en  tirent  dans  les  premières  barbes  ce  qu'on  appelle  la  fan- 
taisie, et  du  reste  le  fleuret,  qu'on  nomme  bouréto, 
.  Bonréto,  <.  f.  Fleuret  ou  bourre  de  soie,  provenant  des 
débris  grossiers  des  cocons.  C'est  une  étoffe  qui  fait  un 
très-long  usage,  et  dont  les  femmes  de  la  campagne  étaient 
exclusivement  vêtues,  il  y  a  quelques  années,  excepté  dans 
les  grands  froids.  Aujourd'hui  les  jeunes  filles  ont  des  ten- 
dances marquées  â  s'émanciper  de  la  servitude  de  cette 
mode  antique.  L'étoffe  était  très-solide  â  la  chaîne,  mais-de 
mauvais  teint  et  peu  él^ante  d'ailleurs. 

'Dér.'  de  Bouro,  bourre. 

Bonrgadiè,  ièîro,  j.  et  adj.  Habitant  d'un  bourg,  d'une 
bourgade  ou  gros  village;  plus  généralement,  habitant é'«n 
faubourg  de  ville;  qui  appartient  au  faubourg  d'une  ville. 

Dér.  du  lat.  Burgus. 

Bourgado,  s  f,  Dim.  Bourgadéto.  Bourg,  boufadev 
petit  bourg  ;  faubourg. 

Dér.  du  laU  Burgue. 

Bourgal,  alo,  adj.  Franc,  loyal.  La  firanchise  et  ia 
loyauté  étaient  censées  les  vertus  particulières  aux  boorfeois 
affranchis,  par  comparaison  aux  serfs  de  la  f^èbe,  dont  les 
compliments  et  les  offres  de  service  étaient  entachés  d'une 
arrière-pensée  de  ifervilisme. 

Ce  mot  dérive,  évidemment  de  bourg,  qui  a  (ail-^oiir* 
geois;  l'idée  qu'il  exprime  est  l'honneur  de  la  bour^ 
geoisie. 

Bourgalamén,  adv.  Loyalement;  franchement;  orne- 
ment ;  sans  arrière^nsée;  avec  indépendance.  H  répon- 
dait autrefois  â  bourgeoisement,  qui,  dans  l'aceeptioi^fraii- 
çaise,  comme  subst.et  comme  adv.,  a  bien  dégénéré  de 
notre  temps,  où  bourgeois  est  devenu  une  exprassioD^Hle 
mépris  et  synonyme  de  homme  vulgaire»  sans  etpritrsens 
délicatesse  et  sans  goût. 

Bourges,  «.  m.  Au  fém.  Bourgéeo  :  au  pi.  m.  JleiifféMf. 
Bourgeois^  habitant  d'une  ville,  qui  vil  sans  Irtvaillar;  le 
peuple  entend  par  là  les  riches;  D  signifie  enooie:  fatran» 


BOU 


BOU 


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chef  d*atelier,  dans  le  langage  des  ouvriers;  maître  el  hètos- 
lier,  dans  celui  des  domestiques  ou  des  voyageurs. 

Dér.  du  lat.  Burgus,  bourg. 

Bonrgnoù,  «.  m.  Ruche  à  miel  ;  tronc  d*arbre  creusé, 
caisse  ou  panier  dans  lequel  on  met  les  abeilles. 

Dér.  de  Borgne,  obscur.. 

Boorgougno,  s.  f.  La  Bourgogne,  ancienne  province  de 
France.  —  Pégo  dé  Bourgougno,  importun  qui  s'attache  à 
vous  avec  obstination  et  dont  on  peut  se  débarrasser  plus 
difficilement  que  de  la  poix  de  Bourgogne,  qui  est  la  meil- 
leure et  la  plus  adhérente. 

Dér.  du  lat.  Burgundius. 

Bourgnignoon,  $.  m.  Porc,  cochon.  C'est  là  un  des 
nombreux  déguisements  que  l'urbanité  languedocienne  im- 
pose à  cet  animal  immonde  pour  le  produire  là,  où  il  doit 
da  respect.  Même  alors  n'eât-il  désigné  qu'en  accompagnant 
son  surnom  de  précautions  oratoires,  comme  :  parlan-i-én 
rispè,  parâouloi  pudou  pas.  Elle  fait  de  même,  quand  elle 
parle  du  fumier,  d'un  âne,  etc.  Cet  usage  se  perd  cepen- 
dant, soit  par  le  contact  du  fr.  qui  se  moque  de  ces  locu- 
tions, soit  par  l'extension  des  idées  d'égalité.  —  Voy. 
Laehén,  VéstUdé-sédo. 

Il  est  probable  que  les  premières  races  de  nos  porcs  nous 
sont  venues  de  la  Bourgogne,  ce  qui  leur  a  donné  ce  nom. 

Bonrigal,  $.m.  Dim.  Bourigaïé.  Rigodon,  bourrée,  sorte 
de  danse. 

Dimin.  de  Bourèïo.  —  F.  c.  m. 

Bonril,  t.  m.  Dim.  Bourioit.  Bouchon;  duvet;  coton; 
éraillures  de  fil  qui  dépassent  sur  la  trame  d'une  étoffe, 
qui  la  déprécient  et  qu'il  faut  éplucher  ;  bouchon  ou  caillot 
qui  se  forme  à  un  fil  en  le  filant.  —  Tiro  aquél  bouril  éndé 
tas  défis,  tire-toi  d'embarras  si  tu  peux  ;  dénoue  cette  diffi- 
culté. 

Dira,  de  Bouro. 

Bonrioù,  s.  m.  Petit  bouchon  de  fil  ;  petit  bourgeon  ; 
contre-bourgeon  qui  pousse  à  côté  du  principal  ;  le  plus 
bas  œil  d'un  sarment  de  vigne.  —  Voy.  Boure. 

Dim.  de  Bouril  et  de  boure. 

BonrioÙB,  0U80,  a(/y.  Dim.  Bouriousé;  pé}.  BouH'outof. 
Cotonneux  ;  bouchonné  ;  plein  de  duvets  et  de  bouchons. 

Dér.  de  Boure. 

Boiiri8C[aado,  s.  f.  Dim.  Bourisquadéto,  péj.  Bourisea- 
dasso.  Anerie,  faute  grossière,  ignorance  crasse. 

Dér.  de  Bourisquo 

BoQiisqao,  s.  /*.  Dim.  Bourisquoù,  Bourisquéto,  p^. 
BaurisquoBMo.  Bourrique,  ânesse,  ou  même  Ane  générique- 
ment.  Au  masc.  Bourisqumt,  avec  la  diphthongue  finale 
muette,  ce  qui  le  distingue  de  son  dim.  Bourisquoù  où  elle 
est  accentuée.  —  Voy»  Bourou. 

Bourisquoù,  baudet,  âne;  bourrique  ;  au  ûg.  ignorant  ; 
lourdaud  ;  ignare;  bourrique,  qui  a  aussi  les  deux  accep- 
tions. —  L't  média!  est  long;  il  est  bref  dans  Bourisquod. 

Dér.  du  gr.  Ilô^fiyoç,  roux. 

Loù,  s.  m.  Anon,  bourriquet,  petit  âne.  —  Ea 


nuance  entre  les  diminutifs,  hourisqué,  m.,  houriiquéto,  f., 
et  bourisquoù,  est  seulement  que  celui-ci  est  un  petit  âne 
qui  commence  à  porter  le  bât ,  les  autres  des  ânons  qui 
tètent  encore  leur  mère. 

Bourja,  v.  Fouiller  profondément  la  terre  avec  la  trénk' 
quo,  lou  béohar  ou  lou  coutriè.  —  V.  c.  m. 

Augm.  de  Bouléga. 

Bourjoù,  s.  m.  Tisonnier;  fourgon  pour  aliser  le  feu; 
tout  bâton  de  bois  ou  de  fer,  propre  à  fouiller,  à  remuer. 

Altér.  pour  Fourjoù,  dér.  du  lat.  Furca. 

Bourjouna,  v.,  et  Bourjonnéja,  fréq.  Fourgonner; 
remuer  ;  fouiller  dans  un  trou  avec  les  mains,  un  fer  ou  un 
bâton.  —  Bourjouna  lou  fia,  fourgonner  le  feu,  le  remuer 
avec  les  pincettes  ;  tisonner.  Bourjouna  las  sèrvos,  fouiller 
les  remises  du  poisson  avec  une  perche  pour  le  faire  sortir. 
Déqu'anas  bourjouna  aquï?  qu'allez-vous  farfouiller  là? 

Formé  de  Bourjoù, 

Bourjounaîre,  aîro,  adj.  Remuant,  qui  s'agite,  qui 
fouille  partout  et  sans  cesse. 

Dér.  de  Bourjoù. 

Bonrlis,  s.  m.  Trouble;  confusion;  tumulte;  foule 
agitée. 

Dér.  de  l'ital.  Burlana,  tourbillon. 

Boumal,  s.  m.  Cendrier  d'un  four. 

Il  est  dit  pour  Fournal,  altér.  fréquente  de  F  en  B. 

Boomèl,  s.  m.,  ou  Boomèou.  Dim.  Boumélé,  péj. 
Boumèlas.  Conduit  d'eau  souterrain  ou  extérieur,  en 
plomb,  en  zinc,  en  fonte  ou  en  poterie  ;  tuyau  de  poêle. 

Dér.  du  celt.  Bom,  fontaine. 

Bournlquèl,  èlo,  adj.  Dim.  Boumiquélé,  péj.  Boumi- 
quélas.  Myope;  qui  a  la  vue  basse,  faible,  mauvaise  vue; 
qui  cligne  les  yeux  ;  louche. 

Dim.  de  Borgne. 

Bouro,  «.  f.  Masse  de  fer  montée  sur  un  manche  long  et 
flexible  pour  briser  les  rochers;  masse  de  mineur  ou  de 
carrier  pour  rompre  les  pierres. 

Boaro,  s.  f.  Péj.  Bourasso.  Bourre;  poil  des  animaux; 
duvet  qui  recouvre  certains  fruits  et  certains  végétaux  ; 
bourre  d'un  fusil ,  bouchon  fait  de  bourre  ou  de  papier 
pour  presser  la  charge.  —  Bouro  dé  sédo,  bourre  de  soie. 
Quan-t'On  fa\  mérea  énd'él  féou  toujour  y  laHssa  dé  bouro, 
on  ne  peut  traiter  une  affaire  avec  lui  sans  y  laisser  du 
sien.  Emb'él  fôou  toujour  y  laissa  pèou  ou  bouro,  on  ne 
peut  se  tirer  de  ses  mains  les  braies  nettes.  Fâou  que  la 
bouro  né  sàoute,  il  ne  faut  pas  s'y  épargner  quand  vous 
devriez  y  laisser  de  la  peau.  Tira  pèou»  et  bouro,  tirer  d'une 
affaire,  d'une  spéculation,  tout  ce  qu'il  est  possible  de  lui 
faire  rendre.  Y-a  dé  bouro,  cela  s'entend  sans  qu'on  soit 
obligé  de  compléter  le  dicton  qui  est  :  Y-a  dé  bouro  à  tofiv. 
Pour  le  rendre,  on  trouve  la  phrase  toute  £ûte  :  il  y  a  da 
fil  à  retordre.  En  vérité,  si  Ton  voulait  positivement  et 
sans  velléité  même  d'antiphrase  qui  n'y  est  certainement 
pas,  si  l'on  voulait,  par  une  image,  par  une  comparaison, 
exprimer  une  très-grande  difficulté  à  vaincre,  an  pounait 


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sans  peine  trouver  plus  juste  et  plus  vrai.  En  effet,  rien 
n'est  au  contraire  plus  facile  que  de  tordre,  même  de 
retordre  du  fd  et  de  battre  de  la  boume  comme  de  la  laine. 
Le  français  a  donc  bien  décidément  déraillé,  quoique  les 
chemins  de  fer  ne  fussent  pas  inventés  à  cette  époque  ; 
mais  quUl  s'arrange.  Quant  au  languedocien,  qui  nous  tient 
en  oe  moment  davantage  au  cœur,  il  n*y  aurait  pas  moyen 
non  plus  de  sauver  sa  locution  en  la  prenant  comme  on  la 
dit  et  surtout  comme  on  l'entend  communément,  fl  en  serait 
tout  autrement  si,  au  lieu  de  battre,  il  y  avait  comme  dans 
le  français  et  plus  ^  propos  que  chez  lui  tordre  ou  filer; 
car  le  poil  si'court  de  la  bourre  se  prêterait  difficilement  à 
cette  op'^ration.  Il  n'est  pas  impossible  que  notre  dicton  soit 
parti  de  là  pour  arriver  où  il  est,  par  une  oblitération  quel- 
conque. Mais  il  est  plus  probable  encore  qu'il  ait  été  fait  dans 
un  autre  ordre  d'idées,  et  qu'il  ne  dise  pas  ce  que  Ton  croit. 

Bouro  signifie  aussi  la  masse  de  fer,  au  bout  d'un  long 
manche,  dont  se  sert  le  mineur  ou  le  carrier  pour  rompre 
les  blocs  de  rocher  et  les  réduire  en  moellons.  Frapper  de 
cette  masse  est  à  coup  sur  un  travail  des  plus  pénibles. 
N'est-ce  pas  cela  qui  a  donné  naissance  au  dicton  T  Notons 
d'abord  que  batre  est  pris  de  même  pour  frapper.  On  dit  : 
batre  tous  piqués,  frapper  les  pieux  pour  les  enfoncer  avec 
le  moutoù,  le  bélier  ou  la  sonnette,  qui  les  bat  comme  la 
masse  bat  la  pierre.  Notre  locution  a  dû  être  primitivement 
avec  une  inversion  :  Y-a  dé  la  bouro  à  batre  pour  y-a  à 
batre  dé  la  bouro,  autrement  dit  :  éndé  la  bouro,  ainsi 
qu'on  dit  en  français  :  jouer  de  la  prunelle,  des  couteaux, 
pour  avec  la  prunelle,  avec  les  couteaux.  Cela  équivalait  k  : 
il  y  a  à  frapper  de  la  masse,  ce  sera  aussi  rude  que  de  frapper 
avec  la  masse.  Dans  cet  ablatif,  l'article  la  a  disparu,  parce 
qu'il  n'était  pas  indispensable  ni  même  nécessaire  à  la  clarté 
de  la  phrase,  qu'il  allongeait  inutilement,  ce  dont  la  langue 
a  horreur.  Dans  nos  proverbes  si  nombreux,  des  irrégula- 
rités, des  ellipses  bien  autres  abondent.  Cette  suppression  de 
partie  de  l'article,  créant  un  calembour,  a  donné  ouverture 
à  cette  double  interprétation  par  les  deux  sens  qui  se  présen- 
taient; mais  dans  le  choix  à  faire  il  faut  se  garder  de  toute 
préoccupation  du  français.  A  chacun  sa  responsabilité,  à 
chacun  selon  ses  œuvres  :  parce  que  dans  cette  circonstance, 
le  fr.  a  mal  dit,  ce  n'est  pas  une  raison  pour  que  le'Iang. 
en  ait  fait  autant;  lorsque  surtout  il  est  si  facile  de  voir 
qu'il  a  autrement  et  mieux  dit,  qu'il  a  dit  ce  qu'il  fallait. 

Dér.  du  lat.  Burra,  bourre,  fait  de  burrus,  roux,  cou- 
leur de  la  bourre,  ou  du  gr.  nu^6(S(,  roux,  rougeâtre. 

Bouro,  j.  /*.  Jeu  de  cartes,  espèce  de  Ijéte-ombrée  ou  de 
mouche.  —  Ettre  à  la  bouro,  faire  la  béte  à  ce  jeu -là,  faire 
la  remise. 

Bouroa,  s,  m.  Ane,  baudet,  bourrique;  as,  au  jeu  de 
cartes.  —  Voy,  Bouriâquo. 

Bonrtoolaigo,  #.  f„  ou  Ponrtoolaigo.  Pourpier,  Por- 
tulaea  oleracea,  Linn.,  de  la  fam.  des  Portulacées,  plante 
potagère  et  grasse. 

Dér.  du  lat.  Portulaea, 


Bourtoumiou,  «.  m.  Barthélémy,  prénom  d'homme,  qui 
est  devenu  nom  de  famille  fort  commun.  Il  fait  au  fém. 
Bourtoumigo,  et  au  dim.  Bourtoumigtté.  —  Sén-Bourtou- 
mîou ,  la  Saint-Barthélémy,  jour  de  la  foire  principale 
d'Alais,  qui  commence  le  24  août  et  dure  huit  jours.  C'est 
une  date  fort  intéressante  pour  tout  le  pays,  parce  qu'elle 
sert  de  terme  aux  baux  à  loyer  et  à  ferme,  à  la  location  des 
domestiques  des  champs,  et  à  la  plupart  des  transactions 
et  des  échéances  de  rentes  foncières.  Quouro  que  vèngu» 
Sén-Bourtoumiou  y-àoura  dou$  ans,  il  y  aura  deux  ans, 
vienne  la  SainVfiarthélemy  :  formule  générale  de  comput 
de  date  pour  les  paysans,  qui  prennent  ainsi  pour  point 
de  départ,  tantôt  une  fête,  tantôt  une  récoite,  tantôt  l'époque 
d'un  travail  qui  se  fait  à  temps  fixe  :  quouro  que  vènyou 
las  prunos,  lous  Avéns,  lous  cabusses,  vienne  la  saison  des 
prunes,  l'A  vent,  l'époque  des  provins.  Finis  sous  ans  pér 
Sén-Bourtoumiou,  il  compte  ses  années  à  partir  de  la  Saint- 
Barthélemy  ;  il  est  né  aux  environs  du  24  août.  La  Pare, 
dans  ses  Castagnados,  a  fait  de  la  Fièïro  dé  Sén-Bourtou- 
miou, un  tableau  du  genre  des  plus  gais  et  des  mieux 
réussis. 

Dér.  du  lat.  Bartholomeus, 

Boom,  udo,  adj.  Dim.  Bourudé,  péjor.  Bourudas,  asso. 
Velu;  couvert  de  poils  ou  de  bourre.  Au  fig.  bourru, 
inquiet  avec  grossièreté.  Au  jeu  de  la  bouro,  celui  qui  a 
fait  une  mauvaise  affaire,  une  spéculation  ruineuse.  — 
M'a  fa  bouru,  il  m'a  mis  dedans.  Estre  bouruémbé  lou  rit, 
perdre  avec  beau  jeu;  en  effet,  au  jeu  de  la  bouro,  quand 
on  ne  fait  pas  de  levée  on  est  bouru,  et  il  est  par  trop  fort 
de  n'en  pas  faire,  quand  on  a  en  main  le  roi,  qui  est  la  plus 
forte  carte. 

Bonsa,  v,  Fienter;  mais  il  ne  se  dit  que  du  gros  bétail 
domestique,  dont  les  excréments  se  nomment  bouso. 

Bonaado,  t.  /*.  Augm.  Bousas.  Fientée  ;  tas  de  bouse 
que  les  bœufs  ou  les  vaches  ont  rendue  en  une  seule  fois. 

Dér.  de  Bouso. 

Bonaanqué,  éto,  adj.  Homme  ou  femme  de  très-petite 
taille  ;  banù)oche;  nabot.  Il  est  devenu  n.  pr.  —  Voy.  Bou- 
sérU. 

Dim.  de  Bousas. 

Bonaas,  «.  m.  Péj.  Bousassas.  Fientée  énorme.  Au  fig. 
homme  ou  enfant  de  taille  basse  et  large,  à  la  fibre  lâche 
et  molle. 

Augm.  de  Bouso  et  de  bousado. 

Bonacarasso,  s.  f.  Bois  fort  épais  et  mal  entretenu,  où 
les  ronces  et  les  plantes  sauvages  abondent  ;  fourré  sau- 
vage. 

Péj.  de  Bouseas. 

Bonacardiè,  s.  m.  Bûcheron,  qui  coupe  et  qui  dépèce 
les  arbres  sur  place  ;  qui  habite  les  bois. 

Dér.  de  Bos. 

Boiucardièiro,  s.  f.  Bûcher;  hangar  au  bois  ;  lieu  où 
l'on  serre  le  bois  de  chauffage.  —  Voy,  Pioh. 

Dér.  de  Bos. 


BOU 


BOU 


133 


BouBcarido,  <.  f.  Dim.  Bouscaridéto,  Fauvette  ;  bec-fin 
à  tète  noire,  Sylvia  atrieapUla,  Temm.,  de  la  fam.  des 
Passereaux.  Ce  charmant  oiseau,  le  seul  qui  puisse  riva- 
liser avec  le  rossignol  par  son  chant,  qui  dure  plus  long- 
temps sll  est  un  peu  moins  parfait,  est  fort  commun  à 
son  double  passage  d'automne  et  de  printemps  ;  il  en  reste 
aussi  beaucoup  en  hiver  dans  le  pays.  Il  vit  d'insectes  et 
de  larves,  ainsi  que  des  baies  du  sureau  et  du  grosciller,  et 
feit  son  nid  dans  les  buissons  d'aubépine  et  d'églantier.  Il 
a  le  dessus  de  la  tête  d'un  noir  profond,  le  corps  cendré, 
légèrement  nuancé  d*olivàtre  à  la  queue  et  aux  ailes,  le 
ventre  et  la  gorge  inclinant  au  blanchâtre.  Le  nom  de 
Jkuicarido,  qui  vient  évidemment  de  hos,  habitant,  ama- 
teur des  bois,  s'applique  bien  particulièrement  à  cette  fau- 
vette, mais  il  se  donne  également  aux  autres  espèces  de  ce 
genre,  qui  sont  nombreuses.  C'est  que  le  languedocien  n'est 
point  une  langue  de  savant;  il  se  contente  de  tracer  à 
grands  traits  et  abandonne  les  détails.  Ce  n'est  point  par 
pénurie,  car  il  donne  souvent  plusieurs  noms  au  môme 
individu,  mais  il  est  frappé  surtout  de  la  différence  des 
g^ires  et  néglige  ou  dédaigne  les  nuances,  insignifiantes 
souvent,  qui  distinguent  les  variétés.  Nous  le  verrons  ainsi 
confondre  sous  le  nom  de  tartano  et  de  mouicé  la  plupart 
des  oiseaux  de  proie,  de  sèr,  de  lu»èr  ou  lèirou,  de  ratopé- 
nado,  de  grapâou,  toutes  les  espèces  de  ces  animaux,  qui 
sont  trè&-nombreuses  et  qui  ont  chacune  un  nom  ou  une 
4pitbète  différents  dans  la  science.  On  pourrait  ci  1er  bien 
d*autr8s  exemples  de  ce  genre  qui  se  retrouveront. 

BauMcarido,  et  par  abrév.  Bouscar,  est  un  sobriquet  que 
l'oii  donne  à  quelqu'un  de  frêle,  maigre  et  fluet. 

Bonacarido  (Grosso),  t.  /*.  Sitelle  ou  Torchepot,  Sitta 
Suropea,  Linn.  Cet  oiseau,  qui  a  les  plus  grands  rapports 
avec  les  pies,  vit  sédentaire  chez  nous.  Il  a  les  parties  supé- 
rieures du  corps  d'un  cendré  bleuâtre,  la  gorge  blanche,  les 
flancs  et  les  cuisses  d'un  roux  marron.  —  Voy.  Raté. 

Bonscarlo,  s.  f.  Fauvette  ;  variante  de  Bomcarido,  qui 
a  la  même  racine  et  s'applique  aussi  aux  mêmes  variétés 
ÔB  fiauvettes.  —  Voy,  Bousearido. 

Bouscas,  s.  m.  Gros  bois  ;  grande  forêt  ;  forêt  solitaire  ; 
bois  qui  brûle  difiicilement  ;  mauvais  bois.  —  Voy.  Bous- 
carasêo. 

Angm.  et.péj.  de  Bot, 

Bonacaa,  casse,  s.  et  adj.  Sauvage;  sauvageon;  branche 
npn greffée;  bâtard;  faux.  —  Leva  lou  bouscas,  enlever  les 
pousses  de  sauvageon  d*un  arbre.  Pèro  bouscas,  père  nour- 
ricier. FraXre  bousc€is,  frère  utérin  ou  consanguin.  Cousis 
houseas,  cousin  bâtard,  parent  fort  éloigné.  Las  Utanïas 
bouseanos,  des  chants  obscènes,  grivois  ;  la  mère  Gaudi- 
ehon.  Fron  bouscas,  front  très-étroit,  où  les  cheveux  sont 
très-bas  plantés. 

Péjor.  de  Bos. 

BÔnscassino,  5.  /.  Généralité  des  arbres-sauvageons  ; 
pcNUses  de  sauvageon  qui  sortent  tout  le  long  de  la  tige 
d'm  arbre  greffé  à  la  tète,  qui  forment  souvent  comme  des 


buissons,  et  qu'il  faut  se  hâter  d'enlever  pour  ne  pas  afia- 
mer  le  bourgeon  de  la  greffe. 

Dér.  de  Bouscas. 

Bonaérlé,  s,  m.  Enfant  tout  petit  de  taille,  menu, 
mignon.  Il  est,  comme  bowanqué,  un  dim.  de  bousas,  mais 
il  n'entraîne  pas,  comme  lui,  une  idée  de  ridicule  ;  il  ne 
s'attache  qu'aux  enfants,  tandis  que  bousanqué  s'attache  à 
des  individus  de  tout  âge.  —  Voy.  Bousanqué. 

Boufliga,  v.  Fouiller,  remuer,  soulever  la  terre  avec  le 
grouin,  k  la  manière  des  pourceaux  et  des  sangliers.  Par 
ext.  gâter  un  ouvrage,  bousiller,  le  gâcher,  le  faire  à  demi 
et  sans  régularité  ;  rabâcher  ;  ressasser.  —  Bomiga  lou  tété, 
est  ce  que  fait  un  enfant  à  la  mamelle,  quand  il  donne  des 
coups  de  tète  au  sein  de  sa  mère  pour  faire  venir  le  trait 
ou  le  jet  de  lait. 

Dér.  de  Bou^so  et  du  lat.  agere,  remuer,  agiter,  parce 
que  tout  le  monde  sait  que  c'est  surtout  dans  la  fiente  que 
les  porcs  aiment  à  fouiller. 

Bouaigado,  j.  f.  Trace  laissée  dans  un  champ  par  le 
fouillement  des  pourceaux;  barbouillage,  mal-façon. 

Dér.  de  Bousiga. 

Bonsigadoù,  s.  m.  Fouillis  ;  endroit  hanté  par  les  porcs 
et  surtout  labouré  par  leurs  œuvres  ;  groin  ;  gros  nez  qui 
ferait  croire  que  le  propriétaire  pourrait  s'en  servir  à  bou- 
siga, iron. 

Bondgaîre,  «.  m.  Mauvais  ouvrier;  celui. qui  gâte  un 
travail.  Au  fig.  rabâcheur. 

Dér.  de  Bousiga. 

Bonaiga]e,  s.  m.  Bousillâge;  ouvrage,  travail  mal  fait  ; 
œuvre  donnée  à  un  champ,  peu  profonde,  inégale,  toute  de 
trous  et  de  bosses,  comme  si  elle  était  faite  par  le  groin 
d'un  porc. 

Dér.  de  Bousiga, 

Bonain,  $.m.  Tapage;  tintamarre;  train;  rumeur.  — 
Voy.  Boucan.  Par  ext.  mauvais  lieu,  lieu  de  débauche. 

Emp.  au  fr.  mais  le  lat.  Buccinare  semble  ne  pas  être 
étranger  à  sa  formation. 

Bonao,  t.  f.  Fiente,  crottin  des  bœufs,  vaches,  ânes, 
chevaux  et  mulets.  —  Bamcusàire  dé  bouso,  le  dernier 
degré  sur  l'échelle  sociale,  ou  plus  académiquement  sur  la 
roue  de  la  fortune  ;  ce  métier,  consistant  à  ramasser  du 
crottin  sur  les  routes,  est  sale  et  donne  de  petits  bénéfices; 
aussi  n'est-il  exercé  que  par  les  enfants,  les  vieilles  femmes 
et  les  hommes  hors  d'état  de  travailler.  Deux  jeunes  enfants 
se  rencontrent  ;  le  plus  grand  dit  à  l'autre  :  Dé  que  fas  ? 
—  Ramass9  dé  bousos,  et  tus  ?  —  Oh/  ïéou,  souX  à  las  bra- 
quas. Et  le  plus  petit  d'envier  son  camarade  qui  avait  fait 
son  avancement;  car,  quittant  son  premier  métier,  il  était 
passé  ramasseur  de  bûchettes.  —  Fara  bé  la  bouso  pér  la 
gorjo,  expression  fort  sale,  mais  très-énergique,  pour  dire 
qu'une  personne,  vivement  contrariée,  irritée,  va  finir  par 
exhaler  sa  colère,  vomir  sa  bile  et  son  venin. 

Dér.  du  gr.  BouoravCa,  venu  de  Bouc,  bœuf. 

Boiusa,  V.  Former  une  bosse,  s'élever  en  protubérance  ; 


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BOU 


BOU 


se  (lit  surtout  dos  plantps  tuboirulousos  ou  bulbeuses, 
cnrnnio  les  |)imiiiii's  de  terre,  les  raves,  les  aulx,  etc.,  lors- 
qu'elles roinrnenceiU  à  déveli>pi)er  leurs  tubercules  ou  l'urs 
cnieux. 

Di't.  d»^  Bosso. 

Boussado,  *•.  f.  Diin.  lUnfssathlo.  (^mleuu  d'une  b'Uirse; 
plMH  une  b'iursf;  mnirut  d'nn  avare  :  pn-ule d'une  feaniie, 
qui  se  dit  niieu\  fatétn. 

I)ér.  de  lioirssn. 

Boussar,  ardo,  ai/j.  ÎV'j.  Pffifssanltis.  Vilain  bossu; 
inan\;iis  bi)ssu;  S(^  pn-nd  toujours  en  mauvaise  part. 

ÎV'j  or.  de  lioitssu. 

Boussargue,  .v.  m.  /j.  pr.  de  lieu.  Houssar^'ues,  villaire, 
dnns  la  vii-uerie  de  Iîhl'uoIs,  Unissdnicœ,  dans  le  déiioni- 
bi'e'iieiit  de  1;»  S''ni''(.'liau>sée  de   Niiiies. 

r.  p'ur  r'''l\  m.  r.uiiel.»  lins. 

BoUSSèlO,  s.  f.  Dilii.  nn/fs^rlctt»  ;  l)éjor.  Iii>(/ssv!(iS!io. 
()iL'ii<»n  de  fleurs;  tète  d'ail,  (jui  esl  o"nii[)>s''e  d'un  asseai- 
blaL'e  de  plusieurs  eaïeiix.  on  ,i:ous<:^s,  hcsr(j)ios. 

Dini.  de  Jiossff. 

Boussi,  s.  w.  Dim.  Ifoffssiué.  Moreeau  ;  bribe;  [>etil  la>^. 
—  V(,y.  F/o,  Tifle,  Tro. 

DiiU.  de  Boss'f. 

Boussignolo,  *-.  f.  Diin.  lîinissiijufmU'tn.  Peiile  bos^e  ; 
l)0SS"^  au  fnMit;  eMi'rMJs^.uh'c;  piMlubér.iuee;  bosse  de  c!ia- 
ineau;  tuuiéiaction  ([uelcnnque. 

Diai.  de  Bw^so. 

Boussignoula,  r.  Eidler  ;  se  former  en  bdsse;  tuméfier. 
—  S<)}:}i  f/oti  f)(>,>fssi(jfi()>'/r  lor/f  de  snito,  r(i'di"'me  se  foi'ma 
fieat   de  suil"  sur  snji  froîiL 

Bousso,  s.  f.  Dim.  /lof/ssvto,  péj.  Bo/f.ssnsso.  Hourse; 
petit  SPC  d''  pe;iu,  de  (11,  on  de  soie,  où  l'on  i\[o[  de  l'arp'nt  ; 
par  e\t.  Tarirenl  que  l'on  a,  dont  on  peut  disposer.  —  i:s 
e!n  que  gar<lo  la  hnussn,  c'est  la  femme  (jui  lient  les  cor- 
dons d(»  la  bonr.se.  A  bono  hnusso,  c'est  un  ricbard.  Yônn 
mfi'i  (utiis  en  cour  qn'art/i'n  en  (inussn,  e\p.  prvb.,  la 
faviMir  en  justice  vaut  mieu\  que  l'ar.i^'ent.  Tant  que  rôti- 
ras anif,  mais  que  la  bousso  iwun  toques,  jirvb.  ami  jus- 
qu'ù  la  bourse. 

Dér.  du  irr.  Bûs^x,  ou  lijzi'.;,  peau,  cuir,  parce  que  les 
prennères  bour.ses  on  étaient  faites. 

Bousso,  5.  m.  Gousset,  petite  pocbe  placée  près  de  la 
ceinture  do  la  culotte,  où  autrefois  on  tenait  l'argent  pour 
porter  avec  soi. 

Curo-housso,  vide-gousset,  est  le  nom  d*un  village  sur  la 
route  de  Nimes  à  Beaucairo,  qui  autrefois  n'était  qu'une 
taverne  de  roule.  Ce  nom  lui  fut-il  donné  parce  qu'on  y 
faisait  bonne  obère  et  (ju'on  y  buvait  du  bon,  ce  qui  allé- 
chait les  voyageurs  il  y  vider  leur  gou.sset,  ou  bien  cette 
taverne  avait-elle  mauvais  renom,  et  supposait-on  que  le 
gousset  s'y  vidait  un  iieu  contre  le  gré  de  coux  qui  étaient 
forc^'îs  de  s'y  arnMer  ?  La  première  version  est  plus  chari- 
table, la  seconde  est  mieux  dans  les  mœurs  du  temps  où 
le  surnom  a  été  «lonné.  —  Par  ext.  on  appelle  curo-bottssà 


tous  les  olij-Ms  de  dép^ns^  habituelle  et  les  enfants  qui 
font  des  n]'i>els  fn^jUiuls  à  la  bourse  de  leur  père  ou  qui 
leur  coùi-'iil  beauetiip  jiiur  1  -ur  éducation.  —  Gratas  un 
p/înu  l'ostr  fxtusMt,  mettez  la  main  à  votre  gousset,  dit  à  son 
l)èr^  un  \]\<  (jui  di  (uaml' d*  l'argent. 

Dér.  d  »  B'ii'sso. 

Boussu,  udo ,  adj.  Dim.  ffoussude,  péj.  Boussudai. 
Bossu,  qui  a  un-'  bos^.^;  iiimlueux;  inégal  ;  contrefait.  — 
lu)  h'iu.^  rr'irc  se  s.'i'-s  hniissu,  lourno  sur  tes  talons  et  va- 
t-en.  S'oif  »•?><  j)  is  rr<')rf,  vénh'as  boussu,  si  tu  ne  veux 
pns  \o  i:i\<'\\v,  lu  d'nj.'îi.lras  bossu,  cVsl-;\-dire  Dieu  te 
jiunini.  De  joii<nc  nc-lcc),  rnnnifi'ri  boussu,  le  jeune  méde- 
cin i)eu[»l('  le  ciiiieliére. 

D-r.  de  fios^o. 

Boiissuduègno,  a\  f.  La  g^iit  bossue  ;  la  race  des  bossus  ; 
express,  (-'(llviiv»»,  avec  le  sufTi^e  if^'i/no  :  à  Conférer  à 
Basttiril'n'jno.  Ilfdftti'iijno,  etc.  —  V.  C.  m. 

D»  r.  de  Bosso. 

Bouta,  r.  .>l''llre,  posM*,  |)lacer. 

O  t 'nue  est  Irès-élasiiipie  ;  ses  diverses  acceptions 
s'él-'Uileiii  à  bi'aueonp  d",)c!es.  Quelipies  exemples  aideront 
à  en  bii-n  coiiiprendre  les  sens  divers.  —  Hniitas  qu'ague 
pas  n's  <//'.  r.)iles  etiiniiie  si  je  n'avais  rien  dit.  Lous  cabris 
boutou  <lc  bu  fins,  les  crues  Commencent  à  pousser  aux 
rbeMvauK.  f.ns  fi'  h. s  ho'Unu  de  j,irt,  les  brebis  commencent 
à  avoir  les  iii,viielli'>  -.cillés,  pnnive  qu'elles  mettront  bas 
bientôt.  A'//n'/  vfiU)  /h)/i<>  tir  i/cns,  les  dents  commencent  à 
percer  à  ce!  enfant.  Bmifa  l'arau,  faire  marcher  quelqu'un, 
un  IroupMU  d<'\ant  soi.  Bm/fas-y  la  vian,  lïielti^z  la  main 
;\  cette  ;ilV;iire.  Bnufa  m'irc,  iiicjlre  le  pot  au  feu,  OU  cn 
terme  de  boulaiiL'-rie,  t'nloiinier  le  pain.  B'mta  ftd,  com- 
mencer une  chose  «pie  d'autres  feront  après;  attacher  le 
grelot.  Boula  lou  Icvan,  mettre  le  levain,  pour  faire  le  pain; 
au  fig.  seiiii'r  des  fei'iueiiis  de  discorde. 

Dér.  de  la  bas^.  la  t.   B/iiare. 

Boutado,  A.  f.  F«  luse,  réservoir  d'un  moulin;  le  pre- 
njier  lait  qui  vient  aux   mamelles  après  l'accouchement. 

Dér.  du  gr.  IVj'i'yç,  fnnd,  profondeur. 

Boutar,  *-.  m.  (iros  tonneau;  tonne;  foudre. 

Augm.  de  BoKto, 

Boutas  1  hiterj.  Sorte  de  locution  explôtive,  qui  n'a 
rien  de  commun  avec  le  v.  />o///a.  Quand  elle  est  prise  inter- 
jectivement,  elle  répond  suivant  les  cas  h:  Allez  donc! 
Allons  dimc  î  Mon  Dieu,  non!  Je  vous  en  prie!  Allez! 
Attendez,  attendes  !  Bon  !  —  Btattas  !  fasè-m'aquél  plèsi, 
ah  î  rendez-moi  ce  service,  je  vous  en  supplie.  Ah/  boutas! 
mon  Dieu,  non,  vous  n'y  pensez  pas  !  Est-ce  possible  ?  Bou- 
tas, boulas  /  es  pas  tan  ni}ci,  allez,  allez,  il  n'est  pis  si  sot 
qu'il  en  a  l'air.  Boutas/ la tssa-lou  dire,  ne  vous  tourmentez 
pas,  laissez-le  dire.  Boutas/  n'agués  pas  pôou,  allez,  ne 
craignez  rien.  Ah  /  bouta-v^us ,  ah  !  laissez-donc  !  Vous  n*y 
p:»nsez  pas!  Ce  sont  des  balivernes.  —  Ce  dernier  exemple 
présente  un  idiotisme  qu'il  faut  remarquer.  L'interj.  a  pris 
ici  tout  fi  fait,  pour  ainsi  parler,  la  forme  verbale,  c'esl-à- 


90U 


BOU 


135 


4ke  que  (wuias  est  consiâérô  Gomme  un  temps  du  verbe 

bouta.  Il  entre  alors  dans  une  règle  générale  et  invariable 

qni  vent  que,  lorsqu'un  verbe  à  la  Sv^  personne  plur.  de 

l'impéralif  est  suivi  knoiédiatementdu  pronom  pour  régime, 

-on  supprime  Vs  final  :  Àima-vous,  régarda-mé,  rétcoundi- 

Um.  Ainsi  bouia-vous,  laissez  donc.   Dans  ce  cas,  comme 

•duis  les  précédents,  il  reste  une  observation  :  boulas  est  la 

'forme  respectueuse  et  plurielle;  au  sing.,  avec  la  même 

acception,  on  emploie  :  BotUo/  boutof  va!  va!  Bah!  pas 

•possible!  Bon,  bon  !  que  dis-tu  là?  Boutof  vingues  pas, 

-va,  je  t*en  prie,  ne  viens  pas.  Bouto  /  (é  troumpes,  bien  vrai, 

ta  te  trompes.  Boutof  save  eé  qui  tènes,  va,  va,  je  sais  ce 

que  tu  vaux.  Boutof  qu'où  faras  bé,  j'en  suis  sûr,  tu  le 

'feras. 

Bonté,  s,  m.,  ou  Siblé.  Tuyau  de  greffe,  pour  enter  en 

*§ùte  ;  virole  d*écorce  prise  à  un  scion  franc,  qui  a  un  ou 

deux  œilletons  et  qu'on  insère  dans  un  scion  écorcé  de 

«sauvageon.  Il  faut  faire  attention  que  cette  virole  soit  juste 

à  la  place  qu'elle  doit  occuper  :  trop  large,  elle  perdrait  la 

sève  et  laisserait  l'air  circcder  entre  elle  et  le  sujet  ;  trop 

^étroite,  elle  se  fendrait  avant  d'arriver  à  sa  place. 

IMm.  de  Bou,  bout. 

Bovtéia,  ado,  adj.  Qui  a  de  gros  mollets.  —  Bien  bou- 
lêia,  qui  a  de  forts  mollets,  l»en  pris,  bien  tournés. 
Dér.  de  Boulél. 

Boutéiè,  s.  m»  Plant,  semis  de  courges,  de  toute  espèce 
-do  cuoarbitacées.  —  Voy.  CougourUi. 
Dér.  ûe  BouUfio,  courge. 

"30111010,  s»  f,  Dim.  Boutiiéto;  augm.  et  péj.  Boutéïasso. 
tSoateille  ;  vase  de  verre  ou  d'autre  matière,  à  long  col  et 
v4  large  ventre,  propre  à  contenir  les  liquides  ;  quantité  de 
ëquide  contenu  dans  la  bouteille.  -^Sour  eoumo  uno  bou- 
t'UiOy  sourd  comme  un  pot.  Béoure  bouiéio,  boire   chopine. 
La  bo  tHo  l'a  mes  aqui,  le  vin  l'a  tué. 
Dér.  de  B  uto,  dont  boutèio  est  un  dimin. 
"Bontéio.  s,  f.  Courge  de  toute  espèce,  la  famille  appelée 
CQCurbitacée;  potiron.  —  BoutéSo-énvinadouiro,  .espèce  de 
.-coocgeyétianglée  par  le  milieu,  renflée  par  les  extrémités, 
•  dqnioa  fût  les  gourdes  à  vin.  {Voy.  Gosardo.)  Les  autres 
-  ospéœs  .sont  :  la  eougourh ,  ,lou  pasHs,   lou.eoumé,  la 
•comasso. 

;Dér.,  comme  le  préoéd.,  à&Bouio,  parce  que  la  courge 
'•art  aussi  de  vaisseau  à  vin. 

Boutéioù,  <.  m.  Graine  ou  pépin  de  courges  et  ides 
cocurbitacées  en  général. 
.]  Dér.  et  dim.  deBoiiléto. 

Boutél,  s.  m.  Dim.  Boutêié,  boutéioà,  péj.   Bouiéùu. 

Mollet,  gras  de  la  jambe.  —  Â  miè  bouêél,  à  mirjambe. 

1  Ltmg  d'é$quino,prin  dl  boutél,  rasdo  m'aquél,  mot  à  mot  : 

oioof  d'éobine,'  fluet  de  mollets,  n'est  pas  redoutable*  atta- 

^^fOA^  longue  taille  et  jambes  grêles  annoncent  la  faiblesse 

de  la  constitution,  qui  rendent  propre  à  recevoir  une  raclée. 

FcKrêlùUâbouiéU  énd'un  éfan,  fêter  à  table  le  baptême  d'un 


Ce  mot  parait  avoir  la  même  étym.  que  le  fr.  bo  tte,  fais- 
ceau d'herbes,  parce  que  le  mollet  est  un  faisceau  de  mus- 
cles et  tendons. 

Boutigna,  V.,  ou  mieux  Réboutigna,  Bouder;  rechi- 
gner; répondre  avec  aigreur;  revenir  sans  cesse  sur  un 
grief  passé;  se  montrer  capricieux,  mutin,  chagrin. 

Boutignaîrè,  aîro,  adj.  Péjor.  Boutignaïras.  Mieux 
Réboutignaîre.  Boudeur;  rechigné;  capricieux;  mutin; 
chagrin. 

Bontigo,  t.  f.  Dim.  Boutiguéto;  péj.  Boutigasso,  Bou- 
tique. 

Ce  mot,  en  fr.,  s'étendait  autrefois  aux  industries  et 
aux  professions  les  plus  libérales,  de  l'échoppe  du  savetier 
aux  brillants  magasins  de  nouveautés  et  à  l'étude  ou  plutôt 
au  cabinet  du  notaire  ;  il  ne  s'élève  pas  plus  haut  aujour- 
d'hui que  la  boutique  du  regrattier.  Le  lang.,  qui  ne  veut 
pas  être  en  reste,  a  suivi  la  progression  de  la  mode  ;  mais 
il  lui  a  faUu  emprunter  au  fr.  les  appellations  plus  pom- 
peuses pour  lesquelles  il  n'a  pas  été  consulté,  attendu 
qu'elles  lui  sont  arrivées  toutes  formulées  de  Paris.  Aussi 
est-il  obligé  de  se  faire  patois,  quand  il  entre  chez  le  bot- 
tier à  la  mode,  pour  appeler  sa  boutique  un  atéiê.  Cepen- 
dant il  a  conservé  l'ancien  vocable,  sinon  dans  toutes  ses 
applications,  au  moins  avec  certaines  acceptions  caracté- 
.  ristiques  dont  il  use  encore. 

-7  Faïre  boutigo,  tenir  une  boutique»  tenir  un  tout  petit 
commerce  de  détail.  Fat  bien  boutigo,  il  est  achalandé  ;  il 
est  gracieux.et, prévenant  pour  les  chalands.  Bara  boutigo, 
fermer  boutique  ;  faire  banqueroute  ;  au  ûg.  se  taire.  Leva 
boutigo,  commencer  un  commerce  ;  au  iig.  se  battre,  se 
quereller;  susciter  une  rixe. 

Dér..du  gr.  'A:cq^xi}. 

Boutigniè,  f .  m.  Au  fôm.  BoutiguiUro.  Boutiquier,  bou- 
tiquière  ;  celui  ou  celle  qui  tient  boutique;  petit  marchand 
.en  détail. 

Dér.  de  Boutigo. 

Bonto,  ié  /'.Dim.  l^ouféto  ;  angm.  Boutar,  péj.  Boulasio. 

Tonneau; lût;  futaille.  Lorsque  le  tonneau  de  ce  pays  est 

pris  pour  mesiiro  de  capacité,  il  contient  360  litres,  ou  six 

barraux.  — -•  Béoure  à  la  barbo  dé  la  bouto,  boire  à  même 

.  la  tonneau,,  en  plaçant  la  bouche  à  la  canelle.  Bouio-trém- 

.  piëiro,  tonneau  à  piquette»  trempo,  que  l'on  tient  à  part 

.  pour  cet  objet»  parce,  que  le  vin  pourrait  en  être  détérioré. 

BoutoHMréliiiro ,  petit   tonneau  qu'on   place  debout  et 

'  défoncé,  sur  une  chanette  pour  charrier  la  vendange. 

Dér.  de  la  bass..lat..J9iiia;.en  allem.  buite,  barrique, 
cuvier. 

.  Bouto  1  interj\  t^  igars.  sing.  impér.  de.l^oufa..  Terme 
de  menace,  qui  s'emploie  dans  toutes  les  acceptions,  qiuuid 
on  tutoie  l'interlocuteur.  —  Voy,  Boutas. 
>  Boutoù,  f.  m.  Dim..Bott<otffi^;^péj.,J3o«fQ^fio<t.Bonton 
d'habit  ;  de  fleur  ;  bubon^.éleynre  an^la  peau  ;  ,bonigeon 
d'arbre  ;  moyeu  de  voiture,  de  charrette  ;.t^tieule  d'aidmal. 
4»  J>érwLdo  laL.bass,  .lat.,.JlQCMiia>,  bouton,  que  ,ROqntfort 


138 


BRA 


BRA 


branU,  nous  allons  danser  la  ronde.  Lou  hranU  dé  Paia- 
dan,  Um  pu  nid  é$  loupu  gran,  chanson  qui  accompagne 
nne  ronde  d'enlants,  au  dernier  mot  de  laquelle  chacun, 
pour  ne  pas  être  pris  on  donner  nn  gage,  se  pelotonne  et 
se  fait  petit  ;  le  plus  grand  est  le  sot  qui  paie. 

Branons,  t.  m,,  n.  pr.  de  lieu.  Branoux,  hameau  de  la 
commune  de  Biannaves.  —  Voy.  Blannavo, 

Branqnado,  <.  f.  Dim.  Branquadéto,  Branche  chargée 
de  fruits  ou  de  feuilles  de  mûriers,  qui  s*éloigne  assez  du 
tronc  pour  qu'on  ne  puisse  les  cueillir  sur  l*arbre  sans 
échelle;  rameau  hors  de  portée  couvert  de  fruits;  grain  de 
folie. 

0ér.  de  Branquo. 

Branqnaio,  «.  m.  Branchage  ;  ensemble  des  rameaux  et 
branches  d'un  arbre;  bois-menu  produit  des  branches. 

Dér.  de  Branquo. 

Branqnar,  «.  m.  Brancard,  espèce  de  litière  pour  trans- 
porter un  malade,  sorte  de  civière  pour  porter  des  far- 
deaux, des  pierres;  les  bras  d'une  charrette  entre  lesquels 
on  attelle  le  cheval. 

Dér.  du  lat.  Braehium. 

Branquam,  ndo,  adj,  Branchu,  qui  a  beaucoup  de 
branches.  —  Voy,  Braneu. 

Dér.  de  Branquo. 

Branqnas,  «.  m,,  ouBranquasso,  f.  f.  Grosse  branche; 
longue  et  grosse  branche  considérée  comme  une  arme. 

Attgment.  de  Branquo. 

Branquo,  t.  /*.  Dim.  Branquéio,  péj.  Branqwùso.  — 
Branche  d'arbre;  branche  de  hviére  ;  brin  ;  division  ;  por- 
tion ;  racine  ou  germe  d'un  mai  ou  d'un  défaut. 

Dér.  du  ceit.  Brane,  d'où  le  lat.  braehium,  et  la  bass. 
lat.  In'anea,  branche. 

Brâou,  t.  m.  Dim.  Brâoudé,  Brdoudoù,  péj.  Bràoudoi. 
Taureau,  bœuf  entier.  —  Brama  coumo  un  brâou,  beugler. 
^..  Aquà't  un  brâou;  for  eoumo  un  brâou,  il  est  fort  comme 
^  '  un  taureau. 

Dér.  du  bas-bret.  Braw,  qui  a  fait  aussi  l'adj.  brave,  et 
le  £r.  braoe.  En  lat.  braoium,  et  en  gr.  Bpa6e?ov  voulaient 
dire  :  prix  des  jeux,  prix  de  la  bravoure  et  de  la  force. 
Forcît  aussi  signifiait  brave  et  fort  :  les  deux  qualités 
suprêmes.  Le  taureau  était  chez  tous  ces  peuples  le  type 
adopté  de  la  vaillance  et  de  la  force. 

Braqua,  v.,  mieux  Abraqua.  Braquer,  tourner  vers  ; 
fixer  un  but.  —  /  braqué  iou$  dous  ièl$  dessus,  il  biaqua 
ses  yeux  sur  lui.  —  Voy.  Abraqua. 

Einp.  du  fir. 

Bras,  f .  m.  Dim.  Brassé,  brassoit  ;  augm.  Brassas.  Au 
plur.  Brasses;  dim.  plur.  Brassés  et  Brassoiu.  Bras,  membre 
du  corps  humain  qui  tient  à  l'épaule;  ce  qui  en  a  la  forme, 
la  figure,  l'usage;  au  fig.  action,  force,  puissance.  —  A  pas 
que  sous  brasses,  il  n'a  que  ses  bras  pour  le  nourrir.  San 
prou  brasses  oKeï,  il  y  a  bien  assez  de  bras  ici.  Brasses 
d'uno  earéio,  brancard  d'une  charrette,  timons.  En  bras  dé 
eamiso,  en  manches  de  chemise.  Lou  bras  dé  JHou,  la 


puissance,  le  bras,  la  main  de  Dieu.  A  lou  bras  lon§,  il  a 
les  bras  longs;  il  peut  beaucoup. 

Dér.  du  lat.  Braehium. 

Braaa,  v.  —  Voy.  Abrasa. 

Braaas,  s.  m.  Au  plur.  Brasasses.  Grand  hraai^  ;  gros 
tas  de  braise;  foyer  bien  garni  de  braise  et  qui  ne  flambe 
plus. 

Augm.  de  Braso. 

Brasièiro,  t.  f.  Dim.  BrasUHréto.  Brasier,  jédj^eiit  à 
braise,  en  fer  ou  en  terre,  pour  c)iaufkr  un  appartement. 

Dér.  de  Braso. 

Braao,  s.  f.  Braise,  charbon  alluoié  ou  portion  de  bois 
brûlé  qui  ne  donne  plus  de  flamme. 

Dér.  du  bas-bret.  Bras,  braise,  du  gr.  BpdB^u  ou  Bpdogtd, 
bouillir;  en  allem.  Brasen,  brûler.  Esp.  Brasa,  ital. 
Bragia. 

Brassado,  t.  f.  Dim.  Brassadéto,  péj.  Brassadasso. 
Brassée,  ce  que  peuvent  enceindre  les  bras  étendus  en 
cercle;  embrassement  ;  embrassade  ;  accolade;  même  sim- 
plement baiser.  —  A  brassado,  à  pleins  bras. — Uno  bras- 
sado  dé  bos,  une  brassée  de  bois;  uno  brassado  dé  yaoéis, 
dé  paio,  une  brassée  de  sarments,  de  paille.  FoU  uno  bras- 
sado,  nn  baiser,  s'il  te  plait.  Arapa  à  brassado,  prendre  à 
foi  de  corps. 

Dér.  de  Bras. 

BraBsé}a,  v.  Gesticuler,  remuer  les  bras  avec  vivacité 
en  parlant;  travailler  des  bras. 

Dér.  de  Bras. 

Braaséiaira,  aûro,  adj.  Gesticulateur  ;  travailleur  à 
bras. 

Braaaiè,  s.  m.  Journalier,  cultivateur  qui  travaille  la 
terre  seulement  k  bras,  et  non  avec  un  instrument  ara- 
toire ou  le  secours  des  animaux  de  labour. 

Dér.  de  Bras. 

Braflaièîro,  s.  f.  Lisière  pour  soutenir  les  enfants  qui 
commencent  i  marcher.  —  Efan  à  la  brassi^iro,  eoiant  à 
la  lisière. 

Dér.  de  Bras. 

Brasucado,  s.  f.  Dim.  Brasueadéio.  Grillade  de  châ- 
taignes sous  la  braise.  —  Dans  une  partie  des  Haiites- 
Cévennes,  ce  mot  est  pris  pour  la  châtaigne  eUe-mème, 
quand  elle  est  rôtie.  —  Voy.  Afaehado, 

Dér.  de  Braso. 

Bravainén,  adv.  Beaucoup;  à  foison  ;  ni  trop,  ni  trop 
peu;  raisonnablement;  médiocrement.  —  Braoamén,  sui- 
vant l'intonation,  a  tous  ces  sens  divers  :  preuve  nommlle 
que  le  ton  fait  la  chanson. 

Bravo,  avo,  04;.  Augm.  Bravas.  Se  dit  généndament 
de  beaucoup  de  qualités  du  corps  ou  de  l'esprti.  Selon  les 
cas,  il  signifie  :  honnèle,  intelligent,  leste,  adroit,  robuste, 
bien  portant,  sage,  de  bonne  mine.  11  se  dit  aasii  des 
choses  inanimées  pour  :  bon,  avantageux,  beau.  -^  ffn 
brave  home,  un  honnête  homme.  I7fio  braw  fétmo,  une 
honnête  femme.  Uno  bravo  fio,  fille  sage,  de  nèrile.  Ses 


BRÊ 


BRE 


13» 


6nitt0  €oumo  un  sdau^  vous  vous  portez  comme  le  Poat- 
Nenf.  Sérioê  bé  bravê  se...,  vous  seriez  bien  aimable  si... 
Sè$  bra»ôf  vous  allez  bien?  Uno  bravo  tèro,  on  champ 
assez  considérable.  Un  brave  ouiiâou,  une  maison  confor- 
taMe.  Se  $én  pat  rMee,  êéguén  brav9$,  si  nous  ne  sommes 
pas  riches,  soyons  honnêtes. 

Brane  n'a  jamais  Taoception  de  brave  en  îr.  Cependant» 
favle  d'nn  mot  qni  réponde  k  bravonre  dans  le  sens  de 
courage  on  d'exploit  gnecrier,  on  dit  par  exception  et  en 
ajootant  un  nom  pour  qualifier  et  justifisr  cette  extension  : 
Brave  eoumo  César,  brave  comme  César.  Mais  l'exception 
oxifirme  la  r^le»  et  elle  est  rare. 

Dér.  du  bas-bret  Braw,  ou  du  lat.  Bravimm.  —  Vay. 
Brâou, 

Btanréf  éto,  adj.  Dim.  Bravoù,  brawmné,  bravounito. 
Joli;  gentil;  mignon.  C'est  là  un  exemple  frappant  de  la 
dégénérescence  des  mots,  quand  ils  passent  par  dififi^rentes 
filières  et  aiwôs  un  long  laps  de  temps.  Celm-ci  a  la  même 
origine  que  le  précédent,  et  voilà  leur  radical  brâou,  tau- 
reau, qui  finit  par  différentes  cascades  à  Tadj.  bravouné, 
geotillei»  qui  semble  la  qualité  la  plus  antipathique  avec 
lui. 

Bravén,  t.  m.  Nature  particulière  de  terrain  assez  fer- 
tile et  bon  surtout  pour  la  vigne,  mais  difficile  à  labourer 
en  bonne  saison  ;  car  il  est  très4ur  avec  la  sécheresse  et 
argileux  par  la  pluie.  Il  est  composé  d'un  mélange  de  limon 
et  de  schiste. 

Bravonro,  s.  f.  Honnêteté  ;  pi^ité.  Ne  signifie,  jamais 
bisvouie  ou  courage. 

Dér.  de  Brave. 

Brégadièy  s,  m.  —  Voy,  Bérgadiè. 

Bcègado,  «.  f.  —  Voy.  Bérgado, 

Brégan,  t.  m.  —  Voy.  Bérgan, 

Brtflandajet  s.  m.  —  Voy.  Bérgandaje, 

Brégandèia,  v.  —  Voy.  Bérgandésfa. 

Bségo,  i.  /.  Noise;  chicane;  queorelle  d'Allemand.  — 
Cérq^a  Mgo^  chercher  noise. 

Dér.  du  gallois  Breg,  mptue.  En  esp.  Brega,  en  itd. 
Briya,  dispute. 

Brégoùs,  ouso,  adj.  Dim.  Brégousé;  péfj.  Brégotiuas. 
Querelkiv  ;  hargneux  ;  tracassier.  —  Chi  brégoia  a  las 
âonrésae  i>irménou$o$,  chien  hargneux  a  les  oreilles  déchi- 
rées :  le  dicton  se  comprend  de  reste  et  ne  s'applique  pas 
sepfement  aux  animaux. 

Dér»  de  Brégo. 

Brin*  t.  m.  Son,  partie  la  plus,  grossière  du  blé  moulu. 
—  BéMfré  éou  brén  ePiarJe  à  la  farino,  économe  de  bouts 
de  chandelle;  il  ménage  la  paille  et  prodigue  le  grain. 

Dér.  du  bas-bret.  Brenn,  même  sign.  Il  a  formé  le  frv 
Iran,  excrément,  bran  de  son,  qui  est  le  son  véritable  du 
faifoean.  Tous  ces  mots  n'ont  aucune  espèce  d'analogii0im 
en  lai.  ni  eix  gr*,  ni  dans  les  langues  modernes  qui  ont 
pQîiéà  œlte  somce*  La  racine  celtîqne  est  iDrcéet. 

Brinoûii  ouaot  adj^  Qui  conlîenjt  trop  de  son,  en  par* 


lant  du  pain  ;  défaut  de  toute  autre  préparation  culinaire 
qui  n'est  pas  liée,  ou  qui  est  graveleuse. 

Dér.  de  Brén. 

Brèa,  s.  m.  Dim.  Bresse.  Au  plur.  Brèsses.  Berceau 
d'osier;  barcelonnette  d'enlant  Aufig.  jeune  âge;  commen- 
cement, lieu  où  une  chose  a  commencé.  —  Ou  a  prés  àou 
brèa,  c'est  un  dé&ut  qu'il  a  pris  au  berceau.  Gna'n  pUn 
brès,  loc.  prvb.,  il  remplit  son  berceau,  en  parlant  d'un 
gros  enfant,  quidquefois  même  d'un  adulte.  On  dit  d'une 
femme  qui  désire  ardemment  des  enfants  :  Àh  boutas/  Ioh 
fariè  en  tout  lou  brès,  ah  1  mon  Dieu  !  elle  consentirait  à 
accoucher  d'un  enfant  tout  botté,  tout  éperonné.  La  grano 
dé  brés,  les  petits  enfants. 

Dér.  du  lat.  Versus,  part.  pass.  de  versare.  Cependant 
quelques-uns  le  tirent  du  gr.  Bpd^eiv,  dormir,  oude  Bpdbvetv, 
agiter. 

Brés  (Séu-),  s.  m.,  n.  pr.  Saint-Brès,  commune  dans 
le  canton  de  Saint-Ambroix  (Gard).  Brés  est  la  traduction 
du  nom  pr.  Brioe,  Saint-Brice,  disciple  de  saint  Martin  de 
Tours,  vers  le  milieu  du  V*  siècle  ;  du  lat.  BrieHus. 

Brésoan,  s.  m.,  ou  Brisquo,  ou  Brisoaa.  Brisque,  bris- 
can,  nom  qu'on  donne  aux  as  et  aux  dix  du  jeu  de  mariage 
ou  de  biscambille. 

Bréal,  s.  m,,  n.  pr.  de  lieu.  Brésis,  quartier  du  terri- 
toire d' Alais,  au  midi  et  sud-ouest  de  la  mcHitagne  de  Saint* 
Germain-de-Montaign,  et  que  l'abbé  Teissier,  notre  compa* 
triote,  ainsi  que  d'autres  après  lui,  soutiennent  avoir  été 
Prusianus,  l'habitation  de  Tonance  Ferréol,  préfet  des  Gau- 
les au  V*  siècle,  décrite  par  Sidoine-Apollinaire. 

Brési  serait  une  altération  du  nom  lat.  Prusianu». 

Bréail,  s.  m.  Brin  ;  fétu  ;  résidu  en  poussière  ;  petite 
parcelle;  débris  de  charbon  qui  restent  au  fond  d'un  sac. 

Dér.  de  Brîfo. 

Bréaqno,  s.  f.  Rayon  de  miel;  gauffire  ou  gâteau  de 
cire  ;  cire  avec  ses  alvéoles  planes,  telle  qu'elle  est  on 
qu'elle  sort  de  la  ruche.  — '  Bâtonnet;  jeu  du  bâtonnet; 
jeu  d'enlanl. 

Dér.  du  bas-bret.  Bree,  cassant.  En  allem.  Breehm, 
rompre,  briser. 

Bréata,  v.  Bercer,  donner  le  branle  à  un  berceau; 
balancer  un  enfant  dans  son  berceau  pour  l'endormir.  — r 
Se  bréssa,  se  dandiner,  se  balancer  lourdement  en  mar* 
chant,  comme  font  les  béliers  et  les  gens  chaussés  de  gros 
sabots. 

Dér.  par  métathèse,  du  lat.  Versare,  agiter. 

Brètâo,  t.  f.  lit  en  planches  d'un  valet  d'écurie  dans 
l'écurie  même;  cabane  de  berger  portative  pour  ooudier 
dehore,  couverte  le  plus  souvent  en  paille. 

Augm.  deBf^. 

Brésaolp,  s.  f.  Dim.  BréstoMio,  Lit  d'enfant  à  bar- 
reaux ;  table  à  rebonis,  avec  des  pieds  en  batean»  sur 
laquelle  on  pose  le  berceau  d'un  enfant,  pour  l'élever  au 
niveau  du  lit  de  la  nourrice  et  lui  imprimer  au  bescMn 
le  balancement  qui  lebei«e  etTendort. 


140 


BRE 


BRI 


Bréthmat,  f.  m,,  n.  pr.  de  lien.  Brethmas,  écart  de  la 
commune  de  Saint-Hilaire,  à  laquelle  il  donne  son  nom, 
Sini-Àlari-dé-Bréthmas,  canton  et  arrondissement  d*Alais. 
D*antiqaes  raines  découvertes  dans  ce  quartier,  des  restes 
de  toiles  et  de  poteries  gallo-romaines,  sans  doute,  font 
remonter  assez  loin  son  origine  et  son  nom. 

Ce  village  est  mentionné  dans  une  ancienne  charte  qui 
mérite  d'être  rapportée.  —  Hist.  gén.  de  Lang.,  t.  I*',  pr. 
p.  35.  —  C'est  une  donation  faite  vers  Tan  840  à  Tabbaye 
d'Aniane.  Trademu$  rw  quœ  êurU  in  Urrilorio  nemauêêiui 
tubwbio  castra  andusianensi,  sive  infra  ipsum  pagum,  vilia 

cui  vocabulum  est  Berthamates ,  hoc  est  cum  mansis, 

eampis,  curtiset  hortis,  cum  exeis  et  regressis,  cum  ecclesia 
Sancti  BUarU  eonstrueta,  neenon  (UiU  ecclesiU  quœ  infra 
terminum  de  ipsa  villa  fUndata  fuerlnt,  cum  Matis  et 
mansionilnu  ad  Bertomates  €upicientibus. 

Le  nom  porté  dans  cet  acte  avec  une  légère  variante  se 
trouve  au  dénombrement  de  la  sénéchaussée,  en  4384, 
S.  YlariuM  de  Bretomanso. 

Il  n'y  a  rien  à  dire  de  la  dernière  portion  du  mot  Mates, 
identique  à  Maxes  et  Mages,  traduit  par  le  latin  mansus 
et  abrégé  selon  les  règles  par  le  lang.  et  le  fr.  en  mas.  Sa 
forme  au  pluriel  parait  moins  l'indice  d'une  agglomération 
que  la  réunion  ou  la  proximité  d'un  certain  nombre  de 
«Mifuî  dans  sa  dépendance.  La  première  partie  jouit  d'une 
possession  d'état  fort  respectable,  et  Bertho,  Br^o  pour 
sigmfier  breton  ;  par  où  on  arrive  à  Mas  du  Breton, 

En  contestant  cette  facile  interprétation,  je  ne  voudrais 
pas  me  faire  une  méchante  afEûre  avec  ce  Breton  breton- 
nant,  qui,  à  une  époque  assez  reculée,  nous  aurait  laissé  le 
nom  de  son  pays,  plutôt  que  son  nom  propre,  ce  qui  est 
étrange  d'abord,  liais  l'existence  même  de  cet  étranger 
transplanté  aux  bords  du  Gardon  ne  me  semble  pas  encore 
sufiBsamment  attestée  par  une  simple  dénomination,  à 
laquelle  on  peut  assigner  dans  notre  langue  vulgaire  une 
origine  et  une  raison  plus  naturelles.  En  eflfet,  si  Bertho- 
mates,  Bretomansus,  Brethmas  a  eu  pour  parrain  un  Breton 
quelconque,  le  droit  d'invoquer  pareille  descendance  au 
même  titre  appartient  à  une  petite  pUce  de  la  ville  d'Alais, 
ai^ée  en  fr.  BerthoU  aujourd'hui,  en  lang.  Brétolo,  et 
dans  une  proclamation  de  l'an  4388,  — Hss.  de  l'Hôtel-de- 
Ville,  —  trMum  de  Berthola.  C'est  la  même  racine  et  le 
même  mot.  Or  cette  place,  au  moyen  Age,  à  proximité  du 
Marché,  était  le  lieu  spécial  où  se  cantonnaient  et  s'éta- 
laient les  denrées  a[^rtées  des  Gévennes  avec  la  Ifréto,  la 
hotte  montagnarde,  ou  dans  le  bértotU,  brétoul,  panier  fait 
de  minces  lames  de  bois;  peu^ètre  aussi  y  avait-il  là  une 
industrie  de  fabrication  de  brétos  et  de  bértouls.  Elle  en  a 
retenu  le  souvenir.  Les  deux  noms,  en  tous  cas,  qui  ont 
contribué  à  faire  celui  de  Brétholo,  Birthole,  dérivent  du 
gaulois  brett,  en  lat.  lignum,  bois,  planche,  éclisse,  ser- 
vant à  faire  britos  et  bértouls.  Mais  les  analogies  nous 
viennent  encore  en  aide.  Le  nom  propre  BreteuU  n'est  pas 
plus  breton  d'origine  que  notre  Brethmas  et  que  notre 


Brétolo,  son  correspondant  direct,  avec  la  différence  du 
dim.  roman  euil  au  dim.  lang.  ol  ou  olo.  Et  l'on  sait  que 
le  nom  de  cette  ancienne  famille  était  autrefois  Tonnelior, 
changé  depuis  en  BreteuU,  son  équivalent  synonjrme,  plus 
noble  et  plus  sonore  peut-être  mais  sorti  de  la  même  souche, 
exprimant  la  même  idée,  fait  du  même  bois,  brett.  Pareil- 
lement pour  Bretehe,  vieux  mot  fr.  signifiant  fortifications 
de  bois,  dans  Du  Gange  Bretechiœ,  castdla  lignea.  Dans 
tout  cela  pas  la  moindre  trace  d'un  Breton. 

La  dérivation  pour  Brethmas  nous  parait  donc  fort  pro- 
bable, en  y  faisant  entrer  brett,  soit  que  le  montiif  pri- 
mitif fût  construit  en  planches,  soit  qu'il  ait  été  établi 
dans  un  pays  couvert  de  bois;  les  deux  hypothèses  peuvent 
être  également  soutenues. 

Brève,  s.  m.  Brevet,  privilège  ;  acte  portant  concessioii 
d'une  grâce,  d'un  don,  d'une  autorisation. 

Emp.  au  fr. 

Bréréta,  ado,  a4f-  et  part.  pass.  Breveté;  qui  est 
pourvu,  muni  d'un  brevet. 

Emp.  au  fr. 

Biîa,  V.  Briller;  reluire  ;  jeter  une  lumière  étincelante; 
avoir  de  l'éclat. 

Emp.  au  fr. 

Brian,  auto,  adj.  Brillant,  qui  a  de  l'éclat  ;  qui  reluit. 

Emp.  au  fir. 

Brida,  v-,  mieux  Embrida.  Brider,  mettre  la  bride  ; 
lier,  arrêter,  attacher.  —  M'an  bien  brida  et  séngla,  on 
m'a  joliment  lié  et  garrotté,  dit-on  proverbialement,  quand 
on  vient  de  passer  un  acte  qui  vous  lie  fortement.  Sén  bri- 
das, nous  sommes  arrêtés,  liés.  Sauvages  traduit  :  nous 
jeûnons.  Très-juste  :  la  loi  est  la  bride.  Brida  Vase  pér  la 
guuio,  prvb.,  prendre  une  aflkireà  contre-pied;  agir  à 
contre-sens. 

Les  étym.  paraissent  nombreuses  :  d'abord  le  oelt.  bridé, 
puis  le  vieux  saxon bridel,  bridl,  même  motet  même  signi- 
fication, le  gr.  éolien  Bputi{p,  pour  ^uti{p,  tirer,  parce  que  U 
bride  sert  à  tirer.  En  ital.  briglia;  en  esp.  brida,  bride. 

Bridèl,  s.  m.  Dim.  BridéU;  péj.  Bridélas.  Bridon;  filet 
à  mors  brisé,  sans  branches  ni  bossettes. 

Dér.  de  Brida. 

Brido,  s.  f.  Dim.  Bridéto,  péj.  Bridasso.  Bride;  partie 
du  harnais  d'un  cheval  qui  sert  à  le  ccmduire;  petite  bande 
de  toile  ou  d'étofle,  attachée  au  béguin  d'un  enfant,  aux 
bonnets  et  aux  chapeaux  de  femme,  destinée  à  passer  sooi 
le  menton,  pour  retenir  ces  coiffures.  —  Trépa  émbé  ta 
brido,  ou  émbé  lou  eabésire,  jouer  avec  sa  queue  à  la 
manière  des  jeunes  chats  ;  se  dit  des  gens  tràs-jeunes  qui 
ne  prennent  nul  souci  et  se  font  un  jeu  de  tout.  -~  Tby. 
Cabéstre. 

Dér.  de  Brida. 

Brido-monsqao,  t.  m.  Cogne-fétu;  tatilkm;  qui  fait  de 
grands  embarras  de  petite  chose;  homme  fluet,  fiMe,  débile. 

Bridoulo,  s.  f.  Dim.  Bridouléto.  Bois  de  jeunes  tdoni 
refendu  en  lames  fort  minces,  que  l'on  tressepour  fûn  lea 


BRI 


BRI 


14t 


piHaronê,  hértotUos  et  eampanèjes,  (F.  cm.)  Les  jeunes 
pousses  de  châtaignier  sauvageon  sont  considérées  comme 
les  plus  favorable;  à  cet  effet,  on  les  aménage  en  taillis  et 
on  les  coupe  tous  les  trois  ans. 

Dér.  de  Brido. 

Brignoà,  «.  m.  Mgnoie;  prune  de  mirabelle,  la  plus 
petite  de  tontes  les  espèces.  Elle  est  d'un  assez  beau  jaune 
quand  elle  est  mûre. 

Gomme  son  nom,  et  surtout  son  représentant  fr.  Tin- 
dique,  ce  fruit  vient  de  Brignoles,  en  Provence,  où  il  est 
cultivé  avec  succès,  et  où  Ton  fait  des  conserves  de  prunes 
ttéfr-rmommées. 

Brignoun,  s.  m.  n.  pr,  de  lieu.  Brignon,  commune  du 
cantcm  de  Vézénobres,  arrondissement  d*Alais.  La  tradi- 
tion donne  à  ce  viUage  une  origine  fort  ancienne. 

Le  nom  de  Brignoun  sous  la  forme  Briginn,  est  un  de 
ceux  qui  sont  inscrits  sur  un  petit  monument  du  musée 
de  Nimes,  portant  les  noms  de  onze  localités  du  territoire 
des  anciens  Voices  Arécomiques.  Il  occupe  le  second  rang 
dans  le  deuxième  groupe,  qui  parait  avoir  pour  chef-lieu 
UceUa,  Uzès.  L'attribution  de  Briginn  à  Brignoun,  Bri- 
gnon* n*esl  pas  douteuse.  Dans  l'inscription  le  mot  est  évi- 
demment abrégé  de  la  dernière  syllabe  à  cause  des  dimen- 
sions du  piédestal;  il  devrait  se  terminer  en  o,  Briginno, 
simple  nom  de  localité  avec  la  finale  celtique  si  commune, 
on  en  ontê,  au  plur.,  si  on  veut  l'appliquer  aune  peuplade, 
BrigtnnonBi,  La  traduction  latine  du  moyen  âge  donne 
raison  à  cette  désinence.  La  basse  latinité  des  Gartulaires 
disait,  en  efiEét,  en  4207,  Brinnonum,  en  4273  Brinno,  en 
4384  et  4384  Brinhonum,  en  4435  Brinhon,  dont  le  lan- 
guedocien a  fait  Brignoun  et  le  fr.  Brignon.  Ici  se  remarque 
la  transformation  du  g  entre  deux  voyelles,  dont  la  pro- 
nonciation était  mouillée,  ce  que  le  latin  rendait  en  plaçant 
un  à  on  un  t  après  n,  et  que  nous  avons  repris  par  notre 
gn  qui  produit  le  même  effet  ;  les  exemples  sont  nom- 
breux. 

Dans  le  voisinage  on  a  découvert  des  restes  d'antiquités 
romaines  ou  gallo-romaines;  un  monticule  où  l'on  prétend 
q[aB  l'ancien  village  était  établi,  porte  le  nom  de  Sére  dé 
Briàto,  colline  dé  Brienne,  et  un  ruisseau  est  aussi  appelé 
Jhéouno,  Branne  ;  ce  sont  autant  de  dérivations  du  celtique 
Brigitui. 

<2uant  à  l'étymdogie  du  mot,  on  trouve  en  gallois  Bri- 
ggtm,  dme,  sommet,  extrémité,  bout,  où  l'on  reconnaît  la 
racine  bri.  M»,  In-m,  colline,  élévation,  hauteur,  qui  a 
donné  avec  le  même  sens  dans  diverses  langues  ber,  bir, 
herg,  bêm,  Mm.  La  ûtuation  de  Brignoun  justifie  cette 
dénominatii»,  et  son  ancienneté  d'origine  est  également 
étaUie  :  village  sur  une  élévation. 

Brin,  t.  m.  Brin  de  fil;  fil  de  la  soie  sans  être  doublé  et 
tel  qu'il  se  dévide  sur  la  roue  à  filer;  brins  de  chanvre 
dont  est  conyoeée  une  corde,  ou  un  fil  redoublé  et  tordu. 
-^Fkhtndo  à  quair^  brins,  fronde  à  quatre  bouts. 

Ce  mot  parait  dérivé  de  Prin  dont  il  est  la  métathàse. 


n  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  le  mot  prin  vient  évi- 
demment du  lat.  primuM,  Le  fil  dont  on  fait  les  étoffes  est 
doublé,  triplé,  quadruplé;  lorsqu'il  est  simple,  il  se  dit 
brin,  ce  qui  revient  à  premier;  ce  sont  bien  là  dès^Iors  ces^ 
premiers  filaments  qui  restent  dans  la  main  de  celui  qui 
sérance,  les  brins  premiers,  par  excellence. 

Bringo,  s.  f.  Dim.  Bringuéto,  péj.  Bringasso.  Bringue  ; 
rosse;  cheval  maigre;  femme  maigre,  déhanchée,  mal 
bâtie.  —  Mélre  en  bringo,  mettre  en.  pièœs,  en  désarroi. 

Emp.  au  fr. 

Brîou,  s.  m.  Dim.  Brivé,  brioulé.  Certain  temps;  petit 
intervalle  de  temps.  —  Y-a  un  bon  briou,  il  y  a  longtemps. 
If'avès  pér  un  pouli  briou,  vous  en  avez  encore  pour  long- 
temps. Espérarés  un  briou,  vous  attendrez  un  peu.  Y-a'n^ 
brivi,  il  n'y  a  qu'un  petit  instant. 

Dér.  du  lat.  Brevï,  bientôt. 

Briqué,  5.  m.  Dim.  Briquétoù.  Briquet  à  feu,  outil 
d'acier  pour  tirer  du  feu  d'un  caillou  ;  sabre-briquet  courte 
à  l'usage  de  l'infanterie;  jeune  gars,  blanc-bec;  homme 
sans  valeur  et  sans  consistance;  petit  homme,  au  physique 
et  au  moral  ;  petit  et  mauvais  cheval,  criquet.  —  Batre 
dàou  briqué,  au  fig.  être  cagneux,  avoir  les  genoux  qui  se^ 
heurtent  en  marchant. 

Emp.  au  fr. 

Briqno,  t.  f.  Dim.  Briquéto  ;  péj.  Briquasso.  Brique, 
terre  argileuse  pétrie,  montée  et  cuite,  qu'on  emploie  dans^ 
les  constructions.  —  Briquo  énvémissado,  brique  vernissée. 
Briquo  eanéludo,  brique  à  crochet,  qui  sert  à  faire  des- 
voûtes. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Briea, 

Brisa,  V.  Briser;  casser;  rompre,  mettre  en  pièces; 
réduire  en  poudre. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Brisare,  presser. 

Brisai,  t.  m.  Dim.  Brisaïé.  Menus  débris  de  pierres; 
petits  fragments,  réduits  en  poussière,  de  tout  corps  dur 
très-divisé. 

Dér.  de  Briso. 

Briso,  s,  f,  Dim.  Briséto,  s.  f.  Brisouné,  s.  m.  Miette  ; 
brin  ;  parcelle  ;  morceau  détaché  d'un  plus  grand  ;  miette 
de  pain.  —  Douna-mé  n'é'no  briso,  donnez-m'en  un  petit 
morceau.  Né  résto  pa'no  briso,  il  n'en  reste  pas  un  fétu,  il 
n'en  reste  rien.  N'avédre  dé  las  brisos,  en  avoir  des  écla- 
boussures.  Aou  foun  dâau  sa  s'airobou  las  brisos,  prvb., 
au  fond  du  vase  la  lie  ;  au  dénouement  les  angoisses.  Las 
brisos  né  sâoutavou  âou  capèl,  on  mangeait  de  si  grand 
appétit,  on  cassait  si  vivement  la  croûte,  que  les  éclats, 
les  miettes  en  volaient  au  loin. 

Las  brisos,  châtaignes  sèches  qui  ont  été  brisées  en  les 
battant  pour  les  d^uiller.  Cette  espèce  de  châtaignes  a 
un  peu  moins  de  valeur  au  marché  que  les  autres,  psurœ 
qu'elle  se  met  en  marmelade  en  cuisant  ;  mais  elle  est  aussi 
bonne,  préférable  même,  si  on  veut  la  moudre  en  farine 
pour  raJ>reuvage  des  porcs,  parce  que  généralement  ce  sont 
les  châtaignes  de  meilleure  qualité  et  les  plus  sèches  qui  se 


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BRO 


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brisent  le  plos;  œlles  qni  sont  avariées,  moisies  ou  ver- 
moulues contenant  une  humidité  qui  les  préserve  de  se 
concasser. 

Dér.  de  Bri$a, 

BriBO-baro,  «.  m.  Ecervelé;  indompté;  tranche-mon- 
tagne ;  qui  se  met  au-dessus  des  lois. 

Comp.  de  Brùo,  brisa,  et  haro. 
'  Brisqué  I  inUrj,  intraduisible,  qu'on  adresse  à  quelqu'un 
qui  commet  une  incongruité  en  parole  ou  en  action  sales. 

Ce  mot  parait  la  contraction  et  un  sous-entendu  de  : 
brusquez  la  politesse. 

Brivado,  s,  f.  Dim.  Brivadéto.  Séance,  durée  d'un  tra- 
vail entre  ses  diverses  interruptions;  séjour.  —  Y-avèn  fa 
uno  bono  brivado,  nous  avons  fait  une  bonne  séance  de 
travail.  —  Ha  aussi  toute  la  portée  de  Briou;  on  dit  bien 
et  également  :  Y-a  un  bon  briou  et  uno  bravo  brivado, 
pour  :  il  y  a  un  long  espace  de  temps. 

Dér.  de  BrUrn. 
^  Broclio,  t.  f.  Dim.  BrouehUo,  mieux  :  Haste,  Broche 
de  cuisine;  e^éce  de  longue  aiguille. 

Dér.  de  Broquo,  parce  que  les  premières  broches  étaient 
un  pieu  de  bois,  une  bûche.  Sauvages  prétend  qu'il  y  a 
des  bâtons  d'un  certain  bois  dont  les  fibres  sont  de  leur 
nature  tellement  torses  que  la  chaleur  les  fait  détordre,  et 
que  les  viandes  qu'on  y  embrochait  autrefois,  tournaient 
d'elles-mêmes.  Probablement  ce  n'étaient  que  des  moineaux 
ou  tout  au  plus  des  grives,  avec  lesquels  on  pouvait  se 
permettre  cette  économie  de  tourneur  ou  de  tourne- 
broche. 

Brode,  f .  f.  Paresse  ;  fainéantise  ;  mollesse;  indolence  ; 
pcûduites  par  l'ennui  ou  par  une  certaine  disposition  d'es- 
prit ou  de  corps  semblable  au  »pUm  anglais.  Ce  n'est  pas 
une  paresse  habituelle,  mais  accidentelle»  un  entrainement 
irrésistible  et  momentané  au  far-niunte,  qui  donne  dn 
dégoût  pour  le  travail  et  par  conséquent  de  l'inapti- 
tude. 

Les  ouvriers  de  Paris  appell^t  cette  disposition  :  avoir 
la  flème,  ce  qui  veut  dire  :  avoir  la  hrpdo*  être  plus  en 
train  de  flâner  que  de  travailler.  —  La  brodo  mé  gagno, 
l'ennui»  le  dégoût  me  gagnent;  Je  ne  suis  bon  à  rien,  ^igti^ 
Un  fa»  véni  la  brodo,  ce  temps  lourd  donne  des  vapeurs, 
de  la  lassitude  dans  les  membres,  de  la  mélanoolie  dans 
l'esprit.  Mi  donêi  la  brodo,  tu  m'ennuies. 

Dér.  du  gr.  Bpcûà^,  lent,  BpiSoc,  lenteur. 

Broquo,  «.  f»  Dim.  Brouquito,]^.  Brouquoim.  Bâche; 
bâton  toit  ;  sci(xi  d'arbre  sec.  —  Lou  touqaarièi  pa$  énd'%mo 
broquo,  je  ne  le  toucherais  pas  avec  des  iMUcetles,  Porto  uno 
broquo,  lou  fia  s'amouêMo,  apporte  une  bûche,  le  feu  va 
s'éteindre.  S'arrapo  uno  broquo/  si  je  prends  «a  bâton» 
gaie! 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Broea,  branche  d'arbre,  édudas» 
broussaille. 

Broquo-quioii  (à),  adv.  Tout  de  traven;â  la  diable* 
~  Trav^ia  à  broquo^uiou,  gâter  l'ouvrage,  eA  se  hâtant 


trop  et  ne  faisant  nulle  attention  :  va  comme  je  te  pousse. 
Aqud  s'apèlojuja  à  broquo^uiou,  voilà  qui  s'appelle  jugé 
à  la  diable,  dit  un  jdaideur  qui  perd  son  procès»  dans  les 
vingt-quatre  heures  bien  entendu,  et  quelquelÎMS»  avec  ptos 
de  raison,  après  ce  délai  de  tolérance. 

Dér.  d'un  jeu  d'écolier  qui  porte  ce  nom  et  qu'on  nomme 
en  fr.  broche-en-cul. 

Brou,  «.  m.  Dim.  Brouté,  Jeune  pousse  des  arbres;  brin 
détaché  d'une  plante;  trochet  de  fleurs  ou  de  fruits;  bour- 
geon. —  Un  brou  dé  sâouvio,  dé  viàouHè,  dé  ba$ali,  vm 
branche  de  sauge,  de  giroflée;  un  brin  de  basilic. 

Dér.  du  celt.  Brout  ou  Brot,  brin ,  d'où  la  bass.  lat. 
BrogUum,  Bruillum,  BroUum,  petit  bois»  broussailles;  on 
du  gr.  BptSio,  bourgeonner. 

Brou,  «.  m.  Terme  de  boucherie,  pièce  du  poitrail  d'un 
mouton,  qui  répond  au  grumeau  du  bœuf;  haut  côté  de  la 
poitrine. 

Dér.  du  V.  m.  Brutz,  sdn,  poitrine. 

Broucanta,  v.  Brocanter;  acheter,  revendre  ou  troquer; 
vendre  par  échange;  vendre  du  brio4-brac,  des  marciiaa- 
dises  d'occaûon. 

Dér.  du  lat.  Becantare,  se  dédire,  parce  que  ce  genrç  de 
revendeurs  avaient  autrefois  vingt-quatre  heures  pour  se 
dédire,  et  rompre  leurs  marchés. 

Broucantur,  nrdo,  adj\  Brocanteur;  celui  qui  sans  être 
marchand,  a  la  manie  de  brocanter,  d'échanger,  de  troquer 
ce  ({ui  lui  appartient,  comme  chevaux,  voiturest»  meuUes. 

Dér.  de  Broucanta. 

Broacbado,  «.  f.  Dim.  Brouehadéto.  Brochée  ;  hàtelettes; 
enfilade  de  petifs-pieds  à  la  broche. 

Dér.  de  Broeho. 

Brouda,  v.  Broder. 

Emp.  au  £r. 

Broadariè,  «.  f.  Broderie. 

Emp.  au  fr. 

Brouduso,  «.  f.  Brodeuse. 

Emp.  au  fr. 

Bronèto,  s.  f.,  ou  BrouTÔto.  Brouette.  —  7oy.  Barisfe. 

Brouîa,  v.  Brouiller,  semer  la  discorde;  mette  le  de* 
sordre.  —  Se  brouta,  se  brouiller  avec  quelqu'un;  d'ami 
devenir  ennemi. 

Dér.  de  l'ital.  Brogliare,  imbroglio. 

Bronîadiflso,  t.  /*.  Brouillerie,  méslntelligenoe. 

Dér.  de  Bnnna, 

Barontar.  s.  m.  Dim.  Broutçrdé;  pé|.  Broutanfoi-  Brouil- 
lard ;  nuage.  — Lou  brovXar  a  mouqma  kui  tignot,  la  gibou- 
lée a  fait  p^rir  les  boiirgeons  de  la  vigne. 

Broniar,  en  st^e  d'écolier,  est  le  brouillon»  cahier  on 
écrit  qui  n'est  pas  mis  au  net.  —  Popiè  bromeiardf  pépier 
gris,  qni  boit. 

Dér.  dnkt.  Pmîaa»  ou  de  la  base.  lat.  Brolhatrduê,  m.  sig. 

Bioiûarda»  ard^do^  a^i-  Couvert  da  brame»  ohai|6  de 
brouillards^ 

Dér-  de  BrouUur. 


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Broido,  «.  f.  Bronille;  mésintelligence  légère;  petite 
bronillerie.  Le  même  que  Brouuidissa,  mais  avec  une 
nuance  vn  pea  pins  foncée. 

Dér.  de  JDnniKa. 

Bronn-bronn,  s.  m.  et  €uiv.  Hurlu-berlu;  étourdi; 
étooidiment,  en  renvecsant  tout.  Onomatopée.  Viendraitril 
du  1^.  Bpovni,  tonnerre? 

ftroil&das,  f.  m.  Dim.  Broundassoû;  péj.  Broundauoi. 
Rameau  de  chène-v^  avec  tontes  ses  feuilles,  dont  on  se 
sert,  en  guise  de  balai,  pour  amonceler  les  feuilles  mortes 
et  les  bérissons  de  châtaigniers;  brandes,  bourrée. 

Dér.  et  augm.  de  Broundo. 

Broundio,  i.  f.  Aamilies,  émondilles,  broutilles;  débris 
de  menu  bois  qui  reste  après  qu'on  a  dépecé  des  arbres,  ou 
élHranché. 

Dim.  de  Broundo, 

Broundioù,  i.  m.  Brindille,  petit  morceau,  petit  édat  de 
bois. 

Dim.  de  Broundïo. 

Broudo,  «.  /.  Bourrée; brandes;  fagots  de  menu  cbène- 
vert  ou  de  broussailles,  dont  se  servent  les  boulangers,  les 
potiers  de  terre  et  autres  pour  chauffer  leur  four. 

Dér.  du  lat.  Frons,  Frondit,  ramée,  feuillage,  qui,  par 
apocope  et  changement  de  f  en  b,  avait  fait  dans  la  bass. 
lat.  Bnmda,  menues  branches. 

BroiiBqiia,  v.  ou  Bmqna.  Broncher,  faire  un  faux  pas 
en  heurtant  du  pied  contre  quelque  chose.  —  Que  bmquo 
•f  noun  tombo  avanço  eamï,  prvb.  qui  bronche  sans  tomber 
accélère  ses  pas;  c'est-à-dire  on  apprend  en  faillant. 

Dér.  de  l'ital.  Bnmdare,  broncher,  et  Broneo,  tronc, 
touche,  henrter  contre  une  souche. 

Bronnqiiadp,  «.  f,  ou  Bmqnado.  Bronchade;  action  de 
broncher;  faux  pas  d'un  cheval. 

Dér.  de  Broungtia. 

fooucaire,  airo,  a^f,  ou  Bmquaîre,  airo.  Qui 
bronche;  qui  est  sujet  à  broncher;  cheval  qui  n'a  pas  les 
jambes  acdides. 

Dér.  de  Briwnqua. 

Bnmna,  v.  Bronzer;  donner  au  fer  une  couleur  bleuâtre 
pour  le  préserver  de  la  rouille,  ce  qui  se  fait  à  un  feu  trés- 
vif.  Au  fig.,  cuirasser  contre  les  douleurs  de  l'âme  et  du 
QOips;  aguerrir,  rendre  insensible  à  la  soufErance;  devenir 
dur  comme  le  bronze. 

BrouBsa,  part.  pa$ê.  Bronzé,  couleur  de  bronze;  teint  en 
Bûûr.  —  StHiXèê  brounMQ$,  souliers  de  peau  teinte  en  noir, 
piéseiilant  le  velouté  de  la  peau,  à  l'eitérieur. 

Dér.,  disent  aucuns,  du  celt.  Bronex,  m.  sig. 

BrouBid,  V.  Se  rôtir  outre  mesure,  se  dessécher  au  feu; 
noircir  comme  bronze;  bronzir  par  le  froid,  qui  produit  le 
même  effet. 

Dér.  de  même  que  Brounza. 

Bvoimili^-  Siflet»  bmiie,.  en  passant  comme  font  les 
baUes,  les  bootets,  une  pierre  lancée  avec  une  £ronde.  Au 
fig.,  murmurer,  grogner,  marmotter,  gnmder.  —  Loê  baioi 


brounzissièou,  les  balles  nous  sifflaient  aux  oreilles.  Dé  gué 
hrounsiises  din  toun  eantoù?  qu'as-tu  à  murmurer,  à  gro- 
gner dans  ton  coin?  —  Voy.  Brounzina. 

Dér.  du  gr.  Bpu^^,  hurlement. 

Brounâdoù,  «.  m.  ou  Rouflo.  Loup,  instrument  de  jeu 
pour  les  écoliers,  fait  d'une  petite  planche  fort  mince  atta- 
chée au  bout  d'un  cordon.  Ils  le  font  tourner  très-vivement 
au-dessus  de  leur  tète,  et  produisent  par  ses  vibrations  dans 
l'air  un  frémissement  sourd,  un  brounximén,  qui  imite  le 
hurlement  du  loup. 

Dér.  de  Brounzî, 

Bronnzimén,  «.  m.  Bruissement;  sifflement  d'un  projec- 
tile ;  frémissement  de  l'air  produit  par  le  frôlement  d'un 
corps  quelconque;  frôlement  d'une  robe,  d'une  étoffe. 

Dér.  de  Brounzi. 

Brotmslna,  v.  —  Voy,  Brounzï,  siffler,  bruire. 

Bronnaânaïre,  airo,  adj.  Péj.  Brounzinaïrat. Grondeur; 
grommeleux;  qui  marmotte,  qui  aime  à  gronder;  qui  mar- 
ronne. 

Dér.  de  Brounzi, 

Brouqua,  v.  Planter  des  oseraies,  des  saulsaies.  L'osier, 
le  saule,  le  peuplier  se  plantent  par  simples  boutures  dans 
les  graviers  les  plus  secs,  et  ils  y  réussissent  toujours  pour 
peu  qu'ils  trouvent  de  l'humidité  à  la  profondeur  où  l'on 
enfonce  leur  extrémité  inférieure.  Il  faut,  en  général,  les 
planter  après  que  la  sève  s'est  retirée;  cependant  lorsqu'on 
les  plante  dans  l'eau  ou  dans  des  terrains  marécageux,  ils 
prennent  en  toute  saison,  même  en  juillet  et  août. 

Gomme  ces  plantations  se  font  très  en  grand  dans  le  pays, 
au  bord  des  rivières,  soit  pour  en  défendre  les  bords,  soit 
pour  bonifier  les  graviers  inertes  en  arrêtant  les  dépôts 
d'alluvion,  on  prend  très-peu  de  soin  pour  ce  travail  de 
brauquqfô.  On  a  des  scions  de  toute  grosseur,  on  les  coupe 
à  la  longueur  d'un  mètre,  et  l'on  amincit  en  pointe  leur 
gros  bout;  ensuite  on  fait  un  trou  dans  les  graviers  avec 
un  instrument  de  fer  pointu,  appelé  AgvXo,  et  l'on  y  place 
trois  ou  quatre  scions  à  la  fois,  en  se  contentant  d'écraser, 
d'ébouler  le  sable  avec  le  pied  pour  remplir  le  vide  du  trou, 
n  est  rare  qu'aucun  de  ces  plants  reste  sans  pousser. 

Brouqua  s'applique  à  toutes  les  espèces  de  boutures, 
comme  celles  de  la  vigne,  du  figuier,  etc. 

Il  se  dit  aussi,  pour  repiquer  des  plantes  que  l'on  a 
semées  d'abord  sur  couches  et  qu'on  repique  à  distance  dans 
les  jardins  potagers,  comme  l'oignon,  la  betterave,  la  poi- 
rée,  la  laitue,  la  chicorée,  le  céleri,  etc. 

Dér.  de  Broquo,  dans  la  première  acception,  à  cause  des 
scions  qu'on  emploie  et  qui  se  nomment  Broquo;  dans  la 
seconde,  à  cause  de  la  bûche  qui  sert  de  plantoir  dans  cette 
opération. 

Broaqnaje,  f.  m.  Action  de  planter  des  oseraies;  la 
saison  de  os  travail,  et  surtout  la  masse  des  bois  qu'on  y 
emploie.  —  Aguà't  dé  brave  brouquaje,  éttén  bien,  o'est  du 
bois  très-favorableàplanter  en  oseraies,  il  foisonne  beaucoop. 

Dénr.  de  Brmtqtta. 


144 


BRO 


BRU 


Brouquéto,  «.  f.  Allumette. 

Toutes  les  allumettes  se  faisaient  avec  des  brins  de  che- 
nevotte  coupés  à  quatorze  ou  quinze  centimètres  de  lon- 
gueur, soufrés  simplement  aux  deux  bouts  et  mis  en  paquets. 
De  là  leur  nom  de  Brouquéto9,  dim.  de  Broquo,  parce  que 
ce  n*était  en  effet  que  de  minces  bûchettes.  Il  est  bien 
entendu  qu'aujourd'hui  on  ne  peut  plus  par  cette  raison 
appeler  Brouquétos,  les  allumettes  en  cire  de  Roche  et 
autres.  Aussi  le  lang.  a-t-il  été  forcé  d'adopter  VAluméto. 
Les  gamins  qui  vendent  les  allumettes  à  la  Congrève,  ont 
même  fait  disparaître  à  peu  près  entièrement  les  marchant 
dé  brouquétos,  quâou  né  vôou,  dont  le  cri  est  remplacé  dans 
nos  rues  par  celui  d'alumétos  à  la  Congre,  dou$  cén  pér  un 
4ÔOU.  C'est  du  bien  bon  marché,  mais  c'est  du  bien  mau- 
vais lang.  —  Voy.  Aluméto,  Luquéto. 

Bronqmado,  s.  f,  Dim.  Brouquïadéto.  Fagot  ou  brassée 
de  broutilles  ou  de  bûchettes  ;  ramassis  qu'on  en  fait  dans 
un  bois  ou  au  fond  d'un  bûcher.  Au  fig.,  feu  de  paille,  de 
peu  de  durée. 

Dér.  de  Broquo, 

Brouqniè,  s.  m.  Boisselier;  artisan  qui  fabrique  des 
futailles  de  bas -bord,  telles  que  seaux,  baquets,  cornues, 
cuves  à  lessive,  barillets,  etc.  Les  mêmes  font  les  patins  à 
semelle  de  bois  pour  les  femmes. 

Dér.  de  Broquo,  bois  refendu. 

Brousén,  s.  m.,  n.  pr.  de  lieu.  Brouzen,  quartier  du 
territoire  d'Alais,  en  amont  sur  la  rive  droite  du  Gardon, 
où  quelques  étymologistes  placent  le  PruHanut  du  préfet 
des  Gaules,  Tonance  Ferréol.  —  Voy,  Brési  et  Berén- 
guéri. 

Broussa,  v.  Tourner,  caillebotter,  grumeler;  faire  tourner 
le  lait,  une  crème,  une  sauce  ;  c'est-à-dire  que  la  partie 
butireuse  ou  onctueuse  se  sépare  de  la  partie  séreuse  et  se 
grumelle  par  caillots.  —  Moun  la  tés  broussa,  mon  lait  a 
tourné.  A  broussa  sa  crèmo,  elle  a  laissé  tourner  la  crème. 

Brousao-sâouço,  s.  m.  Gâte^auce,  mauvais  cuisinier 
qui  manque  ses  sauces. 

Dér.  de  Brousso,  parce  que  le  lait  tourné  forme  de  petits 
caillots  assez  semblables  à  la  graine  de  bruyère. 

BrouBSO,  t.  f.  Touffe  de  bruyère  de  la  petite  espèce,  basse 
et  rampante. 

Dér.  du  bas  bret.  Broust,  buisson,  broussaille.  Dans  la 
bass.  lat.  Bruseia, 

Brousso-pèou  (A),  adv.  A  contre-poil  ;  en  sens  contraire 
du  poil;  à  rebours;  de  travers;  au  pr.  et  au  fig.  —  Voy, 
Cronto-piou, 

Bronstio,  s.  f.  Petite  boite  de  sapin,  à  lames  minces, 
refendues. 

En  bas  bret.  Broustet,  branche  aisée  à  refendre.  Dans  la 
bass.  lat.  Brustia. 

Broutél,  s,  m.  Dim.  Broutélé.  Trochet  ou  glane  de  fruits  ; 
jet  d'arbre  qui  porte  une  certaine  quantité  de  fruits  ramassés 
en  bouquet. 

Dim.  de  Brou;  en  celt.  Brout  ou  Brot,  traduit  dans  la 


bass.  lat.  par  Brogilus,  BruiUut,  Brcliut,  qui  signifie  comme 
dimin.  petit  bois,  broussailles  qu'on  fait  brouter. 

Broutélado,  t.  f.  Quantité  de  fruits  qui  se  trouve  réunie 
dans  un  seul  trochet  ou  sur  une  même  branche. 

Dér.  de  Broutél. 

Bra,  «.  m.  Bruit,  son  ou  mélange  de  sons,  tapage, 
vacarme;  bruissement;  rumeur;  nouvelle  qui  circule; 
dicton;  renommée;  renom.  —  N'ét  pat  bru  que  d'aeà,  on 
ne  parle  que  de  cela.  Né  cours  un  bru,  on  en  murmure  bien 
quelque  chose  dans  le  public.  Faïfotso  bru,  il  fait  beaucoup 
de  tapage.  Crén  pat  bru,  il  ne  se  laisse  pas  intimider.  Un 
home  tant  bru,  un  homme  paisible,  qui  ne  fait  pas  parler  de 
lui.  S'én-ét  douna  lou  bru,  la  nouvelle,  le  bruit  en  a  couru. 

Dér.  du  bas  bret.  Brud,  Brut,  bruit,  rumeur,  ou  du  gr. 
Bou6(t)v,  rugissement,  murmure. 

Bm,  adj.  mate.  —  Pan-bru,  pain-bis.  N'a  pas  d'autre 
application. 

Dér.  du  lat.  Brutut,  grossier;  il  pourrait  être  aussi  une 
altération  ou  une  contraction  de  Brun. . 

Bmèl,  t.  m.  et  n.  pr.,  ou  Braèil.  En  v.  lang.  petit  bois; 
un  fourré  ;  jeune  taillis. 

Il  y  a  dans  l'Aveyron  un  village  et  commune  de  Saint- 
Jean-du-Bruel,  qui  a  pris  cette  épithéte  de  sa  position  dans 
les  bois. 

En  V.  fr.  on  disait  :  breuil,  brouil  et  brel,  auquel  le  mot 
lang.  répond  très-exactement;  et  dans  la  bass.  lat.  on  avait 
dit  :  broilut,  broilum,  brolium  ;  brogilut,  brogilum,  bruUluê. 
Cette  diversité  de  désinences,  attachées  à  un  radical  inva- 
riablement le  même,  donne  clairement  le  sens  dans  lequd 
il  faut  les  entendre  dans  les  différents  idiomes.  La  termi- 
naison lang.  èl  est  diminutive,  comme  le  sont  en  fr.  ses 
correspondantes  directes  en  et,  éU,  euU,  uil,  qui  traduisent 
ou  que  traduit  le  lat.  oilut,  olium,  ogilut,  uillut.  Par  con- 
séquent comme  règle  générale,  tous  les  mots-radnes,  affectés 
d'une  de  ces  finales  égales  entre  elles,  auront  une  signification 
diminutive.  De  plus  les  désinences  en  ol,olt,  ôou,  jol,  joU, 
jôou,  du  languedocien,  rendues  ^toUus,  oliut,  ogilut  latin, 
seront  identiques  à  èl  et  également  diminutives,  comme  dans 
le  fr.  etU,  euU,  èl,  oil  et  ea^,  eaux,  ége,  ellet,  eilet,  aittes, 
eiUet,  oillet,  parfaitement  équivalentes.  De  sorte  que  BruM, 
en  étymologie,  sera  le  même  que  Brueilet,  du  Breuil,  Bme- 
joul,  Bruejols,   Bruèges,   Broglio,   Brouelles,   firoaiUes, 
Bruellcs,  Brouxelles,  Breaux;  et  que  de  la  même  sonroe 
dériveront,  à  part  les  noms  communs,  les  noms  propres 
Bruyère,  La  Bruyère,  Bru^tè^  lang.  Bruguèirole,  Brugas. 
Le  gaulois  Bru,  ou  Brou,  Brout,  bois,  branche,  brin,  est 
atténué  par  sa  désinence  qui  prend  toute  sorte  d'inflexions; 
mais  l'élément  primitif  reste  immuable  et  toujours  recon- 
naissable. 

Bmgas,  t.  m.  Lande  couverte  de  bruyères. 

Péj.  de  Bruguiè. 

Bruguèirolo,  t.  f.,  n.  pr.  d'homme  et  de  lieu.  Bragaei- 
rolle.  Petit  champ  couvert  de  bruyères.  —  Voy.  BruM. 

Dim.  de  Bruguiè. 


BRU 


BRU 


145 


iè,  «.  m.  taillis  de  brayères  à  balais  que  Ton  met 
en  coupe  réglée.  —  N.  pr.  d'homme  :  Bruguier.  Avec  la 
désinence  féminine,  iëiro,  il  est  encore  n.  pr.  de  lieu,  et 
trô»-commun. 

Ainsi  que  nous  Tavons  déjà  remarqué,  les  anciens  radi- 
caux signifiant  bois  ou  forêt  ont  dû  nécessairement  donner 
naissance  à  de  nombreuses  dénominations  dans  nos  pays 
couverts  de  forêts,  de  landes  de  bruyères,  de  hautes  et 
basses  futaies  :  de  là  aussi  les  diminutifs  ou  les  péjoratife 
caractéristiques  d'une  situation  ou  de  Tétat  des  lieux  et  des 
propriétaires.  Aussi  le  primitif  celtique  brug,  adouci  en  dm 
ou  hru$,  bruyères,  broussailles,  que  nos  ancêtres  gaulois 
prononçaient  peutrêtre  broug,  et  dans  lequel  certainement, 
en  latin.  Vu  sonnait  ou,  s'est-il  reproduit  dans  nos  appella- 
tions locales  et  dans  les  noms  d'homme  avec  des  variétés 
nombreuses,  tantôt  en  conservant  sa  consonnance  simple, 
tantôt  en  adoptant  l'euphonie  latine. 

A  propos  du  mot  qui  nous  occupe,  la  plus  ancienne  forme 
connue  du  radical  est  tirée  d'une  inscription  gravée  sur  un 
petit  piédestal  conservé  au  Musée  de  Nimes,  malheureuse- 
ment tronqué,  mais  où  se  lisent  encore  onze  noms  de  loca- 
lités des  Volces  Arécomiques.  A  la  seconde  ligne  de  ce 
monument  est  porté  le  nom  de  Brugetia.  Nous  n'avons  pas 
à  chercher  ici  la  certitude  d'attribution  entre  les  diverses 
localités  qui  auraient,  chacune,  des  raisons  égales  à  la 
réclamer  :  les  savants  ne  sont  pas  d'accord  sur  la  vraie 
position  indiquée.  Cependant  le  mot  nous  reste,  et  la 
divergence  des  opinions  ne  fût  ressortir  qu'une  chose  : 
c'est  que  le  nom  Brugetia  est  aussi  bien  représenté  par 
Brugei,  hameau  de  la  commune  de  Gomillon,  que  par  La 
Bruguière,  canton  de  Lussan,  arrondissement  d'Uzès,  ou 
par  La  Bruyère  près  d'Anduze,  ou  par  Bruyês  de  la  com- 
mune d'Aigaliers;  comme  il  pourrait  l'être  par  Brugèdes, 
commune  de  Sénéchas,  par  Bruèje,  commune  de  Saint- 
Privatrdes-Vienx,  par  Bruguier,  commune  de  Monoblet  et 
Méjeannes-lés-Alais ,  et  par  tous  les  autres  noms  de  La 
Bruguière  répandus  dans  le  département  du  Gard.  Ce  qui 
amène  à  reconnaître  que  tontes  ces  appellations  ont  une 
commune  racine,  et  que,  si  elles  se  distinguent  par  leurs 
suffixes  en  et,  yès,  ède,  ié,  ièiro,  elles  n'en  représentent  pas 
moins  des  localités  où  les  bruyères  étaient  abondantes,  ce 
qui  donne  la  signification;  et  ces  nuances  prouvent  que  ces 
désinences  sont  égales  entre  elles  et  équivalentes,  ce  qui 
donne  raison  à  ce  que  nous  disons  des  suffixes  et  de  la 
composition  des  noms. 

Mais  il  y  a  plus  :  la  difiërence  de  prononciation  dans  le 
radical  multiplie  les  analogies.  Bru  étant  identique  à  Brùu, 
il  s'ensuit  que  les  noms  de  Brouzén  près  d'AIais,  Brouxet, 
commune,  Broussoùt,  près  de  Portes,  dans  notre  arrondis- 
sement, Broussan,  commune  de  Bellegarde  (Gard),  devront 
être  ramenés  à  la  même  signification  désignant  des  lieux 
anciennement  remplis  de  broussailles,  couverts  de  bruyères. 
La  variété  ethnique  des  terminaisons  n'empêchera  pas  de 
les  reconnaître  et  de  les  rapprocher;  elle  ne  servira  qu'à 


démontrer  la  fécondité  de  la  langue  qui  se  prête  harmo- 
nieusement à  ces  modulations  diverses,  à  prouver  la 
richesse  de  notre  idiome  et  sa  souplesse  à  diversifier  la 
forme  sans  altérer  ni  compromettre  le  sens  des  mots. 

Dér,  de  Brus, 

Bmla,  V.  Brûler;  consumer  par  le  feu;  être  en  état  de 
combustion;  brouir,  se  dit  des  effets  produits  par  le  froid 
sur  les  fleurs  et  sur  les  premiers  bourgeons  des  arbres.  — 
Fato-brulo,  jeu  d'enfant  qui  consiste  à  cacher  un  objet  de 
petite  dimension  et  à  le  faire  chercher  par  un  patient.  A 
mesure  qu'il  se  rapproche  de  l'objet,  on  lui  crie  :  fato-brulo/ 
et  quand  il  s'en  éloigne  :  brulo  pas;  par  ce  moyen  on  le 
conduit  petit  à  petit  à  l'objet  lui-même.  Par  suite,  le  mot 
Brûla,  dans  le  langage  ordinaire,  est  devenu  synonyme  de 
se  rapprocher,  être  prêt  à  deviner.  —  Brûles  biin^  tu  es 
sur  la  voie,  tu  te  rapproches  singulièrement  du  but. 

Brûla,  s.  m.  et  part,  pass,  —  Es  un  brûla,  c'est  une 
tête  brûlée. 

Dér.  du  lat.  Perustulare, 

Bmladnro,  s.  f.  Brûlure;  action  du  feu;  sa  trace,  sa 
marque. 

Dér.  de  Brûla, 

Bmlaire,  s,  m.  Poêlon  à  brûler  le  café;  brûloir;  instru- 
ment ou  ustensile  servant  à  cette  torréfaction. 

Dér.  de  Brûla, 

Bmn,  bnrno,  adj,  Dim.  Brune,  éto;  péj.  Brunas,  asso. 
Brun,  brune;  noirâtre;  d'une  teinte  foncée,  sombre;  obs- 
cur; bis.  —  Mouli  brun,  moulin  destiné  à  fabriquer  le 
pain  bis,  parce  que  les  meules  en  étant  plus  serrées  donnent 
un  degré  de  plus  de  trituration  à  la  farine,  ce  qui  rend 
impossible  sa  séparation  d'avec  le  son  au  tamis.  —  Il  est 
aussi  n.  pr.  d'homme.  Brun  :  d'où  son  dim.  Brunêl. 

Dér.  de  l'allem.  Braun,  en  ital.  et  en  esp.  Bruno. 

Braqua,  v,  —  Voy.  Brounqua, 

Bmqnaire,  aîro,  adj,  —  Voy.  Brounquaïre,  àiro. 

Brus,  s.  m.  Dim.  Brttui,  Au  plur.  Brusses,  Bruyère  à 
balais,  Erica  seoparia,  Linn.  Arbuste  de  la  fam.  des  Eri- 
cacées.  C'est  celle  qu'on  emploie  pour  ramer  les  vers  à  soie, 
et  dont  on  fait  des  balais,  éseoubos  dé  brus.  —  Ana  as 
brusses,  aller  à  la  provision  de  bruyère  pour  les  vers  à 
soie.  Capoula  dé  brusses,  couper  les  brins  de  bruyère  de  la 
longueur  nécessaire  pour  les  échalasser  entre  les  rangs  des 
tables.  Plégarias  lou  prou  fi  dine  unofièïo  dé  brus;  la  feuille 
de  bruyère  étant  sans  largeur  aucune,  que  pourrait-on  plier 
avec?  Aussi  cette  phrase  équivaut  à  celle-ci  :  le  bénéfice  est 
venu  à  rien. 

Dér.  du  celt.  bas-bret.  Bme;  Bruscus  en  lat.,  dans  la 
bass.  lat.  Bruseia  et  Brueria,  broussailles. 

Brutâou,  talc,  a4j,  Péj.  Brutalas.  Brutal;  grossier; 
féroce;  emporté;  sans  égard,  sans  politesse,  sans  ménage- 
ment. 

Dér.  du  lat.  Brutus.  • 

Ba,  s,  m.  Dim.  Buqw;  péj.  Buquas,  Chicot  d'arbre; 
ergot  de  branche;  bout  mort  et  desséché  d'un  scion  d'ari)re 

19 


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Bubo,  .V.  /'.  IIiiIm'Ii:  pu»-!!!!"  .jiu  -    t   ':i  ■  «  ,    .     "  ■     ;  - 
l'iil.tiils    III, il    s  ,i;.'ii(''s;    li'.iil")i)v   (ji,i    -  '  ;.      :it     .    \         1    -; 
•  M'IiaulMililiin'.    —     I(i'ntnn<'hi    /</>    hu.l.i.s,     ,  i  ]]:.   ;    •. 
<l<'  Irisit's  .s()ii\r,iii'^,  iiii'-  aii(i'':iii    'I'...!  ^i-. 

Di'i".  (lu  L'r.  Il  .j'>''»/,  liiii,'-ui . 

Bufadcl,  s.  ///.  .Mi'l-  «lu   |»->-  '■  ^m  ]■ -'    M-  i   ••-  ■' 
«'li.il.ii,L.'ii"'s  l>i.Miilli''>  ;  ci'll.'-.  <i  ,1  .Ji'îiii-r  iiT  >,  ij';    ■..    '. 
Cdfnssos.   -    ■   litij'uilil  i'^'    ri'\j'i'-~i  m'i  ij  ini(   I'j  ■  *     /    i-,     ..      : 
li'N  (y'\(''Iiu!s,  cil.'/,  |.'^f|iirl>  (•>•  .1,.  t^'-!    >;i;'  .  ;'   •■;■   !. 
le  liMiiini*'Ul    l'irimn  (o. 

I)»'!'.   llf    Ihlfil,    Mil    liinlju,   (ji;i    \'-lil    fjlif   V  ,■,!]]    ]•   ,,;|     • 

^(T,  (1('U\  .ici'*'jili' tii-,  ('•_mI"|(I'MiI  .'l'i»!!  ■  l'i'-'-   t  .lu  ;..  ■!-  ij  i  i! 
l'aill   liialiL'<'l'  chaud,  fl  -^iUril'-l  . 

Bugada,  r.  l'ain:  h  I*->-,i\i';  lilni-Iiii'    ;i'i    i:.  <\  -ni      i' 
l('S.si\i';  lair<*  Ii')ii'i'.i  l'Imii(1>  N'Ti-i  -  il  •  1  ■    >;   •  t  !•'  1  ■  !j-  ij, 

I'!l\Mi.  ^'»M)lll■'■ll'^l'^  l'I  \ari'-  >  :  'l-i  i''t.   /;/•/-/,]■—.•... 
al»n'U\cr,  (Tna  1"  h  i^  I,r  -1.  l!";/''' .  m.  -.;   !;i  J  ■(.  y/'/.  //.  i;.  ,i. 
parc-  t\\v  1,1  l''--i\,'  -••  ■  a:!  •  ^^  .;•  i,;)  ir  ,  ;  ;  .j  i    _■■•    |  :../:'',: 
(Mi\i',  ^LMMiiil  I),i^-aii  ;  ilii  hl.  ///"y    ■Il  Iii'hu'i'     i    ,!  il   ■/■. 

Buyadiciio,  s.  /'.  I' >  /.-'/-i''  >■  ..-.I.  -..  k  :  !■  v- 
'lii'n*  ;  l)liii''lii~>  Ml-  ■  ;  liiiurli  ,•  ■.  -  -  l  n  j  <  ',m,  t!  'j-'.ii  h  ,,  >>. 
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jaiiiais  une  u'.iiill.''  il'  sura!)  aid,iiii.".  (jx-nfo  h,i,j(i!,  no' 
([Ucl  l»a\,ir.l  I  lie-  .l"u\  .^'iii-'v. 

I)cr.  di'  Ihiijnl'i. 

Bugado,  s.f.  Lc.sshr;  ijuanlil'-  dr'  iiii'j'  ■aicuxc,  I  -n-.r, 
lil.iiu'lii.  —  M'in'  /<!  f'/'<ji(,'ii,  iiM'lIr.'  .(,  lanci'  ji-  jinji-  d  .i> 
la  Ics>i\ .-.  l'tni  I-  Initj  :^ln,  l.iiiv  II  \r-A  \  ■',  i'.sdn  I,  /■  id  ////y,/,/,,, 
•  'Iciidrt'  le  liîiL^e  l.-vp.,'-  pair  l'  rairc>cilii'i".  Au  lîj.  i,'i>)>;>l(>, 
p'Ttc  OM!i^id''i\di!c  au  j'U,  uu'  Ic-.-im-,  d.iii>  (;c  .-.•ii--.  I) 
lassinn  MIS  lu  (ia<i  I  II),  ,ij  ul-T  uii''  d'Ile  à  iiiii>  ;nili'c,  iiii'' 
iiialadro^e,  uu-  >  -tli-e  >ur  uii-  auU-',  laiitc  mh-  laiile. 

M'''!ll''  d'T.    A'^    Il '/;/(!  !'l . 

Buqiia  ('se),  r.  ><■  M  .— r,  se  laiiv  un.-  di'cliiiaire  a  la 
pe.iu  eii  M/  pitiUiul  à  uu  l'clal,  hu,  a  un  cliicul  de  Imis. 

DtT.  dç  liu. 

Buquado,  .v.  /'.  Diiu.  ^''/'/'/'/'/cVo.  J).'.  Iiiiure  a  la  peau  ; 
âcçi"'>ça  un  hal'il,a  u.'ie  imIic;  pi'.>çurrspar  un  (; liiçoi  dr  Imi^. 

IK-r.  de  Du. 


Eure.  l; 

-  f  n  ■  ,• 


A, 


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»  /  1 1       '    ■  y*  !  '    '     >i   "       *  *     ,  ,       ■ 

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Eurel.  elD."'  7.  H.       U 

•  .■    : ,  ,  ■.    -(...,-',>,.-. 
1)-..  :.;;/;  ^■->. 

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Bus,  .V.  ;//.  Dia..  Il  >;■<■.  !;.-■.  !,a.  de  iud 'iiie,  de  fer 
'  :  1  !  •  i-,  li'îi  -  •!•!  i  t''hii  •  ;■  -a  •  ;.,i  .,•  r^  s  ,1  •  jii[''\  Ou 
•  I  •    :i     eit;    j,  ;^    l>H\'i ni' II- .  :    •:.   i-    .;.'    i,   ....  cCi.!,:.-'    1  «ilijol 


1  l,';i  e  ;  '  l'ii-  I-"  'lu  lî't-r  ■■'^^  V  \.'  ail   ['  'pal  lire  d  ,ii>  l- ailes 
-  '■!  "■    ,    '!i   1  ''a.p.  iiiitv  1  ■  1;    ;:   a!  tr    'pii   lV.ean!i>vdl  la 


Busqua,  '  l!-li.ai  a*- i"  U'.i'  jap-',  uu  c  as'_".  jiiair  dessi- 
ij' 1  |i-  L  il.'-  il-  Il  l  il!-'.  —  >''  '"/\,'n,  S"  c.iiiilavr;  (--reu.xT 
1'^  f'aii-  el  d:\ '-l  •pp'i"  la  [•■  ilia.;e  .ai  iiiiiclMut. 

I)-r.  d-'  Jh!s. 

Busqiiaia,  c.  iPi[i,::s^..;- ,|ti   |j,ruu   | ,  jx.   dç>  l.m  util  les  ; 

(.•'  iilj)a"  il"S  laMUidl'-^  d  un  al'Iae. 
|)'a".    de    ItusiiHUn'. 

Busquaïo,  ••.  /'.   l>iiçlie  a   laul-r;  ln-.ailillos;  ni  nu-lic.is 

ivl    iidll  :   'cl.il   i|.'   Imi^. 

iliisf^iKiio  >'>[  •'■■>  idtauliieiil  pdiir  h(iifs(inuin,  ho$(^u(Hn,  \\*'i' . 
di'  //'>,v. 

Buta,    r.    p. ais^er;    lieiirha';    .s-Tivu"   centre;   snul.Miir  ; 

'   alVciaiiic;  uiuaina-.  —  lintn  lo<i  tcfi,  piUissor    le   lejups  avoo 

I    ri'paule.   .(  jffis  l/csoHu   (jnr   lua    hntoa,    il   n'a    jias  l)es(>iii 

d'èlii'  [loiiN^M',  dèlre   exi.'il'''.  Lu  l'un  Ion  buio,  la  mibèro  lo 

j  [iMU>.'e.  lintus  1(1  pnrht,  JkjUSSi'Z  hl  |l(»l'li\  Biitus  ferme, 
lieiiil.'/  \i\euienl.  .}fc  Oïdarés  un  pàou,  vous  ino  soulicii- 
di"e/  un  peu    Ifiilvs  /fds/  Ji''  jxiusst'z  pas!  Àqufil  ùoubrc  huto 


c 


147 


61^^  cet  arbre  pousse  avec  vigueur.  Lou  hla  a  buta,  le  blé 
a  commencé  à  germer.  Fôou  qui  quàouquus  lou  bute,  fariè 
pai  aqud,i\  faut  que  quelqu'un  l'excite,  il  ne  ferait  pas  cela 
de  lui-mèn)e. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Butare. 

Butado,  s.  f.  Dim.  Butaiéto;  péj.  Butadasso,  Secousse; 
heurt;  poussée;  coup  d'épaule.  —  A  bèlos  butados,  par 
secousses  :  par  épaulées.  M'a  fougu  douna  uno  bono  butado, 
il  a  fallu  donner  un  bon  coup  de  collier  pour  terminer  cette 
affaire,  pour  mener  cet  ouvrage  à  bonne  fin. 

Dér.  de  Buta. 

Butaron,  s.  m.  Chasse  roue.  —  Même  sign.  que  buto- 
rodo,  dont  il  n'est  qu'une  syncope  et  peut-être  une  corrup- 
tion. —  Voy.  Buto-rodo. 


ButaTan,  s,  m.  Boutoir,  outil  de  maréchal,  espèce  de 
pelle  tranchante  pour  parer  le  sabot  d'un  cheval  avant  d'y 
placer  le  fer. 

Formé  de  Buta,  pousser,  et  Avan,  en  avant. 

Butin,  8.  m.  Butin  ;  provisions  de  bouche  et  autres.  Il 
ne  se  prend  guère  qu'en  mauvaise  part  —  Manqua  pas 
butin,  il  y  a  iranche-lippée. 

Empr.  au  fr. 

Buto-rodo,  $.  m.  Borne,  en  pierre,  en  fer  ou  en  fonte, 
en  forme  de  cône  tr^^nqué,  placée  soit  au  coin  d'une  maison, 
à  la  porte  d'une  remise,  à  l'entrée  d'un  pont,  pour  empê- 
cher que  l'essieu  des  roues  d'une  voiture  ou  charrette 
n'éconie  les  murs  ;  soit  à  l'entour  d'une  place ,  pour  inter- 
dire la  circulation  des  voitures. 


c 


G,  troisième  lettre  de  l'alphabet  ;  elle  a  la  même  pronon- 
ciation qu'en  fr.  et  subit  les  mêmes  modifications,  c'est-à- 
dire  qu'elle  a  la  prononciation  du  K  devant  les  voyelles  a- 
O'U,  et  celle  de  Ys  double  devant  e  et  t. 

Le  C  est  la  deuxième  des  consonnes  ;  il  appartient  à  l'ordre 
des  Palatales,  parent  de  la  famille  des  Gutturales.  Les  gram- 
mairiens le  classent  ainsi  en  expliquant  la  manière  dont  se 
fait  son  émission,  forte  ou  faible,  par  l'organe  buccal  :  très- 
bien;  nous  n'insistons  pas  autrement.  Son  histoire  est  plus 
curieuse  et  présente  plus  d'intérêt  :  nous  lui  devons  une 
mention.  —  Les  Romains,  qui  avaient  adopté  l'alphabet 
des  Grecs,  l'appelèrent  d'abord  Gamma  et  le  figuraient  par 
le  signe  r  :  ce  qui  cependant  n'empêcha  pas  d'employer  la 
forme  arrondie  en  croissant,  C,  d'où  lui  vint  le  nom  de 
Lima,  surtout  quand  il  prenait  le  son  adouci.  Tout  cela 
est  formel,  et  il  est  bon  de  citer  à  ce  titre,  Varron  disant  : 
«  Antiquis  cnim  C  quod  nunc  G  ;  »  et  Festus  Avienus  : 
c  G  pro  G  fréquenter  ponebant  Antiqui,  >  et  dans  un  autre 
passage  :  «  Quse  nunc  C  appellatur,  ab  Antiquis  G  vocaba- 
>  fùT.  »  C'est  ce  qu'écrivait  aussi  Ausone  dans  ce  vers, 
De  tiieris  : 

Prsevalnit  postquam  garoraa^  vice  fVmcta  prius  C. 

Cependant  l'opinion  contraire  était  soutenue  par  d'impor- 
tantes autorités  :  en  latin,  Tacite,  Pline  et  Juvénal  en  par- 
lent, et  appuient  le  nom  lunaire  ;  en  grec,  Suidas  et  Plutar- 
que  penchent  aussi  pour  la  forme  du  cappa  au  lieu  du 
^mma.  Mais  on  sait  par  Isidore  de  Séville,  De  originibtts, 
que  le  K  prévalut  et  fut  introduit  définitivement  par  un 
maître  d'école,  nommé  Sallustius. 

Puérilités,  dira-t-on.  Nullement.  La  conclusion  à  tirer 
est  que,  si  la  forme  a  eu  quelque  influence,  au  point  de 
faire  confondre  une  lettre  avec  l'autre,  il  y  a  certainement 


rapprochement  d'articulation  quand  la  lettre  et  le  son  se 
produisent,  ce  qui  tient  à  leur  nature  et  au  procédé 
d'émission  ;  mais  ceci  explique  encore  que  le  C  latin  tenait 
de  son  origine  grecque  la  force  et  la  dureté  devant  toutes 
les  voyelles,  comme  le  r  ou  G  grec,  et  que,  par  suite  aussi, 
leur  permutation  est  naturelle  et  facile.  C'est  ce  qu'a  trans- 
mis le  latin  aux  langues  romanes,  et  celles-ci  au  languedo- 
cien. Par  où  on  ne  sera  plus  étonné,  dans  la  recherche  des 
étymologies,  des  substitutions  fréquentes  des  deux  signes, 
et  par  exemple,  des  changements  de  cavea,  lat.,  en  gabio, 
lang.,  cage,  fr.;  cicada  eneigalo;  erassus  en  gras  ;  crotalum 
en  grélà;  acus,  acuctUa  en  aguio;  ecdesia  en  glèiso;  ficus 
en  figo;  vicarius  en  viguîè;  etc.,  etc.  Et  encore,  par  des 
variantes  caractéristiques  plus  remarquables  :  le  lat.  canis, 
du  gr.  K^tov,  Kuv6ç,  qui  donne  au  fr.  chien,  à  notre  dial. 
chi  pour  chin,  au  toulousain,  gous  et  cos;  de  plus,  le  lat. 
catus,  en  gr.  Kaxfç,  donne  au  fr.  chat;  à  notre  dial.  ca;  an 
prov.  gat;  au  cat.  gat;  à  l'esp.  et  au  port,  goto;  à  l'ital. 
gatto. 

Mais  dans  la  formation  du  roman,  la  permutation  ne 
s'arrêta  pas  là  :  la  réaction  continuant  amena  d'abord 
l'adoucissement  de  l'intonation  sur  les  voyelles  e  et  i,  par 
lequel  le  C  dur,  romain  ou  grec,  se  convertit  en  deux  SS; 
puis,  pour  les  voyelles  éclatantes  et  fortes,  a,  0,  u,  les 
mêmes  tendances  firent  introduire  la  combinaison  primitive 
et  celtique  sans  aucun  doute  du  C  avec  H,  flexion  chuin- 
tante inconnue  au  latin.  Ce  CH  est  gaulois  pur-sang,  il  ne 
vient  pas  d'importation  germanique.  Les  peuples  tudesques 
ne  le  prononcent  qu'avec  une  articulation  fortement  guttu- 
rale aspirée,  et  leur  langue  en  général  ne  montre  aucune 
aptitude  pour  les  mouillures  adoucies  du  roman.  Nos  dia- 
lectes au  contraire,  et  le  français  lui-même,  l'ont  repris  à 


148 


CA 


sa  source;  et  en  particulier,  notre  dialecte  cévenol,  comme 
preuve  d*origiDe  ancienne,  lui  qui  a  mieux  conservé  les 
traditions  du  langage,  remploie  partout  et  invariablement 
et  dit  eha  pour  ea,  ehâou  pour  edou,  et  même  où  nous 
diaoas  fâou  :  ehâou  ana  iéjaïre;  chabro,  pour  cabro;  etc. 

Nous  signalons  ici  un  des  phénomènes  de  Télaboration 
ûe  l'idiome,  comme  nous  Tavons  fait  à  la  lettre  B.  En  pas- 
sant du  celtique  au  latin,  du  latin  au  rooian,  en  dérivant 
ensuite  vers  le  languedocien  et  ses  dialecles,  la  langue  ne 
s*annule  pas  plus  qu'elle  ne  se  crée,  elle  se  modifie  suivant 
les  latitudes  et  suivant  les  dispositions  propres  aux  groupes 
de  chaque  zone.  C'est  pourquoi  les  permutations  n'ont  pas 
de  règles  absolues,  invariables,  savantes,  en  vertu  desquel- 
les tous  les  mots  se  seraient  transformés  et  qu'on  devrait 
nécessairement  retrouver  dans  leur  composition  nouvelle. 
A  part  le  radical  à  peu  près  immuable,  toutes  ces  lois  de 
transformation  et  de  permutation  varient  à  l'infini  dans 
l'intérieur  d'un  idiome,  et  à  plus  forte  raison  dans  un  dia- 
lecte comme  le  nôtre,  qui  se  distingue  par  un  caractère 
si  particulier  :  nous  en  saisissons  seulement  les  principaux 
accidents.  Ce  qui  est  à  bien  constater,  c'est  que,  à  toutes 
les  époques  où  le  langage  s'est  modifié,  il  a  obéi  partout  à 
des  tendances  spéciales,  et  que,  sans  se  dépouiller  d'une 
manière  complète  de  ses  formes,  il  a  cherché  en  tout  temps 
et  partout  à  ressaisir  ses  propriétés  primordiales;  et  que 
toujours,  cédant  ou  à  la  puissance  de  l'habitude  ou  à  des 
influences  organiques  et  climatériques,  appropriées  au  pays 
où  il  était  reçu,  il  suivait  dans  ses  innovations  un  certain 
plan  uniforme,  sans  secours  de  la  science  ni  souci  de  la 
grammaire,  mais  sous  l'inspiration  d'aptitudes  innées  et  de 
facilités  de  prononciation,  dont  le  peuple,  peu  instruit 
d'ailleurs,  restait  le  souverain  juge.  Aussi  nous  contentons- 
nous  de  prendre  notre  dialecte  sur  le  fait,  et  laissons-nous 
de  côté  les  classifications  scientifiques. 

Le  languedocien  n'admet  pas  le  C  final,  non  plus  que  le 
C  devant  une  consonne  autre  que  les  fluides  Lei  M,  Lors- 
qu'il emprunte  au  gr.  au  lat.  ou  au  fr.,  qui  tous  admettent 
cette  rencontre,  il  supprime  net  le  C  et  le  considère  comme 
ncm*  avenu.  C'est  une  délicatesse  d'acoustique  qui  lui  est 
commune  avec  l'ital.  Une  seule  exception  a  été  faite  pour 
la  propos,  din,  dans,  précédant  une  voyelle;  on  dit  :  dine 
«fi  an,  dans  un  an. 

Dans  une  langue  dont  l'orthographe  n'a  rien  de  précis, 
rien  d'arrêté,  qui  n'a  jamais  eu  de  grammaire  et  qui  ne 
pouvait  en  avoir  à  cause  de  ses  variations  d'une  localité  à 
l'autre,  qui  n'a  eu  que  des  lexiques  partiels  et  à  principes 
divergents,  chaque  écrivain,  chaque  glossateur  surtout  doi- 
vent se  créer  des  principes,  des  règles  et  une  orthographe  à 
leur  usage,  faute  de  type  à  imiter,  de  loi  unanimement 
acceptée  et  reconnue  ou  d'académie  autorisée  qui  impose 
ses  décisions.  Au  milieu  de  ces  incertitudes,  un  principe 
semble  bien  surnager,  celui  de  l'orthographe  auriculaire  ; 
et  cependant,  son  application  absolue  a  présenté  des  diffi- 
cultés si  nombreuses  que  tous  les  essais  ont  échoué.  Sauva- 


ges, qui  a  été  plus  loin  qu'aucun  autre  peutrètre  dans  cette 
voie,  s'y  est  fourvoyé  lui-même,  et  plus  d'une  fois.  L'ori- 
gine de  certains  mots,  leur  étymologie  l'ont  entraîné;  et 
c'est  ainsi  qu'il  nous  donne  jusqu'à  trois  signes  dififêrents 
pour  rendre  la  prononciation  du  C,  en  se  servant  tour  à 
tour  du  C,  du  E  et  du  Q. 

Certes,  en  suivant  la  règle  de  l'orthographe  auriculaire, 
le  C  et  1*5  auraient  suffi  à  exprimer  les  diverses  prononcia- 
tions combinées  que  nous  offrent  les  lettres  C,  E,  Q,  S,  et 
nous  y  aurions  gagné  l'économie  de  deux  signes;  mais  nous 
l'avons  dit,  nous  faisons  de  l'éclectisme;  et  il  est  prudent, 
avec  une  certaine  mesure,  de  respecter,  dans  chaque  mot, 
sa  physionomie  étymologique.  Nous  avions  d'ailleurs  des 
traditions  qui  obligent,  et  mieux  encore  les  notes  et  les 
formules  de  l'éminent  poète  des  Castagnados,  qui,  dans  tout 
ce  travail,  sont  notre  guide,  notre  loi  et  notre  inspiration. 
Nous  conserverons  donc  chacmie  de  ces  consonnes,  en  don- 
nant toutefois  congé  définitif  au  E  intermédiaire,  qui  nous 
parait  tout  à  fait  anomal  au  languedocien  et  que  le  fr. 
lui-même  n'adopte  que  dans  quelques  emprunts  exotiques. 

On  s'étonnera  peut-être  d'après  cela  de  rencontrer  quel- 
quefois le  Qu,  là  où  le  C  aurait  été  parfaitement  suffisant, 
où  même  il  aurait  eu  plus  de  convenance  étymologique  : 
nous  l'avons  employé  ainsi  parce  que  notre  premier  besoin, 
en  cette  affaire,  a  été  de  faire  concorder  orthographiquement 
chaque  mot  avec  ses  composés,  avec  ses  dimin.  et  ses  péj., 
chaque  verbe  avec  les  divers  membres  de  sa  conjugaison. 
Si,  par  exemple,  nous  avions  écrit  broeo,  —  saco,  —  touea, 
il  aurait  fallu  écrire  brouciè  pour  brouquiè;  saeéio  pour 
saquélo;  toueére  pour  touquère;  l'on  comprend  bien  que 
cette  orthographe  n'était  pas  abordable. 

Ca,  s.  m.  Dim.  Caté,  catoû,  catouné;  augm.  Cotas;  péj. 
Cataras.  Chat,  felis  catus,  Linn.  Mammifère  delà  fam.  des 
Carnivores.  —  Le  chat  sauvage,  la  véritable  souche  de 
notre  chat  domestique,  existe  dans  nos  cantons  montagneux 
et  boisés  ;  gris  plus  ou  moins  brun,  avec  des  ondes  plus 
foncées  sur  le  dos  et  transversales  sur  les  flancs;  dedans 
des  cuisses  un  peu  jaunâtre  ;  les  lèvres  et  la  plante  des 
pieds  noires,  la  queue  annelée  terminée  en  noir.  —  Voy. 
Chaîné,  —  Lou  ca  miâotUo,  le  chat  miaule.  Et  $aje  cowmo 
lou  ca  âou  froumajè,  il  est  sage,  tranquille  comme  un  chat 
qui  tient  sa  provende,  c'est-à-dire  jusqu'à  ce  qu'elle  soit 
achevée.  Sdouta  coumo  un  ea  maigre,  sauter  comme  un 
chat  maigre,  comme  un  cabri.  Um  mes  das  cas,  le  mois  de 
février,  temps  des  amours  des  chats.  Au  fig.  Faïre  iou  ea, 
faire  la  chatte-mitte,  patte  de  velours  ;  baisser  le  ton  ;  baisser 
pavillon;  ramper  devant  plus  fort  ou  plus  puissant  que  soi. 
Empouria  lou  ca,  vider  un  loyer  sans  prévenir  le  maitre, 
décamper  à  la  sourdine;  partir  sans  prendre  congé,  sans 
faire  ses  adieux.  Acheta  un  ea  dinc  un  sa,  acheter  chat  en 
poche;  faire  marché  sans  voir  la  marchandise.  Soun  eoumo 
lou  ca  et  lou  ta,  ils  vivent  ensemble  comme  chien  et  chat; 
ils  vivent  très-mal  d'accord.  Y-a  pa'n  ea,  il  n'y  a  per- 
sonne, personne!  Farié  d'ièls  énd'un  ea,  exp.  prvb.«  il 


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est  ai  adroit  qu'il  ferait  des  yeux  à  un  chat.  Manjo  ca  que 
nmmiarai,  loc.  prvb.  pouvant  se  traduire  par  :  tel  qui  rit 
vendredi,  dimanche  pleurera. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Catta,  même  sig.  Quant  à  Tétym. 
de  celui-ci,  on  est  loin  d*ètre  d'accord  :  le  gr.  KaxCç,  furet; 
rbébreu  CkaiotU,  peuvent  y  avoir  contribué;  le  lat.  y  a 
pris  part  :  Catare,  ou  Catiare,  voir  clair;  Catum  ab  eo  quod 
eatai,  id  est  videi;  Catos  id  est  acutos;  et  encore,  Si  origo 
ejui  adferri  posiit,  à  caveo  diei  maxime  probcUur,  pense 
Vossius.  On  n'a  que  le  choix. 

CSabala,  v.  Gabaler;  intriguer  pour  quelqu'un  ou  pour 
soi;  comploter;  se  liguer  avec  quelqu'un. 

Emp.  au  fr. 

Cabale,  s.  f.  Cabale,  complot,  coalition  d'ouvriers. 

Emp.  au  fr. 

Cabanèl,  s.  m.,  n.  pr.  Au  fém.  Cabanélo;  dim.  Caba- 
nèU,  Cabanéhù.  Gabanel. 

Dér.  de  Cabano,  chaumière,  ou  du  béam.  Caban,  formé 
de  Cab,  tête,  en  v.  lang.,  manteau  des  pâtres  béarnais  et 
navarrois,  pourvu  d'un  capuchon. 

Cabanis,  «.  m.,  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Cabanisso; 
dim.  Cabanissé,  Cabanis. 

Dér.  de  Cabano. 

Cabano,  s.  /*.  Dim.  Cabanéio;  péj.  Cabanasso.  Cabane  ; 
chaumière,  hutte.  —  Cabano  dé  pastre,  hutte  de  berger. 

Il  est  aussi  n.  pr.  d'homme,  Cabane.  Au  fém.  Cabanéiso; 
dim.  Cabane. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Capanna;  du  gr.  KaodÉvT),  tugurium. 

Cabàoa,  s.  m.  Bétail  gros  et  menu  qui  fait  partie  d'une 
ferme  d'exploitation  rurale,  et  que  le  code  civil  désigne 
sous  le  nom  d'immeubles  par  destination.  Par  ext.  ce  mot 
s'applique  à  fortune,  avoir,  héritage,  possession,  trésor.  — 
T-a  tin  for  cabàou  dine  aquél  mas,  il  y  a  un  bétail  consi- 
dérable dans  ce  domaine.  Àquà's  tout  moun  cabàou,  c'est 
tout  mon  avoir.  Las  fénnos  soun  un  michan  cabàou,  les 
femmes  sont  une  mauvaise  engeance  dans  une  maison.  Que 
s'aquitot  faï  cabàou,  prvb.,  qui  paie  ses  dettes  s'enrichit. 

On  emploie  aussi  famil.  le  dim.  Cabale,  pour  dire  toute 
sorte  de  famille  d'insectes  et  de  petits  animaux,  comme 
les  rats,  les  fourmis,  les  sauterelles,  etc. 

Dér.  du  lat.  CabaUus,  mauvais  cheval,  rosse. 

Cabaré,  s.  m.  Cabaret;  logis;  hôtellerie;  auberge;  lien 
où  l'on  donne  à  boire  et  à  manger.  —  Faïre  cabaré,  tenir 
une  auberge;  vendre  du  vin  en  détail. 

Les  étymologistes  français,  qui  ne  peuvent  se  décider  à 
devoir  quelque  chose  au  languedocien,  tandis  qu'ils  vont 
fouiller  dans  les  patois  les  plus  sauvages  des  Gaulois  et  des 
Germains,  font  dériver  cabaret  du  gr.  KaTcrjXeîov,  même 
sig.  Le  mot  nous  parait,  à  nous,  d'origine  purement  lan- 
guedocienne. En  fr.  il  était  peu  connu  au  moyen  âge;  il  n'a 
guère  commencé  à  paraître  qu'au  temps  de  la  Ligue,  et  il 
était  synonyme  alors  de  taverne  :  c'était  les  rendez-vous  de 
Taristocratie  comme  les  cafés  de  nos  jours,  à  la  seule  diffé- 
lenoe  qu'au  lieu  de  liqueurs  et  de  café,  on  y  buvait  du  vin. 


Le  lang.  Cabaré  semble  bien  plus  ancien;  car  son  acception 
est  plus  large  :  il  signifiait  autrefois  logis,  hôtellerie,  et  il 
n'a  pris  que  plus  tard  la  synonymie  de  taverne  et  bouchon. 
Le  nom  du  château  de  Cabaret,  dans  le  département  de 
l'Aude,  fameux  dans  les  fastes  de  la  guerre  des  Albigeois, 
-  était  une  corruption  de  Cab  -  are,  caput  arietis,  tète  de 
bélier.  N'est-il  pas  probable  que  le  nom  commun  de  Cabaré 
a  la  même  origine?  peut-être  parce  qu'une  tête  de  bélier 
était  l'enseigne  commune  des  logis  à  l'époque  et  dans  la 
localité  où  ce  nom  a  pris  son  origine.  II  est  bien  évident 
dès-lors  que  le  fr.  nous  aurait  fait  cet  emprunt ,  comme  en 
mille  autres  circonstances,  sans  qu'il  veuille  en  convenir. 

Gabarétéja,  v.  fréq.  Hanter  les  cabarets,  les  tavernes. 

Dér.  de  Cabaré. 

Gabarétô)aîro,  adj.  m.  Pilier  de  taverne;  habitué  des 
cabarets. 

Gabarétiè,  ièûro,  s.  Cabaretier,  cabaretière;  aubergiste; 
hôtellier. 

Cabas, «.  m.  Dim.  Cabassé;  péj.  Cabassas.Cab3&;  panier 
de  sparterie,  dont  se  servent  les  cuisinières  pour  aller  à  la 
provision  d'herbes,  de  légumes,  et  même  à  la  boucherie. 
Au  fig.  une  femme  sale,  mal  fagotée,  très-négligée  dans  sa 
tenue;  un  torchon.  —  Voy.  Acabassï. 

D'après  les  étym.  fr.  le  gr.  KdE6oc,  ancienne  mesure  de 
froment,  aurait  donné  naissance  au  mot  cabas.  Nous  le 
croyons  plutôt  tout  méridional  et  formé  du  lat.  Caput,  qui 
avait  fourni  à  l'esp.  Cabessa,  comme  au  lang.,  pour  dire 
tète,  sans  doute  parce  que  cette  sorte  de  panier  se  portait 
autrefois  sur  la  tête.  La  quantité  de  mots  lang.  qui  ont  la 
syllabe  cab  pour  racine,  et  qui  sont  tous  relatifs  à  la  tête, 
apporte  une  nouvelle  probabilité  à  cette  origine. 

CabasBO,  s.  f.  dim.  Cabasséto;  péj.  CabcLssasso.  Tronc 
d'arbre  étèté,  qu'il  soit  mort  ou  vivant  ;  maîtresse  branche 
de  la  tête  d'un  arbre.  Lorsque  les  mûrie»  ou  les  châtai- 
gniers sont  étiolés  et  menacent  de  périr  par  les  branches, 
on  rase  celles-ci  tout  près  du  tronc  :  s'il  arrive  que  les 
racines  soient  encore  saines,  l'arbre  reprend  toute  sa  vigueur 
et  pousse  de  nouvelles  branches,  qui  atteignent  vite  leur 
première  dimension. 

Dér.  de  Cab,  pour  tête,  Cabasso  augm.  En  esp.  Cabessa; 
en  ital.  Capo,  tête. 

Cabassa,  s.  m.  n.  pr.  d'homme.  Au  fém.  Cabassudo; 
dim.  Cabassudé.  En  fr.  Cabassut  ou  Chabassut.  Il  est  très- 
répandu,  indifféremment  avec  les  deux  intonations  à  la 
première  syllabe.  Qu'il  dérive  de  Cabésso  ou  de  Cabasso,  le 
mot  adjectivé  a  voulu  dire  en  principe  forte  tête  ou  grosse 
tête,  au  moral  ou  au  physique,  avec  Cab  pour  racine. 

Cabassudo,  s.  f.  Jacée  des  prés,  Centaurea  jacea,  ou 
Centaurea  nigra,  Linn.  Plante  de  la  fam.  des  Synanthérôes, 
commune  dans  les  prairies.  —  Yoy.  Carouje. 

Gabés,  s.  m.  Chevet  d'un  lit  ;  côté  du  lit  où  l'on  met  la 
tête;  oreiller;  traversin. 

Dér.  de  Cab,  tète. 

I,  s.  f.  Péjor.  CabéssassO'  Tête;  au  fig.  savoir,. 


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CAB 


CAB 


jUi:''liM'lil,  ospi'U,  l»nnS(*'Jls.  —  l'no  forlo  rahrsso,  niio  hniiiio 
tM<s  11"'^  '*''t<'  J»i'''ï  iiK'iiMro  cl  a  jugciiii'iit  snr. 

I>'t.  (lo  r//^>,  tr't«\  Kn  psp.  '^(ihessd.  Cahcza:  t'ii  p-irt. 
Cohera  :  m  h.  luvl.  fV/'v.  I.p  hit.  Capnl  ii'osl  [)as  ôtraiii't^r 
à  tous  r*'s  mots,  non  ])lus  (|uo  1»'  ut.  I\:v-*'.av  ^i  "'^  voulait 

Cabéstre,  .v.  ?/*.  Mcini  ou  lio>l;  li«'n  i\\v^  \\n\  m-'t  à  la 

Irlr»  il(\s  }j*''tt^S  (le  soininc  [n>ur  h^s  allacIitT  nu  liioyr-u  d'uiK* 
loii;jo.  —  Tréjia  cnt/H'  h>>f  cnhcUrP,  oU  cni^e  !(i  hritio,  s*'  dit 
(.les  jiMiijos  ;:«Mis,  'jui  s'amus'nt  d»'  tout,  sans  nul  snui'i, 
rriiiiraiits  et  di:'si]K's,  (jui  ont  la  ]irid<'  siir  le  criu.  —  Ynij. 
Pn'-îo. 

Di'i*.  du  lat,  Cffpisfr'Un .  loi'iin''  d''  nip'tl  s(r/'t.-f/n,  ctijtifis 
sh'in;//inn.  Vax  lias-lircl.  Knlicstr. 

Cabi,  i".  ^^('VWY  un  objet,  le  ranger,  le  jur-tlre  à  l'ahri  des 
\oleurs  (lU  des  euricuN:,  le  cacher.  —  (V////  imo  po,  uiarier 
une  fille,  la  cnllocjner.  ('(tus^i)  (jHicon  la  cnhircï},  d<'  inani>''i*i' 
ou  d'autp*  nous  hétahlintus  hien. 

I)éi".  du  lat.  Cavuin  ou  Carus,  ca\it<'',  cachette,  eni'once- 
uienl. 

Cabïè,  .S',  m.  lUihan  de  i\\  dit  (]lie\  illère,  dans  toutes  les 
localités  de  France,  (juoi({ue  non  enrej^^isln''  j»af  l'Acadrinie. 

SauvâLî/'s  le  lait  drv.  ile  ('/jf'/h',  l^s  che\eu\,  [)arç(*  i[U'\ 
dil-il,  les  feuHiK^s,  |i'U  <i\anl  lui,  s'  s<'t'\ai(Md  de  c  lailian 
|)oiir  tresser  hnn's  ch<"\<ni\:  il  aui'ait  j)u  ajouliM' (jU'-.  d'-^MH 
leuit)s,  il  ser\ail  à  t-ais  les  hoiumes  du  p'Mipl»'  |)nnr  r mler 
h'Urs  cli''\<'U\  tMi  (jUi'Ui'.  Auiraii-d'hui,  C'^iniiie  eiinl>>ii.  il 
entre  dans  hrauc-nij)  d'.aiN  raiîi'S  de  coutuie. 

Cabine,  .>\  ///.  ï)i'ii.  Cabi/u'h' :  [y''].  Cdffinctds.  Ani;  »ii'e  ; 
hahut  ;  ;."ard(^-rol)i»;  jcOnais  cahhp't.  C'st  le  n.t-uhle  e^s^ML- 
tie]  |)"ur  tout  nnuvenu  na-nage  :  une  (illi'  {]>'>  jilus  jiauvres 
ne  ctiiiN'iit  LTuèic  à  s*^  inniàer,  ([Uand  clic  ne  p-ait  j>aN  >ç 
donner  fnt  rahinv  :  elle  a  II  end,  s'il  le  faut,  avec  un*^  n''>i- 
gnatinu  incriloire,  jus(|u'à  ce  (|uc  son  jx-culc  arri\c  an  p;iir 
de  celte  dr-ncnse. 

Ce  uiui.  \ient  é\ideninient  du  pri'-céd.  T'/Ai  ;  ce|H'ndaid 
il  <*sl  siiiijidier  que  le  lat.  hai'han^  se  soil  renconln''  mnih- 
lui  dans  snu  eniidoi  rel  ilii' au  ni.)ria.i:e.  Dans  la  liass.  lai. 
Çab'nncnlinn  veut  dire  étal)li>seiri<'nt, 

Cabô,  V.  m.  (Ihahoi,  meunier,  che\ane,  poisson  de 
rivière  à  .«.'rosse  lète;  c  «jui  lui  \aut  sans  doute  son  nom. 
—  Voil'  Art'sloù. 

Cabosso,  s.  f.  Dini.  Cafxvissctn ;  péj.  Cahot/ssusso.  Clou 
de  ter  de  clu'val  à  L'ro>se  tèlr»  carri-e;  cl<>u  de  même  lV»rme, 
n:ai>  lie  plus  i/i'and-'  dimension.  a\ec  leijuel  on  li\ait  les 
hnndes  de  1er  sur  les  jinlt\>  de  cliarniie,  et  où  ils  étaient 
auti'el'ois  en  si  urand  noudtre  (jue  la  roue  partait  sur  les 
cle>us  et  non  sur  la  hantle.  Aujourd'hui  ([u'i m  ne  jeri-e  plus 
les  rou.^  à  hande,  mais  en  cercle,  on  n'emploie  (|ue  des 
]x>ulons  à  tête  plate.  —  )  o/y.   Clavcl  de  Cdntu. 

On  ai)t>elle  aussi  Cabossa^  certains  irros  clous  dinit  les  mon- 
la'riiards  îzarnisseut  leurs  sahots  et  souvent  leurs  souliers. 

I)ér.  lie  fiihéssa. 

Cabra,  s.  m.  Troupeau  de  chèvres.  gènéri(|uement  ;  mais 


il  !resl  ciiipleAé  qu'en  parlant  dos  chèvres  qu'on  envoie  au 
houe  jour  les  faiie  saillir.  C'est  là  une  l»ranche  d'iruhislrie 
ajjricole,  (pri  consiste  j)our  toute  mise  de  fonds  dans  l'achat 
d'un  Ixaic.  Ojj  auiéiie  là  toutes  les  chèvres  du  canton,  et 
ell'S  \  rç^l'Mit  ju>qu'à  un  mois  ou  deux.  En  attendant,  le 
propriéiain'  liu  houe  pr.tlite  d'un  restant  de  lait  que  los 
ché\  i"es  ont  runs"r\è,  se  l'ail  jiayer  la  nourriture,  el  quand 
le  lait  tarit,  il  a  L'rand  soin  de  renvover  les  chèvres  à  leur 
maître.  Thii  rai, m,  c'est  lianler  un  houe  pour  cc{  usage. 

Cabra,  r.  Dresser  une  éehi'lle,  une  planche,  une  jyoutre 
conîre  un  jmu\  dans  la  [msition  d'une  cliè\requi  se  dresse 
CMiitn*  un  arhre, 

Sr  rahra,  se  cahnM":  se  dresser,  se  rè\olti'r  contre;  s'ejn- 
p!>iter.  se  hi-ouiller  avec  quelqu'un.  —  Se  sofni  cabras,  ils 
Sont  en  opjKtsition. 

Dér.  de  Cabro. 

Cabri,  s.  m.  Dim.  C(ibi,\/e,  Cahrifloh.  Chevreau,  cabri. 
[xMit  de  la  chèvre,  fla-d/zs;  petit  côté  d'une  échelle  double. 
<[ui,  dans  certains  pays,  n'est  couqtosé  ijue  d'une  harre 
ronde.  —  Sàoffid  rciitiio  un  vahv'i,  s;iuler  comme  un  cabri. 
r}iù  tisto  lie  rabr),  au  liiî.  un  étoui'di,  un  éc^M'Nclé.  Qaatt 
lu  r((hr(>  V(ù  per  linr,  sr  Inu  rabr)  sâotito  n'a ]>as  (or,  prvb., 
(piind  la  chèvre  \a  dans  h'  jardin,  si  le  che\reau  y  saute. 
il  n'a  pas  te^rt  ;  |)our  >i;_'iiirier  (jue  h's  itarcnls  dt)i\ent  seuls 
rest'M'  r-'sp'ins ailles  \\f>  n.au\ais  e\em])les  (ju'ils  donnent  à 
l'Mirs  enrinls. 

Dèl".   i\o   ('(ihift. 

Cabrida,  r.  Ciievr.u.'r,  inetlre  has  «les  che\  reaux;  faire 
le  clieMeau.  Se  dit  enenre  d'une  échelltMioidile,  qui,  étant 
dr.'ss''e,  s'ou\  re  i'iili"'re!,ient,  jcirt'e  (jue  la  |>artic  (jui  sert 
lie  sui»porl  Aii'id  à  j-diss-'r  o\\  arrièrt*:  par  e\t.  el  de  là, 
euhii  1(1,  si'Jiiilie  dt'i^riiiL'oler,  londier. 

D'M".  de  Cuhr). 

Cabridado,  .v.  f.  Porl'e  d'une  chèvre,  (juantilé  de  che- 
M'ëaux  (pfelle  me|  has.  Par  e\.t.  dèijrinirolade,  chute  ile 
haul. 

])er    de   Cdhrt 

Cabridan,  v.  nt.  l^relon,  LOièpe  I'ri'li>n,  Vespa  crahro, 
Jiinn.  liiM'de  du  Lvui'e  de  la  «iuèpe.  —  Vo^.  Graoulc. 

Cabriè,  v.  ;//.  \\\  lem.  Cnhrièno.  Chevrier;  celui  ou 
celle  (pli  L'.irile  les  chèvres.  Kst  devenu  n.  pr.  d'homine  et 
fait  «'M  fr.  dans  le  Midi,  Chahrier,  et  dans  le  Aord,  Che- 
Yri(M". 

Dér.  d('  ("(ibro. 

Cabro,  s.  f.  Dim.  Calnêto;  jvj.  Cahrasso.  Chèvre, 
remclli'  du  houe.  ' —  fabrn-bituntn.  Vf'ij.  Bounto  Ol 
l{(inr}r).  Me  farids  ven)  ciibrn ,  Aous  me  rendriez  fou. 
Ai>us  me  feriez  ])  M'dre  palien';e.  La  cabro  dé  moussu  Sagnè 
.se  bnUfjuè  toi'lo  la  ipiffr  end)è  Ion  lanp,  mais  fhnt  jour  lou 
huip  hi  nianjr,  |>hrase  proverbiale  (jui  exprime  de  lon^^s 
et  \ains  ejl'nrts  pour  se  défendre,  surtout  nu  jeu;  on  syn- 
cope seaivent  et  l'on  dit  :  Fat  coumo  la  cabro  dé  moussu 
S(i</nê,  et  cela  siLTuifie  :  il  finira  par  être  enfoncé;  il  va  tout 
t>erdre. 


CAB 


CAC 


151 


11  8*agit,  comme  on  le  voit,  de  toute  défense  longue, 
obstinée,  désespérée,  mais  inutile,  contre  plus  fort,  plus 
habile  ou  plus  heureux  que  soi.  Un  joueur  qui  pcid  la 
partie  après  l'avoir  disputée  pied  à  pied  ;  un  malade  qui 
meurt  après  avoir  longtemps  et  péniblement  résisté  au 
mal;  un  négociant,  un  particulier  qui  voit  s'accomplir  sa 
déconfiture  après  l'avoir  retardée  autant  que  possible  en 
faisant  flèche  de  tout  bois;  nos  éducations  de  vers  à  soie 
depuis  vingt  ans,  commençant  bien  pour  finir  par  un 
désastre;  tout  cela  fait  coumo  la  cabro  dé  moussu  Sagnè. 
D'où  vient  qu'une  chèvre  est  devenue  le  parangon  de  tous 
ces  braves  malheureux? 

C'est  ce  qu'explique  suffisamment  le  complément  du 
dicton ,  qu'on  scinde  parce  qu'il  serait  trop  long  et  que 
tout  le  monde  le  sait  assez  pour  pouvoir  l'abréger.  J'ai 
même  vn  les  gens  en  pareille  occasion  se  permettre  une 
ellipse  bien' autre  en  disant  seulement  :  la  cabro/  Mais 
c'était  un  peu  des  argoliers.  L'entier  dicton  est  comme 
dessus  :  Faire  coumo  la  cabro  dé  moussu  Sagnè,  que  se 
batéguè  touto  la  gnuè  émbé  Imi  loup  et  lou  mati  lou  loup  la 
manjê,  faire  comme  la  chèvre  de  monsieur  Sagnier,  qui  se 
battit  toute  la  nuit  avec  le  loup  et  le  matin  le  loup  la 
mangea.  —  Cette  fin  était  prévue,  mais  celle  des  Spartiates 
aux  Thermopyles  l'était  aussi;  et  la  chèvre  ne  luêritait 
pas  moins  de  passer  à  la  postérité  et  d'y  entraîner  son 
inaitre,  qui  sans  elle  serait  fort  peu  connu,  et  avec  elle 
risque  même  de  ne  survivre  que  dans  le  proverbe. 

Dér.  du  la  t.  Copra. 

Cabro,  ».  f.  Echelle  double;  chevalet  des  scieurs  de 
long,  qui  soutient  le  baudet  ou  ase. 

Cabro,  ».  f.  Mante,  'mante  religieuse.  —  Voy.  Prêgo- 
Diau. 

Cabro,  ».  f.  Papillon  femelle  du  ver  à  soie;  morpion, 
vermine  qui  s'attache  aux  endroits  couverts  de  poils. 

Cabras,  au  pi.,  les  deux  poutres  principales  qui  soutien- 
nent l'appareil  d'une  sonnette  à  piloter,  ou  moutoù;  la 
troisième,  qui  est  garnie  d'échelons  pour  grimper  à  la 
poulie,  se  nomme  éscalo. 

Cabrôto,  s.  f.  Chevrette,  meuble  de  l'âtre  d'une  cuisine, 
appui  en  fer  pour  soutenir  les  pots  dans  les  cendres. 

Dér.  du  lat.  Capra. 

Cabrôou,  ».  m.  Chevreuil;  chamois;  isard;  toute  espèce 
de  chèvre  sauvage;  Capreolus, Liim.  Quadrupède  de  l'ordre 
des  Cerfs;  brun  ou  roux,  à  cinq  andouillers  au  plus.  —  Le 
n.  pr.  Chabrôou,en  fr.  Chabrol,  est  formé  de  là,  comme  en 
fr.  encore  Chevreuil  et  Chevreau.  La  seule  différence  est 
dans  la  désinence,  suffixe  diminutif  en  lang.  exprimé  par 
Ôou,  traduit  par  ol,  rendu  par  le  fr.  euil.  —  Voy,  Oou 
suffixe.  A  conférer  avec  Bagnôou,  Cassagnolo,  Plagnôou, 
etc. 

Dér.  de  Cabro. 

Cabroû,  ».  m.  Dim.  Cabrouné.  Chevron,  pièce  de  char- 
pente composée  d'un  pied  droit  et  de  deux  arbalétriers. 

Dér.  de  Cabro. 


Gabus,  s.  m.  Action  de  plonger  dans  l'eau,  ou  de  tomber 
de  haut  la  tète  la  première  ;  de  faire  un  plongeon. 

Dér.  du  lat.  Caput,  parce  que  la  tète  porte  la  première, 

Gabus,  ».  m.  Au  pi.  Cabusses.  Pro vin,  branche  de  vigne 
que  l'on  couche  dans  la  terre  pour  qu'elle  prenne  racine  et 
remplace  un  cep  qui  manque.  —  Ddou  tén  das  cabusses, 
dans  le  dernier  quartier  de  la  lune  de  mars. 

Gabus,  adj.  m.  Cdou  ou  Cùoulé  cabus,  Chou  blanc, 
chou  cabus  ou  chou  pommé. 

Dér.  du  lat.  Caput,  parce  que  cette  espèce  de  chou  forme 
une  grosse  tète  ronde. 

Gabussa,  v.  Plonger  dans  l'eau  ;  faire  le  plongeon  ;  tom- 
ber de  haut  la  tète  la  première.  Il  est  quelquefois  actif  :  — 
Cabussa  quâouquus,  plonger  pour  sauver  quelqu'un  qui  se 
noie.  Cabussa  un  sôou,  aller  chercher  un  sou  au  fond  de 
l'eau,  en  plongeant  :  exercice  qu'on  s'amuse  à  faire  exécu- 
ter aux  enfants  en  jetant  un  sou  dans  l'eau. 

Dér.  du  lat.  Caput,  tête;  en  esp.  Cabessa. 

Gabussa,  v.  Provigner  la  vigne;  marcotter  toute  espèce 
de  piaules  ou  d'arbustes.  Au  fîg.  inhumer,  enterrer  quel- 
qu'un. 

Gabussaire,  aïro,  adj.  Plongeur;  qui  a  coutume  de 
plonger. 

Dér.  de  Cabus. 

Cabussâou,  ».  m.,  ou  Cassàou,  ou  Sacol.  —  Voy.  Cas- 
sàou. 

Gabussé,  ».  m.  Raie  d'eau,  Rallus  aquaticus,  Linn.  Ce 
nom  est  aussi  donné  à  la  poule  d'eau  marouette,  galUnula 
porzana,  dont  les  habitudes  tiennent  beaucoup  de  celles 
du  Raie.  —  Voy.  Rasclé. 

Gabussèl,  ».  m.  Dim.  Cabussélé;  péj.  Cabussélas.  Cou- 
vercle; ce  qui  sert  à  couvrir.  —  Lou  cabussèl  dé  la  testa, 
le  crâne,  l'os  sui)érieur  de  la  boite  du  cerveau. 

Dér.  du  lat.  Caput;  en  esp.  Cabessa. 

Gabusséla,  v.  Mel|(e  un  couvercle;  couvrir  un  plat,  un 
pot,  une  hucjie;  dé  son  G^tecclf .      '  ^"    - 

Gabussèlo,  ».  f.  Couver&le  d'un  pot  au  feu,  uniquement. 

—  Chaquo  toupï  trobo  sa  cabussèlo,  chaque  cheville  a  son 
trou;  chaque  fille  trouve  un  mari. 

Las  cabussèlos,  au  pi.  les  cymbales,  parce  que  cet  ins- 
trument a  effectivement  la  forme  d'un  couvercle  à  pot. 

Même  étym.  que  les  préc. 

Gacaï,  ».  m.  Caca;  sellé  d'mi  enfant;  ordure,  saleté; 
terme  de  nourrice  qui,  pour  détourner  un  enfant  de  tou- 
cher à  quelque  chose,  lui  dit  :  Cacaïf  C'est  par  suite  de  la 
même  idée  qu'on  met  une  décoction  amère  au  bout  du  sein 
de  la  nourrice  quand  on  veut  sevrer  son  nourrisson,  et 
quand  il  y  porte  la  bouche,  il  se  retire  en  s'écriant  :  Cacaïf 

—  Aquà's  dé  cacaï,  c'est  sale. 
Dér.  du  gr.  Kaxxr),  excrément. 

Gacalaca!  interj.  et  ».  m.  Coquerico,  chant  du  coq; 
onomatopée.  Gosier,  au  fig;  par  ext  cou,  col.  —  Li  coupé 
saun  cacalaca,  il  lui  coupa  le  cou. 

Cacalaca,  ».  m.  ou  Pantouftéto,  ».  f.  Digitale  pourprée. 


15â 


CAC 


CAD 


mufle  de  veaa,  Aniirrhinum  majus,  Linn.  Plante  de  la 
fam.  des  Personnées,  qui  croît  sur  les  vieilles  murailles,  à 
fleurs  irréguliéres  et  pourprées,  auxquelles  il  ne  manque 
que  d'être  plus  rares  et  exotiques  pour  être  recherchées. 

Cacalaea,  en  terme  de  coiffure,  toute  espèce  de  nœud  de 
rubans,  de  pouf,  posé  sur  le  haut  d'une  coiffure  de  femme, 
en  guise  de  la  crête  d'un  coq  :  d'où  le  nom. 

Cacalas,  «.  m.  Au  pi.  Caealoêiet,  Eclat  de  rire.  —  Faguè 
un  hél  eacoias,  il  partit  d'un  grand  éclat  de  rire. 

Ce  terme  vient-il  du  gr.  Karfjakdm,  rire  à  gorge  déployée; 
ou  bien  n'est-il  qu'un  rappel  du  eaealaca  du  coq,  avec 
lequel  l'éclat  de  rire  a  un  rapport  d'onomatopée? 

Cacalaasa,  v.  ou  mieux  S'éscacalaasa.  Eclater  de  rire  ; 
rire  à  gorge  déployée,  bruyamment,  rire  aux  éclats. 

Dér.  de  Caeala$. 

Cacha,  v.  Serrer;  presser;  meurtrir;  casser,  briser  en 
serrant  fortement,  avec  les  dents,  ou  en  frappant  ;  mâcher, 
broyer  avec  les  dents.  —  Cacha  dé  notes,  casser  des  noix. 
Moun  iidd  mé  cachavo,  mon  sabot  me  blessait  le  pied.  Un 
au  dé  foim  tén  eachariè  pas  la  paio;  c'est  ce  que  l'on  dit 
de  quelqu'un  qui  veut  se  faire  ou  que  l'on  croit  plus  jeune 
qu'il  n'est,  et  qui  a  cependant  largement  atteint  ou  dépassé 
l'Age  où  un  âne,  faute  de  dents,  ne  pourrait  plus  broyer  ou 
mâcher  la  paille. 

Se  cacha  Icm  dés,  se  meurtrir  les  doigts;  au  fig.  être 
dupe  de  son  propre  stratagème. 

Dé  froumaje  cacha,  du  fromage  qui  a  dépassé  le  degré  de 
fermentation  qui  lui  convient,  vieux,  fort  et  rance. 

Dér.  du  lat.  Quassars,  briser. 

Cachadnro,  s.  f.  Meurtrissure  ;  pinçon  ;  blessure  produite 
par  une  forte  pression.  —  Aou  déàasta  se  vésou  las  cacha- 
dures,  exp.  prvb.,  quand  on  enlève  le  bât  à  un  âne,  on 
aperçoit  ses  blessures;  au  fig.,  c'est  à  fin  de  compte  qu'on 
juge  de  son  mal. 

Dér.  de  Cacha. 

Gâché,  «.  m  Cachet;  sceau;  pain  à  cacheter. 

Dér.  de  Cacha. 

Cacheta,  v.  Cacheter;  appliquer  un  cachet;  fermer  avec 
un  pain  à  cacheter. 

Dér.  de  Cacha. 

Cacho,  s.  {.  Cachette;  cache;  lieu  secret  où  l'on  cache 
quelque  chose. 

Emp.  an  fr. 

Cachô,  s.  fil.  Dim.  Cachauté;  péj.  Caéhoutas.  Cachot; 
prison  basse  et  obscure. 

Emp.  au  fr. 

Cacho-foné,  s.  m.  Chambrière  de  charrette;  gros  bâton 
suspendu  par  une  douille  mobile  au  tablier  d'une  charrette, 
qui  sert  à  soutenir  les  bras  en  équilibre  lorsqu'elle  est 
dételée,  et  à  soulager  le  limonier  lorsqu'elle  est  attelée 
chargée,  mais  au  repos. 

Corop.  de  Cacha  et  de  Foué,  fouet. 

Cachomonre,  s.  m.  Coup  de  poing  sur  la  mâchoire»  sur 
le  nez. 


Comp.  de  Cacha,  meurtrir,  et  Mours,  visage. 

Cadabre,  s.  m.  Péj.  Cadahras.  Cadavre,  corps  mort  ; 
plus  particulièrement  en  parlant  du  corps  humain  ;  au  fig. 
homme  maigre  et  décharné,  ou  seulement  livide. 

Dér.  du  lat.  Cadavcr,  qui  serait  la  syncope  de  caro  data 
vermibus,  à  ce  qu'on  assure  et  qui  est  vraisemblable  ei 
ingénieux. 

CadacQ,  n.  pr.  de  lieu.  Cadacn,  petit  hameau  dans  la 
commune  de  Laval,  arrondissement  d'Alais. 

Dér.  du  lat.  Caput  et  Aeuium,  chef  pointu. 

Cadai,  s.  m.  —  Vay.  CalaX. 

Cadanaa,  v.  Balancer;  remuer  en  équilibre;  pencher; 
branler.  —  La  tàouh  cadanso,  la  table  n'est  pas  solide  ; 
elle  branle  sur  ses  pieds. 

Dér.  du  lat.  Caderc,  tomber,  et  de  Danso. 

Cadàoula,  v.  Fermer  au  loquet;  fermer  une  porte  avec 
le  loquet. 

Cadàouléja,  v.  Loqueter;  agiter,  faire  aller  le  loquet 
d'une  porte  pour  ouvrir,  ou  pour  indiquer  qu'on  se  dispose 
à  entrer. 

Cadàoulo,  s.  f.  Dim.  CadAovdélo;  péj.  Cadàoulasso. 
Loquet;  cadole;  languette  de  fer,  avec  son  appareil  ea 
bascule  qui  U  soulève,  et  le  crochet-gache  qui  la  retient, 
pour  fermer  une  porte.  En  terme  de  charcuterie,  verge  du 
porc,  y  compris  son  fourreau  et  la  longue  membrane  qui  le 
lie  à  l'abdomen.  —  Es  taujour  en  Vair  eoumo  uno  cadAouHo, 
au  fig.,  il  est  sémillant,  actif,  agité;  il  ne  saurait  rester  en 
place.  Fino  eadàoylo,  loc.  prvb.,  fin  matois,  rusé  et  actif. 

Le  fr.  s'est  emparé  de  ce  mot  dont  il  a  fait  Cadole,  qui 
a  la  même  acception,  mais  qui  ne  s'emploie  que  comme 
technique  de  serrurerie. 

Dér.  du  lat.  Cadere,  tomber. 

CadarâoQ,  «.  m.,  n.  pr.  d'un  torrent  qui  borde  à  l'ouest 
la  ville  de  Nimes  :  Cadarau. 

Dans  le  dialecte  nimois,  ce  mot  est  synonyme  de  voirie, 
gémonies.  Cela  tient  peut-être  à  ce  que  le  lit  de  ce  torreat, 
sur  lequel  est  aussi  situé  l'abattoir  public,  servait  à  cet 
usage;  et  que  cette  destination  était  ancienne.  Mais  ne 
pourrait-on  pas  prétendre  avec  autant  de  fondement  que 
c'est  de  cette  circonstance  même  que  le  torrent  tire  son  nom? 
Il  n'est  pas  hors  de  probabilité  que  l'expression,  soit  qu'elle 
s'applique  génériquement  à  tout  emplacement  de  voirie, 
soit  à  l'emplacement  particulier  de  ce  torrent,  ne  dérive  dut 
lat.  Cadaver,  cadavre;  si  l'on  se  rappelle  surtout  que  des 
fourches  patibulaires,  véritables  gémonies,  dont  on  voit 
encore  quelques  piliers  sur  la  route  de  Sauve,  dominaieot 
le  cours  de  ce  ruisseau.  Cependant  Sauvages,  en  consultant 
sans  doute  quelque  dialecte  voisin,  applique  ce  nom  de 
Cadarâou  aux  ruisseaux  d'écoulement  des  rues,  et  lai 
donne  pour  origine  le  verbe  grec  Rat&^lco,  couler  de  haoat 
en  bas.  D'autres  veulent  le  faire  venir  du  catahm  catorBuep, 
torrent.  Le  mot  n'appartient  pas  à  notre  langue;  et  iKyos 
y  voyons  plutôt  une  redondance  réduplicative  de  notre 
Caràou,  qui  a  la  même  signification.  —  Vay.  Carâou. 


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153 


Cadastre,  «.  m.  Cadastre;  anciennement  registre  de 
capitation  ;  plus  tard  terrier  des  propriétés  imposées  à  la 
taille;  aujonrd'hai  registre  public  où  sont  marquées  l'éten- 
due et  la  valeur  des  terres. 

Dér.  de  la  bass.  lat.  Capitastrium.  Godefroi  dit  :  In 
Gallia,  aliçuibus  in  locis,  à  capltïbus  vel  capitatlone  cap- 
dastra,  vel  enta  Ire,  vocatur  capitationis  scllicet  registrum, 
in  ç^ibus  singulomm  nomina  adnotata  erant. 

CSade,  «.  m.  Grand  genévrier  à  baies  rouges,  Juniperus 
oxycedrits,  Linn.  Arbrisseau  de  la  fam.  des  Conifères.  C'est 
la  grande  espèce  dont  la  racine  fournit  l'buile  empyreuma- 
tique  de  Cade,  qui  est  d'un  usage  très-fréquent  en  agricul- 
ture pour  le  traitement  des  animaux,  el  principalement 
contre  la  gale  des  moutons.  La  tige  de  cet  arbuste  fournit 
par  incision  la  résine  appelée  Sandaraque,  base  des  plus 
beaux  vernis.  —  E$  davala  ddou  cade,  il  a  dégringolé  ;  il 
est  en  déconfiture;  ou  il  est  mort. 

Cade-mourvls,  s.  m.  —  Voy.  BlourvU. 

Cade-tabl,  $.  m.  —  Toy.  Sabino. 

On  regarde  ce  mot  comme  dér.  du  celt. 

Cadè,  «.  m.  Dim.  Cadété;  péj.  Cadétas.  Cadet.  Surnom 
qu'on  donnait  beaucoup  dans  le  peuple  au  fils  puiné  d'une 
famille,  au  second  enfant  mâle,  n'importe  le  nombre  des 
frères  subséquents.  Ce  nom  était  tellement  incarné  à  l'indi- 
vidu qui  en  était  affecté  dans  son  enfance,  qu'il  ne  le  per- 
dait pas  même  par  la  mort  de  son  frère